----- Original Message -----
From: François LUGAN
Sent: Tuesday, May 24, 2011 10:47 PM
Subject: Une théorie démoniaque: la théorie du
gender à faire connaitre à un maximum de personnes
Merci pour l’ information. Voici ce que j’ ai mis sur mon site en rubrique réflexion et que je vais diffuser a un maximum de personnes. C’ est très inquiétant. Prions Notre Dame pour que cette théorie ne se diffuse pas sinon l’ être humain va devenir pire qu’ une bête. Bien à vous tous.
François Lugan
Site Internet:
http://apostolattherese.free.fr
(refait à 90 % à ce jour)
Site Internet:
http://prierecatholique.free.fr
Site Internet:
http://www.saintsdeprovence.com
(Association dont je fais partie et qui m' a confié la gestion
de son site)
Voici une information très grave à faire diffuser à un maximum de personnes:
Père VoIle, vous voudriez bien nous dire quelque chose sur le « gender »? On en entend parler quelquefois mais sans arriver à bien comprendre? C' est quoi au juste?
P. VoIle: Je suis tenté de vous répondre: une idiotie! Jugez-en pour votre compte sur un seul exemple: l' attrait des hommes pour les femmes est-ce une invention des catholiques ou bien « ça vient tout seul »?
Drôle d' exemple que vous ne sortez de votre musette que par moquerie sans doute! Comme s' il pouvait s' agir de « ça »!
P. VoIle: Eh bien oui, il s' agit de «ça». Pas que de «ça» pour sûr, voire pas surtout de «ça», mais de «ça» aussi. Elargissez pourtant la mention religieuse, vous comprendrez vite qu' il n' y aura pas que les catholiques en cause.
Mais qu' est-ce c' est que cette histoire d' un attrait des sexes qui serait inventée? Bien sûr que «ça» vient tout seul!
P. VoIle: Pas pour les tenants du « gender », avec bien d' autres choses. Je vais tout de suite présenter leur théorie en son ensemble. Vous êtes bien assis les uns et les autres?
Diable, vous nous faites peur!
P. VoIle: J' imagine que vos notions du « gender », c' est à dire du « genre », se rapportent à la classification de notre grammaire: les trois genres: masculin, féminin, neutre; ou bien à une façon de se manifester: « Ce n' est pas mon genre de dire des gros mots, de porter un noeud-papillon, etc.» Il s’ agit ici de bien autre chose, à des années-lumière de vos concepts. Pour les théoriciens du « gender », «genre » est synonyme de « rôle », dans le même sens que « jeux de rôles » à l' ordinateur ou au théâtre. Les activités humaines ne sont que des rôles, à commencer par le premier, la conscience de sa propre identité, cette identité elle-même. La personne c' est le « Je ». Tout ce que ce « Je » supporte est de l' ordre des conventions. Eliminez donc de votre vision du monde une distinction de nature entre l' homme et la femme. Ou si vous ne pouvez pas en faire l' économie, réduisez la à du facultatif, du dérivé. L' idéologie du « gender » cherche à éliminer l' idée que les êtres humains se divisent en deux sexes. Elle veut affirmer que les différences entre l' homme et la femme, au-delà des évidentes différences anatomiques, ne correspondent pas à une nature fixe, mais sont des produits de la culture d' un pays et d' une époque déterminée. Selon cette idéologie, la différence entre les sexes est attribuée de façon conventionnelle par la société. Chacun peut s' inventer soi-même. A la rigueur on peut appeler « homme » qui produit des ovules et «femme»» qui produit des spermatozoïdes, vouloir des activités dites jusqu' ici « masculines » pour le premier individu et «féminines» pour le second. A partir du « je principiel », on peut en énumérer une demi-douzaine qui constituent autant de sexes. Et il n' est pas question de les limiter, notamment avec des règles de morale. Tout est également « construction de soi-même », donc également légitime, bon.
Vous avez bien fait de nous faire asseoir! C' est renversant!
P. VoIle: Idiot! je vous l' avais dit. Et bien davantage, pervers, diabolique! Il s' agit d' une révolution culturelle comme on n' en avait jamais inventé jusque-là. Même l' attrait que nous jugeons spontané de l' homme et de la femme serait affaire de rôle, évolutif, dégagé de toute contrainte. Vous voyez que je ne radotais pas en commençant par là mes réponses à votre question.
Mais enfin, on naît homme ou femme, c' est inéchangeable!
P. VoIle: Pas sûr pour eux! Et les techniques modernes s' acharnent à modifier notre point de départ biologique. Mais enfin, s' il faut en passer par là, ce serait aliénant de s' y maintenir. Il y a de la tyrannie à vouloir canaliser forcément par le sexe une trajectoire de vie. Chacun la mène à sa façon, jouant, inventant son propre « rôle », « On ne naît pas femme, on le devient »! Tiens, le titre déjà d' un livre de Simone de Beauvoir! Et pareillement «on ne naît pas homme, on le devient »!
Eh bien, on en apprend des choses! mais dites-nous, que devient la maternité dans ces perspectives?
P. VoIle: Nous y voilà! Vous m' avez devancé mais cela ne pouvait manquer au programme. C' est même son point focal et sa liquidation le but principal à faire admettre. Par delà, l' avortement, la réhabilitation de l' homosexualité et dérivés. La maternité, ou plus exactement l' orientation vers la maternité, ce n' est qu' une tyrannie de plus héritée de notre culture. Car ce n' est qu' une affaire de culture, d' habitude de pensée artificiellement inculquée depuis des siècles, un blocage outrancier sur le sexe. Certes, utérus et seins y sont pour quelque chose mais rien n' impose de s' y enfermer... La notion de « rôle » joue pareillement quand il s' agit de l' éducation des enfants, s' il y en a. Nous avons vécu jusqu' ici là encore sur du préfabriqué. La libération de la femme passe essentiellement par la négation de sa différence d' avec l' homme... Quitte à déroger au principe de non-intervention, on ne devrait autoriser aucune femme à rester à la maison pour s' occuper de ses enfants. Les petites filles doivent être orientées vers des tâches non traditionnelles et on ne doit pas leur présenter l' image de la femme comme épouse et mère. On ne doit pas non plus les entraîner à des activités féminines traditionnelles. La perspective du « gender » doit être intégrée aux programmes scolaires. Les stéréotypes doivent être éliminés dans les textes et les maîtres doivent veiller à ce que les petites filles et les petits garçons fassent un choix professionnel en toute connaissance de cause, et non sur la base de traditions prédéterminées en fonction du « genre ». En bref, nous devons aller vers une émergence d' hommes et de femmes nouveaux, différents de tous ceux qui ont existé auparavant.
Mais c' est affreux! Comment en est-on arrivé à de telles idées?
P. Volle: Il suffit de se mettre la tête à l' envers ou plutôt de l' évider de la faculté de penser. Si le bonheur est dans la liberté exonérée de tout frein et toute norme, si la jouissance sur commande…
D' accord, mais comment ces idées ont-elles pu avoir cours?
P. Volle: C' était déjà dans l' air depuis quelques décennies, en application de la dialectique homme-femme, prolongement de celle maître-esclave, ligne marxiste de lutte des classes, mais c' est surtout la IVe Conférence des Nations Unies sur la femme, en septembre 1995 à Pékin, qui a servi de caisse de résonance et de lancement en grand du « gender ». Préparatoire à cette Conférence, une autre du Conseil de l' Europe en avait permis le rodage. Parmi les congressistes, il y avait des équipes de féministes enragées qui sont montées au créneau pour introduire leurs thèses dans les textes. A l' étonnement général d' ailleurs, tant à cause de leur acharnement qu' à cause de leurs idées. Ce n' était pas des féministes «ordinaires», partisanes d' un égalitarisme de dignité et de droits fondamentaux entre les sexes, demandant une revalorisation générale du statut de la femme, mais des « Mordues » d' une Humanité où l' Homme remplace l' homme aussi bien que la femme!
Et le Congrès a suivi?
P. Volle: Non! Après un temps d' ahurissement l' opposition au « gender » a repris la cause en main. Une opposition où les délégués du Vatican se sont vu épaulés, heureuse conjonction du moment, par ceux des pays islamiques.
Et ce fut terminé?
P. Volle: Non, bien sûr! D' illustres Universités américaines (U.S.A et Canada surtout) continuent à fournir des Chaires au « gender » et leurs ouvrages se vendent un peu partout. Vous trouverez leurs thèses à doses homéopathiques chez nous, dans pas mal de nos textes scolaires, profitant de l' ambiguïté des termes entre « féminisme de parité » et « féminisme de subsitution »…
Père Volle, que devient notre Jésus là-dedans?
P. Volle: Ne me le demandez pas, surtout à Noël...
Auteur: Père Volle et paru dans la revue des CPCR de décembre 2007
Père Volle, notre rencontre avec vous sur le « gender » nous a beaucoup appris. Nous voudrions la prolonger en vous interrogeant cette fois-ci sur le « spécisme », terme retenu au hasard d' une conversation, mais dont nous n' avons guère saisi le sens. Le dictionnaire illustré Larousse lui-même l' ignore.
Père Volle: Que diable êtes-vous allé chercher? Le « spécisme » s' est introduit dans le vocabulaire moderne sous le lobbying acharné d' idéologues, partisans radicaux de la cause animale. Ils prétendent que ceux que nous avions coutume d' appeler, au mieux, avec une condescendance suspecte, nos « frères inférieurs », ne nous sont en rien « inférieurs ». Ce sont des « frères », tout simplement. Il n' y a pas lieu d' établir des cloisons entre les espèces, tout simplement parce qu' il n' y a pas d' espèces. Tous les vivants participent de la même âme cosmique, a fortiori tous les animaux. L' homme n' est que l' un d' entre eux. Il n' a pas à se mettre sur un piédestal, avec de bons sentiments protectionnistes, mais doit admettre pour les animaux les mêmes droits qu' il revendique personnellement.
C’ était déjà la perspective de la S.P.A., non?
Père Volle: Vous vous trompez grandement. Il y a un monde de différence entre cette société -digne d' éloges, sauf ses outrances éventuelles de mignardise- et nos « antispécistes ». Le « spécisme » est à l’ espèce ce que le racisme est à la race et ce que le sexisme est au sexe: une discrimination basée sur l' espèce. Les « antispécistes » refusent de mêler leur voix à celle de la S.P.A. Celle-ci privilégie le bien-être des animaux. Eux leur reconnaissent des droits. La S.P.A. ne nie en rien la différence fondamentale entre homme, capable de liberté, sujet à la responsabilité, et les autres animaux... Elle nous invite simplement à rester dignes dans nos rapports avec eux, surtout animaux domestiques ou utilitaires. On ne devient pas forcément végétarien en épousant ses idéaux, mais on y gagne en humanité. Et l' affection va de soi avec nos plus «intimes», chats, chiens, oiseaux de salon...
On rejoint d' ailleurs ainsi la cause écologiste tellement à la mode aujourd' hui?
Père Volle: Plus que cela. Au-delà d' une utilisation raisonnée et donc rentable de la création en général, nous entrons dans un domaine moral affiné. Nos rapports avec les bêtes doivent être exempts de toute cruauté, non pas en raison de droits proprement dits supposés chez elles mais eu égard à notre propre dignité. Et sans doute avons-nous tous à faire quelque examen de conscience là-dessus, tellement nous avons été peu accoutumés à un tel langage.
D' accord, mais vos « spécistes » ou « antispécistes » parlent d' autre chose, si nous comprenons bien maintenant.
Père Volle: Vous comprenez bien. Et ces derniers sont si farouches à soutenir leur philosophie qu' ils vont jusqu' à vouloir défendre devant les tribunaux les droits supposés lésés de leurs «protégés» -pardon, de leurs «frères» en animalité. Et cela jusqu' à vouloir poursuivre en justice certains pays, Norvège, Islande, Japon, Nouvelle-Angleterre pour génocide au nom des cétacés péchés chez eux depuis des siècles.
C' est bien trop farfelu pour être pris au sérieux. Ça va faire rire, les juges, non?
Père Volle: Pas sûr qu' ils aient toujours la possibilité d' écarter de tels sujets de plaidoirie d' un revers de main. Savez-vous que ces «farfelus» ont deux députés aux Pays-Bas, qu' ils ont réussi à se faire une chaire à l' Unesco, (en attendant de l' avoir à l' O.N.U.)? Il y a trente ans une Déclaration solennelle fut proclamée à Paris en ce sens. Révisée ensuite par la Ligue internationale des droits de l' animal, ce texte considère que la vie est une, tous les êtres animés ayant une origine commune et s' étant différenciés au cours de l' évolution des espèces. Il considère encore que tout être vivant possède des droits particuliers. Partant, toute vie animale a droit au respect et l' animal mort doit être traité avec décence. Corollaire: la personnalité juridique de l' animal et ses droits doivent être reconnus par la loi.»; je vais vous en dire plus. Laissez-moi un instant pour prendre un imprimé... Je lis: L' un des sites de l' idéologie animalitaire se nomme onevoice.car.org. Cette idéologie souhaite notamment que les chimpanzés, les bonobos et les gorilles aient des droits communs avec les hommes: il s’ agit d' instaurer entre eux et nous une communauté d' égaux, y compris sur le plan judiciaire, afin de sortir de la situation de « crise » qu' aurait ouvert la prétention de l' humanité à être une espèce à part.»
Trop c' est trop! Nous espérons que le bon sens fera vite litière de toutes ces aberrations!
Père Volle: Je l' espère aussi, mais voyez: on s' achemine peu à peu vers l' idéologie sous-jacente avec des tas de «gentillesses» somptuaires avec nos «chéris »: aliments de choix, cosmétiques, cliniques spécialisées, etc (1) C' est scandaleux notamment au regard des pays pauvres où règne la faim. Autant que les dépenses en armement. Tout le monde en est conscient mais cela ne change rien. Voyez à lui tout seul l' éclatement du langage: où on «tuait» autrefois un animal, aujourd' hui on l' «euthanasie». Le «meurtre» d' un de nos ours des Pyrénées fut même traité d' «assassinat» par le Secrétaire d' Etat concerné.
Merci, Père Voile, d' avoir éclairé ainsi notre lanterne, sur un sujet dont nous ne soupçonnions même pas les tenants et aboutissants. C' est encore plus radical que la question du «gender». Alors il ne s' agissait «que» de rogner les différences entre l' homme et la femme, mais cette fois, c' est le décloisonnement universel.
Père Volle: Plus universel encore que vous ne le pensez, puisqu' il s' étendrait à tout ce qui existe, autant minéral que végétal ou animal. Du panthéisme pur et simple. Voyez où on en arrive!
(1) P.S.- Extrait de la revue de rue parisienne «L' Itinérant» (N°67S) : « Comment faire garder son animal en cas d' absence. Diverses pistes.
Les visites à domicile. Des entreprises el des associations mettent en place un collectif de personnes pour venir rendre visite régulièrement à votre chien, chat, canari ou hamster. L' employé responsable de votre animal doit lui apporter les soins habituels (nourriture, sorties, jeux, câlins...) et le rassurer par sa présence... Les prix varient en fonction de l' éloignement de votre domicile: de 10 à 20 euros par jour, par demi-heure de visite comprenant deux promenades. Ce mode de garde fonctionne également si vous possédez plusieurs animaux. Comptez environ 145 euros la semaine.
Les familles d' accueil. Un foyer peut aussi accueillir votre animal, selon vos propres critères pour le bien-être de votre compagnon. Les familles sélectionnées doivent passer plusieurs entretiens afin que vous puissiez vous faire une idée précise de ce qui attend votre animal. Cette formule est particulièrement recommandée pour les chiens ne pouvant se passer du contact humain et ne supportant pas la solitude. Comptez 10 à 40 euros par jour de garde selon la taille de l' animal et du foyer qui l' accueille. Pour les lapins, cochons d' Inde, autres rongeurs, poissons et oiseaux, les prix avoisinent les 10 euros. Il y aurait encore le recours à la pension. Avec agrément de la Direction des Services Vétérinaires. Consultez les sites Internet et n' hésitez pas à visiter plusieurs pensions avant de vous décider. Interrogez le personnel de la pension sur la fréquence des promenades, 1' heure des repas et l' attention portée à votre animal. Les prix sont en général constants, de l' ordre de 10 euros par jour » Etc...
Marguerite Peeters est belgo-américaine. Elle a récemment évoqué ce thème lors du congrès international organisé à Rome par le conseil pontifical pour les Laïcs, à l' occasion des 20 ans de « Mulieris dignitatem ». L' auteur est rédactrice en chef de l' « Interactive Information Services » (cf. iis@skynet.be ), un service d' information spécialisé dans l' étude de la mondialisation, de ses concepts-clefs et de ses mécanismes opérationnels.*
Question: Au congrès qui a marqué les 20 ans de « Mulieris Dignitatem », vous êtes intervenue sur « l' idéologie du gender ». Si beaucoup parlent du gender, peu savent précisément de quoi il s' agit...
Marguerite A. Peeters - Gender se traduit diversement en français: entre autres, par égalité des sexes, égalité des genres, parité, sexospécificité, autonomisation de la femme ou diversité des genres ou des sexes. La multiplicité de ces expressions crée une confusion sémantique qui relève en fait d' une stratégie utilisée pour cacher le véritable sens du gender et éviter les définitions claires. Souvent le mot est utilisé dans sa langue originale, l' anglais. Le gender n' est pas à proprement parler une idéologie, mais un phénomène culturel, un processus subtil de déconstruction culturelle et anthropologique. Il est le fruit d' un long parcours révolutionnaire occidental qui, en particulier depuis la révolution française, a été mu par une conception faussée de l' égalité entre les sexes et une volonté perverse de « libérer » l' individu de tout cadre normatif donné par la nature, la tradition, la révélation et Dieu lui-même. L' objectif du gender est de permettre à chacun de choisir « librement » sa fonction sociale, son identité ou orientation sexuelle, sa « forme de famille ». Le gender considère la vocation de la femme en tant que mère et épouse comme une construction sociale contraire à l' égalité, comme un « stéréotype » à déconstruire. La déconstruction se fait prioritairement par l' éducation des enfants (à l' insu des parents), mais aussi à travers les media, les législations, les politiques, les procédures décisionnelles dites « consensuelles », les « sessions de formation », la propagande tout azimut. La nouvelle culture favorise la promotion des divers droits des lesbiennes, homosexuels, bisexuels et transsexuels. On peut dire que le gender a déjà créé une culture mondiale dans laquelle parler de complémentarité homme-femme est devenu discriminatoire et contraire à l' éthique. Une nouvelle éthique mondiale du « libre choix » ainsi compris menace de remplacer les cultures traditionnelles non-occidentales et l' éthique judéo-chrétienne.
Question: Quelle est l' ampleur du phénomène?
Marguerite A. Peeters - Incommensurable. Depuis la conférence de Pékin de 1995, lorsque ce concept est devenu l' objet d' un prétendu consensus mondial, le gender s' est intégré au cœur des politiques internationales, régionales, nationales et locales, des instruments juridiques (comme le Protocole de Maputo en Afrique), des manuels scolaires, des codes éthiques des entreprises, des ONGs de développement, des Objectifs pour le Développement du Millénaire (ODM) sensés être atteints d' ici 2015. Il s' est imposé comme priorité transversale de la coopération internationale. D' ores et déjà, le gender a pénétré dans nos sociétés par tous ses pores. Nous sommes maintenant en pleine phase d' application. Les agents de transformation exercent sur les pays en voie de développement une pression maximale. Dans de nombreux pays, notamment africains, des ministères du genre ont déjà remplacé les ministères de la famille: même s' il semble s' agir d' abord de promouvoir le développement social de la femme, la porte est désormais ouverte dans les pays en voie de développement à une déconstruction anthropologique opérée par des ingénieurs sociaux radicaux venant d' ailleurs. Le gender avance masqué.
Question: Pourquoi dites-vous que le mot « idéologie » ne convient pas?
Marguerite A. Peeters - Parce qu' il évoque des systèmes de penser se rattachant à la modernité occidentale dont on a dit avec raison en 1989 qu' ils étaient finis en tant que systèmes, c' est-à-dire dans leur dimension intégrée, intellectuellement cohérente, clairement identifiable, totalisante, se rattachant à des « maîtres » à l' origine de « grandes théories » ayant donné naissance à des écoles de pensée: pensons au marxisme-léninisme, au nihilisme, au structuralisme, au kantisme, au positivisme, au modernisme, au nominalisme, à l' existentialisme athée et même, je dirais, au féminisme. Ces idéologies se sont déconstruites d' elles-mêmes les unes après les autres et le processus de déconstruction qu' elles ont enclenché ne charrie maintenant que des résidus. En Occident, depuis mai 68, le passage à la postmodernité s' est accéléré sans qu' on s' en rende compte; on a basculé du rationalisme moderne à l' irrationnel postmoderne. En tant que processus ambivalent, diffus, insaisissable, sournois, opérant de l' intérieur des institutions et des cultures, difficile à identifier clairement, humainement incohérent, le gender appartient pleinement à la postmodernité occidentale. Les résidus du féminisme sont là, mais le gender va encore plus loin dans la voie du radicalisme: il « célèbre » culturellement la diversité des choix de comportements sexuels au nom d' une égalité de pouvoir de tous les citoyens.
Question: Tout est-il négatif dans ce concept?
Marguerite A. Peeters - Comme tous les concepts postmodernes, le gender opère une double déconstruction: d' une part celle du dessein de Dieu, et d' autre part celle des abus de la modernité. Le gender tente de répondre aux désordres réels du machisme, de l' autoritarisme, du cléricalisme, du paternalisme, de la domination de l' homme sur la femme qui est une conséquence du péché originel, comme nous le révèle le récit de la Genèse. Parlant à la femme après la chute, Yahvé dit: « Ta convoitise te poussera vers ton mari et lui dominera sur toi. » (Gen. 3, 16) Le gender répond à la domination masculine, non par l' amour et la réconciliation, mais par une révolte et une prise de pouvoir de la femme (empowerment) qui cherche à devenir l' égale de l' homme en termes de pouvoir social. Plaisir, pouvoir, possession de « connaissance » : ces tentations ont été les grands thèmes de la révolution féministe et sexuelle occidentale qui s' est mondialisée dans les années 1990; à travers le gender, elles sont même devenues une norme de la coopération internationale actuelle. Depuis la Genèse, on n' invente rien.
Question: Que déconstruit le gender?
Marguerite A. Peeters - La structure anthropologique de l' homme et de la femme telle qu' elle a été créée par Dieu, qui est Père, Fils et Saint-Esprit. Autrement dit, le dessein d' amour trinitaire de Dieu sur l' homme et la femme. Le combat dans lequel nous sommes concerne l' homme lui-même, son origine divine et sa prédestination trinitaire. La mort de l' homme n' est-elle pas une conséquence de la « mort de Dieu » proclamée par Feuerbach et Nietzsche? Nous sommes tous faits pour être père ou mère, fils ou fille, époux ou épouse, frère ou soeur. Or en niant la complémentarité anthropologique homme-femme, en voulant faire de tous des citoyens radicalement « égaux », en s' attaquant à la maternité comme une injustice sociale, en réduisant l' homme et la femme à leur fonction sociale, en en faisant des « partenaires » liés entre eux par un « contrat », on crée une culture qui empêche la réalisation de notre vocation humaine universelle.
Question: Un signe des temps, d' après vous?
Marguerite A. Peeters - Oui, la « fin des idéologies » ne signifie pas pour autant la fin du processus antéchristique dont Saint Jean parlait déjà dans sa première épître (2, 18): « déjà maintenant beaucoup d' antéchrists sont survenus; à quoi nous reconnaissons que la dernière heure est là ». Nous savons qu' avant le retour du Christ, comme nous l' annonce Saint Paul dans la seconde lettre aux Thessaloniciens (2, 3-4), « doit venir l' apostasie et se révéler l' Homme impie, l' Etre perdu, l' Adversaire, celui qui s' élève au-dessus de tout ce qui porte le nom de Dieu ou reçoit un culte, allant jusqu' à s' asseoir en personne dans le sanctuaire de Dieu, se produisant lui-même comme Dieu ». Du début à la fin de l' histoire, nous sommes dans un combat apocalyptique. Nous pensons aussi à la question du Christ: « Quand le Fils de l' Homme reviendra, trouvera-t-il la foi sur la terre? » L' aspect le plus préoccupant de la révolution culturelle mondiale et de l' ingénierie sociale qu' elle opère à une vitesse foudroyante est son lien direct avec l' apostasie. Nous avons constaté en Occident que la révolution culturelle n' a pas été sans conséquences pour la foi. C' est ce que nous rappelait, en novembre dernier, le Patriarche œcuménique Bartholomé: « La philosophie des Lumières en Occident et la révolution française ont déclenché une véritable révolution culturelle visant à remplacer la tradition précédemment chrétienne du monde occidental par une nouvelle conception de l' homme et de la société qui n' est pas chrétienne. »
Question: Quelle attitude les chrétiens doivent-ils avoir face à la révolution culturelle?
Marguerite A. Peeters - Le premier service que l' Eglise ait à rendre à l' humanité est d' être et de rester elle-même. Les chrétiens ne sont-ils pas appelés, pour emprunter à nouveau les mots du Patriarche, « à revenir à la plénitude, la jeunesse et la pureté de la tradition chrétienne de l' Eglise primitive »? L' Eglise ne peut se compromettre avec des paradigmes, des programmes, des « valeurs », une éthique venant d' ailleurs. Or, souvent par ignorance, beaucoup de chrétiens se laissent séduire par la nouvelle éthique, ce qui les entraîne parfois jusqu' à l' infidélité au Magistère.
Question: Vous avez adressé votre livre « La mondialisation de la révolution culturelle occidentale: concepts-clefs, mécanismes opérationnels » prioritairement aux africains. Pourquoi?
Marguerite A. Peeters - L' Occident doit faire son mea culpa et mesurer sa part de responsabilité dans le processus de déconstruction culturelle mondiale actuellement en cours. Le gender est un produit occidental qui est maintenant imposé à l' Afrique comme condition d' aide au développement. Or le gender menace les dons que Dieu lui-même a faits à l' âme africaine; le sens de la paternité humaine et divine et d' une fraternité qui est filiale et non purement horizontale, la grâce de l' esprit d' enfance, la célébration de la maternité et de la vie.
Le directeur de sciences po, Richard Descoings, a décidé de rendre obligatoire l’ enseignement de la théorie du « gender » à partir de 2011. Cette théorie relève non de la science, mais de l’ idéologie: le sexe ne serait pas tant une donnée biologique déterminée par la nature de la naissance, mais une construction sociale déterminée par la culture; neutre à la naissance chacun devrait pouvoir inventer son « genre » et le faire évoluer au cours de sa vie. Sous le prétexte de lutter contre les inégalités entre hommes et femmes, l’ objectif de la théorie du « genre » est de dissocier identité et comportement, sexualité et procréation.
Très Important: Le père Volle ajoute que la théorie du « gender » est démoniaque.
Prions pour que cette théorie du « genre » ou « gender » qui va contre la morale humaine et chrétienne au sujet de la personne humaine, qui veut qu’ il y ait une égalité entre l’ homme et la femme et plus une complémentarité ne se répande pas et informons le maximum de personnes.
Inscrite officiellement dans les nouveaux programmes de SVT de Première (S, L et ES), la doctrine du gender fera désormais partie de l’ enseignement obligatoire des lycées français à partir de la rentrée 2011.
Le gender nie la complémentarité naturelle entre les sexes
S’ il fallait désigner un seul nom pour illustrer la doctrine du gender, ce serait assurément celui de la philosophe américaine Judith Butler qui viendrait immédiatement à l’ esprit. L’ ouvrage qu’ elle a publié aux Etats-Unis en 1990 – Gender Trouble: Feminism and the subversion of Identity – demeure le modèle incontournable des programmes universitaires anglo-saxons sur la question[1]. De l’ autre côté de l’ Atlantique, aucun campus digne de ce nom n’ est dépourvu de son département de gender studies. Toutefois, cette théorie n’ aurait pu acquérir l’ influence qu’ elle exerce aujourd’ hui sur la scène internationale sans la tenue en 1995 de la Conférence des Nations-Unies de Pékin sur la femme qui en a fait le cadre porteur d’ une société nouvelle où les comportements sexuels seraient enfin débarrassés de leurs « archaïsmes moraux et religieux », comprenez chrétiens.
Derrière le concept de gender se cache en effet une idéologie qui nie la différence sexuelle et la complémentarité naturelle entre l’ homme et la femme. Le mot sexe qui renvoie trop à une détermination objective et naturelle est remplacé par celui de genre où féminin et masculin sont des constructions socioculturelles purement arbitraires qu’ il est possible de défaire.
Le gender qui fait déjà l’ objet d’ un enseignement obligatoire à Science-Po sera également au menu des cours de Sciences de la Vie et de la Terre (SVT) dans toutes les classes de première à partir de la prochaine rentrée. Le ministère de l’ Education l’ a en effet inclus dans le module « Féminin/Masculin » au programme de cette matière et plus particulièrement dans les nouveaux chapitres « Devenir homme ou femme » et « Vivre sa sexualité », qui prendront place après la partie consacrée à la « Maîtrise de la procréation » (Bulletin officiel spécial n. 9 du 30 septembre 2010, Thème 3-A http://media.education.gouv.fr/file/special_9/21/9/SVT_155219.pdf ).
Avertie la semaine dernière par le lycée saint Joseph de Draguignan (Dominicaines du Saint Esprit) qui venait de recevoir les tous nouveaux manuels de SVT des classes de 1ere L et ES issus de cette réforme (Nathan, Bordas et Belin), la commission bioéthique du diocèse de Fréjus-Toulon a pu mesurer la gravité des changements opérés par le ministère de l’ Education nationale par rapport aux précédents programmes. De même, la direction diocésaine de l’ enseignement catholique a été immédiatement alertée.
Défaire la « matrice hétérosexuelle » de la société
D’ une manière générale, les chapitres en question sont une attaque en règle contre la loi morale naturelle, rejetant toute signification anthropologique et éthique à la différence naturelle des sexes. « Dans ce nivelage, la différence corporelle, appelée sexe, est minimisée, tandis que la dimension purement culturelle, appelée genre, est soulignée au maximum et considérée comme primordiale (…) Selon cette perspective anthropologique, la nature humaine n’ aurait pas en elle-même des caractéristiques qui s’ imposeraient de manière absolue: chaque personne pourrait se déterminer selon son bon vouloir, dès lors qu’ elle serait libre de toute prédétermination liée à sa constitution essentielle »[2].
Pour le gender en effet, l’ homme et la femme n’ ont pas de dynamisme naturel qui les pousserait l’ un vers l’ autre, seuls les conditionnements sociaux rendraient compte de cette soi-disant inclination. A l’ appui de cette thèse, Nathan cite ce texte hautement contestable: « Les sociétés forgent des modèles et des normes associés au féminin et au masculin. Dès le plus jeune âge, chacun va inconsciemment être imprégné par un schéma identitaire auquel il doit se conformer pour être accepté et reconnu par le groupe social. Ces attitudes sont tellement intériorisées que nous reproduisons les stéréotypes sans nous en rendre compte » (p.190). Le gender promeut une anthropologie alternative refusant que la différence sexuelle inscrite dans le corps possède naturellement un caractère identifiant pour la personne.
Bordas fait lui aussi découler la prédominance de l’ hétérosexualité du contexte culturel et social dans lequel nous baignons: « « Si dans un groupe social il existe une très forte valorisation du couple hétérosexuel et une forte homophobie, la probabilité est grande que la majorité des jeunes apprennent des scénarios hétérosexuels » (p. 182).
Pour illustrer leur démonstration, les manuels citent l’ existence dans d’ autres espaces culturels de « troisièmes genres », « ni homme ni femme », comme les Hijras en Inde (Belin, p. 145) ou les Mahu en Polynésie (Bordas, p. 176).
Une fois inculqué aux élèves que la différence des rôles assignés à l’ homme et à la femme dans une société donnée est produite par la culture, il est loisible de s’ affranchir du modèle hétérosexuel et de relativiser l’ inclination naturelle vers l’ autre sexe. Ne s’ agit-il pas de dissocier la société de sa matrice hétérosexuelle comme le préconise Judith Butler?
Le gender dissocie identité sexuelle et orientation sexuelle
Conséquence logique du raisonnement, l’ orientation sexuelle est clairement déconnectée de l’ identité sexuelle, l’ homosexualité ou la transsexualité relevant de la liberté souveraine des individus. L’ hétérosexualité n’ a en aucun cas le privilège de l’ universalité: « Je peux être un homme et être attiré par les femmes. Mais je peux aussi me sentir 100 % homme viril et être attiré par les hommes. Et je peux être une femme attirée par les hommes ou une femme attirée par les femmes » (Belin, p. 133).
Bordas fait état d’ « une étude récente qui montre bien l’ influence du contexte culturel et social: à Hambourg en 1970, dans les années de la révolution sexuelle, 18 % des adolescents avaient des activités homosexuelles alors qu’ en 1990, avec le SIDA et les changements culturels, ils n’ étaient plus que 2 % » (p. 182). L’ homosexualité serait donc élue d’ autant plus facilement que la société l’ accueillera « sans discrimination » (Nathan, p. 181).
Les bases biologiques du plaisir sexuel
D’ une manière générale, c’ est la sexualité humaine qui est totalement « désacralisée » au fil des pages. La masturbation, martèle Belin, jadis encouragée dans l’ Antiquité, n’ est devenue un « péché » qu’ avec « l’ avènement du monothéisme en Occident ». Heureusement, depuis les années 70 elle est à nouveau considérée « comme une activité sexuelle normale » (p. 139). Le même éditeur fait d’ ailleurs de cette pratique un critère de puberté ou indicateur de maturité sexuelle (p. 132).
Mais surtout, les nouveaux programmes font dépendre l’ activité sexuelle de l’ activation du « système de récompense » présent dans le cortex cérébral des primates hominoïdes (chimpanzé, bonobo, homme). Contrairement aux autres mammifères (mouton, rat,…) dont le comportement sexuel est contrôlé essentiellement par les hormones, la sexualité humaine est la résultante d’ un circuit de récompense commandé par des aires cérébrales selon le schéma suivant: désir – action – satisfaction.
L’ évolution chez l’ animal a abouti à une diminution de la dépendance hormonale au profit d’ un contrôle cérébral devenu prépondérant chez l’ homme. Pour Nathan, « le système de récompense fournit la motivation à notre comportement dans l’ attente d’ une gratification. Le comportement sexuel est ainsi guidé par la recherche du plaisir attendu » (p. 195). Son collègue Belin cite les propos d’ un chercheur en neurosciences et sexologie: « Au cours de l’ évolution, l’ influence des hormones et des phéromones diminue tandis que l’ influence de la cognition et du système de récompense cérébral augmente. Libérées des contraintes hormonales, les activités sexuelles peuvent exister dans de nombreuses situations qui n’ ont plus aucun rapport avec la reproduction. Les récompenses cérébrales, perçues comme sensations érotiques intenses, deviendraient le principal facteur à l’ origine des activités sexuelles » (p. 137). Pour ce chercheur, le système de récompense présent dans notre cerveau permet un comportement érotique essentiellement fondé sur « la maximalisation du plaisir ».
Dissocier sexualité et procréation
Ce modèle d’ explication induit deux conséquences majeures sur le plan anthropologique.
Premièrement, le cortex cérébral étant le support des fonctions cognitives de l’ être humain (Nathan, p. 197), elles-mêmes modelées par le contexte culturel et éducatif de la société, l’ idéologie du gender est « validée » sur le plan scientifique dans un raccourci saisissant. Nous adoptons certains comportements stéréotypés parce que notre cerveau a été stimulé depuis la plus petite enfance par des messages véhiculés par la société. Scientifiquement, l’ hétérosexualité n’ est pas une réalité fondatrice des relations humaines mais la conséquence de l’ imprégnation du milieu social sur la composante cognitive de notre cortex.
Les primates hominoïdes et singulièrement l’ homme ayant dissocié leur comportement sexuel de la fonction de reproduction, la « maitrise technique de la procréation » est en quelque sorte un « produit culturel » qui s’ inscrit nécessairement dans le cadre explicatif de la théorie de l’ évolution. La procréation doit être radicalement désolidarisée de la sexualité. Les droits à la contraception, à l’ avortement et à la procréation artificielle sont bien les nouveaux impératifs catégoriques de la (r)évolution culturelle en cours, ceux qui permettront aux individus d’ exercer un pouvoir effectif sur leurs corps sans lequel il n’ y a pas de remise en cause possible des « valeurs traditionnelles ». N’ est-ce pas les « féministes du gender » qui ont forgé dans les années 90 le concept de « santé reproductive »? Aussi les trois manuels que nous avons pu étudier insistent-ils tous sur l’ IVG médicamenteuse et la contraception d’ urgence – dont la nouvelle pilule du lendemain EllaOne occupe déjà une place de choix –, qui sont autant de moyens de contrôler chimiquement la fonction de reproduction (cf. Nathan, p. 178).
On l’ a compris, le gender est particulièrement difficile à contrer intellectuellement. Vous aurez beau accumuler des arguments fondés sur la nature et la raison, vos adversaires vous rétorqueront qu’ ils ne sont que la résultante de facteurs culturels, et qu’ ils vous semblent d’ autant plus évidents qu’ ils ont une position hégémonique dans la société.
Le langage de l’ amour vrai
Experte en humanité, l’ Eglise a pris la mesure depuis la Conférence de Pékin de la désintégration de l’ ordre éthique et politique véhiculé par cette doctrine. Dans un document remarquable (http://www.vatican.va/roman_curia/congregations/cfaith/documents/rc_con_cfaith_doc_20040731_collaboration_fr.html) signé par celui qui n’ était encore que le cardinal Ratzinger, elle nous rappelle que « le masculin et le féminin se révèlent comme faisant ontologiquement partie de la création [3]», qu’ il existe des « valeurs masculines » et un « génie féminin » sur lesquels s’ appuyer pour bâtir la civilisation de l’ amour.
Au cours de la magnifique allocution du 13 mai devant les membres de l’ Institut Jean-Paul II pour les études sur le mariage et la famille, Benoît XVI a proposé de « conjuguer la théologie du corps avec celle de l’ amour » pour redécouvrir la beauté, la bonté et la vérité de la sexualité conjugale. Le Pape a en effet rappelé qu’ il y a dans le corps de l’ homme et de la femme « un langage qu' ils n' ont pas créé, un eros enraciné dans leur nature, qui les invite à se recevoir mutuellement par le Créateur, pour pouvoir ainsi se donner. (…).La véritable fascination de la sexualité naît de la grandeur de cet horizon qui s' ouvre: la beauté intégrale, l' univers de l' autre personne et du « nous » qui naît dans l' union, la promesse de communion qui se cache, la fécondité nouvelle, le chemin que l' amour ouvre vers Dieu, source de l' amour. L' union en une seule chair se fait alors union de toute la vie, jusqu’ à ce que l' homme et la femme deviennent également un seul esprit (…). Dans cette lumière, la vertu de la chasteté reçoit un nouveau sens. Ce n' est pas un « non » aux plaisirs et à la joie de la vie, mais le grand « oui » à l' amour comme communication profonde entre les personnes, qui exige temps et respect, comme chemin parcouru ensemble vers la plénitude et comme amour qui devient capable d' engendrer la vie et d' accueillir généreusement la vie nouvelle naissante ». Un discours à dix mille lieues de l’ idéologie du gender, mais surtout capable de reproposer de manière convaincante aux jeunes qui nous sont confiés le dessein originel de Dieu et la vocation à laquelle ils sont appelés à répondre pour réaliser leur vraie nature d’ homme ou de femme.
Vers une objection de conscience?
Les promoteurs du gender n’ ont jamais caché vouloir faire de la subversion de l’ éducation un axe essentiel de leur combat. Rien de tel pour formater les consciences des jeunes de tout un pays que de contrôler les programmes et les manuels scolaires. L’ importance des changements opérés dans les classes de 1ère est telle qu’ on peut parler sans exagérer d’ une « zapatérisation » des programmes de l’ Education nationale. Or, si on regarde de l’ autre côté des Pyrénées, on s’ aperçoit que des dizaines de milliers de familles catholiques avec le soutien appuyé de la Conférence épiscopale espagnole et le concours de juristes compétents se sont d’ ores et déjà organisées pour contester les cours obligatoires sur le gender du gouvernement Zapatero, voire retirer leurs enfants en posant un acte d’ objection de conscience. Allons-nous devoir en arriver là en France?
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[1] Judith Butler, Trouble dans le genre. Pour un féminisme de la subversion, La Découverte, Paris, 2005. Cf. aussi du même auteur, Défaire le genre, Editions Amsterdam, Paris, 2006.
[2] Congrégation pour la doctrine de la foi, Lettre aux évêques de l’ Eglise catholique sur la collaboration de l’ homme et de la femme dans l’ Eglise et dans le monde, 31 mai 2004.
[3] Congrégation pour la doctrine de la foi, Lettre aux évêques de l’ Eglise catholique sur la collaboration de l’ homme et de la femme dans l’ Eglise et dans le monde (http://www.vatican.va/roman_curia/congregations/cfaith/documents/rc_con_cfaith_doc_20040731_collaboration_fr.html), 31 mai 2004. Citons également le discours de Benoît XVI aux participants du congrès international « Femme et homme, l’ humanum dans son intégralité » (http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/speeches/2008/february/documents/hf_ben-xvi_spe_20080209_donna-uomo_fr.html), 9 février 2008.
Point de vue | LEMONDE.FR Idées 26 août 2011
Par François-Xavier Bellamy, Normalien, agrégé de philosophie, professeur en lycée, adjoint au maire de Versailles (sans étiquette)
Caroline de Haas nous offre, dans une tribune parue récemment dans Le Monde.fr, une longue et laborieuse argumentation destinée à écraser définitivement les derniers "sursauts réactionnaires" - entendez par là l' opinion des malheureux catholiques qui n' ont pas la chance de penser comme elle. Désormais, c' est l' Eglise qu' on met à l' index, avec une rhétorique digne des plus belles caricatures de l' Inquisition. Le sous-titre de cet écrit - "Existe-t-il des pseudo-essences féminine ou masculine?" - annonce parfaitement l' ouverture intellectuelle de la discussion qu' il propose. Quand une question contient autant sa propre réponse, on croirait lire un petit catéchisme totalitaire...
Mais ne nous arrêtons pas à la forme, qui est plus maladroite sans doute que réellement méchante. Comme l' auteur le remarque elle-même, l' enjeu dépasse largement l' opinion des "catholiques de droite." Cette tribune est réellement intéressante pour ce qu' elle révèle d' une confusion fondamentale qui pèse largement sur ces débats de genre. Caroline de Haas veut lutter pour l' égalité de l' homme et de la femme; combat légitime s' il en est, nécessaire, urgent même, et auquel tout être humain qui n' est pas totalement aveugle ou barbare ne peut que s' associer. Considérer que l' un des deux sexes soit supérieur à l' autre (quel qu' il soit - et combien de fois je me suis senti, en tant qu' homme, ravalé au rang d' être inférieur, primaire, violent, obsédé et dominateur, par des féministes emportées par leur sainte colère!), c' est incontestablement à la fois une erreur objective et une faute morale grave.
Mais pourquoi faudrait-il, pour être sûr de l' établir définitivement, confondre cette égalité indéniable avec une identité plus que douteuse? Pourquoi faudrait-il, pour assurer que la femme n' est pas inférieure à l' homme, s' évertuer à démontrer qu' elle n' est pas différente de lui? Pourquoi fragiliser un combat aussi légitime, une démonstration aussi solide, en voulant le fonder sur un raisonnement aussi absurde? Oui, l' homme n' est pas une femme, la femme n' est pas un homme. Alors que notre société prend conscience, enfin, de la nécessité de respecter vraiment la nature telle qu' elle est, de renoncer à la modeler selon les excès de son désir de toute-puissance, pourquoi ne pas respecter notre propre nature, telle qu' elle est, sans chercher à la nier? On condamnerait à raison une entreprise qui, pour exploiter une nappe de pétrole, chercherait à cacher l' existence des différentes espèces qu' elle mettrait en danger; de la même façon, poursuivre le projet politique de l' homoparentalité, par exemple, n' autorise personne à nier la réalité naturelle de la différence sexuelle. Oui, l' homme et la femme sont différents; ne soyons pas indifférents à cette dualité essentielle de notre nature, sachons au contraire l' apprivoiser, l' aimer, comme nous apprenons à respecter et à admirer la nature telle qu' elle est.
Egalité ne veut pas dire nécessairement identité; pour tomber dans cette confusion élémentaire, Caroline de Haas fragilise son beau combat et tombe souvent à côté de la plaque. Elle veut prouver que nous avons les mêmes cerveaux, également réceptifs à la culture ambiante; personne n' en doute... Mais nous ne sommes pas que des cerveaux! L' être humain est un corps, doté de sa part d' animalité, d' instinct, de sensibilité; et ce corps est sexué. Cette réalité physique ne dépend pas de notre culture. Partageant une égale rationalité, comment ne pourrions-nous pas reconnaître que l' homme et la femme sont génétiquement, organiquement, charnellement différents? Et de même que la biodiversité est reconnue comme un patrimoine à protéger, pourquoi ne pas regarder cette différence comme un trésor à protéger et à découvrir?
Reconnaître l' évidence biologique et l' expérience psychologique, de la différence des sexes, n' empêche pas d' affirmer leur égalité, bien au contraire. Méfions-nous: le combat du gender pour affirmer une identité illusoire pourrait bien constituer, par une ruse de l' histoire, la victoire paradoxale de la phallocratie, et apporter une réussite encore jamais atteinte aux forces d' aliénation de la femme. Lorsque le féminisme en vient à nier l' existence de la femme, on est en droit de se demander qui y gagne dans son long et légitime combat. Lorsque Caroline de Haas exige que la femme soit considérée comme identique à l' homme, elle renonce à construire un modèle d' individualité propre, autonome, et se laisse finalement aliéner par le modèle masculin, succombant à l' ancestrale prédominance qu' elle dénonce. La liberté de la femme ne consiste pas à ne pas pouvoir être elle-même!
Le féminisme du gender partage le projet du machisme le plus inégalitaire: fermer toute possibilité de dialogue. Je n' ai rien à échanger avec celui qui m' est identique, comme avec mon inférieur. Dans l' un et l' autre cas, rien à apprendre, rien à recevoir - rien à donner non plus. Mais de l' être qui est mon égal sans être identique à moi-même, de celui-là seulement, je désire la relation car elle est la promesse d' une découverte et d' un enrichissement mutuel. Femmes, vous nous fascinez pour ce que vous êtes; notre différence est le difficile trésor qu' il nous appartient d' apprivoiser ensemble. Pour y parvenir, reconnaître et vivre notre égalité est une nécessité concrète; mais proclamer notre identité serait notre commun échec. Femmes, ne vous laissez pas aliéner, ne devenez pas des hommes comme les autres!
François-Xavier BELLAMY
au (33) 613 27 32 83
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