Que signifierait une admission de la Turquie comme membre de l' Union Européenne à part entière pour le mode de vie européen?
Par sa propre définition, l' U.E. est une communauté de valeurs, un territoire de liberté, sécurité et légalité, un projet pacifique, unique, créateur de prospérité. Pour être mentionnées explicitement, les valeurs chrétiennes conditionnent néanmoins la question morale.
Vue de l' extérieur, l' U.E. constitue un attrait indéniable pour les investisseurs, les relations commerciales et les possibilités de travail. Source désirable de financement pour les projets d' aide économique, les droits de l' homme y sont plus respectés que dans nombre d' autres pays.
Mais elle n' est pas une puissance politique, ni un partenaire global sur la scène mondiale. De plus, elle n' a aucune politique commune pour les Affaires Etrangères et la Sécurité (CFSP).
Son succès économique, combiné avec sa faiblesse en politique étrangère, la fait considérer par le reste du monde comme une super-ONG et un attrait pour d' autres forces politiques. L' islamisation de l' Europe vient en tête, suivie par l' ambition turque de dominer l' Europe. La Turquie prépare le terrain. Aucune concession mutuelle dans les négotiations: la Turquie veut une Europe turque.
L' U.E. se trouve dans une situation semblable à celle de Byzance avant la conquête turque: un adversaire résolu face à une entité désunie presque autodestructive.
Le but du monde islamique est l' islamisation totale que soutient la Turquie, pays islamique, en y ajoutant son ambitieux nationalisme.
Comment reconnaître ces faits?
- par l' examen de la situation politique actuelle dans l' U.E.
- par l' examen de la situation politique actuelle en Turquie
- par l' examen des efforts en vue d' une hégémonie au
sein de la communauté internationale
1. Situation politique actuelle dans l' U.E.
On parle beaucoup, aux sommets semestriels de l' U.E., des points communs et de l' intégration, de la réunification de l' Europe et de l' élargissement de l' U.E. En fait, c' est précisément le manque de points communs qui empêche le succès de l' élargissement. C' est particulièrement vrai dans le cas de la Turquie. L' U.E. cherche son salut dans l' élargissement, même s' il est contraire aux intérêts de la majorité de la population européenne, ce qui explique l' évident scepticisme envers l' U.E.
Pour la plupart des Européens, cet élargissement, joint à la globalisation, a accru pour les travailleurs les exigences de performance, souvent accompagné d' une réduction du revenu.
En d' autres termes, les égoïsmes nationaux sont la dominante de ces sommets. L' esprit européen y fait totalement défaut.
Malheureusement, les vues différentes dominent.
La politique étrangère de l' U.E. reflète
celle des états-membres:
- Récente évidence de la politique discordante du
Président Sarkozy: Il pense en Francais, non en
Européen quand il parle de l' Union
Méditerranéenne ou lorsqu' il discute des pactes
militares ou de la coopération nucléaire avec les pays
méditerranéens.
- La Grande Bretagne continue ses activités dans le sillage
des Etats-Unis.
- Inquiétante est la scission de l' U.E. envers la Turquie: en
1999, le Conseil lui garantit l' admission à part
entière, approuvée par supporters et adversaires, dans
un document secret, sans en informer le public.
En ce faisant, l' U.E. ignore, entr'autres:
- L' application des droits de l' homme en Turquie est très
déficiente, et non conforme aux conditions primordiales de l'
U.E. pour ouvrir les négociations. Mais l' U.E. a quand
même entamé les négociations le 3 octobre 2005.
Elles ont été poursuivies depuis lors, contre toute
raison. Que les citoyens turcs aient le droit d' asile en Europe ne
semble pas être une contradiction.
- Le rôle privilégié de l' armée et de l'
église est fortement enraciné dans la constitution de
l' état turc "national-religieux", ce qui est contraire aux
principes de l' U.E. La Turquie n' est pas une démocratie dans
le sens occidental.
- La vie publique en Turquie est conditionnée par l' islam, ce
qui s' oppose totalement à l' individualisme séculier
de l' Occident. Et cela signifierait la fin de "notre" Europe et de
son intégration.
- L' accession de la Turquie impliquerait une énorme charge
financière et l' U.E. finirait par financer les ambitions
nationales turques.
- N' ayant aucune politique étrangère commune, l' U.E.
suivrait les intérêts de la Turquie et pourrait
être impliquée dans ses conflits limitrophes.
De même que pour le Conseil de Sécurité des Nations Unies, les possibilities d' agir et de s' engager sont limitées par l' absence de politique étrangère commune. Il faut bien reconnaître que les Etats-Unis, en dépit de nombreuses critiques, sont les seuls champions du monde occidental. Le narcissisme européen ne peut être considéré comme une politique mondiale.
En dépit des déficiences de l' U.E.devenant plus évidentes à chaque sommet et malgré les sondages négatifs de l' opinion publique, l' U.E. continue à louer les résultats de son intégration dans de nombreuses publications et manifestations. Dernier slogan de la présidence autrichienne: "L' U.E. doit être amusante!"
Mais ces messages ne sont que vides et tranquillisants. Aucune crédibilité!
Exemples du vocabulaire trompeur concernant l' islam et la
Turquie:
- "Les religions ont un ancêtre commun, Abraham, qui unit
toutes les religions monotheistes." Pourquoi ne pas mentionner les
differences manifestes qui existent partout? L' ancêtre commun
ne nous aide pas vraiment.
- "L' islam est une religion de paix. Il faut distinguer islam et
islamisme; la suspicion générale n' est aucunement
justifiée; il n' y a pas un islam uniforme; le voile est juste
un accoutrement ordinaire. Ces préjugés contre l' islam
mènent à l' islamophobie."
- "La Turquie est une démocratie qui fonctionne, un
état laique. Erdogan et son parti sont des islamistes
modérés." (Contradiction linguistique).
- "Négociations sans resultants pré-établis,
référendum post festum".
Un examen critique conduit aux conclusions contraires:
- L' islam n' est pas une religion privée, mais une union avec
l' État. La collectivité domine, l' individualisme
faisant figure d' égoisme. Seule référence pour
le musulman, les révélations faites à Mahomet au
VIIe siècle et annoncées comme loi divine.
Conséquence: l' islam exclut la tolérance et les
compromis.
- L' islam contredit les idées occidentales: le principe de
liberté religieuse est-il applicable? L' islam se
considère comme idéologie (totalitaire) de salut pour
l' humanité entière. Conséquence: pression
sociale pour une ségrégation volontaire de toute
société non-islamique et ostentation individuelle de
symboles religieux (voile).
- L' arabe est la langue de Dieu, le Coran ne peut être ni lu
ni compris dans aucune autre langue.
- Complexé que sa supériorité culturelle d'
antan soit passée à l' Occident, le monde islamique
souffre et se sent exclu et offensé par l' Occident.
- Questionner l' islam ou le critiquer est
jugé"islamophobe".
- "Dialogue" signifie: prêcher le coran pour convertir.
"Intégration par participation" ne signifie pas:
intégration dans le monde occidental, mais simplement:
sanctification des droits des musulmans. Résultat:
sociétés parallèles.
- Tant que les musulmans sont en minorité, ils nient toute
intention de prosélytisme, tromper et camoufler - cela s'
appelle "Taquia". Dans un environnement islamique les non-musulmans
ne peuvent s' attendre à aucune tolérance ou
compréhension. Exemple: Le principe de
réciprocité (traitement égal) est rejeté
comme demande déraisonnable par le président de la
communauté islamique d' Autriche.
- Dans les écoles autrichiennes, les enseignants religieux
islamiques proclament qu' hommes et femmes ne doivent ni être
assis ni travailler ensemble. Défense aux
écolières de participer aux excursions scolaires ou au
cours de natation avec des garcons. Faire son service militaire dans
un pays non-islamique est regardé comme péché.
Dans la vie quotidienne, l' attitude musulmane crée de sérieux obstacles: boisson, nourriture, rapports entre les sexes. Même l' économie est dominée par le système islamique: les banques ne peuvent pas demander d' intérêts pour leurs crédits.
Que ce soit en obéissance anticipée ou dû aux
exigences islamiques, la majorité de notre
société s' est soumise à ces
particularités:
- Repas sans porc, pas d' alcool.
- Ségrégation sexuelle en public, la psychanalyse et
Freud sont ignorés
- Les femmes ne peuvent sortir qu' accompagnées de leur mari
ou d' un membre mâle de la famille, voile obligatoire.
- Suppression des crucifix dans les écoles et hôtels
européens
- Traitement spécial des musulmans dans les armées
européennes.
- Accepter une performance réduite du personnel pendant le
jeûne du Ramadan
- Respecter certaines interdictions dont celle des
intérêts bancaires
Dans chaque dialogue, les musulmans assimilent la Chrétienté à l' Occident, la société individuelle et laïque est totalement ignorée. Questions que se posent ceux qui n' appartiennent à aucune religion (athées, agnostiques, etc.): "Qui me représente dans ces dialogues inter-religieux? Pourquoi ma conception de vie vaut-elle moins que les croyances religieuses, spécialement l' islam?" Cela concerne, entr' autres, le Président d' Autriche qui est agnostique. Ceux qui sont en contact quotidien avec des musulmans comme les policiers ou les enseignants et qui subissent les difficultés de "l' intégration" n' ont pas le droit d' en parler.
La vie quotidienne satisfait pleinement les exigences islamiques, allant de la fourniture de vêtements de travail islamiques par la municipalité de Vienne à la proclamation que toutes les valeurs islamiques sont sacrées. Ni la radio, ni la télévision, ni les églises ne posent de questions: on se contente de manifestations "amusantes", "interculturelles" (football, courses à pied….). Ces échanges ont la même portée que de recettes de cuisine.
Le "programme d' intégration" initié par le gouvernement pour aider les immigrants se contente d' une aide financière, sans insister sur les prémices de devoirs réciproques, ce qui cimente la société parallèle déjà existente. La connaissance de l' Allemand, même rudimentaire, est jugée excessive par la communauté islamique.
On parle beaucoup d' " islamophobie " mais jamais de "Christophobie". L' organisation de la conférence islamique a comme but avoué de subordonner les droits de l' homme à la charya. Le président de la Commission des Droits de l' Homme de l' ONU a déjà promis l' élimination de toute critique des lois et pratiques religieuses, y compris la mutilation sexuelle des femmes.
Les idées récemment émises par l' archevêque de Canterbury et par le plus ancien juge de l' Angleterre ne peuvent être considérées que comme soumission totale à l' islam. Ils ne seraient pas opposés à l' introduction de la charya dans le droit commun anglais!
Résultat: Les musulmans, loin d' être intégrés, ont créé une société parallèle rebelle à toute intégration. Une société qui demanderait à ses immigrants d' adopter ses valeurs serait "positivement raciste". Que signifie tout cela pour la co-existence avec les musulmans?
Le mode de vie occidental (basé sur l' identité de l' individu, le système laïque et le libre choix religieux individuel) peut-il se maintenir face au mode islamique (dominé par le patriarcat oriental, le nationalisme et l' identité de groupe)?
L' islam questionne sérieusement les principes du mode de
vie occidental, bien qu' ils soient le fruit d' une longue et parfois
douloureuse expérience formative dont l' Occident est
fier:
- Séparation de l' Église et de l' État
- Liberté de religion, liberté d' expression
- Religion et sexe sont des domaines privés
- L' art peut faire tout ce qu' il veut
- Égalité des sexes
En 1912, la loi autrichienne a reconnu l' islam comme groupe
religieux, à condition " qu' il soit compatible avec les
lois". Á ce sujet, il y a eu d' avertissemens
répétés, mais les faits suivants n' ont jamais
été résolus:
- L' islam ne reconnaît nos lois que lorsqu' elles sont
compatibles avec les siennes, ce qui exclut toute tolérance,
tout compromis. Il ramène la religion dans la politique. Les
demandes islamiques ne sont pas discutées parlementairement,
mais exigées comme religieusement sacrées. L' examen
critique, ou le refus est immédiatement dénoncé
comme "islamophobe", raciste, xénophobe et intolérant.
Résultats: deux codes légaux différents et fin
de la discussion démocratique.
- L' islam considère les non-musulmans comme "
indfidèles " donc citoyens de deuxième classe.
Pour l' islam, la paix mondiale ne sera acquise qu' après l' islamisation totale. En attendant, toute co-existence pacifique n' est qu' un intérim.
Les croyances et valeurs islamiques ne peuvent pas être intégrées dans la société européenne. Mais un musulman peut être integré car la tolérance européenne traite en égaux les membres de toutes les religions: La religion est un domaine privé, la laicité un domaine fiable.
Notre futur dépendra non seulement des valeurs de notre passé mais de nos efforts pour préserver ces valeurs: Famille, solidarité dans l' économie. L' isolement de l' individu et la précarité des conditions économiques risquent cependant de mener vers le slogan: "La solution, c' est l' islam!"
2. La situation politique actuelle en Turquie
La Turquie est une puissance régionale avec une politique et une doctrine d' intervention étrangère spécifique, ce qui lui a permis de profiter des divisions intérieures de l' U.E. Seul compte son propre intérêt. Dû à cet opportunisme en politique étrangère, celle-ci n' est pas dirigée vers l' U.E. ou l' Europe, mais également vers les autres régions islamiques d' Asie Centrale.
Nombreuses sont les interventions militaries pour forcer les objectifs de la politique étrangère: 30.000 soldats environ sont stationnés en Chypre depuis 1974, bien que la raison de cette intervention (le régime militaire grec) n' existe plus.
L' intervention militaire en Irak suit le même principe: la Turquie intervient pour soutenir ses intérêts. En d' autres cas: pression diplomatique ou économique. Conséquence: activité diplomatique importante dans l' U.E. et les Etats-Unis (concernant le génocide arménien et le PKK kurde, entr' autres).
La Turquie travaille contre l' U.E. dans le domaine de l' organisation de la conférence islamique, dont le secrétaire général est turc et à l' avant-garde du conflit islam/Occident. Tout comme les efforts actuels de l' O.C.I. de subordonner la Déclaration des Droits de l' Homme aux lois de la charya, c' est cela la vision islamique des droits de l' homme.
La constitution turque est incompatible avec celle de l' U.E. car la vie politique et la religion sont sous l' influence militaire. Les croyances religieuses et l' appartenance à un organisme religieux ne sont pas du domaine privé comme en Occident.
L' autorité religieuse, "Diyanet", contrôle la vie religieuse de l' islam sunnite, les autres croyances sont handicapées, la minorité chrétienne, autrefois prospère, est réduite à l' insignifiance. Même 20 millions d' Alevites, quoique musulmans, sont empêchés de pratiquer leur culte par la majorité sunnite.
Le Diyanet nomme les imams et les envoie dans les pays où resident des Turcs, comme l' Allemagne ou l' Autriche. Dans ces deux pays, les représentants du Diyanet militent pour les liens religieux et nationaux avec la Turquie et ne font aucun effort d' intégration. En Autriche, le Diyanet est représenté par ATIB. Le sécularisme turc est imposé d' en-haut au lieu de venir de la base comme en Occident. La comparaison avec la laïcité francaise est absolument trompeuse.
Le fondateur de la république turque, Kemal Ataturk, a décrété la séparation de l' Église et de l' État. Les militares garantissent l' État séculier et contrôlent tout, de la vie religieuse jusqu' à l' abolition de partis politiques. En dépit des efforts kemaliens, le sécularisme n' a pas pu s' imposer. Actuellement, la Turquie est divisée en deux groupes antagonistes: la majorité de la population et le groupe, beaucoup plus petit, des citadins occidentalisés: une division profonde culturelle, la controverse sur le voile est potentiellement explosive.
La faiblesse de la Cour Constitutionnelle turque est inquiétante: les juges ne pouvaient se mettre d' accord sur l' exclusion du parti au pouvoir, en raison de leur mépris des principes de la laïcité turque. En manipulant les faits, l' U.E. applaudit la décision finale, prenant ainsi parti pour l' islam.
L' influx de capital musulman encourage cet antagonisme culturel: un musulman pratiquant peut compter sur un soutien économique et financier, aide qui ne concerne pas seulement le logement, l' école, le travail et la nourriture, mais qui s' étend aux entrepreneurs pour les contrats et le financement.
Le gouvernement "islamique modéré" mène progressivement la Turquie vers un islamisme religieux d' État et accomplit la réorientation idéologique nécessaire dans le système administratif de l' État.
La constitution turque ne préscrit pas seulement les rôles spécifiques des autorités militares et religieuses, mais aussi l' homogénité ethno-religieuse. Elle ne reconnaît donc aucune minorité ethnique. (Exemple: les 12 millions de Kurdes).
Conformément à cette centralisation, le nationalisme est protégé par le code pénal: défense d' insulte et de critique sur les versions officielles du génocide arménien ou de l' invasion en Chypre. L' image omniprésente d' Ataturk et le slogan: "Si tu est turc, tu es heureux!" sont une preuve de ce nationalisme. Ajouté à l' islam, il est un facteur de non-intégration des Turcs vivant en Europe.
Révoltante démonstration de cet esprit chauviniste, le meurtre de trois employés d' une imprimerie de la bible à Malatya en 2007. Les assassins avaient "combattu des ennemis de la foi et de la Turquie". Le député socialiste allemand, Vural Oger, déclarait l' U.E. responsable de ce crime par sa pression sur les législateurs turcs en faveur de réformes.
Aligner la constitution turque sur les principes de l' U.E. saperait les piliers de la constitution d' Ataturk et sigifierait la fin de la Turquie. Si les négociations continuent dans la procédure actuelle, l' U.E. devra accepter: soit une dictature militaire de fait, soit un état islamique. De toute facon, elle restera un pion de la politique turque.
Sans se soucier des contradictions, la Turquie fait des
déclarations incompréhensibles et insiste sur une
admission entre 2013 et 2015:
° Toutes les conditions posées ont été
remplies, et nous avons le droit d' être membre à part
entière
° L' U.E. n' a pas le droit de rejeter la Turquie. Dans une
incroyable insinuation, la Turquie accuse l' U.E. d'être un
club chrétien, ignorant ses propres activités dans l'
O.C.I., une organisation exclusive des pays musulmans. Son
équivalent chrétien n' existe même pas.
° La création projetée d' un drapeau
européen avec une croix (comme celui de l' Union
Pan-Européenne) a échoué au Conseil de l'
Europe, en raison de l' opposition turque.
° La Turquie accuse l' U.E. de discrimination et se plaint de
ses remontrances. En fait, elle recoit un traitement de faveur
exceptionnel. La Croatie, par exemple, est traitée plus
durement. Mais la Turquie est obstinée et ignore les
sentiments de la population européenne, comme le ferait une
armée d' invasion.
La Turquie laboure son chemin vers l' U.E. en méprisant les concessions, et sans aucune disposition à se conformer aux critères d' admission. Sa tactique éprouvée de négociations: séduire, prétendre être offensée, menacer.
Lors d' une récente visite à Cologne, le premier ministre turc a clairement exposé ses vues: la Turquie veut une Europe turque.
Résultat de ces tactiques déloyales: la Turquie fait partie de la plupart des organisations de l' U.E. et forge ses "propres conditions d' admission". Avec l' Espagne, elle donne le ton dans "l' Alliance des Civilisations" de l' ONU. Une faible U.E. est sans défense face à cette Turquie déterminée et fortifiée par les intérêts hégémoniques des États-Unis.
Il est donc évident que:
- Les voix critiques, sans considération de leur
autorité ou compétence (y compris celles des
Chrétiens de l' Orient et des immigrants
intégrés) tombent sur des oreilles sourdes.
- Les institutions de l' U.E. ne reconnaissent pas que, pour la
plupart des Européens, l' admission de la Turquie, loin de
constituer un avantage, sera un sérieux
désavantage.
- Ces institutions considèrent leur propre population comme
leur pire ennemi (réaction au vote négatif irlandais
sur le traité de réforme U.E.).
Tous les arguments en faveur d' une admission de la Turquie sont
une distorsion des faits:
° La Turquie réconcilie islam et démocratie et
constitue un pont vers le monde islamique. En raison de sa
constitution, la Turquie n' est pas une démocratie de type
occidental. Les conflits entre l' islam et le sécularisme sont
fréquents - le monde islamique voit en la Turquie un levier et
une partie de son programme d' islamisation mondiale. Mais la Turquie
est aussi un adversaire en raison de son pacte militaire avec
Israel.
° La position géopolitique et la force militaire de la
Turquie renforceraient le rôle mondial de l' U.E. Le contraire
est vrai: étant donné l' absence d' une politique d'
intervention pro-active de l' U.E., la Turquie l' utiliserait
à ses fins. Dans tous les cas, l' U.E. serait
complètement entraînée dans les conflits de
voisinage turcs et serait donc déstabilisée.
° L' U.E.avait promis l' admission - la Turquie attend depuis 40
ans. Aucune promesse légitimée démocratiquement
n' a été faite pendant 40 ans, la Turquie s' est
plutôt distancée de l' Europe, et pendant les
années 70, elle a explicitement tourné le dos à
l' U.E. et à l' Europe.
° Sans admission, les réformes s' effriteront et
cesseront. La Turquie est membre- fondateur du Conseil de l' Europe
et a retardé les réformes nécessaires depuis des
décennies. Ces réformes sont dans l'
intérêt de la Turquie et l' U.E.n' est pas
obligée de les récompenser.
° Le potentiel économique. Les succès et les
opportunités économiques ne justifient la candidature,
même s' ils servent d' importants intérêts
spéciaux. La Turquie fait déjà partie d' une
union douanière avec l' U.E. Etre membre à part
entière ne lui apporterait donc aucun avantage
supplémentaire. C' est un pays récemment
industrialisé avec ses propres caractéristiques: forte
proportion de population agricole (30 %); taux de chômage
élevé, surtout parmi les jeunes;
nécessité d' aide étrangère pour financer
le développement économique (la Turquie est un des plus
gros débiteurs du FMI). Risques économiques
considérables, corruption, faibles revenus individuels,
travail des enfants, protection de brevets inadéquate et
contrôle incertain de la légalité, sont
également à constater.
La raison devient non-sens, la charité une calamité.
3. Les hégémonies dans la communauté internationale
Qui détermine le cours des évènements?
Sans prétention à la finalité et en vue des arguments ci-dessus, apparait le tableau suivant: Ceux qui ne sont pas obnubilés par la suffisance de l' U.E., qui regarde le monde d' un point de vue extérieur, reconnaîtront qu' à part quelques pays actifs en politique mondiale, les évènements sont dictés par l' islam et le capital international, combinés avec la production d' énergie et de matières premières.
Dans notre hémisphère occidental, les Etats-Unis interviennent largement dans le cours des évènements. Leur politique étrangère est basée sur les sources d' énergie. Le monde islamique pousse avec zèle et un succès croissant l' islamisation mondiale, ses armes étant le pétrole et la puissance financière en résultant.
Un réseau international de mouvements de capitaux, incontrôlable par les gouvernements nationaux comme par les organisations internationales, s' étend sur le monde entier et prend les décisions qui lui conviennent. Un centre financier doit rester actif et attrayant, et ceci détermine les autres politiques.
La Chine devient très active en Afrique afin de couvrir ses besoins en matières premières. La Russie a réaffirmé sa position dans le monde lors du récent conflit avec la Géorgie.
D' où la question: que peut, et doit, faire un individu dans cette situation? Un sérieux problème pour ceux qui croyent en les valeurs européennes!
Les tragédies de notre histoire nous commandent, non seulement de réfléchir pour ne pas retomber dans les mêmes erreurs, mais d' être vigilants envers certaines idées populaires à la mode. Le monde artistique, les medias, les églises, la science et nombreux partis politiques pratiquent une politique d' autruche quand il est question de l' islam et de la Turquie, craignant de dire la vérité, car la liberté d' expression commence à être réduite.
Le dédain de la société civile, du Christianisme (sutout du Catholicisme), les attaques contre la famille, la promotion exagérée de l' égalité sexuelle et des relations homosexuelles, ne peuvent se substituer à l' action. Il est impératif de discuter les limites de l' individualisme.
Comme dans le douloureux passé, il est nécessaire d' être vigilant et de dire la vérité. Seul celui qui cherche la vérité est capable de l' apprendre! Les excuses rétrospectives ne serviraient à rien.
Peut-être sera-t-il possible, cette fois, avec le courage et la persévérance nécessaires, de créer un contre-poids au laisser-aller actuel et affirmer que 3x3 font 9, et rien d' autre.
Moyens possibles: poser des questions, écrire aux éditeurs de journaux, faire des exposés et des discours publics.
Nous espérons que les observations de cet article pourront y contribuer.
Celui qui combat peut gagner, celui qui ne combat pas à déjà perdu d'avance!
Haral FIEGL
Harald Fiegl a 11 ans d' expérience en Turquie dont 7 en tant qu' Attaché Commercial auprès de l' Ambassade d' Autriche. Ses observations se basent sur son expérience professionnelle, ses informations continues, nombreux voyages en Turquie et ses contacts personnels.
au (33) 613 27 32 83
Création 02/2009 Précédentes mises à jour 03, 04, 05, 06, 07, 08, 09, 10, 11, 12/2009, 01, 02, 03, 04, 05 et 06/2010 Dernière mise à jour 07/2010