« Qu’ on se souvienne!
Les Français doivent à l’ Armée d’ Afrique une immense reconnaissance. En écoutant ces musiques, ces noubas, ces fanfares.
Qu’ on se souvienne de ceux qui défilèrent aux accents de ces marches célèbres, musulmans fidèles qui étaient nos frères, pionniers d’ Algérie, de Tunisie et du Maroc, Français de la métropole, fiers de servir dans ces unités d' élite. « Maréchal JUIN mars 1966.
Qu’ on se souvienne des Zouaves et des Turcos de la Division de Mac-Mahon , pendant la guerre de Crimée ( 1854-1856 ). Lors du siége de Sébastopol, c’ est eux qui, dans un assaut victorieux, enlevèrent la tour Malakoff le 8 septembre 1855 provoquant la chute de Sébastopol. En Italie, le 4 juin 1859, ces mêmes turcos à la bataille de Magenta font abandonner la ville de Mantoue aux Autrichiens.
Qu’ on se souvienne des Turcos de Froeschwiller qui se battirent avec Mac-Mahon en Août 1870, ils furent malheureusement battus par les Prussiens.
Les Zouaves lors de leur création, dès 1839, étaient alors constituées d’ engagés volontaires, de même que les unités de Tirailleurs plus tard, mais ce mode de recrutement devait changer avec la grande Guerre.
Qu’ on se souvienne, en 1914, la population Européenne sur un peu moins de 500 000 âmes, Français de souche ou récemment naturalisés, ont eu 155 000 mobilisés. Elle en envoya 115 000 sur les champs de bataille de métropole et sur le front oriental sous le commandement du Général Franchet d’ Espérey lui-même natif d’ Algérie.
Quand aux jeunes musulmans, ils furent 173 000 à participer à l’ effort de guerre. 87 000 engagés, 83 000 appelés et 3 000 réservistes sur une population qui dépassait les quatre millions. Leurs pertes respectives s’ élevèrent à 25 000 pour les Indigènes et à 22 000 pour les Français.
Qu’ on se souvienne que le Régiment le plus glorieux de l’ Armée Française est un Régiment de l’ Armée d’Afrique. A sa création, en 1914, il prend le nom de Régiment Mixte d’ Infanterie Coloniale. En 1916, il reprend le Fort de Douaumont, son drapeau reçoit la Légion d’ honneur: c’ est sa troisième citation. Ce sera la Médaille Militaire après la dixième citation obtenue en Argonne en Novembre 1918. Il est devenu R. I. C. M. en 1915. ( Régiment d’ Infanterie Coloniale du Maroc )
Qu’ on se souvienne du conflit suivant. De septembre 1939 au premier juin 1940, l’ Afrique du Nord avait envoyé en métropole 2975 Officiers, 9370 Sous-Officiers et 157000 hommes, à l’ issue de ce qu’ on baptisera la drôle de guerre. Le R. I. C. M. combat en Alsace, il y perd les deux tiers de ses effectifs. Il est dissous après l’ armistice; l' Allemagne détient 90000 prisonniers nord africains: 60000 Algériens, 12000 Tunisiens et 18000 Marocains.
Qu’ on se souvienne, qu’ après le débarquement de novembre 1942 des Anglais et des Américains au Maroc et à Alger, ce sont des troupes du Constantinois (80000 hommes), Armée d’ armistice, mal équipée, mal armée qui s’ installèrent sur les dorsales Tunisiennes pour barrer la route aux troupes de l’ Axe aidées au sud le long de la ligne Mareth par la VIII ème Armée Anglaise, du Général Montgomery, il a sous ses ordres la 1 ère Brigade Française Libre ( 3500 hommes ) celle qui avait déjà tenu tête à l’ Afrika Korps du général Rommel à BIR HAKEIM du 27 Mai au 11 Juin 1942. Il a aussi dans ses rangs la colonne « L » comme Leclerc, celle ci prendra Gabès.
Pendant les cinq mois que devait durer la campagne de Tunisie ces troupes eurent 2200 tués et 10345 blessés.
Qu’ on se souvienne de la libération de la Corse et de la Sicile, les Généraux alliés souriaient en voyant partir les supplétifs qu’ étaient les goumiers Marocains avec des mulets. Pourtant ceux-ci montrèrent très vite leur efficacité dans ces régions au sol tourmenté.
Qu’ on se souvienne de la campagne d’ Italie où il fut décidé d’ envoyer un corps expéditionnaire Français sous les ordres du Général Juin. Ses premières unités débarquèrent le 25 Novembre 1943 pour rejoindre la 5 ème Armée U. S. du Général Clark. Il était composé de la deuxième division d’ infanterie Marocaine (2e D.I.M ) et de la Troisième Division d’ infanterie Algérienne ( 3e D.I.A. ): soit 65000 hommes, 2500 chevaux et mulets et près de 12000 véhicules, renforcé ensuite par deux autres Divisions.
Les Alliés étaient bloqués par la ligne « Gustav « établie par le maréchal Kesselring. Le verrou central en était le monastère de Cassino. Le Général Juin proposa un plan aux alliés et ce qu’ ils n’ avaient pas réussi en trois mois d’ un automne très agréable, le C. E. F. I. l’ avait réalisé en hiver en une vingtaine de jours. Les pertes furent lourdes, elles témoignent de la violence des combats: 7250 tués, 4200 disparus et 30000 blessés.
Après cette victoire le message du Général Clark est le suivant: « Sincères félicitations pour vos importants succès….. c’ est un honneur d’ avoir vos troupes dans le cadre de la 5 ème Armée «
Celui du Général Alexander Cdt en chef en Italie: « La rapidité et l’ impétuosité de votre splendide corps sont des plus impressionnantes… Dans le plus difficile des terrains vous avez ouvert la porte de la victoire. Veuillez transmettre l’ expression de ma reconnaissance et de mon admiration à vos soldats Français et accepter pour vous-même mes félicitations les plus chaleureuses pour la manière foudroyante dont vous menez les opérations «
Celui de sa Majesté le roi Georges VI: « Félicitations les plus chaleureuses pour votre remarquable contribution à nos récents succès. «
et enfin celui du Président Roosevelt: « Le Général d’ Armée Juin … a rendu des services extrêmement méritants… sa connaissance approfondie de la guerre de montagne lui a permis de préparer et de diriger des opérations couronnées de succès. «
Nous laisserons la conclusion au Général Kesserling, commandant en chef des armées de l’ axe en Italie: « Sans le corps expéditionnaire Français les alliés n’ auraient jamais forcé le seuil de Cassino «
Le C. E. F. I. sera dissous pour être incorporé dans l’ Armée B sous le commandement du Général de Lattre de Tassigny qui par la suite prendra le nom de 1 ére Armée Française qui doit se préparer pour le débarquement en Provence.
Qu’ on se souvienne que sur un effectif de 260000 combattants dont 5000 auxiliaires féminines 90 % de cette première Armée française était d’ origine nord africaine, 52 % d’ origine indigène et 48 % d’ origine européenne.
C’ est le 15 août que l’ Armée B débarque en Provence, dans une opération conjointe avec les Américains. Leur secteur est entre Anthéor et le cap Négre.
Parmi les unités qui le 28 libèrent Toulon, on retrouve le R.I.C.M. qui est devenu le rgt. de reconnaissance de la 9 ème division d’ Infanterie Coloniale.
Après avoir libéré Marseille, Le Général de Lattre dirige ses unités sur Arles, Tarascon et Avignon. Pendant qu’ une autre colonne avec la 3e D. I. A. entrait dans Chambery et Aix les Bains.
Le 2 Septembre, c’ est au tour de Saint Etienne d’ être liberée, la 36 ème division U. S. s’arrête devant Lyon laisser les unités Françaises y pénétrer.
C’ est ainsi que la 1ère Armée avait anticipé les prévisions de plus d’ un mois mais au prix fort de 4000 tués ou blessés mais ayant anéanti deux divisions et fait 37000 prisonniers.
Qu’ on se souvienne encore de cette poignée d’ Africains, une colonne de 400 hommes et une soixantaine de véhicules et un seul canon de 75 qui, parti du Tchad avec Leclerc, réussit l’ exploit de prendre Koufra le 1 er Mars 1941 aux Italiens.
Il y fera un serment devenu célèbre: « Nous sommes en marche, nous ne nous arrêterons que lorsque le drapeau Français flottera sur la cathédrale de Strasbourg. «
La force L est devenue le 30 Mai, en Tunisie, la 2e D.F.L. Envoyée en Libye elle est étoffée avec des unités de l’ Armée d’ Afrique mais c’ est au Maroc, le 24 août 1943, qu’ elle devient la 2e division Blindée ( 2e D. B.) équipée par les Américains. Elle débarque en Normandie en Août 1944, avec la 3 ème Armée du général Patton. Elle fonce sur Paris et le 25 Août le Général Leclerc reçoit la reddition du gouverneur Allemand Von Scholtiz. Ensuite c’ est Vittel, Dompierre, Baccarat pour s’ élancer enfin sur Strasbourg, Le 23 novembre il aura tenu le serment fait au Fezzan.
Le R.I.C.M. arrive au Rhin, son drapeau reçoit la cravate bleue de la « Distinguished unit « avec l’ inscription Roseneau 1944.
La 2e D. B. participera à la réduction des poches de Colmar et de l’ atlantique (libération de Royan) avant de foncer sur Berchtesgaden le nid d’ aigle de Hitler.
Pour beaucoup d’ unités de l’ Armée d’ Afrique le temps du repos n’ est pas arrivé, un autre conflit les attend en extrême-orient. Le R.I.C.M. débarque à Saïgon en Novembre 1945 son drapeau y récoltera cinq palmes avec la croix de guerre des T. O. E. Il totalisera plus de 15000 morts, tombés au champ d’ honneur. Car il y aura encore la Guerre d’ Algérie pendant laquelle il changera de nom. Mais pour pour pouvoir conserver le même sigle il deviendra fin 1958: Régiment d’ infanterie-Chars de Marine et enfin, il est de toutes les OPEX, il obtient une 18ème Citation à l’ ordre de l’ Armée lors des opérations au Tchad en 1978, Il sera au Liban, au Rwanda, au Cameroun, à Djibouti.
Qu’ on se souvienne encore des unités disparues dans les combats de la route coloniale N. 4 entre Cao Bang et Langson, le groupement de tabors Marocains, les 1 er, 3ème et 11ème Tabors, un bataillon de marche du 8ème R. T. M., chez les légionnaires le 2ème Bon et le 3éme Bon du IIIe / R.E.I., les légionnaires parachutistes du 1er B.E.P. et les paras du 3e ème G.C.C.P. Le corps expéditionnaire aura 4800 tués, blessés, disparus et environ 3000 prisonniers dont 2000 ne reviendront jamais des camps.
Qu’ on se souvienne aussi, en Algérie, des Groupes Mobiles de Police Rurales (G.M.P.R), des Moghaznis, des S.A.S., des Harkis supplétifs renforçant les unités tous lâchement abandonnés à la vindicte du F.L.N. qui s’ empressa de les assassiner.
Ce sont tous ces souvenirs qui sont évoqués quand on
chante encore:
« C’ est nous les Africains
« qui venons défendre le Pays
lors des cérémonies rendant hommage à tous ces soldats.
Hommage à la Mémoire des Harkis Tarbes le vendredi 25 septembre 2009
A l' occasion de la Journée de la Mémoire des Harkis, ce vendredi 25 septembre 2009, le chant des Africains a été entonné avec entrain et vigueur à Tarbes en présence des Autorités civiles et militaires.

A l' origine, ce chant fut écrit par REYJADE sur la musique de l' hymne de l' infanterie de marine destiné aux troupes marocaines en campagne pendant la grande guerre..
Le Capitaine Felix BOYER rebaptisa officiellement cet hymne en « CHANT DE GUERRE DES AFRICAINS » en hommage au colonel VAN HECKE commandant le 7ième régiment de chasseurs d' Afrique en campagne lors de la seconde guerre mondiale et sera officiellement dédié au Général de MONTSABERT.
Ce chant mâle et mélodieux accompagna les soldats
dans les campagnes de Tunisie, de France et d' Allemagne. IL fut
surtout le chant du corps expéditionnaire Français en
Italie ( fort de 120.000 hommes ) à la tête duquel le
Maréchal JUIN se couvrit de gloire:
– en prenant MONTE-CASSINO
– en brisant la LIGNE GUSTAV
– en repoussant les Allemands de la tête de pont de
GARIGLIANO
– en libérant une partie de ROME aux côtés de
CLARCK
– en prenant SIENNE
Le Général Américain CLARCK avait déclaré au Maréchal JUIN : « sans vous et vos magnifiques régiments, nous ne serions pas là »
Ce chant deviendra celui de la première armée du Général de LATTRE de TASSIGNY. Ses accents accompagneront nos troupes au moment du débarquement de Provence en 1944.
Le chiffre de la participation des troupes coloniales aux campagnes de 1943/45 atteste de leur importance: au total 409.000 hommes incorporés soit:
dont:
Cette armée rassemblait les combattants appartenant à la terre d' AFRIQUE. Elle a eu comme chant de marche « LES AFRICAINS » qui s' inscrit comme l' affirmation d' une fierté conquise par le sang versé pour la Mère-Patrie: LA FRANCE.
Ce chant, jugé séditieux par l' occupant nazi, fut interdit en 1941. Ces deux dernières années, lors de certaines cérémonies, il a été censuré, voire interdit. Cette mémoire bafouée, insultée, a un relent de négationisme. Après la non reconnaissance: L' INTERDIT. Ceux qui discriminent cette page d' histoire doivent se poser la question: sans la glorieuse marche de cette première armée d' Afrique, l' issue de cette guerre contre le nazisme aurait-elle pu connaître un autre dénouement? La victoire aurait-elle pu changer de camp? Mais sûrement, elle aurait duré beaucoup plus longtemps avec davantage de souffrances et de pertes humaines!
au (33) 613 27 32 83
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