Paris, 13 juin 2008
La très nette victoire du non en Irlande confirme ce qu' annonce de toutes parts le XXIème siècle: le grand retour des nations. Elle s' ajoute au non que la France a opposé voici trois ans à la supranationalité européenne, suivie par la Hollande. Elle s' ajoute aussi à tout ce que nous savions, notamment grâce à une multitude de sondages convergents, de la résistance des peuples à la supranationalité de Lisbonne, au nom de ce qu' ils ont de plus précieux, le droit de disposer d'eux-mêmes, de se gouverner selon leurs principes et leurs intérêts propres, en d' autres termes leur souveraineté. Dans la très grande majorité des pays qui n' ont pas eu droit au référendum, ni pour le traité Giscard, ni pour son pauvre succédané de Lisbonne, les sondages indiquent un net refus du modèle supranational, supérieur à 60 % en Grande Bretagne, en Autriche, en République Tchèque, en Hongrie, en Slovaquie, au Danemark, en Suède, en Pologne, en Grèce, et dans une moindre mesure au Portugal et en Italie: désaveu cinglant pour les parlements, qui ont ou auraient tous ratifié sans trembler (y compris en Irlande…) -désaveu aussi pour une certaine forme de démocratie parlementaire, si malade aujourd' hui. Ajoutons qu' il est plus que probable que le président tchèque M. Klaus refuse de signer la ratification au nom de la République tchèque, ce qui fait deux défaut de ratification au moins; quant à M. Brown, gageons qu' il va hésiter longtemps encore avant de conduire à son terme la procédure de ratification en Grande-Bretagne.
En somme, les oligarques de Bruxelles sont refusés par l' Europe dont ils portent si indument le nom. C' est la méthode Monnet qu' abattent aujourd' hui, avec la France et la Hollande, ce fier peuple Irlandais dont il faut saluer le courage (on se souviendra longtemps de l' incroyable menace de M. Kouchner, si obsédé à abattre toute trace de nation en Europe: " si les Irlandais votent non, ils en seront les principales victimes " -sic!-). On sait que la fameuse méthode consistait à s' en remettre au couple infernal que forment la Commission de Bruxelles et la Cour de Luxembourg pour construire par petites touches subreptices, à l' insu des peuples et contre eux, un Etat supranational chapeauté par Washington. Elle est morte. Son échec était d' ailleurs prévisible puisqu' elle revenait à créer l' Europe contre les règles élémentaires de la démocratie, dans le temps où l' on affirmait que ladite démocratie était son fondement même, l' ultima ratio de notre modèle politique. Cette contradiction, si caractéristique de toutes les idéologies démentes, pouvait d' autant moins tenir que l' Europe de Bruxelles niait dans le même temps l' ensemble du substrat culturel et civilisationnel de nos nations, leurs racines chrétiennes et leurs sources, Jérusalem, Athènes et Rome. Bruxelles échafaudait un Etat immense au dessus du vide, et ne pouvait que s' écrouler.
Quatre conséquences
La première conséquence du vote irlandais est juridique. Comme le rappelle H. Védrine aujourd' hui même, tous les points de la présidence française (qu' ils soient justifiés ou non, là n' est pas la question) peuvent entrer en application sur le fondement du traité de Nice -évidence, d' ailleurs, puisque les dispositions de Lisbonne ne seraient entrées en application qu' en 2009. Toute tentative de faire autrement que de rester dans le cadre de Nice ne serait qu' une forfaiture supplémentaire, tant il est vrai que tout traité doit être ratifié par chacun de ses signataires ou devient nul. Lisbonne est mort, Nice s' applique. Hélas, pour nos grandioses bâtisseurs, il fixait la répartition des voix au Conseil et des sièges au Parlement, en sorte qu' il sera lui aussi caduc dès qu' interviendra une nouvelle adhésion: ce n' est donc pas simplement Lisbonne et Nice qu' il faut remplacer mais tous les traités: en d' autres termes, édifier un nouveau traité fondateur pour une autre Europe.
La deuxième conséquence est toute entière politique. L' heure est venue de concevoir une autre Europe, respectueuse des Nations et d' organiser leur collaboration sur des nouvelles bases: lesquelles? comme nous l' avons demandé ici plusieurs fois ( c' est notre plan B que les médias refusent de prendre en compte) il faut supprimer la Commission Européenne et la Cour de Luxembourg, et placer le Conseil Européen et le Parlement de Strasbourg (à réunir, à terme, avec le Conseil de l' Europe), au service d' un ensemble de coopérations entre Etats, en privilégiant cinq domaines d' action: une politique coordonnée de la recherche, une politique industrielle, une politique commerciale (en réhabilitant notamment, en tout domaine, la préférence communautaire), assorties d' un pacte de défense véritablement européen (c' est à dire délivré de l' OTAN), ainsi qu' une surveillance accrue des frontières, renforçant des contrôles nationaux si mal assurés aujourd' hui. Cette autre Europe est possible: la France doit la proposer aux peuples, qui d' ailleurs n' en veulent aucune autre.
La troisième conséquence fut annoncée par un communiqué commun signé dès le 10 juin par mon ami Patrick Louis pour le MPF et moi-même pour le RIF: dès le 1er juillet, nous réunirons au sein du groupe Indépendance et Démocratie un Comité Permanent de Surveillance de la Présidence Française. Pas à pas, pendant six mois, nous "marquerons" ainsi la présidence française pour nous assurer qu' aucune de ses initiatives ne s' inscrit dans le cadre du traité de Lisbonne, puisque, désormais, son application est non seulement illégitime, mais illégale.
La quatrième conséquence est électorale: aujourd' hui, à un an exactement du vote, s' ouvre la campagne pour les Européennes. Le vote irlandais s' ajoute aux nombreux éléments qui annoncent une belle victoire des partisans de la souveraineté nationale et populaire. Les récents débats parlementaires ont d' ailleurs prouvé (p.e. sur les OGM ou le label Bio) que les cadres fixés sur tout sujet par Bruxelles et Luxembourg, sont si contraignants que ce qui ne s' appelle plus le pouvoir que par dérision n' a plus grande marge -au point que les parlementaires eux-mêmes et jusqu' à bon nombre de députés UMP découvrent les conséquences de traités qu' ils ont ratifiés en catimini, et dans leur propre brouillard. L' objectif est évidemment de réitérer le "coup de 1999 " et de faire en sorte que nos listes devancent partout celles de l' UMP.
L' Etat major UMP est aux abois. Pour éviter la probable bérézina de juin 2009, il dispose de deux parades terribles: la première est la diminution du nombre des sièges français (il passera de 78 à 73) qui rendra l' élection plus difficile puisque la barre est mécaniquement relevée -il faudra obtenir de 8 à 10 % des voix selon les régions. Il n' est d' ailleurs pas exclu que nos négociateurs aient d' autant moins défendu les sièges français (à la différence de l' Allemagne qui, bien qu' elle ait déjà un nombre de sièges proportionnellement supérieur à sa population, soit 99, n' en perdra que 2, soit beaucoup moins que la France!) qu' ils entrevoyaient ainsi l' occasion de se débarrasser de nous. La seconde ruse consiste à susciter des divisions en notre sein, et spécialement des candidatures contre nos députés sortants: une manœuvre du même genre, en 2004, a couté 3 % à notre liste. Le but évidemment n' est pas d' obtenir des élus, mais de barrer les sortants, et nous empêcher d' obtenir les 12 ou 15 sièges désormais à portée de nous.
Je mets solennellement en garde tous les Français attachés à la souveraineté nationale et populaire, aux valeurs de la République et à l' indépendance de la France, contre ces manœuvres de diversion, et plus largement contre l' esprit de désunion qui nous a déjà tant rongé déjà, mais qui ne nous empêchera pas de vaincre: le rassemblement de toutes nos forces est plus que jamais nécessaire pour assurer ce dont la victoire des peuples contre leurs oligarchies, le 29 mai 2005 en France et aujourd' hui en Irlande, porte la promesse: la sauvegarde des patries, au premier rang desquelles la France, et sa civilisation.
Paul-Marie COÛTEAUX Député Européen
Contact: Patrick Pommier - 06 75 61 95 83
Paul-Marie Coûteaux, député français au Parlement européen, vice-président du Groupe Indépendance et Démocratie, directeur de L' Indépendance
Les Français commencent à comprendre peu à peu l' injure faite à la démocratie. En n' objectant rien au nouveau traité mis au point à Lisbonne, dont la plupart des responsables européens avouent qu' il reprend la substance de la Constitution Giscard, M. Sarkozy bafoue délibérément le référendum et donc le suffrage universel; en promettant une ratification accélérée au point de bousculer le calendrier républicain, il prouve qu' il a peur du débat démocratique et finalement peur des Français.
Dans ces conditions, les Souverainistes entendent eux aussi accélérer leur mobilisation. Le 12 décembre, veille de la signature à Lisbonne, sera présenté un numéro spécial des Cahiers de L' Indépendance où s' exprimeront toutes les sensibilités composant un large front du refus. Ce soir-là, dans les rues du quartier latin, ils défileront aux flambeaux pour symboliser l' enterrement de la démocratie en France.
Paul-Marie Coûteaux député français au Parlement européen, vice-président du Groupe Indépendance et Démocratie, directeur de L' Indépendance
Communiqué de Paul-Marie COÛTEAUX Député français au Parlement européen, directeur de L' Indépendance
Admirable M. Jouyet ! En annonçant, avec l'aval de l'Elysée, et conformément à ce qu'avait dit l'hiver dernier le candidat Sarkozy, que la réforme constitutionnelle pourrait supprimer l'article 88-5 faisant obligation au gouvernement français de soumettre à référendum toute adhésion future d'un nouveau membre, il prouve que les craintes des opposants à l'entrée de la Turquie étaient fondées. Précisant que l'initiative qu'avait prise Jacques Chirac voici deux ans d'inclure cette précaution était à ses yeux "ni faite, ni à faire", il donne à réfléchir aux têtes légères qui ont voté pour lui. La manoeuvre destinée à calmer les oppositions populaires manifestées lors de l'ouverture des négociations le 3 octobre 2005 a réussi. On annonce qu'un référendum serait organisé le moment venu, on modifie la Constitution, puis, une fois les esprits apaisés et les négociations lancées, on supprime la précaution constitutionnelle et le tour est joué.
Le plaidoyer de M. Jouyet pour la voie parlementaire est significatif de la façon dont la France est désormais gouvernée : dire que la voie parlementaire fera aussi bien l'affaire, c'est admettre comme allant de soi que le Parlement peut parfaitement dire Oui là où le peuple aurait parfaitement dit Non.
Cette affaire montre une fois de plus que la France, dont on a attendu que s'achève en juin le cycle électoral, est prise dans l'engrenage sans que son peuple ne puisse plus rien dire. Elle prouve qu'il est décidément essentiel d'imposer à M. Sarkozy un référendum avant toute ratification de la Constitution européenne (nouvelle mouture). J'appelle tous les patriotes de droite comme de gauche et tous ceux qui ne sont ni de droite ni de gauche à manifester le 19 octobre lors du sommet européen de Lisbonne. Je les appelle d'ores et déjà à se rassembler dans cette perspective.
Le masque du patriote que s'était donné Nicolas Sarkozy est désormais tombé, en tous sujets, et notamment sur le point cardinal de la Constitution européenne et de l'adhésion de la Turquie. J'appelle les dirigeants et les militants souverainistes à ouvrir les yeux sur ce fait et à reprendre le combat pour la défense de la souveraineté nationale et populaire et celle de la civilisation française.
P-M. C. Contacts : 06 81 41 89 32 / 00 32 2 284 72 06
Paris, le 14 septembre 2007
Paul-Marie Coûteaux, député français au Parlement européen, Vice-président du Groupe Indépendance et Démocratie, Président-fondateur du Rassemblement pour l' Indépendance de la France, Directeur de L' Indépendance:
La réunion de famille qui se tient à Bruxelles sous le nom de sommet européen n' a qu' un seul but: éviter partout le référendum, ce qui se nomme en langage bruxellois risque de déferlement populiste. Il est significatif qu' il se tienne quelques jours à peine après la fin du cycle électoral en France: on attendait que le peuple français n' ait plus la parole pour que ses "représentants" puissent dire Oui là il avait dit Non déclenchant la fameuse "crise européenne".
Derrière les habituels jeux de rôle et opérations de dramatisation de dernière minute, il est probable que les Vingt-Sept parviendront à un accord, dégageant les grandes lignes d' une Constitution remaquillée, quitte à consentir à la Grande-Bretagne des dérogations, comme d' habitude, et des amodiations, délais ou compensations financières à quelques autres récalcitrants. Le prétendu "traité simplifié" reprendra l' essentiel des dispositions institutionnelles du titre un du traité rejeté, assurant définitivement la supranationalité. Il est évident que les quarante domaines passant à la majorité permettront d' adopter ensuite sans débat toutes les politiques imprudemment inscrites dans le projet Giscard - qu' il s' agisse des services publics, de la fiscalité, des droits sociaux, et d' autres. Il instituera un Président européen indépendant des gouvernements et un ministre des Affaires étrangères qui, comme l' a dit, sans rire, M. Sarkozy, "n' en portera pas le nom". A quoi dès lors servira M. Kouchner et son administration délocalisée?
Faire accepter pareille Constitution bis sans référendum est une supercherie: d' une part, les politiques que veut mener l' UE depuis des années seront alors faciles à imposer sans plus aucun débat dans les Etats (finis les rêves d' Europe sociale qu'agite une gogoche qui n' y voit que du feu), d' autre part, ce traité ouvrira la voie à d' autres traités dans l' avenir comme l' annonce M. Lamassoure sur France Culture. Il est faux de prétendre que l' Europe sombrerait sans la perfusion d' un traité tous les cinq ou six ans comme elle en a pris l' habitude depuis l' Acte Unique de1986: elle ne fonctionne déjà que trop bien sous le régime du traité de Nice, alors présenté comme "pur et parfait" par ses signataires.
Les souverainistes exigent au moins pour la France qui a dit Non les quatre garanties de souveraineté présentées par M. Blair comme non négociables. Ils demandent par ailleurs à M. Sarkozy l' organisation d' un référendum - comme le font des membres de plusieurs groupes du Parlement européen pourtant favorables à la Constitution. En admettant, par une phrase stupéfiante que "le premier référendum a plongé l' Europe dans la crise, un second la tuerait", M. Sarkozy admet implicitement que le texte qu' on prépare dans son dos serait désapprouvé par le peuple français. Il ne serait donc pas légitime et ouvrirait la voie à une grave crise politique et sociale. Tous les partisans de la souveraineté nationale et populaire y sont prêts.
Paul-Marie COÛTEAUX
Contacts : 06 81 41 89 32 / 00 32 2 284 72 06
Ce que contient la Constitution européenne "remaquillée" par Paul-Marie COÛTEAUX
Mémorandum de Paul-Marie COÛTEAUX, député français au Parlement européen, vice-président du Groupe Indépendance et Démocratie, directeur de L' Indépendance:
(à diffuser en tant que de besoin, en citant la source)
Une Constitution remaquillée est toujours une Constitution. Bon connaisseur du débat institutionnel européen, M. Bourlanges s' émerveille du « traité modificatif » adopté le 23 aux petites heures: « Toute la Constitution est là! Il n' y manque rien! » ; et le Monde (24 et 25 juin) peut titrer: « Les symboles disparaissent, le fond reste ». Quelques jours après la fin du cycle électoral privant les Français de toute expression nationale avant longtemps, le sommet n' avait d' autre but que de reprendre le texte rejeté en 2005 en le remaquillant assez pour éviter un nouveau référendum. La manoeuvre a donc réussi.
Je mets en garde les Français: ne nous laissons pas abuser par les malicieuses déclarations des partisans les plus acharnés de la supranationalité qui font mine de regretter la Constitution, ici quelques mots, là quelques symboles, ni par une presse dupée par le maquillage, qui évoque une victoire diplomatique de M. Sarkozy, comme si la France qui a dit Non sortait victorieuse de l' épreuve: en réalité les nonistes sont refaits, ce que montre toute étude précise dudit « compromis » et de ses cinq points-clefs:
1- Personnalité juridique accordée à l' Union: point cardinal du fédéralisme qui permettait au texte Giscard de s' intituler Constitution, il est repris tel quel, certes discrètement. A lui seul, il crée en effet un nouvel Etat qui peut désormais être reconnu comme tel sur la scène internationale, ce qui permet de parler de nouveau de Constitution.
2- Présidence stable de l' Union: si ce traité était ratifié, l' Union se trouverait aussitôt placée sous l' autorité d' un Président, réputé « stable » en raison d' un mandat allongé -de six mois à deux ans et demi, et vraisemblablement porté ensuite à 5 ans comme le mandat parlementaire européen. Surtout, ce Président est désormais indépendant de tout Etat -alors qu' il était auparavant un chef de gouvernement en exercice, il sera doté d' une autorité propre ainsi que d' un secrétariat, puis d' un cabinet, etc.; gageons que cet instrument supranational se révèlera d' autant plus efficace que, à la différence des autres institutions, il sera incarné.
3- Haut Représentant pour la politique étrangère: comme l' a avoué imprudemment Nicolas Sarkozy lors de son allocution télévisée du 20 juin, c' est un « ministre des relations extérieures sans le nom »; mais, à l' instar du texte Giscard, il sera dès 2009 vice-président de la Commission, ce qui lui donnera un grand poids auprès des autres Commissaires et se verra doté d' un « service diplomatique » -en clair d' ambassades, les quelque 120 actuels bureaux de l' Union dans les capitales étrangères étant débaptisés et étoffés, leurs agents bénéficiant, (grâce à la personnalité juridique) d' immunités et privilèges diplomatiques. A terme, lorsque ce super-ministère aura pris son allure et son poids, les ministères nationaux seront marginalisés, ce que symbolise déjà la délocalisation du Quai d' Orsay annoncée par M. Kouchner. Quand à la référence à l' OTAN, elle peut disparaître puisque le nouveau texte renvoie explicitement au traité de Maestricht, dont le titre V fixait que « Les Etats veillent à la conformité de leurs politiques nationales avec les positions communes » (art. J-2) et précisait que celles-ci devaient être compatibles avec « les cadres de l' OTAN ». A la politique étrangère commune, il manquait un instrument: le voici.
4- Décisions à la majorité qualifiée. Quel que soit le mode d' adoption (système de Nice ou système appliqué partir de 2014), l' essentiel est que le cercle des questions échappant à l' unanimité s' élargisse considérablement; outre les affaires communautaires (politique agricole, commerciale, douanière et, surtout, industrielle -dite « de concurrence », où la commission est pleinement compétente), il inclut quarante nouveaux domaines, les uns d' ordre économique (marché intérieur, énergie, recherche, politique sociale « partagée » avec les Etats) et d' autres plus régaliens: coopération judiciaire en matière pénale, porte ouverte au Parquet européen, et coopération policière, amorce d' une « police fédérale ». Désormais, la compétence de l' Union concerne quelque 70 domaines, soit l' essentiel des décisions et de la responsabilité politique -manquent encore la culture, l' éducation. Schéma fédéral classique, d' autant que le compromis de Luxembourg permettant à un Etat d' invoquer ses intérêts vitaux, dont le candidat Sarkozy avait fait grand cas au cours de sa campagne, n' apparaît plus: une décision adoptée à la majorité s' appliquera dans tous les cas et même un Etat qui n' y est pas favorable devra le mettre en oeuvre sous peine de sanctions. Régime de fer dont plusieurs Etats s' exemptent: la Grande-Bretagne, l' Irlande et le Danemark; pas la France.
5- Charte des droits fondamentaux. Elle s' applique désormais de droit (sauf pour la Grande-Bretagne, qui jouit d' une dérogation); non reprise in extenso, elle fait cependant l' objet d' une référence dans le texte, ce qui en droit revient au même -d' autant que le droit est ici interprété par la très supranationale Cour de Luxembourg. Ses dispositions justifient les critiques que nous avions développées en 2005: comment admettre par exemple le droit pour tout citoyen de saisir la Cour européenne des Droits de l' Homme aux fins de condamner un Etat pour non respect de principes très généraux -tel celui de l' égalité, qui inspire déjà la reconnaissance de l' homoparentalité ou du mariage homosexuel, ou celui de la liberté religieuse contre un Etat appliquant une législation laïque -telle la loi sur le voile?
Il n' est pas question d' accepter un tel traité; contrairement à ce que prétend une propagande bien orchestrée, les concessions aux souverainistes n' en sont pas. Certes, ne figurent plus les symboles de l' Union, drapeau, hymne et devise; mais ils ont déjà été adoptés en Conseil et s' imposent sans qu' il soit besoin de les rappeler. Il en va ainsi de l' ancien art.6 du texte Giscard posant la supériorité de la norme européenne sur la loi nationale: si celle-ci ne figure plus dans le traité proprement dit, il y est cependant renvoyé explicitement dans une déclaration additionnelle qui elle même rappelle la jurisprudence de la Cour de Justice, ce qui revient au même. D' ores et déjà, outre les juges de Luxembourg, toutes les juridictions nationales admettent la supériorité du droit européen, écartant lois françaises, principes et dispositions constitutionnels chaque fois qu' ils entrent en contradiction avec une norme européenne. De même, c' est une escroquerie intellectuelle de prétendre, comme le fait M. Sarkozy, que le principe de « concurrence libre et non faussée » a disparu du traité, puisque celui-ci renvoie à un protocole additionnel qui le proclame et le présente même comme un « instrument politique majeur » au service des objectifs du nouveau traité -la gauche semble n' y voit que du feu. Habiletés qui sont autant d' escroqueries morales, la pire étant de nommer "traité simplifié" un texte qui crée juridiquement un Etat et lui attribue de nombreuses compétences: il s' agit bien d' une Constitution, moins ronflante que le texte Giscard et d' autant plus habile.
Il y a deux ans, les supranationaux étaient décontenancés par le double non français et hollandais; nous savions qu' ils chercheraient une parade. Elle fut simple et terrible: le problème venant de la France, c' est elle et ses Français qu' il fallait circonvenir; pour les oligarchies européennes, il aura suffit d' attendre l' élection présidentielle et de trouver un homme assez rusé pour s' imposer, avec leur aide, et capable, une fois doté d' une fraîche légitimité d' annihiler en leur nom le non des Français: la supercherie a parfaitement fonctionné. Restait à faire quelques concessions aux récalcitrants: un plus long délai pour la consultation des parlements
nationaux, à la demande des Pays-Bas (et de partis danois); la prolongation pendant dix ans d' un système de pondération des voix qui avantage beaucoup une Pologne qui, elle, s'est bien battue -essuyant des quolibets innombrables: on moqua une phrase de son Président rappelant que, sans l' agression allemande de 1939, la Pologne aurait aujourd' hui quelque vingt millions d' habitants supplémentaires: un pays qui en détruit un autre peut-il, soixante ans plus tard, arguer de sa faiblesse pour le faire taire? Il est vrai que l' habitude est désormais installée de tourner dérision tout pays qui prétendra affirmer ses droits et ses principes.
Il y a quelque chose d' insupportable dans l' actuelle fanfaronnade de M. Sarkozy assurant que « en un mois et demi, il s' est passé plus de choses qu' en deux ans », ce qui est vrai: il s' est passé ceci que la France a été trahie par un ensorceleur qu' elle a pour son malheur placé à sa tête et qui peut désormais parler en son nom. Ceux qui, en votant pour M. Sarkozy ont permis cette supercherie portent une lourde responsabilité devant notre histoire.
J' appelle solennellement les Français qui ont dit Non à déjouer les propagandes -d' abord pour eux-mêmes; je les appelle à étudier de près les informations qui filtreront de la prochaine Conférence intergouvernementale et le texte définitif signé en octobre; je les appelle à se mobiliser pour exiger que sa ratification soit soumise à référendum; je les appelle à exiger pour la France un statut à tout le moins comparable à celui de la Grande-Bretagne, et des protections pour les droits, les principes et les intérêts de la France et des Français - et d' abord le respect de la démocratie, c' est à dire de la souveraineté populaire, dont on ne voit que trop qu' elle disparaît avec la souveraineté nationale; je les appelle à agir sur les partis ou les solidarités diverses qui peuvent permettre de faire barrage lors du Congrès qui devra modifier une nouvelle fois notre Constitution; je les appelle à manifester les troisièmes vendredis de chaque mois, à compter du 19 octobre, quelles que soient leurs opinions ou leur inclinations, pourvu qu' ils soient attachés à la survie de la France comme Nation libre parmi les Nations du monde.
Paul-Marie Coûteaux
06 81 41 89 32 / 00.32 2.284.52.06
mercredi 6 juin 2007
par Jean-Yves Crevel
Il est communément admis que l’ Europe aurait été initiée pour éviter les guerres. On répète ensuite inlassablement la « vérité » révélée: L’ EUROPE, C’ EST LA PAIX.
En réalité, ceci n’ est que la mise en pratique des théories de conditionnement des masses imaginées par Georges Orwell dans 1984: « La guerre, c’ est la paix » ou encore: « La liberté, c’ est l’ esclavage ».
Petits rappels historiques
L’ Europe n’ a jamais été faite pour consolider la paix, encore moins pour faire contrepoids aux U.S.A.
Politiquement, les U.S.A. ont imposé politiquement la mise en route de la « construction européenne » par un simple marchandage: Vous faites une union occidentale - qui à l’ époque était prévue par tous les états-majors devenir le champ de bataille d’ un affrontement Est-ouest (notez qu’ on est loin de l’ objectif de paix qu’ on apprend à nos enfants) sinon nous arrêtons les crédits de reconstruction du plan Marshall.
Pratiquement, la CECA puis le traité de Rome ont été initiés par les services secrets américains qui ont enrôlé comme de simples exécutants aux ordres d’ une puissance étrangère ceux qu’ on devrait appeler avec respect « les pères fondateurs de l’ Europe ». Ceci est tout à fait officiellement révélé par la déclassification des documents de l’ OSS, ancêtre de la CIA.
L’ Europe était donc initialement conçue dans le cadre de la stratégie américaine de domination mondiale, domination qui prévoit aussi bien des phases pacifiques que guerrières. La communauté européenne devait et doit encore coller à l’ OTAN de façon à ce que le conflit contre le bloc de l’ est puisse être circonscrit en Europe et éviter le territoire sanctuarisé des Etats-Unis.
Beaucoup estimaient devoir accepter cette vassalisation comme un moindre mal: considérant le bloc communiste comme l’ agresseur potentiel, ils estimaient logique de devoir s’ unir pour se défendre. Mais ce raisonnement s’ est effondré en même temps que le mur de Berlin. C’ est dès 1989 que l’ Union européenne a révélé ce qu’ elle était réellement: le pendant politique et économique indispensable à la manœuvre d’ encerclement de la Russie par l’ OTAN. D’où l’ accélération subite du processus avec le traité de Maastricht, puis d’ Amsterdam, l’ élargissement précipité à l’ Est rendu possible par l’ enterrement discret des critères de convergences censés préserver la cohérence économique de l’ ensemble.
Aujourd’ hui, facteur de guerre ou de paix?
On nous dit que grâce à l ’UE, l’ Europe n’ a pas connu de guerre, en même temps que nous sommes en guerre contre le terrorisme, que nous vivons le choc des civilisations, où s’ affronteraient des blocs continentaux selon un découpage géographique de « civilisations » antagonistes. Que de contradictions! D’ autant que pour les besoins de la cause on s’ en affranchit si nécessaire, comme pour Chypre et la Turquie qui doivent être en Europe bien qu’ étant géographiquement en Asie mineure. La récente prise de position de Benoît XVI en faveur de l’ entrée de la Turquie dans l’ UE chrétienne en dit long sur ces entorses à la règle.
L’ Union européenne a besoin de conditionner les esprits au point de convaincre les peuples d’ une chose et de son contraire, comme de la nécessité de faire la guerre pour être en paix. C’ est un concept parfaitement orwellien: l’ Europe est le pendant d’ une manœuvre guerrière + L’ Europe, c’ est la paix = La guerre, c’ est la paix[1].
Et demain?
C’ est dans cette confusion mentale savamment orchestrée qu’ avec la bénédiction de l’ Union, les Polonais et les Tchèques autorisent les U.SA. à déployer le bouclier anti-missiles dirigé vers la Russie, pour protéger l’ Europe des missiles iraniens qui n’ existent pas.
Comme le souligne Vladimir Poutine, il y a une nouveauté de taille: our la première fois, l’^arsenal nucléaire U.S. qui va être installé sur le sol européen sera commandé directement par le Pentagone et « fonctionnera en liaison automatique avec le dispositif nucléaire aux Etats-Unis. » Difficile de parler d’ Europe-puissance... « Les 27 mercenaires » me semblerait être une appellation plus pertinente.
La mission des médias européens consiste à mettre en avant le caractère défensif du nouvel arsenal et implicitement l’ idée que les Etats-Unis dans leur grande générosité se préoccupent ainsi de sanctuariser l’ Europe autant que l’ Amérique.
Autre son de cloche du côté de l’ atlantique où l’ électeur-contribuable-patriote tient avant tout à un meilleur retour sur investissement qu’ en Irak: on explique donc là-bas que la défense anti-missiles est une arme de première attaque. Des analystes militaires américains autorisés la décrivent ainsi: « Non seulement un bouclier, mais une habilitation à l’ action ». Elle « facilitera une application plus efficace de la puissance militaire des Etats-Unis à l’ étranger ». « En isolant le pays des représailles, la défense anti-missiles garantira la capacité et la disponibilité des Etats-Unis à « modeler » l’ environnement dans d’ autres régions du monde ». « La défense anti-missiles ne sert pas à protéger l’ Amérique. C’ est un outil visant à la domination mondiale ».
« La défense anti-missiles sert à conserver la capacité américaine d’ exercer son pouvoir à l’ étranger. Elle ne concerne pas la défense: c’ est une arme d’ offensive et c’ est pour cela que nous en avons besoin ». [2]
La réponse russe au déploiement d’ un tel arsenal était inévitable: puisque les Américains - qui, déjà, ne respectent pas le traité sur les armements conventionnels en accumulant du matériel militaire en Bulgarie et en Roumanie - prennent maintenant la Russie pour cible, les Russes se doivent d’ avoir une réponse militaire appropriée. Ce faisant, l’ armement occidental qui au départ ne servait à rien a maintenant sa raison d’ être.
Jean-Yves Crevel
contact@u-p-r.org
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[1] Les autres préceptes d’ Orwell sont également parfaitement mis en pratique par la « construction » européenne: comment mieux illustrer que « la liberté, c’ est l’ esclavage » qu’ en niant le droit des peuples à disposer d’ eux-mêmes pour les libérer de leurs Etats? Ou encore que « l’ ignorance, c’ est la force » en agissant « de manière subreptice jusqu’ à ce que les choses deviennent inéluctables » (sic, consigne de l’ OSS à Robert Schuman pour la création d’ une monnaie unique) pour construire un pouvoir bureaucratique totalitaire sans que les citoyens ne s’ en rendent compte.
[2] La force du pouvoir européen s’ appuie bien sur l’ ignorance des citoyens que de petits politiciens amusent avec de vaines et interminables querelles sur une Europe plus ou moins fédérale ou confédérale pendant qu’ inexorablement, le pouvoir central européen - qui n’ est ni l’ un, ni l’ autre - se renforce et retire une à une toutes les prérogatives des Etats constitués, eux, démocratiquement.
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