Les 35 heures constituaient un échec prévisible dès leur création.
L' idée de départ était de réduire le chômage qui s' élevait officiellement à 10 %, par une réduction du temps de travail de 10 % et du salaire de 10 %. C' était ce que le Syndicat des Chômeurs appelait le partage du travail considéré par lui comme étant également une richesse.
La gauche par démagogie électorale a repris l' idée. Mais devant l' hostilité de sa clientèle électorale qui veut bien partager avec plus riche qu' elle mais pas avec plus pauvre pour être toujours gagnante, la gauche a décrété la réduction du temps de travail mais pas des salaires en proportion. 35 heures payées 39!
Le coût de la main d' œuvre se trouve de ce fait augmenté de 10,25 %. Et plus avec les heures supplémentaires qui sont majorées de 25 et 50 % à partir de 35 heures! Les employeurs ne sont donc pas incités à embaucher mais plutôt à délocaliser en sous-traitant dans des pays à monnaie sous évaluée. Ce qui diminue encore le nombre de salariés français et donc la possibilité de louer ou d' acheter un appartement.
L' État a temporairement compensé la différence avec nos impôts.
Le chômage réel étant de 20 % en comptant tous les chômeurs exclus par les statisticiens, l' idée de base ne pouvant au mieux résoudre que la moitié du chômage. Pour que le principe puisse agir, il faut de fait une entreprise de plus de 10 salariés. Or 90 % des entreprises ont moins de 10 personnes et représentent environ 80 % des salariés.
Le pire est que les petites entreprises devant réduire la durée du travail ne peuvent assurer la totalité de leurs commandes. Au surplus, on ne s' est pas préoccupé de l' adéquation entre les besoins des entreprises et les compétences des chômeurs. Bref une mesure qui coûte cher, qui ne crée pas d' emploi, qui réduit la croissance, qui incite à produire hors de France.
Il n' y a que la gauche et Madame Aubry pour ne pas remarquer le paradoxe!
L' actuel gouvernement repart dans la même logique en décidant arbitrairement d' augmenter le SMIC de 5 %.
On se demande pourquoi seulement les smicards devraient bénéficier d' une augmentation. Dans un pays qui prône l' égalité, cela relève du paradoxe.
Ces augmentations intempestives de charges ont une tendance inflationniste sur les prix de nos produits en rendant nos entreprises et nos salariés moins compétitifs. Cela nous rapproche chaque jour du krach.
Rappelons que les loyers et la valeur des logements ont fortement augmenté ces dernières années sans être associés à des augmentations de revenu des acheteurs ou des locataires.
Il est devenu désormais difficile de se loger décemment.
Ceci est dû à deux phénomènes convergents:
1. Les prêts à taux zéro ou faible, 2. L' effondrement de la bourse.
De tels prêts ont augmenté artificiellement et coûteusement les possibilités financières des ménages. Après leurs déconvenues boursières, les ménages se sont reportés sur l' immobilier qui est un placement plus sûr que la bourse.
Les demandes d' investissement immobilier ont donc crû. Le problème fondamental est que le nombre de biens à vendre est insuffisant pour répondre à la demande. Pour un même bien, il y a plusieurs acheteurs potentiels: 6 en moyenne. La loi de l' offre et de la demande ou du marché fait donc que la valeur des biens augmente sans cesse: 15 à 20 % par an en moyenne.
Les propriétaires bailleurs cherchent à rentabiliser leurs investissements immobiliers et augmentent en conséquence les loyers: annuellement 6 % de la valeur du bien en moyenne… ce qui est insuffisant au demeurant eu égard au coût de la construction, de la main d' œuvre et de l' entretien.
Pendant ce temps, les revenus des ménages n' ont pas vraiment augmenté en général. C' est le ferment de la crise immobilière et de la faillite des entreprises par réduction du pouvoir d' achat.
Pire, les protections des locataires, au détriment de bailleurs moins nombreux (démagogie démocratique), accordées par différents textes amènent les bailleurs à exiger de multiples garanties dont des revenus (du locataire) stables égaux à 4 fois le montant du loyer!
Je rappelle ma proposition d' accorder à tous un revenu, concomitamment au blocage des prix, par émission de monnaie.
La politique des prêts à taux faibles ou nuls n' aura donc aucun effet véritable sur l' accession à la propriété en raison de l' augmentation de la valeur de l' immobilier et coûtera même de l' argent aux contribuables! En plus actuellement les gens se ruent sur l' immobilier comme investissement. Ils achètent à crédit et remboursent avec les loyers.
Tant que les locataires travaillent, pas de problème; mais en cas de chômage le bel édifice s' écroule. Comment être certain que le locataire pourra payer pendant les 15 ans du prêt?
Je crains à terme une baisse dans l' immobilier et/ou des saisies de propriétaires ne pouvant plus rembourser leurs emprunts. Après la déroute boursière, le krach de l' immobilier se profile à l' horizon.
LES RETRAITES SONT EN FAILLITE
Dans le cas actuel d' une retraite par répartition, les futurs retraités paient pour les actuels retraités.
L' aléa principal d' un tel système est qu' il est impossible de garantir à long terme le montant des pensions.
En effet, tout dépend du nombre de salariés en activité.
Dans mon précédent § 2 du chapitre 1 sur la bombe économique, j' indiquais que, du fait de cette dernière, les entreprises françaises étaient majoritairement non concurrentielles et vouées à la faillite. Du fait de la force de notre monnaie et de notre inflation, nos prix sont nettement plus élevés que ceux de nos concurrents.
Chômage et dénatalité se conjuguent pour donner des générations futures de salariés moins nombreux.
En 2040, on prévoit 7 actifs pour 4 retraités dans le cas le plus favorable. Il s' agit d' une conséquence de la démographie qui ne tient pas compte du chômage.
Pour assurer une retraite à 65 %, il faudrait alors au minimum un taux de cotisation mensuelle de 37,15 % (65 %/7*4) Soit 14,3 % pour le salarié et 22,85 % pour le patron!
En se plaçant dans le cadre d' une hypothèse plus réaliste de 10 actifs pour 7 retraités, il faudrait cotiser au taux de 45,5 % (65%/10*7=45,5%) soit 17,30 % pour le salarié et 28 % pour le patron.
Dans le cas d' un actif pour un retraité (si on tient compte du chômage), il faudrait cotiser au taux de 65 % (65%/1*1) soit 25 % pour le salarié et 40 % pour le patron!
La répartition s' effectue selon un mode actuel de calcul qui nous met dans l' impasse mathématique.
La pension est calculée sur la base des 25 meilleures années de salaires auxquelles on applique un coefficient pour déterminer le montant de la pension.
De plus, les smicards ne peuvent percevoir une retraite inférieure à 85 % du SMIC.
Un tel système serait financièrement viable si l' encaisse était répartie en fonction d' un nombre de points acquis. Une simple règle de trois permettrait le calcul de la pension et l' équilibre de la trésorerie du système de retraite. Mais il est évident que l' équilibre aurait pour effet de réduire le montant des pensions versées.
Nombre de retraités seront donc incapables de payer des loyers à taux prohibitifs et donc également de consommer en enrichissant les entreprises françaises.
Michel JANVRESSE (04/2005)
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