----- Original Message ----- From: janvresse.michel To: Fernand CORTES de CONQUILLA Sent: Saturday, June 04, 2005 12:21 PM Subject: La déroute de l' enseignement
Il m' arrive parfois d' avoir des éclairs de lucidité dans ce monde de ténèbres.
Ayant vécu la déroute de l' enseignement dans une École Normale d' Instituteurs pendant plus d' un an, il me reste le regret et le sentiment de n' avoir pu donner cours à ma vocation et de me trouver de ce fait au chômage alors que je devrais me préparer à partir en retraite.
Je crois nécessaire de rétablir le redoublement effectif en cas de niveau inférieur à celui requis. Mais aussi de rétablir des examens nationaux périodiques pour garantir un niveau minimal. Il est en effet anormal que des universitaires ne sachent pas leurs tables de multiplication ou soient nuls en orthographe. Il est révoltant de voir dans le secondaire des élèves qui ne savent pas lire. Il est démagogique de vouloir faire de 90 % d' une classe d' âge des bacheliers. Si par miracle on y parvenait sans baisser le niveau de l' examen, les débouchés professionnels seraient de bas niveau en raison du faible nombre de postes par rapport aux impétrants.
Autrefois, seuls les meilleurs de la classe de CM2 parvenaient au baccalauréat: 5 à 7 en moyenne sur une classe de 40 élèves. Le baccalauréat permettait alors de trouver un emploi. Maintenant il s' agit d' un simple passeport pour l' ANPE ou d' autres études. Il faut redorer le blason des formations professionnelles et diviser les connaissances à acquérir en 2 parts égales: professionnelles et fondamentales. Allonger la durée des études est un leurre car les connaissances peuvent être acquises dans un délai moindre qu' actuellement. Autrefois on y parvenait bien.
La réduction des effectifs par classe est une aberrantion. Ce faisant on obtient de moins bons résultats qu' auparavant. En effet la pédagogie nouvelle nécessite moins d' élèves mais surtout les classes sont de niveau moins homogène actuellement (redoublement rare) et donc le niveau général baisse. En augmentant l' homogénéité des classes, on peut augmenter le nombre d' élèves et donc réduire les coûts.
Je me souviens de mon cours préparatoire en 1962 en banlieue parisienne rouge où nous étions plus de 40 élèves et où les instituteurs formaient proportionnellement plus d' élèves sachant lire. La discipline sévère mais juste garantissait de bons résultats. Il est vrai que les gifles et de rares fessées publiques y contribuaient, ce que vous pouvez moralement réprouver. Les instituteurs, majoritairement communistes, faisaient pourtant passer leur conscience professionnelle avant leur engagement politique. Il y avait une rectitude morale et vestimentaire. Les instituteurs portaient tous des blouses et bénéficiaient d' une aura méritée. Les résultats des élèves étaient là.
Je ne puis m' empêcher de faire le parallèle avec l' époque actuelle. J' y vois des méthodes inefficaces, l' indiscipline, le manque de conscience professionnelle, le coût élevé de l' enseignement pour un résultat en baisse, le discrédit du corps enseignant, l' élève roi, le redoublement supprimé pour satisfaire des parents électeurs par démagogie. Ma cousine, qui était jusqu' à peu de temps dans l' enseignement, partage en grande partie mon avis.
Nous sommes sans doute des nostalgiques ou des fachos pour certains qui n' ont pas en grande partie connu la pédagogie "antédiluvienne" mais ô combien efficace à un coût compétitif. Remarquez qu' il n' est pas rare de voir des instituteurs du public mettre leurs enfants dans le privé pour choisir une meilleure pédagogie tout en faisant hypocritement l' apologie des méthodes "modernes" mais peu efficaces.
Mon idée est de revenir vers les méthodes pédagogiques traditionnelles ayant fait la preuve de leur efficacité car c' est avant tout rendre un service à l' élève tout en économisant les ressources publiques en période de banqueroute étatique.
Ma contribution serait d' intégrer la technologie actuelle. La visioconférence, le CD-ROM, le courriel permettent d' enregistrer et de diffuser des cours réactifs. Ce faisant on réduit le nombre d' instituteurs nécessaires et les coûts. La radio et la télévision scolaires existaient déjà il y a trente ans. Remarquons l' attrait croissant des parents pour l' auto-enseignement avec la croissance des ouvrages comme les cahiers de vacances et autres. Il n' y aurait pas forcément que des gens qui y seraient opposés. Les élèves s' intéressent déjà à tous les supports d' information.
La démagogie doit s' effacer au profit de l' efficacité.
Actuellement choquant, mais ô combien véridique pour ceux du sérail pédagogique!
Michel JANVRESSE (06/2005)
NDLR: les classes des années soixante que j' ai fréquentées à plus de 40, voire 45 élèves, étaient particulièrement homogènes: élèves français de souche à plus de 90 % et les autres étaient européens de souche... aujourd' hui, il n' est pas rare qu' une classe de 20 élèves compte autant de nationalités et que le petit Français de souche soit l' otage et le souffre-douleur des 19 autres! Lorsque l' élève était réprimandé par le maître, les parents infligeaient à leur progéniture une sévère correction publique; aujourd' hui, ils assignent devant le tribunal correctionnel l' instituteur pour discrimination négative et racisme.
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