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----- Original Message -----
From: j.oudin
To: j.oudin@laposte.net
Sent: Tuesday, December 02, 2003 7:43 PM
Subject: TR: Les Beurs séduits par la droite
Les lâches politicards et capitulards de la fausse
droite font entrer les loups dans la bergerie !
Maintenant, plus rien n'empêchera qu'avant longtemps
seront nommés à des postes de grande
responsabilité des dizaines de commissaires de
police, juges, préfets, officiers de haut rang…
d'origine arabo-africaine. Chirac et sa clique ont
suicidé la France, et les Français continuent
de parler 35 heures, retraite, droits acquis… alors que tous
les voyants sont au rouge et le marasme s'accentue :
chômage, insécurité, hôpitaux
débordés, retraites…etc…
Le réveil va être très douloureux pour
ceux qui ne croient toujours pas au danger de l'islamisme,
les musulmans sachant toujours attendre l'heure où
ils sont en nombre suffisant pour afficher leur
véritable "humanisme" !
Restez chez vous, égoïstes et foireux de
descendants des Français, laissez prendre des risques
à ceux qui se battent encore, continuez de remplir
votre tiroir caisse, mais surtout ne venez pas pleurer le
jour où… vous ne pourrez regarder vos enfants et
petit-enfants en face, qui paieront pour votre
lâcheté !
Honte à ceux qui ne s'impliquent pas d'une
manière ou d'une autre dans le combat pour la survie
de notre peuple, quand il reste peut-être quelques
chances d'inverser la spirale mortelle ! Riez bien, ceux qui
d'un air condescendant pensent que ceux qui se battent
encore sont des exaltés ou des demeurés ! Pour
moi ils ne méritent que mépris !

Les beurs séduits par la droite
LE MONDE | 02.12.03 | 12h39 • MIS A JOUR LE 02.12.03 |
12h42
La victoire de Jacques Chirac sur Jean-Marie Le Pen,
le 5 mai 2002, et sa fermeté dans la crise irakienne
ont changé l'image des partis de droite auprès
des Français issus de l'immigration.
Elle a trouvé l'enveloppe un soir, en rentrant
fatiguée chez elle, après un long trajet en
RER. La lettre à l'en-tête de la
présidence de la République l'a
intriguée. La signature manuscrite de Jacques Chirac
l'a éberluée. En récompense pour les
"services rendus à notre pays", pour son "dévouement à la cause des
droits de l'homme", le président lui
annonçait qu'elle figurerait parmi la prochaine
promotion dans l'ordre national du Mérite. "On
peut penser ce que l'on veut des médailles, commente
cette fille d'ouvrier algérien, ardente militante
associative depuis vingt ans, abonnée au vote de
gauche, mais cette lettre m'a fait un bien fou. J'ai
pensé au parcours de mes parents et à toutes
mes galères, et j'ai été émue.
Une médaille ne m'empêchera pas d'avoir un
regard critique et ne va pas me donner du boulot, mais le
respect, ça change tout. Il m'est arrivé de
demander à des élus socialistes de m'aider,
ils ne m'ont jamais répondu."
Que se passe-t-il, vingt ans après la Marche des
beurs qui s'était terminée dans les salons de
François Mitterrand, pour que les Français
issus de l'immigration tournent largement leurs regards vers
la droite et Jacques Chirac ? Pour que ceux qui ont le cœur
indéfectiblement à gauche rendent hommage
à l'adversaire ? Pour que, prolongeant une
volonté présidentielle, la droite ait
amené la gauche sur un terrain où elle n'avait
jamais voulu réellement s'aventurer : la présence de fils et filles
d'immigrés à des postes de
responsabilité ?
Tout commence, place de la République à
Paris, au soir du 5 mai 2002. La foule qui accourt
pour fêter la victoire de Jacques Chirac face
à Jean-Marie Le Pen est très "black blanc
beur" : sur l'air de I will survive, l'hymne du Mondial
de football de 1998 craché par la sono
présidentielle, les enfants de Maghrébins
et d'Africains sont les premiers à pousser
l'énorme "ouf" de soulagement que ressentent
82,21 % des Français. A Livry-Gargan
(Seine-Saint-Denis), des militants RPR observent la
scène à la télévision. "Putain, y a que des Arabes !",
lance l'un d'eux, alors qu'un beur, assis derrière
lui dans le local du parti et qu'il n'avait pas vu, lui
rétorque : "C'est vrai, et
heureusement qu'on était là !"
Dans la foulée de cette scène de genre
rapportée par Eric Raoult, député (UMP)
de Seine-Saint-Denis, le président de la
République réélu fait entrer au
gouvernement les deux premiers secrétaires d'Etat
d'origine maghrébine que la France a connus depuis la
décolonisation, au nez et à la barbe de la
gauche plurielle, qui n'avait jamais manifesté
pareille audace.
Si une enquête d'opinion sérieuse
démontre un jour que les beurs votent de plus en plus
à droite, ce qui reste à établir, on
pourra dater de ce soir-là le tournant pris.
"La droite a alors compris que la
France, mais aussi son électorat, étaient
multiculturels, commente Nadia Amiri, qui vient
de soutenir un mémoire de DEA sur "Les
Français d'origine maghrébine dans le PS"
à l'Ecole des hautes études en sciences
sociales (EHESS). Alors que la gauche avait toujours
été convaincue que le vote des beurs lui
était acquis pour des raisons d'appartenance de
classe et de références anticolonialistes, la
droite ne s'embarrasse pas de concepts. Pragmatique,
elle compte ses électeurs et
dit aux beurs : "Vous êtes des
Français" là où la gauche
continue de les percevoir comme des victimes."
Dans son bureau du secrétariat d'Etat au
développement durable, Amo Ferhati, chargé de
mission "pour les affaires régionales et
réservées" et compagnon de la ministre Tokia
Saïfi, ne dit pas autre chose : "La droite n'a pas
aimé les Arabes depuis vingt ans. Si elle les aime
aujourd'hui, c'est que cette
"sensibilité nationale" représente cinq
millions de voix." Ancien footballeur
professionnel à Monaco et militant associatif
à Lille, M. Ferhati est chargé du "pôle
social" du développement durable, autrement dit de la
promotion des populations issues de l'immigration à
travers le réseau de "800 associations de quartier"
auquel il se targue d'être connecté.
Avec l'aide de Morgane Benyamina, conseillère
technique au cabinet de Mme Saïfi, qui se trouve
être aussi secrétaire nationale de l'UMP
chargée de l'intégration, Amo Ferhati se donne
pour but de présenter "un beur ou un enfant de harki"
dans dix-huit régions sur vingt-deux aux
élections de mars 2004. Il s'active aussi pour
obtenir, selon le vœu du chef de l'Etat, des promotions
dans l'ordre de la Légion d'honneur et de l'ordre
national du Mérite, pour des personnes issues de
l'immigration qui n'ont rien demandé. Après
des chefs d'entreprise en juillet, c'est le tour d'artistes
et d'intellectuels cet automne. Médailles en chocolat
? Récupération politique ? "C'est la
République qui honore le talent de ses enfants,
rétorque-t-il. Arrêtons donc de parler de
"récupération" lorsque la droite fait des
gestes, et de "générosité" quand c'est
la gauche !"
Le 25 octobre, celui que des esprits caustiques nomment
"le chargé du développement durable des
beurs" était le grand ordonnateur d'une
réunion présidée par Tokia Saïfi,
qui fut une grande première : dans la salle
Médicis du Sénat se pressaient, à
l'invitation du Mouvement national des élus locaux
(MNEL), quelque trois cents élus et responsables
associatifs issus de l'immigration, représentant "la
classe moyenne émergente", qui furent invités
à déposer leurs coordonnées en vue de
candidature aux prochains scrutins (Le Monde du 28 octobre).
Plusieurs dizaines d'autres, restés dehors faute de
place, n'ont pu entendre André Santini,
député (UDF) des Hauts-de-Seine, lire un
message de Jean-Pierre Raffarin manifestant sa
volonté de "mettre en avant
de nouveaux talents représentatifs de la
diversité de la société
française" à l'occasion des
élections de 2004. Ceux qui avaient pu
pénétrer dans la salle ont
écouté religieusement la lecture du message
d'Alain Juppé affirmant que l'UMP serait à
leurs côtés "dans ce combat dont l'enjeu n'est
rien de moins que la cohésion sociale et
l'unité nationale".
Costume cravate sombre et parler clair, Angelo Belkacem,
48 ans, infirmier et conseiller municipal
délégué (UMP) au Havre, a pris le
micro. "Je suis normand, cauchois, pas d'origine ceci ou
cela, a-t-il lancé en réponse à une
intervention maladroite sur les immigrés. On souhaite assumer des
responsabilités dans notre pays, un point, c'est
tout. Est-on capable de nous intégrer à
l'Assemblée nationale, au Sénat ?"
Longtemps, Angelo Belkacem - "Angelo" parce que
l'employé de l'état civil a transcrit à
sa manière le "Djelloul" déclaré
par son père - a été convaincu que,
pour lui, "fils de prolo", passer à droite
"était contre nature".
Militant du Parti socialiste à la fin des
années 1980, il a longtemps "collé des
affiches sans aucun retour". "Je servais de relais pour les
quartiers, d'alerte quand les cités chauffaient, se
souvient-il. Pour le reste, il n'était pas question
de mettre un Arabe à un poste de
responsabilité. Nous n'avions qu'à être
patients." La participation française à la
première guerre du Golfe, en 1990, "les regards
pesants et les contrôles incessants" pendant les
hostilités ont accru son malaise et l'ont
rapproché d'un club de beurs militants où il a
rencontré les premiers à avoir fait le pas
vers la droite, "des gens fréquentables" finalement.
"Nous ne voulons pas laisser le drapeau de la
République à Le Pen, car c'est aussi le
nôtre. La droite a compris que nous étions
très à l'aise dans ce discours, et nous a
tendu la main", analyse cet élu qui dit se sentir
bien dans un parti, l'UMP, dont la figure tutélaire,
de Gaulle "est l'un des artisans de l'indépendance
algérienne". Dans les quartiers où
l'amènent ses fonctions d'élu, Angelo Belkacem
a souri en entendant des jeunes exulter au lendemain du duel
télévisé Sarkozy-Le Pen. "Sarko l'a
mouché, il n'a pas vu le jour", s'amusaient-ils.
"Sarkozy n'est pas populaire chez les jeunes,
tempère Mimouna Hadjam, militante de gauche et
porte-parole de l'association Africa implantée dans
le quartier des 4 000 à La Courneuve
(Seine-Saint-Denis). Mais il plaît aux parents
maghrébins et africains qui n'en peuvent plus du
trafic de drogue. Quand il répète que les gens
des cités sont les principales victimes de
l'insécurité, ils se reconnaissent. La gauche
ne savait parler sécurité qu'aux
Français d'origine".
Rompre toute ambiguïté à
l'égard du Front national dans les années
1990, tel était le préalable minimal pour que
la droite prétende séduire les beurs.
"Aujourd'hui, résume
à sa manière Eric Raoult, nous ne sommes plus
les gros cons de fachos mais ceux qui gagnent face à
Le Pen : les jeunes veulent savoir ce qu'il y a à
l'intérieur." Certaines décisions
de politique intérieure (abrogation de la double
peine, création d'une instance représentant
les musulmans) ont contribué à ce que les
beurs cessent de considérer la droite comme a priori
hostile. La fermeté française sur les droits
des Palestiniens, l'attitude dans la crise irakienne ont
fait le reste. Sans cesse reviennent les deux mêmes
images : celle de Jacques Chirac
houspillant les policiers israéliens à
Jérusalem en 1996 répond à celle de
Lionel Jospin caillassé à l'université
palestinienne de Bir Zeit en 2000.
Pourtant, selon M. Raoult, pareille évolution n'a
été rendue possible que par la prise de
conscience des personnalités de droite
récemment élues dans des communes populaires
de la nécessité d'avoir de nouveaux
interlocuteurs dans les quartiers. "Longtemps, se souvient
M. Raoult, les militants ont dit : "Ça sert
à rien de distribuer des tracts dans ce quartier, vu
les noms qui sont sur les boîtes à lettres !"
Aujourd'hui, nous mettons ces mêmes noms sur nos
listes : cela peut faire baisser l'abstention et aider une
ville à basculer en notre faveur." Ecole,
sécurité, emploi, les beurs de la
génération 1983 "ont aujourd'hui les
mêmes soucis que d'autres Français et votent en
fonction des mêmes critères qu'eux", analyse le
vice-président de l'Assemblée nationale.
A force de répéter que l'intégration
était en panne, "la gauche n'a pas vu arriver la
classe moyenne beure. Elle n'a pas été
jusqu'au bout de son travail contre les discriminations et a
refusé d'admettre qu'une élite pouvait exercer
une force d'entraînement", diagnostique
parallèlement Nadia Amiri. Depuis que, lors de son
congrès de Dijon, le PS a ouvert ses instances
dirigeantes à des personnalités comme Malek
Boutih, constate la sociologue, l'idée de "colorer les listes" avec des
quotas de beurs a pris le pas sur un quelconque débat
de fond, réduisant la concurrence entre gauche et
droite sur ce plan à un "grand marché" aux
candidats beurs bourdonnant autour de chaque
présidentiable.
La gauche a-t-elle définitivement manqué
son rendez-vous avec les jeunes issus de l'immigration ?
Accusant les réseaux du type de ceux d'Amo Ferhati de
"communautarisme", Adeline Hazan, secrétaire
nationale du PS chargée des droits de l'homme, assure
qu'une autocritique est en cours au PS, "dans la douleur". A
l'image des avancées en matière de
parité hommes- femmes, elle estime qu'il faut
désormais concilier la légitimité du
talent et celle liée aux origines "pour sortir du
dilemme entre "beurs de service" et absence totale de
représentation". Moins optimiste, Akli Mellouli, 43
ans, conseiller municipal (PS) à Bonneuil-sur-Marne
(Val-de-Marne), assure qu'il reste à
"décoloniser les esprits" au sein des partis
de gauche comme de droite, afin de "sortir du regard
charitable" porté sur les Français d'origine
maghrébine. Ce militant, spécialiste de la
lutte contre les discriminations dans un grand syndicat,
appelle la gauche à "construire une culture de
l'égalité" plutôt que de se contenter de
"courir derrière la droite" pour "colorer les
listes". Il rappelle que "les problèmes sociaux ne se
résument pas au nombre de beurs présents aux
élections. Il y a vingt ans, on réclamait
l'égalité, conclut, amer M. Mellouli. On n'a pas dû crier assez
fort."
Philippe Bernard
• ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 03.12.03
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