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Ecrasée entre l' enclume du laïcisme et le marteau du prosélytisme islamique, la France chrétienne semble condamnée à disparaitre: en marge du grand débat manqué sur l' identité nationale, Remi Fontaine montre (dans l' ouvrage Ni laïques ni musulmans à paraitre fin juin), que ces deux agresseurs menacent, l' un autant que l' autre, l' âme et le cœur de notre civilisation.
Loin de se complaire dans le rôle de prophète de malheur, il propose également des pistes de réflexions pour une (difficile) renaissance catholique.
La présence sur le territoire français d' une
communauté musulmane estimée à une dizaine de
millions de personnes provoque un certain nombre de frictions avec
les populations autochtones tant les modes de vie, les us et coutumes
sont différents. L' établissement
politico-médiatique cherche à circonscrire le
débat, qui tourne parfois à l' affrontement, entre deux
interlocuteurs uniques:
- à droite, un islam militant qui a fait du port du voile
islamique par les femmes son signe de ralliement,
- à gauche, bien sûr, une laïcité dont les
tenants sont les héritiers spirituels des maçons
vêtus, eux, de tabliers en peau de cochon qui firent de ladite
laïcité " la religion civile de la république
française ".
Face a la montée du communautarisme musulman, la laïcité est présentée comme la dernière chance et l' ultime formule qui permette à des populations devenues au fil du temps diverses ethniquement, culturellement, religieusement, de vivre ensemble dans la paix et le respect mutuels. L' exemple régulièrement donné est celui de l' évolution des relations entre l' Etat et l' Eglise catholique, " le temps de la laïcité de combat ayant laissé la place à une laïcité apaisée" (rapport Stasi "sur l' application du principe de laïcité dans la république " présenté à Jacques Chirac le 11 décembre 2003).
Dès lors, pourquoi le processus d' intégration à la république qui a si bien fonctionné avec l' Eglise catholique et les Catholiques, assurant la paix civile, ne fonctionnerait-il pas avec les musulmans? La laïcité serait la panacée permettant une vie en société paisible, cette paix étant uniquement menacée par les fondamentalistes de tous poils!
L' islam est-il soluble dans la laïcité?
Il semble qu' il y ait à cette solubilité de l' islam dans la laïcité plusieurs obstacles dirimants. Ils tiennent d' abord à la différence de doctrine entre le Catholicisme et l' islam. L' Eglise catholique, si elle refuse la séparation du temporel et du spirituel, en accepte en effet la distinction. La confusion du spirituel et du temporel est au contraire constitutive de l' islam. Or, il y a beaucoup plus loin de la confusion à la séparation que de la distinction à la séparation. La laïcité semble ne pas voir ou vouloir voir que l' islam est bien plus qu' une religion. Tariq Ramadam déclare ainsi: " L' islam n' est pas une religion comme le Judaïsme ou le Christianisme. L' islam investit le champ social. Il ajoute à ce qui est proprement religieux les éléments du mode de vie, de la civilisation et de la culture. Ce caractère englobant est caractéristique de l' islam ".
En dépit de ce moindre degré d' opposition, la laïcité n' a pu être imposée, en France, aux Catholiques, que par la violence et la persécution: l' expulsion des congrégations, la fermeture des écoles, la spoliation des biens de l' Eglise. Si la laïcité française est aujourd' hui apaisée, c' est parce que l' Eglise de France a depuis longtemps renoncé à la ligne de conduite qui lui avait été fixée par saint Pie X, en particulier dans l' encyclique Vehementer Nos du 11 février 1906.
" Nous réprouvons et Nous condamnons la loi votée en France sur la séparation de l' Eglise et de l' Etat comme profondément injurieuse vis-à-vis de Dieu, qu' elle renie officiellement en posant en principe que la république ne reconnaît aucun culte. Nous la réprouvons et condamnons comme violant le droit naturel, le droit des gens et la fidélité publique aux traités; comme contraire à la constitution divine de l' Eglise, à ses droits essentiels et à sa liberté; comme renversant la justice et foulant aux pieds les droits de propriété que l' Eglise a acquis à des titres multiples et en outre en vertu du Concordat " écrivait le Saint Pape. Là contre, les citations et pratiques épiscopales contemporaines sont nombreuses depuis la célèbre réflexion pseudo-doctrinale du cardinal Ettchegaray: " Après l' Etat chrétien dont la déclaration conciliaire (sur la liberté religieuse) sonne le glas, après l' Etat athée qui en est l' exacte et aussi intolérable antithèse, l' Etat laïc neutre, passif et inengagé a été un progrès ", jusqu' à la capitulation en rase campagne de Mgr Aumonier, évêque de Versailles, déclarant: "La religion doit accepter les lois qui sont en vigueur dans ce pays" (Toutes les Nouvelles de Versailles du 14/12/2005), en passant par les silences épiscopaux lors du vote de la loi Veil, les accords Lang-Cloupet...
Islam et intégration
Les musulmans français seront-ils demain aussi oublieux des obligations que leur fait le coran que les Catholiques le sont devenus envers l' enseignement du Magistère? On doute, quoi qu' il en soit, que la république sera prête à faire donner ses régiments contre les mosquées récalcitrantes, comme elle avait su les mobiliser contre les congrégations.
Le fait est qu' il n' existe pas dans l' histoire d' exemple de laïcisation de communautés musulmanes, sans même parler de conversion au Christianisme. Toutes les tentatives de laïcisation de sociétés musulmanes se sont soldées par un échec retentissant. La Turquie de Kemal Atatürk est désormais dirigée par des "islamistes modérés" (admirable trouvaille de la novlangue orwellienne), l' lran du Shah est devenu une république islamique, I' lrak baasiste est maintenant dirigé par sa majorité chiite, l' Egypte post-nasserienne s' apprête à passer sous le joug des Frères musulmans... Seule la Syrie, elle aussi baasiste, résiste, son faux-nez laïc cachant de plus en plus mal la réalité de la dictature alaouite du clan Assad.
L' hypothétique intégration de l' islam à la société française est en outre remise en cause par la décadence des mœurs de l' Occident qu' observent tous les musulmans présents en Europe. Le relativisme moral, l' incitation permanente à la débauche et à la luxure suscitent le mépris des musulmans. Or ce phénomène qu' ils perçoivent comme une décadence est justement une conséquence directe de la laïcisation -on dit aujourd' hui sécularisation- des sociétés occidentales. La morale laïque a montré, depuis Mai 68, son inexistence. Elle n' avait sauvegardé, durant deux générations, les apparences, que parce qu' elle était, quoi qu' elle en dise, le reflet de deux mille ans d' éducation chrétienne. Elle n' a pas relevé le défi de la transmission. II lui manquait la clé de voûte de la hiérarchie des biens particuliers sur laquelle s' appuie le bien commun: le souverain Bien, Dieu lui-même. Pour être liés ensemble et assurer un destin commun sans lequel la vie en société n' est qu' une somme d' égoïsmes régulés par la loi civile, il faut en effet aux hommes une transcendance; leur filiation commune fonde seule leur fraternité et leur liberté. Sans cela il ne reste qu' une tyrannie collective dans laquelle s' impose la loi du "pas vu, pas pris". Quelques stoïciens pourront bien, par un effort de volonté, parvenir à ne pas être le simple jouet de leurs passions, ils résisteront bien difficilement à la plus subtile d' entre elles: l' orgueil.
Le trait caractéristique des sociétés laïcisées, au surplus, est la dénatalité. Les invertis ne se reproduisent pas. L' hédonisme consumériste, qui est la forme moderne de l' égoïsme ancestral, considère l' enfant comme un droit, voire un jouet, et rend impossible l' existence de familles nombreuses, en particulier celles de rang 4 et au-delà qui, seules, permettent le renouvellement des générations.
Non seulement la laïcité n' est pas un rempart contre l' islam mais, par son athéisme pratique, elle est une provocation permanente pour le musulman croyant; un objet de mépris grandissant à mesure que les mœurs se délitent; et un appel d' air permanent par la dénatalité qui lui est constitutive. Après avoir favorisé l' installation sur notre territoire national de populations étrangères, en majorité de religion musulmane, l' établissement politico-médiatique découvre, stupéfait, que l' islam est le terreau de l' islamisme comme l' islamisme est celui du terrorisme. Nos champions de la laïcité sont donc conduits à un exercice difficile: déterminer ce qui dans les pratiques et les revendications des musulmans de France ressortit à l' islam et ce qui ressortit à l' islamisme. Dans son précieux ouvrage L' islam des interdits, Anne-Marie Delcambre a démontré que l' exercice était vain: l' islamisme n' est que l' islam appliqué à la lettre (du coran). D' ailleurs, pour compliquer l' affaire, une partie des tenants les plus frénétiques de la laïcité sont également de fermes soutiens de l' extension de l' islam en France. Ainsi Henri Emmanuelli, hiérarque socialiste landais, pouvait proclamer, "être laïque aujourd' hui, c' est favoriser la construction des mosquées" et une récente candidate du Nouveau parti anticapitaliste "être une jeune femme voilée".
Le piège de la laïcité
Si nous revenons au cas bien précis de la France, qui menace le plus notre identité française et catholique? Les quelques millions de musulmans ghettoïsés et exclus des centres de décision ou les milliers de maçons avec ou sans tablier qui tiennent l' appareil d' Etat (gouvernement, justice, parlement, police, syndicats,...); dirigent les medias, vecteurs privilégiés de l' apologie de la culture de mort avec son cortège d' avortements, de criminels sexuels, de manipulations génétiques, d' embryons congelés; ont organisé sciemment la venue sur notre sol de millions d' étrangers inassimilés car inassimilables?
Nous n' avons vocation à être ni les supplétifs électoraux des uns par conformisme béat, ni les complices objectifs des autres par œcuménisme dévoyé ou humanitarisme larmoyant. Le débat sur l' interdiction du port de la burka est le type même de débat mal posé car reposant sur de faux principes dont les dommages collatéraux peuvent se retourner contre nous. Laisser à un comité Théodule, à une commission Bidon ou à une assemblée décider de ce qui est conforme à la dignité de la femme dans le domaine vestimentaire relève, dans le contexte actuel, d' une parfaite hypocrisie doublée d' une imposture. Ne pas voir le visage d' une femme ne serait pas conforme à sa dignité, en revanche, et les musulmans ne se sont pas privés de le rappeler, l' exposer nue au regard de tous, comme chacun peut en faire l' expérience dans n' importe quel kiosque de gare ou campagne de publicité, serait respectueux de sa dignité! De qui se moque-t-on? De même aucun détail de l' anatomie de la première dame de France n' est désormais inconnu de tous les Français que le sujet intéresse, ce qui serait conforme à sa dignité personnelle et à celle de sa fonction, mais ne voir que les yeux de la femme du polygame de Nantes serait en revanche attentatoire à sa dignité. Monstrueuse hypocrisie. Que se passera-t-il demain quand le même comité Théodule aura décrété que ce qui est attentatoire à la dignité de la femme c' est le port d' un voile sur la tête?
Entre le constructivisme et l' arbitraire laïques d' une part, l' obscurantisme musulman qui fait de la femme une éternelle enfant soumise d' abord à l' autorité de son père puis à celle de son mari, réduite à une occasion de péché et/ou un instrument de plaisir et de génération, seul le réalisme chrétien trace une juste ligne car seul il connait la vérité sur l' homme. Cette vérité s' est incarnée, pour nous, dans une tradition nationale bien particulière. C' est au nom de la fidélité à cette tradition nationale que nous refusons tout ce qui peut amener à pérenniser et à ancrer une présence musulmane substantielle dans notre pays. La réalité est que l' islam n'est soluble ni dans la république ni dans la laïcité et qu' il est encore moins conciliable avec ce qui constitue l' âme de la France: un héritage gréco-latin transcendé par le Christianisme. Les idéologues d' il y a deux siècles enseignaient "écartons les faits" (Jean-Jacques Rousseau). L' approche est restée la même aujourd' hui. Ainsi à propos de la reforme des retraites, Martine Aubry vient de déclarer que ces questions relevant du "contrat social du pays", elles "doivent être pensées au-delà de la conjoncture, bonne ou mauvaise". II ne peut pas y avoir négation plus effrontée du réel, qui refait toujours cependant surface un jour. Ainsi Paul Reynaud aurait pu déclarer fin mai 1940: "Nous vaincrons parce que nous sommes les plus forts ... au-delà de la conjoncture bonne ou mauvaise".
En philosophe réaliste, c' est ce retour au réel que
nous propose Remi Fontaine, loin des utopies et des discours
lénifiants. II observe la conjonction de trois
phénomènes:
- la poursuite de la sécularisation de l' Eglise,
malgré les objurgations de Benoit XVI dénonçant
"une autosécularisation de nombreuses communautés d'
Eglise" (discours aux évêques brésiliens le 7
septembre 2009),
- une islamisation accélérée des
sociétés occidentales qui se concrétise dans la
multiplication des mosquées, le développement de l'
alimentation halal, la banalisation de la polygamie..,
- un éloignement sans cesse croissant de ce qui reste de
vestiges de la Loi Naturelle dans les législations
européennes, de lois sur la bioéthique en
homoparentalité en passant par le diagnostic
préimplantatoire et l' élimination, en France, de 95 %
des fœtus trisomiques avant leur naissance.
Remi Fontaine ne se contente pas de pleurer sur les malheurs des temps, il nous livre également d' utiles pistes de discernement pour en sortir. Elles pourraient se résumer à une réappropriation par le Catholicisme de son identité dans le cadre ce que l' auteur a appelé "un sain et légitime communautarisme".
Signé: Jean-Pierre MAUGENDRE Mai 2010
au (33) 613 27 32 83
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