Rendre la justice est par nature une activité noble mais difficile et délicate qui, inévitablement, fera toujours des mécontents. Encore ne faut-il pas y rajouter des difficultés structurelles en intégrant des handicaps rédhibitoires à la construction même du système judiciaire. C' est pourquoi la suppression du monopole de l' ENM, Ecole Nationale de la Magistrature de Bordeaux, est une priorité nationale.
L' indépendance des magistrats repose certes sur des dispositions légales et hiérarchiques de la profession mais aussi et avant tout sur un dés-asservissement idéologique et donc forcément sur la plus grande diversité possible des filières d' accès au métier de juge. Le moule à formatage unique de l' ENM est la recette de l' échec.
En France, les deux magistratures, assise et debout, sont issues de la même ENM, mélange des genres qui génère un compromis fâcheux: la magistrature couchée. Le résultat est très satisfaisant sauf pour le justiciable mais son opinion, déjà à peine nécessaire pour sa propre affaire, est parfaitement superflue quant à l' organisation judiciaire. Si l' administration était faite pour servir le public, et non plus les fonctionnaires et leurs marottes, où irait-on?
Sachant qu' un battement de cil, un soupir, un souffle imperceptible, peuvent aliéner un juge et ruiner les déjà bien maigres effets d' une coûteuse plaidoirie d' avocat, ne prenons pas de gants, soyons directs, au risque de caresser l' hermine dans le sens contraire de son poil infiniment délicat, et disons-le tout-de-go: nettoyer efficacement le nid de vipère que constitue la Justice française passe par la disparition complète et définitive du présent monopole de fait détenu par l' ENM. Observer ce qui se passe dans les démocraties dont le système judiciaire a meilleure réputation que le nôtre, donnera toutes les pistes à suivre.
Pourquoi ne pas dire que l' ENM est probablement le creuset démoniaque où se concocte la soupe la plus toxique de France? On ne le croirait pas, bien sûr, à lire les litanies d' autosatisfaction boursouflées affichées sur leur site internet, posant cet établissement en merveille de réussite indépassable, en modèle à copier pour la formation des magistrats d' autres pays européens et pourquoi pas (le ridicule ne tue pas), du monde entier... en attendant le reste de l' univers céleste.
Dans la vision ENM, il est insupportable et injuste que des pans entiers de la civilisation européenne soient ENCORE à l' abri du biais judiciaire à la française, à défaut d' être directement soumis à l' erreur judiciaire " made in France ".
C' est à l' ENM, établissement finalement peu connu, que se déconstruit* la France, jour après jour. Les jeunes futurs magistrats français, dont cet antre de perdition est le passage obligé, y sont tous marqués, " de la marque de la Bête ".
S' il n' y a pas assez de magistrats en France, c' est donc par nécessité idéologique puisque l' ENM est seule capable de sortir LE BON produit, par nécessité budgétaire puisque le pays est ruiné, et par nécessité systémique puisque les élèves sont formés POUR garantir une inefficacité salutaire (pour eux), et un surmenage de bon aloi.
Comment ne pas voir que, sauf pour les rares éléments jouissant de très solides assises idéologiques, religieuses ou familiales leur permettant de ne pas sombrer, tous en sortent lourdement tarés, engrossés à vie des idées empoisonnées de quelques douzaines de professeurs gauchistes, étatistes, illettrés en économie, sans la moindre notion des vraies contraintes industrielles et commerciales de la concurrence planétaire, ni des intérêts véritables, matériels ou autres, de leur propre pays et de ses infortunés citoyens?
Ayant mis tous ses œufs dans le même panier, la république française a le privilège rare dans le monde, par le simple jeu du prosélytisme idéologique, de faire juger l' ensemble des 65 millions de Français, par environ 65 professeurs, confits dans le carcan taillé sur mesure d' un droit " maison ", perçu au travers de leurs idées étriquées et égoïstes qu' ils essaient se présenter comme généreuses, altruistes, d' avant-garde révolutionnaire, universelles et créatives.
Pourquoi se cacher que c' est dans ce chaudron du diable que le cerveau des magistrats français est remplacé aussi complètement que pédagogiquement possible par de la bouillie bordelaise, une mixture fongicide toxique utilisée en viticulture locale? C' est aux fruits et à leurs qualités qu' on juge l' arbre. Est-il encore possible d' ignorer que l' ENM livre en fin d' études son lamentable, son effroyable produit fini: de l' authentique racaille diplômée, aussi préparée à servir la nation qu' un bataillon de doryphores devant un champ de patates, impatiente de parfaire la destruction conduite par leurs aînés du tissu culturel, social, familial, économique de la France?
N' est-il pas indiscutablement acquis que, bourrée d' aprioris archi-faux, de lubies utopistes, de prêt-à-penser rouge, rose, noir, anarchiste, maçonnique, laïciste, mégalo-nihiliste, cynique, cette horde d' imbéciles, aveuglés à vie et tout-puissants, feront " carrière " (quel pauvre mot!), sans jamais complètement réaliser l' immense gâchis dont ils sont les seuls vrais responsables de dernier ressort, bien à l' abri derrière leur irresponsabilité totale de fait, toujours assurés de pouvoir manger à leur faim, mais sourcilleusement jaloux de ceux qui mangent mieux qu' eux?
Car le juge français (très souvent une femme) ne juge pas, il sait déjà. Il ne déduit pas, il induit. Il ne raisonne pas, il " intuite ". L' objectivité, la rationalité cartésienne, le bon sens commun, l' honnêteté, la décence, l' humilité, sont pour lui autant d' enfantillages risibles, d' attrape-nigauds d' un autre âge, aux relents nauséabonds de machisme, aux implications éthico-religieuses dépassées. Ses seules contraintes sont l' idéologie de l' ENM, plus le fatras innommable de ses propres fantasmes personnels. Tout le reste n' est que pertes de temps.
Une affaire bien conduite se traite toujours de la même façon: avant toutes choses poser sa décision ferme et définitive, laquelle n' a trop souvent qu' un rapport anecdotique avec les faits ou avec la législation en vigueur. Ensuite seulement commence le véritable travail: l' habillage créatif car il faut toujours bien " motiver " la décision, biaiser finement, choisir le bon tube de vaseline lubrifiante. Plus le juge a du poids, plus il sait défier les lois de la gravité terrestre et monter au plafond de la salle d' audience tel une baudruche pleine d' air chaud. Comme la montgolfière, qui se joue des collines, des montagnes et de la pesanteur, le juge aguerri rédigeant son jugement se joue des faits, des preuves et de la pesanteur des lois. Reconnaissons qu' avec les 8000 lois, les 400 000 décrets et les 6000 traités internationaux qui s' entrechoquent en France**, il est toujours possible de bâtir un argumentaire juridique qui puisse faire illusion, pour appuyer n' importe quelle décision, du moins en première instance où se terminent 80 % des conflits.
Tel le couturier présentant sa collection de chiffons artistiques, le juge français sait que toute décision, comme son contraire, pourra valablement " passer ": il lui suffira de l' habiller avec plus ou moins de créativité professionnelle.
Justiciables insatisfaits, amusez-vous en Appel si vous pouvez, mais sachez que les anciens les plus retords de l' ENM vous y attendent de pied-ferme, pour vous y distiller leurs grands crus, les étourdissantes cuvées de bouillies bordelaises " Château-Sainte ENM***". En Cassation ou au Conseil d' Etat, pour quelques milliers d' Euros supplémentaires, on vous servira cérémonieusement la quintessence ultime du même breuvage toxique mais millésimé. En renifler les vapeurs peut vous envoyer ad patres, rejoindre tous ceux qui croyaient avoir les faits et la loi avec eux. Vous avez survécu? C' est un tort car la CEDH (Cour Européenne des Droits de l' Homme) où siègent aussi quelques anciens de l' ENM, heureusement neutralisés par beaucoup d' étrangers, vous donnera raison, mais hélas ne vous dédommagera de RIEN, et surtout pas des 15 à 25 années perdues par vous à contribuer involontairement à la promotion imperturbable de sombres crétins qui ne valent pas le coût de la balle de fusil qui aurait dû leur traverser la tête.
Les juges français méprisent les sciences économiques. Mais leur insondable nullité en macroéconomie est miraculeusement compensée par de solides connaissances en microéconomie acquises sur le tas, pour tout ce qui concerne ou pourrait concerner leurs intérêts financiers personnels, salaires, promotions, détachements, avantages, arrangements, renvois d' ascenseurs entre collègues, greffiers, avocats, liquidateurs judiciaires, avoués, huissiers, etc. Pour les plus dénués de scrupules, et les plus dissimulateurs " the sky is the limit (= le ciel est la limite)" et la fortune est au bout du chemin.
Par leur méchanceté, gratuite sauf bien sûr pour le contribuable, par leur bêtise, leur impolitesse et leur arrogance de sans-culottes, par leur incompétence crasse, ils obligeront les justiciables tentant de réparer leurs carences, à multiplier les procédures, à mobiliser 10 ou 100 fois plus de temps-tribunal que nécessaire, perdant des décennies irrattrapables.
Regardant ce qui se passe en Allemagne, en Autriche, en Suisse, au Luxembourg, aux USA et dans de nombreux autres pays, les magistrats français crient " au manque de moyens!", comme des marionnettes de ventriloque. Jamais ne leur effleurera l' esprit que les crédits alloués à leur travail sont beaucoup trop élevés pour la qualité des décisions qu' ils sont capables de dépoter à la sortie. L' assèchement des ressources nationales, donc des rentées fiscales (péniblement extorquées selon des taux de prélèvement déjà bien trop élevés pour la pérennité du système économique) et donc l' assèchement des crédits alloués au Ministère de la Justice, est LEUR fait.
Le radinisme légendaire avec lequel ils s' imaginent veiller sur la cagnotte étatique, refusant, repoussant, retardant, annulant, reprenant les dédommagements aux victimes, chaque fois que l' Etat est pris la main dans le sac, en flagrant délit de faute lourde, ne changera jamais rien à la chose: ils n' auront jamais les moyens. Ils se sont condamnés eux-mêmes à perpétuité à travailler dans les restrictions budgétaires drastiques. Bien fait pour eux! Qu' ils moisissent dans leurs atermoiements de trouillards, leurs procrastinations de tire-au-flancs ataviques, et dans les vomissures puantes de leurs décisions ubuesques.
L' insécurité juridique ambiante qui décourage les entreprises qui fait migrer à l' étranger toutes celles qui le peuvent et renoncer à s' installer (sauf pour y toucher des incitations artificielles temporaires) toutes celles qui ont étudié le contexte français, tout est bien LEUR fait à eux. Le QI des magistrats français est devenu trop bas pour voir le gaspillage monstrueux des ressources nationales qui est directement imputable à leurs actions de minables, à leurs réactions mesquines, à leur carence calculée, à leur sabotage mesuré.
Ne parlons pas de cette verrue incongrue que sont les tribunaux administratifs, encore une honteuse spécificité de la France, comme s' il pouvait y avoir coexistence pacifique de plusieurs droits aux logiques distinctes, s' appliquant aux mêmes citoyens. Aucune critique audible de cette situation ne parvient de l' ENM, bien au contraire. L' encéphalogramme collectif du corps professoral est gauchi ou plat, selon les besoins. A quand l' introduction officielle de la Charia, pour donner encore plus de latitude, si c' était possible, au véritable droit de cuissage que détient le magistrat sur la pauvre Marianne****?
Laissons aussi de côté les activités plus que mafieuses du fisc français, lequel produit dans son coin des centaines de milliers de règles absconses et s' arroge de plus le monopole de leur interprétation, quand les incompatibilités ou aberrations de leur indescriptible confusion, sont mises en évidence par la vie des affaires. Les " petits commissaires du peuple " et " jugeaillons " des tribunaux administratifs en entérineront les conséquences les plus farfelues et étoufferont les critiques.
Il est prouvé depuis longtemps que l' insécurité juridique est la première des conditions essentielles du sous-développement. La magistrature française a le privilège exorbitant de présider, avec une détermination tatillonne, une résolution sournoise, une constance suicidaire, un héroïsme comique, une imbécillité tragique, à la tiers-mondisation définitive d' une nation.
Vermine en hermine, la magistrature française est une gifle quotidienne à la France.
Luc SEMBOUR
Juin 2009
Notes: * le mot déconstruire est souvent galvaudé. Il est ici adapté car il implique un travail aussi délicatement minutieux et prémédité dans le négatif que construire l' est dans le positif.
** source: http://www.contribuables.org
*** Château Sainte ENM, siège de l' école, est proche des vignes du Château Saint Emilion. Sainte ENM, en clair Sainte Et-Haine-Aime, est la sainte patronne de la zizanie, qui aime et attise les flammes de haine. Elle n' est pas du tout reconnue par le Vatican mais est vénérée avec une grande ferveur alimentaire par les avocats, les magistrats et tout le monde judiciaire. Ses disciples et servants, directs et indirects, forment le clergé, permanent ou occasionnel, de toutes ses églises, orgueilleusement appelées " Palais de Justice ". L' orgueil est un des 7 péchés capitaux et il a toujours été désigné comme le plus grave. Les anglo-saxons désignent sobrement et modestement les mêmes lieux par " court house ".
**** Marianne: allégorie de la république française et par extension de la France.
au (33) 613 27 32 83
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