----- Original Message -----
From: ldesmaret
Sent: Monday, November 23, 2009 2:16 PM
Subject: Napoléon III le petit...
On y voit l' extraordinaire actualité des constats que Victor HUGP fait et explique, illustre, assène... Mais c' est normal: depuis 1789 plus rien n' est normal, le crime, le vol, l' escroquerie règnent! Ceux que dénoncent comme complice VH sont encore plus infâmes actuellement quand ils se disent royalistes tandis qu' ils prônent le respect du régime actuel et exigent qu' on obéisse à ses lois.
Il est temps que la conscience humaine se réveille.
Depuis le 2 Décembre 1851 (1), un guet-apens réussi, un crime odieux, repoussant, infâme, inouï, si l'on songe au siècle où il est commis, triomphe et domine, s'érige en théorie, s'épanouit à la face du Soleil, fait des lois, rend des décrets, prend la société, la religion et la famille sous sa protection, tend la main aux Rois de l'Europe, qui l'acceptent, et leur dit : mon frère ou mon cousin. Ce crime, personne ne le conteste, pas même ceux qui en profitent et qui en vivent, ils disent seulement qu'il a été " nécessaire " ; pas même celui qui l'a commis, il dit seulement que, lui criminel, a été " absous ". Ce crime contient tous les crimes, la trahison dans la conception, le parjure dans l'exécution, le meurtre et l'assassinat dans la lutte, la spoliation, l'escroquerie et le vol dans le triomphe ; ce crime traîne après lui, comme parties intégrantes de lui-même, la suppression des lois, la violation des inviolabilités (2) constitutionnelles, la séquestration arbitraire, la confiscation des biens, les massacres nocturnes, les fusillades secrètes, les commissions remplaçant les tribunaux, dix mille citoyens arrêtés, quarante mille citoyens proscrits, soixante mille familles ruinées et désespérées. Ces choses sont patentes. Eh bien ! ceci est poignant à dire, le silence se fait sur ce crime ; il est là, on le touche, on le voit : on passe outre et l'on va à ses affaires ; la boutique ouvre, la bourse agiote, le commerce, assis sur son ballot, se frotte les mains, et nous touchons presque au moment où l'on va trouver cela tout simple. Celui qui aune de l'étoffe n'entend pas que le mètre qu'il a dans la main lui parle et lui dit : " c'est une fausse mesure qui gouverne ". Celui qui pèse une denrée n'entend pas que sa balance élève la voix et lui dit : " C'est un faux poids qui règne ". Ordre étrange que celui-là, ayant pour base le désordre suprême, la négation de tout droit ! l'équilibre fondé sur l'iniquité !
Ajoutons, ce qui, du reste, va de soi, que l'auteur de ce crime est un malfaiteur de la plus cynique et de la plus basse espèce.
A l'heure qu'il est, que tous ceux qui portent une robe, une écharpe ou un uniforme, que tous ceux qui servent cet homme le sachent, s'ils se croient les agents d'un pouvoir, qu'ils se détrompent. Ils sont les camarades d'un pirate. Depuis le 2 Décembre 1851 (2)(3), il n'y a plus en France de fonctionnaires, il n'y a que des complices. Le moment est venu que chacun se rende bien compte de ce qu'il a fait et de ce qu'il continue de faire. Le gendarme qui a arrêté ceux que l'homme de Strasbourg et de Boulogne appelle des " insurgés ", a arrêté les gardiens de la Constitution. Le juge qui a jugé des combattants de Paris ou des provinces, a mis sur la sellette les soutiens de la loi. L'officier qui a gardé à fond de cale les " condamnés ", a détenu les défenseurs de la République et de l'Etat. Le général d'Afrique qui emprisonne à Lambessa les déportés courbés sous le soleil, frissonnants de fièvre, creusant dans la terre brûlée un sillon qui sera leur fosse, ce général-là séquestre, torture et assassine les hommes du droit. Tous, généraux, officiers, gendarmes, juges, sont en pleine forfaiture. Ils ont devant eux plus que des innocents, des héros ! plus que des victimes, des martyrs !
Qu'on le sache donc, et qu'on se hâte, et, du moins, qu'on brise les chaînes, qu'on tire les verrous, qu'on vide les pontons, qu'on ouvre les geôles, puisqu'on n'a pas encore le courage de saisir l'épée ! Allons, consciences, debout ! éveillez-vous, il est temps !
Si la loi, le droit, la raison, le bon sens, l'équité, la justice, ne suffisent pas, qu'on songe à l'avenir. Si le remords se tait, que la responsabilité parle !
Et que tous ceux qui, propriétaires, serrent la main d'un magistrat ; banquiers, fêtent un général ; paysans, saluent un gendarme ; que tous ceux qui ne s'éloignent pas de l'hôtel où est le ministre, de la maison où est le préfet, comme d'un lazaret ; vont aux bals et aux banquets de Louis Bonaparte et ne voient pas que le drapeau noir est sur l'Elysée, que tous ceux-là le sachent également, ce genre d'opprobre est contagieux ; s'ils échappent à la complicité matérielle, ils n'échappent pas à la complicité morale. Le crime du 2 décembre 1851 (2)(3) les éclabousse.
La situation présente, qui semble calme à qui ne pense pas, est violente ; qu'on ne s'y méprenne point. Quand la moralité publique s'éclipse, il se fait dans l'ordre social une ombre qui épouvante.
Toutes les garanties s'en vont, tous les points d'appui s'évanouissent.
Désormais il n'y a pas en France un tribunal, pas une cour, pas un juge qui puisse rendre la justice et prononcer une peine, à propos de quoi que ce soit, contre qui que ce soit, au nom de quoi que ce soit.
Qu'on traduise devant les assises un malfaiteur quelconque, le voleur dira aux juges : Le chef de l'Etat a volé vingt-cinq millions à la banque ; le faux témoin dira aux juges : Le Chef de l'Etat a fait un serment à la face de Dieu et des hommes, et ce serment, il l'a violé ; le coupable de séquestration arbitraire dira : Le Chef de l'Etat a escroqué son mandat, escroqué le pouvoir, escroqué les Tuileries ; le faussaire dira : Le Chef de l'Etat a falsifié un scrutin ; le bandit du coin du bois dira : Le Chef de l'Etat a coupé la bourse aux princes d'Orléans ; le meurtrier dira : Le Chef de l'Etat a fusillé, mitraillé, sabré et égorgé les passants dans les rues ; - et tous ensemble, escroc, faussaire, faux témoin, bandit, voleur, assassin, ajouteront : - Et vous, juges, vous êtes allés saluer cet homme, vous êtes allés le louer de s'être parjuré, le complimenter d'avoir fait un faux, le glorifier d'avoir escroqué, le féliciter d'avoir volé et le remercier d'avoir assassiné ! qu'est-ce que vous nous voulez ?
Certes, c'est là un état de choses grave. S'endormir sur une telle situation, c'est une ignominie de plus.
Il est temps, répétons-le, que ce monstrueux sommeil des consciences finisse. Il ne faut pas qu'après cet effrayant scandale, le triomphe du crime, ce scandale plus effrayant encore soit donné aux hommes : l'indifférence du monde civilisé.
Si cela était, l'histoire apparaîtrait un jour comme une vengeresse ; et dès à présent, de même que les lions blessés s'enfoncent dans les solitudes, l'homme juste, voilant sa face en présence de cet abaissement universel, se réfugierait dans l'immensité du mépris.
Mais cela ne sera pas ; on se réveillera.
Ce livre n'a pas d'autre but que de secouer ce sommeil. La France ne doit pas même adhérer à ce gouvernement par le consentement de la léthargie ; à de certaines heures, en de certains lieux, à de certaines ombres, dormir, c'est mourir.
Ajoutons qu'au moment où nous sommes, la France, chose étrange à dire (4) et pourtant réelle, ne sait rien de ce qui s'est passé le 2 Décembre et depuis, on le sait mal, et c'est là qu'est l'excuse. Cependant, grâce à plusieurs publications généreuses et courageuses, les faits commencent à percer. Ce livre est destiné à en mettre quelques uns en lumière, et, s'il plaît à Dieu, à les présenter tous sous leur vrai jour. Il importe qu'on sache un peu ce que c'est que M. Bonaparte. A l'heure qu'il est, grâce à la suppression de la tribune, grâce à la suppression de la presse, grâce à la suppression de la parole, de la liberté et de la vérité, suppression qui a eu pour résultat de tout permettre à M. Bonaparte, mais qui a en même temps pour effet de frapper de nullité tous ses actes sans exception, y compris l'inqualifiable scrutin du 20 Décembre, grâce, disons-nous, à cet étouffement de toute plainte et de toute clarté, aucune chose, aucun homme, aucun fait, n'ont leur vraie figure et ne portent leur vrai nom ; le crime de M. Bonaparte n'est pas crime, il s'appelle nécessité ; le guet-apens de M. Bonaparte n'est pas guet-apens, il s'appelle défense de l'ordre (5) ; les vols de M. Bonaparte ne sont pas des vols, ils s'appellent mesures d'Etat ; les meurtres de M. Bonaparte ne sont pas des meurtres, ils s'appellent salut public ; les complices de M. Bonaparte ne sont pas des malfaiteurs, ils s'appellent magistrats, sénateurs et conseillers d'Etat ; les adversaires de M. Bonaparte ne sont pas des soldats de la loi et du droit, ils s'appellent jacques, démagogues et partageux. Aux yeux de la France, aux yeux de l'Europe, le 2 Décembre est encore masqué. Ce livre n'est pas autre chose qu'une main qui sort de l'ombre et qui lui arrache le masque.
Allons, nous allons exposer ce triomphe de l'ordre ; nous allons peindre ce gouvernement vigoureux, assis, carré, fort ; ayant pour lui une foule de petits jeunes gens qui ont plus d'ambition que de bottes, beaux-fils (6) et vilains gueux ; soutenu à la bourse par FOULD le Juif, et, à l'église par MONTALEMBERT le catholique ; estimé des femmes qui veulent être filles (7) et des hommes qui veulent être préfets ; appuyé sur la coalition des prostitutions ; brassant des millions ; donnant des fêtes ; faisant des cardinaux ; portant cravate blanche et claque sous le bras, ganté de beurre frais comme Morny, verni à neuf comme Maupas, frais brossé comme Persigny, riche, élégant, propre, doré, brossé, joyeux, né dans une mare de sang.
Oui, on se réveillera !
Oui, on sortira de cette torpeur qui, pour un tel peuple, est la honte ; et quand la France sera réveillée, quand elle ouvrira les yeux, quand elle distinguera, quand elle verra ce qu'elle a devant elle et à côté d'elle, elle reculera, cette France, avec un frémissement terrible, devant ce monstrueux forfait qui a osé l'épouser dans les ténèbres et dont elle a partagé le lit.
Alors l'heure suprême sonnera.
Les sceptiques sourient et insistent ; ils disent : " N'espérez rien. Ce régime, selon vous, est la honte de la France. Soit ; cette honte est cotée en Bourse. N'espérez rien. Vous êtes des poëtes et des rêveurs si vous espérez. Regardez donc : la tribune, la presse, l'intelligence, la parole, la pensée, tout ce qui était la liberté a disparu. Hier cela remuait, cela s'agitait, cela vivait, aujourd'hui cela est pétrifié. Eh bien, on est content, on s'accommode de cette pétrification, on en tire parti, on y fait des affaires, on vit là-dessus comme à l'ordinaire. La société continue, et force honnêtes gens trouvent les choses bien ainsi. Pourquoi voulez-vous que cette situation change ? Ne vous faites pas illusion, ceci est solide, ceci est stable, ceci est le présent et l'avenir ".
Nous sommes en Russie. La Néva est prise. On bâtit des maisons dessus ; de lourds chariots lui marchent sur le dos. Ce n'est plus de l'eau, c'est de la roche. Les passants vont et viennent sur ce marbre qui a été un fleuve. On improvise une ville, on trace des rues, on ouvre des boutiques, on vend, on achète, on boit, on mange, on dort ; on allume du feu sur cette eau. On peut tout se permettre. Ne craignez rien, faites ce qu' il vous plaira, riez, dansez, c'est plus solide que la terre ferme. Vraiment, cela sonne sous le pied comme du granit (8). Vive l'hiver ! vive la glace ! en voilà pour l'éternité. Et regardez le ciel, est-il jour ? est-il nuit ? Une lueur blafarde et blême se traîne sur la neige ; on dirait que le soleil meurt.
Non, tu ne meurs pas, liberté ! Un de ces jours, au moment où on s'y attendra le moins, à l'heure même où l'on t'aura le plus profondément oubliée, tu te lèveras ! - ô éblouissement ! on verra tout à coup ta face d'astre sortir de terre et resplendir à l'horizon. Sur toute cette neige, sur toute cette glace, sur toute cette plaine dure et blanche, sur cette eau devenu bloc, sur tout cet infâme hiver, tu lanceras ta flèche d'or, ton ardent et éclatant rayon ! la lumière, la chaleur, la vie ! - Et alors, écoutez ! entendez-vous ce bruit sourd ? entendez-vous ce craquement profond et formidable ? c'est la débâcle ! c'est la Néva qui s'écroule ! c'est le fleuve qui reprend son cours ! c'est l'eau vivante, joyeuse et terrible qui soulève la glace hideuse et morte et qui la brise ! C'était du granit, disiez-vous ; voyez, cela se fend comme une vitre ! c'est la débâcle, vous dis-je ! c'est la vérité qui revient, c'est le progrès qui recommence, c'est l'humanité qui se remet en marche et qui charrie, entraîne, arrache, emporte, heurte, mêle, écrase et noie dans ses flots, comme les pauvres misérables meubles d'une masure, non seulement l'empire tout neuf de Louis Bonaparte, mais toutes les constructions et toutes les œuvres de l'antique despotisme éternel ! Regardez passer tout cela. Cela disparaît à jamais. Vous ne le reverrez plus. Ce livre à demi submergé, c'est le vieux code d'iniquité ! Ce tréteau qui s'engloutit, c'est le trône impérial ! cet autre tréteau qui s'en va c'est l'échafaud !
Et pour cet engloutissement immense, et pour cette victoire suprême de la vie sur la mort, qu'a-t-il fallu ? Un de tes regards, ô soleil ! un de tes rayons, ô liberté !
Recopié in extenso dans l' orthographe exacte de Victor Hugo par A.D. Laurent MARTIN DESMARETZ de MAILLEBOIS.
1) Traduisez en 2009, depuis 1792…1804… 1848… Mai 1958, Mai 1981, Mai 2007… Le régicide, le crime, le vol, l' escroquerie soutiennent le COUP D' ETAT PERMANENT des révolutionnaires républicains et orléanistes alliés contre les Lois Fondamentales de la France de CLOVIS, de Saint REMI et d' Hugues CAPET, succédant à celles des Gaules martyrisées par Rome.
2) NDLR: je rappelle que dans l' Article 2 de la Constitution de 1791, " La personne du roi est inviolable et sacrée; son seul titre est Roi des Français ". Le Roi ne pouvait donc pas être arrêté à Varennes, ni nulle part, jamais. Les fous criminels de l' " Assemblée Nationale " ont donc inventé un " crime ", excuse invalide, et bien médiocre qui plus est: la soi-disant " fuite ", laquelle aurait constitué un motif de dénoncer une forfaiture du Roi contrevenant à la Loi ( incarnée autoritairement par l' Assemblée Nationale) dont il était supposé avoir reçu le droit de régner. Dans son CHAPITRE II: " DE LA ROYAUTÉ, DE LA RÉGENCE ET DES MINISTRES - Section première. - De la Royauté et du roi. ARTICLE PREMIER. - La Royauté est indivisible, et déléguée héréditairement à la race régnante de mâle en mâle, par ordre de primogéniture, à l' exclusion perpétuelle des femmes et de leur descendance. - (Rien n' est préjugé sur l' effet des renonciations, dans la race actuellement régnante). Dans son Article 5 il est précisé que: " ART. 5. - Le serment civique est: " Je jure d' être fidèle à la Nation, à la loi et au Roi, et de maintenir de tout mon pouvoir la Constitution du Royaume, décrétée par l' Assemblée nationale constituante aux années 1789, 1790 et 1791 ". ART. 4. - Le Gouvernement est monarchique: le Pouvoir exécutif est délégué au roi, pour être exercé sous son autorité, par des ministres et autres agents responsables, de la manière qui sera déterminée ci-après.
3) La Constitution de 1848 affirmait aussi la suprématie de l' Assemblée et reprenait l' ensemble de 1791 mais sans aucun ROI. Le Président de la république était un employé appointé de l' Assemblée pour exercer par délégation le pouvoir exécutif! Il logeait à l' Assemblée …
4) Alors que la vivisection cérébrale, opérée par la manipulation mentale médiatique, faisant suite au conditionnement par l' Education Nationale (Sic), n' avait pas encore été inventée…
5) Le ministère des mots utilisés par MITTERAND, CHIRAC, SARKOZY n' est donc pas nouveau…
6) Les " bobos " depuis 28 ans ne sont pas neufs dans leur genre… infecte.
7) La pseudo " libération " des femmes depuis 1968 a déjà connu à maintes époques le même effet. Durant la décadence de Rome, les femmes voulaient être gladiateurs et le " dernier romain " AETIUS fut empoisonné par l' Empereur dont l' impératrice était devenue la maîtresse. Toujours les femmes, ne voyant que leurs corps, abondent dans le sens de la décadence sociale, raison pour laquelle elles ne doivent pas être admises en politique.
8) Mon professeur de Physique-Chimie du collège, en classe de quatrième nous apprit ce qu' étaient les " conditions normales " de pressions et de températures. Il exigeait que chaque fois que nous décrivions une expérience dans nos rapports nous précisions bien ceci: dans les conditions normales… Il est grave d' oublier cela lorsqu' on s' habitue à des conditions anormales au point de les considérer comme normales. Car alors ce qui bout gèle, ce qui est solide devient liquide, et la nature semble se rebeller aux volontés humaines. On voit ce que l' oubli des conditions normales en politique et en société comme en économie a provoqué de désastres en 2009…
Laurent MARTIN DESMARETZ de MAILLEBOIS
N.B: vous pouvez désormais lire Le coup d' Etat permanent en entête sur Le Pilori 2009-12 de décembre.
au (33) 613 27 32 83
Création 11/2009 Précédentes mises à jour 12/2009, 01, 02, 03, 04, 05 et 06/2010 Dernière mise à jour 07/2010