----- Original Message ----- From: Louis ALBERTELLI Sent: Monday, August 01, 2011 6:54 PM Subject: Re: Lettre d' Anne CAZAL et Eliane SALLABERRY au chef du Bureau Histoire et Mémoire
La lettre d' Anne CAZAL pour Éliane SALLABERRY au chef du Bureau Histoire et Mémoire
Deux femmes Patriotes, qui se souviennent du drame de l' Algérie Française et témoignent: elles répondent à ceux qui veulent imposer "la pensée unique" dans notre Histoire, celle qui consiste à honorer "certaines victimes" de l' OAS en "oubliant", plus de 150.000 autres Français (de toutes confessions: voir les archives de l' Armée française) assassinés ou enlevés en Algérie et "oubliant" surtout, ceux qui furent courageusement sauvés du massacre, grâce à l' OAS, qui s' opposait au génocide commencé par le FLN (l' armée française ayant des ordres écrits du général De Gaulle, de ne pas intervenir...).
Louis ALBERTELLI
ANNE CAZAL Déléguée générale de VERITAS
BP: 28 31620 FRONTON
Fronton, le 18 février 2011
MONSIEUR PASCAL MATRAJI Chef du Bureau Histoire et Mémoire
Direction des affaires culturelles de Paris
16 rue des Blancs Manteaux 75004 PARIS
LETTRE OUVERTE RECOMMANDÉE
Monsieur,
Vous avez eu, hier, un long entretien téléphonique avec Mme Éliane Sallaberry, chancelière de l’ armée française, aujourd’ hui en retraite, au sujet de la décision, prise à l’ unanimité par le Conseil Municipal de Paris, d’ ériger une plaque au cimetière du Père Lachaise: « En hommage aux victimes de l’ O.A.S., en Algérie et en France, civils, militaires, magistrats, fonctionnaires, élus, défenseurs des institutions et des valeurs de la république. ». Vous avez demandé à Mme Sallaberry de vous écrire ses motifs de désapprobation devant une telle initiative. Madame Sallaberry est aveugle, elle est donc dans l’ impossibilité de le faire, mais elle m’ a prié de rédiger, en son nom, ce qu’ elle aurait voulu écrire.
Mission difficile parce que je suis aussi concernée, en tant qu’ acteur et témoin des événements que je vais vous exposer ici, sous la foi du serment, et mon émotion va peut-être transparaître dans la relation que je vais vous en faire.
Veuillez m’ en excuser.
Oui, Monsieur, l’ O.A.S., dans ses quelques mois d’ existence, a manié une arme à double tranchants, frappant avec l’ un et se blessant à l’ autre… Mais alors, pourquoi un Maréchal de France, des Généraux français parmi les plus prestigieux et les plus décorés, de nombreux compagnons de la Résistance, le chef du premier Conseil de la Résistance, les patriotes les plus ardents se trouvaient-ils à la tête de ce mouvement de résistance française dans cette Algérie composée, alors, de départements français, depuis bien plus longtemps que Nice ou la Savoie?
N’ était-ce pas, justement parce que les institutions et les valeurs de la république étaient mises à mal par un Chef d’ État se comportant en dictateur, utilisant contre ses compatriotes des polices parallèles tirées de la pègre, créant des tribunaux d’ exception illégaux, agissant hors des lois morales, hors des lois constitutionnelles, et hors des lois humaines?
Ainsi, tout un peuple, qui pendant sept années avait connu les affres du terrorisme FLN, aveugle, barbare, sanguinaire, un peuple qui, toutes ethnies confondues, avait été décimé dans les plus abominables des tortures, émasculations, éventrations, énucléations, démembrements, et j’ en passe, perpétrés sur des êtres sans défense, dans les campagnes, attentats à l’ explosif dans les villes responsables d’ innombrables morts, de mutilations à vie, ce peuple là serait moralement condamné à vie pour avoir usé du seul droit qui lui restait, un droit fondamental et inaliénable, celui de la résistance à l’ oppression?… Alors, à ses côtés, naquit l’ O.A.S, cette résistance du parti de la France en Algérie, mais si des hommes d’ honneur ont sacrifié leurs carrières, leurs familles, leur avenir pour en prendre la tête, ils n’ étaient pas seuls. Oui, l’ O.A.S. était soutenue par la grande majorité des Français d’ Algérie de toutes confessions, lesquels se trouvaient en état de légitime défense!
Ces gens, pour lesquels l’ amour de la France, chevillé au corps, était plus fort que tout, des petits travailleurs de Bab el Oued qui avaient toujours voté rouge aux hommes de droite, aux royalistes, et même à ces musulmans fiers d’ être Français qui souhaitaient le demeurer et qui avaient fait face, avec nous, au terrorisme FLN (220.000 supplétifs au moment de l’ abandon que la France a désarmés et remis aux mains des égorgeurs), ces gens-là ne faisaient pas de politique, mais ils luttaient, acculés au mur, pour leur survie…
D’ ailleurs, Monsieur, je ne serais probablement pas en mesure de vous écrire cette lettre si l’ O.A.S. n’ avait pas protégé ma vie, comme celles de mes semblables, si, jusqu’ au dernier moment, jusqu’ à l’embarquement au port d’ Alger, les hommes de l’ O.A.S. n’ avaient veillé, avec une constance et une vigilance au-delà des mots, à la sécurité de ces malheureux Français d’ Algérie que l’ hôte de l’ Élysée avait espéré voir disparaître dans l’ immense cataclysme de l’ abandon.
Car, après que les insurgés de l’ O.A.S., ces hommes d’ honneur, d’ abnégation et de courage, aient été totalement décimés par l’ alliance des forces françaises au terrorisme FLN, on a vu, alors, des hordes qui, dans les aéroports ou dans les ports, arrachaient à leurs familles, manu militari, des jeunes femmes et des jeunes filles françaises pour les prostituer dans leurs camps…
On a vu foisonner les enlèvements, les milliers et les milliers de disparus, on a vu les massacres d’ Oran le 5 juillet et les jours suivants qui ont fait, Madame Sallaberry a dû vous le dire, elle qui était à cette époque au Bureau des exactions, près de 4.000 morts ou disparus français innocents…
Alors oui, l’ O.A.S. a combattu les valets d’ un pouvoir arbitraire, oui, ce combat a causé la mort de laquais inconditionnels et autres thuriféraires d’ un pouvoir dictatorial, oui, malheureusement, comme dans tous combats, il y a eu quelques erreurs, oui la petite Delphine Renard a été blessée par quelques éclats de verre à la suite de l’ explosion d’ un engin devant la porte de Malraux… Savez-vous combien de jeunes enfants, de bébés à la mamelle, ont été cloués vivants sur des portes lors des massacres de familles entières dans le bled algérien? C’ était un usage courant chez les barbares du FLN…
Mais ces hommes d’honneur qui se sont rebellés par fidélité à une parole, donnée au nom de la France puis trahie, ont payé d’ un lourd tribut le devoir sacré qui les a fait agir, celui de protéger des populations victimes d’ une politique insensée les mettant en danger de mort.
D’ une part, nombre d’ entre eux ont été pourchassés et tués dans une proportion cinq fois plus élevée que les victimes qu’ ils avaient pu faire, quatre d’ entre eux ont été condamnés à mort par des tribunaux d’ exception, qui devaient, après leurs exécutions, être déclarés illégaux, et, d’ autre part, les survivants ont été humiliés, molestés, emprisonnés pendant de longues années…
Ces hommes ont bénéficié en juin 1968 d’ une amnistie générale. Depuis cette date, que dit la loi à leur sujet? « L’ amnistie est l’ acte qui stipule que les fautes passées devront être oubliées et qui interdit à quiconque de les évoquer sous peine de sanctions ». De plus, en 1982, un homme de gauche, mais aussi homme qui avait une conscience, fait rare de nos jours, M. François Mitterrand, alors Chef de l’ Etat, a fait restituer à tous les combattants de l’ Algérie française leurs grades et leurs décorations… Double amnistie, totale réhabilitation…
Voilà, à peu près, ce que vous aurait écrit Mme Éliane Sallaberry si cela lui avait été possible, nous voulions seulement vous faire observer que ces hommes illustres ont été les seuls à nous défendre alors que nous déplorions des milliers et des milliers de morts et de martyrs. Il est juste qu’ aujourd’ hui nous portions témoignage de leurs sacrifices et de leur héroïsme, ne serait-ce qu’ au nom d’ une réconciliation nationale que nous appelons de nos vœux tandis que certains, qui se reconnaîtront, œuvrent sans relâche, au nom d’ on ne sait quelle rancœur ou idéologie, en faveur de la haine de l’ autre…
Vouloir ériger des stèles à la mémoire des victimes de l’ O.A.S. et, dans le même temps vouloir détruire les stèles à la mémoire de ceux qui sont morts pour que vive l’ Algérie française, est une offense à la raison qui prolifère, aujourd’ hui, chez certains idéologues et politiciens, comme a proliféré, à la basse époque du Moyen-âge, la chasse aux sorcières… Espérant avoir été comprises,
Nous vous prions de croire, Monsieur, à l’ expression de nos sentiments déférents.
Anne CAZAL Éliane SALLABERRY
----- Original Message ----- From: c.a. To: l.albertelli@wanadoo.fr Sent: Wednesday, July 27, 2011 1:33 PM Subject: FW: TR: Lettre d'Anne CAZAL et Eliane SALLABERRY au chef du Bureau Histoire et Mémoire
Cher Monsieur Albertelli,
J' ai pris connaissance, avec la plus grande attention, du dossier concernant la lettre de madame Anne CAZAL. Je suis moi-même un ancien combattant d' Algérie, appelé et métropolitain. J' ai donc assuré mes 28 mois de service militaire dont 22 passés sur le sol algérien, comme le firent des milliers de jeunes Français de 1954 jusqu' en 1962. Nous pouvons donc témoigner de beaucoup de choses vues et vécues. Cette position d' observateurs obligés après décantation et apaisement des passions et des rancœurs permet une analyse plus sereine et plus juste des fautes réciproques à se lancer au visage.
Je trouve logique que les Européens (pieds-noirs) et les militants OAS conservent une nostalgie de l' Algérie Française, comme je trouve naturel aussi qu' ils aient mal digéré l' abandon des Harkis "qui n' est pas la page la plus glorieuse de la France" je vous le concède. Je trouve aussi naturel que ces femmes et ces hommes réprouvent que nos gouvernants, surtout ceux d' aujourd' hui particulièrement mal placés, se livrent à une mascarade commémorative et communautariste des victimes de cette guerre stupide et fratricide.
Mais!... Cher monsieur Albertelli je pense que dans cette pénible période de notre histoire il faut, ou plus précisément il faudrait que les acteurs de ce drame aient le courage d' assumer les innombrables fautes qui furent accumulées depuis 1830. la première ( de taille ) est d' avoir décidé que l' Algérie serait déclarée départements Français. Erreur funeste (même pour sauvegarder les ressources minières énergétiques) que nous payons encore aujourd' hui, d' autant qu' une partition de collaboration intelligente imaginée par des officiers de l' armée française (pour s' opposer aux mauvais traitements des colons face aux Algériens), partition classée sans suite par les colons eux-même (1840), aurait certainement changé les rapports Franco-Algériens. En réalité la seconde faute de la France est d' avoir fait appel à des gens de nationalités multiples Italie, Grèce, Espagne, Malte, Sicile, qui n' avaient pas, et c' est normal, la fibre francophile très développée. Et pour clore le tableau les repris de justices en rupture de ban de France et de Navarre complétèrent l' amorce du peuplement de l' Algérie. Brouet assez peu recommandable qui a semé l' esprit de révolte dans la population autochtone. Si les vagues successives d' Européens qui se sont installées en Afrique du Nord se sont un peu mieux conduites que les premières, force est de reconnaître que ce n' était pas de nature à rétablir une réelle confiance vis à vis des Algériens. J' ai pu maintes fois le constater.
Le Général DE GAULLE pour lequel je porte une très grande estime n' a fait que mettre un point final à une situation qui était devenue inextricable, et vis à vis de laquelle il n' avait aucune responsabilité originelle. Je vous accorde qu' il a incontestablement commis des fautes dans l' application de sa politique de désengagement, et surtout vis à vis des supplétifs Algériens.
Par ailleurs il avait à coeur de mettre un terme à l’ hémorragie métropolitaine ( plus de 500.000 morts ) qui eux aussi ont perdu la vie pour défendre une cause perdue.
Pour ma part je trouve que nous aurions tout à gagner à nous coller un sparadrap sur la bouche tellement les fautes réciproques son nombreuses dans le déroulement de ce drame. De cesser les commémorations individuelles pour honorer ses victimes; et si nous tenons à honorer ces pauvres malheureux érigeons un monument à l' ensemble des victimes sans exception qu' elles soient de France métropolitaine, Pieds-noirs, de l' OAS ou algériennes.
Dans l' espoir d' une réconciliation indispensable.....
Respectueuse salutations. C.A
----- Original Message ----- From: l.albertelli To: c.a. Sent: Monday, August 01, 2011 6:54 PM Subject: Re: Lettre d' Anne CAZAL et Eliane SALLABERRY au chef du Bureau Histoire et Mémoire
Monsieur A,
Je réponds à votre message ci-dessus, réagissant à la lettre d' Anne CAZAL et Eliane SALLABERRY, que je vous ai fait parvenir:
Je remarque, que le contenu de cette lettre, qui fait état des massacres de Français d' Algérie de toutes confessions, durant les derniers mois de l' Algérie française, ne vous donne l' occasion d' aucune réflexion particulière quant à l' attitude méprisante et ignoble du général De Gaulle, pressé de ''larguer le boulet algérien'' (car c' est ainsi qu' il en parlait à ses ministres et notamment à son porte-parole Alain Peyrefitte). Que valaient ces Français Harkis et Pieds-Noirs (« des gens de nationalités multiples » après tout! Comme vous le dites vous-même) qu' il avait largement trompés, dans tous ses discours flamboyants et qui faisaient " les frais mortels " de ses promesses. Car ce général parjure savait fort bien que de nombreux Français d' Algérie n' accepteraient pas de quitter leurs maisons, leur terre, leur patrie sans se battre, malgré le "lâchage", sournoisement et traîtreusement préparé, lors des accords secrets d' Évian... en violation totale d' un article prépondérant de la Constitution française, traitant de la "garantie de l' intégrité du territoire national"...
Cette parenthèse faite, c' est tout à votre honneur d' avoir accompli votre service militaire de 28 mois, dont 22 sur le sol algérien « comme le firent des milliers de jeunes Français de 1954 jusqu' en 1962 » Ce fut un devoir envers la Mère Patrie, car sur le ''sol algérien'' se trouvaient, alors, 15 départements français, faisant partie intégrante de la République Française.
J' osais espérer, cependant, que parmi ces «milliers de jeunes Français» vous n' excluiez pas ces Français d' Algérie, de toutes confessions, qui combattaient, aussi, contre les éléments rebelles du FLN?... car vous n' en parlez pas du tout?...
Mais en poursuivant la lecture de votre message, j' ai mieux compris pourquoi un tel ''oubli': vous écrivez: « ...En réalité la seconde faute de la France est d' avoir fait appel à des gens de nationalités multiples Italie, Grèce, Espagne, Malte, Sicile, qui n' avaient pas, et c' est normal, la fibre francophile très développée... »
Ainsi, ces « gens de toutes nationalités », ces Européens, venus travailler sur cette terre d' Algérie, notamment, pour défricher, assécher les marais, lutter avec les soldats français contre les tribus arabes et mourir en grand nombre au nom et pour le bénéfice de la conquête française, ces « gens » là, ne sont pas considérés par vous, Monsieur A., comme de ''vrais Français'', malgré le décret leur accordant la nationalité française (en 1889): ils n' avaient pas, dites-vous, « la fibre francophile très développée » Quel "négationnisme"!... Quel esprit sectaire!...
Ce seul jugement suffit à révéler votre ignorance ou bien, plutôt, votre parti pris doctrinal à propos de: - l' histoire de la conquête de l' Algérie, - l' énorme participation patriotique de «ces gens de nationalités multiples » aux différents conflits dans lesquels s' est trouvée engagée la France, de 1870 à 1962. Croyez-vous, Monsieur A., que les Français de métropole de cette époque avaient « la fibre francophile très développée » pour s' expatrier, en nombre suffisant, sur cette terre d' Algérie?... La crainte de mourir des fièvres et autres maladies, quand ce n' était pas lors d' attaques surprises, de razzias pratiquées par les tribus arabes découragèrent bon nombre de "métropolitains"?... N' était-ce pas un des éléments majeurs qui conduisit la France à reconnaître la nationalité française à ces étrangers, parce qu' ils représentaient, alors (en 1889), pratiquement la moitié de la population européenne d' Algérie?... Ces « gens de nationalités multiples » par leur travail et leurs sacrifices, comme les Français de souche, firent de la « Barbarie » de 1830 (ainsi nommait-on ce territoire avant la conquête) un pays moderne jusqu' en 1962... en seulement 132 ans. Et dans ce laps de temps la population musulmane d' Algérie s' accrut de 3 millions à 8 millions d' habitants: cela vous paraît-il une autre « erreur » de la politique humaine de colonisation de la France et de sa protection des populations autochtones?...
Je vous propose de lire (documents joints: ''regrets tardifs'' et "Aït Ahmed- Pieds-Noirs" ) à ce sujet, les élogieuses reconnaissances, qui sont faites par des personnalités historiques algériennes et par des journalistes africains, à ces « gens de nationalités multiples » (que les Français de métropole ont dénommés "Pieds-Noirs").
Ce sont ces personnalités algériennes représentatives, ayant activement participé à la guerre d' indépendance, qui vous donnent tort, Monsieur Allard, démontrant, votre inutile et honteuse "repentance" à propos de œuvre humaine de développement entreprise par la France en Algérie et de l' intervention correspondante de ces ''Pieds-Noirs'', ces « gens de nationalités multiples » ...
Et cette dernière expression prend une connotation injuste et discriminatoire lorsque vous lui ajoutez «...qui n' avaient pas, et c' est normal, la fibre francophile très développée... »
Ignorez-vous, Monsieur A., que la France fit appel, dès 1870, à ces "Pieds-Noirs" (comme aux autres Français d' Algérie) pour aller combattre ses ennemis?... Car ces « gens de nationalités multiples » bien souvent volontaires, s' illustrèrent durant les multiples conflits, où la France se trouvait engagée, partout dans le monde: entre autres, en France, durant les guerres de 1870, 1914-18 et 1939-45 (auparavant en Corse, Sardaigne, Italie) aux Dardanelles en 1915, en Syrie en 1941, au Viet-Nam de 1946-54 et en Algérie...
Combien de ces Français d' Algérie, de ces « gens de nationalités multiples... » ou de leurs descendants perdirent leur vie au "Champ d' Honneur"?!... Par leur engagement et par le sang versé, ils avaient largement et tragiquement démontré leur « fibre francophile très développée » alors que vous n' étiez pas encore né Monsieur A.... Et cette discrimination que vous faites me conduit à vous poser la question suivante: - Monsieur A., peut-être pourriez-vous m' expliquer pourquoi les métropolitains adoptèrent, tout particulièrement, cette dénomination discriminatoire de "Pieds-Noirs" (pour les Français d' Algérie d' origine européenne et ceux de confession juive) précisément au moment des "événements d' Algérie" et de l' envoi de soldats métropolitains en Algérie?... N' était-ce pas le reflet de ce commencement de ''lâchage'', qui se manifestait, de plus en plus nettement, notamment dans les honteuses actions des socialo-communistes métropolitains, ''porteurs de valises du FLN'', arrêtant les trains de soldats devant rejoindre les bateaux en partance pour l' Algérie?...
De Gaulle n' a-t-il pas voulu ''atténuer cette discrimination", en utilisant, dans ses discours, des formules, aussi frappantes qu' elles sonnaient ''le creux'' de promesses mensongères: «... Une seule catégorie de Français de Dunkerque à Tamanrasset!... » «... Des Français à part entière!... »?...
Et les années suivant de telles déclarations publiques, force nous était donnée de constater que nous étions, en Algérie, « des Français entièrement à part » Le contenu de votre message, Monsieur A., ne fait que confirmer ce sentiment.
Quelle reconnaissance, quelle solidarité patriotique au regard des sacrifices consentis par ces « gens de nationalités multiples!... »
Vous comprendrez fort bien, Monsieur A. d' après mes propos et en lisant mon nom, que je fais bien partie de ces "Pieds-Noirs"... ces « gens de nationalités multiples » ( étant né en Algérie d' un père d' origine italienne et d' une mère d' origine espagnole) Mes arrières grands-parents (vivant la famine dans leur pays) vinrent travailler comme ouvriers en Algérie, à un moment où la France ne trouvait pas, sur son territoire métropolitain, suffisamment de ''courageux'' pour affronter les dangers d' un pays qu'elle voulait rapidement peupler, mettre en valeur ...
Et dans vos critiques, vos ''propositions'' a posteriori, de la politique de colonisation de la France, vous faites preuve d' un déterminisme, qui n' est pas sans rappeler certaines thèses marxistes léninistes du déroulement de l' histoire et, par-là même, vous oubliez toute considération de la volonté d' hommes libres (Français ou Etrangers): celle d' engager son destin, de venir ou de ne pas venir courir un danger sur ce territoire de Barbarie...
Monsieur A., c' est aussi votre liberté d' avouer que vous portez « une très grande estime » au général De Gaulle, même si ce personnage, qui se voulait emblématique (l' Histoire, la « vraie » le rattrape peu à peu) n' a pas cessé, durant toute sa carrière, de mentir en provoquant des milliers de morts français. Je ne vous citerai que quelques exemples de sa "lamentable Histoire", si bien décrite, jusqu' en 1945, dans l' ouvrage écrit par Henri de Kerillis ''De Gaulle Dictateur" (interdit de publication en France, dès sa sortie en octobre 1945. Encore un excès du totalitarisme gaullien!...)
Henri de Kerillis (plusieurs fois décoré à la guerre de 14-18) dénonçait à la tribune de la Chambre des députés (dont il faisait partie) et dans son Journal de Paris, l' esprit de Munich, la collaboration française avec l' espionnage allemand, avant 1939. Il fut résistant, puis réfugié en Amérique et il crut pouvoir soutenir le gaullisme jusqu' en 1942... Ensuite il dénonça les manœuvres du général De Gaulle dans son avidité à prendre le pouvoir...
Parmi les exemples significatifs des manipulations du général De Gaulle figurent ses propagandes mensongères:
1) il encourage les Britanniques pour qu' ils détruisent la flotte française réfugiée à Mers el Kébir (les témoignages des autorités britanniques et les discours de De Gaulle approuvant cette destruction ne prêtent plus au doute). Ce qui fut fait: les 3 et 6 juillet 1940: le massacre de 1297 marins français et la destruction de la quasi totalité des navires à quai. C' est la première participation du général De Gaulle à un crime militaire. Ce ne sera pas la dernière...
2) il fait croire aux Britanniques que la ville de Dakar sera livrée aux Allemands par le gouverneur Boisson. Les navires britanniques (le général De Gaulle sur l' un d' eux) bombardent la ville de Dakar les 24 et 25 septembre 1940 causant la mort de 150 Français (civils et militaires). La ville ne se rend pas: elle restera possession française... Nouveau crime contre des Français!...
3) il indique aux Britanniques que la Syrie (alors protectorat sous tutelle française) est devenue un un territoire ouvert aux Allemands, qui permet à leurs avions d' y atterrir. Le 8 juin 1941 l' offensive contre la Syrie est déclenchée: soldats anglais et français libres croient devoir affronter des Allemands. Ces derniers sont, alors totalement absents de Syrie: les Britanniques s' aperçoivent de la manœuvre mensongère du général De Gaulle.
Le général Dentz, alors Haut-commissaire français en Syrie et au Liban, oppose une résistance à cette agression injustifiée. Le bilan de cette trahison du général De Gaulle: - 1066 tués et 5.400 blessés pour les Français du général Dentz. - 650 tués et blessés pour les Français libres. - 4060 tués et blessés pour les Britanniques.
Les Britanniques rendirent les honneurs aux soldats du vaincu: le général Dentz. Quant à De Gaulle et à ses Forces Françaises Libres, ils ne furent pas autorisés à défiler... Quel "camouflé" pour cet orgueilleux malfaisant!...
« Quatre ans après ces agressions ignobles dans des possessions françaises, Charles De Gaulle, vindicatif, ne pardonnera pas à ceux qu' il avait loyalement combattu. Les justes honneurs militaires rendus par les généraux anglais à Dentz et à ses troupes courageuses en Syrie portaient ombrage à un De Gaulle, écarté de l' armistice de Saint Jean d' Acre: il fera ignoblement mourir en gêole le général Dentz, vêtu de haillons, les pieds enchaînés couverts d' ulcères... » (http://www.comite-veritas.com/z_4647/index.asp?id=1059&page=2&fond=)...
Monsieur A., comme vous le constaterez, si vous avez la curiosité de consulter des documents reconnus de l' histoire de France, publiés par des historiens honnêtes civils et militaires (français et étrangers) les propagandes, les manœuvres du général De Gaulle apparaissent multiples et il les appliqua durant toute sa carrière.
Je ne vous ai énuméré que quelques-unes de ses nombreuses trahisons.
Vous connaissez parfaitement celles qu' il pratiqua ouvertement en Algérie et les conséquences tragiques qui en résultèrent pour les Français et pour la France. Parmi les plus criminelles, pour lesquelles De Gaulle porte une responsabilité directe, figurent dans un ordre chronologique: -- la fusillade de la rue d' Isly à Alger, le 26 mars 1962: 84 morts (enterré sans que les familles ne puissent voir les corps) -- les 3000 morts et disparus de la ville d' Oran, le 5 juillet 1962 (le général Katz ayant reçu l' ordre de De Gaulle de ne pas intervenir et de maintenir les 10 000 soldats français, disponibles dans cette région, dans leur casernement) -- les massacres de plus de 100 000 Harkis et de leurs familles dans la période qui s' échelonne entre leur désarmement par les troupes françaises et la fin de l'année 1962: des témoignages et des ordres écrits adressés aux responsables de l' armée démontrent clairement la responsabilité directe du général De Gaulle dans ce génocide perpétré, avec sa complicité passive, par les troupes du FLN, opérant, ouvertement, les massacres (dans les plus atroces tortures) de ces soldats fidèles à la France.
"C' était De Gaulle" qui avait ordonné au ministre des armées de recruter (deux ans avant) un maximum de supplétifs musulmans pour combattre le FLN et c' est le même De Gaulle, qui les fit désarmer, menaçant (par ordres écrits) les chefs de l' armée en leur interdisant le rapatriement de ces supplétifs musulmans: le génocide était inéluctable et De Gaulle s' est rendu responsable, en toute connaissance de cause (renseigné par son armée) de laisser agir les "bourreaux du FLN", sous prétexte de l' indépendance.
Pire que Ponce Pilate, De Gaulle trahissait ses propres soldats!...
En résumé, Monsieur A, vous pouvez continuer de nourrir votre « estime » pour le général De Gaulle comme le font encore d' autres Français (abusés par ce "triste sire") qu' ils croient ''emblématique'', mais qui a déshonoré la France, à plusieurs reprises, provoquant la mort de milliers de patriotes français...
Mais d' où sortez-vous ce chiffre de plus de 500 000 morts métropolitains lors de la "guerre d' Algérie" ?... Vous trompez-vous, ou bien plutôt "trichez-vous"?...
Suivriez-vous l' exemple lamentable d' un général De Gaulle (que vous estimez)?... en ajoutant à ses ''manipulations" trompeuses?...
Allez donc consulter les statistiques du Service des Armées et ses Archives à ce sujet...
Même l' historien Ageron ne pourrait vous suivre dans vos exagérations: songez qu' il annonce "seulement" 250.000 militaires algériens morts au cours de la "guerre d' Algérie"!... Il y aurait donc eu, d' après vous, plus de métropolitains tués?... Vous n' êtes plus crédible Monsieur A.!... Cherchez la VÉRITÉ...
Je trouve effectivement, comme vous le proposez en fin de votre message, que vous auriez « tout à gagner à nous coller un sparadrap sur la bouche » afin d' éviter que nous vous apportions la contradiction à propos vos inepties, qui visent à "intoxiquer" les ignorants, ce qui peuvent encore vous croire.
Les marxistes-léninistes opéraient de cette façon et nous avons vu, malheureusement, leurs résultats, après que la VÉRITÉ soit enfin apparue: plus de 100 millions de morts au nom de la doctrine communiste!...
NDLR: J' ajoute, n' en déplaise au sieur Allard et à la fondation cmh force que les territoires sahariens n' avaient jamais été sous domination arabe ou turcottomane avant 1830 (c' était le territoire infini des Touaregs!) au point de n' avoir point été inclus dans les accords d' Evian et qu' ils ont été abandonnés par le tra^tre De Gaulle bien après 1962, des essais nucléaires ayant été effectuée encore au milieu des années 60 sur place! Tant pis pour les quillards de la fnacaca!!!
----- Original Message ----- From: claude allard To: l.albertelli Sent: Tuesday, August 02, 2011 2:55 AM Subject: RE: TR: Lettre d'Anne CAZAL et Eliane SALLABERRY au chef du Bureau Histoire et Mémoire
J' ai pris connaissance, avec tout l’ intérêt que mérite votre texte, de la position très ancrée sur le thème algérien qui est et restera dans vos fibres comme dans celles des pieds-noirs en général, une blessure indélébile. Ne croyez surtout pas que je réprouve cette attitude ou même que je la condamne, je ne peux que la constater!... J' ai suffisamment de réflexion pour ne pas jeter ni l' opprobre ni le discrédit sur des gens qui ont effectivement souffert d' une situation que les évènements politiques ont contribué à rendre inextricables. Ce que j' ai essayé de faire comprendre, Monsieur ALBERTELLI, est l' acharnement viscéral des populations pieds-noirs à vouloir désigner un seul et unique responsable en l' occurrence, la France et sa population métropolitaine. Oui, Monsieur ALBERTELLI, en tant qu' appelé sous les drapeaux, j' ai dû, ainsi que mes camarades militaires, s' entendre traiter de chancres, de fils de pute, de petits français de France et de merdes infâmes par vos concitoyens, qui ne semblaient pas vouloir du tout, être les nôtres à cette époque et qui avaient tôt fait de nous tenir pour responsables des conséquences de l' auto-détermination, alors qu' elle était devenue inéluctable. Dans l' histoire de l' humanité rares sont les conflits ou le responsable est unique. Cette détestable spécificité humaine est largement partagée. Il n' y a pire aveugle que celui qui ne veut pas voir et pire sourd que celui qui ne veut entendre!... Il me semble tout de même que la population française n' a pas été à votre égard, comme pour les rapatriés d' Algérie en général, si odieuse que cela, à en juger par le taux et la rapidité d' assimilation des rapatriés parmi la population métropolitaine. Toutes vos références historiques aussi vraies et justes soient-elles, n' expliqueront jamais, l' entretien d' une haine aussi acharnée que vous évoquez dans vos propos. Il serait grand temps que les mains se tendent une bonne fois pour toutes, et que cesse enfin cette querelle stérile.... Mais qu’ espérez-vous donc Monsieur ALBERTELLI!... le retour en 2012 de l' Algérie Française... Alors dans ce cas précis, soyez satisfait!... car selon toutes vraisemblances, dans quelques temps c' est bien une France Algérienne et maghrébine qui pointe déjà sa triste figure à l' horizon.
Cessez de me faire des procès d' intentions, en martelant mon nom comme on donne du fléau sur l' aire de battage et n' essayez pas non plus de me faire passer des vessies pour des lanternes. Les gens issus de toutes nat six alités comme vous vous plaisez de me rappeler, nous disaient pourtant, à nous, soldats du contingent quand nous les rassurions sur leur rapatriement en métropole:... "Quand a t-on à foutre de la France, nous ne la connaissons même pas"!...Ne pensez surtout pas que le cas était isolé je l' ai entendu du Kreider jusqu' à Oran en passant par Méchéria et SaÏda; la formulation était différente mais le fond était le même. Que pensez-vous de ce bel exemple de patriotisme?... Par ailleurs et pour en terminer je me permets de vous rappeler que les dernières lignes de ma lettre demandaient que les honneurs de la nation aillent à l' ensemble des malheureuses victimes de cette triste histoire algérienne. Tous... c' est à dire les victimes pieds-noirs comme les autres. je ne vous reconnais aucune autorité à me faire dire le contraire de mes pensées et de mes paroles. Si vous avez imaginé que l' Algérie, décrétée département français, après une guerre de conquête, serait restée blottie dans le giron national ad vitam aeternam, sans jamais soulever la révolte des Algériens... Ou bien vous ne connaissez rien aux hommes ou vous êtes un grand naïf...
Je ne suis pas un grand amateur des dialogues de sourds, ne vous sentez surtout pas obligé de me faire une réponse fleuve et doctorale, à cette dernière missive comme vous semblez les apprécier!... C.A
----- Original Message ----- From: l.albertelli To: ca Sent: Thursday, August 04, 2011 5:51 PM Subject: Re: TR: Lettre d'Anne CAZAL et Eliane SALLABERRY au chef du Bureau Histoire et Mémoire
Monsieur CA,
Lorsque dans votre message en date du 27 juillet, vous avez écrit, en parlant des "Pieds-Noirs" et de leurs ascendants, ces « ...gens de nationalités multiples, Italie, Grèce, Espagne, Malte, Sicile, qui n' avaient pas, et c' est normal, la fibre francophile très développée » votre idée première était bien de faire la discrimination entre ces Français, vous considérez de "seconde classe" (manquant de « la fibre francophile ») et les Français de métropole dont vous faite partie... bien sûr!...
Vous ne vous attendiez donc pas, du fait de votre provocation et de votre mépris de ces "gens", que je reconnaisse votre intelligence à peser le poids de vos mots au fléau de votre esprit de justice... Il doit être faussé puisque vous discriminez faussement: Le mal est fait. Il correspond d' ailleurs à une certaine idée générale que se faisaient certains métropolitains de ces « Pieds-Noirs »: faisant « suer le burnous » des indigènes et « refusant le verre d' eau » aux militaires français métropolitains, venant en Algérie pour les défendre. Ces images d' Épinal étaient monnaies courantes et renforçaient l' idée de certains métropolitains qui ne voulaient plus envoyer "leurs jeunes" se battre dans ces 15 départements français d' Algérie. C' est ainsi que le fossé s' est creusé entre Français, de part et d' autre de la Méditerranée... Et c' est, précisément, à ce moment tragique, que les Français d' Algérie ont compris qu' ils étaient des « Pieds-Noirs », une "discrimination de circonstance" (que vous avez reprise), se dessinait en métropole, laissant poindre la trahison du Général De Gaulle... Si j' insiste sur ces deux points, c' est qu' il me semble, Monsieur A, que vous n' avez toujours pas compris (ou que vous ne voulez pas comprendre) pourquoi, vous avez été, avec vos compagnons, soldats métropolitains, aussi mal accueillis par certains Français d' Algérie... Durant cette période d' autodétermination, vous préférez "la jouer" en victimes innocentes "de passage" en Algérie. Et vous oubliez superbement de reconnaître, que ces Français d' Algérie se voyaient nettement trahis par la France et lourdement meurtris, notamment, par ces "gendarmes rouges" envoyés (eux aussi) de métropole leur faire entendre, par la force (tabassage et mitraillette), la "vraie raison gaullienne" (celle qui exclut le peuple principalement intéressé, lors du vote de l' avenir de sa Patrie).
Durant cette triste période d' abandon, de souffrances et d' incertitudes, ces « gens », je ne doute pas, ont eu certaines réactions verbales à cette trahison de la France... Et, malheureusement, certains militaires métropolitains du contingent pouvaient alors en ressentir le contrecoup parce qu' ils représentaient, aussi, le "bras armé" de cette trahison...
Elle était d' autant plus douloureuse et injuste (je l' ai rappelé, dans mon précédent message) que les familles de ces Français d' Algérie, de toutes confessions, avaient payé le lourd tribut de nombreux morts, dans les guerres de la France (notamment en métropole lors des deux dernières guerres: cf. document ci-joint)
La haine, que vous évoquez, Monsieur A, de certains Pieds-Noirs envers la France, cette haine-là est fille de la trahison française envers les Français d' Algérie. Elle n' existait pas avant ce lâche abandon décidé par De Gaulle... Sinon, croyez-vous que ces « gens de nationalités multiples » (dont certains n' avaient pas encore leur nationalité française, notamment en 1914) auraient accepté, sans révolte, d' aller risquer leur vie, en aussi grand nombre, sur tous les fronts où se trouvait engagée la France?... Non Monsieur Allard, ces Français-là, après chaque guerre, avaient bien mérité une très grande reconnaissance de leur Patrie libérée...
En résumé, comme vous le rappelez, dans votre dernier message: «Il n' y a pire aveugle que celui qui ne veut pas voir et pire sourd, celui qui ne veut entendre!... »
Il n' y a pas de querelle stérile lorsqu' on engage une discussion sur des faits historiques (souvent chiffrés): ce qui est stérile c' est de ne pas reconnaître les faits, de vouloir les faire oublier ou de les nier, ou tout simplement, de les truquer, comme vous l' avez fait, dans votre premier message en annonçant le chiffre de 500 000 morts métropolitains lors de la "guerre d' Algérie"?... Pourquoi ne pas reconnaître le vrai chiffre qui est nettement inférieur (ne reconnaissez-vous pas votre faute, dans votre dernier message?...) Vous n' acceptez pas les renseignements historiques reconnus, ce qui vous permet d' "orienter" certaines causes et certaines conséquences de l' Histoire (encore ce déterminisme marxiste-léniniste!...) Là se trouve, le plus certainement, « Cette détestable spécificité humaine » que vous dénoncez.
Quant à moi, contrairement à ce que vous alléguez, je n' ai aucune nostalgie: mais seulement le souci de rétablir la Vérité des faits historiques à propos de ma Patrie. Et ce n' est pas vous qui m' imposerez, aujourd' hui, le « sparadrap sur la bouche » que vous préconisez!...
Quant à votre proposition d' honorer tous ceux qui sont morts durant la guerre d' Algérie, je me demande si ce n' est pas vous le « naïf » (qualificatif que vous m' attribuez dans votre dernier message): en effet, souhaitez-vous honorer ces traîtres qui trahirent la France en portant les "valises du FLN"... ces valises contenant l' argent ''français'' qui servit à la fabrication des bombes posées dans des lieux publics des villes d' Algérie, cet argent qui arma les tueurs du FLN pour assassiner des centaines de Français, cet ''argent de la trahison'' du réseau Jeanson et des autres ''collaborateurs"?... Dans cette optique honteuse, pourquoi ne proposez-vous pas, dans la ''foulée'', d' honorer les miliciens français de la dernière guerre, ces traîtres fascistes, qui dénoncèrent et arrêtèrent de nombreux Français, résistants ou pas?...
En ce qui concerne cette immigration galopante qui vous inquiète, il faut se demander quelles en sont les causes...
Une majorité de Français, acquis à la propagande du ''visionnaire de l' Élysée", ont approuvé la politique de ''largage à tout prix du boulet algérien'' (faisant sacrifice de la vie de milliers de Français d' Algérie).
Se débarrasser, au plus vite, des problèmes de l' Algérie française, sans même se préoccuper des territoires du Sahara, qui ne faisaient pas, du tout, partie de la "Barbarie" initiale (territoires récupérés et mis en valeur par la France: Hassi-Messaoud et Hassi R' Mel!...) tel était le challenge! Le ''Grand Général" (que vous estimez) escomptait, sérieusement (il le disait à Alain Peyrefitte), que ce "largage" préserverait la France de cette immigration algérienne, qu' il craignait tant (souvenez-vous de « Colombey-les-Deux-Églises » et « Colombey-les Deux-mosquées!... »).
Mais ce que la plupart des Français métropolitains ne prirent pas en compte, dans ce funeste abandon, c' est que l' Algérie française avait créé de nombreux emplois. Grâce au développement d' entreprises, les Pieds-Noirs (« ces gens de toutes nationalités ») employaient, à tous les niveaux de compétence, une grande majorité de Français musulmans. Aussi, très peu de ceux-ci s' expatriaient en métropole (leur nombre était de 60 000 en moyenne juste avant l' indépendance, pour une population de Français musulmans de 9 millions).
A cette époque, l' économie de l' Algérie française de 1962 représentait un ''réservoir d' emplois'' suffisants pour constituer un véritable naturel, préservant la France de l' immigration galopante, que nous connaissons actuellement. Qu' en est-il aujourd' hui, lorsque nous savons qu' en 1989, il était déjà accordé 800 000 visas aux Algériens et que, présentement, cette immigration n' est pratiquement plus contrôlée, avec son flot, toujours croissant de clandestins?... (cf. ci-joint l' immigration algérienne en France).
Aussi, lorsque vous dites, avec un soupçon de triste ironie: « ... car selon toutes vraisemblances, dans quelques temps c' est bien une France algérienne et maghrébine qui pointe déjà sa triste figure à l' horizon », vous devez mesurer toutes les conséquences désastreuses de l' indépendance de l' Algérie ''larguée'' par la France.
Et, par ailleurs, vous devez prendre en compte, la "dégringolade" économique de notre pays, en grande partie provoquée par cette absence capitale des énormes potentialités, des pétroles et gaz du Sahara, dont notre pays était le légitime découvreur, maître d' ouvrage et financier, sur une terre qui n' appartenait pas à l' Algérie.
Sans ces erreurs politiques et économiques du général De Gaulle, la France n' en serait pas là!...
Et que dire, d' autres erreurs du gaullisme, comme le suicidaire "regroupement familial" permis aux immigrés, proposé par Monsieur Chirac, sous la présidence de Giscard d' Estaing et adopté?...
Voilà, Monsieur A, tout ce que votre prétention facile (le ''naïf" 'vous salue bien) ne vous permet pas d' appréhender... Vous n' apportez pas le moindres argument technique dans les deux échanges que nous avons eu.
En résumé, vous vous contentez d' affirmer, de juger des événements et « des gens » sans document historique, (la seule expérience de vos 22 mois passés en Algérie vous suffit pour juger définitivement de la conduite des Pieds-Noirs en Algérie: par le petit bout de la lorgnette! N' est-ce pas?...)
Et surtout, votre "assurance doctrinale" n' apporte rien de solide et de fiable au débat que vous avez voulu engager...
C' est pourquoi j' ai décidé de ne plus vous répondre.
Document 1:
Guerre de 1914: 9,7 % de la population des pieds-noirs se trouva mobilisée (dont un quart, encore composé d' étrangers, en attente de nationalité) et 2,6 % de la population musulmane.
Guerre de 1939: au début de la guerre, 92.000 Pieds-Noirs, soit 10,57 % de la population européenne (870 000 individus) et 123.000 musulmans, soit 1,86 % de la population musulmane.
Au total: durant la période de 1939-1945:
6.600 000 individus seront envoyés combattre en France.
Et le taux de mobilisation s' accrut, par la suite, à 16,4 % pour les pieds-noirs et 4,45 % pour les musulmans.
Il était alors de: 12,5 % en métropole) toujours d' après les statistiques du ministère des Armées.
Parmi les Pieds-Noirs de haut grade, ayant honorablement servi sous le drapeau français figurent, notamment, les maréchaux Franchet d' Esperey (victoire de la Marne et Saloniquc- 14/18) et Juin (campagne de Tunisie et d' Italie 39/45) ainsi que le général Jouhaud, entre autres…
Document 2:
Extrait de l' étude commanditée par la FEN et financée dans le cadre de l' agence d' objectifs de l' Institut de Recherches Economiques et Sociales (IRES) d' une équipe d' universitaires sous la direction de Jacques SIMON,
<< …L' afflux de cette main d' oeuvre est très avantageuse pour le patronat: réalisation d' un taux de profit élevé sans investissement de capital, possibilité d' expulser sans difficulté ces travailleurs quand la crise économique de 1929 gagne la France, maintien d' une aristocratie ouvrière française, acquise au réformisme. Elle permet aussi de ralentir l' exode rural , avec le maintien des paysans dans les campagnes permettant la domination des notables et de l' Eglise en province, des forces conservatrices dans les institutions, au Parlement et au Sénat. Mais l' emploi massif de la main d' oeuvre étrangère explique aussi le maintien d' un appareil de production vétuste, la structure d' un secteur industriel dominé par les petites et moyennes entreprises, l' importance de l' artisanat et le conservatisme des mentalités… >>
<< Quel est le dénominateur commun entre un commissaire de police, un diplomate du Quai d' Orsay et un clandestin algérien? Chacun, à son niveau, fait la politique de l' immigration en France. Le premier réprime, le deuxième analyse le phénomène et le troisième tente de survivre en exploitant les failles du système…
…Il existera en Algérie des zones grises d' immigration, avec des régions périphériques, des groupes terroristes qui vont encadrer ce flux et se servir en termes de recrues ". Le menace GSPC au Sahel est prise au sérieux et se nourrit des filières du " trabendo " et de l' immigration clandestine dont les clandestins sont des " proies faciles " dixit le Quai d' Orsay.
Kader n' a pourtant pas l' air d' une proie. Comme tous les clandestins algériens en France, il se sait quelque part " traqué " mais n' en fait pas une obsession. C' est dans un bar branché à La Bastille qu' on le rencontre.
L' endroit est grouillant de touristes, garantie de l' anonymat. On s' attend à voir un Algérien rasant les murs et habillé sobrement comme un passe-muraille. Pas le style de Kader. Tee-shirt Doce Guabana, blouson Chevignon, jean patte d' eph, petite chaîne où pend un crucifix en argent! Kader peut facilement passer pour un Italien ou un Grec: " si tu fais l' Arabe, c' est là où tu te fais prendre. Il faut être cool. Le seul papier que je trimbale sur moi, c' est la carte orange ". Kader, originaire d' Alger, ne semble pas vivre l' angoisse du clandestin: " ils sont bons l' USMA, cette année. Les Chenaoua ne vont rien gagner encore ", se désole ce supporter du Mouloudia d' Alger. Parlons papiers, Kader en a! Une carte d' identité française bidon achetée 300 euros lors de son arrivée, il y a 2 ans, un faux passeport belge qu' un copain lui a ramené de Londres, volé sur l' Eurostar et même une carte de sécurité sociale. Kader jongle avec les procédures. Il touche sous diverses identités le RMI, les Assedic et veut même toucher les allocations familiales: Sarkozy nous a coupé les vannes. C' est devenu dur de suivre la procédure légale. Il faut avoir des connaissances et même les vrais papiers sont devenus difficiles à acheter ", explique-t-il. De quoi vit-il? Avec Kader, il ne faut pas parler de vol mais de débrouille. Il a travaillé parfois sur des marchés de banlieues et " trafiquote " actuellement sur les portables haut standing qu' il revend à 50 euros pièce. Il en envoie une quinzaine par mois à Alger: " c' est devenu difficile. Les Français ne trouvent pas de boulot, alors encore moins les Algériens en règle. Mounir. B http://www.quotien-oran.com algerie-dz.com
<< … Les non-dits sur la circulation des hommes entre la France et l' Algérie - légalisée seulement en 1947 pour les musulmans - n' ont pas commencé avec l' indépendance, mais ils ont culminé à cette époque. Si les accords d' Evian de 1962 prévoyaient le maintien de la libre circulation entre les deux pays, l' émigration de travailleurs algériens vers l' ancienne métropole a atteint de tels sommets dans les premières années qui suivirent le divorce qu' elle s' est imposée dès cette époque, avec le gaz et le pétrole, parmi les principales données pesant sur les rapports entre les deux pays.
Si le nombre annuel de migrants musulmans algériens vers la France avait oscillé entre 40.000 et 80 000 pendant toute la durée du conflit, son terme fut marqué par un envol brutal: 180 000 en 1962, plus de 260 000 les deux années suivantes, jusqu' à 350 000 dans les années 1970.
Mais personne ne s' est jamais beaucoup penché sur le sens politique de cet énorme mouvement de population. La migration, de nature largement économique, ne marquait-elle pas aussi la défiance à l' égard d' un régime algérien de plus en plus autoritaire; ne reflétait-elle pas l' ambiguïté des sentiments des Algériens vis-à-vis de la France? Pourquoi des hommes qui s' étaient battus pour l' indépendance de leur pays choisissaient-ils massivement de construire leur avenir sur le territoire de leur ancien oppresseur?… Mais en instaurant des visas après la vague terroriste de 1986, la France s' est dotée d' un outil autrement plus efficace pour contrôler les allées et venues, révélant au passage leur intensité: en 1989, pas moins de 800 000 visas étaient accordés à des Algériens.
Aujourd' hui, alors que moins de 200 000 de ces documents sont délivrés par an, Nicolas Sarkozy laisse entendre que ce nombre considérable contribue à l' "accroissement de l' immigration illégale dans notre pays" (Le Monde du 18 janvier). Il part du constat que nombre de sans-papiers sont des Algériens qui sont restés en France au-delà de la validité de leur visa.
Entre-temps, il est vrai, la guerre civile algérienne a conduit la France à fermer ses consulats et à n' accorder des visas qu' au compte-gouttes (moins de 40 000 en 1996), au risque de compromettre la protection de personnes menacées. Les visas pour la France représentaient alors le salut pour les persécutés.
Aujourd' hui, le sauve-qui-peut a cessé en Algérie mais la force centrifuge demeure très forte, nourrie par la masse de jeunes chômeurs abreuvés d' images de la France grâce aux paraboles et aux contacts avec leurs cousins français.
Et le président Bouteflika, dans un élan de sincérité, peut reconnaître (sur Europe 1) que, en réclamant à tue-tête des visas, les jeunes Algériens expriment non seulement leur attirance pour la France, mais aussi le manque "de bonheur et de sérénité" en Algérie… >>
.
Article 19 de la Déclaration Universelle des Droits de l' Homme: "Tout individu a droit à la liberté d' opinion et d' expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d' expression que ce soit"
Retour à l' accueil
Création 08/2011 Précédentes mises à jour 09, 10, 11, 12/2011, 01, 02, 03 et 04/2012 Dernière mise à jour 05/2012