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From: joseph castano
Sent: Monday, March 22, 2010 10:28 PM
Subject: 26 MARS 1962...
Cette tragédie étant la conséquence du « siège de Bab-el-Oued » décrété par les autorités gaullistes, vous pouvez revoir cet article en cliquant sur: Lire la suite: http://popodoran.canalblog.com/archives/2010/02/19/16969539.html
Lundi 26 mars 1962. Un tract émanant de l’ OAS, à l’ instigation du Colonel Vaudrey, demandait à la population du Grand Alger de gagner, en une « manifestation de masse, pacifique et unanime, drapeaux en tête, sans aucune arme et sans cri, le périmètre du bouclage de Bab-El-Oued. »
« Non! Les Algérois ne laisseront pas mourir de faim les enfants de Bab-El-Oued. Ils s’ opposeront jusqu’ au bout à l’ oppression sanguinaire du pouvoir fasciste. »
Peu désireuse de voir les Algérois dans la rue, la Préfecture de police interdit la manifestation et pour appuyer cette décision, un important dispositif fut mis en place. Il était plus important et plus lourd au fur et à mesure qu' on se rapprochait de la "frontière de Bab-el-Oued". Avenue du 8 novembre, des chars de 30 tonnes braquaient leurs canons de 75 vers Bab-el-Oued et vers la place du Gouvernement.
De celle-ci au square Bresson, des half-tracks et des automitrailleuses avaient pris place, tourelles tournées vers les terrasses des immeubles et le centre de la ville. Bd Carnot on trouvait des C.R.S. Plus près de la Grande-Poste, des militaires de l' Infanterie et plus loin des Marsouins aux côtés desquels on voyait également des C.R.S. Rue Charles Péguy des camions militaires avaient été mis côte à côte, barrant la rue dans toute sa largeur.
Un pressentiment désagréable envahit cependant bon nombre d' Algérois. Si le Préfet, Vitalis Cros, avait vraiment voulu interdire la manifestation, pourquoi ne pas avoir, tout simplement instauré le couvre-feu? Pourquoi ne pas avoir informé la population des ordres d' ouverture du feu donnés aux forces de l' ordre? Il est probable que bon nombre de manifestants seraient restés chez eux ce jour là. Mais la manifestation devait se produire, on se contenta donc de l' interdire.
Le haut commandement militaire, pour des raisons qui ne seront jamais élucidées, avait désigné, en particulier, pour assurer le service d' ordre, le 4ème Régiment de Tirailleurs, composé en majeure partie de Musulmans, des appelés de surcroît. Ces hommes, fourbus, énervés, fébriles, agressifs à l' excès, avaient été « mis en condition » par le bouclage de Bab-el-Oued auquel ils avaient participé. Par ailleurs, ils avaient été enrôlés dans une armée qu' ils ne considéraient pas -ou qu' ils ne considéraient plus- comme la leur dès lors que le cessez-le-feu avait été proclamé et que l' indépendance était imminente. Ils se devaient, par conséquent, de donner des gages de fidélité et de bonne conduite à leurs futurs chefs et amorcer, au mieux, leur « reconversion » dans la future armée algérienne. La situation était idéale! Ainsi, le moindre incident, la plus minime provocation, pouvait faire craindre le pire et les autorités le savaient!
Cette unité, en l' absence étrange de son chef, le colonel Goubard, était commandée par le chef de bataillon Poupat qui avait reçu des ordres qui le firent sursauter: « Arrêter la manifestation par tous les moyens, au besoin par le feu! »
L' officier était ahuri. Un ordre d' une telle gravité ne pouvait être donné que par écrit... et il avait en mains la preuve de ce qu' on lui demandait de faire. Aussi, à son tour, il le transmit à ses commandants de compagnie en précisant toutefois de ne faire usage du feu qu' en cas de légitime défense.
Vers 14h45, la foule estimée à plusieurs milliers de personnes arriva aux abords de la rue d' Isly. Il y avait là des hommes de tous âges, des femmes, des enfants. On était venu en famille et comme pour le 13 mai, on avait sorti les drapeaux tricolores et les médailles que les pères et les grand-pères arboraient fièrement.
Là, les manifestants allaient buter sur un barrage de tirailleurs commandés par le lieutenant Ouchène. Ce fut l' offensive du charme chère aux Algérois... et qui avait si bien réussi jusque là...
On parlementa, on chercha à fléchir le jeune officier en lançant un appel au patriotisme. "J' ai des ordres pour ne pas vous laisser passer", répondit-il. Finalement, le lieutenant accepta de laisser passer une délégation avec un drapeau tricolore en tête. Mais la foule trépidante s' infiltra à travers cette brèche et rompant le barrage se répandit dans la rue d' Isly poursuivant sa marche vers le square Bresson.
Aussitôt un renfort de soldats fut envoyé par le commandant Poupat afin de créer un nouveau barrage. Il s' agissait de quatre sections aux ordres du capitaine Gilet qui, très vite, allaient entrer en contact avec les manifestants. Comme précédemment, l' offensive de charme fut lancée. Cependant, le lieutenant Ouchène, ayant appelé sa seconde ligne à la rescousse, réussit à reconstituer son barrage, à couper et à arrêter le cortège. Ainsi, ceux qui étaient passés, se retrouvaient bloqués; ils ne pouvaient plus ni avancer, ni reculer. Un sentiment de malaise envahit aussitôt quelques manifestants qui se voyaient enfermer comme dans un piège...
La tragédie se nouait.
Il était 14h50 à l' horloge de la Grande Poste. Soudain une rafale d' arme automatique dirigée sur la foule déchira l' air. Elle provenait d' un pistolet mitrailleur servi par un tirailleur situé à proximité du bar du Derby, sur le trottoir des numéros impairs de la rue d' Isly. Cela est une certitude! Ce fut le déclenchement de la fusillade généralisée. Aussitôt, les armes crachèrent le feu, la mort et répandirent la terreur. Rue d' Isly, rue Chanzy, rue Péguy, rue Alfred Lelluch, bd Carnot, ce fut une abominable boucherie.
Les premières victimes furent foudroyées dans le dos à bout portant, comme en témoigneront les brûlures constatées sur leur peau et leurs vêtements. C' était la confusion et la panique, la fuite générale et éperdue. Des gens se réfugiaient dans les entrées d' immeubles, d' autres se couchaient, certains, croyant être protégés dans l' entrée d' un magasin, s' y entassaient: quelques secondes plus tard, ils étaient tous touchés par une rafale. Les vitrines volaient en éclats entraînant d' horribles blessures. De partout, les tirailleurs musulmans, tout sang-froid perdu, les yeux fous, en transe, utilisant pour certains des balles explosives -comme le démontreront le type des blessures infligées- vidaient chargeur sur chargeur, parfois fusil mitrailleur à la hanche, sur le tourbillon humain qui s' agitait frénétiquement devant eux et qui, très vite, s' immobilisa sous les rafales, cherchant à se confondre avec le sol qui n' offrait le moindre abri.
Ca et là des corps sanguinolents s' amoncelaient. Des flaques de sang recouvraient l' asphalte et commençaient à courir le long des caniveaux. Chaque Européen était devenu proie, gibier.
Un enfant qui s' était accroché à un panneau publicitaire apposé à la façade de la Poste, s' écroula sur les marches, un mètre plus bas...
La tempête de fer et de feu faisait rage. Les armes de tous
calibres semaient la mort avec une joie féroce, dirigée
par des Français sur d’ autres Français. Des hommes
qui, déjà, se portaient au secours des victimes
étaient touchés à leur tour. Au fracas des armes
se confondaient les hurlements de peur et de douleur, les plaintes,
les râles et les prières de ceux qui demandaient
pitié. Mais de pitié il n' y en avait aucune chez ces
monstres là. C' était un spectacle horrible, inhumain.
Dans le tumulte des détonations, on percevait d' autres cris
de détresse:
« Halte au feu! Halte au feu! »
« Mon lieutenant, faites cesser le feu, je vous en prie!
»
Des gamins se réfugiaient en hurlant sous les voitures à l' arrêt, des femmes se serraient dans les coins des paliers, criant et pleurant, d' autres, comme sonnées, écarquillaient les yeux, effarées par ce qu' elles voyaient.
La grêle de mitraille arrachait en cette confusion les hurlements de ceux qui étaient atteints. La vie déchirée gémissait, se retirait, en aboutissant péniblement au silence suprême. Qui sait combien de temps cette tuerie durera encore? Cherchant un abri, un jeune adolescent en culottes courtes, courbé, la tête protégée entre ses bras, traversa la rue en courant. Une rafale lui zébra le corps. Le malheureux tomba en criant sa douleur. Son corps roula plusieurs fois sur l' asphalte rougi avant de s' immobiliser. Un soldat portant distinctement des bandes vertes sur son casque visait lentement, patiemment: 50 mètres plus loin, un pauvre vieux courait, trébucha, se redressa, se remit à courir... le coup partit... et ce fut fini!
POURQUOI? Assassin! Pourquoi?... Les gosses, les femmes, les vieux et même les hommes, quand ils sont désarmés ça ne peut se défendre. Dans le dictionnaire, y a-t-il un mot qui qualifie une action aussi abominable?
La foule subissait cette fusillade folle et, en dépit du vacarme assourdissant, on discernait clairement les flots de prières qui s' élevaient de cette arène sanglante, rendant plus tragique encore cette vision de cauchemar...
Au milieu de plaintes, de râles et de supplications, dans
une jouissance frénétique, les tortionnaires achevaient
les blessés. Le Professeur Pierre GOINARD de la faculté
de Médecine d' Alger, sommité algéroise,
témoignera:
- Une femme de 40 ans, blessée, couchée par terre,
bd Laferrière, se relève; un soldat musulman la tue d'
une rafale de P.M. Mat 49, à moins d' un mètre,
malgré l' intervention d' un officier.
- Un vieillard, rue d' Isly. Le soldat musulman lui crie "couche-toi
et tu ne te relèveras pas!" Et il l' abat...
- Deux femmes, blessées à terre, qui demandent
grâce ont été achevées à coups de
fusil-mitrailleur.
- Une femme, place de la Poste, blessée, gisait sur le dos. Un
soldat musulman l' achève d' une rafale. L' officier
présent abat le soldat.
- Un étudiant en médecine met un garrot à un
blessé. Au moment où il se relève avec le
blessé, il essuie une rafale de mitraillette.
- Un médecin a vu, de son appartement, achever pendant
plusieurs minutes les blessés qui essayaient de se
relever.
André BADIN, colonel Honoraire d' Infanterie et avocat
à la Cour d' Appel d' Alger, dira:
« J’ ai été blessé par la
première rafale et suis tombé à terre. Un couple
(mari et femme) a également été blessé
à côté de moi, et alors qu’ ils se trouvaient
tous les deux à terre, le mari a reçu une balle dans la
tête. J’ ai vu sa femme lui soulever la tête et lui dire
de lui répondre. Lorsque cette personne s' est rendu compte
que son mari était mort, elle a poussé des cris atroces
qui retentissent encore dans ma tête. »
Un civil, ancien de la première armée, cria en
direction du lieutenant Ouchène:
- C' est sur une foule désarmée que vous tirez et d'
où n' est venue aucune provocation. Arrêtez le feu, bon
sang!
Et le lieutenant de répondre:
- Je devais faire mon devoir; j' avais des ordres...
S' apercevant alors de l' épouvantable méprise, Ouchène et le capitaine Techer, des civils également, hurlèrent « Halte au feu! ». Mais une démence s' était emparée des tirailleurs, l' hystérie de tuer, la haine envers les Pieds-Noirs et, en cet instant, le rejet de la France.
« Arrêtez donc, calmez-vous! »
« Au nom de la France, halte au feu! »
En vain. Et soudain, le lieutenant Ouchène, que pressaient ou injuriaient les civils, fondit en larmes, à bout de nerfs...
Cette scène sera enregistrée par René Duval, envoyé spécial d' Europe n. 1.
Cependant, il n' y eut pas que les tirailleurs musulmans -dont la plupart avaient déjà peint leur casque en vert- qui firent preuve de sauvagerie. Les témoignages en ce sens sont formels: C.R.S. et gardes mobiles participèrent également à la tuerie, notamment, la CRS 147 qui barrait l' entrée du bd Baudin, la CRS 182 qui bloquait l' entrée de l' avenue de la Gare et la CRS12 qui occupait la rampe Chassériau.
Après avoir laissé passer une partie de la foule qui s' était avancée boulevard Baudin, les C.R.S. s' embusquèrent derrière leurs cars ou derrière des arbres. Sans provocation de quiconque ni tirs provenant des immeubles, ils ouvrirent brusquement le feu vers les rues Sadi Carnot, Clauzel et Richelieu et vers le bd Baudin, faisant d' innombrables victimes.
Une anecdote très caractéristique de la haine que
vouaient ces "policiers" à la population algéroise a
été rapportée par René LOUVIOT, Officier
de la légion d' honneur:
« A l' issue de la fusillade -à laquelle les C.R.S.
ont participé- ces derniers faisaient lever les bras aux
passants et les matraquaient sur le crâne à coups de
crosse ».
Il rapportera qu' un jeune garçon et deux jeunes filles, dont l' une portait un drapeau tricolore plein de sang et crêpé de noir se firent violemment insulter par ces fonctionnaires de police en ces termes: « Vous pouvez vous le mettre dans le cul votre drapeau tricolore… Va sucer les tétons de ta mère! »
« Des A.M.X. sont passées dans la rue Bertezène et, à la vue du drapeau taché de sang, les hommes ont fait un "bras d' honneur". »
Les gendarmes mobiles (rouges), ne furent pas en reste dans l' accomplissement de ce massacre. Ils ouvrirent -sans provocation aucune- le feu au tunnel des Facultés vers la rue Michelet et vers la rue d' Isly par l' enfilade de l' avenue Pasteur, de même de la terrasse du Gouvernement général vers les immeubles faisant face au Forum. Plus grave, après la fin de la fusillade, ils tirèrent sur les blessés et leurs sauveteurs se dirigeant vers la clinique Lavernhe dans l' avenue Pasteur, et longtemps après ils tuèrent Monsieur Zelphati qui avait cru –le danger passé- pouvoir s' approcher de sa fenêtre, devant son frère, sa femme, et son petit garçon.
Enfin la fusillade se tut, remplacée aussitôt par la ronde infernale des hélicoptères et le hululement des sirènes des ambulances.
Sur les lieux du carnage, le spectacle était abominable, insoutenable, inhumain. Des corps d' hommes, de femmes, d'enfants, de vieillards jonchaient les trottoirs et la chaussée, se tordaient de douleur dans des mares de sang. Plaintes et râles s' élevaient, insoutenables, dans cette rue brûlée par un soleil fou et qui avait pris le visage de l' épouvante.
Le sol était jonché de morceaux de verre, de chaussures de femmes, de foulards, de vêtements, de débris de toutes sortes... et de centaines et de centaines de douilles. Un vague nuage de fumée et de poussière s' étendait au-dessus des maisons. L' ombre de la mort planait sur Alger. Les blessés appelaient, les survivants étaient blêmes, hébétés, traumatisés à jamais.
Les secours s' organisaient. On chargeait les blessés dans les ambulances, on réservait les morts pour les camions militaires. De l' un d' eux, non bâché, on apercevait avec horreur des corps sanguinolents, des corps empilés qu' on conduisait à la morgue, des corps qui ne demandaient qu' à rester français et à continuer de vivre dans le pays de leur enfance.
Adossé contre un platane, un homme dépoitraillé se tenait le ventre, du sang entre ses doigts, maculant son pantalon. Près du corps d' une jeune femme sans vie, une petite fille pleurait. Un peu plus loin, une jeune fille de dix-sept ans environ avait pris une rafale en pleine poitrine. Adossée à un mur, elle baignait dans son sang.
Les plaies des victimes atteintes par les balles explosives étaient impressionnantes, effroyables et provoquaient d' atroces douleurs.
Monique FERRANDIS, gravement blessée ce jour là,
témoignera sur le pouvoir de destruction de ce type de
munition.
« J’ ai senti une brûlure atroce dans la fesse gauche,
une brûlure qui s’ est irradiée dans mon ventre et m’ a
fait énormément souffrir immédiatement. J’ avais
le bassin pris dans un étau… lourd, avec une brûlure. J’
ai appris plus tard que c’ était une balle explosive. J' ai d'
ailleurs toujours des éclats dans le bassin. J' ai
rampé à plat ventre pour me mettre à l' abri.
Une seconde balle m' a fait exploser le pied droit. La balle est
rentrée sous le pied et, en répercutant par terre, elle
a fait exploser le pied qui n' était plus que de la charpie,
une bouillie atroce. »
Durant quatre heures, les chirurgiens opérèrent Monique
Ferrandis. Depuis ce jour funeste où sa sœur Annie-France fut
également atteinte d’ une balle dans le ventre et où sa
troisième sœur, Renée, perdit la vie, tout n’ a
été que souffrance, soins et opérations…
A l' issue de l' intervention chirurgicale, la jeune fille (qui n’
avait pas 20 ans) demanda qu’ on lui remette les balles qui avaient
été extraites. On lui répondit qu’ elles avaient
été aussitôt saisies par les enquêteurs. Il
ne fallait qu' aucune trace de ce monstrueux forfait ne subsiste…
Sur les lieux du carnage, ceux qui n’ avaient pas fuit l’ apocalypse, contemplaient avec tristesse et colère le résultat de ce génocide et prirent alors conscience de l’ horrible réalité. C' en était fini de leur invulnérabilité, protégés qu' ils étaient par les vertus de l' amour. Ah! Tout était fini! Oui, tout était bien fini! Il n' y avait plus d' Algérie, il n' y avait plus de France, il n' y avait plus rien… que cette odeur fade de la mort qui vous prenait à la gorge.
De longs filaments de sang à demi coagulé teignaient ça et là la chaussée. Une femme hurlait, trépignait sur place. Une autre exsangue, trempait un drapeau tricolore dans une flaque de sang. Des soldats progressaient en colonne le long de la rue d' Isly. Alors elle leur cria: « Pourquoi, pourquoi?… Pourquoi avez-vous fait ça? » Puis elle éclata en sanglots.
Chez « Claverie », une boutique de lingerie féminine située face à l' immeuble de la Warner Bros, rue d' Isly, on dégagea deux cadavres qui avaient basculé dans la vitrine parmi les mannequins hachés par les rafales. Dans le magasin « Prénatal », d’ autres victimes, poursuivies et abattues à bout portant, gisaient auprès des landaus et des poucettes renversés.
Dans un immeuble de bureaux où des dizaines de personnes
hagardes, traumatisées s' étaient
réfugiées, une jeune fille morte avait
été amenée là par son père.
Entouré de son autre fille, de son fils et d' un groupe de
gamins, il tenait son enfant dans les bras, et parlait sans cesse, ne
s' adressant qu' à sa fille morte: « Ma petite
chérie! Ma petite chérie! Ils ne t’ emmèneront
pas à la morgue. Je te le jure. Je les tuerai tous
plutôt. Je te défendrai. Ils ne te toucheront pas! Je
vais t’ emmener à la maison, je te le promets, tu seras
enterrée dans un grand drapeau. Comme un héros. Tu es
morte pour la Patrie, tu as droit à un drapeau… Ils ne
pourront pas m' en empêcher ». C' était
insoutenable.
Cette jeune fille, Michèle Torres, âgée de 20 ans
s' était rendue avec son père, sa sœur, son
frère, ses cousins et une quinzaine d' autres jeunes à
la manifestation dans le but de fléchir les autorités
et d' obtenir la levée du siège de Bab-el-Oued. Agneau
innocent, elle fut sacrifiée à la folie des hommes et
à leur barbarie.
L' hôpital Mustapha où les chirurgiens opéraient sans relâche des centaines de blessés fut pris d' assaut par la population. On voulait savoir si des parents ou des amis se trouvaient parmi les victimes. A la salle des premiers soins, au milieu des flaques de sang, c' était un défilé incessant de blessés qu' on soutenait ou de brancardiers qui ramenaient vers la morgue des cadavres qu' on n' avait même pas le temps de recouvrir d' un drap.
On s' interpellait en pleurant, des femmes tombaient en syncope. Un jeune homme s' écroula dans la foule, on le souleva, son pantalon ensanglanté, il avait une balle dans la cuisse et il ne s' en était pas aperçu.
Le plasma commençait à manquer. C' est alors que la solidarité prit corps. Les Algérois, retroussant leur manche, se pressèrent dans la grande salle des soins. Et, de bras à bras, le sang des rescapés coula dans celui des blessés.
Dans le grand couloir qui menait à la morgue, c' était la macabre procession. Les visages trahissaient le chagrin, les mains tremblaient et se tordaient. Le flot de ceux qui s' y rendaient inquiets, tendus, fébriles, et la cohorte lente et désespérée de ceux qui revenaient: des femmes, des hommes, des enfants, des vieux, pliés en deux par la douleur.
Les morts étaient là, disloqués, les yeux encore ouverts dans leur stupeur. Il y avait beaucoup de femmes jeunes, de celles qui, hier encore, faisaient la beauté et le charme de la ville blanche. Des visages étaient recouverts d' un linge. C' étaient ceux qui avaient eu la tête fracassée par un projectile. En quittant ce lieu sinistre, ceux qui avaient vu ce spectacle ignoble et bouleversant savaient que seule la mort désormais les libérerait de l' horrible vision…
La nuit tomba sur la ville comme un linceul de mort. Pour ses habitants, c' était l'heure des prières, des lamentations, des pleurs, du désespoir, de la douleur et de la haine… plus forte que jamais. Ils ne parvenaient pas à oublier le vacarme terrifiant de la fusillade, ni les cris déchirants, ni les appels de détresse, ni le hululement sinistre des sirènes et il leur semblait que la ville gémissait, meurtrie de tous les amours passés sur elle, tandis que des vols d' oiseaux nocturnes, noirs, aux longs becs et aux griffes acérées, palpitaient dans la lueur ouatée du ciel.
José CASTANO
e-mail: joseph.castano0508@orange.fr
Le mois prochain: 26 Mars 1962… Enquête sur une tragédie
Témoignages inédits, sites et vidéos complèteront cette enquête
- FR3, région PACA évoque le 19 Mars et le 26 Mars 1962. Enfin! Une télé qui décrit la vérité historique! Pour prendre connaissance de cette émission, cliquez sur: Lire la suite http://popodoran.canalblog.com/archives/2010/03/21/17315662.html
- Témoignage 26 mars 1962 – cliquez sur: http://www.miages-djebels.org/spip.php?article34
Association des familles des victimes du 26 mars 1962:
e-mail: isly26mars@wanadoo.fr
Ses Sites:
http://pagesperso-orange.fr/isly/
Vidéos sur la tragédie:
http://www.youtube.com/watch?v=YNfzTjQfrlE&feature=related
http://www.youtube.com/user/isly26mars
http://www.youtube.com/watch?v=xsbhsjioy8E
http://www.dailymotion.com/video/x5c27e_fusillade-du-26-mars-1962-le-massac_news
http://www.youtube.com/user/71257
http://anfanomanationale.free.fr/actualite.php
http://www.clan-r.org/portail/Commemoration-du-26-mars-1962-Arc


La mémoire qui saigne, avec la participation exceptionnelle de Robert Castel.
Le blocus de Bab-el-Oued, La fusillade du 26 mars, Le massacre des Harkis, Le martyre d' Oran, Les disparus du 5 juillet.
Une évocation historique retracée par JEAN-PAX MEFRET mise en scène par RAPHAËL DELPARD illustration musicale de SAUVEUR NALLIA
27 mars - 14H30 - Casino - Aix en Provence - Entrée libre-
Ayez une pensée aujourd’ hui pour le Colonel Jean Bastien-Thiry, fusillé le 11 mars 1963 à 35 ans en pleine Foi et pour la France.
Le lundi 11 mars, alors que ses deux compagnons bénéficiaient de la grâce présidentielle, le colonel Bastien-Thiry était fusillé au fort d’ Ivry.
Il assista avec une grande ferveur à la messe de l’ aumônier et communia en brisant en deux l’ hostie que lui tendait le prêtre, lui demandant d’ en remettre la moitié à son épouse.
Il marcha ensuite au poteau, en égrenant son chapelet, le visage calme et serein, même joyeux. Avant la salve, il ne cria pas “ Vive la France! ” mais pria pour elle et pour ceux qui allaient le tuer.
Au retour, son avocat déclara bouleversé: « Bastien-Thiry a vécu pour Dieu, pour sa patrie: il est mort au service de Dieu et de sa patrie. C’ est désormais un martyr. »
- Charly CASSAN, journaliste, originaire de Cherchell, prépare un film sur le cinquantenaire de l’ exode des Français d’Algérie. Visitez son site: http://reportage34.skyrock.com/
Pour tous documents que vous souhaiteriez lui transmettre, prenez contact avec lui: e-mail: reportage34@yahoo.fr
- La prime au crime et à la trahison: L’ affaire Djamila Amrane-Minne. Comment une terroriste criminelle du FLN, ayant du sang sur les mains, a-t-elle pu poursuivre une carrière universitaire en France sans être inquiétée? Cliquez sur: http://www.libertyvox.com/article.php?id=426
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Pour revoir tous les articles de José CASTANO, cliquer sur: - Mes Articles - http://popodoran.canalblog.com/archives/2009/01/13/12079978.html
Ses ouvrages, cliquez sur: -Ma Bibliographie – http://popodoran.canalblog.com/archives/2009/10/02/15287331.html
Ses conférences, cliquez sur: - Mes Conférences - http://popodoran.canalblog.com/archives/2009/03/05/12836141.html
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From: joseph castano
Sent: Sunday, April 18, 2010 11:03 PM
Subject: 26 MARS 1962… (II)
Vous pouvez revoir l’ article sur le massacre de la rue d’ Isly en cliquant sur: Lire la suite: http://popodoran.canalblog.com/archives/2010/03/24/17339991.html
« Je consens que mon frère soit mort; c’ est la loi commune. Ce qui me révolte, c’ est l’ arrogance de ses assassins » (Christopher Marlowe – poète – « Edouard II »)
Au soir de cette journée meurtrière, le Ministre de l' Intérieur, Roger Frey, téléphona au Préfet Vitalis Cros et lui dit:
« Faites le maximum pour que la stricte vérité soit connue. Tout m’ a été expliqué: l’ Elysée est au courant et puisqu’ il n’ y avait pas moyen de faire autrement, soyez en paix, dites le à vos collaborateurs. » S' enorgueillant de cet encouragement, le zélé préfet s' adressa à la population bouleversée: « Les commandos de l’ OAS ont tiré, non seulement sur le service d’ ordre, mais sur les manifestants. Force est restée à la loi! »
Le lendemain, Fouchet -au mufle de primate- renchérira: « La cause de l’ OAS est archi perdue. Il faut faire confiance à la France! »
Pour sa part, de Gaulle parlera de « l’ émeute d’ une foule algéroise furieuse de l’ arrestation de Jouhaud et qui ne put être dispersée que par le feu meurtrier des troupes. »
(Dans la soirée du 25 mars, le Général Jouhaud fut arrêté à Oran ainsi que le Commandant Camelin. La veille, déjà, le Lieutenant de Vaisseau Guillaume avait connu le même sort à Tlemcen.)
Que d' infamies dans ces déclarations!…
Moins de 24 h après le drame, le 27 mars, le bureau de
Presse du Général commandant supérieur des
forces armées en Algérie (Ailleret) rendait
–déjà- publics les premiers résultats de l'
enquête sur les circonstances exactes de « l' ouverture du
feu.». Cette enquête qui puait le canular
établissait que:
- Vers 14h30 un capitaine d' un régiment de tirailleurs
remontant la rampe Bugeaud pour établir un barrage rue d'
Isly, subit dans le dos le feu d' armes individuelles provenant
à la fois de manifestants et des immeubles situés rue
d' Isly, rue Lelluch et bd Bugeaud. Trois tirailleurs sont
blessés. La compagnie de tirailleurs riposte.
- Vers 14h50, le régiment d' infanterie tenant les
facultés et la rue Michelet subit le feu d' armes automatiques
provenant d' immeubles de la rue Michelet, de la rue Charras, de l'
av Pasteur et de la rue Berthezène.
- 14h55, le groupement de C.R.S. stationné près de l'
immeuble Maurétania subit un tir de pistolet mitrailleur
effectué par six individus (dont une femme) cachés dans
la foule, puis le feu d' armes individuelles provenant du
Maurétania et des immeubles environnants. Un C.R.S. est
tué, trois autres sont blessés. Les C.R.S.
ripostent.
- Vers 15h10, le groupement des gendarmes mobiles placés
autour de la Délégation générale subit
des tirs provenant de la caserne des douanes, des immeubles du bd
Lafferrière et de la rue Berthezène.
Ce document appelle un certain nombre d' observations.
Outre que le principe même des faits dont il participe est en contradiction avec les innombrables témoignages recueillis, il offre dans le détail certaines invraisemblances.
* Comment, par exemple, est-il possible que des tirs d' armes automatiques provenant de la rue Charras puissent aboutir rue Michelet ou sur les Facultés? Seul un véritable miracle de balistique peut l' expliquer.
* Comment aussi six individus (dont une femme) (il y avait des milliers de personnes dans les rues!) peuvent-ils être décomptés si facilement et avec une pareille précision? Comment, à eux six à la fois, peuvent-ils servir un seul pistolet mitrailleur? Ce mystère demeurera entier.
* Comment, moins de 24 h après les faits, a-t-on pu obtenir les résultats d' une enquête aussi complexe? N' avait-elle pas été préparée à l' avance?
Il n’ y eut aucun coup de feu, contrairement à la première affirmation, avant 14h50, heure précise du déclenchement de la fusillade par les tirailleurs.
La presse officielle de l’ époque a fait état d' un mort et de 14 blessés dans les rangs des forces de l' ordre. Or, le seul mort militaire l' a été par un officier ayant abattu un tirailleur qui avait, sous ses yeux, achevé, à terre, une femme blessée. Les militaires blessés, le furent entre eux (balles perdues). Il n' y eut jamais le moindre tué parmi les C.R.S!
Enfin, il a souvent été affirmé officiellement que la fusillade avait été provoquée par des tirs d' armes automatiques ou individuelles provenant de terrasses d' immeubles. Lors de débats à l' Assemble Nationale, le 14 avril 1962, le Ministre des Armées fut interpellé sur ce point (question n. 14942). Puisqu' il avait été reconnu et prouvé que toutes les terrasses des immeubles avoisinant les lieux des sanglantes fusillades du 26 mars étaient occupées par des éléments du maintien de l' ordre, il lui était demandé quels étaient les effectifs exacts des forces de l' ordre chargées de la surveillance des dites terrasses.
Le Journal Officiel de la République française du 3 mai 1962 publia à la page 842 la réponse suivante: « Il n’ est pas d’ usage de rendre publics les effectifs exacts engagés dans telle ou telle opération précise ressortissant au maintien de l’ ordre. »
Il fut donc établi que les terrasses d' où seraient partis les tirs de provocation (soi-disant de l' OAS) allégués pour expliquer le massacre, étaient occupées par des éléments du service d' ordre en nombre indéterminé.
Onze mois après les faits, lors du procès du Colonel Bastien-Thiry (attentat du Petit-Clamart), le chef de corps du 4ème RTA, le colonel Goubard, bien qu' absent lors de la tragédie, affirmera qu’ une rafale était partie d’ une terrasse d’ un immeuble de la rue d’ Isly, fauchant deux manifestants. En même temps, une autre rafale était tirée du deuxième étage de l’ immeuble sis au coin de la rue d’ Isly et du boulevard Pasteur amenant les tirailleurs à ouvrir le feu en direction des étages… et sur la foule en proie à la panique. Cependant, ce qu' il se gardera bien de dire à la barre, c' est que quelques jours avant le 26 mars, l' arrivée d' un hélicoptère venant d' Alger fut annoncée à Berrouaghia, où était stationné le régiment. Le colonel Goubard vint personnellement accueillir le général Ailleret. Cette visite du général commandant en chef avait lieu en l' absence du général commandant le Corps d' Armée et du général commandant la Zone... ce qui était anormal. Aucune note de service ne l' avait annoncée. Les deux hommes s' entretinrent, seul à seul, sans autre témoin, durant une heure environ. Quelques jours après, un élément du 4ème R.T.A, rappelé du bled environnant où il se trouvait, partait pour Alger en mission de maintien de l' ordre…
Pour la petite histoire, le Colonel Goubard sera nommé général et commandera l’ Ecole de Guerre. Sublime récompense!
Mais à qui donc pouvait profiter ce génocide si ce n' était précisément au pouvoir et par là même à De Gaulle lui-même? Par-là il apportait la preuve qu' il ne faiblirait pas et ferait accomplir par tous les moyens les accords d' Evian. De plus, il rendait désormais inopérante l' arme maîtresse des Pieds-Noirs: les manifestations monstres et les opérations de charme qui leur avaient toujours réussi jusque là, capables à elles seules de faire basculer l' armée.
En réalité, la vérité sur cette tragique journée fut vite étouffée par le gouvernement. Celui-ci avait eu beau rejeter la responsabilité sur l' OAS, il y avait eu trop de témoins, et en particulier de journalistes étrangers qui, dans l' ensemble, contredirent d' une façon catégorique ces allégations. C' est ainsi que deux mois plus tard, après une enquête minutieuse, un livre blanc fut publié sur ce drame. Dès sa sortie, le pouvoir gaulliste en interdit sa diffusion. Se savait-il coupable de ce massacre? Craignait-il la réaction de ses électeurs, pourtant saturés, amorphes et d' une indifférence tellement ingrate?
Tous les témoignages, y compris ceux des journalistes présents, font état de l' angoisse des militaires (notamment Européens) et des chefs de barrages qui n’ avaient de cesse de supplier les manifestants de ne pas passer: « Nous avons ordre de tirer! » imploraient-ils la foule. « Partez! », criait un sergent, rue Michelet, à une dame qui, depuis lors, ne cesse de le remercier dans ses prières de lui avoir sauvé la vie ainsi qu' à son mari et ses fils. Elle l’ avait écouté car le doute ne lui semblait plus permis… « Nous avons des ordres de ne pas vous laisser passer! » lança le lieutenant Ouchène à un petit groupe de jeunes gens qui comptera un tué parmi eux. « Partez! » répétait inlassablement le sergent avec, désormais, des sanglots dans la voix. Quant aux CRS et gardes mobiles, leurs ordres étaient identiques: ils devaient tirer sur la foule… Dans le documentaire de Christophe Weber, le sergent interrogé confirme: « Oui, nous avons reçu l' ordre de tirer! ». Un ancien Delta des commandos de l’ OAS rapporte, d’ autre part, la mise en garde de son chef, le lieutenant Roger Degueldre, sur une imminente provocation! Ce dernier ne fut pas écouté…
D’ autre part, les témoignages se rapportant à l’ attitude des soldats musulmans seront, également, unanimes: Ils paraissaient visiblement nerveux, blêmes et menaçants, le canon de leurs armes systématiquement pointé sur la foule, le doigt crispé sur la détente. Ils échangeaient en permanence des propos en arabe indiquant nettement qu' ils allaient tirer. Les manifestants, placés au plus près de la troupe, seront formels: La première rafale d’ arme automatique dirigée sur la foule provenait d' un pistolet mitrailleur servi par un tirailleur situé à proximité du bar du Derby, sur le trottoir des numéros impairs de la rue d' Isly.
Le colonel des Affaires musulmanes, en retraite, Emile DUZER, témoignera: « Il devenait évident que ces hommes, ayant l’ allure et le parler des bergers primitifs de la montagne algérienne, allaient tirer. Soudain, l’ un d’ eux dit en arabe: « Allez! Tirez sur les chrétiens! » et un autre: « On nous a dit: Tirez sur les chrétiens! » J' ai crié aussitôt: « Ils veulent tirer! Sauvez-vous! »
D’ autres témoins plus éloignés (il y avait plusieurs milliers de personnes) affirmeront que les premiers tirs provenaient du 2ème étage d’ un immeuble de la rue d’ Isly. Mais, dès lors que ceux-ci étaient occupés par le service d’ ordre, qui, hors de ces derniers aurait pu tirer? Par ailleurs, si cela avait été le fait de l’ OAS, les tirs, logiquement, auraient été dirigés vers le service d’ ordre et non vers les manifestants… Au procès de Bastien-Thiry, on a également évoqué le rôle qu’ auraient vraisemblablement joué les barbouzes qui, en toute tranquillité, couverts par le service d’ ordre, auraient occupé les étages…
Joseph Hattab Pacha, alors Maire de la Casbah d' Alger et Conseiller général, s' adressa aux tirailleurs après leur forfait: - Pourquoi avez-vous tiré sur une foule pacifique et désarmée? Nous sommes tous des frères! Tous des Français!
La réponse se fit cinglante: - Nous ne sommes pas Français! Nous sommes la future armée algérienne!
Ainsi, contrairement aux allégations des « hommes du Pouvoir », ce fut à un massacre abominablement prémédité que fut conviée, ce 26 mars 1962, la foule algéroise.
Aucune enquête officielle ne fut jamais effectuée; aucune commission d' enquête ne vit jamais le jour. Sitôt la fusillade terminée, comme le soulignèrent les journalistes Christophe Weber et René Duval, d’ Europe n. 1, les preuves furent arrachées des mains des photographes et des cameramen. Dans les jours qui suivirent, les forces de l’ ordre surveillèrent ces lieux maudits dans le but d’ empêcher les Algérois de prendre des photos ou en confisquant les appareils. L' enquête judiciaire sur commission rogatoire demandée par le juge Charbonnier ne fut jamais rendue publique, détournée au profit du procureur général militaire Jonquère et les archives militaires ne s' ouvriront jamais. Il s' agit bien, là, d' une enquête bâclée et tenue secrète…
Et pour donner plus de poids à cette machiavélique collusion, la presse française se garda bien de faire état de cette monstrueuse préméditation et, dans son ensemble, rapporta l' événement avec une certaine rigueur. Seul le journal « L’ Aurore » se signala par son courage et sa fidélité mais dut se plier aux exigences rigoureuses de la censure…
Ce sera à travers la presse étrangère qu’ il faudra se tourner pour bénéficier d’ une plus « ample » information.
- Du « New York Herald Tribune », on pouvait lire ceci: « Il y a du sang français sur le drapeau tricolore. Des Français ont utilisé leur drapeau comme linceul. Les vivants trempaient leurs drapeaux dans le sang des morts. »
- Du « Daily Express »: « … Dans la porte d’ une boutique, deux hommes se réfugièrent, brandissant un drapeau français. Cela ne les sauva point. Un soldat les tua tous les deux, à cinq mètres de distance. »
- Du « Daily Herald »: “… Une rangée de soldats musulmans et européens a ouvert le feu dans le dos de la foule.”
- Du « New York Times », Henry Tanner écrivit: “On a vu les soldats tirer à bout portent dans la foule avec des armes automatiques. Les militaires installés sur les trottoirs ont également ouvert le feu. Quelques-uns des soldats ont vidé des chargeurs entiers. D’ autres épuisaient le magasin de leur mitraillette et le réapprovisionnaient encore. On vit un officier arracher des mains d’ un soldat la bande de cartouches qu’ il s’ apprêtait à engager. … Ce fut la journée la plus sanglante qu’ Alger ait connu en sept ans de guerre et sept jours de « cessez-le-feu. »
- Quant à John Wallis, du « Daily Telegraph », il écrivit: « Personne ne semble avoir su qui a tiré. Une chose est sûre: c’ est que le premier coup de feu n’ est pas venu des manifestants. Les soldats ont ouvert le feu sur la foule placée à quelques mètres devant eux. Certains se retournèrent et mitraillèrent dans le dos des manifestants qui les avaient dépassés. »
- Les envoyés du « Figaro » écriront le 27 mars: « Des flaques de sang coagulés forment presque une nappe depuis l’ angle de la rue Pasteur et de la rue d’ Isly jusqu’ à la Grande Poste. Le trottoir devant le Crédit Foncier d’ Algérie est rouge sur une dizaine de mètres et la façade de la banque est pleine de sang jusqu’ à hauteur d’ hommes. »
- Yves Courrière qu’ on peut pourtant classer parmi les anti-OAS notoires écrira plus tard: « Cette journée devait voir se produire l’ inimaginable. Le massacre d’ une population désarmée. Le comble de l’ horreur. »
Mais où étaient donc les articles tonitruants de « l’ Humanité », « l’ Express », « Témoignage Chrétien » et tant d' autres, toujours prêts à porter secours aux faibles, aux opprimés et à s' élever contre le « despotisme »? Pourquoi ce soudain silence de la part de Mauriac, de Sartre et de Jules Roy qui s' étaient découverts, en d' autres temps, une vocation de chantre de race opprimée?
Et qu' elle aurait été la réaction de la presse française et de la population dans son ensemble si, dans les chaudes journées de mai 1968, on avait appris que les chars et l' aviation étaient intervenus au Quartier Latin, que le service d' ordre avait ouvert le feu dans le dos des manifestants faisant 80 morts et 200 blessés, qu' on avait tiré sur des gens à terre, sur ceux qui levaient les bras et qu' on avait achevé les blessés, qu' on avait tiré sur ceux qui les secouraient, les médecins, les brancardiers, les ambulances et les véhicules de pompiers? On fut, sans conteste, plus discret pour Bab-el-Oued et la rue d' Isly comme on le fut pour toutes les autres situations où il s' agissait de victimes Pieds-Noirs.
José CASTANO
e-mail: joseph.castano0508@orange.fr
« La première loi de l’ histoire est de ne pas oser mentir; la seconde, de ne pas craindre d’ exprimer la vérité » (Léon XIII)
Amis lecteurs, je m’ adresse à vous. Cliquez sur: PRESENTATION http://popoducap.canalblog.com/archives/2010/04/07/17504793.html

Il avait été envoyé de Métropole en
Algérie avant les Accords d’ Evian de mars 1962, puis
ignoblement enlevé par le FLN dans Maison-Carrée
(dépt d’ Alger), le 21 avril 1962. Miraculeusement
évadé, il put retrouver sa famille.
Nous venons hélas d’ apprendre le décès
à l’ âge de 68 ans (RIVAROL du 9 avril 2010)
de ce malheureux soldat français, devenu esclave en 1962 –
1963 de l’ Algérie indépendante, comme beaucoup d’
autres compatriotes, dans un silence politico médiatique
pratiquement absolu.
Cette affaire qui déshonore les autorités civiles et
militaires de l’ époque avait été
révélé dès le 19 novembre 1963 par le
Sénateur DAILLY, puis largement diffusé en avril 1986
dans le livre « Disparus en Algérie – 3.000
Français en possibilité de survie-» (pages 94
et 109) du Capitaine Marc-Louis LECLAIR, Secrétaire
Général de « l’ Association pour la Sauvegarde
des Familles et Enfants de Disparus » (ASFED), alors
Présidée par le Colonel de BLIGNIERE.
En Annexes avait été publiés environ 2.400
noms de Français disparus en Algérie, sans trace
constatée de décès.
L’ odyssée de ce jeune militaire de 20 ans, enlevé
à Alger en juillet 1962. Il raconte son calvaire sur:
http://notrejournal.info/journal/Disparition-d-Andre-AUSSIGNAC#forum18564
e-mail:
kir@notrejournal.info /
e-mail:
postmaster@notrejournal.info
- Charly CASSAN, journaliste, réalisateur, originaire de Cherchell, prépare un film sur le cinquantenaire de l’ exode des Français d’ Algérie. Son but: Rétablir la Vérité historique Visitez son site: http://reportage34.skyrock.com/
Pour tous documents que vous souhaiteriez lui transmettre, prenez contact avec lui: e-mail: reportage34@yahoo.fr
Notre ami, Armand BELVISI, grand défenseur de l’ Algérie française, est l’ auteur d’ un excellent album « Les sacrifiés de l’ île de Ré » qui retrace à travers de nombreux clichés la vie, au jour le jour, des détenus de l’ Algérie française. Participez à cette œuvre de mémoire et de solidarité en adressant vos commandes à: Armand BELVISI – Ullys-press – 7/9, rue des Ponts – 78290 CROISSY SUR SEINE – Prix: 45 euros, franco de port.
e-mail: belarm@noos.fr
Un projet de film sur le rétablissement de la vérité historique
Faites un film! C’ est par l’ image que vous arriverez à vous faire entendre. Les livres ne suffisent pas car les gens lisent peu. Un exemple en la matière devrait nous interpeller: Le choc médiatique qu’ a produit le film "Indigènes" de Rachid Bouchareb. Voilà la solution! Alors, afin de rétablir la Vérité Historique sur l' Algérie Française: Faisons un film!
Face aux mensonges qui nous stigmatisent, face à l' interprétation orientée et affabulatrice de notre histoire, face à la tyrannie médiatique, resserrons nos rangs et œuvrons de concert au rétablissement de la vérité historique. Il s’ agit de notre mémoire… de vie ou de mort. « Un peuple sans mémoire est un peuple sans avenir » a dit Jean-Paul II.
Nous avons connu les rires, les larmes et le sang; l’héroïsme de nos pionniers et de nos soldats; l’ Honneur et le respect de la parole donnée; le sacrifice jusqu' au don de sa vie… la résistance d’ un peuple qui ne voulait pas mourir. Tout cela doit être dit et vu et l’ image nous y aidera. Ensemble nous mènerons à bien ce projet; je compte sur vous. Michel XIMENES
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e-mail: ximenes.michel@neuf.fr
- Un enfant de harki condamné à deux ans de prison pour avoir défendu l’ honneur de sa communauté. Cliquez:
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Afghanistan: un légionnaire tué en Kapisa

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