Réfutation II

 

Informations financières et politiques sur Le Pilori et ses annexes

----- Original Message -----
From:

 

Réfutation

"L' Espérance du Cardinal" ou l' Espérance trahie.

Réfutation du tome 2 (1)

Par Jacques Camredon.

Sommaire:

Prologue

Le poids des mots, le choc de la photo

La paille et la poutre

L' Église et le monde

Contradiction ou reddition?

L' Église toujours accusée

Le centralisme de l' Église

Dérisoire réforme page

Une bordée d' erreurs

Collégialité

L' Église, sa nature

Des saints de néon

Gandhi

Martin Luther King

Luther

L' intégrisme

Intermède historique sur l' anglicanisme

Passim quelques mises au point

Vérité religieuse

Les croisades

Les bons athées

L' Église, une gérontocratie

Les vieux et le petit garçon

L' Église et la pauvreté

Saint François sollicité

Une abjection: récit d' un lavement des pieds

Deux autres signes de richesse & de pouvoir

La Tiare

La Cappa Magna

Le Christ, l' Église & la pauvreté

La richesse de l' Église

La pauvreté vraie

La pauvreté & la trahison

Épilogue page

Complot?

Pour conclure

 

" Si quelques erreurs se glissent dans cet ouvrage, c' est à moi seul qu' il faut les attribuer; si, au contraire, la vérité s' y trouve convenablement exposée, j' en suis redevable à Dieu seul, l' auteur de tous les dons. " (" La vraie Religion " Saint Augustin Chapitre IX p.81)

 

Rien n' est plus trompeur que l' intitulé du Tome 2 des entretiens du Cardinal et de l' auteur qui signe, Olivier Le Gendre. Plus encore que le Tome 1 ("Confession d' un cardinal"), c' est une véritable anthologie de griefs et un cortège de reproches, contre l' Église, qui se succèdent tout le long des 315 pages du libelle, sans l' ombre d' un début d' Espérance théologale (2). Dès le titre nous voici donc plongés dans la duperie.

Ce Tome 2, moins construit, plus foisonnant est aussi plus malaisé à mettre en procès car il déborde d' accusations éparses qu' il faut tenter de regrouper en grands thèmes pour en faire l' analyse systématique. Sont amoncelés des faits (faussés), des opinions (toujours négatives), des évènements historiques (captieux) sans souci de synthèse. Il conviendra, par nécessité d' être efficace dans la réponse, de s' efforcer de rapprocher des éléments épars en les soumettant à des sujets communs plus généraux.

Ce second tome paraît donc moins organisé que le premier où des thèmes importants faisaient l' objet d' une construction suivie et développée amplement avec leur unité logique. Chaque chapitre du premier tome constituait, en quelque sorte, un réquisitoire structuré sur un sujet concret traité pleinement. Ici la thématique est éclatée, avec des reprises éparses tout au long du livre, si bien que pour unifier et clarifier la réfutation il faut fouiller au fil des pages afin de réunifier les sujets.

J' ignore si cela constitue un parti pris délibéré de l' auteur ou la conséquence d' un défaut de méthode dû à l' épuisement et donc la redite des griefs après la lourde charge du premier tome.

La vérité est cependant que le résultat est redoutable car le surgissement soudain, à l' improviste, d' accusations déjà portées puis leur retour récurrent à plusieurs encablures de distance, avec un caractère réitéré, mais sous une autre forme, produit un effet de sidération, de charme, de suggestion qui convoie -par la force de la répétitivité- une forme d' accablement et de persuasion clandestine.

La méthode de la dispersion tente enfin d' éviter l' écueil d' une thèse élaborée et doctrinaire qui présenterait le risque de rebuter, par son caractère académique, certains lecteurs. Le foisonnement d' anecdotes et de jugements disséminés évite de tomber dans le bloc compact doctoral.

Tout cela sent bien, néanmoins, la construction en vue d' une finalité évidente: la remise en question de l' Église sous mille prétextes qu' il faut donc sonder, démasquer et critiquer.

Deux traits m' ont frappé dans ce second livre:

µ Olivier Le Gendre y occupe une place éminente, éclipsant l' Éminence, exposant plus volontiers son opinion, intervenant plus souvent et de façon plus détaillée, poussant toujours dans le sens le plus subversif; il est, ici, l' agent actif des sujets débattus. En un sens, il dévoile son rôle de protagoniste opératif de cette charge parfois frénétique contre l' institution, l' histoire et la doctrine morale de l' Église. Le Cardinal s' efface, demeure un protagoniste secondaire; il ne reste de lui que le rictus fugitif, comme celui du chat du Cheshire dans Alice au pays des merveilles dont on voyait encore le sourire après que lui-même eût disparu.

µ Au terme du livre, cependant, son identité n' est toujours pas connue. On est, il faut l' avouer, interloqué par cette gaminerie inutile, ce jeu de cache souris qui n' ajoute rien au débat. Le texte est dépourvu des (faux) indices du premier tome destinés à aiguiser la curiosité du lecteur… et à l' égarer. Nous ne saurons donc toujours pas QUI est cet anonyme mais prolixe et acerbe prélat (surtout dans le premier tome); au demeurant quelle importance? le personnage s' estompe, la critique reste, c' est elle qu' il faut critiquer.

Cependant, les deux observations que j' ai relevées m' induisent à souligner un aspect capital de l' affaire: j' en dirai plus loin mon point de vue.

Le poids des mots, le choc de la photo.

" Notre raison nous dira pourquoi l' aviron, si droit qu' il soit, paraît brisé dans l' eau, et pourquoi l' œil doit ainsi l' apercevoir… Il est donc manifeste que, autant la vie des sens l' emporte sur la matière, autant la raison s' élève au-dessus de toutes les deux. " St Augustin (" La vraie religion " C.XXIX).

" Il est de droit naturel de défendre l' Église, même dans les choses qui ne sont pas obligatoires " St Vincent de Paul (lettre du 25 juin 1648)

Avec O. Le Gendre, ça commence très fort!

Car c' est avec un procédé de perfide journaliste de propagande qu' on entre, en fanfare si j' ose dire et de plain pied, dans l' image choc qui prétend, comme un prisme optique interposé, nous imposer une grille de lecture pour toute la suite: dès la page 31 nous sommes en effet confrontés au rapprochement scélérat d' une photo du Time avec les réfectoires d' enfants malades. Un procédé émotionnel de vulgaire Paris Match dont les " unes " sensationnelles font toujours la réputation de bas magazine people et démagogue.

O. Le Gendre rapporte donc un cliché " s' étalant sur trois colonnes " présentant au Vatican " une table dressée… Une grande nappe blanche, aux plis subtilement disposés (3)… quatre verres, une assiette ronde de grand diamètre en riche porcelaine, une large serviette blanche, trois fourchettes, deux couteaux… des sièges recouverts de velours marron, le fauteuil du pape avec accoudoirs et plus haut dossier… en arrière plan, des marches de marbre et un mur richement décoré… trois cardinaux en soutane aux parements et aux trente-trois boutons pourpres… Une table de princes (4)."(p.31 & 32).

Description adroite, à finalité ravageuse par accumulation de précisions neutres par elles mêmes mais qui portent, ensemble réunies, l' idée de faste et de luxe déplacé. Page 229, Le Gendre repasse une nouvelle fois les plats -si j' ose dire- en parlant de " table princière du pape " (5).

Donc, " entre cette scène de luxe et celle des réfectoires des enfants malades et des personnes avec handicap pour illustrer l' idéal chrétien, je n' aurais guère d' hésitation " et il conclut " j' ai changé de camp (6). C' est à vous [cardinal] que je le dois ".

Cette image va constituer pendant tout le second livre la grille de lecture déformante qui va trahir les faits relatifs à la vie de l' Église; elle reviendra, sous-jacente, dans toutes les accusations contre la richesse, synonyme et compagne du pouvoir de l' institution catholique. (p.185-186-209-213-229-231).

La description vétilleuse, énumérative, entassant les images symboles -ou prétendues telles (7)- veut imposer l' idée de RICHESSE à travers des épithètes connotés à obtenir cet effet. Et forcer de la sorte l' opposition avec la déréliction juxtaposée délibérément afin de créer l' effet repoussoir désiré, facile, fabriqué.

Comble de la mauvaise foi et du rapprochement manichéen visuel qui condamne automatiquement et moralement l'un des termes, choisi pour cela même, pour être discrédité, déshonoré, flétri donc disqualifié.

Procédé facile qui produit inexorablement son effet, mépriser l' un et le délégitimer pour sa superbe qui côtoie le faible.

Le caractère outré et artificiel de la superposition simultanée de deux images contradictoires, leur voisinage, engendre le sentiment de scandale, de faute morale, de dureté de cœur; rien n' est plus délibéré, voulu, calculé, tactique de base de journaliste éprouvé qui suscite l' indignation par l' opposition de deux situations antinomiques contigües.

Et pourtant image et procédé sont radicalement fallacieux et trompeurs car le cliché d' une table dressée, fut-elle somptueuse ne veut strictement RIEN dire: tout le monde sait l' immense pauvreté, charité et dévouement aux miséreux jusqu' à l' exténuation de Saint Vincent de Paul, aumônier général des galères, fondateur des Gardes des pauvres en 1633, des Filles de la Charité, de l' hôpital des Enfants Trouvés, de l' hospice pour personnes âgées qui deviendra l' Hôpital de la Salpêtrière. C' est grâce à la riche Mme de Gondi qu' il pourra fonder la Congrégation de la mission. Puis il sera confesseur de la Régente Anne d' Autriche après avoir assisté dans ses derniers moments l' agonie du Roi Louis XIII qui mourut dans ses bras. C' est dire si, pauvre parmi les pauvres, Vincent de Paul fréquenta les puissants- sans y perdre son âme, ni renoncer à sa pauvreté-. Si un paparazzi d' alors, muni d' une caméra avait saisi un dîner mondain avec le Saint à la table des Grands, nul doute qu' un Le Gendre d' alors (8) n' eût pointé les larges assiettes, les couverts d' argent, les marbres et les fauteuils de velours, les chandeliers rutilants, les vêtements de gloire etc.… De ses fréquentations, St Vincent en fut-il moins brûlant de charité, perdit-il sa sainte pauvreté, fut-il vaincu par la vanité et l' orgueil?

La réponse est connue; elle condamne le faux procès du faux prophète, Savonarole de notre temps: " méfiez vous des opinions éthérées, elles côtoient souvent les mœurs les plus ténébreuses " (Montaigne).

L' auteur ne s' est même pas posé la question de l' authenticité du cliché publié, illustrant l' article du Time sur la situation de l' Église. Nous avons pourtant été suffisamment témoin de procédés de désinformation, de mensonges délibérés, de montages sans vergogne, d' images truquées ou de faux rapprochements indus auxquels le journalisme nous a accoutumés.

Donnez-moi une image forte quelconque, accolée à une situation quelconque opposée, je vous émeus et vous indigne à coup sûr. La méthode est infaillible, mais malhonnête et artificieuse.

Mais au-delà de cette possible éventualité du trucage grossier, la question qui voulait être dramatiquement posée pour ébranler la confiance des fidèles catholiques est celle de la richesse de l' Église quand tant de pauvres subsistent dans le monde.

La question ainsi posée est-elle originale? Elle l' est au même titre que sont immémoriales les hérésies et les prétentions de réformes de l' Église.

Est-elle nouvelle? Elle est nouvelle comme la révolte, comme le péché, comme la contestation, comme l' éternelle imperfection de l' homme créé.

C' est dès l' Antiquité, tout au long de Moyen Âge, durant la Réforme luthérienne et jusqu' à nos jours que la question de la richesse de l' Église fut agitée comme agent de désagrégation du catholicisme et de contestation de l' Église du Christ. Ce fut toujours une des principales objections, car démagogique et explosive, contre l' Institution divine de l' Église, vieille comme l' Église même, consubstantielle à son être, connaturelle à sa constitution humaine.

O. Le Gendre, à travers une table dressée, n' a vu que la somptueuse richesse, sans s' interroger, au-delà des apparences matérielles de la magnificence, sur l' état d' esprit et d' âme des acteurs de la scène. Car la richesse ni l' ascétisme ne sont dans les objets extérieurs qui peuvent n' être que faux semblants, mais dans les dispositions spirituelles intérieures qui seules comptent et que Dieu pèse, Lui seul. A ce titre, notre auteur commet donc aussi une grande faute car il juge sur les apparences mondaines pour en inférer une faute morale. C' est une grande marque de Pharisien tout à l' affût de la façade. Notre Seigneur n' a-t-il pas Lui-même, en quelque sorte, justifié cette table splendide quand il nous a dit: " Mais toi, lorsque tu jeûnes, parfume ta tête, et lave ton visage afin de ne pas faire voir aux hommes que tu jeûnes, mais à ton Père, qui est présent dans le secret; et ton Père qui voit dans le secret, te le rendra. " (Matthieu 6:17,18) Comme nous en avertit St Augustin (citation ci-dessus), M. Le Gendre voit le bâton comme brisé dans l' eau par la réfraction et ne va pas au delà par la raison et par la foi en l' Église. En cela il est très coupable.

La paille et la poutre.

Pourtant il eût dû se souvenir de sa propre expérience personnelle vécue avec le même cardinal et rapportée dans son premier tome: voici nos deux convives soupant dans un restaurant romain dont la description rejoint en tous points le luxe décrié chez le Pape: " hauteur de plafond impressionnante, les murs sont chargés de moulures, et les plafonds sont peints de fresques où des angelots joufflus à la chair exagérément rose se contorsionnent dans des décors champêtres " (page 32 tome 1). Cependant " je m' étais retrouvé avec une triste aile de poulet rôti, servi sous une sauce épaisse et figée, accompagnée de pommes de terre sautées un peu mollespauvreté de la cuisine (9). " Donc, d' une part le luxe apparent et de l' autre un régime misérable.

Le Gendre s' est il posé la question une seconde de savoir si ce qu' il voyait dans le Time et qui le révulsait tant n' était pas que l' apparat cachant la vraie frugalité reconnue par tous chez notre Pape? (10) Mais pour lui, comme toujours, l' explication pie ne vaut jamais pour l' Église; carence d' Espérance, de confiance et de sens catholique marquent sans cesse tous ses préjugés.

Pire encore: quand on se targue de juger il faut être exempt du délit reproché aux autres. M. Le Gendre se souvient-il encore de son second dîner avec le cardinal? (pages 67 & 68 du premier tome). En guise de luxe et de sobriété, nous assistons ici, dans un célèbre et goûteux restaurant taverne typiquement romain à un repas peu continent: " Nous en étions à choisir notre repas. Il [le cardinal] hésitait entre les crostini et des gamberetti radicchio, puis entre une escalope milanaise et des spaghetti alla vongole. Je lui recommandais de choisir comme moi les gamberetti, lui faisant valoir que ces petites crevettes se mariaient agréablement avec le radicchio, variété de chicorée rouge, coupée en fines lamelles et assaisonnée au citron. Puis, je lui imposais quasiment les spaghetti, lui assurant que les vongole, sorte de petits clams, étaient toujours très frais ici et que la sauce pimentée au basilic leur donnait le caractère qui leur manquait à l' état naturel. J' étais un habitué de l' Antica Taverna… Nos crevettes arrivèrent assez rapidement: larges assiettes (11) où le rose des crevettes jurait nettement avec le violet de la chicorée. Sur le plan du goût, en revanche, le mariage était parfait." (12)

Enfin, je propose aux lecteurs de savourer la lecture des pages 160 et 161 du 2e tome lui-même, qui anéantissent à leur tour le mauvais procès fait à la table du Pape par un juge pris en flagrant délit de riche table:

" Je m' étais en effet rappelé que mon cardinal, à l' époque où il résidait à Rome, avait été emmené plusieurs fois par des amis dans cet endroit chaleureux…et coûteux. Nous nous assîmes dans un coin isolé de la première salle, lui sur une banquette, moi sur une chaise. Il commanda une apple pie et un thé Earl Grey qu' il demanda accompagné de lait, seule fausse note dans notre connivence de l' après midi. J' optais pour un Tarry Souchong, très fumé, en me gardant bien d' en dénaturer le goût et le parfum par du sucre ou du lait, et je complétais la commande par une tarte au citron. Décidément, me dis-je avec ma mauvaise foi coutumière, il n' y a que nous, Français, pour savoir comment on doit boire le thé. " Quand on pourfend la richesse des autres, on évite d' étaler la sienne.

On le voit, O. Le Gendre déteste chez les autres ce qu' il autorise chez lui. C' est la parabole de la paille et la poutre qui le juge.

Tout le monde comprend que la déplorable image de l' Église que veut donner l' auteur dès l' entrée en matière constitue le motif dont tout le livre ne va constituer que la suite des variations. On en a évalué le ton, le fond et l' amère saveur, cela fait déjà pressentir ce que sera la suite. En effet, la côtelette suffit pour prévoir l' exécrable goût du chameau.

La richesse reprochée à l' Église sera donc la principale question à traiter puisque c' est par elle, à travers une association d' images choquantes, que s' ouvre en force " l' espérance du cardinal ". C' est aussi ce thème récurrent qui court, serpente, s' impose tout au long du livre par allusions ou anecdotes ou illustrations sur les thèmes de la Cappa Magna, de la Tiare, des rituels liturgiques, de l' épisode, falsifié, de la visite de St François d' Assise à Innocent III (qui seront traités tour à tour).

La richesse de l' Église et sa légitimité feront donc l' objet du chapitre final car, on l' a compris avec le choc voulu de la photo du Time, c' est cette question de la richesse qui sert de levier émotionnel forgé pour légitimer le réquisitoire implacable du livre.

Auparavant il faudra aborder des questions accessoires mais liées comme les relations avec le monde, l' organisation de l' Église en relation avec sa mission, sa prétendue centralisation mortelle et sa soi-disant gérontocratie, l' intégrisme, la faction organisée dont l' intrigue au sein de l' Église vise à la changer (13)!

L' Église et le monde.

Evangile St Matthieu 18:7 " Malheur au monde à cause des scandales! "

Evangile St Jean 14:16. " Et moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Consolateur, pour qu' il demeure toujours avec vous;
14:17. C' est l' Esprit de vérité, que le monde ne peut recevoir, parce qu' il ne le voit point et ne le connaît point…
14:27. Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix; je ne la donne pas comme la donne le monde.
14:30. Je ne m' entretiendrai plus guère avec vous, car le Prince de ce monde vient et il n' a rien en moi. "
15:18. " Si le monde vous hait, sachez qu' il m' a haï le premier.
15:19. Si vous étiez du monde, le monde aimerait ce qui lui appartiendrait en propre. Mais parce que vous n' êtes pas du monde, et que je vous ai choisis du milieu du monde, à cause de cela, le monde vous hait. "
16:20. " En vérité, en vérité, je vous le dis, vous pleurerez et vous vous lamenterez, tandis que le monde se réjouira. "
16:33. " Je vous ai dit ces choses, afin que vous ayez la paix en moi. Vous avez des tribulations dans le monde, mais prenez confiance, j' ai vaincu le monde. "
17:9. " … Je ne prie pas pour le monde, mais pour ceux que vous m' avez donnés; parce qu' ils sont à vous. "
17:14. " Je leur ai donné votre parole, et le monde les a haïs, parce qu' ils ne sont pas du monde, comme moi-même je ne suis pas du monde.
15. Je ne vous demande pas de les ôter du monde, mais de les garder du mal.
16. Ils ne sont pas du monde, comme moi-même je ne suis pas du monde. "

Epître St Paul 1 Cor 1:20 " … Dieu n' a-t-il pas convaincu de folie la sagesse du monde? "
1:27 " Mais ce que le monde tient pour insensé, c' est ce que Dieu a choisi pour confondre les sages; et ce que le monde tient pour rien, c' est ce que Dieu a choisi pour confondre les forts "
2:12 " Pour nous, nous avons reçu non l' esprit du monde, mais l' Esprit qui vient de Dieu, afin que nous connaissions les choses que Dieu nous a données par sa grâce.
19 En effet, la sagesse de ce monde est folie devant Dieu "
11:32 " Mais le Seigneur nous juge et nous châtie, afin que nous ne soyons pas condamnés avec ce monde. "

Epître 1 Jean 2: 16 " Car tout ce qui est dans le monde, la concupiscence de la chair, la concupiscence des yeux, et l' orgueil de la vie, ne vient point du Père, mais du monde.
5:19 Nous savons que nous sommes de Dieu et que le monde entier est plongé dans le mal. "

Le climat qu' on respire dans notre société n' est pas salubre, il est pollué par une mentalité qui n' est pas chrétienne, ni même humaine, parce qu' elle est dominée par des intérêts économiques, préoccupée seulement des choses terrestres et manquant d' une dimension spirituelle. Dans ce climat, nous marginalisons non seulement Dieu, mais aussi notre prochain, et nous ne nous engageons pas pour le bien commun. (Benoît XVI discours prononcé devant les habitants de Serra San Bruno le 9/10/2011)

On le constate, les Apôtres, les Évangélistes, rapportant la doctrine de Sauveur en personne, accumulent les propos qui décrivent l' antagonisme radical de l' Église et du monde. J' ai pourtant abrégé les citations, innombrables, du Nouveau Testament sur ce thème.

Entendons-nous bien, ce qui est dénoncé sous le vocable " le monde " est le système formé par l' ensemble des doctrines, religions, philosophies, pratiques, mœurs, législations, gloires et rites qui séparent l' homme de Dieu (14), nient ou tripotent le surnaturel, exaltent l' homme humain, naturalisé (15), ne recherchent que le plaisir des sens et se révoltent contre toute autorité légitime au nom d' une liberté affranchie de toute règle. Ce " monde " là, le Christ Sauveur nous en a prévenus abondamment, il est l' ennemi du Salut. Et son prince en est le Démon.

En contrepartie, Jésus est bien venu pour " sauver le monde ", c' est-à-dire tous les pécheurs que nous sommes, il est venu repêcher tous les hommes, les appeler à la conversion et à la grâce, par les sacrements qu' il institua pour la dispenser et dont il confia la clé à son Église catholique. Non, hélas, que tous les hommes fussent sauvés, mais tous sont appelés et le prix payé pour leur salut, infini, suffit à TOUT racheter; il suffit de le vouloir. (16) Mais il faut le vouloir, et tous ne le veulent pas. (17)

C' est cette doctrine, catholique, qui fut toujours enseignée depuis les temps apostoliques.

Lisons ce qu' en disent l' auteur et l' anonyme cardinal.

" …Ceux qui jugent que l' Église est en retard sur son temps " p. 64

" …être plus en phase avec ce qui se vit réellement " p. 66

" …c' est la manière d' exprimer de façon audible par nos contemporains la Vérité avec un grand V qui constitue la priorité " p. 134

" Je crois que le gouvernement de l' Église aurait beaucoup à gagner s' il se mettait à suivre cette attitude: prendre le temps d' une pensée flottante, ouverte à ce que lui dit la société " p. 146

" Je me souviens d' une conversation avec vous, Éminence. Vous m' aviez dit que la place de l' Église est d' être à genoux aux pieds du monde et non pas de siéger sur un trône de puissance. " (18) p. 226

C' est bien d' un renversement de la foi qu' il s' agit puisqu' ici, le monde enseigne et l' Église est enseignée. Avec les mots stéréotypés habituels mille fois répétés par les militants de cette cause qui culbutent l' ordre surnaturel des choses nous retrouvons l' antique, le vieux, le revenant naturalisme de toujours, modernisme éculé, hydre renaissante car toujours ranimée par " celui qui nie " (19).

Nouveauté? Plutôt vieillerie récidivante, résurgence de Lamennais, de modernisme et de Père Congar (20): il faut détacher l' Église du monde chrétien, des conceptions médiévales de la religion et de la société que les grandes révolutions de notre âge ont dépassées. (21)

Ils veulent rattraper le retard sur leur temps, être en phase, ouverts à ce que dit la société?

Aveugles! Sourds! Les voici les signes du monde, toujours tels que Saint Paul les montre, inchangés, stables dans leur sédition, appelant Bien, le Mal, et Mal, le Bien:

" remplis de toute espèce d' iniquité, de malice, de fornication, de cupidité, de méchanceté, pleins d' envie, de pensées homicides, de querelle, de fraude, de malignité, semeurs de faux bruits, calomniateurs, haïs de Dieu, arrogants, hautains, fanfarons, ingénieux au mal, rebelles à leurs parents, sans intelligence, sans loyauté, implacables, sans affection, sans pitié.

Et bien qu' ils connaissent le jugement de Dieu déclarant dignes de mort ceux qui commettent de telles choses, non seulement ils les font, mais encore ils approuvent ceux qui les font. " Épître aux Romains 1:29 à 32.

Être en phase avec le monde tel qu' il est c' est capituler sur la vérité, sur les vertus chrétiennes, c' est dissoudre l' Église pour la noyer dans le magma mondain. Si vous voulez satisfaire le monde, lui complaire, le flatter, le caresser, il n' exige qu' une petite concession, un petit rien, un détail, une vétille.

Il ne veut plus que vous lui parliez de la CROIX.

A ce prix il vous accordera TOUT: honneurs, gloire, applaudissements, places et pouvoirs; il vous ouvrira même en grand ses lupanars et ses palais et vous entrerez gratis, repus.

Vous AUREZ tout, vous ne SEREZ plus rien.

" Ils ont écrit sur les frontons de leurs Temples: ici on est mieux nourri qu' en face, et ils s' étonnent de recueillir des ventres à la place des cerveaux " Bernanos.

Le monde veut votre Être en échange de son Avoir. Échange perfide et illusoire car la Croix reste, pendant que le Monde roule.

Sommes-nous disposés à cette reddition aussi vaine que couteuse. Car elle nous coûte la vie éternelle et ne rapporte qu' un éphémère plaisir: " Volupté, fantôme élastique " (Baudelaire).

" Une âme vaut plus que le monde entier: elle vaut le sang d'un Dieu, elle est d' un prix infini; et tous les jours on donne son âme pour la moindre chose du monde! Ne soyez pas de ces insensés. " Père de Dreux OFM (" Méditations ascétiques ").

Saint Augustin dit des Princes des prêtres du Sanhédrin qui condamna Notre Seigneur: " Ils voulurent garder leur puissance et ne pensèrent point à la vie éternelle, et ils perdirent ainsi l' une et l' autre ".

S' agenouiller aux " pieds du monde "? Mais c' est l' ultime tentation satanique du désert que Jésus réfuta catégoriquement:

St LUC 4:5 " Et l' ayant élevé, le diable lui montra en un instant tous les royaumes de la terre,

6 et le diable lui dit: " Je vous donnerai toute cette puissance avec leur gloire, car elle m' a été remise et je la donne à qui je veux.

7 Si donc vous vous prosternez devant moi, elle sera toute à vous. "

8 Jésus répondant lui dit: " Il est écrit: Tu adoreras le Seigneur, ton Dieu, et tu ne serviras que lui seul. " St Matthieu ajoute: " Alors le diable le laissa, et voilà que des anges s' approchèrent pour le servir " (4:11). C' est quand ils refusent l' hommage au monde que Dieu réconforte les siens. Retenons cette leçon.

Lors du Lavement des pieds, Jésus ne s' est pas agenouillé aux pieds du monde, il s' est agenouillé devant ses Apôtres et eux se prosternaient devant LUI.

Une pensée flottante? Quelle pensée digne de ce nom peut se satisfaire de l' instabilité, de l' irrésolution ainsi proposées; la pensée est faite pour conclure dans la vérité et s' enraciner, ferme, dans la certitude. La foi n' est pas indécise, garantie par sa source divine de l' assurance de ne pas errer. Une pensée flottante, mouvante, indéterminée, errante, " dans le vent ": ambition stupide de la feuille morte d' automne!

" Comment penser avec des concepts mous et incertains? " (22)

L' opposé de la pensée flottante? Jésus Christ: " Que votre oui soit oui, que votre non soit non. Tout le reste vient du Démon " St Matthieu 5:37.

Être à genoux aux pieds du monde? Idolâtrique inversion déjà proposée au Christ Seigneur par le Prince de ce monde lors des quarante jours au désert. La réponse du Fils de Dieu, terrible pour les adorateurs du monde, suffit: " Retire-toi, Satan; car il est écrit: Tu adoreras le Seigneur ton Dieu, et tu Le serviras Lui seul." St Matthieu 4:10.

La leçon finale de cette apostasie refusée est démonstrative et exemplaire: " Alors le diable le laissa " (St Matthieu 4:11). Seule une conviction ferme remporte la victoire. Le seul moyen de triompher de la tentation? Ne RIEN lui concéder. (23)

L' agenouillement aux pieds fourchus du monde est la plus grande impiété actuelle, c' est l' érection du mondialisme (en tant qu' adoration du monde, manifestée par la prosternation ) comme religion panthéiste de l' ordre naturel sur-naturalisé pendant qu' on naturalise l' ordre surnaturel. Cette confusion eschatologique des deux ordres manifeste la confusion mentale de l' humanité déchue. C' est le retour à la tentation originelle du jardin d' Eden où il est promis à l' homme " vous serez comme des dieux ", la Rechute. C' est le contrepied du précepte de St Paul en Philippiens 2:10 " afin qu' au nom de Jésus tout genou fléchisse dans les cieux, sur la terre et dans les enfers ". C' est enfin la contradiction avec la recommandation du pape Benoît XVI: " Pour réaliser sa mission, l´ Eglise doit prendre continuellement ses distances par rapport à son milieu, elle doit, pour ainsi dire, se démondaniser L' Église doit toujours de nouveau faire l' effort de se détacher de la mondanité du monde ". (Discours de Fribourg devant les catholiques allemands 25 septembre 2011). (25)

Le Christ n' est pas venu pour servir le monde mais pour le sauver.

Comment l' Église pourrait-elle remplir sa mission d' évangélisation, répondre à l' injonction finale du Seigneur " Allez, enseignez toutes les nations… " si, semblable à lui et diluée dans le monde, imprégnée dans son être des antivaleurs de celui-ci elle ne lui tendait que le miroir de sa propre image? Pour enseigner il faut, c' est le bon sens, apporter une doctrine distincte, autre, en quelque sorte étrangère et nouvelle, inattendue, fascinante, roborative, intelligible et digne d' amour; une doctrine DIVINE, à l' opposé de ce qu' est substantiellement le monde.

En convoyant le mondialisme, l' œil fixé sur une chimère (26), Le Gendre renverse l' ordre des choses, mettant en haut ce qui est en bas et en bas ce qui est en haut. Cela se nomme une révolution quand le seul vrai besoin est la conversion.

Vous voulez réformer l' Église, réformez votre âme, avec la sainteté tout vous sera donné de surcroît: À la bienheureuse Mère Térésa il fut demandé un jour de dire quelle était, selon elle, la première chose à changer dans l' Église. Sa réponse fut: vous et moi!

" Alors Jésus parla aux foules et à ses disciples, en disant …Vous n' avez qu' un seul maître, le Christ " (St Matthieu 23:1, 2,10)

Contradiction ou reddition?

Comment ne pas déceler dans cette servilité consternante (27) envers le monde soit une contradiction étrange, soit une connivence politique ou idéologique honteuse, camouflée.

Rappelons-nous, dans le premier tome, les propos acerbes et critiques du cardinal contre la (supposée) connivence de l' Église envers le monde sous Constantin empereur puis ses successeurs et envers les monarchies et institutions d' alors (28). Il écartait donc, en ces temps, toute idée de pactiser avec le monde. Bien que ce monde, au moins partiellement et intentionnellement, mais imparfaitement, fût de constitution chrétienne. On l'appelait d' ailleurs assez justement la Chrétienté.

Oh! Tout n' y était pas si parfait, ni souvent si chrétien mais on le savait et on était lucide sur les imperfections et les écarts.

On n' avait pas la superbe, l' arrogance, la suffisance des temps modernes à l' utopie et l' autoglorification ravageuses. Et quelques vices qu' on eût ils demeuraient personnels, l' affaire de chaque âme. Aujourd' hui la société impose son DROIT vicieux, légifère contre les commandements, répand le poison de la luxure, de l' impudicité, de la violence morale et physique, de la corruption, de l' injustice, glorifie le laid, l' informe, le dénaturé. Expose le répugnant, prime le dégoûtant et l' abominable. Rembourse le crime et condamne l' objecteur. Subventionne le blasphème et élève l' impur aux plus hautes chaires. Justifie la guerre par le prétexte humanitaire -la pire des impostures- et dépouille le pauvre au nom de l' efficacité économique -la pire des hypocrisies-.

Et c' est ce monde là qu' il faudrait vénérer?

Quel renversement de vapeur, si je puis dire.

Alors, Contradiction?

Je ne le crois pas; je penche plutôt pour le choix éclairé, instruit, délibéré; choix idéologique et politique pour une certaine forme de société, société qui attire l' Église vers sa décomposition par osmose avec elle. Mariage de l' eau et du feu, absorption de l' une dans l' autre (au détriment de l' Église bien sûr). Phagocytose terminale de type maçonnique: la super Église mondialisée, âme du monde, gardienne du dogme des Lumières avec sa trinité profane liberté-égalité-fraternité.

" Penser selon le monde, c' est mettre Dieu de côté, ne pas accepter son projet d' amour, presque l' empêcher d' accomplir sa sage volonté. Le chrétien suit le Seigneur lorsqu' il accepte sa croix avec amour - ce qui apparaît comme une défaite aux yeux du monde, et une " perte de sa vie." Benoît XVI angélus du 28 août 2011.

C' est la clameur renouvelée du Calvaire que le monde jette à l' Église: " Si tu es Fils de Dieu descends de la croix! " St Matthieu 27:40.

Tel est le cri du monde.

C' est à cette complicité que nous invite " l' espérance du cardinal ".

C' est cette tentation, que Jésus surmonta par amour pour notre salut, que nous ne cautionnerons pas, par fidélité. Et que nous combattons, par devoir.

" Deux amours ont bâti deux cités: celle de la terre par l' amour de soi jusqu' au mépris de Dieu, celle du ciel par l' amour de Dieu jusqu' au mépris de soi. L' une se glorifie en elle-même, l' autre dans le Seigneur. L' une en effet demande sa gloire aux hommes; l' autre tire sa plus grande gloire de Dieu, témoin de sa conscience. L' une, dans sa gloire, redresse la tête; l' autre dit à son Dieu: Tu es ma gloire et tu m' élèves la tête. L' une dans ses chefs ou dans les nations qu' elle subjugue, est dominée par le désir de dominer; dans l' autre, on se rend service mutuellement dans la charité, les gouvernants en prenant les résolutions, les sujets en obéissant. L' une, dans ses puissants, chérit sa propre force; l' autre dit à son Dieu: "Je t' aimerai, Seigneur, toi ma force. " - Saint Augustin, La Cité de Dieu, XIV, 28,1.

L' Église toujours accusée.

Le tome 2 ne faiblit pas, peut-être même aggrave-t-il les calomnies contre l' Église qui se font légion avec un vocabulaire dépourvu de respect, de spiritualité, de sens ecclésial, comme pourrait être faite la critique d' un organisme civil humain quelconque, de sous-préfecture. On y relève une inélégance persévérante dans les termes effleurant même la muflerie inconvenante. Et une complète ignorance -voire négation- de la dimension surnaturelle de l' Église.

" La seule (29) question qui se pose aujourd' hui est la suivante: les gens peuvent-ils avoir encore confiance dans l' Église sainte, catholique, apostolique et romaine? " (30) Page 24.

" La question qui se pose est la suivante, et c' est la seule qui compte aujourd' hui: est-ce l' institution, le message ou les deux, en lesquels les gens ont perdu confiance? " (31) Page 25.

"Le fonctionnement de l' Église l' empêche de porter de manière crédible et sereine son message " page 38.

" Le gouvernement de l' Église a pendant trop longtemps promulgué des lois dénuées de compassion. " Page 103.

" - Éminence, nous avons tout de même un sacré problème de gouvernement dans notre Église.

- Oui, à l' évidence…nous réagissons toujours avec retard. " Page 123.

" Le Gendre: - J' affirme que l' Église est l' organisme au monde qui est le plus enfermé dans le cadre qu' il s' est fabriqué. Il reproduit.

Le Cardinal: - Qu' entendez vous par " il reproduit "?

Le Gendre: - simplement qu' il est incapable d' imaginer d' autres manières de faire que les siennes. Il n' apprend rien ou pas grand-chose de ses erreurs passées et des pièges dans lesquels il est tombé. Il ne va pas voir ailleurs… Il est dans le cadre, prisonnier de ce cadre doré à l' extérieur et vermoulu à l' intérieur. " Page 145 (31)

" Si l' Église est trop riche, elle peut offrir une religion de qualité, mais elle ne peut pas suivre le Christ. " Page 185.

" Une institution riche peut-elle être un obstacle à la recherche de Dieu? Riche dans ses atours et ses avoirs, riche dans sa position de domination, riche dans la condescendance de ses attitudes, riche dans l' exercice de son pouvoir sur les consciences, riche dans ses relations avec les politiques" Page 213.

" Je suis assez révolté par tout ce qui, dans le fonctionnement de notre Église, empêche les petites gens d' y trouver un lieu où abriter leurs espérance " Page 263.

Une remarque préalable me parait utile et digne d' intérêt: les blâmes ci-dessus, impitoyables, durs, injustes nous le verrons, qui flagellent et mutilent notre Église sont TOUS le fait d' Olivier Le Gendre. Je le faisais remarquer dans le prologue, Le Gendre est dans ce livre en première ligne, agressivement, sans retenue. Le Cardinal n' a d' autre rôle, généralement, que de pousser Le Gendre à développer sa pensée ou faire préciser un terme ambigu (33). Cela ne peut que nous intriguer davantage, nous en reparlerons.

Une deuxième réflexion s' impose ici: le deuxième livre est beaucoup plus mordant et pugnace contre l' Église que le premier; il semble qu' on passe à une vitesse supérieure dans l' offensive destructive où on dévoile une amertume inégalée, en des termes parfois malsonnants, outrés, caricaturaux. D' une certaine manière, la démesure est un signe de faiblesse et de retraite; est-ce parce que leurs espoirs de remise en cause et de subversion s' évanouit dans une Église fermement tenue par un Pape doux mais ferme et que fleurissent une foule d' indices de relèvement dans la fidélité à la doctrine?

" Une force moyenne s' exprime par la violence, une force infinie s' exerce par la douceur." (34)

An fond, pour condenser sans trahir la pensée de Le Gendre, l' Église n' apporte plus ni la Foi, ni l' Espérance, ni la Charité.

Mais que reste-t-il alors de Divin dans cette Église si elle renie les vertus fondamentales héritées de son Fondateur?

Je le soulignais déjà dans ma première Réfutation, Le Gendre et son Cardinal ne reconnaissent plus dans l' Église un seul caractère inspiré, niant de fait l' assistance du Saint Esprit, âme de l' institution, et occultant son état d' Épouse du Christ, oublieux de la promesse d' inerrance et de fermeté dans la Foi.

" Ils vivent encore dans l' ombre de la foi mais ils n' en voient plus la lumière " Chesterton in L' homme éternel.

Le fond de leur méprise réside en deux erreurs graves, substantielles, sur la nature même de l' Église dont ils méconnaissent et sont incapables " de comprendre avec tous les saints quelle est sa largeur et sa longueur, sa profondeur et sa hauteur " (St Paul Ephésiens 3:18)

" Ils n' y reconnaissent pas sa nature divine, divine dans son Fondateur, dans son origine, dans sa doctrine, dans ses moyens de sanctification (notamment les sacrements), dans le miracle de sa persistance dans la tribulation des temps, divine dans la dispensation de la sainteté et de la justice. Et donc divine jusque dans son fonctionnement, assisté, aussi, par la Providence.

" Mais ils ne se résolvent pas plus à sa nature humaine voulue par Dieu afin d' attirer les hommes en son sein; ils cherchent une Église pure, sans tache, parfaite, dépourvue de défectuosités et de flétrissures: une Église de saints ou pire (si j' ose dire) une église d' Anges; mais celle-ci aurait-elle pu appeler les pécheurs? Une église formée d' hommes pécheurs peut convertir des pécheurs, une église d' hommes coupables et égarés peut sauver des hommes perdus.

" Ce qui justifie l' existence de l' Église c' est que ses enfants soient des pécheurs et non qu' ils soient sans péché " Chesterton ibidem.

Au fond ils reprennent à leur insu l' éternel reproche des hérétiques au Rédempteur lui niant tour à tour la divinité et l' humanité. Et pourtant: " Pour être Sauveur il faut avoir un mérite infini; mais pour mériter il faut être homme, et pour mériter infiniment, il faut être Dieu " (35).

Ce qu' ils voient c' est une église aplatie, rapetissée, matérialisée, réduite à une étendue purement horizontale permettant de glisser le message sous la porte du monde, un monde idéalisé et divinisé (36) pour une église désacralisée. Il n' est pas étonnant que les imperfections inévitables résultant du format humain de l' église, mais exagérément grossies et considérées SEULES, leur apparaissent rédhibitoires, impardonnables et ontologiques, intrinsèques à l' organe ecclésial. Quand on ne voit en elle qu' une organisation universelle de compassion philanthropique et d' assistance sociale, évidemment on est fondé à la juger sur un mode sociologique profane dénué de tout sens surnaturel.

Le double contresens réside dans la négation de l' œuvre et des marques de Dieu permanentes au sein de l' Église en même temps qu' on lui impute ses insuffisances humaines.

Avec, disons le fortement, des inexactitudes et des outrances méchantes et déraisonnables:

-" l' Église a pendant trop longtemps promulgué des lois dénuées de compassion ". J' ai montré dans la 1ère Réfutation tout ce que la société depuis des siècles devait à l' œuvre charitable historique de l' Église (" Les bienfaits catholiques " page 14); on s' y reportera pour juger de l' injustice délibérée de ce préjugé digne des pires anticléricaux.

-" J' affirme que l' Église est l' organisme au monde qui est le plus enfermé dans le cadre qu' il s' est fabriqué. " Plus enfermé que le Parti communiste chinois? Que le parti communiste cubain? Que le parti communiste nord-coréen? Que les loges maçonniques couvertes par le secret et que leurs doctrines ésotériques à la symbolique obscure et magique? Plus enfermée que les sectes bouddhistes ou hindouistes avec leur cortège de dieux inquiétants, mi-hommes mi-bêtes, à la doctrine sibylline et parfois sanglante, ténébreuse? Plus enfermée que les banques d' affaires aux spéculations énigmatiques dont on ne connaît que les coûteux désastres publics? Plus enfermée que les églises évangéliques américaines fondées sur la collecte éhontée du fric et leurs agiotages boursiers? M. Le Gendre et son Cardinal ne seraient-ils pas, eux surtout, " enfermés " dans une aventure obscure et cachée, trame dont nous entrevoyons quelques lueurs échappées d' une prudence en défaut? (37)

" Certains regardent l' Église en s'arrêtant sur son aspect extérieur. L' Église apparaît alors seulement comme l' une des nombreuses organisations qui se trouvent dans une société démocratique, selon les normes et les lois de laquelle le concept "Église" qui est difficilement compréhensible en lui-même, doit ensuite être jugée et traitée. Si on ajoute encore à cela l' expérience douloureuse que, dans l' Église, il y a des bons et des mauvais poissons, le bon grain et l' ivraie, et si le regard reste fixé sur les choses négatives, alors ne s' entrouvre plus le mystère grand et profond de l' Église.

Par conséquent, ne sourd plus aucune joie pour le fait d' appartenir à cette vigne qui est l' " Église ". Insatisfaction et mécontentement se diffusent, si on ne voit pas se réaliser les propres idées superficielles et erronées sur l' " Église " et les propres " rêves d' Église "! Alors cesse aussi le cantique joyeux " Je rends grâce au Seigneur qui, par grâce, m' a appelé dans son Église ", que des générations de catholiques ont chanté avec conviction. "

Homélie de la Messe de Benoit XVI stade de Berlin, devant 80 000 personnes. 22 septembre 2011

Page 12 Le Gendre écrit encore: " Cette Église, notre Église, Éminence, donne tellement l' impression d' être à la remorque de l' Histoire qu' elle pourrait bien en finir exclue. "

On veut dire sans doute par là que l' histoire humaine est toujours décalée vers l' avant ce qui finira par bannir l' Église de cette histoire. On ne s' interroge donc même pas sur le danger, pour le monde, d' être, LUI, séparé de l' Église en courant toujours plus frénétiquement, plus aveuglément, plus éperdument, vers l' avant. L' avant? Sait-il ce qu' il va trouver, en avant? " un avenir radieux ", " un horizon de rêve ", " un lendemain qui chante ", " une société parfaite "? Autant d' utopies meurtrières qu' on découvre, en parvenant en " l' avant ", le XXe siècle en a été empli et empoisonné. Bossuet disait déjà, il y a plus de trois cents ans: " les mondains courent à la servitude par la liberté… " & " Les hommes courent à la perdition par des chemins bordés de fleurs ". " L' avant "? Écoutons Simone Weill: " avenir, combleur de vide, avenir, substitut de l' Éternel ".

Il y a bien longtemps que l' Église est exclue de l' Histoire, c' est même elle seule qui s' en est exclue délibérément quand elle a été fondée sur et par un Dieu éternel. Car l' éternel n' est ni avant ni derrière l' Histoire, IL EST AU DESSUS. Et il la juge!

En l' ignorant le cardinal Le Gendre démontre son incompréhension de l' essence de l' Église et de l' insignifiance, au regard de Dieu, de l' Histoire séparée de l' Église.

Quant au fait qu' elle soit " riche dans l' exercice de son pouvoir sur les consciences ", je crains que ne soit pas mesuré à sa juste expression ce qu' est l'effroyable pouvoir sur les consciences qu' exerce le monde actuel avec ses moyens de persuasion clandestine (38), de manipulation psychique par les media, de martèlement de thèmes dominants, de désinformation organisée, de publicité obsédante et intrusive dans le cœur même des familles et des personnes, de contrôle des pensées par les écoutes de nos téléphones, ordinateurs, courriers, échanges, achats et modes de vie. Dans ce domaine de la possession furtive mais implacable de nos consciences, le Diable fait toujours plus que le Bon Dieu car l' un s' incline devant notre volonté et l' autre la capture pour l' asservir, par séduction, par mensonge ou par viol.

Sur le thème de la " richesse " obstacle au message du Christ nous réservons un chapitre complet ultérieur; nous verrons alors la mauvaise foi et la fausse querelle s' échouer sur la vanité et la vieillerie de cette accusation.

Le centralisme de l' Église.

" L' inexorable histoire repousse les systèmes les plus ingénieux, lorsqu' ils ne sont pas appuyés sur des documents authentiques. " CHATEAUBRIAND.

La parole est maintenant au Cardinal sur un sujet ou il se veut expert, l' histoire de l' Église: " Excusez moi, vous connaissez mon penchant pour l' Histoire et les enseignements qu' on peut en tirer " page 207.

Nous l' avions surpris dès le tome 1 -malgré sa prétendue expertise historique- en grande faute d' analyse et en outrance de conclusion. Il y ajoute souvent la forgerie du récit, voire la restitution inexacte des textes comme il sera démontré plus loin. Ici, pour le cas, c' est à une extension injustifiée et imaginaire que nous aurons droit.

Il nous conte l' histoire du royaume Khmer qui prospéra du IXe au XVe siècle. Le Cardinal nous narre la grandeur, la beauté, l' immensité de la capitale Angkor dont ne subsistent que des ruines imposantes et touristiques rongées par la jungle. Sa leçon est: l' hypertrophie de la ville capitale ayant anémié et asphyxié l' empire Khmer, aspiré ses richesses et paralysé ses forces, a provoqué son effondrement inexorable et catastrophique. Bien sûr, identiquement, l' Église trop centralisée, bureaucratisée à Rome va prendre le même chemin et débiliter, épuiser puis ruiner son universalité. L' apologue est d' apparence persuasif. Mais FAUX et inapproprié.

D' abord le Cardinal, comme à l' accoutumée, écrit l' histoire à sa manière. Les vrais historiens l' écrivent tout autrement:

" La civilisation khmère avait appris l' art d' apprivoiser les déluges saisonniers de l' Asie du Sud-est, en stockant l' eau dans d' immenses réservoirs (appelés baray) pour éviter les inondations et la restituer en période de sécheresse. Mais elle perdit le contrôle de l' eau, la plus vitale des ressources, entraînant ainsi son déclin. Des sécheresses sévères et prolongées, ponctuées par des pluies torrentielles, auraient anéanti le système hydraulique.

Le pouvoir se déplaça vers Phnom Penh, au XVIe siècle, après une période de moussons irrégulières. Le recul du concept de dieu-roi conduisit aussi à un affaiblissement de l' autorité du souverain et à un manque de travailleurs prêts à se dévouer pour sa cause. L' entretien du système hydraulique s' étiola alors et les récoltes furent semble-t-il contrariées par les inondations et les sècheresses. Ces problèmes sont très certainement une des principales cause du déclin de l' empire, alors que du temps de sa splendeur, les trois récoltes annuelles ont largement contribué à sa prospérité et à sa puissance. " (Wikipedia)

 
Bernard Philippe Groslier, " La cité hydraulique angkorienne: exploitation ou surexploitation du sol? ", dans Bulletin de l' École française d' Extrême-Orient, no 66, 1979.

A l' inverse des historiens vrais, le Cardinal ne part pas des faits pour en induire une explication, il ordonne les faits suivant ses préjugés. Et nous raconte donc une histoire imaginaire qui ne correspond jamais avec les évènements réels. L' exemple de l' empire Khmer ne sera pas unique dans ce deuxième livre.

Eût-elle été exacte, la narration de la fin de la capitale Angkor par faute d' une hypercentralisation, n' eût pas, de toute manière, été instructive pour l' histoire de l' Église.

En effet, voici un royaume d' Asie qui nait, croît et meurt en l' espace de six (6) siècles. Rien de bien original dans l' histoire du monde! Des dizaines d' empires et de royaumes et d' états et de nations connurent tour à tour vie, décadence puis anéantissement, parfois en une durée plus brève encore (l' empire d' Alexandre ne dura que ± 13 ans!). Cela ne nous montre que la vanité des empires terrestres. Ils peuvent certes mourir de centralisation, mais aussi d' invasions, de langueur politique, de métissages abusifs (comme la Rome Impériale barbarisée), de perte d' identité géographique, d' excès d' impopularité…Mais ils meurent tous car sic transit gloria mundi (" Ainsi passe la gloire du monde ") (39)

Or, à fondements historiques faux, conséquences doctrinales abusives.

Bien sûr, rien de tel pour l' Église dont la raison d' être, l' essence, l' origine et la mission sont hors de portée des principes périssables des nations. 2000 ans d' existence, avec ses imperfections et ses tribulations n' ont jamais réussi à la ruiner, pas même à l' ébranler.

Le Cardinal s' est il posé la question -à supposer même que son analyse historique fût correcte-: pourquoi 600 ans suffirent à épuiser l' empire Khmer, et moins de temps encore bien d' autres institutions, quand 2000 ans (!) de prétendu centralisme excessif ne sont toujours pas venus à bout de l' Église catholique? Aurait-il oublié, lui l' historien, la réponse du Cardinal Consalvi à Napoléon lors des orageuses négociations du concordat? Comme Mgr Consalvi tenait tête courageusement à l' irascible empereur, celui-ci s' emportant lui dit: " votre Eglise je la détruirai! - Non, vous ne la détruirez pas, répondit le Cardinal. " Agacé Napoléon lui rétorqua, du haut de son 1,60 mètre: " Mais si que je la détruirai votre Eglise! - Vous n' y arriverez pas, Sire! Si de mauvais papes, des prêtres immoraux et des millions de pécheurs dans l' Eglise n' y sont pas arrivés, comment pensez-vous y arriver? " (40).

" L' Eglise ne découle pas de la volonté humaine, de la réflexion, de l' habileté de l' homme et de sa capacité d' organisation, parce que si tel était le cas, elle se serait éteinte depuis longtemps déjà, ainsi que passe toute chose humaine. Elle est, au contraire, le Corps du Christ, animée par l' Esprit Saint… L' Eglise est catholique depuis le premier instant. Benoît XVI messe de la Pentecôte 12 juin 2011

C' est que l' Église est garantie de toute atteinte mortelle, quel qu' en soit le genre et l' intensité, par une promesse souveraine infinie dont l' exercice s' accompagne d' une assistance constante, prévenante et efficace car substantielle à son être même.

Pour avoir oublié ou occulté délibérément et opiniâtrement ce caractère constitutif, Le Gendre et son interlocuteur masqué ne peuvent plus rien comprendre à la vraie nature de notre Église dont ils ne perçoivent plus les richesses de grâce ne considérant que son enveloppe humaine institutionnelle. La façade corporelle fragile leur dérobe la vue de son âme divine sublime et de son corps mystique animé par le Verbe Éternel. Ils sont aveugles et veulent nous conduire!

Je leur prédis sans crainte d' erreur de fortes déconvenues et l' échec certain de leurs projets: on ne réforme pas l' Église en la critiquant. On la réforme en l' adorant, en tant que dessein incarné de Dieu, pour le salut du monde.

" Nous ne sortirons de la crise de l' Eglise que par voie d' autorité et de sainteté… Toutes les crises de l' Eglise ont toujours été l' occasion de, et résolues par, une floraison de saints. Commençons par nous réformer, par être saints, et alors la crise de l' Eglise ne sera plus qu' un mauvais souveni! " Vini Ganimara(10 08 2011) Rédacteur en chef du journal


Car l' Église "
c' est Jésus Christ répandu et communiqué ". (41)

Dérisoire réforme.

On pouvait s' attendre, à la lecture des formules radicales et subversives que nous venons de parcourir, extrémistes et irrecevables pour un chrétien, à un programme de prodigieuses réformes pour transformer les institutions ecclésiales et surmonter les vices supposés de la " richesse ", " du pouvoir "& du " centralisme " catholiques.

Mais la montagne accouche d' une souris (42). Vous attendiez selon le Menu gourmand un "Emincé de suprême de porc sur son lit de verdure" et on vous sert dans l' assiette une vulgaire et fine tranche de pâté industriel accompagnée d' une feuille de salade flétrie.

La grande révolution cardinalice consiste en l' institution de " conciles régionaux…cinq, un pour chaque continent (pages 64/65)… les conciles régionaux ont trois avantages… rapprocher du terrain les instances de réflexion et de gouvernement pour être plus en phase avec ce qui se vit réellement… le deuxième est que l' analyse des conditions de vie de la société et de l' Église sera plus précise: on n' est pas chrétien de la même manière en Europe et en Afrique par exemple… La troisième raison est qu' on allège le poids qui, inévitablement, repose sur un gouvernement très centralisé et particulièrement sur une seule personne… " (pages 66/67). " Les conciles régionaux seraient suivis d' une réunion à Rome des délégués de chaque concile régional… qui permettrait au pape d' agir comme Primus inter pares, le premier parmi ses pairs. " (Page 67).

Ce qui nous est proposé s' appelle la décentralisation débouchant sur le régime d' assemblée afin de ligoter le Pape dans un système où le pouvoir résiderait dans un SÉNAT où le Pontife ne serait plus Souverain. Examinons de plus près les pièces de cet assemblage:

La Décentralisation par conciles régionaux est-elle nouvelle, originale, efficace (allégeant les structures, se rapprochant du terrain)?

Elle n' est pas nouvelle: les conciles régionaux existent depuis la plus haute antiquité dans l' Église qui n' a pas attendu le 21 ème siècle pour inventer un procédé largement répandu dès le 2ème siècle où on connaît dès 197 ou 198 le concile d' Éphèse avec tous les évêques d' Asie Mineure; après cette date les conciles régionaux se produiront en nombre incalculable (pour le IIIème siècle uniquement nous décomptons 35 conciles régionaux). J' invite les lecteurs à se reporter au " Dictionnaire des Conciles " Tome deuxième de M. l' abbé Migne pour consulter à partir de la colonne 1341 la liste interminable des conciles régionaux (uniquement pour les dix premières années du XVIIème siècle, environ 75 conciles régionaux!). Certes depuis le XIXème la pratique a décliné. Par centralisme romain? Ou plutôt parce que le progrès des communications, la facilité accrue des déplacements, la nécessité de renforcer la cohésion face à un monde hostile, anticlérical, ont rendu moins nécessaire la régionalisation conciliaire et justifié au contraire le raffermissement de la Chaire de Vérité et d' Unité?

" Il est manifeste que ce qui par soi est un, peut mieux réaliser l' unité que ce qui est multiple. Une certaine union est requise d' un groupe de gouvernants pour qu' ils puissent gouverner en quelque mesure tout comme plusieurs matelots ne tireraient pas le navire dans une même direction s' ils n' étaient unis en quelque manière. Or, plusieurs choses sont dites être unies en ce qu' elles se rapprochent de ce qui est un. Un seul donc gouverne mieux que plusieurs, ceux-ci ne faisant que s' approcher de ce qui est un. " De regno

SAINT THOMAS d' AQUIN, Docteur de l' Eglise

L' idée des conciles régionaux est-elle originale? L' auteur semble oublier l' institution des Conférences épiscopales nationales en 1965 qui succèdent d' ailleurs aux " assemblées de Cardinaux et archevêques " crées en 1919.

Le décret Christus Dominus du 28 octobre 1965 signé de Paul VI indique: " Une conférence épiscopale est en quelque sorte une assemblée dans laquelle les prélats d' une nation ou d' un territoire exercent conjointement leur charge pastorale en vue de promouvoir davantage le bien que l' Église offre aux hommes, en particulier par des formes et des méthodes d' apostolat convenablement adaptées aux circonstances présentes." Le 27 juillet 1998, par le motu proprio " Apostolos suos ", le pape Jean-Paul II en définit la nature théologique et juridique en leur précisant leur place spécifique dans le collège épiscopal, une place de coordination des fonctions pastorales qui ne peut se substituer à la responsabilité de l' évêque dans la communion de l' Église.

Par leur réunion régulière et par la représentation au niveau national, l' Église s' est donc déjà dotée de l' instrument adéquat de décentralisation auquel des conciles régionaux n' ajouteraient RIEN. (43)

Cette décentralisation est-elle efficace? N' a-t-elle pas ajouté une structure nouvelle à une structure existante? Certains se sont plaints d' une dictature des bureaux créés par les Conférences épiscopales nationales, bureaux opaques, dénués de responsabilité claire, anonymes et structurellement expansifs. La décentralisation est aussi créatrice de ses propres curies nationales qui s' ajoutent parfois aux inconvénients d' une curie centrale (44).

Si on veut un contrexemple éloquent de décentralisation manquée et du risque qui en découle, il suffit de regarder l' état de l' Église Orthodoxe aujourd' hui avec ses épiscopats exclusivement et jalousement nationaux, sans liens ni communion avec les églises voisines qui se veulent pourtant unies par la même foi orthodoxe.

Découplée et séparée du Siège de Pierre, l' Église orthodoxe qui a toujours proclamé la doctrine conciliariste selon laquelle le concile est supérieur au Pape (45), n' a plus jamais depuis la rupture de 1054 avec Rome, réussi à réunir ni concile régional, ni à plus forte raison un concile universel. Tant il est vrai qu' il ne PEUT y avoir de Concile si ce n' est convoqué et PRÉSIDÉ par le Pape ou son Légat. Conciliariste, sans le Pape, l' Orthodoxie est privée de conciles, frappée d' impuissance dans le cœur même de sa structure. Telle est sa malédiction, outre sa désunion interne en nationalités irréductibles. C' est la raison pour laquelle l' orthodoxie demeure figée dans sa doctrine depuis des siècles, par incapacité à faire fonctionner un organe doctrinal légitime qui soit autorisé à procéder à un sain développement du dogme dans la continuité du donné révélé (46). En rejetant le Pape comme principe d' autorité et d' unité, l' Orthodoxie s' est livrée au pouvoir des Césars profanes et a chu dans la sujétion des états, victime de leur arbitraire, de leur dispersion et de leur caprice. " Si vous voulez savoir de quoi vous êtes les esclaves, cherchez d'abord à savoir de QUI vous avez refusé d'être les serviteurs. " (Gustave Thibon, écrivain, philosophe catholique).

Utiles, peut être, les conciles régionaux ne sont ni novateurs, ni outil panacée d' une réforme de l' Église; en cela le cardinal nous propose un faux remède, par détournement de l' histoire, une nouvelle fois. Les moteurs de réforme dans l' Église: la sainteté et le Siège Apostolique. Toute autre méthode, expérimentée par les hérésiarques depuis le XVIème siècle a démontré sa fatuité et sa nuisance.

Une bordée d' erreurs:

Le 30 juin 1962, le Saint Office, renommé depuis " Congrégation pour la Doctrine de la FOI ", publiait un Monitum (ou Avertissement) afin de mettre en garde contre les doctrines du Père Teilhard de Chardin (47). L' avertissement notait que l' œuvre de ce Père " fourmillait " d' erreurs graves.

Le même terme, si illustratif, s' applique semblablement à d' innombrables formules de " l' Espérance du Cardinal ", formules ou assertions dépréciatives, parfois réductrices, souvent destinées à discréditer et déconsidérer des idées, des rites, des pratiques de l' Église jugées -abusivement- désuètes, ridicules voire coupables. Le tout accompagné de supposées justifications historiques dont on appréciera la fragile pertinence. Car comme toujours, nos compères (Cardinal et auteur, associés) se veulent historiens pour soutenir leurs analyses, mais d'une histoire à leur manière, gauchie et forcée, et même imaginée.

C' est donc un florilège de thèmes que nous allons aborder pour les remettre d' aplomb, dans la perspective du sensum fidei, de la communion ecclésiale catholique, sans hiatus ni rupture selon la fidélité qui faisait répéter à Sainte Thérèse d' Avila sur son lit de mort cette phrase magnifique: " Je suis fille de l' Église ".

Collégialité:

" Les évêques partagent la collégialité avec le pape " page 140

" Les conciles régionaux seraient suivis d' une réunion à Rome des délégués de chaque concile régional… qui permettrait au pape d' agir comme Primus inter pares, le premier parmi ses pairs. " (Page 67).

Voici que resurgit la vieille erreur rabâchée, partagée par tous les insurgés contre l' autorité pontificale sur laquelle Jésus Christ fonda l' Église; elle se heurte à l' invincible et inexpugnable promesse divine faite à Pierre et ses successeurs " Tu es Petrus, et super hanc petram aedificabo ecclesiam meam… " (Mat. 16:18s) (48). Dès avant Luther lui-même, vers la fin du grand schisme d' occident, on tenta d' imposer au Pape l' autorité suprême du concile, en spéculant sur le délabrement de la Papauté dû à la présence d' antipapes. Ainsi le concile de Constance proclamait: " Ce synode, légitimement assemblé au nom du Saint Esprit, formant un concile général représentant l' Église catholique militante, tient immédiatement de Jésus-Christ son pouvoir, auquel toute personne de tout état, de toute dignité, même papale, est tenue d' obéir, en ce qui regarde l' extinction et l' extirpation du dit schisme " (Concile de Constance, 4e session, 30 mars 1414).

Doctrine téméraire, orgueilleuse, nouvelle -ce qui suffit à la disqualifier- qui n' eut aucun lendemain et fut condamnée par Pie II (Bulle Execrabilis 18 janvier 1460) pourtant Pape très humaniste, lettré, brillant (49), dirions-nous aujourd' hui moderne? Doctrine qui produisit des décennies de désordre, de désorientation, de fermentation funeste et qui prépara le terrain de la révolte anticatholique du XVIème siècle libertin et Réformé.

Luther aussi prétendra appeler du concile contre le Pape (" le papâne " comme il l' appelait avec son langage habituel si ordurier); mais quand le Pape convoquera ce concile Luther le refusera (preuve qu' il n' était point ignorant de l' assistance divine promise à son Église). Ce sera le grand Concile de Trente avec son œuvre doctrinale et disciplinaire immense.

Le Gendre qui invoque si souvent dans son livre " l' esprit du concile " Vatican II ferait mieux de relire les textes de ce Concile car " l' esprit " n' est ici qu' une vapeur flottante, docile à toutes les subjectivités, protéiforme et surtout sans consistance solide, soumise au seul esprit des temps rebelle à l' Esprit de vérité. Mais si on sollicite " l' esprit " pour lui faire dire ce que chacun entend, au gré de ses obsessions ou fantaisies, il est moins aisé de détourner les textes dont le sens obvie s' impose à la raison. " L' esprit " peut être un démon bavard, mouvant et multiforme, affranchi des liens de la formule rédigée, contraignante. Le Concile est dans ses textes, non dans son contexte; de celui là rien ne restera dans quelques décennies, quand ceux-ci demeureront inchangés, compris selon l' interprétation autorisée de la Tradition du Magistère.

" Ce qui est écrit, est écrit " (St Jean 19:22).

" Vous serez probablement la première génération qui pourra interpréter correctement le deuxième Concile du Vatican, non pas selon "l' esprit" du Concile qui a apporté tant de désorientation dans l' Église, mais selon ce que l' événement conciliaire a vraiment dit à l' Église et au monde dans ses textes.

Il n' y a pas un Vatican II qui serait différent de celui qui a produit les textes que nous possédons aujourd' hui! C' est dans ces textes que nous trouverons la volonté de Dieu pour Son Église et c' est à eux que nous devons nous référer ainsi qu' aux deux mille ans de Tradition et de vie chrétiennes.

La réforme est toujours nécessaire pour l' Église, car la conversion de ses membres, pauvres pécheurs, est toujours nécessaire! Mais il n' existe pas et il ne peut pas exister une Église préconciliaire et une Église postconciliaire! S' il en était ainsi, la seconde, la nôtre, serait historiquement et théologiquement illégitime! "

Cardinal Mauro Piacenza Préfet de la Congrégation pour le clergé discours aux séminaristes de Los Angeles 5 oct.2011.

Examinons donc ce qu' a dit Vatican II de la doctrine conciliaire qui se confond ici avec le principe de la collégialité (50)auquel notre auteur, on l' a compris, accorde les plus hautes autorités.

Coupons court en premier lieu à une tenace et infondée lecture inattentive des textes conciliaires sur ce thème: il n' y a dans AUCUN TEXTE du concile Vatican II le mot " COLLÉGIALITÉ ". Ce concept en tant que doctrine de l' Église est inexistant.

En revanche figure bien le terme de " collège " pour désigner l' ensemble de droit divin formé par l' union des évêques avec le Pape. Le mot " collège " est d' ailleurs conforme à la théologie la plus traditionnelle pour désigner la totalité des Apôtres avec Pierre à leur tête. Afin de parer précisément tout risque d' interprétation conciliariste et d' éloigner une illégitime prétention à construire à côté du pouvoir suprême (51) et plénier (52) du Souverain Pontife un supposé pouvoir de l' ensemble des évêques SANS le Pape, Paul VI a veillé à introduire dans la Constitution sur l' Église Lumen Gentium une Nota Prævia explicative dont la clarté est sans défaut. Lisons ici un fragment sans ambigüité:

" En tout cela il apparaît donc qu' il s' agit d' une union étroite des évêques avec leur chef et jamais d' une action des évêques indépendamment du pape. Dans ce cas, quand l' action du chef fait défaut, les évêques ne peuvent pas agir en tant que collège, ainsi qu' il ressort de la notion de " collège ".

Le Pape, usant de son devoir d' éclairer la doctrine à l' usage des fidèles, conformément au pouvoir conféré par le Christ de confirmer ses frères dans la foi, a jugé nécessaire, sans attendre la fin du concile d' écarter une interprétation défectueuse du Chapitre III de Lumen Gentium dans le sens conciliariste. Il a ordonné que la Nota Prævia figure toujours et partout dans TOUTES les éditions de la Constitution. Il avait donc vu l' usage abusif et délictueux, mais possible, que certains pourraient tirer de ce chapitre (CHAPITRE III: La constitution hiérarchique et l' épiscopat), par une dérive qu' on pourrait appeler démocratique. Déviation destinée à opposer un contre pouvoir au pouvoir de Vicaire du Christ donné par le Rédempteur au SEUL successeur de Pierre. Un barrage infranchissable a donc été dressé dès le début contre les détournements qui contrarient la plus antique et puissante tradition catholique de l' autorité -sans partage ni division- du Siège de Pierre. Dès lors affirmer: " Les évêques partagent la collégialité avec le pape " (page 140) est se dresser dans la contradiction à la doctrine catholique la plus certaine, la plus antique, la plus sacrée et la plus nécessaire à la permanence de l' Église, c' est se faire Orthodoxe dans l' Église Catholique. C' est aussi présenter une opinion personnelle comme établie, avec une audace téméraire, à l' encontre de l' évidence doctrinale reçue de Jésus Christ en Personne et tenue toujours, partout & par tous dans l' Église. Opinion, source de toutes les hérésies.

Décidément, "L' Église possède beaucoup d' ennemis parmi ses enfants, et beaucoup d' enfants parmi ses ennemis " St Augustin.

À l' Associated Press le 6 septembre, sur les catholiques qui font, défendent ou disent le contraire de ce qu' enseigne l' Église, Mgr Charles Chaput, archevêque de Philadelphie (Pennsylvanie), répond:

" S' ils ne croient pas en ce que l' Église enseigne, c' est qu' ils ne sont pas de vrais catholiques ".

L' Église, sa nature

" M' est avis que c' est tout un de Jésus Christ et de l' Église " Ste Jeanne d' Arc à ses juges.

La question, qui est toujours posée dans les mauvais termes est " qu' est-ce que l' Église? "; énoncée de la sorte, la réponse est invariablement erronée. En effet la seule question convenable est, ici, " QUI EST L' ÉGLISE? ".

Si on se souvient de la question terrible que le Christ monté aux cieux pose au futur Saint Paul sur le chemin de Damas: " Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu? " on comprend tout de la nature de l' Église qui se confond avec une Personne. Car, ne l' oublions pas, Saul n' a JAMAIS persécuté Jésus lui-même en personne mais il s' est férocement acharné contre l' Église naissante. En assumant pour lui-même la persécution endurée par son Église, Jésus nous livre infailliblement la définition, principe de toutes les autres: IL EST L' ÉGLISE qui ne fait qu' un avec lui.

Conséquemment, réduire l' Église comme le fait O. Le Gendre au seul " peuple de Dieu " à " la communauté des croyants comme étant le sens authentique du terme église " (page 101) c' est lui faire subir une mutilation où se dissipe sa vraie nature. L' Église est d' une essence riche, dense, multiple et simple à la fois -comme Dieu dans son Être-; elle ne peut être restreinte ni amoindrie par l' exergue d' un seul des ses aspects, certes réel mais partiel. Et chez Le Gendre, partial, choisi pour nier les autres caractères pourtant aussi nécessaires et constitutifs: caractères Divin, hiérarchique, mystique, sacré, intemporel…

Dans son maître ouvrage " L' Église du Verbe Incarné: Essai de théologie spéculative ", le Cardinal Charles Journet (53) nous introduit dans l' ample multiplicité de l' Église en tentant d' énumérer tous les traits, tous les NOMS qui en définissent la riche nature, inépuisable et débordante des grâces du Saint Esprit:

" Définie en fonction de ses Causes incréées, le Christ, l' Esprit Saint, Dieu, l' Église est donc le Corps du Christ, l' Épouse du Christ, le troupeau des brebis du Christ, l' Évangile continué, le lieu de l' habitation de l' Esprit saint et de la sainte Trinité; la maison, le tabernacle, la cité, le peuple, le royaume de Dieu.

Définie en fonction de ses éléments créés, l' Église est la communauté rassemblée en Dieu par le Christ: au ciel dans la gloire (l' Église triomphante), auparavant par la foi et la charité qui progressent dans le monde (Église militante) et achèvent de se purifier en purgatoire (Église souffrante). Plus brièvement, l' Église est la communion des saints.

Les premières définitions, plus hautes, plus scripturaires, plus divines, ont besoin d' être précisées par les secondes, plus proportionnées à la complexité de notre condition humaine. "

Il n' y a pas seulement dans cette sublime définition une différence de degré, mais de nature, avec la vision rabougrie, avilissante, naturaliste, fausse par omission et torsion donnée par notre auteur. Le drame du Cardinal et de son interlocuteur est toujours l' aplatissement des notions les plus hautes pour nous en livrer une image racornie, tassée, difforme, une image terrestre de réalités célestes.

De monstrueuses expressions, dévastatrices, dénuées de spiritualité et d' Espérance, preuve du caractère perfide du titre du livre, jalonnent tout le texte: " aveuglement qui se répand dans les couloirs du Palais apostolique " (p. 37), " le fonctionnement de l' Église l' empêche de porter de manière crédible son message " (p.38), " certains (54) dans notre Église ont fermé, ferment et risquent de continuer de fermer les portes qui mènent au Royaume (55). "(p.71)? " Hiérarchie composée d' hommes célibataires qui n' ont ni compétence, ni expérience, ni légitimité pour statuer avec aussi peu de nuances dans cette affaire (de la contraception) " (p. 101).

J' ai traité l' opposition à la doctrine de l' Église sur la contraception dans la Première Réfutation. Ici on rajoute les traits venimeux, rituellement remâchés et FAUX, de l' impossibilité pour des célibataires, hommes, incompétents, inexpérimentés & illégitimes de statuer sur ce sujet. Il y a là encore une double erreur intellectuelle de perception:

C' est délibérément occulter que, dans l' ordre naturel, l' universalité et l' efficacité spéculative & opérative de la raison humaine bien exercée en tant qu' instrument de jugement l' autorise à examiner et conclure sur tous les sujets d' ordre naturel. Ce pauvre argument qui abuse souvent par sa fausse évidence revient en somme à dire que tout homme ne peut valablement parler que de lui-même puisque tous les autres sujets de réflexion lui sont par définition extérieurs, étrangers, donc inconnus et impénétrables! L' homme n' étant ni un minéral, ni un végétal, ni un animal doit-on dès lors lui dénier le droit et la légitimité de disserter valablement sur ces sujets hétérogènes à sa condition humaine et d' y intervenir sûrement? Son Intelligence, outil divin de connaissance propre à tout homme, ne lui permet-elle pas d' embrasser et d' expliquer bien des mystères du lointain cosmos? Sans JAMAIS avoir vu un seul atome, l' homme ne l' a-t-il pas domestiqué?

Ce doute sur la capacité intellectuelle de l' homme en tant qu' être raisonnable d' exercer valablement son entendement sur toutes sortes de sujets révèle que les détracteurs de l' Église sont aussi des négateurs de l' homme. Tant il est vrai que douter de l' une c' est aussi se défier de l' autre. La Foi et l' Intelligence sont toujours fraternellement liées, ruiner l' une c' est dévaster l' autre: " Fides quaerens intellectum " Saint Anselme de Cantorbéry.

C' est aussi omettre que, dans l' ordre surnaturel, les hommes d' Église (catholique) sont assurés de l' assistance constante, certaine et sans faille du Saint Esprit pour les sujets touchant à la morale et à la Foi: " et voici que je suis avec vous, tous les jours, jusqu' à la fin du monde " (St Matthieu 28 :20). C' est ainsi que, raisonnant au-delà des passions déréglées, inspirés par le Créateur de l' Univers visible et invisible qui a fait les lois de la vie et assurés par assistance de la Vérité dans la Charité, les hommes célibataires (prémunis ainsi du risque de jugement captif), inexpérimentés mais non sans Lumière, compétents par Mission, légitimes par Ordre, sont les mieux habilités à intervenir dans la défense et la promotion de la Vie, qui n' est autre que Jésus en personne (" JE SUIS la voie, la vérité, la vie " St Jean 14:6).

Du reste, O. Le Gendre, laïc, incompétent, inexpérimenté et sans légitimité cesse-t-il pour autant de jacasser contre Rome? Laïc, il veut juger les pouvoirs du sacerdoce mais il refuse au sacerdoce de juger les laïcs. Telle est, toujours, la contradiction terrible des faux prophètes (56).

Poursuivons avec les déclarations déplorables:

" …Ce que j' avais longtemps réussi à me cacher: j' avais mal à mon Église " (p.131)

" Ne plus se préoccuper de ce fonctionnement irréformable (de l' Église) et incarner le message en dehors de lui? " (p.150)

On touche ici du doigt la vaine tentation rampante des deux compères d' accord aussi sur ce point: sortir du cadre institutionnel de l' Église qu' ils accusent de " masquer le message " et " abandonner le terrain " (p.151) pour un ailleurs indéfini, idéal, inexprimé et mythique. Autant dire quitter la caravane pour le mirage. La plus expéditive façon de mourir de soif dans le désert.

Tentation de TOUS LES RÉFORMATEURS DE TOUS LES TEMPS DE " RETROUVER " L' ÉVANGILE HORS DE L' ÉGLISE institutionnelle. Mais il n' y a pas et il n' y aura JAMAIS d' Évangile HORS de l' Église; en premier lieu parce que c' est l' Église qui nous a donné l' Évangile et qui préexistait avant sa rédaction, il n' y aurait donc pas eu de Nouveau Testament s' il n' y avait pas eu d' Église, si celle-ci avait sombré après l' ascension du Sauveur. Ensuite parce que Celle qui nous a légué les Écritures Nouvelles est seule en mesure de les transmettre fidèlement interprétées puisqu' elle les a écrites. Hors de leur compréhension véridique les Écritures ne sont sources que de divisions infinies, de confusions doctrinales, de dogmatismes opposés; les sectes protestantes, fractionnées, dispersées, désunies, sans la garantie d' inerrance et d' unité cohérente d' exégèse de l' Église en fournissent un contre-exemple éloquent. Enfin parce que Dieu l' a voulu ainsi et que faire la volonté de Dieu est une exigence que nous proclamons -en sommes nous vraiment conscients?- chaque fois que nous prononçons la prière Dominicale (la prière du Seigneur: Dominus noster). Soyons-en persuadés à l' encontre de tous les Réformateurs, Le Fils de Dieu n' est pas venu nous donner un Livre, il est venu fonder une Église qui sera son Corps mystique toujours INCARNÉ parmi nous, visible, institution humaine dispensant la grâce invisible. Vouloir distinguer l' Évangile et l' Église c' est séparer l' âme du corps.

Votre Évangile ailleurs, est un ailleurs de l' Évangile.

" Parfois on croyait que l' institution se réduisait à la hiérarchie, et il n' y avait plus d' Église au sens vrai du terme " (p.187).

" Si posséder la Vérité signifie pouvoir la dire tout entière dans le langage humain, alors il est certain que l' Église ne peut pas prétendre à cette possession " (p.238).

Nous voici au cœur de la négation de la mission du Rédempteur lui-même à qui on conteste:

1. La promesse faite à Pierre d' immortalité de l' Église en ce monde

2. La capacité de répandre la Vérité par son Église à qui il a confié cette mission;

Dieu est donc en échec!

Absurdité ou impiété, nous voici plongés dans le mystère d' une démarche qui fait naufrage dans la démesure de ses propositions, ou dans le lancement d' un " ballon d' essai " visant à accréditer la conception d' une Église au-delà des églises. Une Église les dépassant toutes, super église humaine au credo minimal " la tendresse de Dieu ", apte à recevoir tous les contenus élastiques et pouvant enfin tenir la petite Vérité totale, comme le Panthéon renfermait Tous les petits dieux. C'est bien ce que les Chrétiens de Rome refusèrent à l' empereur qui voulait placer la statue du Christ parmi celles des dieux païens. Ils résistèrent au relativisme religieux au nom de la Vérité Unique, incarnée, crucifiée et ressuscitée. Ils sauvèrent le Christianisme de la bouillie doctrinale séduisante mais indécise et précaire.

" Les vues futuristes les plus audacieuses s' appuient sur le passé le plus révolu, les révolutionnaires ont toujours un côté conservateur " Chesterton

On veut nous resservir un ragoût religieux mondialiste qui n' est moderne que par la marmite. " A un crochet peint sur un mur on ne peut accrocher qu' une marmite peinte sur un mur. " (E. Gilson).

 

(1) On se reportera utilement à la Réfutation du Tome 1 qui comporte déjà la critique des négations de l' Église par O. Le Gendre et le " Cardinal ", le duo des Non: https://skydrive.live.com/redir.aspx?cid=c78ec62b68259438&resid=C78EC62B68259438!501&parid=C78EC62B68259438!500&authkey=!APpprVjxlb4jDNY
(2) Excepté l' espoir de voir aboutir les efforts souterrains d' une coterie anonyme (comme le cardinal) au sein de l' Église, coterie vouée à réformer " les structures " pour " mieux faire passer le message ". Programme explosif mais habituel, banal et sans originalité de TOUS les Réformateurs depuis les premières hérésies jusqu' au modernisme condamné par St Pie X. Nous y reviendrons.
(3) On remarquera la qualité d' observation de M. Le Gendre et son souci de la description méticuleuse alliés à une fine analyse psychologique des détails révélée par l' adverbe " subtilement ". Ce mot doit vouloir manifester la recherche minutieuse que les dresseurs de table ont mise jusque dans les plus dérisoires frivolités.
(4) Toujours les détails qui condamnent: nappe blanche, assiette ronde de grand diamètre, en riche porcelaine, large serviette blanche, sièges de velours, plus haut dossier, marche de marbre, mur richement décoré, parements de la soutane des cardinaux, trente trois boutons pourpres, table de princes.
(5) On verra que Le Gendre succombe à de véritables obsessions, revenant plusieurs fois, parfois ad nauseam sur le même sujet (le pic est atteint avec l' idée fixe de la Cappa Magna des cardinaux évoquée au moins 6 fois!). Avec, naturellement, une interprétation complètement erronée.
(6) Mais de quel " camp " s' agit-il? Selon les grands saints, il n' y a que deux camps: pour St Augustin " la cité de Dieu & la cité des hommes ", pour St Ignace de Loyola: " deux Etendards: du Christ & du Démon " pour St Jean deux camps: " le camp des saints et l' autre " (Apocalypse 20:8) et pour l' Imitation de Jésus Christ deux doctrines: " Il y a deux doctrines: l' une de Dieu, immuable comme lui, l' autre de l' homme, changeante comme lui. "(Livre 1 Chapitre 3 Réflexion). Il serait utile de savoir de quel camp à quel autre O. Le Gendre est passé. On peut craindre le pire.
Notons que ce langage martial et militant, oppositionnel, est toujours attribué au " camp " intégriste. On voit bien ici l' abus de cette attribution exclusive, d' ailleurs souvent parfaitement injuste. Le " camp " progressiste n' est pas en reste de termes dialectiques belliqueux.
(7) Prétendues, car en quoi la couleur blanche, le velours, la rondeur de l' assiette, sa grandeur, la largeur de la serviette, un haut dossier et des accoudoirs, trente trois boutons pourpres (traditionnels chez les Cardinaux) sont-ils synonymes de signes princiers? Comment O. Le Gendre a-t-il pu apprécier, sur simple photo de magazine, la porcelaine riche? Et le mur richement décoré? A-t-il vu tout cela ainsi, ou l' a-t-il préjugé ainsi? Ignore-t-il que la pourpre des Cardinaux symbolise la vocation au martyre qu' ils acceptent avec, précisément, la pourpre qu' ils revêtent?
(8) Il y a des Le Gendre et des Cardinaux anonymes dans tous les temps, prêts à l'aigreur agressive devant les scandales imaginaires et construits. Au XVII° siècle les Jansénistes étaient de ceux là.
(9) Pauvre O. Le Gendre se révélant dans une opulence d' épithètes marquant, avec talent d' ailleurs, la misère de son repas (triste, épaisse, figée, molles); quel contraste avec les adjectifs aussi pittoresques - en sens inverse- montrant la superbe table du Pape! O. Le Gendre est vraiment un habile impressionniste pour susciter les sentiments qu' il entend créer chez ses lecteurs.
(10) Voici la photo de la chambre du Pape lors de son voyage en Allemagne en septembre 2011: est-ce une chambre de riche?

 

(11) Tiens, tiens! Le pape n' est donc pas seul à dîner dans de larges assiettes.
(12) Pour ceux qui douteraient du caractère succulent et de la réputation de l' Antica Taverna, on peut se rendre sur son site internet où on verra aussi les commentaires des visiteurs: " Fabulous " " Excellent tavern in historical center... Highly recommended " " Da ritornare il piu possibile "… http://maps.google.fr/maps/place?hl=fr&rlz=&gs_upl=778514l786030l0l787863l21l21l1l11l11l0l305l1963l0.4.4.1l9l0&um=1&ie=UTF-8&q=antica+taverna+rome&fb=1&gl=fr&hq=antica+taverna&hnear=0x132f61afa8f0165f:0x400c8c51bf371cd5,Rome,+Italie&cid=3719958589352204021&ei=pl-ETrnvEMSy8QPj16Qw&sa=X&oi=local_result&ct=photo-link&cd=3&resnum=1&ved=0CDoQnwIoAjAA
(13) Rien de nouveau encore là; déjà en 1907 dans son encyclique Pascendi Domici Gregis Saint Pie X dénonçait et condamnait ceux qui complotaient contre l' Église, s' organisant " in sinu gremioque ecclesiæ " au sein et au cœur même de l' Église. Les nouvelles erreurs mettent toujours leurs pas dans les anciennes: " Neuf fois sur dix, celles que nous appelons des idées nouvelles sont simplement de vieilles erreurs. " Chesterton
(14) Chesterton écrit (" L' homme éternel ") que dans le monde païen, "au sens sacramentel, il y a absence de la présence de Dieu " et dans le monde actuel " il y a une présence de l' absence divine ". En effet la privation de Dieu dans la société moderne impose la présence obsédante d' un mal être existentiel chronique qui n' est que l' expression d' une carence, celle de Dieu.
(15) Avec comme conséquence inexorable de le muer en homme animalisé.
(16) " Dieu qui nous a créé sans nous, ne nous sauvera pas sans nous. " St Augustin. " Il est facile de se sauver, il suffit de le vouloir " St Curé d' Ars.
(17) Par ignorance tenace, par négligence coupable, par esprit de révolte, par penchant sensuel, par orgueil et mille autres raisons qui font obstacle à la grâce et à la prédication du salut.
(18) Les mises en souligné sont de moi afin de mettre en évidence les préceptes de la " mondialisation " de l' Église.
(19) " Je suis celui qui toujours nie " Méphistophélès du Faust de Goethe.
(20) In son livre Vraie et fausse Réforme dans l' Église. Cerf 1950.
(21) Les réformateurs disqualifient volontiers ce qu' ils abhorrent en le traitant de " dépassé ". Un mot qui se veut assassin. Il est vrai que ce qui est éternel est toujours dépassé par ce qui actuel, le fuyant moment présent; parce que l' éternel est d' hier, mais il est aussi de DEMAIN. Péguy disait: " ils veulent dépasser ce qu' ils n' ont jamais atteint! ".
(22) Jacqueline de Romilly. Discours d' investiture à l' Académie Française.
(23) St Philippe de Néri: " dans la tentation, le vainqueur c' est celui qui fuit ".
(24) Jésus accepta toujours la prosternation à son égard; les Apôtres ne l' acceptèrent jamais pour eux: " Lève-toi! Moi aussi je suis un homme. " (St Pierre à Corneille qui se prosternait devant lui; Actes 10:26).
(25) Discours dans la " Konzerthaus " de Freiburg 25 septembre 2011.
(26) St Pie X écrivait: " ils convoient le socialisme, l'œil fixé sur une chimère " pour condamner le Sillon de Marc Sangnier (lettre " Notre charge apostolique " 25 août 1910).
(27) La très Sainte Vierge par son adorable FIAT nous montre la véritable voie " Je suis la servante du SEIGNEUR ".
(28) " Connivence " dont j' ai montré l' inexactitude historique dans la 1ère Réfutation. Tout au long de l' histoire c'est au contraire à un affrontement impétueux entre la Papauté et les États impériaux ou monarchiques d' alors que nous assistons. La " connivence " est une légende tenace mais trompeuse faite pour diffamer. La fameuse alliance du Trône et de l' autel n' est qu' une machine de guerre idéologique au même titre que le montage contre Pie XII accusé de sympathie puis, devant l' invraisemblance criante, de silence durant les années 1940-45.
(29) C' est moi qui souligne.
(30) Je pressens - mais peut être fais-je erreur?- comme une raillerie caustique dans l' énumération des belles notes théologiques qui caractérisent l' Église et qui, manifestement, pour Le Gendre, sont surannées.
(31) Comme on le constate, en l' espace de deux pages consécutives, sont posées les soi disant seules questions qui comptent et qui n' étant pas identiques ne sont donc pas " une SEULE ". Il y a donc plusieurs interrogations, voisines mais distinctes. Cela me semble indiquer une certaine confusion dans la manière de poser les questions qui ne peut qu' engendrer la confusion dans la manière de les résoudre.
(32) Réquisitoire implacable et même terrifiant qui évacue absolument l' âme divine de l' Église.
(33) Il ajoute toutefois son grain de sel amer pages 208 & 209: " Et je me disais aussi qu' il nous faut savoir quand les compromissions de notre Église avec l' argent et le pouvoir sont trop importantes et risquent de rendre méconnaissable le visage du Christ peint par les évangiles… Notre Église avait toujours su justifier avec des arguments fallacieux ses tentations de richesse et ses volontés de puissance ".
(34) Chesterton " Un nommé Jeudi ".
(35) Père de Dreux ofm " Méditations ascétiques ".
(36) Divinisé puisque méritant qu' on s' agenouille devant lui!
(37) Il en sera question plus avant.
(38) Vance Packard a même écrit dès 1957 un livre documenté sur les méthodes scientifiques de lavage de cerveau sous, précisément, le titre de " La persuasion clandestine " où " Il insiste notamment sur les nouvelles méthodes de manipulation mentale introduites par la télévision comme le message subliminal (James Vicary, chercheur en marketing sur lequel s' appuyait Packard, avait constaté qu' en introduisant des messages subliminaux tels que " Buvez du Coca-Cola ", les ventes avaient augmenté de 15 %). Ce livre, best-seller des années 1950 aux États-Unis, a inspiré les mouvements de consommateurs et encore aujourd' hui, la dénonciation des excès de la société de consommation. En 1964, il publie un autre ouvrage, " Une société sans défense ", sur la surveillance et le fichage de la population par la police, mais surtout par les entreprises, où cette fois il n' hésite pas à comparer la société dans laquelle il vit, l' Amérique des années 1960, aux œuvres d' anticipation de George Orwell et d' Aldous Huxley: 1984 et Le Meilleur des mondes. " (Wikipedia).
(39) La formule sic transit gloria mundi était proclamée par trois fois dans la Basilique St Pierre lors de l' intronisation d' un nouveau Pape en même temps qu' on faisait brûler devant lui une mèche d' étoupe. C' est ainsi qu' était rappelée la vanité des pompes mondaines au nouveau Pontife. Le rituel remontait au XIIIe siècle et fut abandonné par Jean Paul II.  
(40) " L' Église Romaine en face de la Révolution " Crétineau-Joly; livre écrit sur requête du Bienheureux Pie IX.
(41) Bossuet. Lettre sur le mystère de l' unité de l' Église.
(42) " Une montagne en mal d'enfant
Jetait une clameur si haute
Que chacun, au bruit accourant,
Crut qu' elle accoucherait sans faute
D' une cité plus grosse que Paris.
Elle accoucha d' une souris.
" -La Fontaine.
(43) Les conférences nationales peuvent d' ailleurs s' assembler par groupe géographique plus large comme le montre l' Assemblée plénière du Conseil des Conférences Épiscopales d' Europe (CCEE) qui se tient à Tirana (Albanie) jusqu' au 2 octobre 2011. Comme quoi le cardinal X ne propose rien de nouveau.
(44) 16 septembre 2011, Mgr Robert F. Vasa, évêque de Baker, Oregon (Etats-Unis): " Les Conférences épiscopales nationales, avec leur Conseil permanent, leurs commissions spécialisées et leurs services divers, sont un outil qui devrait aider les évêques et non pas se substituer à eux. On voit au contraire les Conférences et leurs commissions s' attribuer une mission d' enseignement qui ne leur appartient pas. Ni la Conférence, insiste Mgr Vasa, ni son président, ni ses structures bureaucratiques de plus en plus lourdes, ne peuvent agir au nom de tous les évêques. Cela est confirmé, ajoute-t-il, par le Code de droit canon. "
(45) octrine condamnée par la Bulle Execrabilis de Pie II (18 janvier 1460).
(46) Doctrine dogmatique très bien argumentée par le Bienheureux Cardinal John Newman in Essai sur le développement de la doctrine chrétienne, Ad Solem, 2007.
(47) "…il est suffisamment manifeste qu' en matière philosophique et théologique lesdites œuvres (du P. Teilhard de Chardin) fourmillent d' ambiguïtés ou plutôt d' erreurs graves qui portent atteinte à la doctrine catholique. " Le Pape Jean XXIII approuva ce Monitum, il appelait d' ailleurs le Père jésuite Teilhard de Chapardin.
(48) " Et moi, je te dis que tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise, et les portes de l' enfer ne prévaudront point contre elle. Et je te donnerai les clefs du royaume des cieux: tout ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu délieras sur la terre sera délié dans les cieux. "
(49) " Les Commentaires, mémoires de Pie II, constituent le chef d' œuvre littéraire de ce brillant représentant de la Renaissance qu' était Enea Silvio Piccolomini (Pie II). Véritable testament politique, religieux et humain, ils ont une grande valeur documentaire. Ils assortissent leurs observations de larges descriptions de la nature, qui préfigurent Goethe ou Rousseau, et de remarques et de réflexions personnelles très originales. " (Wikipedia).
(50) Doctrine selon laquelle le collège épiscopal, assemblé en conciles, possède le pouvoir suprême et plénier dans l' Église.
(51) " Au-dessus de quoi il n' y a plus rien ".
(52) " Complet, total, parfait, d' une intensité maximale. " Dictionnaire CNTRL.
(53) Charles Journet est un théologien catholique suisse d' expression francophone. Né le 26 janvier 1891 à Genève, il est décédé le 15 avril 1975 à Fribourg. Créé cardinal par le pape Paul VI en 1965, il a joué un rôle considérable au concile de Vatican II, notamment dans la rédaction de la Constitution Gaudium et Spes. Il fut l' ami de Jacques Maritain. (Wikipedia). 
(54) Qui donc? Ne sont-ce pas plutôt ceux qui doutent, dénigrent, ergotent et vaticinent, avec un esprit corrosif qui " ferment les portes du royaume de Dieu " aux plus faibles, en les scandalisant, en les désespérant?
(55) Le Gendre oublie que précisément l' Église C' EST DEJA LE ROYAUME DE DIEU DÈS ICI BAS.
(56) Sutor, ne ultra crepidam. 

 

Des saints de néon

Tous les clichés conformistes du monde contemporain se succèdent, comme on doit s' y attendre quand on " s' agenouille aux pieds du monde "; ainsi les saints de néon que sont les idoles factices et menteuses de notre temps, adulées avec leurs fêtes laïques et chômées sont-ils encensés par notre (1) Cardinal. Nous avons donc droit au couplet de complaisance obligatoire pour " Gandhi ou Martin Luther King qui ont tenté ou tentent d' opérer une révolution copernicienne, c' est-à-dire un renversement complet des attitudes au sein de croyances différentes. " (Page 230).

Ces deux personnages sont, il est vrai, devenus les références absolues de la religion mondialiste de l' Homme. Elle se dote à bon compte de glorieux martyrs qui finirent assassinés -parfois d' ailleurs dans de troubles circonstances- ce qui sans doute suffit à les faire monter sur les autels du Panthéon universel. Mais quels sont donc leurs mérites?

Gandhi, protagoniste Non-violent de l' Indépendance du sous continent Indien qui se traduisit par des violences terribles entre hindouistes et musulmans, la partition du pays sur des critères religieux au prix de plus de douze millions de personnes exilées et déplacées, un million de morts, quatre guerres successives entre le Pakistan et l' Inde (produits de la partition) ajoutant son lot de brutalité et de passions, la pomme de discorde toujours présente avec le Cachemire et pour finir l' assassinat de Gandhi par un des siens qui fut lui-même exécuté. Gandhi ou la non violence utopique débouchant, comme toutes les utopies, sur l' impétueux incendie meurtrier.

Ajoutons que sur le plan personnel le " vertueux Gandhi " qui avait des opinions racistes à l' égard des noirs sud africains durant son séjour dans ce pays y vécut une relation amoureuse homosexuelle de deux ans avec un architecte juif allemand culturiste Hermann Kallenbach qui lui fit quitter sa femme à l' âge de 39 ans en 1908. (2)

Enfin, pour un ascète engagé par un vœu d' abstinence, on appréciera sa pratique habituelle de coucher avec ses petites-nièces nues, Manu et Abha, ainsi d' ailleurs que d' autres femmes. Le ministre de l' état indien de Travancore l' appelait " le plus dangereux maniaque sexuel de semi-refoulement ". Il dit un jour à sa petite nièce préférée Manu: " Nous allons tous deux peut-être être tués par les musulmans ", il lui dit, " et on doit mettre notre pureté à l'ultime épreuve, afin que nous sachions que nous offrons le plus pur des sacrifices, et nous devons maintenant commencer à dormir ensemble nus. "

En vieillissant il avait plus de femmes autour de lui et les obligeait à dormir avec lui alors que, selon les règles de ségrégation de l' ashram où il vivait, il leur était interdit de dormir avec leurs maris. Gandhi avait des femmes dans son lit, exerçant ses "expériences" qui semblent avoir été, à la lecture de ses lettres, un exercice de strip-tease ou autres sans contact ni activité sexuelle. Beaucoup de documentation explicite a été détruite, mais d' alléchantes remarques dans les lettres de Gandhi restent telles que: "...Vina dort avec moi, on pourrait appeler cela un accident. Tout ce qu' on peut dire, c' est qu' elle a couché près de moi". De ce fait il se plaignait de " rejets involontaires " mais avait une croyance quasi magique dans le pouvoir du " fluide vital "! Quand il fut assassiné en Janvier 1948, il était avec Manu et Abha à ses côtés. Gandhi avait écrit à son fils: "Je lui ai demandé d' écrire sur son partage du lit avec moi", mais les protecteurs de son image étaient désireux d' éliminer cet élément de la vie du grand leader. Devdas, le fils de Gandhi, accompagna Manu à Delhi où il saisit l' occasion de l' instruire de se tenir tranquille.

" En fait il était fou de sexe " écrit le biographe Jad Adams.

Gandhi non seulement échoua dans sa vie publique, sa non-violence ayant débouché sur un chaos sanglant, mais ne fut préservé du scandale de sa vie privée que par la nécessité pour ses partisans de sauver sa réputation, en enfouissant ses frasques, après en avoir fait une icône factice pour des besoins politiques. Les étoiles présentent toujours une face cachée qui demeure masquée au grand public. C' est le grand et permanent mensonge de ce monde.

Martin Luther King On accepte toujours mal qu' un héros soit un salaud sur le plan personnel, surtout quand il a été promu statue nationale aux USA, voit son buste dans le bureau présidentiel et fait l' objet d' un jour férié national depuis 1986. Si on rajoute les médailles d' honneur dont il est détenteur (posthume -les morts ont toutes les vertus-) on retient sa plume pour dépeindre le vrai personnage. Il le faut cependant, pour la vérité.

Médaille présidentielle de la liberté (par Jimmy Carter, président battu), prix des droits de l' homme des Nations Unies en 1978 (où siègent des états esclavagistes de nos jours encore, des dictatures, les régimes communistes et islamiques...), médaille d' or du Congrès US (soumis aux lobbies les plus souterrains), la médaille des libertés américaines de l' American Jewish Committee, le prix Margaret Sanger du Planning familial d' Amérique en 1966 "pour sa courageuse résistance à la bigoterie ". Consécration suprême il a sa statue sur la galerie des martyrs du XXe siècle à l' abbaye de Westminster (les anglicans ne reculent devant aucune galipette conformiste).

Dans des confidences que sa fille Caroline vient de publier (3), Jacqueline Kennedy épouse du Président qualifie Luther King de " faux jeton ". Aux USA les langues se délient peu à peu: " les crimes échappent toujours par quelque endroit " (Bossuet).

Voici la relation de Norman Lester avec la citation de la documentation qui appuie son enquête:

" Martin Luther King, un pasteur Baptiste, était un prédateur sexuel compulsif aux mœurs scabreuses. Le côté sombre du personnage est un sujet tabou aux États-Unis.

King, qui suit les traces de son père, également pasteur baptiste, est un personnage ignoble. Son premier discours à l' Église Baptiste Ebenezer, en 1947, est le plagiat intégral d' un discours d' un autre pasteur noir, Harry Emerson Fosdick. Le Wall Street Journal découvrira plus tard que King a aussi plagié au moins 50 phrases complètes dans sa thèse de doctorat en théologie à l' Université de Boston. La commission constituée pour enquêter là-dessus conclut qu' il a plagié 45 % de la première partie de sa thèse et 21 % de la seconde. Même si le plagiat est flagrant, l' université ne lui enlève pas sont titre de docteur. On craint la réaction des Afro-américains. Un groupe d' universitaires, chargé par sa famille de réunir ses œuvres pour publication, découvre que son fameux discours "I have a dream" est en partie plagié d' un discours prononcé 11 ans plus tôt par le pasteur noir Archibald Carey.

Mais surtout, le pasteur King est un obsédé sexuel avec un besoin insatiable de copulation. Les informations sur les mœurs dissolues de King ne viennent pas de ses ennemis racistes, mais de proches collaborateurs, d' universitaires et de journalistes noirs troublés par son hypocrisie sans borne.

Dans sa biographie de 1989 And the Walls Came Tumbling Down, le compagnon de lutte, confident et meilleur ami de King, le pasteur Ralph Abernathy, qui était avec lui la nuit où il a été assassiné, raconte ses dernières heures. Après avoir prononcé un discours en fin d' après-midi, King accompagne une femme chez elle où il reste jusqu' à une heure du matin. En rentrant au motel où il loge, il ramasse une prostituée. Comme elle ne veut pas " rester " avec lui dans la chambre qu' il partage avec Abernathy, il loue une seconde chambre où il l' amène. Une troisième femme, à qui il avait donné rendez-vous, se présente entre-temps à la chambre où dort Abernarthy. Lorsqu' il y revient, après une relation sexuelle avec sa prostituée, une violente dispute éclate avec la femme qui l' attend. Il la frappe si fort au visage qu' elle est projetée de l' autre côté du lit, rapporte Abernathy. Ces révélations ont soulevé la colère et l' indignation de la communauté noire américaine qui a ostracisé le pauvre Abernathy jusqu' à sa mort.

Abernathy avait averti King qu' il était imprudent d' avoir une vie sexuelle aussi dévergondée alors que le FBI l' avait dans sa mire. Le 6 janvier 1964, Martin Luther est installé à l' hôtel Willard de Washington. Sa suite est "sonorisée" par le FBI. Les magnétophones de la police fédérale américaine vont enregistrer l' intégralité de l' orgie de plus de 12 heures qu' il préside. Dans son livre, Abernathy révèle que le FBI a non seulement enregistré l' orgie du Willard, mais l' a également filmée.

L' historien des droits civiques Taylor Branch, qui a eu accès au matériel du FBI, rapporte dans son Pillar of Fire: America in the King Years que King, tout à coup durant l' orgie, lance le blasphème "I' m fucking for God!" alors qu' il monte une prostituée blanche.

Comme les autres femmes trahies et humiliées de la politique américaine, Jackie Kennedy et Hillary Clinton, Coretta King accepta son sort avec résignation et protégea toujours la mémoire de son mari. Le 31 janvier 1977, elle obtint une ordonnance judiciaire plaçant sous scellé 845 pages de documents du FBI concernant son mari jusqu' en 2027, parce que ces documents pourraient détruire sa réputation. "

" La vérité est souvent cruelle. Lorsqu' elle contredit la légende entourant un héros national, les peuples aiment beaucoup mieux s' en tenir à la légende. "

Qu' ajouter? Chaque fois que Luther King mentionnera Jésus c' est pour l' associer avec ses propres références humaines Socrate et Gandhi (qui se ressemble…) (4). Dans une lettre écrite de prison, il met toutes les religions au même rang; jamais il ne prêcha Jésus crucifié, ses sermons l' attestent. Les églises noires furent pour lui un moyen pour répandre un évangile purement social. Si on consulte en ligne les écrits de Luther King numérisés (encore partiellement) par l' Université de Stanford on trouvera assez de preuves qu' en réalité il rejetait tous les fondements de la foi chrétienne.

Luther. Voilà revenu de mode de revendiquer Luther parmi les géants de l' humanité à admirer; sans doute parce que de ce grand révolté contre l' Église (5) ne demeure que l' apparence d' un impétueux réformateur, briseur de sacré, insoumis à l' autorité légitime, rebelle à son ordre religieux et qui bafoua ses vœux. De quoi ravir les " indignés " -comme on appelle de nos jours les conformistes de l' insurrection en dentelle, celle qui ne coûte qu' un peu de frisson rebelle sans aller bien sûr jusqu' à transgresser les vrais citadelles idéologiques de ce temps-. Le Gendre qui fait parler ici le cardinal écrit: " Luther, l' idéaliste, eut un haut le cœur devant ces pratiques . Ce fut l' étincelle qui déclencha sa révolte " Page 204.

Luther idéaliste! Décidément on nous aura infligé jusqu' à l' insoutenable car si on peut tout dire de Luther, on ne saurait y voir même l' ombre d' un " idéaliste ". Qu' on en juge d' abord par les jugements de ses proches et de fidèles protestants:

" Véritablement Luther est fort vicieux; plût à Dieu qu 'il eût pris soin de réprimer davantage son incontinence! Plût à Dieu qu' il eût songé davantage à reconnaître ses vices! " Calvin

" Luther est un pourceau qui grogne " Zwingli (Chef des réformés de Zurich)

" En vérité nous sommes des gueux " Luther se jugeant lui même

" Je ne saurais croire que des hommes dont les mœurs sont si contraires à la doctrine du Christ, soient guidés par l' esprit du Christ. Aujourd' hui nos évangélistes font de la fureur, s' emparent par fraude du bien d' autrui (8), excitent partout des troubles (9) et médisent même de ceux dont la conduite est exemplaire. Je vois bien des hypocrites et des tyrans, mais d' esprit évangélique, pas une étincelle " & "Tout est outré dans cette Réforme: on arrache ce qu' il faudrait seulement épurer, on met le feu à la maison pour en consumer les ordures. Les mœurs sont négligées; le luxe, les débauches, les adultères se multiplient plus que jamais; il n' y a ni règle ni discipline…Quelle race évangélique est ceci? Jamais on ne vit rien de plus licencieux, ni de plus séditieux tout ensemble, rien enfin de moins Évangélique que ces Évangéliques prétendus. " Erasme, qui avait pourtant écrit " j' ai pondu l' œuf, Luther l' a fait éclore "; il le regrettait bien! (10)

"Jamais peut-être le monde ne vit dans un même siècle une collection de misérables et de scélérats tels que LUTHER, ZWINGLE, CALVIN, BEZE et les autres coryphées du parti réformateur. Tous, de l' aveu même de leurs propres sectaires, étaient diffamés par les vices les plus honteux. Le seul point de doctrine sur lequel ils s' accordassent entre eux était l' inutilité des bonnes œuvres; et leur vie sert peut-être à démontrer combien ils étaient conséquents dans l' application pratique de leurs principes." William Cobbett (11) ("Lettres sur l' histoire de la Réforme en Angleterre" 1829).

On raconte qu' un célèbre littérateur allemand au XIXe siècle, Werner, abandonna le luthérianisme pour le catholicisme (le petit fils de Luther en fit d' ailleurs autant); un haut personnage protestant, lors d' un, dîner lui dit qu' il ne pourrait jamais estimer un homme qui avait changé de religion. "Ni moi non plus, répliqua Werner; et c' est précisément pour cela que j' ai toujours méprisé Luther ".

Idéaliste Luther? Mais il désespérait de son salut. Peu de temps avant sa mort, sa femme (ex religieuse) lui montrait, un soir d' été, les étoiles qui brillaient au firmament: " Vois donc, maître, lui disait-elle, combien ce ciel est beau! -- Il ne brille pas pour nous, répondit sombrement l' hérésiarque. -Est-ce, répliqua Catherine effrayée, parce que nous avons violé nos vœux? - Peut-être, dit Luther. - S' il en était ainsi, il y faudrait revenir. --- Il est trop tard; le char est embourbé." Et il coupa court à la conversation.

A Eisleben, la veille du jour où il fut disparu, il disait à ses amis: " J' ai presque perdu le Christ dans ces grandes vagues du désespoir où je suis comme enseveli. " Et, après une pause: " Moi qui ai donné le salut à tant d' autres, je ne puis me le donner à moi-même! "(Histoire de la vie de Luther en trois tomes - M. Audin 1850).

Lorsqu' il dut consigner sa nouvelle foi en un symbole qui rassemble sa doctrine et l' unifie, il composa la fameuse Confession d' Augsbourg en 28 articles en 1530; celle-ci remaniée par la suite plusieurs fois ne put se maintenir dans son homogénéité d' origine si bien que la doctrine luthérienne, flottante et contradictoire selon les dates ne put persister inchangée. Que penser d' un fondateur qui varie dans sa pensée, Dieu n' est il pas immuable et sa Révélation est-elle mouvante? Bossuet eut beau jeu de dénoncer ces contradictions dans sa grande " Histoire des variations des églises protestantes " (12).

Il y a au couvent dominicain Sainte Marie sur Minerve à Rome une lettre de Luther à sa vieille mère. Celle-ci lui demandait " si elle devait changer de religion et adopter ses opinions nouvelles ", Luther lui répondit " NON, restez catholique; car je ne veux ni tromper ni trahir ma mère. " De même à sa mort, la mère de Melanchthon le grand disciple et ami de Luther demanda à son fils: " Je vais paraître devant Dieu et je vous adjure de me dire sans rien me cacher, dans quelle foi je dois mourir. " Melanchthon répondit: " Ma Mère, la doctrine protestante est plus facile, la doctrine catholique est plus sûre! ". Les enfants confessent toujours la vérité à leur Mère.

" L' idéalisme " de Luther culmine en diable -si je puis dire- dans sa doctrine contre la Messe. On sait que contrairement à beaucoup de confessions protestantes toutes nées de la faction luthérienne (calvinistes, Zwingliens, sociniens, anabaptistes etc.) Luther crut toujours à la présence réelle du Seigneur sous les espèces après la consécration (13) mais il nia férocement le caractère de sacrifice propitiatoire de la messe. Il y voyait un sacrilège qui diminuait la valeur unique du seul sacrifice de la Croix. Cette doctrine, de qui venait-elle? Quel théologien inspira Luther dans cette théorie si nouvelle? Il le révèle lui-même - ce qui rend l' aveu incontestable- c' est le Démon en personne qui une nuit le convainquit du caractère sacrilège de la messe (14)! " Il m' arriva une fois de m' éveiller en sursaut vers le milieu de la nuit: Satan était là qui, sans tarder, ouvrit la discussion: " Écoute, me dit-il, Luther, docteur savantissime. Tu sais que, durant quinze années, tu as célébré des Messes privées; que dirais-tu si ces Messes privées étaient une horrible idolâtrie? Que dirais-tu si le corps et le sang du Christ n' y avaient pas été présents, et que tu n' eusses adoré, fait adorer aux autres que du pain et du vin? " (" Conférence entre Luther et le diable au sujet de la Messe " Texte intégral: http://v.i.v.free.fr/spip/spip.php?article1244)

Après une longue controverse, Luther fut convaincu et ne cessa plus de combattre la Sainte Messe. Il avait cédé au théologien cornu et demeura donc toute sa vie dans la plus extrême contradiction en croyant à la présence réelle dans l' Eucharistie, mais en niant: le sacerdoce ministériel consacré (qui seul peut produire la transsubstantiation) et la validité du sacrifice de la messe (où se fait la consécration des espèces). Il s' était enfermé dans une inextricable doctrine chuchotée par le Ténébreux.

" Qui ne sera surpris de voir que Martin Luther, homme de beaucoup d' esprit, avoue dans la Relation de cette conférence, que c' est de l' Ange de ténèbres, auteur du mensonge, et que tout Chrétien doit avoir en horreur, qu' il tient cette Doctrine (contre la Messe)?... Je m' en rapporte aux plus zélés Protestants, ses disciples. N' est-ce pas un excès condamnable dans Luther de s' être livré à ses préventions et d' avoir abandonné le sentiment unanime de l' Église Catholique, pour suivre aveuglément les suggestions du Démon… Que les Protestants qui cherchent le vrai, qui ne craignent rien tant que de se voir trompés, ne doivent-ils pas penser à la lecture de cette pièce, reconnue et avouée pour être de Luther même; pièce néanmoins qui fut un des motifs qui le fit passer du séjour de la vérité dans celui de l' erreur? Que ne diraient-ils pas contre nous, s' ils avaient un semblable titre à nous opposer? " (Avant propos de la Conférence de Luther réimprimée en opuscule par l' abbé Lenglet-Dufresnoy Paris 1715 in-12.)

Ajoutons à son idéalisme les " Propos de table " (de Luther), objet d' innombrables éditions où se manifestent ses penchants orduriers, scatologiques, charnels, gloutons et voluptueux. Un ouragan de boue et d' obscénités! Quant à son antisémitisme légendaire, si contraire au sentiment et à la pratique catholique et Romaine, il va jusqu' à demander " que fussent réduites en cendres les synagogues avec leurs livres, et détruites les maisons appartenant à des juifs ". Il proposait de suivre les exemples français, puis espagnol et expulser les juifs du territoire allemand. Ayant d' ailleurs rappelé entre autres "propos de table": les juifs sont "le peuple du diable" "Von des Juden et ihren Lugen" (1542).

Et n' omettons pas le scandale religieux que justifia Luther avec ses comparses protestants en légitimant la bigamie du Landgrave de Hesse qui consulta Luther sur son double mariage. Le moine factieux publia une note en 24 articles hérissée de subtilités, bourrée de citations bibliques; après avoir représenté que l' introduction de la polygamie donnerait lieu à des scandales affligeants, après avoir engagé le Landgrave à vivre dans la chasteté, on finissait par dire: " Si votre altesse est complètement résolue à épouser une seconde femme, nous jugeons qu' elle doit le faire secrètement (quod si denique vestra celsiludo omnino concluserit adhuc unam conjugem ducere, judicamus id secreto faciendum)... C' est ainsi que nous l' approuvons (sic hoc approbamus); car l' Evangile n' a ni révoqué, ni défendu ce qui avait été permis dans la loi de Moïse à l' égard du mariage et n' en a point changé la police extérieure, mais il a ajouté la vie éternelle, prescrivant la véritable obéissance aux ordres de Dieu et s' efforçant de réparer la corruption de la nature. " Cette consultation était signée de Luther, de Melanchthon, de Bucer... On ne peut douter qu' elle ne coûtât fort aux réformateurs, mais ils sacrifièrent tout scrupule à l' urgence de ne pas mécontenter un Prince qui était leur plus ferme appui.

Ils sacrifièrent leur Foi, et leur honneur, au caprice d' un Prince.

C' est ainsi que par une méconnaissance des faits historiques (15) on impose le portrait inexact d' un homme à l' inverse de l' idéalisme (16)qu' on lui accorde. Car la vérité c' est que Luther, loin d' être idéaliste, était un pessimiste absolu, adversaire de toute rationalité humaine car pour lui l' homme était vicié irrévocablement dans sa nature depuis le péché d' origine. L' homme était donc privé de toute participation volontaire à son salut, incapable de tout bien, même avec la grâce sanctifiante (17), ne jouant AUCUN rôle ni par son consentement, ni par ses prières, ni par ses œuvres à sa propre rédemption. D' où sa doctrine déplorable de la prédestination aveugle, son antagonisme envers la raison: "La raison, c' est la plus grande putain du diable ... qu' on devrait fouler aux pieds et détruire, elle et sa sagesse. Jette-lui de l' ordure au visage pour la rendre laide. Elle est et doit être noyée dans le baptême. Elle mériterait, l' abominable, qu' on la relègue dans le plus dégoûtant lieu de la maison, aux chiottes" (Tome IV, p. 142).

D' où aussi sa vie de péché et de désespoir puisque seul Dieu choisit ses élus sans leur coopération, la foi SEULE suffisant (18); dès lors qu' importe le péché: "Sois pécheur et pèche fortement, mais confie-toi et réjouis-toi plus fortement encore dans le Christ." (Lettre à J. Mélanchton).

Révolté, pessimiste foncier, désespéré, on comprend la fin tragique de Luther, pendu à son lit après une soirée trop arrosée:

" Voici donc ce qui est arrivé: Luther se trouvant à Eisleben, au milieu des très illustres seigneurs d' Allemagne, avait accordé à sa soif une trop généreuse satisfaction. Pris de boisson, il en était absolument appesanti, et nous l' avions mené coucher, et bien accommodé en son lit… Le lendemain, arrivés près de notre maître pour l' habiller comme de coutume, quelle n' est pas notre douleur, quand nous apercevons Martin Luther pendu à son lit et misérablement étranglé! Cet horrible spectacle de pendaison nous remplit d' effroi. Après un peu d' hésitation, nous courons chez les princes et les compagnons de la veille, leur annoncer cette exécrable fin de Luther. Eux, non moins affolés que nous, commencent par nous faire promettre toutes sortes de choses et porter de nombreux témoignages: en premier lieu, il nous fallait tenir la chose sous silence, fidèlement, constamment, afin que rien n' en transpirât; puis, remettre au lit le cadavre souillé de Luther, mais dégagé de sa corde; enfin, répandre dans le public qu' il était mort subitement. Riches de larges promesses, nous allions tenir notre engagement, autant par attachement et fidélité à la mémoire de notre maître que sur la demande des princes, n' eût été la force insurmontable de la vérité pour nous pousser à faire autrement. La vérité peut bien quelquefois être opprimée, quand le respect humain, la peur, ou l' espoir du lucre s' en mêlent, mais grâce au sentiment de la religion ou au remords de la conscience, cela ne peut durer toujours. "... Récit de Ambroise Kûntzell, familier de Luther et plus tard converti au catholicisme.

Concluons sur Luther

" À une époque où on se plaît à exalter outre mesure la raison, la liberté, les forces et la dignité de la nature humaine, c' est une chose étrange de voir glorifier un homme dont le système doctrinal se réduisait à dire que le libre arbitre est une pure fiction; que l' homme est impuissant à s' élever vers Dieu par un acte quelconque de son intelligence et de sa volonté; que nos facultés intellectuelles et morales n' ont pas été seulement affaiblies et viciées, mais totalement anéanties par le péché originel; que la nature humaine a été tellement corrompue par ce fait qu' il n' y reste plus une étincelle de lumière, pas un germe de bien, pas un atome de vertu, et qu' ainsi, au fond de chaque manifestation vitale de l' homme, de ses pensées, de ses paroles, de ses actions, et pour ainsi dire dans son souffle, il y le mal qui la souille et qui l' empeste, de telle sorte que tout ce qui reste dans notre volonté est mauvais, et que tout ce qui est dans notre entendement n' est qu'erreur et aveuglement… Une nation qui aurait pris au pied de la lettre le pecca fortiter (19) pour le faire passer dans la pratique serait arrivée depuis longtemps au dernier degré de l' abrutissement. Qu' ils en conviennent ou non, tout ce que les pays protestants ont su conserver d' éléments chrétiens, ils le doivent à l' Église catholique... La vérité est que c' est l' Église catholique qui a sauvé leurs croyances d' une ruine complète, en plaçant la révélation divine sous la sauvegarde du principe d' autorité. Sa doctrine est le fonds commun où puisent tous les dissidents, alors même qu' ils en rejettent une partie pour s' attacher au reste. Si, à l' heure présente, il existe encore une seule croyance positive dans les pays protestants, elle est empruntée au symbole catholique qui, seul, la maintient dans le monde avec autorité; tout le reste se réduit à de pures négations, et les négations n' ont jamais été ni une lumière ni une force.

" Ce n' est donc pas aux théories de Luther, aujourd' hui abandonnées de tout le monde, et fort heureusement pour l' honneur de la conscience publique, c' est à l' Église catholique gardienne du christianisme complet que nos frères séparés sont redevables de tout ce qui a survécu chez eux aux ravages de l' incrédulité. " (Mgr Freppel, Œuvres polémiques, t. 6, p. 90-108) (20).

Pour approfondir la connaissance de la philosophie et la théologie de Luther il y aura grand profit de lire " Trois réformateurs: Luther, Descartes, Rousseau " (21) de Jacques Maritain, philosophe chrétien, thomiste, fait Cardinal par Paul VI.

Voilà les hommes: Gandhi, Luther King, Luther que le monde nous donne à admirer, à aduler et à suivre. Je suis surpris qu' on n' ait pas songé à loger une autre icône aussi avariée que les précédentes puisqu' elle orne le prêt à porter de mode comme le prêt à penser de masse: le révolutionnaire CHE GUEVARA, lui aussi tombé dans des circonstances brumeuses. Décidément les idoles de ce temps finissent toutes bien mal.

On me rétorquera sans doute, Jésus Christ aussi. OUI, mais LUI il " ressuscita le troisième jour ". Et " Il monta aux Cieux ". Cela fait une grande différence, celle qu' il y a entre une Vraie religion fondée sur les Apôtres et une forgerie montée par les journalistes. A ma connaissance aucun d' eux n' a accepté de mourir pour authentifier son témoignage.

L' intégrisme

On peut être chrétien, certes, mais à la condition de ne pas l' être tout à fait, c' est-à-dire en l' étant d' une manière non intégrale - n' est-ce pas? - pour ne pas dire non intégriste. Maurice G. Dantec

Les mots et les expressions ont aussi une mode. Il fut un temps où pour affaiblir, pétrifier ou anéantir l' adversaire on le qualifiait d' " infâme " (23), de " ci-devant " puis de " réactionnaire " ou de " clérical " puis de " fasciste ". Aujourd' hui la mode est à " l' intégriste " donné -faussement - comme équivalent à " fondamentaliste ". Il est évidemment plus facile et plus expéditif de tuer (socialement) d' un qualificatif que d' argumenter avec sa raison, ce qui suppose d' en avoir l' aptitude discursive et la compétence intellectuelle avec la connaissance parfaite du sujet.

" Le moderne bannissement de la vie publique passe par l' usage gratuit de ces appellations incontrôlées. Il en ressort que l' emploi du terme intégriste est toujours suspect. Il ne relève que d' une diffamation collective, créatrice d' un préjugé péjoratif, il est arbitraire, ne reposant sur aucune justification, il a pris l' allure d' un vice défini et connu comme tel. Celui qui l' utilise néanmoins comme allant de soi, sans motivation explicite, se désigne lui-même comme en cela disqualifié." Jean Madiran, écrivain, journaliste et philosophe catholique 9 nov. 2011

Soumis à tous les lieux communs des modes en cours (et en cour), O. Le Gendre et le Cardinal n' échappent pas à ce travers destiné à disqualifier à bon marché, nul n' allant y voir en général, si l' épithète est justifié (et ce qu' elle signifie).

" La tentation des groupements intégristes: préserver la pureté au dépens de l' adhésion consciente des fidèles… Oui, c' est une des caractéristiques de l' intégrisme: fantasmer une pureté qui n' existe pas et n' a jamais existé en tenant les fidèles sous le pouvoir d' un mystère auquel ils n' ont pas accès, sauf à rejoindre le petit cercle des initiés." (24) Page 141

" …extrémistes religieux: fondamentalistes, intégristes, partisans de la théocratie. " Page 259

La première légitime question à se poser, quand on est catholique, pour juger correctement une opinion, ou une pratique, ou une doctrine est: qu' en a dit l' Église?

Or je lance ici un défi au cardinal et son alter ego qui signe le livre: qu' ils me montrent où, quand et dans quel document l' Église a condamné ou seulement commenté, ou encore cité " l' intégrisme "? Ils seront bien en peine de me répondre et leur caricature de l' intégriste n' est donc qu' une opinion privée dénuée de valeur doctrinale sinon de sens.

Car comment comprendre ce terme, connoté aujourd' hui d' une charge péjorative par la disgrâce de la pesanteur socio-médiatique dominante, sans le relier à ses racines " intégrité " & " intègre "? Si vous demandiez à un " intégriste " -mais est-il fréquentable?- ce qu' il entend par ce terme (dont d' ailleurs il ne s' est jamais revendiqué et qu' on lui accole d' office, arbitrairement) il vous répondrait sans doute qu' il se veut " intégralement "catholique ou catholique dans son " intégrité ". Est-ce pendable? Est-ce déraisonnable? Est-ce une violence? Est-ce un péché?

Sans doute, pour Le Monde, est-il préférable d' être catholique modéré c' est-à-dire, de fait, modérément catholique. Vous savez, catholique sans excès de religion, de prière, d' ascèse (voir encadré), en un mot de sainteté car " méfiez vous des saints!" (Bernanos).

Le cardinal et Le Gendre portent sur le Bx Jean-Paul II un jugement terrible à propos des mortifications qu' il s' infligeait (flagellation): " Le Gendre: vous aviez connaissance de cette pratique de Jean-Paul II?...si ce fait est prouvé, Éminence, qu' en pensez vous? - Cela me gênerait et jetterait, à mon avis, une ombre sur la personnalité de ce très grand Pape. " Pages 126 -.-127.

Évidemment la mortification est une pratique intégriste, rebelle à l' esprit du monde, incomprise et raillée. Une conduite extrême pour la morale du plaisir qui n' a jamais rien compris à la valeur de la souffrance rédemptrice. En effet, de nos jours, la souffrance en tant que telle, est insupportable, inadmissible et révoltante. Conception qui en aggrave la peine et en fait l' antichambre de l' enfer quand elle pourrait être le vestibule du Paradis: " si les hommes connaissaient la valeur des croix, ils se les voleraient entre eux " (St Curé d' Ars).

La subversion des mots précède la subversion des choses et il est inévitable qu' une société désintégrée bannisse l' intégrité et les personnes attachées intégralement à leur conviction - surtout quand ces convictions sont fondées sur le surnaturel révélé, notion que le naturalisme refoule-. Le plus étrange est que cette manière singulière d' étiqueter " intégristes " certaines catégories de croyants - mais surtout pas les intégristes du relativisme, de la libre pensée, du libéralisme religieux (25), de la science, de l' hédonisme, les intégristes des réformes permanentes, de la déstabilisation et de la critique - soit aussi endossée par un cardinal dont on pourrait soupçonner pourtant l' intégrisme du dénigrement. Car, qu'il y prenne garde, à ce jeu du mot assassin on devient toujours " l' intégriste " de quelqu' un.

Mais comment peut-il ignorer le nombre incalculable d' expressions (26) de la Sainte Écriture qui recommandent au contraire cette vertu?

Josué 24:14 " Servez Yahvé avec intégrité et vérité; ôtez les dieux qu' ont servis vos pères de l' autre côté du fleuve et en Egypte, et servez Yahvé."

Proverbes 10:9 " Celui qui marche dans l' intégrité marche en confiance "

20:7 " Le juste marche dans son intégrité; heureux ses enfants après lui! "

28:18 " Celui qui marche dans l' intégrité trouvera le salut "

Amos 5:10 " celui qui parle avec intégrité, ils l' ont en horreur "

JOB 2:3 " Yahvé dit à Satan: " As-tu remarqué mon serviteur Job? Il n' y a pas d' homme comme lui sur la terre, intègre, droit, craignant Dieu et éloigné du mal. Il persévère toujours dans son intégrité, quoique tu m' aies provoqué à le perdre sans raison. "

Isaïe 38:3 "Souvenez-vous, ô Yahvé, que j' ai marché devant votre face avec fidélité et intégrité, et que j' ai fait ce qui est bien à vos yeux!" Et Ezéchias versa des larmes abondantes. "

Ce qui est clair ici c' est que, pour O. Le Gendre, la charité n' est pas pour les intégristes. Et c' est à eux qu' on reproche la dureté de cœur, l 'intransigeance dans la doctrine (qui n' exclut pas la douceur envers les hommes), la rigueur dans la morale, la violence dans l' expression (27) etc.

Oui l' intégrisme dans la société et dans certains milieux catholiques n' a pas Bonne Presse. (28)

Aussi, pour parfaire la défaite du supposé " intégrisme " catholique, Le Gendre n' hésite pas à utiliser l' arme hypocrite absolue de l' amalgame classique avec l' intégrisme islamique (29). Mais cette tactique insidieuse est une imposture intellectuelle sans mesure car nul ne peut ignorer que le problème n' est pas, dans l' islam, le fondamentalisme. Le seul problème dans l' islam, ce sont les fondamentaux de l' islam. Dans l' islam, à l' inverse du Catholicisme, c' est dans la doctrine même du coran qu' on trouve la violence: " Les religions chrétiennes furent sanglantes et meurtrières en s' éloignant de leurs textes tandis que l' islam le fut en se rapprochant des siens. " Eric Conan L' intégrisme dans le Catholicisme, selon ses propres Écritures, serait plutôt dans un débord d' Amour!

Plusieurs femmes nous livrent leur vision; elle est plus intrépide, plus exacte et plus éclairée que celle de M. Le Gendre:

" J' ai décidé de combattre l' islam; s' il vous plaît comprenez ma déclaration: combattre l' islam, pas l' islam politique, pas l' islam militant, pas l' islam radical, pas l' islam wahhabite, mais l' islam en lui-même... L' islam n' a jamais été incompris, l' islam est le problème. ", Mme WAFA SULTAN, Syrienne et musulmane alaouite, psychiatre, américaine depuis 1989. (http://www.youtube.com/watch?v=RFN8ahYN1b0)

" Il n' y a rien à garder du coran " " Les médias occidentaux et les intellectuels font preuve de lâcheté concernant l' islam et ses dogmes " Taslima Nasreen écrivain née en 1962 dans une famille musulmane de Mymensingh, au Bangladesh. Elle a d' abord été gynécologue puis écrivain.

" Je connais l' islam et pour moi cela signifie la mort et la douleur. L' islam, fondamentalement, méprise l' être humain et la femme. " Mina Ahadi Née en Iran en 1956, se voit exclue de l' université de Téhéran où elle étudiait la médecine aux premiers jours de la révolution islamique, parce qu' elle refuse de porter le tchador.

"Les intégristes chrétiens protestent mais ne brûlent pas."C' est ce qu' a répondu le ministre de l' Intérieur, Claude Guéant, à un journaliste qui tentait de lui faire faire un amalgame entre les manifestants du Théâtre de la Ville (où se produit une pièce outrageante pour le Christ) et les auteurs islamiques de l' incendie des bureaux de Charlie Hebdo. (Source: I Télé 2 novembre 2011)

Mais, alors que la violence est partout, parfois voilée sous des masques doucereux et des mots lénifiants (IVG pour avortement, euthanasie pour assassinat médical, intervention humanitaire pour guerre néo coloniale, dommages collatéraux pour bavures militaires, incivilités pour délinquance violente, jeune pour immigré asocial…), le monde moderne récuse la Force comme une peste alors qu' elle est une vertu cardinale nécessaire. (31) On ne parle plus guère, quand on évoque le Seigneur Jésus que de ses douceurs; certes! Mais il sut aussi montrer sa colère et sa prédication en acte ne fut pas narcotique: " St Jean 2:14. Il trouva dans le temple les marchands de bœufs, de brebis, et de colombes, et les changeurs assis.

15. Et ayant fait un petit fouet avec des cordes, il les chassa tous du temple, avec les brebis et les bœufs; il jeta par terre l' argent des changeurs et renversa leurs tables.

16 .Et il dit aux vendeurs de colombes: " Enlevez cela d' ici; ne faites pas de la maison de mon Père une maison de trafic."

17. Les disciples se ressouvinrent alors qu' il est écrit: "Le zèle de votre maison me dévore."

Aujourd' hui on préfère l' eau tiède qui ne procure qu' une sensation indolente.

St Jean Apocalypse 3:15 " Je connais tes œuvres: tu n' es ni froid ni chaud. Plût à Dieu que tu fusses froid ou chaud! 16 Aussi, parce que tu es tiède et que tu n' es ni froid ni chaud je vais te vomir de ma bouche."

" On ne trouve la vraie religion que chez les chrétiens appelés catholiques ou orthodoxes, c' est-à-dire gardiens de l' intégrité et disciples de la justice. " (" La vraie Religion " Saint Augustin édition Via Romana août 2010 Chapitre V p.75)

" Une autre interprétation culturelle me paraît plus respectueuse de la nature de l' homme et des relations qu' il a. Elle se place à la limite qui sépare la religion civile de la diaspora et de la clandestinité. Elle propose la manifestation de Jésus-Christ dans son intégralité - qui ne peut être réduite à aucune prise de position humaine -, elle en montre le cœur qui vit dans la foi de l' Eglise au profit du peuple tout entier.

De quelle façon? A travers l' annonce, par le représentant de l' Eglise, de tous les mystères de la foi dans leur intégralité, savamment résumés dans le catéchisme de l' Eglise."

20/02/2011 in " Avvenire " Cardinal Scola Archevêque de Milan.

Intermède historique sur l' anglicanisme:

Il sera utile d' examiner comment le Cardinal prétendu " historien ", qui s' exprime sur le sujet qui suit, nous trace l' histoire de la naissance de l' Église anglicane. Pris en défaut une nouvelle fois sur ses analyses du passé, il ne nous en apparaîtra que plus illégitime dans sa théorie de réforme fondée sur des approximations historiques.

Dès l' Entrée en matière la distraction documentaire saute aux yeux: " Le pape a reçu hier un homme qui force mon admiration. Un homme juste (32), diriez-vous, Olivier. Il s' agit du primat de la Communion anglicane, l' archevêque Rowan Williams. " Page 308.

Peut-on oublier que Rowan Williams fut admis au sein de la Gorsedd des bardes (33), une institution qui promeut la langue et la culture galloise où il fut élevé au rang de "druide" juste avant son entrée en fonction comme archevêque de Cantorbéry. Son admission à une fonction païenne sacrée et le cérémonial utilisé ont suscité une brève controverse parmi certains groupes d' anglicans évangéliques qui y ont vu une forme de paganisme. Mais cela ne trouble en rien le très " ouvert " cardinal en ce domaine - et fermé en d' autres. Peut-on ignorer que Rowan Williams défendit des positions bienveillantes vis-à-vis de l' homosexualité avant sa prise de fonction comme archevêque de Cantorbéry dans une série de conférences qu' il a données à l' Université d' Oxford en 1989 sur le thème de la théologie de la sexualité, intitulée la grâce et le corps (The Body' s Grace; Publié en 2002 sous le titre Theology and Sexuality: Classic and Contemporary Readings (collection des Blackwell Readings in Modern Theology).

Sur la question de l' acceptation des couples homosexuels, l' archevêque dit ne pas vouloir d' une église " inclusive " mais plutôt " accueillante ". En foi de quoi il laisse consacrer Gene Robinson, ouvertement homosexuel, comme évêque du New Hampshire, avoue avoir " perdu le contrôle de la situation " lorsque le pasteur Jeffrey John homosexuel affirmé se porte candidat à l' évêché de Reading, enfin ne parvient pas à assurer la discipline de sa Communion avec la consécration d' une femme vivant elle aussi en couple homosexuel, Mary Glasspool.

 

En 2003, il suscita l' incompréhension en déclarant, à propos des attentats de New York du 11 septembre 2001 que " les terroristes pouvaient avoir des objectifs moraux sérieux " et qu' il fallait éviter de les ranger systématiquement dans le camp de l' " axe du mal " (34). En janvier 2008, Rowan Williams indique que l' introduction de la charia, la loi islamique, dans certaines parties de la législation britannique, en particulier pour les affaires familiales (35) ou financières, lui semble inévitable (36).

Enfin, Rowan Williams déclare le 24 septembre que Karl Marx avait en partie raison dans sa critique du capitalisme: "Marx a fait remarquer il y a longtemps la façon dont un capitalisme débridé peut devenir une sorte de mythe, attribuant réalité, pouvoir et moyens d' action à des choses qui n' ont pas d' existence par elles-mêmes". (" Marx was partly right about capitalism ", publié dans l' hebdomadaire britannique The Spectator du 26 septembre 2008) (37). Il eut été mieux inspiré de reconnaître que la doctrine sociale de l' Église (catholique), mieux que Marx, et sans les vices terribles du système marxiste, avait déjà développé ce constat et proposé des remèdes chrétiens appropriés.

Le cardinal a le droit d' être admiratif d' un tel personnage mais il n' en donne pas les raisons. Peut-être, après tout, est ce justement pour les motifs que je viens d' évoquer. Cela serait d' ailleurs cohérent avec les thèmes chers à notre prélat.

On lui rappellera toutefois que son cher " homme juste " n' est " Archevêque " que de nom et pas de fait; en effet, après une longue et minutieuse consultation, le Pape Léon XIII conclut le 18 septembre 1896: "Les ordinations faites selon le rite anglican ont été et sont absolument nulles et sans valeur." (Lettre Apostolique Apostolicae Curae) (38). Longuement et minutieusement argumenté tant sur le plan historique que théologique, le document détaille les arguments qui entraînent la conclusion de la nullité du pseudo sacerdoce anglican. Déjà Bossuet dans l' histoire des variations des églises protestantes avait mis en lumière les carences doctrinales, liturgiques et rituelles qui empêchaient le sacerdoce d' être validement transmis dans le rite anglican (39). Il y a lieu d' ajouter que lorsque des membres du clergé anglican passent à l' Orthodoxie, ils sont traités comme s' ils n' avaient pas été ordonnés et doivent être ordonnés dans l' Église orthodoxe comme de simples laïcs.

Il est vrai qu' être l' " archevêque " en chef d' une Confession religieuse née du caprice charnel d' un Roi adultère, Henri VIII, assassin de deux Reines ses épouses, d' un Chancelier du royaume (St Thomas Moore), de plusieurs évêques, d' un Cardinal (St John Fisher), de dizaines de moines et de prêtres et des centaines de catholiques fidèles est une lourde hérédité car voilà une église née du péché, installée dans le sang -non pas de ses martyrs mais de sa propre violence persécutrice- inaugurée par un cardinal bigame. (40)

" Dans l' espace de trente-huit ans de règne, Henri VIII avait fait exécuter deux reines, un cardinal, deux archevêques, dix-huit évêques, treize abbés, cinq cents prieurs et moines, trente huit docteurs, douze ducs & comtes, cent soixante-quatre gentilshommes, cent quatre vingt bourgeois, cent dix femmes. Il manque à ce nouveau Néron un autre Tacite. Qu' un pareil monstre soit devenu le chef d' une religion adoptée par l' Angleterre, ce pays où les intelligences sont si nobles, si élevées, où les esprits sont habitués à apprécier froidement les événements et les hommes, où l' histoire est étudiée, connue, comparée et jugée, où l' honneur national est un sentiment populaire si puissant et si vivace, c' est là un fait qui déconcerte tous les calculs, qui combat toutes les vraisemblances, qui confond la pensée et l' incline devant un de ces abîmes impénétrables de la justice divine, dont les jugements sont incompréhensibles et les voies insondables. " William Cobbet op. cité

Mais l' histoire de cette religion singulière (41) telle que vous la raconte le Cardinal vous laisse stupéfait. Voici donc son fabuleux récit, pages 308 & 309:

Voilà un condensé d' histoire, mais " tout y est faux "!

Le cardinal écrit que Catherine d' Aragon " n' avait pu donner d' héritier à la couronne " mais cela est inexact car il y avait eu de leur mariage une fille, Marie Tudor, qui d' ailleurs régna de 1553 à 1558 après la mort de son demi-frère Edouard VI. De ce fait, le pape Clément VII, le mariage étant consommé et les femmes étant aptes à régner en Angleterre, n' avait aucune raison légitime d' annuler le mariage d' Henri VIII avec Catherine d' Aragon. Loin d' être en effet " manipulé par Charles Quint " (42) Clément VII en fut la victime puisque l' Empereur mit Rome à sac en 1527 et l' enferma au château Saint Ange d' où le pape s' enfuit pour se réfugier à Orvieto. La thèse cardinalice ne s' accorde donc avec AUCUN évènement réel, elle n' est que le fruit de son idée fixe obsessionnelle de TOUT expliquer de l' Église par des mesquineries historiques sans fondement réel. Le vrai est qu' Henri VIII était esclave d' une passion dévorante pour Anne Boleyn et cherchait tous les prétextes pour divorcer, rompant un mariage légitime avec une épouse docile, rangée et aimée du peuple anglais.

La résistance du Pape, logique et conforme à la morale et aux préceptes du Seigneur Jésus -pouvait-il en être autrement du Vicaire du Christ?- enflamma ce Roi sanguin, rongé par sa fièvre amoureuse déréglée et le détermina à rompre avec l' unité catholique pour une femme. Quand une fois on a consommé le scandale, on ne s' arrête plus en chemin: ce Roi fera décapiter deux Reines et au total en aura épousé six. Il fut le modèle de la fable de Barbe bleue. Il est l' auteur du schisme anglican. Il est le fondateur de cette monstruosité intellectuelle: la naissance d' une religion fondée sur un élan sexuel irrépressible. Quand une religion a un tel fondateur, il y a tout lieu de craindre qu' elle ne traîne irrévocablement quelque vice indélébile.

Mais l' histoire à la sauce du cardinal continue dans sa légende erronée car, contrairement à ce qu' il prétend, Anne Boleyn ne lui donnera pas du tout l' héritier tant souhaité: elle donnera naissance à une fille, Elisabeth, ce qui irritera le Roi et le poussera à la faire monstrueusement accuser de commerce avec son propre frère, crime d' inceste et ainsi la faire décapiter. L' héritier mâle ne lui sera donné que par Jeanne Seymour, sa troisième femme, et règnera sous le nom d' Édouard VI de 1547 à 1553.

Je recommande à l' attention des lecteurs la formule du cardinal " il s' arrangea (le Roi) pour que l' archevêque de Canterbury le reconnaisse au nom du Christ chef de l' Église et du clergé d' Angleterre ". Comme l' Archevêque Cranmer (voir plus haut) avait été choisi par le Roi qui obtint du Pape son accord -le Pape tentant d' éviter le conflit (43)-, que les opposants à son divorce étaient éliminés (Thomas More, son chancelier fut décapité pour son opposition), que les adversaires de son acte de suprématie qui consacrait sa main mise sur l' Eglise d' Angleterre étaient persécutés et décapités on comprend que le Roi se soit en effet bien " arrangé " pour obtenir le succès de ses desseins. Mais qu' en termes galants ces choses là sont dites: le cardinal est moins indulgent avec ses frères catholiques " intégristes " qu' avec un Roi meurtrier, schismatique et adultère. C' est toute la misère de sa démarche!

Au passage remarquons que toute la thèse historique des livres du Cardinal/Le Gendre est fondée sur la fable de la dépendance de la Papauté à l' égard des monarchies et de sa connivence avec les Pouvoirs anciens. Or, nous découvrons ici -une fois encore et ce ne sera pas la dernière- que l' histoire s' écrit à l' inverse: c' est la lutte des autorités humaines pour imposer leur concupiscence (pouvoir, gloire, argent, possessions et passions) au pouvoir moral et la résistance farouche mais pacifique et spirituelle du Pouvoir catholique aux prétentions Princières. L' histoire de la naissance dans la luxure de la religion anglicane dément toute la construction historique des livres d' O. Le Gendre. Pouvions-nous douter de la vanité de cette vision déloyale de l' histoire ecclésiastique?

Car, en vertu de sa mission, le Pape Clément VII refusa de troquer l' intégrité du sacrement contre l' achat de la complaisance d' un Roi puissant. Le Pape et la religion catholique y perdirent un grand pays qui quitta leur communion mais ils préservèrent la fidélité à Jésus et l' honneur de l' Église.

Une petite perte, et un immense gain! (44)

Pour en finir avec l' anglicanisme, écoutons ce que nous en dit in fine le cardinal: " La souplesse de la structure de l' Église anglicane pourrait aussi tenter ceux qui jugent la nôtre trop rigide, et le peu de différences dogmatiques entre les deux Églises pourrait faciliter cette migration " page 311.

Je regrette d' avoir à dire ceci: cette assertion dénote une aussi grande faiblesse théologique que celle qui vient d' être démontrée dans le domaine historique où pourtant le cardinal se prétend expert. Pardon de le lui signifier ainsi, mais RIEN dans son analyse de l' anglicanisme n' est acceptable:
- La souplesse qu' invoque le cardinal n' est, de fait, qu' une fragmentation disciplinaire et doctrinale permettant tout et son contraire et révélant plutôt la vulnérabilité d' une religion désormais à la dérive, sans aucune unité. Ni dans sa structure, dépourvue de cohésion (45) ni dans sa doctrine pulvérisée en croyances opposées, l' anglicanisme ne présente la physionomie d' un corps homogène; il n' y a plus d' autorité reconnue -s' il y en eut jamais- et il n' y a plus de communauté de foi, les doctrines les plus opposées se disputant la légitimité. Comment un tel organisme manifestement en état de désagrégation et de dégénérescence pourrait-il attirer? D' ailleurs le cardinal ne sait pas si bien dire puisqu' il écrit " tenter ceux qui… ", or tenter c' est " entraîner au mal, au péché ". En voulant être trop bon pour l' anglicanisme, le prélat lui donne, de fait le coup de grâce. Ce n' était pas, manifestement, son intention mais il arrive parfois que les mauvaises actions conduisent à se tirer la balle dans son propre pied.
- " Peu de différences dogmatiques entre les deux églises " c' est nier la position officielle (46) et opposée au catholicisme de la religion anglicane sur les questions essentielles du dogme telles que la présence réelle, l' efficacité de la Transsubstantiation, l' Immaculée Conception, l' Assomption, le culte à la Très Sainte Vierge, la Primauté de Pierre, l' Infaillibilité pontificale, le sacerdoce ministériel, la valeur de la Tradition dans la Révélation, le célibat ecclésiastique, l' intercession des saints et des anges, le culte des images…
- Enfin le cardinal qui ne voit que le pire dans notre Église - et le meilleur dans les autres- nous fait assister au risque " de migration " (47) des catholiques vers l' anglican; moi je ne vois DE FAIT que l' hémorragie des anglicans vers notre Église, par milliers, prêtres et évêques en tête. Alléluia! ils reviennent au bercail, la promesse du Sauveur " il n' y aura qu' un seul troupeau " est en cours. Quant au célibat, le cardinal prévoit qu' il va -espère-t-il- être ébranlé par l' arrivée des anglicans chez nous, avec l' entrée dans notre Église de prêtres mariés dans l' anglicanisme. C' est ce qu' on nomme " prendre ses désirs pour la réalité " car c' est encore ici l' inverse qui est en cours: l' Église catholique, bonne mère, accueille les prêtres et évêques anglicans mariés (elle accepte la conversion en l' état avec charité), elle ordonne au sacerdoce les arrivants (puisque leur sacerdoce était invalide) mais ne confirme pas dans l' épiscopat les évêques mariés qui demeureront seulement prêtres & n' ordonnera à l' avenir au sacerdoce que des laïcs non mariés. C' est donc le célibat qui va " migrer "vers l' anglican et non le contraire.

AFP Mis à jour le 15/01/2011 à 17:51: " Trois évêques anglicans, convertis au catholicisme en raison du virage "libéral" de leur hiérarchie, ont été ordonnés prêtres aujourd' hui en la cathédrale de Westminster à Londres, un nouvel épisode des relations tumultueuses entre l' Eglise anglicane et Rome… "Cette journée unique marque une nouvelle étape dans la vie et l' histoire de l' Eglise catholique", a déclaré dans son homélie l' archevêque Vincent Nichols, lors de cette cérémonie à laquelle assistaient des centaines de représentants du clergé. Les trois évêques étant tous mariés et pères de famille, ils ne peuvent conserver leur rang au sein de l' Eglise catholique et ont donc été ordonnés prêtres. "

Admirons à sa très grande valeur l' humilité des convertis, qui confirme la grande sincérité de leur conversion, puisque dans leur démarche ils vont perdre leur fonction épiscopale. Ils ont choisi la vérité au mépris de leur rang. Dieu exaltera leur choix, n' en doutons pas.

Newman par M. l' Abbé Jean-Pierre Herman:

On oublie souvent que le cadre de toute sa réflexion théologique, comme du chemin qui l' amènera finalement à Rome, a été la célébration liturgique et la découverte progressive de ses sources et de ses développements ultérieurs.

Dans le Tract 11, The Visible Church, il déclare que l' unité de l' Eglise se rend visible dans la liturgie. Celle-ci, d' après lui, n' est pas seulement un agencement arbitraire d' éléments épars, mais une juste expression de la louange, qui prend sa source dans l' Eucharistie et les autres sacrements.

Dans sa période anglicane, la réflexion constante sur l' essence de ce qu' il appelait The Church catholic a renforcé sa conviction que la liturgie est au centre de la foi et de la mission pastorale de l' Eglise. L' Eglise est, pour lui, la communauté de la louange: la Church catholic est par nature sacramentelle et liturgique. L' un des critères essentiels pour vérifier l' authenticité d' une église est la qualité de sa liturgie.

Son intérêt grandissant pour la liturgie, tant dans le soin apporté à la célébration des offices anglicans que dans son intérêt pour la liturgie romaine, a clarifié de plus en plus sa perception de la Church catholic, la véritable Eglise du Christ. Il a clairement compris la corrélation entre la liturgie que célèbre la communauté et son identité ecclésiale. Ce que le Père Alcuin Reid, dans son chef d' œuvre de synthèse, a appelé The Organic development of the Liturgy, Newman l' a compris comme constitutif de l' identité même de l' Eglise et de son caractère d' Eglise unique du Christ.

Il y a une interaction constante entre liturgie et foi: la prière de l' Eglise, tout au long de son histoire, exprime sa foi telle qu' elle la proclame et la précise, et c' est la foi qui est à la source de la liturgie. La liturgie a une fonction normative pour former à la foi. Newman était très sensible à la manière dont la foi de l' Eglise s' est développée de manière systématique. C' est, en partie, en découvrant la liturgie et la manière dont elle exprime la foi de l' Eglise, qu' il est parvenu à cette intuition. La liturgie, dans son évolution, porte en elle l' évolution de la foi de l' Eglise. Elle exprime la foi de l' Eglise, et c' est cette foi qui lui donne son contenu.

" Je regardais l' Eglise de Rome: avec ses rites, ses cérémonies et ses prescriptions, et j' ai dit " ça, c' est la religion ". Puis j' ai jeté un regard sur notre pauvre église anglicane, pour laquelle j' avais travaillé avec tant de zèle et à laquelle j' appartenais inconditionnellement. Et malgré mes tentatives de lui donner une base doctrinale et esthétique, elle me semblait la pire des inconsistances. " Bienheureux Cardinal Newman (Apologia pro vita sua).

Passim, quelques mises au point

- Vérité religieuse: " Je remarque qu' il y a des vérités dans d' autres religions et, aussi, dans le cœur des hommes " page 253

Certes! Si les fausses religions ne présentaient que des erreurs et des faussetés, elles ne seraient pas attractives, crédibles, trompeuses, car le mensonge à l' état pur, l' erreur absolue ne sont pas séducteurs (48). Il faut donc quelques bribes de vérité, parfois dans un océan de méprise et d' égarement, pour attirer le chaland. C' est ce que notre Église a TOUJOURS affirmé. Et répété dans la " Déclaration Dominus Iesus " de la Congrégation pour la Doctrine de la FOI le 6 août 2000:

"Les fidèles sont tenus de professer qu' il existe une continuité historique - fondée sur la succession apostolique - entre l' Église instituée par le Christ et l' Église catholique: " C' est là l' unique Église du Christ [...] que notre sauveur, après sa résurrection, remit à Pierre pour qu' il en soit le pasteur (cf. Jn 21,17), qu' il lui confia, à lui et aux autres apôtres, pour la répandre et la diriger (cf. Mt 28,18ss.), et dont il a fait pour toujours la "colonne et le fondement de la vérité" (1 Tm 3,15). Cette Église comme société constituée et organisée en ce monde, c' est dans l' Église catholique qu 'elle se trouve [subsistit in], gouvernée par le successeur de Pierre et les Évêques qui sont en communion avec lui.

Par l' expression subsistit in, le Concile Vatican II a voulu proclamer deux affirmations doctrinales: d' une part, que malgré les divisions entre chrétiens, l' Église du Christ continue à exister en plénitude dans la seule Église catholique; d' autre part, " que des éléments nombreux de sanctification et de vérité subsistent hors de ses structures ",(55) c' est-à-dire dans les Églises et Communautés ecclésiales qui ne sont pas encore en pleine communion avec l' Église catholique. (56) Mais il faut affirmer de ces dernières que leur " force dérive de la plénitude de grâce et de vérité qui a été confiée à l' Église catholique ". " les éléments de cette Église déjà donnée existent, unis dans toute leur plénitude, dans l' Église catholique et, sans cette plénitude, dans les autres Communautés "

Autrement dit, c' est dans le catholicisme qu' on trouve TOUTE la vérité dans son INTEGRITE, ailleurs il y a DE la vérité, mais seulement en PROPORTION de la proximité avec le catholicisme. Il est stupéfiant qu' un cardinal ignore ou bafoue cette doctrine capitale du catholicisme et qui, de plus, fait l' objet d' une obligation DE FOI.

De même, si l' homme dans son cœur mais aussi dans sa raison, n' était que sophisme et déviation, il compromettrait son propre équilibre naturel qui requiert le Vrai & le Bien pour la santé mentale et morale de son existence. C' est dans la mesure de sa proximité et de son accord substantiel avec le Vrai et le Bien que se bâtit puis se consolide son harmonie existentielle; ce sont l' erreur intellectuelle et affective et le péché qui engendrent dépression et névrose.

- Les croisades: " Regardez les croisés qui proclamaient haut et fort leur volonté de délivrer le tombeau du Christ par la force et la violence, qu' enseignaient-ils, sinon le contraire de l' enseignement de celui dont ils se réclamaient? " page 251-252.

- " A quoi rime de monter une expédition militaire pour délivrer un tombeau vide? " Page 205

Les croisades font toujours l' objet du coup de pied obligé, facile et sans risque de tout conformiste moderne qui abhorre la force des siens et vénère celle des autres. Les soldats de Christ, non seulement, délivrèrent le Tombeau (49), vide (50) mais adorable, mais aussi stoppèrent pour un siècle la submersion de la Méditerranée par l' islam qui se répandait irrésistiblement, les armes à la main et la conversion forcée.

L' erreur première et constante des détracteurs des croisades est de considérer un évènement survenu il y a 900 ans avec une grille de lecture contemporaine sans prendre en compte les mentalités et les situations géopolitiques de ces Temps anciens; cette distorsion temporelle fausse tout jugement. Cessons de persécuter notre passé avec notre état d' esprit indulgent aux coupables et implacable aux victimes.

La deuxième erreur, qui est un vice moral, est de chercher systématiquement la faute chez les siens et d' ignorer la responsabilité de ceux d' en face. Car dans une guerre -ce que furent les croisades- il y a lieu de rechercher d' abord qui est l' agresseur: " le véritable auteur d' une guerre n' est pas celui qui la déclare, mais celui qui la rend nécessaire. "(Montesquieu).

La troisième erreur est d' estimer toute guerre injuste (surtout d' ailleurs celle faite par les chrétiens!); mais la guerre est aussi " un état dans lequel on poursuit son droit par la force " (Vattel " le droit des gens " Paris 1830) et l' église n' a jamais condamné la guerre juste dont St Thomas d' Aquin a fixé les conditions. (51)

Munis de ses réflexions générales la compréhension des croisades pourra contenir en quelques dates et tableaux:
- En 632 quand meurt Mohammed TOUTE la Méditerranée est chrétienne y compris JÉRUSALEM. (carte n. 1)
- En 760 soit en l' espace d' UN siècle les deux tiers (2/3) de la Méditerranée sont musulmans! L' islam a pris pied en Europe depuis 711 par l' invasion militaire déferlante de l' Espagne. Il ne sera stoppé qu' en 732 à Poitiers sauvant l' Europe d' un investissement total. Tous les diocèses chrétiens d' Afrique et du Levant, alors plus nombreux que ceux d' Europe, sont anéantis. La conversion forcée des populations a été faite en quelques dizaines d' années. Les pertes religieuses furent irréparables quand on se souvient que la plupart des Pères de l' Église, ces théologiens géants, venaient d' Afrique et du Levant, notamment le dernier d' entre eux Saint Augustin évêque de Carthage (future Tunisie) (52).
- La poussée musulmane, interrompue par la guerre des Francs en Europe du sud (France, Espagne, Portugal), se poursuit alors vers les Balkans jusqu' à la prise de Constantinople (" un malheur qui nous est arrivé hier " Princesse Bibesco).

Les croisades ne furent qu' une riposte de légitime défense (53) de la Chrétienté pour protéger sa religion, sa civilisation et son espace.

Furent-elles exemptes de travers guerriers parce que les soldats étaient chrétiens? Bien sûr NON, Hélas! La guerre, même juste est un fléau, un recours ultime (54). Fallait-il alors pour en éviter les malheurs, se livrer sans combat à une religion tardive, agressive, expansive et brutale parce que créée par un homme? Méfiez-vous des religions que Dieu n' a pas inspirées; n' étant pas divines, elles sont souvent inhumaines de surcroît.

Les croisades obéirent à de vénérables motifs religieux (poursuivre le pèlerinage aux Lieux Saints) et stratégiques (faire irruption au cœur de l' islam pour paralyser son expansion). Le résultat dura un siècle. Il méritait d' être tenté, il ne mérite pas nos sarcasmes et notre mépris. Des chrétiens sincères et qui souffrirent s' engagèrent pour une cause bénie et encouragée par l' Église; il est indigne neuf siècles après de cracher sur eux.

" Si supporter les injures qui n' atteignent que nous est un acte vertueux, supporter celles qui atteignent Dieu est le comble de l' impiété. " St Thomas d' Aquin

" Nul, s' il n' est très bon clerc, ne doit disputer avec les mécréants. Un laïc, quand il ouït médire de la loi chrétienne, ne doit pas défendre la loi chrétienne sinon de l' épée, de laquelle il doit donner parmi le ventre dedans, tant qu' elle y peut entrer. " Saint Louis

La Méditerranée avant le déferlement armé de l' islam carte n. 1

De 632 (mort de Mahomet) à 750 après la conquête de l' Espagne; l' élan islamique ne sera stoppé qu' en 1683 à Vienne dont le siège par les TURCS (14 juillet- 12 septembre 1683) se termina par leur défaite. Le cœur de l' Europe était sauvé: carte n. 2

- Les bons athées: Sous le titre " Les athées à la droite de Dieu " d' un Chapitre du livre (P. 256) voici magnifiés les sans Dieu qui nient Dieu. Car, il ne faut pas feindre de l' ignorer, l' athéisme est la " Doctrine ou attitude fondée sur la négation d' un Dieu personnel et vivant " (55).

Le Gendre: "Les athées qui font du bien, selon ses termes (…de Jean d' Ormesson), donnent de l' espoir, parfois mieux que les croyants, mais ils ne peuvent dire que la vie a un sens en elle-même, ils ne peuvent donner une espérance "Page 264.

" J' aime beaucoup la conviction de Jean d' Ormesson quand il déclare que les athées qui font le bien seront assis à la droite de Dieu en qui ils ne croient pas. Elle a le mérite d' éclairer où se trouvent les priorités: faire le bien et être ouvert à la possibilité d' un Dieu (56) vaut mieux qu' asséner sans charité sa foi et se comporter comme un malpropre. " Page 265.

En un mot, les bons athées sont préférables aux mauvais croyants. Formule exemplaire d' une équation TRUQUÉE.

Car si on veut comparer à tout prix je propose plutôt et avec plus de rigueur de juger les bons athées en rapport des bons chrétiens. (57)

Mais examinons d' abord les conséquences de l' athéisme puisque, dans le fond, un athée conséquent devra bien penser & agir selon un choix qui engage le sens de la vie… et de l' éternité (ce qui n' est pas RIEN).

" Si Dieu n' existe pas tout est permis " Dostoïevski (Les Frères Karamazov)

Dès lors qu' il n' y a pas Dieu, il n' y a pas les dix commandements, il n' y a pas de morale immuable s' imposant à tous également parce que venant du sacré, il n' y a pas de lois inviolables, il n' y a pas d' homme appelé au salut, il n' y a pas de vie future, il n' y a pas de jugement pour le bien et le mal. Il n' y a pas de signification à la vie.

Mais il y a un univers qui vient de l' inconnu et va vers l' énigme, dépourvu de sens; il y a les hommes nés de la matière aveugle et amorale, chaînons dont les deux bouts plongent dans le néant ; leurs lois ne sont justes qu' en proportion de leur consentement subjectif, mobile éphémère et inconstant. Ils surgirent de la poussière où Ils retourneront, qu' ils fussent bons ou méchants. Le bien et le mal ne sont qu' une alchimie matérielle provisoire, circonstancielle, en somme une pulsion animale instinctive dénuée de valeur rédemptrice. La pensée est une sécrétion du cerveau comme la bile du foie. La souffrance est un accident cosmique insensé, intolérable et provisoire puisque l' évolution la retranchera du monde parvenu à son apogée. Tout ce qui survient est hasard, l' homme est un hanneton qui pense, dans un flux social dont il est un atome conscient mais impuissant.

Et TOUT est permis faute de Juge, de Décalogue et finalement, de responsabilité.

Alors, les athées peuvent-ils " faire le bien "? Je ne le crois pas car le Bien n' est que par participation à l' oblation salutaire du Christ et une imitation de sa vie, faute de quoi, non rapportés à Lui nos actes sont sans valeur. De surcroît le seul Bien est de faire la volonté de Dieu Père; est-ce ce que veulent les athées? On peut en douter en toute logique. Je crois donc qu' ils peuvent faire du Bien, toutefois sans faire le Bien; du Bien en vertu de leur nature humaine bonne par Création, du Bien par accident en quelque sorte et toujours à l' encontre de leur athéisme. Le Bien qu' ils font appartient à l' Église non à leur dogme car " tout ce qui est Bien appartient au saint Esprit. " Quand l' homme n' est, comme l' athée le croit (58), qu' une parcelle d' univers de matière sans raison d' être ni finalité, on ne peut faire le bien que pour des motifs utilitaires, égoïstes ou/et sensuels. Le Bien accompli par devoir envers la dignité des hommes leur est, ontologiquement, étranger car l' homme ne tire sa dignité que de son origine divine, de sa fin en Dieu et de son rachat à prix fort par le sang de Dieu. Tout le bien qu' un athée peut accomplir ne peut donc être le fruit de son athéisme mais -à son insu et malgré lui- de son âme immortelle qui porte toujours l' étincelle du Dieu caché mais vivant, le sceau de " l' image et ressemblance " originelles. Les " bons " athées seraient encore meilleurs s' ils étaient moins athées. Je sais que ce langage est contraire à l' esprit des temps, libéral et latitudinaire. Mais " ce qui est, est "!

Alors y a-t-il de bons athées? Peut être, comme il y a de bons petits diables et de bons serpents domestiqués! Mais assurément il n' y a pas de bon athéisme. Si vous voulez sur l' Athéisme les dernières nouvelles, faites comme Léon Bloy, relisez Saint Paul (59):

Saint Paul Romains 1:19 car ce qui se peut connaître de Dieu, est manifeste parmi eux: Dieu le leur a manifesté.

20 En effet ses perfections invisibles, son éternelle puissance et sa divinité sont, depuis la création du monde, rendues visibles à l' intelligence par le moyen de ses œuvres. Ils sont donc inexcusables,

21 puisque, ayant connu Dieu, ils ne l' ont pas glorifié comme Dieu et ne lui ont pas rendu grâces; mais ils sont devenus vains dans leurs pensées, et leur cœur sans intelligence s' est enveloppé de ténèbres.

Un bon athée commet ainsi d' abord une faute " inexcusable " de nature intellectuelle (la pire (60)) puisqu' il trahit sa raison qui lui montre Dieu dans les perfections de la nature. S' il ne voit pas le Vrai, comment peut-il faire le Bien? S' il le fait c' est donc, d' une certaine manière, comme par inadvertance, puisque Le BIEN Souverain, source et fin de tous les biens intermédiaires lui est soustrait.

Comment occulter que l' athéisme appliqué et porté à son incandescence absolue a engendré quelques dizaines millions de victimes dans les pays marxistes (61). Aucune religion au monde n' a persécuté ni anéanti hommes, nations, valeurs et espoirs comme l' a fait l' athéisme en acte.

Ne renouvelons jamais la confusion tragique et médiocre de l' homme et de la doctrine, l' homme peut avoir quelque qualité, en tant qu' homme, la lui attribuer en tant qu' athée est une faute de raison impardonnable. Gentils athées pourquoi pas? Bons athées n' y croyez pas car l' erreur intellectuelle porte avec elle le vice de l' acte mauvais. N' oublions pas ce que Sartre, logiquement, en disait: "Si Dieu n' existait pas ce serait une raison supplémentaire pour nous de le combattre".

Et ne croyons pas trop au témoignage médiatique de d' Ormesson, c' est " Un vrai ébéniste de la langue de bois ". (Thomas Morales écrivain).

L' athéisme c' est " Construire à faux après avoir raisonné à vide " (Taine)

 

(1) J' écris délibérément " notre " car en une multitude d' endroits O. Le Gendre se permet-il d' écrire " mon " cardinal. Le pronom possessif " mon " exprime-t-il la proximité, l' affection dues à leur collaboration rédactionnelle, la complicité (le mot est de Le Gendre lui même) ou n' est-il pas aussi possible de l' interpréter comme le résultat de la personnification d' une fiction littéraire comme un auteur disant de son héros: " mon personnage "?
(2) "Votre portrait - et lui seul - repose sur le manteau de cheminée de ma chambre à coucher... face au lit", écrit Gandhi à Kallenbach à qui il exprime par ailleurs " à quel point il a pris possession de son corps ". Biographie écrite par Joseph Lelyveld (ancien rédacteur en chef du New York Times): " Great Soul " (" La grande Âme "- en sanskrit Mahatma signifie grande âme).
(3) Voir un Article du journaliste d' enquête québécois Norman Lester, reporter du télé journal et chargé de l' information à la Télévision publique canadienne (Yahoo actualités Québec 16 sept.2011).
(4) " Dans un sens littéral, le Mahatma Gandhi incarna dans sa vie certains principes universels qui sont inhérents à la structure morale de l' univers, et ces principes sont aussi inéluctables que la loi de la gravitation. " Message radiophonique de Luther King (The Martin Luther King, Jr., Research and Education Institute - King Encyclopedia). Les travers communs rapprochent les êtres entre eux.
(5) " En résumé, je crois tout simplement qu' il est impossible de réformer l' Église à moins d' abolir de fond en comble le droit canon, les décrétales, la théologie scolastique, la logique, la philosophie, telles qu' elles existent, et de rebâtir à nouveaux frais. " Luther Lettre à Jodocus (ap.Brucker p. 95 Edition in 4.)
(6) Les indulgences. " Qu' il nous suffise de dire que la question des indulgences ne fut pas plus la cause du Protestantisme que le déficit dans les finances ne fut la cause de la révolution française; pas plus que les ordonnances de Charles X ne furent la cause de la révolution de 1830, ou le banquet électoral celle de la révolution de 1848. La querelle des indulgences fut, si on veut, l' étincelle qui mit le feu aux poudres, mais les poudres étaient fabriquées et réunies d' avance. " Mgr Gaume (La révolution tome VII).
(7) Une étincelle ne met le feu que si le foyer est déjà prêt, offert à la flamme. Sans combustible préalable, l' étincelle demeure impuissante et sans effet. La vérité c' est que Luther, opposé par sa philosophie personnelle nominaliste à la scholastique thomiste, négateur des Universaux, négateur de la raison droite comme outil de connaissance efficace, négateur de la nécessité des œuvres pour le salut, négateur de la médiation de l' Église avec Dieu, négateur de l' aptitude de la nature humaine à répondre à la grâce (car, selon lui, irrémédiablement et radicalement viciée depuis le péché originel), n' attendait qu' un prétexte pour engager son insurrection. Les indulgences, détail, mais signifiant le rôle de l' Église dans l' intercession humaine des moyens de salut fournirent seulement l' occasion facile et démagogique, le levier de propagande utile opportun.
(8) Luther encouragea les Princes allemands à s' emparer des biens de l' Église et dépouiller les catholiques fidèles ce qui, bien sûr, lui assurait des alliés obligés et solides, liés par intérêts et puissants politiquement.
(9) La rébellion de Luther contre l' Église encouragea les paysans allemands à s' insurger dans tout l' empire, poussés par l' exemple. Il s' ensuivit une guerre terrible où Luther, soutenant les Princes, ses alliés et complices, poussa au massacre contre les révoltés: "Aux paysans, la paille et l' avoine. Ils ne veulent pas céder: le bâton et la carabine, point de miséricorde. Si on ne fait siffler l' arquebuse, ils seront cent fois plus méchants."
(Lettre de Luther à Rhuel, 1524.) Et "chers seigneurs, déchaînez-nous, sauvez-nous, aidez-nous, exterminez, égorgez, et que celui qui en a le pouvoir agisse. "(Manifeste de Luther, 1524. In "Œuvres complètes", Luther, t.XXIV, P.288-294. La guerre des paysans fera 100 000 morts. On admire en effet l' idéalisme du Réformateur dans cette séquence.
(10) Erasme, esprit érudit, moine indocile, curieux de tout, frondeur et indiscipliné resta cependant toujours invariablement catholique; il s' opposa à Luther dans une controverse célèbre sur le libre-arbitre que Luther niait, car il croyait à une prédestination rigoureuse et implacable où l' homme n' avait aucun rôle à jouer dans le salut. Luther répondit ignominieusement et de manière ordurière -à son habitude- au traité d' Érasme.
(11) Dans son livre Cobbet répète trois fois qu' il est protestant. Assurément il a dû le rester par doctrine et non par vénération des fondateurs de le Réforme; mais que vaut une doctrine religieuse fondée par des scélérats? Une religion ne peut en effet être légitime que par: la sainteté du fondateur, la sainteté de la doctrine, sa cohérence interne et sa véracité Divine. Cela en élimine un grand nombre; Christine de Suède disait " il se peut qu' aucune religion ne soit vraie, mais il est impossible qu' elles le soient toutes ".
(12) Ces variations ne sont pas propres à Luther mais aussi à Calvin qui réécrivit plusieurs fois son " Institution Chrétienne " base de sa doctrine et à l' anglicanisme qui non seulement varia dans le temps mais aussi à l' intérieur même de son église suivant les régions et les pays. C' est à la lecture du livre de Bossuet que Turenne se convertit au catholicisme en 1668.
(13) Il tenait pour certain que les paroles " Ceci est mon Corps, Ceci est mon Sang " dans leur concision et leur netteté étaient claires et efficaces, évidentes et donc réfractaires à toute explication contraire à leur réalisme. Ce n'est d 'ailleurs qu' avec d' infinies contorsions, contradictoires entr' elles au surplus, que les autres sectes protestantes en déduisent un sens symbolique et nient la présence réelle.
(14) Comment peut-on supposer et croire que le Démon vienne arguer contre la messe si elle était vraiment sacrilège? N' est ce pas plutôt son intérêt dans ce cas de maintenir et multiplier un acte qui lui serait si profitable? Comment Luther s' est il laissé berner à ce point? Certes les arguments du démon sont très subtils, comme tous les mensonges des êtres doués d' une vaste intelligence. Mais quand on sait d' avance que le démon est " menteur ", substantiellement menteur, on ne rend pas les armes aussi facilement que le fit Luther. C' est que la faille était sans doute d' abord en lui.
(15) Ce qui est inexcusable pour un " cardinal " qui proclame régulièrement son attachement à l' Histoire au point de " préférer un Pape historien à un Pape théologien "; comme si, pour l' Église et sa doctrine, l' histoire dépassait la théologie, " la reine des sciences ".
(16) Idéalisme est ici entendu comme " orienté vers un idéal ". Car ce terme peut aussi signifier " qui refuse la réalité et vit de chimères " ou encore comme celui qui adopte la philosophie idéaliste, ramenant l' existence de l' objet extérieur à la pensée à une pure projection de celle-ci, déniant toute objectivité au réel devenu insaisissable. Dans cette philosophie l' extérieur du MOI est le miroir du MOI. Léon Daudet appelait ces philosophes -plus nombreux qu' on ne pense- des " moitrinaires ".
(17) Qui divinise l' homme et le rend participant à la divinité -sans encore la vision béatifique-: " Ejus divinitatis esse consortes " comme le dit la deuxième prière de l' Offertoire du canon romain de la messe.
(18) C' est pourquoi Luther élimina de ses Bibles l' Épître de St Jacques qui y écrit " La foi sans les œuvres est morte " (St Jacques 2:26) ce qui contredit diamétralement la doctrine protestante de l' inutilité des œuvres pour le salut. Les protestants ne se sont pas contentés de réviser le Nouveau Testament, ils éliminèrent aussi du canon des Écritures plusieurs livres reçus par les Septantes (3 siècles avant Jésus Christ) dont les Macchabées I & II qui fondent le dogme du Purgatoire et de la prière pour les défunts, ainsi que Tobie, Judith, Sagesse, Ecclésiastique (ou Siracide), Baruc.
(19) pèche fortement!
(20) Mgr Freppel fut évêque d' Angers de décembre 1869 à sa mort en décembre 1891. Il fonda l' Université catholique de l' Ouest, il fut un défenseur du catholicisme social et influença fortement la rédaction de l' Encyclique sociale Rerum Novarum du Pape Léon XIII. Élu député monarchiste en 1880, il fut réélu en 1885.
(21) Ces trois réformateurs sont le fondement des doctrines modernes du libre examen (Luther), de l' idéalisme philosophique (Descartes) et de la nature humaine sans la Chute (Rousseau). La critique de Maritain de ces trois fondateurs destructeurs est intégrale et magistrale. Il est paradoxal de constater que des trois sont issus le pessimisme radical (Luther), la rupture radicale avec le réel (Descartes) et l' optimisme radical (Rousseau) c' est-à-dire trois erreurs radicales dans leur aboutissement ultime et …leur contradiction entre elles. En somme le monde moderne est établi sur trois contresens opposés. Il n' est pas surprenant qu' il engendre le fractionnement névrotique de la personnalité.
(22) Maurice Georges Dantec né en 1959 est un écrivain atypique. Né dans une famille communiste il a publié plusieurs essais à caractère autobiographique et de réflexions métaphysiques, politiques, critiques sur la société puis des romans de science fiction où le symbolisme et l' étrangeté tiennent une large place. Amateur de forte musique rock, ses écrits, notamment ses essais de réflexions dont il a publié trois tomes massifs sous le titre général " Le Théâtre des opérations, journal métaphysique et polémique " contiennent de très belles et originales formules qui marquent un vrai écrivain. Il sait aussi inventer des mots descriptifs et sonores, expressifs, qui dévoilent un grand talent. J' avais, à la lecture de ses trois essais, détecté une lente mais constante évolution vers le divin et particulièrement la personne de Jésus Christ. Sa conversion officielle et définitive au catholicisme l' a livré aux sarcasmes et à la véritable haine de son milieu artistique qui l' a rejeté. Il faut dire que son mauvais caractère est à la proportion de son talent. Il demeure un auteur génial mais qu' il faut approcher avec précautions.
(23) Voltaire en a abusé.
(24) " …tenir les fidèles sous le pouvoir d' un mystère auquel ils n' ont pas accès, sauf à rejoindre le petit cercle des initié " est la description, me semble-t-il plus de la franc-maçonnerie que du catholicisme. O. Le gendre serait il franc-maçon et chrétien? En tout cas, en l' espèce, il se trompe totalement de cible car il n' y a jamais eu ni dans l' Église ni parmi les catholiques quelle que soient leur sensibilité, le concept d' une doctrine " cachée ", " voilée ", " réservée a quelques uns "; cet ésotérisme est étranger au catholicisme. Le Gendre serait bien inspiré, lui, de nous révéler les arcanes, les coulisses de ses contacts, amitiés, complicités, groupes dont il fait fréquemment état en maintenant la plus opaque discrétion sur leur nature et leurs buts. Car c' est lui-même qu' il vise ainsi dans la catégorie des " initiés ".
(25) Les religieux libéraux acceptent TOUTES les opinions religieuses au nom de la tolérance, EXCEPTÉ la vraie religion. Car la vérité est conquérante par essence, elle est en effet l' élan naturel de l' intelligence en exercice et du cœur libre de passions. C' est pourquoi elle constitue un danger pour le relativisme; ils admettent que l' opération 2x2 produise tous les résultats concevables sauf le résultat 4 qui, étant le seul vrai, s' impose superbement par son évidence.
(26) J' en ai limité par nécessité le nombre mais ceux qui possèdent une table des concordances dans la Bible pourront vérifier la profusion de mots dérivés d' intègre & intégrité dont est manifestement dérivé -dans un sens détourné et dévoyé- le mot intégrisme.
27) Comme si Notre Seigneur Jésus Christ avait été toujours patelin et doux dans ses propos; oublie-t-on la dureté de ses paroles pour tous les hommes, qui suivent immédiatement les Béatitudes, St Luc 6:24 à 26 " Malheur à vous… "
Et les condamnations des pharisiens: St Matthieu 23:13 " Malheur à vous, scribes et Pharisiens hypocrites " 14 " C' est pourquoi vous subirez une plus forte condamnation. " 16 " Malheur à vous, conducteurs aveugles " 17 " Insensés et aveugles! " 19 " Aveugles! " 26 " Pharisien aveugle " 27 " Malheur à vous, scribes et Pharisiens hypocrites, parce que vous ressemblez à des tombeaux blanchis, qui au dehors paraissent beaux, mais au dedans sont remplis d' ossements de morts et de toute immondice. " 28 " Ainsi vous, au dehors, vous paraissez justes aux hommes, mais au dedans vous êtes pleins d' hypocrisie et d' iniquité. " 33 " Serpents, engeance de vipères, comment éviterez-vous d' être condamnés à la géhenne? ". Vont-ils traiter Jésus d' intégriste pour ces diatribes de vérité?
(28) La " Bonne Presse " est un groupe catholique de presse fondé en 1873 et dont les éditions " Bayard " sont les héritiers [5e rang des groupes de presse français par la diffusion de La Croix, Pèlerin (4ème hebdomadaire d' actualité), Notre Temps (en tête des publications pour séniors), Pomme d' Api, etc...Bayard c' est aussi le 4e éditeur d' hebdomadaires, de revues ou de livres pour la jeunesse.] Inutile de dire que les éditions Bayard ne se font pas remarquer par un catholicisme militant ni intrépide mais par un conformisme mondain apte à ne choquer personne. Mais aussi à ne convertir personne.
(29) " Le danger que nous font courir les uns et les autres: intégristes chrétiens et islamistes violents. Tous les intégrismes et tous les fondamentalismes de toutes les religions sont des menaces car ils nient le prix de la vie humaine et la nécessité du dialogue. " Page 78. A ce compte, les agents et les zélateurs de l' avortement, du suicide, de la peine de mort, de l' euthanasie sont aussi des intégristes. D' ailleurs, qui donc ne l' est pas d' une manière ou d' une autre, dans un domaine ou un autre? Y a-t-il, de surcroît, des catholiques qui " nient le prix de la vie humaine " sinon les catholiques inconséquents, favorables à la contraception et l' avortement? Le cardinal ne se reconnait-il pas là en porte à faux avec ses propos?
(30) Éric Conan, né en 1955, est un journaliste et essayiste français. Il a travaillé à Libération, au Monde, à Esprit (où il fut rédacteur en chef), à L' Express, puis enfin à Marianne.
(31) Catéchisme de l' Église Catholique: " 1808 La force est la vertu morale qui assure dans les difficultés la fermeté et la constance dans la poursuite du bien. Elle affermit la résolution de résister aux tentations et de surmonter les obstacles dans la vie morale. La vertu de force rend capable de vaincre la peur, même de la mort, d' affronter l' épreuve et les persécutions. Elle dispose à aller jusqu' au renoncement et au sacrifice de sa vie pour défendre une juste cause. " Ma force et mon chant, c' est le Seigneur " (Ps 118, 14). " Dans le monde, vous aurez de l' affliction, mais courage, moi j' ai vaincu le monde " (Jn 16, 33). "
(32) " Un homme juste " c' est la reprise des termes de Saint Matthieu pour qualifier, rien de moins que saint Joseph! Le cardinal d' emblée frappe fort pour qualifier ainsi un homme controversé, dont on verra s' il a l' humilité intrépide du père du Sauveur et surtout sa droiture.
(33) Les cérémonies d' admission de nouveaux membres et de célébration de la fraternité celtique et de la paix visent à reproduire des pratiques des druides anciens.
(34) Le Figaro publié le 09/02/2008: " Le 11 septembre 2001, lors des attaques kamikazes sur les Twin Towers de Manhattan, il était à New York en train de prononcer une conférence. De son expérience marquante du chaos qui suivit les attentats, il a écrit un livre, Writing in the dust ("?Écrire dans la poussière?"). Revenant sur ces attentats en 2003, Rowan Williams provoqua une première fois l' incompréhension du grand public en déclarant que " les terroristes pouvaient avoir des objectifs moraux sérieux " et qu' il fallait éviter de les ranger systématiquement dans le camp du mal. "
(35) Quand on connait le contenu de la charia vis-à-vis des femmes, on demeure interdit devant une telle répugnante déclaration.
(36) La Croix du 9 février 2008.
(37) Information publiée, notamment, par le site belge " Catho.be " du 29 septembre 2008 et " Challenges "du 15 octobre 2008 en France.
(38) Lettre Apostolique Apostolicæ Curæ: http://jesusmarie.free.fr/encyclique_apostolicae_curae.html
(39) " Histoire des variations des églises protestantes " Tome I livre septième pages 312 et suiv. (Édition de 1740).
(40) Thomas Cranmer: " Il reçut l' ordre de la prêtrise, quoique déjà marié, et fit vœu de célibat perpétuel. Il alla ensuite en Allemagne, où il épousa une seconde femme, la fille d' un protestant; de sorte qu' il eut deux femmes à la fois, bien que ses vœux l' empêchassent d' en avoir du tout. " Cobbet. Op.cité
(41) Religion insolite car, à ma connaissance, c' est la seule religion au monde dont le Roi (ou la Reine) c' est à dire un laïc non consacré soit le Chef. Verra-t-on un jour un Roi ou Reine divorcés (ou pire) Chef de l' Église d' Angleterre?
(42) Décidément le cardinal ne voit toujours dans les décisions pontificales que des raisons politiques contingentes, incapable qu' il est de s' élever aux motifs religieux légitimes où les principes reçus du Seigneur sont en cause.
(43) L' acceptation de la nomination de Cranmer par le Pape comme primat catholique d' Angleterre montre que le Pape ne refusait pas de collaborer avec Henri VIII; il pouvait transiger sur bien des sujets, il devait rester intransigeant sur la validité évidente du sacrement de mariage du ROI. Dans le premier cas (la nomination de Cranmer) il ne trahissait pas le Christ dans une affaire de pure administration, dans le second cas s' il avait consenti à annuler le mariage, comme le Roi le lui demandait, il eût trahi l' institution même de Jésus Christ " que l' homme ne délie pas ce que Dieu a lié ". Le Pape était lié par sa fonction, il n' a pas failli.
(44) C' est exactement le contraire qu' éprouva le schismatique Henri VIII qui, au moment de la mort, eut un triste gémissement: " J' ai tout perdu: le trône, l' âme et le ciel ". C' est une forte leçon pour les ennemis de l' Église.
(45) Lors de la conférence des primats anglicans de Dublin en 2011, plus du tiers des provinces de la Communion anglicane n' envoient plus de représentants. (" Church Time " du 28 janvier 2011- hebdomadaire anglican).
(46) Je dis " officielle ", car de la croyance personnelle des membres de l' anglicanisme on ne saurait préjuger tant elle varie faute d' autorité doctrinale reconnue; on trouve en effet parmi les croyances des fidèles anglicans des credo contradictoires, les uns calvinistes, les autres puritains, les suivants évangélistes, quelques uns protestants libéraux et les derniers quasi catholiques. Sans oublier les fossés sur le statut du clergé divisant les uns et les autres sur l' ordination des femmes (y compris évêquesse), sur le célibat, sur le nombre des sacrements et leur valeur, etc.
(47) Donc d' apostasie et de schisme, mais ces mots, plus vrais, le cardinal ne les aime pas; ils décrivent cependant la réalité d' une migration des fidèles vers une autre église. Refuser de qualifier la vérité par son nom c' est le premier pas vers la banalisation de l' erreur.  
(48) N' oublions jamais que " l' Enfer me ment "!
(49) Que feraient les musulmans si La Mecque était prise par les Juifs?
(50) Le Gendre -c' est lui qui parle page 205- ne semble pas se réjouir que le Tombeau fût vide. Quel triste dédain dans sa bouche que ce mot " vide "! Le malheureux! Car si le Tombeau eût contenu le Corps du Christ il n' y eût pas eu de croisade, ni de christianisme d' ailleurs et donc pas d' islam non plus! Or le Tombeau vide, signe de la glorieuse Résurrection, est JUSTEMENT LE lieu à adorer pour avoir abrité la victorieuse, la convaincante Résurrection.
(51) - auctoritas principis: la guerre ne peut relever que de la puissance publique sinon elle est un crime. L' auctoritas principis s' oppose à la décision individuelle appelée persona privata;
- Causa justa: la cause juste; c' est cette dernière notion qui donne le plus lieu à interprétation;
- intentio recta: l' intention ne doit pas être entachée de causes cachées mais uniquement dans le but de faire triompher le bien commun. L' Église a rajouté depuis une condition découlant de l' existence des moyens de destruction irréversibles actuels: " que l' emploi des armes n' entraîne pas des maux et des désordres plus graves que le mal à éliminer (Atome) ".
(52) " Parmi les Pères de l' Église qui venaient des terres que l' islam arracha à la Chrétienté citons les Saints: Athanase d' Alexandrie, Basile de Césarée, Grégoire de Nazianze, Cyrille de Jérusalem, Jean Damascène, Clément d' Alexandrie, Lactance (le Cicéron chrétien), Eusèbe de Césarée, Jean Chrysostome, Cyrille d' Alexandrie, Épiphane de Salamine, Polycarpe de Smyrne, Tertullien, etc. Si la conquête musulmane avait eu lieu seulement deux siècles plus tôt nous n' aurions pas eu St Augustin dernier Père de l' Église. Toute la théologie Trinitaire, Christique et de la Grâce est issue de cette cohorte de Saints, souvent martyrs appelés " Pères de l' Église " car ils se caractérisent par quatre " notes ": l' ancienneté, la sainteté, l' orthodoxie et l' approbation ecclésiastique.
(53) Admise par la théologie chrétienne comme une cause juste de guerre.
(54) On n' oublie pas que selon Platon: " Seule la mort est la fin de la guerre. " La fin immédiate, mais non le but.
(55) Dictionnaire CNTRL. L' athéisme nie, l' agnosticisme prétend ne pas pouvoir savoir (ce qui revient à faire comme si Dieu n' existait pas puisqu' il serait inconnaissable).
(56) Une fois encore il y a méprise, les athées ne sont pas "ouverts à la possibilité d' un Dieu ", ils en nient la possibilité et souvent en COMBATTENT même le concept. C' est tout différent: Le Gendre abonde dans la confusion des genres.
(57) Mais il s' avère qu' on en trouve bien peu dans les livres de Le Gendre.
(58) L 'athéisme est une foi et non un acte de raison; il suffit d' avoir côtoyé quelques athées pour s' en convaincre; eux qui déprécient l' acte de Foi chrétien (fondé sur l' Autorité omnisciente de Dieu) formulent le leur fondé sur leurs préjugés. " Aujourd' hui il est plus facile de désintégrer un atome qu' un préjugé " Einstein.
(59) " Quand je veux connaître les dernières nouvelles, je lis saint Paul " Bloy.
(60) La pire car la faillite de l' intelligence révoque la possibilité de la droite volonté. Or comme l' Intelligence est l' outil du Vrai, la volonté est l' organe du Bien.
(61) " Le livre noir du communisme " (Robert Laffont) dit 100 millions de morts.

 

L' Eglise, une gérontoratie

- L' Église, une gérontocratie: " - Êtes-vous en train de me dire que l' Église est une gérontocratie, Éminence? Pourtant la sagesse est le privilège de l' âge. - C' est ce que l' on dit en effet, mais c' est plutôt l' expérience, le seul privilège de l' âge. " Page 11.

" Gérontocratie: Gouvernement par les vieillards. " (1)

De nos jours, le jeunisme est populaire, la gérontocratie est décriée, la vieillesse n' est plus associée à la sagesse, la réflexion, le calme retour sur soi, l' impassibilité devant les passions et les dangers, l' attention sereine aux tribulations de la vie, la fidélité à la mémoire. Le culte de l' éphémère et de la hâte, de la précipitation sont associés à la fougue de la jeunesse. Être vieux est une maladie au même titre qu' être vertueux, présomption d' impuissance, de froideur et d' insensibilité, de perte de sens du réel, de vestibule de la mort.

C' est dire que pour le cardinal la gérontocratie, mode de gouvernement le plus répandu, quelle qu' en soit la forme (démocratie, monarchie, empire, oligarchie, dictature, parti unique…) dans TOUTES les époques, est odieuse, son SEUL bénéfice étant " l' expérience " (2), une dédaigneuse et inutile qualité. L' inexpérience qui est bien la marque de la jeunesse n' est certes pas rédhibitoire, dans les affaires graves elle est tout de même une menace d' improvisation.

Manifestement on n' aime pas l' âge des gouvernants de l' Église dans le groupe du cardinal et on le fait savoir par le vilain mot de gérontocratie - qui ressemble n' est ce pas? à gériatrie, une maladie en somme.

Et pourtant! Les grands philosophes athéniens qui nous sont donnés comme de grands sages - et ils le sont souvent, en partie- ont prôné la gérontocratie comme mode de gouvernement avisé:

" Choisissez parmi vous un conseil composé de vieillards sages et éclairés, entre les mains duquel vous remettrez la puissance législative & le soin de l' administration de l' état… toujours en présence et de l' avis des conseils des vieillards et du peuple assemblé " (Lettre de PLATON aux Syracusains pour constituer leur gouvernement.)

Mais ce qui emporte, naturellement et surnaturellement, notre intelligence et notre confiance en ce type d' autorité, c' est le recours constant, en TOUTES circonstances et sous TOUTES les formes de la Sainte Écriture (Ancien et Nouveau Testament identiquement) à ce mode de pouvoir et de conduite pour l' histoire humaine. Une profusion pléthorique de textes, tous dans les mêmes termes, montrent le dessein de Dieu, Son adorable injonction, d' user des Anciens dans TOUS LES CONSEILS. Je ne puis citer tous les énoncés de cet ordre impérieux, ils sont innombrables, en voici quelques uns:

Exode:

3:16 Vas, rassemble les anciens d' Israël et dis-leur: Yahweh, le Dieu de vos pères, m' est apparu

17:5 Yahweh dit à Moïse: "Passes devant le peuple et prends avec toi des anciens d' Israël… et va.

Nombres:

11:16 Yahweh dit à Moïse: "Assembles-moi soixante-dix hommes des Anciens d' Israël, que tu connais pour être anciens du peuple et préposés sur lui; amènes-les à la tente de réunion et qu' ils se tiennent là avec toi.

17 Je descendrai et je te parlerai là; je prendrai de l' esprit qui est sur toi et je le mettrai sur eux, afin qu' ils portent avec toi la charge du peuple, et tu ne la porteras plus toi seul.

Josué:

24:1 Josué assembla toutes les tribus d' Israël à Sichem, et il convoqua les Anciens d' Israël, ses chefs, ses juges et ses officiers.

Ruth:

4:2 Alors Booz prit dix hommes parmi les Anciens de la ville, et il dit: "Asseyez-vous ici." Et ils s' assirent.

1 Chroniques:

15:25 David, les Anciens d' Israël et les chefs de milliers se mirent en route pour faire monter l' arche de l' alliance de Yahweh depuis la Maison d' Obédédom, au milieu de la joie.

Actes des Apôtres:

11:29 Les disciples décidèrent d' envoyer, chacun selon ses moyens, un secours pour les frères qui habitaient la Judée;

30 ce qu' ils firent aussi en expédiant (les offrandes) aux Anciens par les mains de Barnabé et de Saul.

14:23 Après leur avoir établi des Anciens dans chaque église par imposition des mains, après avoir prié et jeûné, ils les recommandèrent au Seigneur, en qui ils avaient cru.

15:l …et Barnabé et quelques autres des leurs monteraient à Jérusalem vers les apôtres et les Anciens pour cette question.

4 Arrivés à Jérusalem, ils furent reçus par la communauté, les apôtres et les Anciens, et ils rapportèrent tout ce que Dieu avait fait avec eux.

6 Les apôtres et les Anciens s' assemblèrent pour examiner cette affaire

22 Alors il parut bon aux apôtres et aux Anciens, ainsi qu' à toute la communauté, de choisir quelques-uns d' entre eux pour les envoyer à Antioche avec Paul et Barnabé; (on choisit) Jude, surnommé Barsabbas, et Silas, Hommes de premier rang parmi les frères,

23 qui écrivirent par leurs entremise: " Les apôtres et les Anciens, frères, aux frères d' entre les Gentils qui sont à Antioche, en Syrie et en Cilicie, salut!

21:17 Quand nous fûmes à Jérusalem, les frères nous reçurent avec plaisir.

18 Le lendemain, Paul se rendit avec nous chez Jacques, et tous les Anciens s' y réunirent.

22:5 comme le grand prêtre même m' en rend témoignage, ainsi que tout le collège des Anciens. Ayant même reçu d' eux des lettres pour les frères, je m' en allais à Damas pour amener aussi enchaînés à Jérusalem ceux qui se trouvaient là, afin qu' ils fussent punis.

Saint Paul:

1 Timothée 4:14 Ne perds pas de vue le don spirituel qui est en toi, qui t' a été donné par action prophétique avec l' imposition des mains du collège des Anciens.

Tite 1:5 Je t' ai laissé en Crète afin que tu achèves de tout organiser et que, selon les instructions que je t' ai données, tu établisses des Anciens dans chaque ville.

Saint Pierre:

1 Pierre 5:5 De même, vous qui êtes plus jeunes, soyez soumis aux Anciens; tous, les uns à l' égard des autres, revêtez-vous d' humilité, car "Dieu, résiste aux orgueilleux et donne sa grâce aux humbles.

Les Actes des Apôtres citent 18 fois le recours aux Anciens comme mode d' autorité. Ils les désignent même en tant que collège, comme Saint Paul.

Doit-on supposer que les Anciens n' étaient point vieux mais que le terme désignait seulement des chefs? Ce serait mal raisonner, tous les dictionnaires de la Bible en attestent:


Dictionnaire de la Bible Robert Laffont -Collection Bouquins.1500 pages.

Et le Dictionnaire Universel de Philologie sacrée en quatre tomes de l' abbé Migne confirme ce sens au terme " Presbyter ", équivalent à " Ancien " dans le Nouveau Testament:

Le dictionnaire de la Bible de Dom Calmet n' évoque pas l' âge mais la fonction de " chefs de famille "; quand on connait les mœurs et les institutions de toute l' Antiquité (3) on ne peut ignorer qu' être chef de famille est une fonction sacrée, à vie, réservée au plus aîné en âge.

Il en ira de même quand Dieu suscitera pour gouverner Israël des Juges, véritables gouverneurs de la nation.

Ce que le Cardinal méconnait une nouvelle fois (4) c' est que dans l' Église ce ne sont pas les hommes qui gouvernent, c' est Dieu par leur canal; dés lors qu' importe leur âge, leur rang, leur état physique (et d' ailleurs leur état moral également, car Dieu peut s' il le veut gouverner par des hommes indignes, cela s' est produit et l' Église est toujours vivante). Les hommes d' Église peuvent bien être vieux mais leur doctrine et leur prédication sont éternelles, affranchies du temps, libérées des imperfections corporelles - et morales-. N' est ce pas ce qui compte?

" On ne devient pas vieux pour avoir vécu un certain nombre d' années: on devient vieux parce qu' on a déserté son idéal. Vous êtes aussi jeune que votre foi. Aussi vieux que votre doute. Aussi jeune que votre confiance en vous-même. Aussi jeune que l' espoir propre au sens. Aussi vieux que votre abattement. Vous resterez jeune tant que vous resterez réceptif aux messages de la nature, de l' homme et de l' infini. " - Douglas MacArthur, discours d' adieu aux étudiants de l' Académie militaire de West Point - 1962

Avec sa manière de rider toutes les institutions d' Église et de racornir tout ce qui est vénérable, je crains que le vieux cardinal ne projette sur autrui ses propres obsessions. Libre à lui, mais pour l' Église il devrait prendre garde à respecter son caractère sacré. Car le sacré n' est pas une affaire d' âge. C' est si vrai que du 16 au 21 août 2011 à Madrid pour les JMJ des centaines de milliers de jeunes gens ont démenti par leur enthousiasme, leur recueillement, leurs prières et leurs chants que la gérontocratie était un obstacle à la foi et à l' espérance. A Madrid, de tous les continents, ces jeunes ne sont pas allés saluer un vieux, ils sont allés acclamer un Pape. C' est ainsi qu' on donne une calotte aux grincheux.

JMJ Madrid août 2011:

- Les vieux et le petit garçon: Pour illustrer la vieillesse des gens d' Église et ce qui dans le sacré " empêche les gens de percevoir la tendresse de Dieu ", le cardinal raconte (pages 286 & 289) une anecdote qui se veut démonstrative de ses propos. Son récit sera, hélas pour lui, démenti par le mien dont j' apporterai la preuve.

Sur le " sacré qui empêche… " Je dirai plus loin qu' en penser. Le cardinal nous dépeint, lors d' une veillée de prières avec le Pape, un petit garçon échappé à ses parents s' ébattre entre le public et l' estrade du Pape. Aucun des prélats présents n' ayant bronché, les agents de sécurité " interceptèrent " l' enfant. Et le cardinal de regretter " que l' un d' entre nous n' ait pas osé un geste… pour prendre la main de l' enfant et le conduire vers le Pape ". " Pas un de nous n' a fait ce geste, ni même, je crois, n' y a songé.(5) Moi non plus… Je m' en veux. " Leçon évidente: il y a un fossé entre notre Foi et notre pratique.

Est-ce nouveau? Est-ce dû aux pesanteurs de l' Église? Est-ce dû à l' Église? Le sacré est-il l' obstacle de la Charité, de la chaleur humaine?

Ou bien notre nature déchue, avec son respect humain, ses prudences excessives, ses faiblesses et timidités, ses paresses, ne surgit-elle en maintes occasions pour refouler l' élan de l' amour, la spontanéité de la tendresse, le feu du zèle chrétien?

Le cardinal cite son exemple, voici les miens: Lors de l' audience générale du mercredi 2 février 2011 accourt un petit garçon sur l' estrade du Pape, il déboule à grandes enjambées, se précipite sur le Pape manifestement heureux. L' a-t-on " intercepté ", nullement, quel " geste osa " le Pape vers le petit garçon? Les photos parlent d' elles mêmes; leçon: un vieux Pape accueille avec émotion un petit garçon effronté qui se jette dans ses bras. La gérontocratie et le sacré nous réservent souvent de belles images émouvantes.



La vidéo de 38 secondes est vraiment à voir, à elle seule elle renverse tout l' appareil de rancœur qui caractérise une œuvre d' amertume: http://www.wat.tv/video/enfant-se-jette-dans-bras-pape-3c5k3_2exyh_.html

Et comment ne pas ajouter à cette démonstration spontanée d' affection et de communion les images d' une visite aux enfants malades (qui ne sont pas la marque exclusive du Cardinalet d' O. Le Gendre):




L' Église et la pauvreté:

" Heureux, vous qui êtes pauvres " St. Luc 6:20

" Peut-être avais-je besoin de vider mon sac, Éminence " Page 38

Le cardinal: " Parfois la richesse de l' institution empêchait les petites gens de lui faire confiance - O. Le Gendre: " On ne peut pas prêcher l' Évangile dans la richesse. " Page 187

Le cardinal: " une institution riche peut-elle être un obstacle à la recherche de Dieu? Une institution riche dans ses atours et ses avoirs, riche dans sa position de domination, riche dans la condescendance de ses attitudes, riche dans l' exercice de son pouvoir sur les consciences, riche dans ses relations avec les politiques" Page 212-213

Le cardinal: " simplifier le train de vie, les ornements, les cérémonies, les journaux… " Page 217

" Le système est bien huilé, c' est certain, mais il s' inspire d' une logique féodale: plus on est soi disant haut placé, plus on est revêtu luxueusement et plus isolé on se retrouve. " Page 290

En un mot, la richesse (atours (6), ornements (7), avoirs, cérémonies (8), vêtements luxueux) et son cortège de gorgones malfaisantes (domination (9), pouvoir sur les consciences (10), connivence politique, logique féodale) pétrifient l' Église et entravent sa capacité de convaincante prédication.

On a vu dès le début de mon exposé comment deux images antinomiques mises ensemble (table au Vatican et réfectoire d' enfants malades) orientaient d' emblée tendancieusement la tonalité du propos.

Saint François sollicité:

Nous allons assister encore à un apologue fallacieux, de même nature et pour le même but, où vont intervenir deux Saints d' un ordre connu pour sa pauvreté, l' ordre franciscain. Le récit a pour but d' exalter saint François, le pauvre, et de déprécier Innocent III, le Pape (riche par définition!), le tout raconté par Saint Bonaventure, ministre général des Franciscains et docteur de l' Église († juillet 1274) dans un livre. (11)

Le cardinal " - Vous connaissez la scène de la rencontre entre François et le pape Innocent III? Le Gendre - J' en ai un vague souvenir… Le cardinal - Bonaventure la raconte en détail. Imaginez la cour pontificale de l' époque au Latran... La cour pontificale donc, trônes et dorures, puissance et richesse devant laquelle se présente ce petit homme… revêtu de ses hardes et accompagné de quelques compagnons aussi insignifiants que lui… Quelques jours avant, le pape avait refusé de recevoir cet original qui voulait lui présenter la règle qu' il avait rédigée… " Page 214.

A la lecture de ce récit mettant en scène, dialectiquement, le pauvre François et le pape scandaleusement riche et donc au cœur dur qui refuse l' entretien, je ne pus croire à un tel récit qu' aurait fait un Saint et rapporté un autre Saint parlant de la sorte du Pape. Un catholique sait d' instinct qu' un saint se reconnaît à un critère infaillible: l' humilité dans l' obéissance et le respect à l' autorité instituée par Dieu. (12) L' opposition, le contraste révoltant entre St François et Innocent III, ni le poverello, ni St Bonaventure n' avaient pu nous les raconter ainsi, ni d' ailleurs les ressentir. Car la différence entre les saints et le cardinal c' est que les premiers ne voient pas le scandale où il n' est pas, et si par aventure il y avait, ils l' expliquent toujours avec indulgence et générosité, se mettant plutôt en cause eux mêmes. Le saint ne bat pas sa coulpe sur la poitrine des autres.

Je cherchais donc le livre " Légende de Saint François d' Assise " par saint Bonaventure, difficile à obtenir car non réédité depuis 1859, afin de vérifier l' exactitude du récit, son contenu, sa tonalité. Le danger quand on cite des sources c' est d' être démenti lors de la vérification: en effet, le livre enfin retrouvé, je découvris une narration d' une toute autre couleur.

D' abord sur le refus du Pape de voir St François voici comment St Bonaventure narre les faits: " Le vicaire de Jésus-Christ, qui habitait alors le palais de Latran, et se promenait en ce moment dans une salle appelée Speculum, livré tout entier à de profondes méditations, le prit pour un importun, et le repoussa avec dureté. François sortit humblement et sans murmurer; mais la nuit suivante Dieu envoya aussi au Pontife une vision…. "

Puis voici la rencontre et le dénouement:

" Introduit pour la seconde fois devant le Souverain Pontife, François lui exposa son projet et le supplia avec instance et humilité de vouloir bien approuver sa règle. Le vicaire de Jésus-Christ , qui était Innocent III, homme illustre par sa sagesse, voyant dans le serviteur de Dieu la pureté admirable d' une âme droite, une constance inébranlable et la ferveur d' une volonté toute sainte, fut épris d' amour pour lui et se sentit porté à répondre à ses désirs. " Finalement " le successeur de saint Pierre se tournant vers le pauvre du Seigneur: " Ô mon fils, lui dit-il, priez Jésus-Christ de nous manifester sa volonté par vous-même, afin que, l' ayant connue d' une manière plus certaine, nous puissions plus sûrement répondre à vos pieux désirs. "… " Le vicaire du Sauveur avait écouté avec l' attention la plus vive une parabole de St François et son explication. Il fut transporté d' admiration et ne douta plus que le Seigneur Lui-même n' eût parlé par la bouche de François. Il jugea aussi, par l' inspiration divine, qu' une autre vision dont il avait été favorisé trouverait son accomplissement en cet homme. Il voyait en songe, comme il le rapporta lui-même, l' église de Latran près de tomber en ruines, quand un homme pauvre, sans apparence et méprisable, la soutenant de son dos, l' empêchait de s' écrouler. " Ce pauvre, dit-il, est vraiment celui qui soutiendra l' Eglise de Jésus-Christ par ses œuvres et sa doctrine. " Alors plein d' une sainte ferveur, le pape accorda au serviteur de Dieu toute sa demande, et il eut toujours pour lui dans la suite une tendresse spéciale. Non-seulement il satisfit à ses désirs, mais il lui promit de faire encore plus pour lui dans la suite. Il approuva sa règle, lui donna le commandement de prêcher la pénitence, et voulut que ses compagnons portassent de petites tonsures, afin de pouvoir répandre en toute liberté la divine parole. " Chapitre 3 pages 47 à 51.

Dans tout cela, point de " trônes et dorures, puissance et richesse " qu' introduit en douce le cardinal dans le récit pour créer une fausse symétrie entre la Sainteté et le Pouvoir, le Bas et le Haut, le pauvre et le riche etc. Le voilà pris la main dans le sac d' un montage descriptif trompeur créé pour suggérer au lecteur de s' indigner d' un tableau si contrasté. RIEN de tout cela n' est dans la narration de Saint Bonaventure. Au contraire, le texte nous donne du Pape Innocent III une peinture avantageuse. (13)

Ce n' est pas la première fois que nous surprenons le Cardinal en travers de l' histoire vraie. " L' accumulation met fin à l' impression de hasard " Freud.

Cependant, ici, sa méthode est démasquée dans toute sa rouerie: on repeint l' histoire avec un pinceau personnel, donnant par petite coups successifs, discrets, impressionnistes, la vue d' un tableau corrigé. Le tableau final est proche du vrai mais il est menteur.

Méthode de faussaire!

Une abjection: le récit d' un lavement de pieds:


Page 226

Ce récit, je l' avais déjà entendu à l' abbaye bénédictine de Belloc près de Bayonne en 2010 lorsque O. Le Gendre était venu présenter son premier livre -et annoncer l' arrivée du second-. Comme je le relate dans ma Réfutation 1 je n' avais alors pu aller au terme de mon intervention et dire mon désaccord sur les imputations du premier tome, particulièrement cette cérémonie dont la solennité est manifestement étrangère à la sensibilité liturgique de M. Le Gendre et du cardinal.

A titre personnel, j' ajoute que cette relation est, de tous les passages relevés du livre, celle qui me comble le plus de tristesse et de répulsion. A mon sens, elle manifeste ou un abîme d' inintelligence d' un acte sacré de la Liturgie ou une révolte névrotique contre le renouvellement mémorial, hiératique et adorable d' un acte solennel du Sauveur. En le désacralisant pour n' en faire qu' une reprise d' un geste d' amour humain accompli par un simple humain sur d' autres hommes, le dépouillant de son caractère de représentation rituelle donc religieuse, sacerdotale, immensément majestueuse et divine, bien sûr on doit en retirer tout l' appareil allégorique, cérémonieux, imposant, en un mot ROYAL. Car c' est un Roi qui lavait ses Apôtres et quand nous participons, en acteurs, à cette sublime cérémonie, le prêtre est alors le Christ, Roi, Dieu et Souffrant et les douze présents dans le chœur sont les Apôtres.

Que la scène renouvelée du Christ ceint d' un linge lavant les pieds de ses Apôtres revête les broderies, les linges précieux, les componctions, l' emphase même d' une cérémonie ineffable et révérée ne devrait choquer aucun catholique qui sait la valeur d' un ACTE LITURGIQUE. Celui-ci doit emprunter et figurer par quelque représentation la splendeur de Dieu, sa magnificence, sa gloire; Rilke disait " le beau est le premier degré du terrible ", oui le beau qui " est la splendeur de l' être " ne peut être commun, banal et ordinaire. C' est toute la fonction de l' Art sacré de contribuer, dans la Liturgie, à enflammer l' ardeur de la Foi et de la Charité envers Dieu. (14)

" On ne doit approcher de la liturgie qu' à genoux et avec une formidable humilité, en reconnaissant qu' elle ne nous appartient pas. Elle appartient à Dieu. Elle est un don. Nous ne rendons pas un culte à Dieu en créant nos propres liturgies, mais en recevant la liturgie comme elle nous est donnée par l' Église ". Mgr Slattery évêque de Tulsa (Oklahoma) à l' hebdomadaire National Catholic Register et publiées en ligne le 28 octobre 2011.

"Il y a un dicton juif qui explique que ceux qui essayent de te changer attaquent toujours en essayant de rendre illégitime l' élément qui te donne le plus de force". David Hatchwel, vice-président de la communauté juive de Madrid.

Avec son étroite manière -maniaque- de ne concevoir que l' étroitesse, la petitesse, le ratatiné des actes d' une Église vide de divin, Le Gendre bien sûr interprète les instruments, ornements, vêtements et tout l' appareil de cérémonial avec un œil de clerc de notaire qui évalue le coût et l' apparat du butin à solder. Récrimination et aigreur rampent sans cesse dans ce livre déprimant. Une belle et pure géométrie devient une ligne brisée inélégante et tortueuse car pour Le Gendre, le losange n' est qu' un carré tordu en biais.

La vérité c' est une ignorance du sens profond de la liturgie, de sa nature, de sa valeur, de sa raison d' être, de sa fonction et par-dessus tout de son Auteur. On veut faire comme Jésus a fait? Mais alors dira-t-on la messe autour d' une table, au cours d' un repas, avec treize personnes autour? Rejetterons-nous les moyens que Dieu nous donne pour émouvoir le cœur des hommes afin de mieux l' adorer dans l' acte cultuel: les chants de la musique sacrée, les sculptures figuratives de l' amour et de la majesté de Dieu et de ses Saints, l' architecture adaptée aux cérémonies, les ors et les symboles vestimentaires qui solennisent les célébrants, les vases sacrés (15) enrichis pour contenir la divine Majesté et tous les artifices vénérables embellis pour élever l' âme et l' esprit de la communauté des chrétiens. Méconnaître la nécessité du Beau pour parvenir au Vrai et à l' Un c' est négliger la voie de la prière et de la contemplation et c' est déshumaniser le rite. Sous des airs d' amour de l' homme on veut le priver de ce qui excite son exaltation vers l' absolu divin. Qui aime l' homme ne le mutile pas de son affect. Les anges n' ont pas besoin des riches artefacts pour adorer Dieu qu' ils possèdent par vision fulgurante immédiate, nous, pauvres exilés, devons passer par les sens qui meuvent notre imagination pour nourrir notre cœur et notre esprit.

" Si tu étais incorporel, Dieu ne t' aurait donné que des dons incorporels; mais parce que ton âme est unie à un corps, il t' offre des choses spirituelles dans des choses qui frappent nos sens. " St Jean Chrysostome Homélie LXXXIII

On essaie d' enrôler le saint d' Assise pour seconder une œuvre iconoclaste et dévastatrice des richesses liturgiques de l' Église exprimées par des richesses visibles mais on trompe encore l' opinion:

Ce n' est pas un hasard si saint François d' Assise, qui prônait la pauvreté absolue à ses frères, voulait que la liturgie eucharistique et le culte soient illuminés de splendeur. Alors, il ne redoutait pas la richesse. Ses écrits sont remplis d' actes d'amour envers la Messe et le Saint-Sacrement. "Du Très-Haut Fils de Dieu lui-même je ne vois corporellement rien d' autre, en ce monde, que le Corps très saint, le Sang très précieux et je veux que ces très saints mystères par-dessus toutes les autres choses soient honorés, vénérés et conservés dans des endroits précieux. " Testament de saint François.

" On commet une méprise en partant de ce principe que les masses religieuses aiment la vulgarité. C' est tout le contraire… mépriser les foules n' est pas une bonne manière de gagner leur suffrage. Le peuple n' est jamais vulgaire; il déteste plutôt qu' on affecte la vulgarité dans l' espoir de lui faire plaisir. " E. Gilson " La société de masse et sa culture " (Vrin 1967).

" Toute ma pensée est de montrer comment le Christianisme sut tirer des ruines romaines et des tribus campées sur ces ruines, une société nouvelle, capables de posséder le vrai, de faire le bien et de trouver le beau ". Bienheureux Frédéric Ozanam (16).

L' une des marques les plus sûres de la sainteté fut toujours la générosité, l' ardeur des saints envers les signes visibles et somptueux du culte notamment Eucharistique; jamais ils ne murmurèrent contre un excès de magnificence et de majesté liturgique. La froideur envers la beauté offerte à Dieu est un indicateur assuré de surdité spirituelle. Voyez comment Le Gendre nous raconte avec gourmandise et dérision la cérémonie, avec d' ailleurs le talent destructeur du démolisseur de sacré, et avec le but navrant de diminuer et de railler le prêtre, le ridiculiser pour le mépriser.

Un saint prêtre, le Curé d' ARS, va lui donner une grande leçon, magistrale et sans réplique car c' était aussi un prêtre pauvre. Très pauvre. Volontairement et amoureusement pauvre:

Il achète, à l' aide de son propre argent et de dons de personnes pieuses, un nouveau maître-autel riche en dorures. Prenant lui-même le pinceau, il décore les bancs " avec ce goût d' ornements variés qui plaît aux gens de la campagne ". Aux frais du vicomte des Garets, frère de la châtelaine d' Ars, il achète pour l' église des ornements somptueux, répétant souvent aux marchands " Pas assez beau, il faut plus beau que cela. " À propos du mot " beau ", Mgr Trochu fait cette remarque: " En fait, tous les ornements acquis ou reçus à cette époque par M. Vianney étaient des objets de prix; aucun cependant n' avait de valeur vraiment artistique; seul le dais, très riche, était brodé (17) avec un bon goût réel. " Les présents offerts par le vicomte à la paroisse contribuent, par la curiosité qu' ils provoquent, à l' attirance qu' Ars commence à exercer sur les populations voisines.

Les gens d' Ars se répétèrent bien vite que leur curé ne mangeait presque rien. Un ecclésiastique déclara un jour: " Un temps viendra, je pense, où le Curé d' Ars ne vivra plus que de l' Eucharistie. "

La veuve Renard, qui tint le ménage du curé d' Ars dans les premières années qui suivirent son installation, a raconté là-dessus à sa fille des souvenirs que celle-ci a rapportés comme suit: " habituellement, il ne buvait pas de vin à l' époque où elle le servait. Il faisait cuire des pommes de terre, les mettait dans un panier et les mangeait toutes froides, pendant que la provision durait (18). Il achetait le pain des pauvres pour en faire sa nourriture. Ma mère croyait qu' il restait quelquefois plusieurs jours sans manger. Quand il était fatigué, il venait chez ma mère, elle lui faisait quelques matefaims et les lui portait dans sa chambre. Quand il en avait besoin, il prenait quelquefois un peu de lait le matin. "

En 1830, il a la réputation de ne se nourrir que de pain et de fromage. Le curé d' Ars a aussi la réputation de ne dormir quasiment pas. " On apercevait presque constamment sa fenêtre éclairée ", dit un témoin.

À la Providence (19), le curé d' Ars prend sa part des plus humbles besognes. Par exemple, il tient à participer à la vidange des fosses d' aisance, tantôt comme spectateur et tantôt comme acteur.

Un de ses amis, Claude Laporte, lui fit un jour don d' une montre, que le Curé d' Ars s' empressa de donner à plus pauvre que lui. Claude Laporte renouvela l' opération trois ou quatre fois. Mais le Curé d' Ars la donnait toujours, ou vendait la montre pour en donner l' argent aux pauvres. Ce que voyant, Claude Laporte lui dit un jour en lui mettant une nouvelle montre entre les mains " Monsieur le Curé, je vous prête la montre que voici ". C' était une belle montre. Le Curé d' Ars la conserva toute sa vie; à sa mort elle fut restituée à la famille Laporte-Dupré la Tour.

Cependant le curé d' Ars recevait d' immenses ressources. Quand on lui demandait, raconte l' abbé Raymond, comment il faisait pour avoir tant d' argent, il répondait: " Mon secret est tout simple, c' est de ne jamais rien garder et de n' avoir jamais rien. " Il reconnaissait d' ailleurs aussi qu' il était " avare pour le bon Dieu ".

Dans les premiers temps de sa prêtrise, alors qu' il était vicaire à Écully, l' abbé Vianney eut l' occasion de recevoir un legs de 30 000 francs fait à son nom, mais il refusa. Devenu curé d' Ars, il faisait à ce sujet ce commentaire: " Si c' était maintenant, je ne refuserais pas. "

Ceux qui connaissent la vie de privations, de prières, de misères et de conversions du saint Curé d' Ars, résumée ci dessus (20), ne contesteront pas que toute sa vie il fut LE Pauvre. Il fut pauvre pour lui, et cependant, parce qu' il était saint, il voulut la richesse du culte:

" On doit offrir à Notre Seigneur tout ce qu' il y a de plus beau et DE PLUS PRÉCIEUX ". Curé d' Ars

Veut-on encore des exemples de " richesse " liturgique chérie par les saints, les images protestent d' elles-mêmes:

" Les premiers chrétiens comprirent fort bien que la célébration instituée par le Seigneur était bien plus que la répétition de la Cène; ils savaient que cet ultime repas n' était lui-même que le signe de l' œuvre rédemptrice, dont le supplice de la Croix constituait l' accomplissement. Pour cette raison, les premiers chrétiens embellirent leur culte à l' aide des formes les plus nobles et les plus belles, que l' humanité avait élaborées pour prier et offrir des sacrifices, au cours des millénaires précédant la venue du Sauveur. Ces formes n' avaient pas d' auteur désigné; elles ne furent pas créées par des sages, mais modelées par la sensibilité de tous les hommes qui adorèrent jamais la divinité. Un seul point distinguait ce nouveau sacrifice chrétien, des sacrifices qui existaient auparavant parmi les différentes religions: parce qu' il rendait présent Jésus en tant que victime, il n' était pas seulement l' œuvre d' hommes pieux, mais bien l' œuvre de Dieu Lui-même. Il s' agissait d' une œuvre accomplie par Dieu et pour les hommes; une œuvre que des hommes, même d' une piété exemplaire, n' eussent jamais pu accomplir eux-mêmes, sans le secours de la Grâce. Ce point forme un élément essentiel de l' adoration chrétienne. Si on le néglige, on ne peut vraiment la comprendre: elle n' est pas une œuvre humaine, et par conséquent elle ne doit pas non plus apparaître comme une œuvre humaine. Il faut considérer qu' elle ne prend pas son origine dans la volonté des hommes, mais dans celle de Dieu. " Martin Mosebach, auteur de La Liturgie et son Ennemie (Hora Decima 2005) au colloque du 1er au 3 septembre 2010 sur la liturgie à Colombo (Sri Lanka), organisé par Monseigneur Malcolm Ranjith, l' archevêque du diocèse, président de la conférence épiscopale de Ceylan, qui a aussi été appelé depuis à la pourpre cardinalice par Benoît XVI. Martin Mosebach a fait partie des artistes reçus par le Pape dans la Chapelle Sixtine, le 21 novembre 2009.

Deux autres signes de richesse et de pouvoir:

- La Tiare:

" La tiare eut une durée de vie d' un peu plus de six siècles. Ces six siècles correspondent exactement à six siècles de dérives dans notre Église. " Page 242

Donc, la Tiare date des ans 1400 (XVe siècle). Et la " dérive de l' Église " dito. Je rappelle, au passage, que dans le tome 1, on (21) faisait remonter la " dérive de l' Église " à l' Empereur Constantin et tout le Moyen Âge (22). On n' est donc pas à une contradiction et une erreur historique près. Quand on affabule, il vaut mieux avoir une bonne mémoire!

Or, le premier Pape à avoir été solennellement couronné (devinez avec quoi?) après son élection fut Nicolas II en 1059! (23) Or, lorsqu' on couronnait un pape, le cardinal chargé de lui déposer la tiare sur le front lui disait: "Reçois cette tiare ornée d' une triple couronne, et saches que tu es père, prince et roi, le recteur de la terre et le vicaire de notre seigneur Jésus-Christ!"

Mais l' histoire de la Tiare commence encore bien avant:

Les papes portèrent à l' origine le bonnet conique symbole traditionnel de souveraineté en Orient, qui avait l' intérêt de constituer un couvre-chef distinct de la mitre des évêques (étant d' ailleurs rappelé que les anciens rois d' Asie, qui portaient ordinairement la mitre, ne coiffaient la tiare que dans les occasions de parade).

Comme il avait été naturel pour les papes de reprendre une symbolique liée aux empereurs de Rome antique (lesquels avaient entre autres qualités celle de Pontifex Maximus depuis Auguste et auxquels les papes succédèrent comme souverains de Rome), ils s' arrogèrent aisément cette coiffe que les empereurs romains d' Orient - les seuls empereurs romains qui restaient - avaient adoptée à la suite des rois assyriens et perses qui avaient inauguré l' idée d' un roi des rois, c' est-à-dire d' un empereur. S' y ajouta, par l' hommage d' un roi fraîchement converti - Clovis (24) -, une première couronne, avant qu' une occasion ne constituât l' origine d' une seconde couronne. Cette occasion est restée obscure (25), l' unanimité des historiens qui se recopient comme d' habitude, semblant provenir d' un ouvrage du XVIIIe siècle (J. Garampi, Illustrazione di un antico sigillo della Garfagnana, Rome 1762), époque où on réécrivit activement l' histoire de l' Occident. En 1342, Benoît XII ajouta une troisième couronne pour symboliser l' autorité morale du Pape sur tous les souverains civils. C' est à l' époque gothique que le bonnet fut remplacé par un cône de métal.

Le port de la Tiare par le Pape fut abandonné par Paul VI qui vendit la sienne pour les pauvres (26). Rappelons le discours intégriste de Paul VI le jour de son couronnement (30 juin 1963):

" Nous défendrons la Sainte Église contre les erreurs de doctrine et de pratique qui tant à l' intérieur qu' à l'extérieur de l' Église menacent son intégrité et cachent sa beauté ".

Il est toutefois notable que lors d' une solennelle cérémonie à Rome en 2011 soit réapparue la Tiare couronnant la statue de saint Pierre. Il n' est pas anodin que le Prince des Apôtres porte, symboliquement, le digne couvre chef pontifical d' une immémoriale antiquité:

Il sera aussi digne d' intérêt de constater l' évolution des armoiries de Benoît XVI depuis son élection: surmontées à l' origine de la Mitre épiscopale (le Pape est évêque de Rome), les armoiries sont désormais surmontées de la Tiare pontificale (le Pape est l' évêque des évêques); le symbole n' est pas insignifiant:


Le Saint Père recevant des évêques américains en visite ad limina le 26 novembre 2011; au dessus du fauteuil du Pape la Tiare et les clefs.

O. Le Gendre et le Cardinal y verront sans doute une " dérive " du règne de Benoît XVI, on peut aussi y découvrir un signe de continuité, de fidélité, de constance dans le flux historique de l' Église; comme dans tous les organismes vivants la rupture est une blessure, la cohérence est une communion (27):

" Car, pour moi, j' ai reçu du Seigneur, ce que je vous ai aussi transmis " (St Paul 1Corinthiens 11:23)

- La Cappa Magna:

"La prodigalité éveille partout l' admiration." Aldous Huxley " Tour du monde d' un sceptique "

Une des méprises et des confusions les plus répandues est d' assimiler le raffinement et l' ornementation vestimentaires liturgiques à l' arrogance et l' esprit de superbe, à la volonté de grandeur et de prédominance, à la frivolité ostentatoire et inutile, à l' excès de vanité de rang. Il y a dans cette manière de récuser certaines parures, d' abord une méconnaissance de leur raison d' être et surtout une incompréhension de leur sens symbolique. Tout le livre de Le Gendre est plein de ces contresens sur le rôle de la Liturgie et de ses accessoires. Il en est donc tiré une conclusion résolument irrecevable car elle est l' exact envers de ce qui est la vérité. Autant le dire plus simplement: O. Le Gendre ne comprend rien aux cérémonies liturgiques les plus vénérables, il en dénature l' esprit, il n' en voit que le décor, l' apparat sans en pénétrer l' âme qui explique TOUT. Cette infirmité de pénétration des raisons cachées, mais essentielles, des apparences humaines derrière lesquelles agit la souveraineté de Dieu est une constante chez nos critiques de l' Église. Ce qu' ils ont de plus profond, c' est leur épiderme. On passe ainsi sans voir les grandes et profondes réalités catholiques.

Nous voici donc ici confrontés à une hargneuse et répétitive dénonciation d' un accessoire de cérémonie des cardinaux, la Cappa Magna (28) que nos protagonistes détestent avec une obsession que je n' hésite pas à qualifier de maladive tant elle revient comme un thème répétitif, récidivant tout au long du livre (pages 213, 216, 224, 241, 247, 249…). Ils font même une véritable fixation pathologique sur cette cape qui devient en quelque sorte l' allégorie de tout ce qui est à maudire.

La victime en est d' abord le pauvre Cardinal Rodé (Lazariste, Slovène) préfet émérite de la Congrégation pour les Instituts de vie consacrée et les Sociétés de vie apostolique depuis 2011. Il est en outre membre de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, de la Congrégation des évêques, de la Congrégation pour l' éducation catholique, de la Congrégation pour l' évangélisation des peuples, du Conseil pontifical pour la culture et de la Commission pontificale " Ecclesia Dei ".

On le voit, la profusion de ses responsabilités a peut être concentré sur lui l' acrimonie de nos duettistes. Voici le texte, talentueux par son luxe d' épithètes dévastatrices, stupéfiant par la malveillance mortelle qui suinte (pages 35 & 36):


Remarquons d' abord le talent descriptif, génial dans le choix des mots répulsifs qui anéantissent toute sympathie pour ce Cardinal dépravé dans son étalage vaniteux: il est " flamboyant ", assis de façon " ostentatoire ", sur un " trône ", la traîne est " artistiquement " déployée, son chapeau est " à l' ancienne ". Le sacristain, lui, est en " bas blancs " et il se tient avec " componction ". Les " atours " sont " riches " & " ridicules ".

Ce qui frappe est la partialité unilatérale, négative sans réserve, accablante même, de la vision SUBJECTIVE de Le Gendre; car voir la flamboyance, l' ostentation, la componction d' une personne c' est déjà lui prêter un orgueil et une affectation personnels, uniquement sur son maintien qu' un autre aurait pu juger, aussi bien en l' occurrence, de " hiératique ", " solennel ", " recueilli "; mais c' eût été trop bon pour un cardinal qui aime la dignité des formes et cela n' aurait pas servi le but de dénigrement recherché.

" Le trône " n' était-il pas, au reste, seulement une " cathèdre " épiscopale sur estrade, comme on les voit dans maintes cérémonies où l' évêque préside? Mais " trône " fait tellement plus Ancien Régime, n' est-ce pas? C' eût été dommage de ne pas aller jusqu' au bout de l' infamie:

La traîne " artistiquement " déployée, est-ce à dire qu' un artiste a procédé à son déploiement ou que celle-ci a été soigneusement, esthétiquement et avec une recherche coupable étalée? Mais O. Le Gendre veut suggérer l' intention théâtrale, étudiée, pompeuse et maniérée afin de déconsidérer un ornement liturgique qu' il réprouve en lui attribuant des connotations historiques et figuratives totalement étrangères d' ailleurs à son caractère réel, on va le voir. Tout autre spectateur, à l' esprit moins maladivement borné contre les ornements de chœur, eût sans aucun doute vu la traîne " négligemment " ou " sobrement " ou " naturellement " ou enfin " largement " déployée; mais nous n' aurions alors pas eu cette accumulation " artistique " d' adverbes et de qualificatifs de parti pris, destinés à graver d' opprobre les futile simagrées d' un autre âge n' est-ce pas? Le Gendre ne nous assène t-il pas que " le Roi s' engonce dans ses atours quand la situation lui échappe "? Manière en quelque sorte de compenser la fuite de pouvoir par les apparences vestimentaires immodérées du pouvoir.

Le Gendre a t-il jamais lu réellement la Bible? Il y aurait trouvé le goût et le choix de Dieu en Personne pour la nécessité des atours de ses prêtres puisque c' est LUI qui les a richement fixés avec minutie; qu' il relise avec attention tout le chapitre 28 de l' Exode où Dieu institue les vêtements sacerdotaux pour Aaron et les prêtres, avec leurs parures, la TIARE & les Mitres:

Exode Chapitre 28:

1 "Fais venir auprès de toi Aaron ton frère, et ses fils avec lui, du milieu des enfants d' Israël, pour qu' il soit prêtre à mon service: Aaron, Nadab, Abiu, Eléazar et Ithamar, fils d' Aaron.

2 Tu feras à Aaron, ton frère, des vêtements sacrés, pour marquer sa dignité et pour lui servir de parure.

4 Voici les vêtements qu' ils feront: un pectoral, un éphod, une robe, une tunique brodée, une tiare et une ceinture. Tels sont les vêtements sacrés qu' ils feront à Aaron, ton frère, et à ses fils, afin qu' ils soient prêtres à mon service.

5 Ils emploieront de l' or, de la pourpre violette, de la pourpre écarlate, du cramoisi et du fin lin.

6 Ils feront l' éphod d' or, de pourpre violette, de pourpre écarlate, de cramoisi et de lin retors, mêlés dans un habile tissu.

7 Il aura deux épaulettes qui réuniront ses deux extrémités, et ainsi il sera joint.

8 La ceinture pour l' attacher en passant dessus sera du même travail et fera corps avec lui: elle sera d' or, de pourpre violette, de pourpre écarlate, de cramoisi et de lin retors.

9 Tu prendras deux pierres d' onyx, et tu y graveras les noms des fils d' Israël:

10 six de leurs noms sur une pierre, et les six autres noms sur la seconde pierre, selon l' ordre de leurs naissances.

11 Comme on taille les pierres précieuses et qu' on y grave des cachets, ainsi tu graveras sur les deux pierres les noms des enfants d' Israël, et tu les enchâsseras dans des chatons d' or.

12 Tu placeras les deux pierres sur les épaulettes de l' éphod comme pierres de souvenir pour les enfants d' Israël, et Aaron portera leurs noms sur ses deux épaules devant Yahweh en souvenir.

22 --Tu feras pour le pectoral des chaînettes d' or pur, tressées en forme de cordons.

23 Tu feras sur le pectoral deux anneaux d' or et tu mettras les deux anneaux aux deux extrémités du pectoral.

24 Tu passeras les deux cordons d' or dans les deux anneaux, aux extrémités du pectoral;

25 et tu attacheras les deux bouts des deux cordons aux deux chatons, et tu les mettras sur les épaulettes de l' éphod, par devant.

26 -- Tu feras encore deux anneaux d' or, que tu mettras aux deux extrémités inférieures du pectoral, sur le bord intérieur appliqué contre l' éphod.

27 Et tu feras deux autres anneaux d' or, que tu mettras au bas des deux épaulettes de l' éphod, sur le devant, près de son attache, au-dessus de la ceinture de l' éphod.

28 On attachera le pectoral par ses anneaux aux anneaux de l' éphod avec un ruban de pourpre violette, afin que le pectoral soit au-dessus de la ceinture de l' éphod; et le pectoral ne pourra pas se séparer de l' éphod.

29 C' est ainsi qu' Aaron lorsqu' il entrera dans le sanctuaire, portera sur son cœur les noms des fils d' Israël gravés sur le pectoral du jugement, en souvenir perpétuel devant Yahweh. Tu feras pour le pectoral des chaînettes d' or pur, tressées en forme de cordons.

23 Tu feras sur le pectoral deux anneaux d' or et tu mettras les deux anneaux aux deux extrémités du pectoral.

24 Tu passeras les deux cordons d'or dans les deux anneaux, aux extrémités du pectoral;

25 et tu attacheras les deux bouts des deux cordons aux deux chatons, et tu les mettras sur les épaulettes de l' éphod, par devant.

26 -- Tu feras encore deux anneaux d' or, que tu mettras aux deux extrémités inférieures du pectoral, sur le bord intérieur appliqué contre l' éphod.

27 Et tu feras deux autres anneaux d' or, que tu mettras au bas des deux épaulettes de l' éphod, sur le devant, prés de son attache, au-dessus de la ceinture de l' éphod.

28 On attachera le pectoral par ses anneaux aux anneaux de l' éphod avec un ruban de pourpre violette, afin que le pectoral soit au-dessus de la ceinture de l' éphod; et le pectoral ne pourra pas se séparer de l' éphod.

29 C' est ainsi qu' Aaron lorsqu' il entrera dans le sanctuaire, portera sur son cœur les noms des fils d' Israël gravés sur le pectoral du jugement, en souvenir perpétuel devant Yahweh.

13 Tu feras des chatons d' or,

14 et deux chaînettes d' or pur, tressées en forme de cordons, et tu fixeras aux chatons les chaînettes en forme de cordons.

15 Tu feras un pectoral du jugement, artistement travaillé; tu le feras du même travail que l' éphod; tu le feras d' or, de pourpre violette, de pourpre écarlate, de cramoisi et de lin retors.

16 Il sera carré et double; sa longueur sera d' un empan et sa largeur d' un empan.

17 Tu y adapteras une garniture de pierreries, quatre rangées de pierreries. Première rangée: une sardoine, une topaze, une émeraude;

18 deuxième rangée une escarboucle, un saphir, un diamant;

19 troisième rangée: une opale, une agate, une améthyste;

20 quatrième rangée: une chrysolithe, un onyx, un jaspe. Ces pierres seront enchâssées dans des rosettes d' or.

22 -- Tu feras pour le pectoral des chaînettes d' or pur, tressées en forme de cordons.

23 Tu feras sur le pectoral deux anneaux d' or et tu mettras les deux anneaux aux deux extrémités du pectoral.

24 Tu passeras les deux cordons d' or dans les deux anneaux, aux extrémités du pectoral;

25 et tu attacheras les deux bouts des deux cordons aux deux chatons, et tu les mettras sur les épaulettes de l' éphod, par devant.

26 -- Tu feras encore deux anneaux d' or, que tu mettras aux deux extrémités inférieures du pectoral, sur le bord intérieur appliqué contre l' éphod.

27 Et tu feras deux autres anneaux d' or, que tu mettras au bas des deux épaulettes de l' éphod, sur le devant, prés de son attache, au-dessus de la ceinture de l' éphod.

28 On attachera le pectoral par ses anneaux aux anneaux de l' éphod avec un ruban de pourpre violette, afin que le pectoral soit au-dessus de la ceinture de l' éphod; et le pectoral ne pourra pas se séparer de l' éphod.

31 Tu feras la robe de l' éphod tout entière en pourpre violette.

32 Il y aura au milieu une ouverture pour la tête, et cette ouverture aura tout autour un rebord tissé, comme à l' ouverture d' une cotte d' armes, afin que la robe ne se déchire pas.

33 Tu mettras au bord inférieur des grenades de pourpre violette, de pourpre écarlate et de cramoisi, sur le bord inférieur tout autour,

34 et des clochettes d' or au milieu d' elles tout autour: une clochette d' or et une grenade, une clochette d' or et une grenade sur le bord inférieur de la robe, tour autour.

35 Aaron s' en revêtira pour remplir son ministère, et on entendra le son des clochettes quand il entrera dans le sanctuaire devant Yahweh, et quand il en sortira, et il ne mourra point.

36 Tu feras une lame d' or pur, et tu y graveras, comme on grave sur un cachet: Sainteté à Yahweh.

37 Tu l' attacheras avec un ruban de pourpre violette pour qu' elle soit sur la tiare; elle sera sur le devant de la tiare.

38 Elle sera sur le front d' Aaron, et Aaron portera les fautes commises dans les choses saintes que consacreront les enfants d' Israël, en toute espèce de saintes offrandes; elle sera constamment sur son front devant Yahweh, pour qu' ils trouvent faveur devant Yahweh.

39 Tu feras la tunique en lin; tu feras une tiare de lin, et tu feras une ceinture de diverses couleurs.

40 Pour les fils d' Aaron, tu feras des tuniques, tu leur feras des ceintures et tu leur feras des mitres, pour marquer leur dignité et pour leur servir de parure.

41 Tu revêtiras de ces ornements, Aaron, ton frère, et ses fils avec lui. Tu les oindras, tu les installeras et tu les consacreras, afin qu' ils soient prêtres à mon service.

Chapitre 39:8 On fit le pectoral, artistement travaillé, du même travail que l' éphod, d' or, de pourpre violette, de pourpre écarlate, de cramoisi et de lin retors. "

Et c' est ainsi qu' avec fidélité, reliant l' Ancien au Nouveau Testament notre Église perpétue les prescriptions de Dieu. Elle ne reste jamais, Elle, à la traîne du Divin:

Isaïe 6,1. " L' année de la mort du roi Ozias, je vis le Seigneur assis sur un trône sublime et élevé, et le bas de Ses vêtements remplissait le temple. "

Mais nos auteurs ne savent pas reconnaitre que l' irrésistible attrait, l' inclination vers la beauté théâtrale, l' expressivité, la splendeur, le lustre des célébrations sont connaturelles à l' humanité. Dépendante de ses sens pour s' élever au Divin, la nature humaine a besoin des formes pour atteindre le fond. Qui l' ignore ne sait RIEN de l' homme. " Que sauraient-ils de la société, il ne savent rien de l' homme. Que sauraient de l' homme, ils ne savent rien de Dieu " (Blanc de Saint Bonnet).

Existe-t-il une SEULE religion négligeant le cérémonial et ses dispositions extérieures, rites, chants, symboles vestimentaires, gestes, symboles divers?

Juifs, Protestants, Hindouistes, Bouddhistes, Sikhs, Musulmans, Orthodoxes… chacun a sa manière de représenter Dieu avec plus ou moins de faste, suivant d' ailleurs en cela la qualité de son dieu. On a même connu une grotesque religion de l' Humanité au XIXe avec temple positiviste dont les vêtements rituels se boutonnaient dans le dos afin de nécessiter l' aide d' autrui manifestant de la sorte la solidarité religieuse humaine! Quand Dieu ne dicte pas les rubriques, l' homme sombre souvent dans l' intempérance des actes. La dérive des incontinents est plus certaine que celle des terres.

La société civile elle-même, si désacralisée, si laïque, si dépourvue de spiritualité échappe-t-elle au besoin de décors rituels?


En se gaussant, méchamment, d' un cardinal dévot, Le Gendre révèle, et son cardinal avec lui, une singulière incompréhension des bases mêmes de l' acte humain de foi et de sa nécessaire incarnation dans les gestes extérieurs.

De surcroît, concernant la Cappa Magna, les non-sens abondent, d' abord sur la notion même de la Cappa Magna et son caractère, ensuite sur son prétendu abandon " depuis le concile ", enfin sur son usage que Le Gendre circonscrit au Cardinal Rodé alors que nombre de cardinaux la revêtent toujours aujourd' hui.

a) Quelques notions liturgiques sur la Cappa Magna. Il ne sera pas inutile d' en voir d' abord ici une image tout récente à Washington lors d' une messe solennelle: http://www.youtube.com/watch?NR=1&v=a888HYbYk30

La "Cappa Magna" fait partie de l' habillement épiscopal (6 mètres de soie pour les cardinaux).

Il en "fait" partie (et non pas "faisait" partie), de fait et de droit. En 1984 alors qu' était publié le Caeremoniale Episcoporum aujourd' hui en vigueur, au paragraphe 200 dédié aux habits des évêques, il est établi: "Magna cappa violacea, sine hermellino, in diœcesi tantum et sollemnissimis festivitatibus adhiberi potest", soit: "La cappa magna moirée, sans hermine, peut être utilisée seulement dans les diocèses et pour les festivités les plus solennelles." (Et le num. 64, et les nn. 126 et 192 expliquent où, comment et quand s' en vêtir et dévêtir avant les fonctions liturgiques).

Cet usage a donc été limité, mais personne ne l' a aboli. Il est donc laissé à la faculté des excellentissimes évêques d' en user dans leurs propres diocèses pour solenniser des Visites Pastorales, fêtes patronales, ou autres circonstances... La cappa, comme le reste des habits de chœur des évêques, est utilisée comme décrit au paragraphe 1202 du Cæremoniale: "Les habits sont portés par les évêques à chaque fois qu' ils se rendent publiquement en une église, où qu' ils en partent, quand ils sont présents à une liturgie ou une action sacrée sans la présider, et dans les autres cas prévus par ce Cérémonial".

Mais il est intéressant de savoir aussi ce que sous entend le dépouillement de la Cappa, symbole de pouvoir et de prestige: c' est pour tout ce qu' elle représente de mondain qu' il est obligatoire que le prélat qui la revêt en soit dépouillé publiquement et "humilié" devant l' assemblée! Puis, parement après parement, l' évêque est revêtu des habits de l' homme neuf, duquel parle Saint-Paul: la chemise, l' aube du baptême, la dalmatique de la charité, l' étole du pardon et la chasuble de la miséricorde. Enfin, revêtu du Christ, le prélat fait une seconde entrée dans l' église pour commencer la célébration eucharistique in persona Christi.

Se dépouiller de la cappa est une déclaration que le pouvoir et le prestige du monde n' ont pas de place à l' autel.

La cappa magna est le vrai symbole de l' humilité, puisque le prélat s' en dépouille symboliquement, s' abaisse pour mieux rehausser Dieu avec le faste qui Lui est dû.

Malheureusement le réflexe protestant imprègne aujourd' hui la société. Et Le Gendre ne manque pas, lui qui voit en Luther un idéaliste (!), de relayer la phobie protestante (29) des éclatantes liturgies. (30)

Page 241 le Cardinal du livre, qui en rajoute parfois, nous dit " nous ne pouvons pas être en Cappa magna au chevet du monde ". Précisons d' abord qu' être " au chevet du monde " ne veut strictement rien dire car on peut être au chevet d' un malade, d 'un ami, d' une mère, en un mot de quelqu' un, non au chevet d' une entité impersonnelle floue, d' une prosopopée, inexistante de fait. Chesterton disait " il est facile d' aimer LA femme, il est plus difficile d' aimer la SIENNE ". Rien donc n' est plus littéraire et moins effectif que " d' être au chevet du monde ". C' est toujours l' illusion des utopistes, ils soignent les " autres ", et ils ignorent ainsi le voisin qui est aussi le prochain. Quant à porter la Cappa Magna ou tout autre attribut liturgique dans un lieu du monde, rien n' est plus étranger à la raison d' être de ces vêtements et nul ne l' a jamais préconisé. Si pour ridiculiser un usage on l' applique à une situation pour laquelle il n' est pas prévu, je crois qu' on invente une excentricité pour récuser une légitimité. C' est un mauvais procédé qui ne trompe personne.

La Cappa Magna a-t-elle été " abandonnée depuis le concile "? Dans son impétuosité iconoclaste, je suis convaincu que Le Gendre le croit avec la plus parfaite bonne conscience. Mais il advient que dans certaines têtes sûres de leur bon droit (de l' homme), imprégnées de toutes les aberrations modernes et de tous les conformismes mondains on embrasse en toute bonne conscience les fables les plus improbables. Anouilh disait " il y a pire que la mauvaise conscience, c' est la bonne! ": elle justifie TOUT dans la plus tranquille bonne foi, elle est capable de tous les crimes puisqu' elle s' en absout d' avance.

b) Je pense que Le Gendre est victime de ce syndrome du " concile rêvé " et ignore TOUT du concile réel. Il croit donc que la Cappa Magna a sombré dans le vandalisme consécutif au concile et sans doute, combien d' autres choses pourtant toujours vivantes. (31) C' est que " le concile " dois-je encore le répéter? est dans ses TEXTES & NULLE PART AILLEURS ET SURTOUT PAS DANS UN SUPPOSÉ " ESPRIT DU CONCILE " qui n' a aucune valeur normative & DONT LE CONTENU N' EST QU'UNE VAPEUR MULTIFORME, CAPRICIEUSE SELON L' OPINION DE CHACUN. Ils parlent d' un concile qu' ils ne connaissent manifestement pas, celui des textes votés, en se référant à ce qu' ils s' imaginent et qui n' existe pas. Or la Cappa Magna n' a JAMAIS été abandonnée ni abolie. Elle n' est jamais tombée en désuétude. Et elle fut portée par les plus prestigieux cardinaux, parfois futurs Papes. Bienheureux Cardinal von Galen " le Lion de Munster ".



c) C' est ainsi en très bonne compagnie que le Cardinal Rodé porte paisiblement et en toute légalité et légitimité sa Cappa Magna; Le Gendre semble l' ignorer dans son acharnement contre ce cardinal qui se poursuit donc, toujours en termes odieux, car il a " osé " célébrer dans la Basilique Saint Pierre la messe selon " l' ancien rite ". " Provocation " qui vaut au Cardinal Rodé le jugement suivant: " il fait des dégâts ". Peut-on s' exprimer plus durement? et surtout de manière plus imméritée? En effet quel oukase arbitraire, quelle diablerie, empêcheraient un Cardinal, Préfet de Curie, membre de plusieurs Congrégations romaines (ministères) de célébrer une messe dont le rituel provient de Saint Grégoire le Grand (†604) il y a 1400 ans, qui a traversé l' histoire jusqu' à nous sans substantielles variations, qui n' a jamais été abrogée et qui est désormais rendue à son plein et libre exercice par le Motu Propio de Benoît XVI Summorum Pontificum du 7 juillet 2007? Mais voilà qu' un autre cardinal, ANONYME, et un Le Gendre quelconque qualifient un DROIT de " provocation "!

C' est l' exemple même de l' outrecuidance arrogante purement fondée sur une opinion personnelle orgueilleuse et obstinée: " rien de plus funeste que d' être attaché à son propres jugement: c' est la source de toutes les hérésies. Quittez vos propres lumières et Dieu vous donnera les siennes. " (Père de Dreux OFM † 1671 " Méditations ascétiques ").

Le Christ, l' Église & la pauvreté:

" C' est d' abord rumeur légère,
Un petit vent rasant la terre.
Puis doucement,
Vous voyez
calomnie
Se dresser, s' enfler, s' enfler en grandissant.

Piano, piano, piano, piano,
Piano, par un léger murmure,
D' absurdes fictions
Font plus d' une blessure

Et portent dans les cœurs
Le feu, le feu de leurs poisons.
Le mal est fait, il chemine, il s' avance;
De bouche en bouche il est porté
Puis riforzando il s' élance:

C' est la foudre, la tempête.
Mais enfin rien ne l' arrête.
Un crescendo public,
un vacarme infernal
Un vacarme infernal

Elle s'élance, tourbillonne,
Étend son vol, éclate et tonne,
Et de haine aussitôt un chorus général,
De la proscription a donné le signal.
" (Air de la Calomnie du Barbier de Séville - Rossini).

Je le disais dans le prologue: le grand sujet et dénominateur commun de tout le livre est que la richesse de l' Église (32) engendre la domination et son cortège de déviations: symboles dépassés, gestes liturgiques scandaleux, vêtements ostentatoires et vaniteux, écart envers le monde… Donc, revenons à la (vraie) pauvreté et le message sera de nouveau entendu. Tel est le thème, " il chemine, il s' avance; De bouche en bouche il est porté. Puis riforzando il s' élance: C' est la foudre, la tempête.

Mais enfin rien ne l' arrête. "

Toutefois, quand on parle de la richesse de l' Église faudrait-il savoir de QUOI on parle exactement.

On peut sans doute écarter d' emblée la richesse dans l' Église, celle des hommes d' Églises même haut placés dans la hiérarchie; ce n' est pas de cela, qui eut été hors sujet, que parle Le Gendre. Mais bien de la richesse DE l' Église. Dans ce cas tentons de la définir afin de ne pas nous satisfaire d' une formule sans la préciser (ce que ne fait jamais le livre sur ce sujet).

La richesse de l' Église:

Mais que possède vraiment l' Église qui soit si blâmable?

On présume souvent que tous les édifices à vocation cultuelle religieuse (chapelles, églises, cathédrales, basiliques…) qui constituent l' essentiel du patrimoine ecclésiastique sont la propriété de l' Église, considérée sous cet angle comme une société civile immobilière. Rien n' est plus trompeur car un grand nombre de pays ont dépossédé l' Église de la propriété de ce patrimoine qu' elle a pourtant créé au long des siècles. Créé avec les dons, les efforts, les concours actifs et les bras des pauvres fidèles, des plus riches privilégiés, des Seigneurs féodaux ou nobiliaires, des Corporations de métiers, des Monarques etc. Autrement dit c' est une nation unie avec tout le peuple qui a bâti ces richesses architecturales, picturales, sculpturales, musicales… pour Dieu, pour l' Église qui les a faites vivre, les a entretenues et les a animées. Or aujourd' hui, l'Église n' est plus qu' usufruitière de tous ces biens (33).

On oublie trop combien de fois dans l' histoire les états dépouillèrent l' Église de TOUS ses biens, intégralement et radicalement en dispersant ses religieux. Des immenses fortunes se bâtirent sur la revente des biens d' Église spoliés ou leur appropriation privée (34). L' Église alors possédait vraiment mais tournait sa propriété vers sa fonction sociale d' assistance aux pauvres, aux enfants, aux malades, aux infirmes, aux ignorants, aux illettrés qu' elle éduquait. La propriété ne se concevait pas, dans l' Église, sans son exercice d' assistance aux démunis de toutes sortes. L' état ne se préoccupait, alors, ni d' éducation, ni de soins hospitaliers, ni de secours alimentaire, ni de secours aux enfants abandonnés, aux femmes perdues, etc..… Seule l' Église, sur ses biens, assurait l' assistance sociale universelle, inexistante sans elle. D' ailleurs, quand l' Église fut privée de ses biens par les états passés à l' hérésie ou à la révolution, il s' ensuivit une affreuse période de misère sociale jusqu' au temps où les gouvernants commencèrent enfin à instituer graduellement une aide publique à toutes les formes de misère. En définitive c' est bien le peuple pauvre qui paya la spoliation de l' Église supposée riche.

On cite en exemple de richesse le patrimoine du Vatican. D' abord, cette richesse fut- elle volée ou usurpée? Fruit de la contribution volontaire de toutes les églises du monde chrétien, le Vatican a mis deux mille ans pour être ce qu' on voit aujourd' hui. Quand on possède une telle longévité dans la stabilité, gouverné toujours par un Pape qui perpétue l' autorité antérieure, on accumule forcément, paisiblement et efficacement un capital de biens divers qui est aussi la fierté de tous les chrétiens et qui contribue au rayonnement cultuel mais aussi culturel de l' humanité. C' est grâce aux Papes que les richesses de la Rome païenne ne furent pas dévastées, perdues, dispersées dans le chaos mais préservées dans les musées qu' ils créèrent, avec les bibliothèques, les sanctuaires dépositaires des peintures les plus exquises offertes aux hommes épris d' art et de beauté. C' est par le constant mécénat des Papes que fleurirent une foule de peintres, musiciens, compositeurs, écrivains, poètes toujours célèbres et admirés de nos jours et qui enrichirent l' humanité d' un trésor culturel inégalé.

L' Église Mère des hommes est aussi Mère des Arts. C' est là sa richesse.

On m' opposera peut-être tous les objets précieux du culte divin qui sont dans tous les sanctuaires tels que patènes, ciboires, reliquaires, ostensoirs, chaires, chandeliers, croix d' autel ou de procession, etc. d' or ou d' argent, parfois sertis de pierres précieuses ou incrustés avec raffinement. Sait-on que tous ces objets réunis - qui font aussi le délice culturel des curieux et visiteurs des lieux saints qui y viennent seulement pour y voir les trésors- oui, tous ces objets possèdent une valeur qui n' atteint pas le plus petit pourcentage des dépôts d' une banque d' affaires actuelle. Seraient-ils vendus pour assister les pauvres, ce qui est une stupide et vaine revendication, cela ne constituerait qu' une goutte d' eau dans l' océan des profits financiers du monde. Un symbole dilapidé pour une œuvre éphémère. Et au profit de qui? Sinon des avares, riches et cachés collectionneurs privés accapareurs des beautés artistiques puis qui les enfouissent et les étouffent, dépossédant le public des attraits de leur faste sacré. Vendre pour les pauvres les richesses sacrées de l' Église, c' est récolter une miette et déposséder les hommes - et Dieu - des augustes objets qui ravissent et élèvent leurs sens. C' est avec de fausses bonnes idées que les esprits chagrins égarent les esprits faibles.

Le préfet de Rome informé que l' église possédait des trésors, fit venir le diacre Laurent († 258) et lui enjoignit de les livrer pour les besoins publics (…car l' Empereur en avait besoin pour ses troupes). Le saint diacre demanda un peu de temps " J' avoue que notre Église est riche et que l' empereur ne possède point de trésors aussi précieux qu' elle; je vous en ferai voir une bonne partie, donnez-moi seulement un peu de temps pour tout disposer ". Il fit venir les orphelins, puis dit au préfet en les lui montrant: " Voilà les trésors de l' Église, que je vous avais promis. J' y ajoute les perles et les pierres précieuses, ces vierges et ces veuves consacrées à Dieu; l' Église n' a point d' autres richesses. " À cette vue, le préfet entra en fureur, et, croyant intimider le saint diacre, il lui dit que les tortures qu' il aurait à souffrir seraient prolongées et que sa mort ne serait qu' une lente et terrible agonie. Ayant ordonné qu' on dépouillât Laurent de ses habits, il le fit d' abord déchirer à coups de fouet, puis étendre et attacher sur un gril, de manière que les charbons placés au-dessous et à demi allumés ne devaient consumer sa chair que peu à peu. (http://fr.wikipedia.org/wiki/Saint_Laurent).

Et les finances du Vatican objectera-t-on?

D' abord, contrairement à ce que nous en dit le cardinal masqué, le budget du Vatican n' est plus déficitaire. Certes il le fut pendant longtemps, ce qui, précisément, en dit long sur les fabuleuses richesses d' une Eglise qui ne parvenait même pas à " boucler " son budget de fonctionnement! (35)

" Avant 1870, le Saint Siège touchait la plus grosse part de ses revenus grâce à son État en Italie centrale. Mais, envahi par les Italiens qui dérobèrent le trésor pontifical, le Saint Siège, perdit ses revenus et vécut des dons des fidèles du monde entier jusqu' en 1929. Mussolini souhaitant mettre fin au conflit entre l' Italie et le Saint Siège, soumit ce dernier aux accords du Latran: le Saint Siège renonçait aux territoires annexés par l' Italie en 1870 contre 750 millions de lires de l' époque et des titres de rente à 5 % sur un milliard de lires. C' est l' origine de la fortune du Vatican. Cet argent servit aux réparations ou constructions de bâtiments à Rome, dons aux missions, achats de terrains autour du Vatican. Le reste fut placé.

L' argent placé semble avoir été longtemps " sagement géré ". En 1982, le krach du Banco Ambrosiano (une des banques les plus estimées de la péninsule) fit perdre 241 millions de dollars au Vatican. Jean-Paul II décida alors de manifester la transparence financière de son État en en publiant le budget. Ainsi nous en connaissons avec précision la teneur. " ( Bernard Peyrous prêtre et historien Extrait de la revue " Il est vivant " ). (36)

L' excédent de ce budget est de 10 millions d' euros en 2011.

Quand on sait que l' état de Californie à lui seul dispose d' un PIB de 1 847 milliards de $ courants (2008) qu' elle attire 14 milliards de $ d' investissements en capital risque (2008) et que étranglé par un déficit de 26,3 milliards de dollars (18,7 milliards d' euros), l' État n' a pas réussi à boucler son budget avant la date limite du 30 juin (2009) on rétablit l' échelle des richesses.

Autrement dit, un état de 37 millions d' habitants en 2010 dispose à lui SEUL d' un budget dont le déficit est 2 600 fois plus élevé que le solde du budget d' une Église de plus de 1 milliard de fidèles!!!

C' est dire si les reproches de richesse qui sont fait à notre Église sont démesurés et grotesques, sans rapport avec les réalités du monde.

Pourfendeurs de la vérité qu' ils jugent intégriste, nos auteurs siamois cèdent au fantasme d' une Église RICHE; c' est que " L' esprit humain a le choix entre deux choses et deux seulement: le dogme et le préjugé " Chesterton.

La pauvreté vraie:

Les Béatitudes commencent leurs précieuses promesses de BONHEUR, aspiration légitime de tous les hommes, par l' exaltation de la PAUVRETÉ:

" Heureux les pauvres en esprit " nous rapporte St Matthieu, " Heureux les pauvres " complète St Luc; comme cette exclamation est du Seigneur, elle est souverainement et forcément parfaite, comme elle est la première des Béatitudes elle est principale (37), comme elle est assortie par Jésus de la récompense suprême, elle doit être capitale, et comme cette récompense est au présent, elle est immédiatement efficace: " car le royaume des cieux est à eux " Matthieu 5.3. On a fortement envie de rajouter ici " est déjà à eux " car tel est le sens!

Pourquoi deux rédactions distinctes? Saint Matthieu écrit le premier, tous les exégètes sont d' accord, il précède Saint Luc (de peu, mais il précède, et st Luc connaît l' évangile de St Matthieu. Voir mon étude " exégèse moderniste ": https://skydrive.live.com/redir.aspx?cid=c78ec62b68259438&resid=C78EC62B68259438!501&parid=C78EC62B68259438!500&authkey=!APpprVjxlb4jDNY.

C' est parce que, s' appuyant sur St Matthieu, certains afin de ridiculiser l' enseignement de Jésus interprétaient " pauvres en esprit " comme ignorants, faibles d' esprit, attardé… Plus tard Julien l' Apostat, empereur romain revenu au paganisme, en fera de même, mais lui sans excuses, car st Luc était là et ne permettait plus cette extravagante interprétation. Car disant " heureux les pauvres " St Luc interdisait désormais de se méprendre sur le genre de pauvreté que le Seigneur exaltait.

On le sait, toute lecture de la Sainte Écriture hors de l' Église comme guide sûr de compréhension, produit la méprise, le dévoiement et va souvent à l' hérésie. Cela ne pouvait manquer pour " la pauvreté ". Et il y eut donc les doctrinaires de la pauvreté qui, prenant St Luc, oubliaient St Matthieu. L' Ecriture ne doit être comprise qu' avec 1) TOUS ses textes 2) sous la règle de l' Église. Faute de quoi nous avons des exaltés de la pauvreté généralisée et absolue, des Savonarole brûleurs de superflu en place publique instituant des polices de surveillance de pauvreté et de vertu. Or la pauvreté est un précepte, non un système, elle s' attache à la disposition détachée des biens, non à leur aliénation voire leur saccage car on peut être pauvre par le renoncement aux délices de la richesse et surtout à ses dérives orgueilleuses. D' ailleurs la plupart des Pères et des exégètes anciens ou modernes indiquent que les évangiles font référence à la pauvreté morale, c' est-à-dire L' HUMILITÉ: St Jérôme écrit: " humilitatem intelligeres, non penuriam " et selon Tertullien, St Cyprien, Maldonat (38), et plusieurs autres commentateurs: " Jésus dans ce verset voulait parler avant tout de l' esprit de pauvreté, c' est-à-dire tout à la fois de la pauvreté matérielle proprement dite, patiemment subie ou volontairement embrassée et du détachement des biens de ce monde quand on les possède. Lorsque l' attache aux biens terrestres remplit les cœurs, il ne reste plus de place pour Dieu, ni pour les choses du ciel. (39) " Saint JEAN Chrysostome dans son Homélie 15 sur le commentaire de St Matthieu (40): " Notre Seigneur désigne par là (les pauvres) les âmes humbles qui demandent toujours à Dieu l' aumône de sa grâce... Le Seigneur ne veut parler ici que de ceux qui sont humbles en vertu de la foi. "

Saint Augustin à qui nous ne ferons pas la leçon d' exemplarité " se servait de cuillers d' argent " (p.39) Il fournissait aux besoins de ses frères en pauvreté sur le fonds même d' où il prenait sa subsistance, lui et tous ceux de sa maison, c' est-à-dire sur les revenus des biens de l' Église" et sur les dons des fidèles. "(p.40) Tout ce qui appartenait à l' Église, trésor ou ornements, il le confia à la fidélité d' un prêtre qu' il avait chargé de l' administration des biens de la maison épiscopale. (p. 62) -Vie de St Augustin (Saint Possidius édition Via Romana aout 2010)

Qu' on ait bien présente à l' esprit la distinction classique entre la perfection comme état de l' âme et la perfection comme état de vie:
" Le renoncement volontaire aux biens de la fortune, en effet, peut s' entendre de diverses façons, depuis le renoncement en esprit à l' attrait des biens temporels jusqu' au renoncement effectif à la propriété ou à l' usage de ces biens, à l' usage personnel ou bien même à la possession collective. Le conseil de pauvreté a pris successivement toutes ces formes au cours des siècles chrétiens.
II y a cette différence entre renoncer à tout et tout abandonner que renoncer convient à tout le monde, puisque cela permet d
' user licitement des biens qu' on possède, l' âme demeurant tendue vers le ciel, tandis que tout abandonner est, au contraire, le lot des parfaits. " St Bonaventure, Apol. paup., c. VIII, n. 23.

" II y a deux manières de faire profession parfaite de pauvreté: l' une, en renonçant à la possession privée ou personnelle de tout bien temporel; on y vit de ce qui n' est pas à soi, mais est commun par un droit de possession auquel plusieurs participent; l' autre, en renonçant à toute propriété en particulier ou en commun: on y vit de ce qui est à autrui. " St Bonaventure Apologie des pauvres, c. VII, n. 4.

Au dire de saint Augustin, De lib. arbitrio, I. II, c. xix, la vertu consiste dans le bon usage des choses dont on pourrait mésuser. Au nombre de celles-ci figurent assurément les biens extérieurs; quiconque les possède détient à l' égard de ceux-ci un pouvoir et un droit d' usage qu' il sied de mettre en œuvre vertueusement. " (Dictionnaire de Théologie Catholique. article Prodigalité JF Tonneau).

" Je ferai remarquer, avec saint Thomas, que la pauvreté n' est point la perfection, mais un instrument de la perfection, cf. q. CLXXXVIII, a. 7, ad 1um, et que la plus belle pauvreté n' est pas la plus grande, mais bien celle qui est le mieux adaptée à la perfection, à l' ensemble de la vie religieuse et à la fin spéciale de la famille religieuse à laquelle on appartient... Et il peut se faire que le soin inquiet, qui est le danger de la propriété, se glisse plus facilement dans les ordres où on a de façon plus radicale renoncé à toute propriété conventuelle, mobilière ou immobilière. " Dom P. Delatte, Notes de vie spirituelle, p. 378.

Il convient d' être toujours prudent et parfois méfiant envers ceux qui prônent un excès de vertu; jamais les saints n' imposèrent aux autres ce qu' ils s' imposaient à eux-mêmes- et surtout ne firent la leçon à l' Église -.

Le Gendre veut une Église pauvre! Mais la sainteté n' exige que sa propre pauvreté.

Ô Anthistène, j' aperçois ton orgueil à travers les trous de ton manteau! (Socrate)

" Car c' est en cela que consiste la perfection de l' homme, en son adhésion totale à Dieu par la charité "; St Thomas

Question CLXXXVI, a. 2, St Thomas:

" A titre de moyen et de disposition préalable d' autres éléments se rattachent à la perfection, tels que la pauvreté, la continence, l' abstinence, etc. " " " Un religieux donné, quilibet religiosus, n' est pas tenu à tous les exercices par où on peut parvenir à la perfection, mais à ceux-là qui, précisément, lui ont été spécifiés selon la règle qu' il a embrassée en sa profession ". A. 2.

Tout le monde n' aura pas manqué d' observer la prolixité redondante du livre sur les souillures de l' Église en matière d' opulence mais on ne nous dit jamais rien sur les œuvres caritatives que cette supposée richesse permet. J' ai traité ce sujet dans la Réfutation I, je n' ajouterai donc que quelques compléments: Rachats d'enfants et adultes esclaves en Afrique (Tanganyika par les Pères blancs, Congo par les Pères Scheutistes qui fondent une ville de 1700 personnes rachetées). En 1936 la Congrégation de la Propagande recense en Asie et Océanie 820 000 élèves dans les écoles missionnaires (primaire & secondaire); en 1998 le Synode des évêques d' Asie rappelle que " l' Église a mis en place des programmes destinés à éliminer l' analphabétisme et accroitre le niveau d' éducation des populations… Dans de nombreuses parties de l' Asie, les filles et les femmes reçoivent maintenant une éducation, alors qu' elles en étaient formellement exclues auparavant. " Toujours en 1936 Asie & Océanie comptent plus de 300 hôpitaux fondés et dirigés par de missionnaires et des centaines de dispensaires.

Benoît XVI écrit dans Lumière du monde: " Pensons à ce que l' Église signifie pour l' Afrique. Là bas, elle est souvent le seul point fixe et stable dans les troubles et les destructions des guerres, le seul refuge où il y a encore de l' humanité; où on fait quelque chose pour les êtres humains. Elle s' emploie à prolonger la vie, à soigner les malades, à faire que les enfants puissent venir au monde et être élevés. Elle est une force de vie. "

:
" Beaucoup de gens ignorent le travail de l' Eglise en Afrique. En France, l' intelligentsia ne comprend pas cette proximité avec les responsables catholiques. Chez nous, l' Eglise est d' abord synonyme d' écoles et de dispensaires. Le débat sur le sida n' est pas théorique, il est pratique. L' Eglise apporte sa contribution ". (En Afrique 25 % des structures s' occupant des sidéens sont catholiques).

ZF11062606 - 26-06-2011

Permalink: http://www.zenit.org/article-28330?l=french

Mgr Berhaneyesus Souraphie, archevêque d' Addis Abeba et président de la Conférence épiscopale d' Ethiopie et d' Eryhtrée, a été interrogé à l' émission de télévision " Là où Dieu pleure ". Extraits:

L' Eglise catholique fournit à elle seule environ 90 % de l' aide sociale en Ethiopie? Comment l' Eglise, étant si minoritaire, peut-elle être aussi active?

Vous avez raison. L' Eglise catholique constitue une minorité, environ 1 %, et elle fournit la plus grande partie de l' aide sociale: centres médicaux, écoles, centres sociaux qui prennent soin des sans-abris, des nécessiteux et des malades du sida etc. Un travail comme celui des sœurs de Mère Teresa. [...] L' enfant a besoin aussi d' instruction: nous avons plus de 200 écoles en Ethiopie; principalement dans les zones rurales, mais également dans les villes où les personnes dans le besoin peuvent y avoir accès. [...] Les services fournis par l' Eglise catholique sont ouverts à tous, chrétiens et musulmans. La chose importante est la personne humaine avec ses besoins humains. C' est sur cette base que l' Eglise a travaillé et encore aujourd' hui, à la demande des gens et du gouvernement, l' Eglise catholique construit une université catholique à Addis Abeba, en collaboration avec le gouvernement afin qu' elle soit une université nationale."

Est-ce parce que vous avez fourni autant de services en Ethiopie qu' un plus grand espace a été accordé à l' Eglise catholique?

Il s' agit d' une aide à la foi, mais aussi d' un défi pour les catholiques: témoigner de la doctrine sociale de l' Eglise, être de bons voisins, respecter les autres et aussi faire plus parce que les attentes de l' Eglise sont grandes. Et ici je voudrais remercier l' Eglise universelle pour sa contribution. Nous travaillons de concert avec l' Eglise universelle et tous ceux qui coopèrent avec elle, par exemple l' Aide à l' Eglise en détresse (AED). Ils nous apportent leur soutien dans les nombreux projets que nous avons dans tous les diocèses et nous pouvons les mener à bien grâce à nos bienfaiteurs d' Europe et des Etats-Unis.

Au-delà de l' urgence, il faut intervenir sur l' éducation, qui est le moteur du développement. "Là où il y a une école, il y a éducation. Là où il y a l' éducation, l' avenir est envisageable, avec du travail et une communauté". Voici pourquoi je lance, a dit le Cardinal Sarah, cet appel: Une école par village! "

Tout autre commentaire serait superflu, Dieu sait ce que fait son Église de ses richesses, il connait aussi ses diffamateurs et ses accusateurs:

Le Bien ne fait pas de bruit, le bruit ne fait pas de Bien.

La pauvreté & la trahison:

Dans le monde moderne, l' Église catholique est souvent l' ennemie de beaucoup de modes influentes; la plupart d' entre elles se targuent d' être neuves alors que beaucoup d' entre elles commencent en réalité à être éculées. L' Église se porte souvent contre la mode de ce monde qui passe; et elle a assez d' expérience pour savoir avec quelle rapidité elle passe. Chesterton

La mode aujourd' hui, dans le prolongement d' hier et de toujours, est d' inculper l' Église pour sa richesse parce que le Christ fut pauvre. Mais le Christ n' était pas pauvre, il était LE PAUVRE. Cela fait une prodigieuse différence.

Sa vie terrestre est comme encadrée par deux épisodes qui mettent en relief sa relation aux biens du monde et à leur légitime bon usage.

- A sa pauvre naissance voici que des Mages païens viennent adorer le roi des Juifs et se prosternant lui offrent l' OR, l' ENCENS & la MYRRHE. Trois présents précieux et coûteux qui révèlent son triple caractère: Il est Roi, Dieu et Homme. Saint Jérôme l' exprimera dans une exquise concision:

La Sainte Famille n' a pas jugé déplacée cette offrande royale au rejeton de Jessé, au descendant de David, au messie d' Israël.

- Lors de sa mort rédemptrice Saint Jean nous rapporte: 19:39 " Nicodème, qui était venu la première fois trouver Jésus de nuit, vint aussi, apportant un mélange de myrrhe et d' aloès, d' environ cent livres. " (Vulgate: " quasi libras centum ").

L' abbé Fillon, qui commente sa Bible, explique la prodigalité de Nicodème:

Puis,

St Jean 19:40 " Ils prirent donc le corps de Jésus, et l' enveloppèrent dans des linges, avec les aromates, selon la manière d' ensevelir en usage chez les Juifs.

19:41 Or, au lieu où Jésus avait été crucifié, il y avait un jardin, et dans le jardin un sépulcre neuf, où personne n' avait encore été mis. "

Le Rédempteur n' a pas dédaigné une sépulture décente dans un " jardin " privé (probablement celui de Joseph d' Arimathie, notable du Sanhédrin), creusée dans le roc et neuve, vierge. On est loin de " la fosse commune " d' exégètes chrétiens sans pudeur, sans indices (41), et dépourvus du sens catholique. Mais bien sûr cela faisait plus pauvre. La pauvreté n' est pas l' ignominie!

Mais l' obsession diabolique d' opposer le Christ à l' Église sur ce terrain nous ramène d' un coup à la même protestation, l' antique et scandaleuse protestation qui fut dressée contre le Christ LUI-MEME il y a DEUX MILLE ans par le traître pour qui " Mieux vaudrait pour cet homme-là qu' il ne fût pas né." (St Marc 14 :21)

Car c' est le Cardinal Judas, " l' un des Douze ", qui inventa la protestation menteuse (42) contre la richesse de Jésus. Méditons ce grand épisode qui précède la Passion:

Jean 12,3 " Alors Marie prit une livre de parfum de vrai nard, d' un grand prix, et en oignit les pieds de Jésus, et les essuya avec ses cheveux; et la maison fut remplie de l' odeur du parfum.

12,4. Un de Ses disciples, Judas Iscariote, qui devait Le trahir, dit:

12,5. Pourquoi n' a-t-on pas vendu ce parfum trois cents deniers (43), qu' on aurait donnés aux pauvres?

12,6. Il disait cela, non parce qu' il se souciait des pauvres, mais parce qu' il était voleur, et qu' ayant la bourse, il prenait ce qu' on y mettait.

12,7. Jésus dit donc: Laissez-la, afin qu' elle réserve ce parfum pour le jour de Ma sépulture.

12.8 Car vous avez toujours des pauvres avec vous; mais Moi, vous ne M' aurez pas toujours. "

Et voici la magnifique et décisive réflexion de Jésus sur le geste d' onction accompli par Marie à Béthanie:

" En vérité je vous le dis, partout où sera proclamé l' évangile dans le monde entier, on redira aussi à sa mémoire ce qu' elle a fait " (Marc 14,9).

Eh bien je le dis aux Le Gendre et Cardinal ils répètent contre notre Église, l' Église du CHRIST, l' accusation de Judas sur les pauvres, sur la richesse, sur le gaspillage des parfums à 300 deniers. Et nous leur renvoyons la sublime réponse du Sauveur qui éclipse toutes nos plaidoiries parce qu' elle vient d' une bouche DIVINE.

NON, Le Gendre et le Cardinal n' aiment pas la pauvreté, ils aiment le PAUPÉRISME, c' est-à-dire l' idéologie misérabiliste d' une Église humanisée et désacralisée.

" Deux mille ans après le Christ, il n' y a rien de nouveau sous le soleil. Le paupérisme continue d' être le bélier préféré de ceux qui assiègent l' Eglise. Et ainsi, les cathorefondateurs continuent à prêcher que le salut ne passe pas par l' Église institutionnelle et hiérarchique, ployant sous les scandales et les richesses, mais se réalise dans l' histoire grâce au peuple théophore (c' est-à-dire, qui " porte Dieu " en lui), pauvre et, par conséquent, saint… Ils confondent pauvreté et paupérisme, pureté et sainteté. Et pendant ce temps-là, ils détruisent l' Eglise." Alessandro Gnocchi et Mario Palmero, in quotidien italien Il Foglio.

Tout au long de l' histoire la résurgence de cette idée fixe de rendre pauvre l' Église et tous ses religieux et fidèles - au besoin par la force- fut au confluent de toutes les hérésies. Savonarole institua une théocratie à Florence dans ce but qui se termina par la haine populaire contre la sainteté contrainte du religieux tribun, dictateur et apocalyptique faux apôtre. Au XIVe siècle les " spirituels "prétendirent aussi imposer à tous la pauvreté sous prétexte d' un " retour au Christ (44) " et eux aussi invoquaient déjà Saint François d' Assise. Rien de nouveau sous le soleil!

Voici comment le Pape Jean XXII les condamna par la Décrétale " Cum inter nonnullos ":

" Puisque, parmi plusieurs hommes érudits, il arrive souvent qu' il en soit pris de doutes quant à la nécessité de déclarer hérétiques et de censurer ceux qui affirment avec entêtement que Notre Rédempteur et Seigneur Jésus Christ et Ses Apôtres ne possédaient rien personnellement, ni même en commun, différentes opinions parfois divergentes ayant été émises à ce sujet,

Nous, souhaitant mettre un terme à ce débat, et après [avoir reçu] conseil de nos frères [les cardinaux], déclarons, par ce décret à jamais valide, qu' une telle affirmation obstinée, alors même que les écritures sacrées assurent à maintes reprises que Jésus Christ et Ses Apôtres possédaient en effet des biens matériels, contredise expressément cela, et suppose ouvertement que lesdites écritures sacrées, à travers lesquelles de toute évidence les articles de la foi orthodoxe sont prouvés du point de vue des choses évoquées précédemment, contiennent le ferment du mensonge, et par conséquent, aux regards de ces choses, discrédite toute foi en elles, qu' une telle affirmation, donc, rend la Foi Catholique douteuse, incertaine, lui retire sa valeur de démonstration, et doit donc être censurée puisqu' erronée et hérétique.

De plus, affirmer avec entêtement, dans le même contexte, que le droit d' usage ne se serait en aucun cas appliqué à Notre Rédempteur [et] à Ses Apôtres s' agissant des biens matériels, que les écritures sacrées assurent pourtant qu' ils avaient bel et bien possédés, ou qu' ils n' auraient pas eu le droit de vendre ou de donner quoi que ce soit, ni même [le droit] d' acquérir les choses en question, toutes actions que néanmoins les écritures sacrées assurent qu' ils entreprirent à l' encontre des biens matériels, ou laissent expressément entendre qu' ils auraient pu agir ainsi, puisqu' une telle affirmation signifierait nécessairement que leur usage des biens matériels et leur conduite, à propos des susdites choses, n' étaient pas fondés, ce qui sans aucun doute, s' appliquant à l' usage, la conduite ou les actes de Notre Rédempteur, le Fils de Dieu, est avis mauvais à défendre,

Nous déclarons, après [avoir reçu] conseil de nos frères [les cardinaux], cette affirmation obstinée comme devant être, comme elle le mérite, censurée car contraire aux écritures sacrées, hostile à la doctrine Catholique, et hérétique.

Il est bien évidemment proscrit à quiconque de contrevenir à cette déclaration, ou par imprudence d' oser la contredire. Si malgré tout quelqu' un [devait faire cela, faites lui savoir qu' il s' est attiré la colère du Dieu Omnipotent et de ses Apôtres, Pierre et Paul.] ".

Présenté en Avignon, deux jours avant les Ides de Novembre [soit le 12 Novembre 1323].

" Avoir des opinions ne m' intéresse pas. C' est à la portée de n' importe qui. Mais avoir des idées vraies, absolument vraies, voilà qui est difficile et voilà qui est beau " Guitton

Épilogue:

Nous voici donc parvenus au terme de l' examen critique des thèmes et expressions d' un livre singulier. Oui, spécial à plusieurs titres et fortement débilitant lors de sa lecture. A tous les problèmes qu' il soulève sur le fonds je me suis efforcé de répondre sans omettre, je crois, une seule critique, m' attachant à répliquer à toutes pour l' honneur de l' Église qui seul m' importe.

Il y a toutefois encore un aspect qu' il ne sera pas inutile d' aborder car il met en cause, non plus les faits relatifs à l' histoire ecclésiastique, mais le bien fondé même de la méthode employée pour l' entreprise de démolition que " l' espérance du cardinal " représente et les moyens que les deux (?) protagonistes du livre se proposent pour parvenir à leur fin.

Complot?

Tout lecteur attentif du livre ne pourra en effet lire, sans s' interroger sur leur sens voilé, les multiples remarques sur les relations, coulisses, groupes, amitiés et connivences auxquelles il est fait cursivement allusion, sans jamais rien divulguer de précis, ni révéler de nom. Tout cela a comme un air d' intrigue, d' alliance cachée, de complicités, de concertation enveloppée de mystère et pour lâcher le mot qui définit ce type de conduite, DE COMPLOT.

Oh, je vois déjà les esprits s' agiter et hurler au fantasme, à l' excès d' imagination, peut-être même ira t-on jusqu'à parler de délire voire de malveillance gratuite. Je demeure, croyez m' en bien, parfaitement objectif et uniquement voué à l' analyse paisible et sans ressentiment. Mes lecteurs demeureront quoi qu' il en soit seuls juges en vérifiant dans le texte même du livre si ce que je crois n' est, hélas, pas probable?

C' est, me semble-t-il, Fustel de Coulange, historien qui demandait comme preuves historiques " Avez-vous des textes? ". Et bien, en voici:

" Vous êtes en train de développer avec d' autres une action pensée pour redonner à l' Église sa capacité d' attraction spirituelle. " page 12 (Le Gendre au cardinal)

" … les projets pratiques que mon cardinal et ses amis préparaient… " Page 15

" Oui, notre livre m' a amené des contacts avec un certain nombre d' autres responsables de l' Église. " Page 38

" Je crois comme vous qu' il est temps de réagir. " Page 80

" - Je vous l' ai déjà dit: nous sommes plusieurs à travers le monde à nous préoccuper de l' état et de l' évolution de notre Église.

- Penser l' impensable, c' est cela Éminence? Penser un fonctionnement pour après (45)… " Page 124

" Faut-il modifier de fond en comble le fonctionnement pour libérer le message? Ou faut il ne plus se préoccuper de ce fonctionnement irréformable et incarner le message en dehors de Lui?

Il faut sans doute jouer des deux options. Là où il est possible de modifier le fonctionnement, il ne faut surtout pas s' en priver. Là où c' est impossible, il faut abandonner le terrain. " Page 150-151

" Nous étions, mon cardinal et moi, heureux de nous retrouver… Si en plus de la sympathie instinctive des débuts évolue en complicité, l' amitié n'est pas loin. " Page 159

" …Les ruptures au sein de notre Église peuvent parfois être nécessaires pour que celle-ci puisse progresser. " page 208

" Partout dans le monde où se trouvent des communautés du mouvement " Page 292

L' accumulation met fin à l' impression de hasard. Freud

On s' en convainc après cette lecture il y a dans l' Église une coterie discrète, de l' ombre, qui s' avance masquée (" Larvatus prodeo ") se consulte, s' organise, se coalise, s' active et, tel le ver dans le fruit, ronge de l' intérieur la pulpe la plus délectable de notre Église. Ils se reconnaissent entre eux par je ne sais quels artifices mais sûrement par quelques idées communes, rampantes, exprimées à la dérobée, furtivement, pour mieux saper les convictions de leurs interlocuteurs parfois à leur insu. C' est par des coups d' épingle subreptices, délicats, timides mais vigoureux sur des sujets sensibles et concrets (46) qu' ils s' efforcent de faire avancer leur pacte et de désorienter et ébranler les meilleurs parmi les chrétiens. On ne proclame pas au shofar des idées ou une doctrine nouvelles et subversives qui heurteraient la fidélité et la foi; cette tactique frontale et de pleine lumière ferait trop paraitre leurs buts comme factieux et destructeurs, félons, trop ressemblant aux erreurs déjà condamnées. Trop exposés aussi, dans une Église qui n' a pas perdu les moyens de sauvegarder son autorité garantie d' En Haut.

Mais pour quels buts précisément? Car c' est aussi, c' est surtout, ce qu' il importe de connaître. Nous ne disposons pas, je l' ai dit, d' un corpus doctrinal méthodique dans le fatras un peu désordonné des analyses du livre. Mais on peut dégager, passim, des idées-force (je ne dis surtout pas des idées fortes!):

- un credo minimal (ou mini mal?): " la tendresse de Dieu " qui ne nous mène pas bien loin; credo bien ouvert (dois-je dire béant?) où on pourra fourguer la plupart des bons sentiments insipides du monde moderne, et tout contenu humain disponible pour définir des devoirs de religiosité dépourvus de surnaturel.

- " décentraliser " l' Église par des conciles régionaux, c' est-à-dire diluer et fragmenter l' autorité et le magistère pontifical pour ressembler au monde parlementaire profane (dont le pouvoir d' ailleurs est en réalité entre de toutes autres mains, habilement cachées).

- Disloquer le sacerdoce hiérarchique ministériel trop garant du sacré et de la tradition apostolique sans rupture

- Protestantiser par une liturgie rabougrie, à la frange du profane (liturgie profanée?) d' où tout faste et toute intériorité seront expulsés.

- faire éclater " le cadre " de l' Église (ils appellent ça: " sortir du cadre "): programme suffisamment flou pour réduire le risque d' être accusé de dynamitage d' une institution de 2000 ans fondée par un Dieu. Et pour refonder quel cadre? Vont-ils refonder une autre église au XXIe siècle? Qui les a envoyés à cet effet?

- " libérer le message " (sous entendu du Christ); cela a toujours signifié changer le message. Car sous le prétexte d' adoption de mots adaptés aux temps, on a en réalité toujours voulu modifier le contenu. Comme si l' Église du Christ - ce qui veut dire fondée par lui, garantie par Lui, dirigée tous les jours par Lui - pouvait avoir failli dans la transmission du message. C' est le monde qui a failli à l' Église, jamais l' inverse.

- Libérer la vie de la vision " morale " de l' Église, ce qui ne signifie rien d' autre que refaire une doctrine permissive de l' acte conjugal, sans doute aussi du mariage & pourquoi pas de la famille. Donc abolir les enseignements de Jean-Paul II, de Paul VI, de Pie XII et de Pie XI basés sur les préceptes bibliques!

- Vider l'Église de ses DOGMES qui donnent leur substance à la FOI (47) pour la rendre disponible au monde c' est-à-dire au système de croyances privées de surnaturel.

Tout cela ne revient à moins que de sortir du cadre catholique. Et se tourner vers l' Anglicanisme à leur portée, une religion ouverte, d' avenir (48)!

Je le leur dis tranquillement, leurs efforts sont vains et déjà engloutis. Il est affligeant de noter que c' est de ses enfants que l' Église reçoit les blessures les plus douloureuses; mais il est aussi dans le plan divin que cela advienne ainsi: pendant qu' à sa naissance le Fils de Dieu recevait le culte de Mages PAÏENS, sa vie était mise en péril par un Roi JUIF!

Le Pasteur Edmond de Pressensé écrivait dans " Jésus-Christ. Son temps, sa vie son œuvre ", 1865:

" Tandis que les meilleurs représentants du paganisme lui portent les hommages, la vie de l' Enfant est menacée par le roi qui s' est assis sur le Trône de David. Sa carrière terrestre commence sous ce rayon de gloire et sous cet éclair de haine. "

Qu' un Cardinal & un écrivain catholique s' acharnent à ébranler l' édifice de notre Église est vraiment l' illustration du mystère d' iniquité. Qu' ils le fassent avec des mots blessants, désobligeants, parfois outrageants, toujours aigres ajoute au tourment infligé à Notre Mère. Peuvent-ils demeurer sereins et apaisés alors qu' ils l' offensent ainsi? En sont-ils plus heureux?

Trahir l' Église c' est déjà l' enfer

Pour conclure

Il me reste pour en finir à livrer une réflexion personnelle dont je ne nie pas le caractère subjectif puisqu' il s' agit d' une opinion. Par définition une opinion n' engage que celui qui la donne et n' est pas couverte par la garantie de la vérité (49). Toutefois je m' efforcerai de présenter les raisons qui me poussent à penser comme je vais le dire.

Parvenu à un certain point de discernement, il faut finir par se poser la question:

Ce Cardinal existe-t-il vraiment?

La question n' est pas anodine, mais elle n' est pas, non plus, dirimante. J' expliquerai pourquoi.

Après l' examen approfondi des deux livres, je suis parvenu à une conclusion solide mais, je le répète, où il ne s' agit que de mon opinion (50). La voici:

JE CROIS QUE LE CARDINAL N' EXISTE PAS, QU' IL EST UNE PURE FICTION LITTÉRAIRE DESTINÉE À CONFÉRER DU POIDS À DES IDÉES QUI SERAIENT INSIGNIFIANTES SANS LA CAUTION D' UN HAUT PRÉLAT.

Pourquoi?

I- Dans le dernier livre Le Gendre tient, de très loin, le premier rôle, il est constamment en avant, il a l' initiative des sujets, il exprime les mots les plus violents, les idées plus audacieuses, les thèses les plus destructives, c' est lui qui relance et pousse les feux qui s' assoupissent. Et ne cesse-t-il pas d' appeler le Cardinal: " mon cardinal " tout au long de son livre, plus d' une vingtaine de fois? " Mon Cardinal? ", comme mon personnage, mon héros, ma créature?

Le Cardinal est en retrait, plus effacé, plus restrictif, plus modéré. Il est plus qu' en retrait, il a pris sa retraite. C' est une pente classique: plus on avance dans l' écriture, plus on se dévoile, plus on se démasque, plus le véritable auteur sourd à travers le texte. " Le crime échappe toujours par quelque endroit " (Bossuet).

II- Voilà un Cardinal qui se prétend historien et qui vaut ZÉRO en Histoire: histoire humaine, histoire des hommes, histoire des civilisations, histoire des religions, histoire de l' Église; il vaut ZÉRO en Théologie, ZÉRO en Liturgie et ZÉRO en morale de la vie.

Cela n' est pas crédible; si on ne peut demander à un Cardinal de TOUT savoir, pas plus qu' à quiconque, les inexactitudes, les contresens, les à peu près, sont trop criants pour provenir d' un Prince de l' Église. Ils sont plus communs chez les écrivains-journalistes-plumitifs soumis aux théories dominantes et aux clichés les plus répandus (et les plus controuvés); on sait que les littérateurs vont rarement vérifier les poncifs admis universellement sans discussion et pourtant sans valeur.

III- L' anonymat obstiné n' a plus de raison d' être au terme d' un deuxième livre de critiques, dans une Église sans Inquisiteurs, pour un Cardinal hors circuit de par son âge et qui donc n' aurait plus rien à perdre, ni à gagner d' ailleurs! L' anonymat, je le crains, camoufle ici l' inexistence.

Mais qu' il existe ou non (51), il fallait combattre les idées du livre, je m' y suis employé car " Les mots sont créateurs. A la longue, ils finissent par engendrer des actes. " Aldous Huxley " Tour du monde d' un sceptique ".

Loin de moi de condamner - en tant que telle - une technique d' écriture faisant appel à un personnage fictif. Rien n' est plus répandu dans le roman et la littérature et rien n' est plus légitime. Oui mais ici il s' agit d' un brûlot à visée interactive, pour bousculer, mettre en cause, contester. On n' est plus dans la littérature, on est dans les idées et dans l' action. Et nous voici alors avec un bon gros mensonge de Cardinal pour couvrir de sa fonction des idées toxiques sur l' Église, sa liturgie, son organisme, sa sainteté, son intégrité, sa mission, la légitimité de ses chefs, etc. Car sans lui le brûlot n' est qu' une mèche. Avec lui voici la caution morale, doctrinale, personnelle d' un haut prélat; le poids est tout autre, les propos sont dignes d' écoute, et comme densifiés par un personnage consacré.

Cependant à trop se dissimuler le cardinal a perdu sa vraisemblance et son crédit:

Qu' est donc un Cardinal sans le courage de ses propos? Toutes ses leçons en sont ruinées.

Les livres de Le Gendre sont-ils donc entièrement négatifs? Si on a retenu ma conviction sur ce sujet, on conclura sur une note optimiste: rien n' est jamais absolument négatif. Tout ce qui est de l' ordre de la Création possède une part de bien, seul le Mal est privation d' être.

Car en nous contraignant à combattre les idées de Le Gendre nous mettons dans la lumière les nôtres, nous les approfondissons, nous les aiguisons à la controverse pour la vérité et ainsi nous nous enrichissons pour notre sanctification, le but unique nécessaire.

" Rien n' aide autant à savoir ce qu' on pense que de rencontrer quelqu' un qui pense exactement le contraire. (52)"

" J' ai lu le livre accusateur: je l' ai trouvé sans aucun fondement théologique, et nullement étayé par les autorités qu' il invoque. A ce libelle je répondrai, avec le secours de l' Esprit Saint, par un ouvrage qui démasque l' erreur et dévoile le mystère d' iniquité. "… " Il serait aisé dé faire retomber sur les détracteurs les coups qu' ils veulent nous porter. Mais nous les réservons au jugement de Dieu, leur malice étant assez manifeste par tout ce qu' elle leur a fait vomir de venin, selon cet oracle évangélique: Comment pouvez-vous proférer de bonnes paroles, mauvais que vous êtes! Car la bouche parle de l' abondance du cœur (Matth., XII, 34) Si quelqu' un refuse de participer à leur iniquité, il sera un vase d' honneur, sanctifié, propre au service de Dieu, et préparé pour toute sorte de bonnes œuvres. Quant à ceux qui consentent à leur dérèglement, et suivent en aveugles ces maîtres aveugles, ils tomberont avec eux dans la fosse. " St Thomas Aquin (Contre les adversaires de la vie religieuse).

Terminé le 8 décembre 2011 en la glorieuse fête de l' Immalculée Conception.

Jacques Camredon

 

 

(1) Dictionnaire CNTRL. Dont on sent bien que pour le Cardinal ce n' est pas un avantage bien grand. Sauf pour lui! qui n' est pas de la première jeunesse si on en croit le peu de biographie que nous en a donné Le Gendre dans le premier tome. 
(2)  "Pour le cardinal, l’ expérience est donc une acquisition négligeable, insignifiante, sans effet sur le gouvernement des hommes. Je lui conseille de réfléchir sur ce que ce que serait l’ avenir d’ un homme sans mémoire!"
(3) Voir pour cela " La Cité antique " de Fustel de Coulanges, indispensable pour la connaissance de l' antiquité.
(4) Décidément le Cardinal est mauvais historien, il est aussi mauvais théologien là encore!
(5) Qu' en sait-il? Que ne se borne-t-il à ne parler que de lui-même.
(6) C' est la Cappa Magna des cardinaux qui est ici sans doute visée; on va y venir.
(7) Par exemple la Tiare pontificale.
(8) Faute d' exemples concrets dans cette énumération générale mais imprécise je présume qu' on vise ici la cérémonie du lavement des pieds du Jeudi Saint d' un pauvre prêtre mis en cause et qui fait l' objet d'une description, vile, je dois le dire. En effet pas d' autres cérémonies ne sont évoquées dans le livre. Voir plus loin mon commentaire sur l' abject récit de Le Gendre.
(9) Il faut être vraiment myope pour voir la " domination " d' une Église toujours malmenée, diffamée, persécutée, confinée, toujours en butte aux prétentions des pouvoirs temporels, même catholiques, hier comme aujourd' hui.
(10) " Pouvoir sur les consciences " certes, toutefois pouvoir spirituel, maternel, en vue du Bien et de la Vie; pouvoir attribué par Jésus en Personne " Tout ce que tu lieras sur la terre, sera lié dans le ciel… ". Mais pouvoir dépourvu de contrainte, d' oppression, de coercition. L' Église protégea la Foi mais jamais l' Église ne convertit de force. En va-t-il de même pour tous les autres pouvoirs, temporels ou religieux?
(11) " Légende de Saint François d' Assise " par saint Bonaventure. Poussielgue 1859. Ici le terme " légende " signifie " livre contenant les actes des saints pour toute l' année " et non récit mythique. Voir Littré. Ce sens a vieilli mais demeure dans la " Légende dorée " qui est une compilation des vies des Saints composée au XIIIe siècle.
(12) St François lui-même disait: " Plus indigne est celui qui commande, plus méritoire est l' obéissance ".
(13) Voici ce que Saint François disait des chefs catholiques: " Le Seigneur nous a appelés pour ranimer la foi et aider les prélats et les clercs de notre mère la Sainte Eglise. Aussi sommes-nous tenus, dans la mesure du possible, de toujours les aimer, les honorer et les vénérer. Les frères, en effet, sont appelés Mineurs parce qu' ils doivent, par leur nom et leur manière d'agir, donner l' exemple de l' humble soumission aux autres hommes de ce monde. Quand, au début de ma conversion, je me suis séparé du monde et de mon père selon la chair, le Seigneur a mis sa parole dans la bouche de l' évêque d' Assise pour me donner un bon conseil et m' affermir dans le service du Christ. C' est pour cela, et pour beaucoup d' autres excellentes qualités que j' aperçois dans les prélats, que je veux aimer, vénérer et regarder comme mes seigneurs, non seulement les évêques, mais encore les humbles prêtres. " Chapitre XIII " Saint François d' Assise Raconté par ses premiers compagnons " TRADUCTION FRANÇAISE DE LA LEGENDA ANTIQUA.
(14) " Je voudrais m' arrêter brièvement sur l' une des voies qui peuvent nous conduire à Dieu et nous aider également à le rencontrer: c' est la voie des expressions artistiques, qui font partie de la via pulchritudinis - " voie de la beauté " - dont j' ai parlé à plusieurs reprises et dont l' homme d' aujourd' hui devrait retrouver la signification la plus profonde… il existe des expressions artistiques qui sont de véritables chemins vers Dieu, la Beauté suprême, et qui aident même à croître dans notre relation avec Lui, dans la prière. Il s' agit des œuvres qui naissent de la foi et qui expriment la foi… combien de fois des tableaux ou des fresques, fruit de la foi de l' artiste, dans leurs formes, dans leurs couleurs, dans leur lumière, nous poussent à tourner notre pensée vers Dieu et font croître en nous le désir de puiser à la source de toute beauté… Chers amis, je vous invite à redécouvrir l' importance de cette voie également pour la prière, pour notre relation vivante avec Dieu. Les villes et les pays dans le monde entier abritent des trésors d' art qui expriment la foi et nous rappellent notre relation avec Dieu. Que la visite aux lieux d' art ne soit alors pas uniquement une occasion d' enrichissement culturel - elle l' est aussi - mais qu' elle puisse devenir surtout un moment de grâce, d' encouragement pour renforcer notre lien et notre dialogue avec le Seigneur, pour nous arrêter et contempler - dans le passage de la simple réalité extérieure à la réalité plus profonde qu' elle exprime - le rayon de beauté qui nous touche, qui nous "blesse" presque au plus profond de notre être et nous invite à nous élever vers Dieu. " Benoît XVI Audience générale du 31 août 2011. 
(15) Il faut voir comment les premiers chrétiens vénéraient, cachaient et tenaient pour précieux les vases sacrés.
(16) Frédéric Ozanam: sa vie s' orienta vers l' aide aux plus démunis. Il décida, en avril 1833, avec des amis étudiants, paroissiens comme lui de l' église Saint Étienne du Mont, de fonder une petite société vouée au soulagement des pauvres, qui prit le nom de Conférence de la charité. Par la suite, la conférence se plaça sous le patronage de saint Vincent de Paul. Il fut alors aidé dans sa tâche par sœur Rosalie Rendu, une Fille de la Charité très active dans les quartiers pauvres de Paris.
(17) Tiens, le Saint Curé aimait donc aussi " les broderies de fils d' or ", Le Gendre va-t-il aussi le malmener?
(18) A la fin, elles moisissaient; il les mangeait alors ainsi!
(19) Ecole de filles fondée par le saint curé, école gratuite, avec des pensionnaires, elle accueille des filles pauvres ou orphelines qui sont nourries, instruites et entretenues gratuitement. Les catholiques n' ont pas attendu Ferry pour scolariser les pauvres.
(20) Le livre le plus complet et le plus impartial sur le Saint d' Ars est celui de Mgr René Fourrey, Le curé d' Ars authentique, L' Échelle de Jacob, 2009. Mon récit abrégé de la vie du saint curé d' Ars lui doit beaucoup ainsi qu' au livre de Mgr Trochu et au livre de M. l' abbé Monnin " Esprit du Curé d' Ars dans ses catéchismes, ses homélies et sa conversation. " Téqui 1975.
(21) Cardinal & Le Gendre associés.
(22) Dans le tome 1 on appelait même cette " dérive ": " le principe de Constantin "!
(23) Soit il y a 9 siècles et demi!
(24) En la basilique Saint Martin de Tours, Clovis revêtit les ornements et ceignit son front du diadème, dont il fit ensuite présent au pape Hormisdas (Liber pontificalis, LIV, 10): c' est ce qui a constitué la première couronne de la tiare des souverains pontifes. Le geste d' hommage de Clovis viendrait ainsi ratifier l' interprétation selon laquelle la première couronne de la tiare vient marquer que le pape est père des rois.
(25) Certains la font remonter à Boniface VIII qui aurait ajouté une deuxième couronne en 1301. Par là, il voulait signifier son autorité spirituelle au-dessus de l' autorité civile. Cet ajout intervient alors en lien avec le conflit opposant Philippe le Bel au Saint Siège
(26) Elle fut rachetée par l' archidiocèse de New York en novembre 1964. Elle se trouve dans un musée.
(27) L' Unité, un des quatre caractères de la véritable Église s' entend dans l' espace (sur terre et au ciel, qui dépasse la pure notion spatiale mais peut être pensé figurativement comme un lieu), avec tous ceux qui partagent la même Foi, mais encore dans le temps avec les saints et les fidèles qui nous ont précédés et nous succèderont. La Communion des saints est, en quelque sorte, spatio-temporelle, en un mot elle est catholique c' est à dire universelle
(28) Grand manteau de chœur que portent les cardinaux, les évêques, le clergé des basiliques, certains dignitaires de la cour pontificale ainsi que les chanoines de certaines cathédrales. On l' appelle aussi cappa magna ou chape prélatice. Lorsque la cappa est déployée, elle constitue un signe de juridiction (il ne peut donc y avoir qu' une seule cappa déployée dans une cérémonie).
FORME - C' est une chape fermée de toutes parts, qui ne comporte qu' une fente médiane ou deux fentes latérales pour passer les bras. En arrière elle se termine par une longue queue (tortillon), portée par un caudataire ou retroussée sur le bras gauche. Le chaperon se termine par un capuchon, qui se relève et s' attache sur le dos.
MATIERE - Le corps de la cappa est en laine violette (mérinos, escot, mais jamais de drap). La soie, interdite aux évêques, est propre aux cardinaux. Le chaperon est en hermine, en principe sans mouchetures, avec doublure de laine violette et de soie rouge pour le capuchon. En été le chaperon est de laine violette par-dessous et de soie rouge foncée par-dessus. http://www.schola-sainte-cecile.com/
USAGE - La cappa est proprement le vêtement de chœur de l' évêque dans son diocèse. Il le revêt toutes les fois qu' il célèbre ou préside au trône. En signe de juridiction, l' archevêque métropolitain le porte aussi dans toute sa province, le légat sur tout le territoire de sa légation et les cardinaux dans le monde entier (selon la maxime qu' un cardinal est partout chez lui). La cappa est toujours déployée sauf en présence d' un prélat supérieur (comme l' évêque diocésain en présence de son archevêque ou d' un cardinal). Toutefois, l' évêque peut toujours la déployer s' il va pontifier solennellement et qu' il ne marche pas avec ses supérieurs (S.R.C. n. 4355, II ad 2 et n. 2909). Chanoine Robert Lesage, Dictionnaire pratique de liturgie romaine, Paris, 1952. Bernard Berthod & Pierre Blanchard, Trésors inconnus du Vatican, cérémonial & liturgie, Paris, 2001.
(29) Encore que d' innombrables confessions protestantes, notamment évangélistes et charismatiques ne soient pas avares d' extravagances et de frénésie liturgiques, surtout télévisées.
(30) Les informations de ce § sont dues à l' excellente analyse sur la Cappa Magna d' un site non dédié aux questions religieuses (comme quoi, tout peut contribuer au Bien!) : (http://doutrebente.org/) et " Les archives du Forum Catholique ".
(31) Par exemple la messe traditionnelle qu' il croit sans doute " interdite ", ce sera notre paragraphe c).
(32) C' est l' accusation-mystification de tous les procureurs de l' Église qui rajoutent cette réprobation à leurs incriminations doctrinales. On renchérit toujours avec cette démagogique mise en cause pour son caractère populaire, facile, aisément exploitable, qui excite ce qu' il y a de convoitise et d' envie dans l' homme. C' est, dirions-nous aujourd' hui, le thème Marketing bateau qui fait mouche à tous coups. Et qu' on ne démontre JAMAIS. Il y a ainsi des thèmes qui se suffisent à eux-mêmes, tenus pour vrais en vertu d' une qualité inconnue, jamais justifiés, qui s' imposent sans vérification comme de pures Essences, improuvées mais éblouissantes. Éblouir n' est pas éclairer!  
(33) Elle en a l' usage mais non la propriété; dans le droit romain antique on aurait dit: " elle a l' usus, non l' abusus. " L' abusus est l' un des attributs du droit de propriété, le droit de disposer de son bien, qu' il s' agisse de la disposition juridique de son bien par l' aliénation (vente ou don) ou matérielle par la destruction. D' où le terme actuel " abuser " qui, strictement, signifie " se défaire " &/ou " détruire " un bien.
(34) Ainsi les états ou les Princes qui s'emparaient des biens de l'Église, en les revendant, se créaient une clientèle politique à sa dévotion, liée à lui par le forfait et le rapt. On vit cela en Allemagne, en Suède, en Hollande, en Angleterre, en France et même en Espagne et au Portugal durant les gouvernements éclairés des Aranda et des Pombal qui pillèrent l' Église et expulsèrent les jésuites non sans saisir leurs possessions.
(35) Le 3/7/2011 - 14 H 32 
" Les finances du Vatican passent au vert. Pour la première fois depuis trois ans, les comptes du Saint Siège et du Vatican sont positifs, avec un excédent de 10 millions. Pourtant, les ressources en provenance des diocèses et des fidèles connaissent une chute sérieuse (de 24,9 millions en 2009 à 18,8 millions en 2010).
Mais une gestion serrée (les dépenses ont été réduites de 19 millions d' euros), conjuguée, pour les Musées du Vatican, à une forte augmentation de la fréquentation, a permis de dégager ces deux excédents. Tels sont les enseignements à tirer de la publication, samedi 2 juillet, des comptes du Saint Siège et de l' État de la Cité du Vatican.
(36) Le Budget général est réparti en 3 postes différents:
Le premier est le Saint Siège, qui en 2004 enregistre 205,6 millions d' euros de recettes pour 202,6 millions d' euros de dépenses. Celles-ci sont principalement destinées aux 2663 personnes travaillant au sein de la Curie romaine (dicastères et organismes du Saint Siège, 118 représentations pontificales auprès des nations, 9 sièges auprès des organisations internationales).
Le second concerne le bilan de l' État de la Cité du Vatican qui, toujours en 2004, enregistre lui aussi un résultat positif de 5,3 millions d' euros. En 2003, il était en déficit de 8,8 millions d' euros et, en 2002, de 16 millions d' euros. En 2004, il employait 1560 personnes au sein notamment de Radio Vatican, L' Osservatore Romano et la télévision CTV.
Enfin, le Denier de Saint Pierre (dons effectués par les diocèses) atteint 43 millions d' euros, soit une baisse de 7,4 % par rapport à 2003. Ces fonds ont été destinés, sur volonté du Pape, " à des interventions caritatives visant à alléger les souffrances de populations touchées par des catastrophes naturelles, à soutenir des initiatives en faveur d' orphelins victimes de conflits armés ou du sida ". Remarquons que le budget du Vatican est relativement faible. Il suffit de comparer pour s' en convaincre. Il est par exemple deux fois et demi-inférieur à celui du Conseil général du Maine et Loire (497,2 millions d' euros en 2005), et encore inférieur au budget d' une ville comme Angers (250,27 millions d' euros en 2005). Le budget du Saint Siège est donc à peu près égal à celui d' une ville moyenne française.
(37) Au sens obvie: un principe est un axiome premier.
(38) Maldonat, proprement Maldonato, né en Estrémadure en 1531, fut un des hommes des plus savants de son siècle. Il entra en 1562 dans la Compagnie de Jésus, et se signala dans l' enseignement de la philosophie et de la théologie au collège de Clermont à Paris et à l' université de Pont à Mousson. Des accusations d' hérésie et de captation d' héritage, imaginées contre lui par l' envie, furent anéanties par une décision de l' évêque de Paris et par un arrêt du Parlement. Il mourut en 1583 à Rome où l' avait appelé le pape Grégoire XIII, pour le faire travailler à l' édition de la Bible des Septante. Maldonat a laissé plusieurs ouvrages, dont quelques-uns ont été imprimés après sa mort. Le plus important est un excellent Commentaire sur les Evangiles, dont la meilleure édition est celle de Pont à Mousson, 1596.
(39) Commentaire de la Sainte Bible de l' abbé Louis Claude Fillon († 1927).
(40) " La chaîne d' or " tome2 page 238-239.
(41) On se demande en effet sur quoi ils fondent leur parti pris destructeur?
(42) " Menteuse " car le vrai but de Judas n' était pas de vénérer la pauvreté mais de voler les biens de l' Église; Judas, qui tenait la bourse des Apôtres et la détournait s' inquiétait des dépenses qui le privaient de sa filouterie. Méfiez vous des idées d' apparence morales qui masquent les vilaines doctrines et les actes mauvais. On cherche toujours à justifier les perfidies par les idéalismes au visage honnête.
(43) Sous Tibère, un soldat des cohortes de vigiles, à Rome, gagne 150 deniers par an (plus les primes). Un fantassin légionnaire 225 deniers, un fantassin auxiliaire ou un rameur de la flotte 75 d/an (plus les primes toujours!). C' est alors honnête salaire.
Donc les 300 deniers correspondent à deux ans de solde pour un militaire de base. Aujourd' hui, ce serait donc plus de 2 ans de SMIC (± 16000 € / an 2011).
(44) C' est toujours la justification truquée des réformateurs de " revenir au Christ ", mais en l' imposant aux autres, ce qui les dispense souvent de le pratiquer pour eux! Les vrais saints prêchèrent la vertu et la pauvreté par l' exemple, pas par la controverse et les faux procès.
(45) " Après ", mais après QUOI? Toujours le mystère, enveloppé d' une énigme. Mais toujours inquiétant, car le secret est une dissimulation redoutable.
(46) Tels ceux traités dans le livre du cardinal que je me suis appliqué de rectifier.
(47)Le cardinal Journet écrivit en 1963 un petit opuscule de 104 pages intitulé " Le dogme chemin de la Foi " dans l' excellente (et défunte) collection " Je sais- Je crois ". Tout y est dit de la nécessité des dogmes pour nous conduire à la Lumière surnaturelle, donc au salut.
(48) Sans doute parce qu' elle n' a pas non plus de passé!
(49) Mais quand j' émets une proposition de Foi contenue dans le Credo ou dans le Dogme de l' Église, je suis assuré d' être, là, personnellement infaillible par communion à l' infaillibilité du Magistère ecclésiastique catholique. L' Église, en quelque sorte, m' investit de son infaillibilité. Ce n' est pas orgueil ou présomption de croire ainsi car ce n' est pas de ma personne que jaillit la vérité mais de Dieu pour Lequel nous ne sommes ici que le canal. Pour prendre un exemple qui illustre un propos qui pourrait sembler exorbitant, si je dis que Dieu est Un en trois Personnes unies consubstantiellement mais distinctes, proposition qui excède les capacités de ma raison, je ne fais qu' exprimer une doctrine de FOI obligatoire pour la sanctification. J' exerce ce faisant le privilège d' infaillibilité de l' Église.  
(50) Néanmoins appuyée par un témoignage digne de la plus haute crédibilité provenant de Genève où Le Gendre lors d' une conférence a admis que le cardinal était une " pure fiction ". Nous le confirmera t-il un jour publiquement?
(51) C' est ici qu' on peut admettre que l' inexistence du cardinal ne change rien au débat; ce sont les idées qu' on combat avec d' autres idées, l' homme est sans importance, tout du moins dans la controverse de fond.
(52) E.Gilson " Constantes philosophiques de l' Être " VRIN 1983

 

-o-o-o-o-o-o-o-

Article 19 de la Déclaration Universelle des Droits de l' Homme: "Tout individu a droit à la liberté d' opinion et d' expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d' expression que ce soit"

Informations financières et politiques sur Le Pilori et ses annexes

M. Fernand CORTES

31-32, place Sylvain Dumon
82400 Valence d' Agen

 Vous pouvez nous joindre par au (33) 613 27 32 83

Le Cobra 2003 Le Cobra 2004 Le Cobra 2005

Le pilori général
Le pilori 2000 Le pilori 2001 Le pilori 2002 Le pilori 2003 Le pilori 2003 censuré
Le pilori 2004 Le pilori 2004B Le pilori2004C Le pilori 2004D
Le pilori 2005 Le pilori 2005B Le pilori 2005C Le pilori 2005D
Le pilori 2006 Le pilori 2006B Le pilori 2006C Le pilori 2006D
Le pilori 2007 Le pilori 2007B Le pilori 2007C Le pilori 2007D Le pilori 2007E Le pilori 2007F
Le pilori 2007G Le pilori 2007H Le pilori 2007I Le pilori 2007J Le pilori 2007K Le pilori 2007L
Le pilori 2008-01 Le pilori 2008-02 Le pilori 2008-03 Le pilori 2008-04 Le pilori 2008-05 Le pilori 2008-06
Le pilori 2008-07 Le pilori 2008-08 Le pilori 2008-09 Le pilori 2008-10 Le pilori 2008-11 Le pilori 2008-12
Le pilori 2009-01 Le pilori 2009-02 Le pilori 2009-03 Le pilori 2009-04 Le pilori 2009-05 Le pilori 2009-06
Le pilori 2009-07 Le pilori 2009-08 Le pilori 2009-09 Le pilori 2009-10 Le pilori 2009-11 Le pilori 2009-12
Le pilori 2010-01 Le pilori 2010-02 Le pilori 2010-03 Le pilori 2010-04 Le pilori 2010-05 Le pilori 2010-06
Le pilori 2010-07 Le pilori 2010-08 Le pilori 2010-09 Le pilori 2010-10 Le pilori 2010-11 Le pilori 2010-12
Le pilori2011-01 Le pilori 2011-02 Le pilori 2011-03 Le pilori 2011-04 Le pilori 2011-05 Le pilori 2011-06
Le pilori 2011-07 Le pilori 2011-08 Le pilori 2011-09 Le pilori 2011-10 Le pilori 2011-11 Le pilori 2011-12
Le pilori 2012-01 Le pilori 2012-02 Le pilori 2012-03 Le pilori 2012-04 Le pilori 2012-05
Informations financières et politiques sur Le Pilori et ses annexes
Oeuvres et poèmes d' Alain de MIREL Cercle d' Etudes Contre-révolutionnaires Sainte Jeanne d' Arc
Génocide des Populations des Bocages de l' Ouest de la France Honneur aux Gardes Suisses Louis XVII Enfant-Roi-Martyr
Morceaux choisis du Pilori 2002 Morceaux choisis du Pilori 2003 Morceaux Choisis du Pilori 2004 Morceaux choisis du Pilori 2005 Morceaux choisis du Pilori 2006
Le Pilori d' Honneur Le pilori du déshonneur et de la honte
Bibliothèque Chouanne du Pilori Portail Légitimiste du Pilori Humour et détente La Chouette du Forez-Duchesse de Berry
Montségur Montségur IV Montségur V Montségur VI Montségur VII Montségur VIII Montségur IX Montségur X Montségur XI Montségur XII Montségur XIII Montségur XIV Montségur XV Montségur XVI Montségur XVII Montségur XVIII Montségur XIX
La Faillite générale de la gueuse La Faillite de la gueuse I La Faillite de la gueuse II La Faillite de la gueuse III La Faillite de la gueuse IV La Faillite de la gueuse V La Faillite de la gueuse VI La Faillite de la gueuse VII La Faillite de la gueuse VIII La Faillite de la gueuse IX La Faillte de la gueuse X La Faillite de la geueuse XI La Faillite de la gueuse XII La Faillite de la gueuse XIII La Faillite de la gueuse XIV La Faillite de la gueuse XV La faillite de la gueuse XVI
Le mythe ripoublicain de l' égalité ripoublicaine La mysthique des droits de l' homme démysthifiée Les conséquences du référendum: la disparition de la France La banqueroute de la France L' abstention: pain béni pour la monarchie légitime La république nous vole! La déroute de l' enseignement Tout va bien mal La faillite des entreprises et de l' immobilier I La faillite des entreprises et de l' immobilier II La faillite des entreprises et de l' immobilier III La Baisse de la consommation L' élargissement de l' Europe La France Paradis Social et Talibanlieusardistan Le paradis ripouxbicain Pour le retour de la monarchie légitime et de l' ordre en France Le Scandale de la Garantie Républicaine Garantie d' Assurances Multiples Saïda Rachida Dati ou... L' odieuse vérité statistique Il est des défaites qui sonnent comme des victoires L' Enfant Roi ou les fous maîtres de l' asile L' arnaque de la HQE La société du mensonge Auschwitz sur Seine L' identité nationale Le coran et la loi L' annihilation républicaine de la liberté Le bouclier fiscal Combattre la révolution Expropriation, encore un scandale républicain de plus! La clinique psychiâtrique de l' ump La clinique psychiâtrique du ps Où en est la dette de la France? NicolaS Sarkozy
Les pamphlets fiscaux Les fables fiscales Les ballades fiscales et les sonnets fiscaux
Le Cobra 2003 Le Cobra 2004 Le Cobra 2005
La Lettre du Front National des Landes Grippe aviaire: l' intox Le climat est-il devenu une arme? Vaccins intox Vaccins intox 2010
Alerte aux contenus humlains dans vaccins, nourriture et cosmétique Le financement libyen de Sarkozy par Kadhafi
Médecines Homéothérapie vraie Compétence ou charlatanisme? Match Allopathie-Homéopathie Conversion des généralistes, spécialistes et chirurgiens Nuisances pharmaceutiques Les médicaments, parlons-en
Le mini-traité simplifié La crise de la gueuse Comment relever la France? Les anti-bio tiquent ou le biodégradable
Finance islamique Moneta Solutio La création monétaire de singe Napoléon le petit La France sous tyrannie Marine Le Pen Chronique d' une catastrophe aérienne
French Banksters L' effondrement du mondialisme Suicide économique L' enseignement de l' Histoire à la dérive Regards sur la démographie et l' immigration en France

Juge d' instruction: la forfaiture La dictature des juges Synthèse de l' affaire GAIFFE Conclusions sur l' assassinat du préfet Claude Erignac
Garde à Vue, Instruction, Détention provisoire Assignation Michel FOURCHEREAUD Le gouvernement UMPS vole les Français! Conclusions en appel citation Lambert Forfaiture fiscale Previposte

L' article 721 nouveau CPP: l' imposture Recueil de Perles Judiciaires Justice maçonnique satanique: l' arbitraire!
Etoile DDEFRH Richard ARMENANTE Complot en bande organisée I Richard ARMENANTE Complot en bande organisée II Presse et criminalité Justice et délit d' opinion Racisme ordinaire

Procureur en ligne de mire La pandémie maçonnique Appel en récusation définitive Le secret de la secte noire maçonnique satanique mondialiste Ponctionnaire Courmet sur la sellette Avertissement sans frais Tous sur la sellete
Plainte collective Atteinte préfectorale Pièces à conviction Mémoire & conclusions Référé d' heure à heure René HOFFER, Président SIC, n' est plus aux fers EdF-GdF Scandales tous les niveaux Tarif agent Escrocs bancaires La CEDH sous la sellette
Tentative d' expulsion et d' extorsion de fonds Escroc politique en goguette Enquête sur assassinat politique par secte noire maçonnique satanique Les crapuleries de Polyexpert et des MMA Wibox: crapulereie en très haut débit
ENM L' enfer tutélaire Parquet flottant SOS Justice PFL Pétition Florence JARRIER Outrages aux droits de la défense
Morts d' innocents imposées par autorité juridique Saga et force de l' insouciance Censier-Sorbonne Nouvelle dans l' amiante La place unique du spectateur
Maladies émergentes Corrélations entre Yves GODARD et financements politiques ROC
Billets d' humeur Billets de mauvaise humeur Billets de très mauvaise humeur

Union européenne, islam et Turquie Iran: la confrontation Bruxelles, ville musulmane en 2030? Quelles relations avec la minorité musulmane? La Belgique face à l' islamisation
L' Amérique, dernier rempart? Libérez-vous, il n' en tient qu' à vous! La menace islamique
Ces maires islamisants qui courtisent l' islam et financent les mosquées... Guerre métaphysique insurrectionnelle Guetteur, où en est la nuit? Le combat des fils de Caïn
Grand Dictionnaire Encyclopédique Carla Bruni-Tedeschi-Sarkozy La nation par les rêves Vérité sur le conflit arabo-israelien La rafle Eurabia L' Europe et le spectre du califat
Soldats de Tshal otages Où seront-ils l' année prochaine? Qui aura souhaité... Lettre aux enfants juifs occis par nazislamistes et lettre à Myriam Les 44 Enfants d' Izieu Le massacre de Fès dit "Le Pogrom de Fès"
Les Dix mensonges contre Israël Le piège à cons L' Arabie du wahabisme Cheval de Troie, dites-vous? Branle Bas de Combat au Moyen Orient Le véritable "aparheid" au moyen-orient
L' empire perse de Darius à Mahmoud Une intifada française DSK Nicolas Sarkozy de Nagy Bocsa
L' Empereur de l' Esprit Ghost Countries

El fallecido I El fallecido II El fallecido III El fallecido IV Cartas de Vida Españoles en cuerpo y alma
Passion du Seigneur 2000 ans plus tard Las Alpujarras Patrimonio perdido Cobardes y suicidas Los asesinatos de los republicanos Onesimo REDONDO Caudillo de Castilla En defensa de la libertad de la Iglesia
Catholiques, oui! UE = URSS De quoi souffre la Belgique? L' Etat-Providence et la dissolution de la famille Norvège, cauchemar ou début de guerre? Gouvernement français anti-chrétien
Etude pour le NON Missa Initiiative Missa Groupes Coutures Extraordinaire Sainte Jeanne d' Arc Foyers Adorateurs: l' Appel de l' Oeuvre Gender spécisme Tradition-Contrerévolution-Audace
Les cafards de théâtres, les politiciens, les médias, les souteneurs et les profiteurs
Réfutaion Réfutation II Cohn-Bendit Du vrai concile Vatican II Le Saint Suaire Télévision: mensonges effrontés & silences accablants
La grandeur fracassée du Moyen Âge espagnol Le Contrat de l' homme avec Dieu par le saint Baptême

La guerre du XXIe siècle La guerre du XXIe siècle II La guerre du XXIe siècle III La guerre du XXIe siècle IV La guerre du XXIe siècle V La guerre du XXIe siècle VI La guerre du XXIe siècle VII
Comment un drapeau sauva quatre meille Arméniens... Les conditions de la civilisation Elus et médias, je vous accuse!
Les chemins de l' islamisation de l' Europe Le feu de l' islam et hamas sur Seine La traite des Blancs par les musulmans AF-OAS Honneur!
Pousse bitume Jamais, au grand jamais! Le mal absolu Des comptes à rendre... Comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés... Antibes 2011 pour 2012
Monographie de la chute de l' Algérie française L' Algérie 1954-68 Algérie: les 5 occasions de paix Plaidoyer pour le Chant des Africains 26 mars 1962 L' identité française Le code djihadique L' aïd el kébir
Procès politique Les ténébrions A la manière d' El Watan... Souvenirs d' une Algéroise
Le massacre des Harkis Le massacre de la rue d' Isly 26 mars 1962 L' appel du 18 juin Oran... 5 juillet 1962 Le boucher d' Oran Les barbouzes Quand l' Histoire jugera De Gaulle... Le rôle de l' Eglise dans la guerre d' Algérie
La liberté qui capitule Transparence et corruption... les deux mamelles de la France Le lobby pro-immigrationniste et ses conséquences La fin du Ier REP Jeanne... Au secours! La France se meurt... 7 mai 1954 La chute de dien Bien Phu
La morale publique 3 juillet 1940 L' agression britannique sur Mers el Kebir Les rançons d' otages français La perte de l' Algérie française... crime ou fatalité? 2012: un enjeu énorme! La Terre Promise
23 septembre 1940: L' agression britannique sur Dakar La repentance La révolte du Ier REP Islam et immigration L' immigration et la mauvaise conscience européenne L' islam et l' insécurité L' islam... d' hier à aujopurd' hui
1er mars 1962... mers el Kebir... L' assassinat de la famille Ortega 19 mars 1962: Le cesser-le-feu L' innocence bafouée La criminalité en France Vaincre le terrorisme
NON au 19 mars 1962 Le 19 mars un déni de mémoire Retour sur la tv "objective" 19 mars 1962 faux historique Le 19 mars 1962: trahisons et mensonges La vérité au service de la patrie
Bilan de 132 ans de présence française en Algérie Le chiffon de papier d' Evian Evian ou le crime d' Etat du 19 mars 1962 Réfutation de Marseille 2012 Le nom d' être humain
Histoire de l' Algérie Française Portraits Blasphématoires du pseudoprophète pédocriminel mahomet Mahomet et l' islam: mythes et réalités La fin d' Oussama ben Laden Le spectre des tours de Manhattan
Esclaves blancs, maîtres musulmans Le journal introuvable L' islam meurtrier La France entre laïcisme républicain et prosélytisme mahométan L' interdiction suisse des minarets ne viole pas la CEDH L' islam terreur expansionniste
L' Histoire de l' Algérie française déformée Utopikland Vacances Bravo la crise! Tes giirouettes politicardes Comme le rappel d' un souvenir... France... 2012? Le temps des mensonges 1962-2012 Bayard au Pont de Garigliano Le mur 19 mars 1962-19 mars 2012
"Ils" veulent reprendre Poitiers! J'' aimerais tant que cela change...
Cartes de séjour Droits ouverts aux Harkis et autres supplétifs Mauvaise application de la loi par la MIR Harkis Honneur! Le Mare nostrum oeil de l' ouragan
Militaires tombés en OPEX pour rien Eloge au Commandant Hélie DENOIX de SAINT MARC Rabah KHELIF sauve l' honneur! APHCA
Le Colonel Joseph BROIZAT La douche sénégalaise Cachez ce Ben Bella le retour que je ne saurais voir Monsieur Hollande... demander pardon... vous rigolez???!!! La valise ou le cercueil Les bombardements du cinquantenaire

Canal Royal de Jonction des Deux Mers du Midi Contribution au Livre blanc du canal des Deux Mers
Toponymie des Bastides Bastides d' Aquitaine Bastides de Languedoc Bastides de Midi-Pyrénées Histoire locale
Bastides: Histoire de Valence d' Agenais Bastides: naissance et organisation Bastides: Bibliographie

Comité d' Entraide aux Prisonniers Politiques Européens CEPPE Infos Membres CEPPE-PINS
Fête de l' Identité et des Libertés Noël des Prisonniers Politiques Européens CEPPE-Concert Identitaire

Les Bonnes Tables Les Grands Les Meilleurs Régionaux Les Meilleures Cantines

Adaptation à l' An 2000 Adaptation à l' €uro

Comment nous interroger en assurances sur vos besoins et sur nos activités? nos produits et nos services?

Comment nous interroger en placements sur vos besoins et nos activités? nos produits et nos services?

Faisons connaissance... Que faisons-nous? Pour nous contacter... Pour nous rendre visite...

FRANCEPORTS

Retour à l' accueil

Création 12/2011 Précédentes mises à jour 01, 02, 03 et 04/2012 Dernière mise à jour 05/2012