Histoire locale

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Aquitaine: à l' origine, l' Aquitaine est une région géologique sédimentaire couvrant tout le bassin aquitain des montagnes Pyrénées au Massif Central jusqu' à l' océan Atlantique; elle n' est plus qu' une simple région administrative couvrant la moitié ouest de ce bassin en regroupant les anciennes provinces du Béarn et Navarre, Pays Basque, Landes de Gascogne, Agenais-Albret, Guyenne et Périgord. 

Bastide: fondation urbaine à vocation économique du Moyen Age reposant sur l' octroi d' une charte d' esprit libéral en général soit à une ville ou un bourg préexistant, soit à une création ex-nihilo; la finalité est de procurer un cadre juridique favorable et performant à une communauté d' habitants sur un territoire structuré. Les origines de Valence d' Agen remontent au moins à l' époque gallo-romaine dont on a trouvé des vestiges place Sylvain Dumon et à Cornillas. A l' opposé, les villedieu et sauveté sont des fondations urbaines à vocation et d' inspiration religieuses et les castel, castelnau, castera, castrum, château et fort sont à vocation et d' inspiration militaires. Au Moyen-Age, des bastides ont été fondées sur des territoires demeurant dépourvus d' habitations à seule fin de leur exploitation telle Verlhac Tescou. Certaines bastides ont été rayées de la carte au cours des siècles; d' autres ont survécu à titre de hameau telle Montbrison. Certaines bastides correspondent à des "frontières" telle Valence d' Agen et d' autres à des territoires telle Beaumont de Lomagne. Il existe aussi des castrums embastidés tel(le) Lauzerte et Montalzat et des bastides castrées; enfin, pendant la Renaissance et les Temps Modernes, des villes et des villages n' ayant jamais été des bastides ont adopté l' architecture urbaine des bastides telle Montauban et tel Auvillar. De plus, certaines bastides ont fait évoluer leur architecture pendant la guerre de Cent Ans et la Renaissance en édifiant des remparts, voire en remodelant la structure de leur plan d' occupation des sols, remparts qui seront rasés à la fin des Temps Modernes ou au XIXe siècle et dont il ne subssiste plus aujourd' hui -à l' exception de quelques rares pans de murs d' enceinte- que les murs de soutènement des belvédères.

Le Canal de Jonction des Deux Mers du Midi recouvre deux ouvrages bien distincts à deux siècles d' intervalle: le premier Canal de Jonction des Deux Mers -alors communément appelé Canal des Deux Mers ou Canal du Midi, oeuvre du génial Fermier Général des Gabelles Pierre-Paul de Riquet au XVIIe siècle auquel une rue est dédiée à Valence partant du bas des allées des Fontaines, de la Côte Saint Bernard et de la rue du lieutenant-général de Timbrune marquis de Valence à proximité du pont sur les canaux en direction du canal de Garonne et de la subdivision EDF-GDF, et le Canal latéral à la Garonne prolongeant le précédent de Toulouse vers l' Atlantique. Il convient donc d' apprécier doublement le Canal Royal de Languedoc de Jonction des Deux Mers du Midi afin de le comprendre dans sa globalité et de "se l' approprier" car cet ouvrage monumental, joyau des voies de communications fluviales, est aujourd' hui classé au Patrimoine Mondial de l' Humanité par l' UNESCO; il faut espérer que les actions nécessaires à sa sauvegarde seront rapidement et efficacement menées: au sujet des chemins de halage et des berges, la Contribution au Livre Blanc Canal des Deux Mers dresse un état des berges du canal de Garonne, ouvre des pistes et propose des solutions aussi écologiques qu' économiques. Le Canal de Jonction des Deux Mers du Midi parcourt de nombreuses bastides, souvent assez près de l' enceinte d' origine.


Armes de Valence d' Agenais

De Gueules au Chef chargé d' un Cygne d' Argent et au Soleil d' Or, avec Fasce de Sable et Bande d' Or sur Azur et Hermine de Lys d' Argent au Flanc sénéstre et au Canton de la Pointe dextre et Couronne de Tours crénelées

Devise: Crescit eundo

La couronne murale à tours crénelées indique l' existence de fortifications défendant la bastide.

La charte de bastide avait pour objectif de permettre un fort développement économique, commercial et manufacturier au delà de l' agriculture et de l' élevage; document fondateur originel, la charte accordait donc des libertés et des droits souvent très étendus ainsi que quelques obligations et peines. La charte était accordée par un haut seigneur ou prince de l' Eglise: Valence d' Agen la reçut, le 28 décembre 1283, du roi d' Angleterre Edouard Ier le Long dont l' arrière petit-fils fut le Prince Noir, dernier prince anglais à régner sur la bastide valencienne. Les comtes de Toulouse octroyèrent de nombreuses chartes ; l' Eglise catholique et l' Eglise réformée en accordèrent aussi de même que l' ordre du Temple: la concurrence était très vive.

Les bastides adoptèrent généralement un plan en damier organisé autour d' une place centrale carrée: celle-ci, bordée de couverts, cornières ou arcades sur ses quatre côtés ou au moins sur les côtés est, nord et ouest, devint le centre de la vie sociale, politique, économique et administrative avec, très souvent, une halle en son centre. Cependant, le plan peut conduire à une circulade comme à Bran ou à Fourcès ou encore s' organiser autour d' une place triangulaire comme à Auvillar qui est une ancienne sauveté. A Valence dont le damier est irrégulier, cette halle est construite en pierre place Nationale; en raison de son importance, Valence avait une autre place du même type située sur le lieu même de l' implantation gallo-romaine: la place Sylvain Dumon dont la halle, de construction beaucoup plus récente, était -ou plutôt- les halles étaient d' époque XIXe siècle selon le modèle Baltard -du nom de l' architecte des célèbres halles parisiennes-: piliers et armatures métalliques selon la tendance architecturale du XIXe siècle: à l' époque, la partie centrale n' était pas couverte mais plantée d' arbres qui valaient bien les colonnes maçonnées et carrelées actuelles. Les échoppes et les ateliers, la maison commune attribuée aux Consuls et les hôtels des autorités administratives occupèrent les cornières et les rues les plus centrales: les plus étroites de ces rues furent nommées carrelots: tels le carrelot de la Jordane ou le carrelot Lageyre. Les autres rues furent occupées par de simples maisons d' habitation qui étaient construites sur les ayrals attribués. Cet ensemble se trouva entouré de remparts et de douves. Souvent, l' un des rermparts donnait sur une forte déclivité de terrain: on y accédait ou on en venait par un coustellou tel le coustellou du Théron. Au demeurant, les bastides étaient, par leur esprit, très ouvertes sur l' extérieur et avaient le sens de l' accueil et du commerce: ces remparts n' avaient pas principalement une vocation militaire de défense mais d' ordonnancement architectural, d' ordre fiscal et de salubrité publique. Leur construction fut donc sobre et peu coûteuse.

Lorsque les remparts furent abattus à la suite du développement des bastides aux Temps Modernes, les fossés remplacèrent les douves, des fossés voire des rues remplacèrent les remparts, voire les rues les fossés eux-mêmes: d' où la rue des Remparts, la rue des Fossés, les allées des Fontaines dont le nom vient des filets d' eau qui sourdent de cette déclivité offrant un long belvédère planté de hauts platanes et de marronniers en deux rangées prolongées par les allées Pé de Gleize débutant,aux Temps Modernes, avec un superbe hôtel particulier et une magnifique chartreuse faisant pendant, à l' ouest, au château de Bégous à l' est et s' achevant à l' Ecole Libre Sylvain Dumon.

L' abondance de ces filets d' eau descendant par infiltrations souterraines des côteaux permirent, au XVIIIe siècle, l' édification de lavoirs: lavoir del Théron des Fontaines, lavoir de Pé de Gleyze situé allées Pé de Gleyze à côté de l' ancienne Ecole Libre Sylvain Dumon, et lavoir Saint Bernard situé Côte Saint Bernard: tous classés monuments historiques.


Le lavoir del Théron des Fontaines vu de l' allée inférieure et de l' allée médiane des Fontaines


Au dessous du Jardin Public, le lavoir Saint Bernard vu du milieu et du bas de la Côte Saint Bernard


Le lavoir Pé de Gleize près de l' ancienne Ecole Libre Sylvain Dumon au bout des allées Pé de Gleize à côté de la Gendarmerie

Le mouvement bastidal parvint jusqu' aux confins du Pays Basque, de Bordeaux et du Haut Languedoc témoignant ainsi de son adaptation aux besoins humains locaux de l' époque, de son dynamisme et de sa vitalité qui en assurèrent le succès. Du XIIe au XIVe siècle, les provinces du sud-ouest de la France connurent une explosion démographique qui eut pour conséquence la création et le développement de plus de trois cents bastides favorisées par la volonté d' accéder à des libertés nouvelles et de meilleures conditions de vie. Succès d' autant plus marqué pour certaines qu' outre Valence du Dauphiné et Valence d' Agenais -dont la localisation d' Agenais n' apparaît qu' aux Temps Modernes-, deux autres bastides choisirent ce nom en Albigeois et sur la Baïse mais la Toponymie des Bastides est extrêmement diverse. De nos jours encore, les bastides procurent un cadre de vie harmonieux, équilibré, épanoui et avenant.

Deux châteaux furent construits hors des murs à la fin des Temps Modernes: le château de Bégous que l' on aperçoit au dessus du lavoir Saint Bernard et le château de Sistels sur les coteaux ci-dessous. L' industrie était également active et prospère comme en témoigne cette ancienne manufacture située rue Garonne à proximité du port du canal et des anciens abattoirs, aujourd' hui transformée en "HLM du XVIIe siècle".


Le château de Sistels sur les coteaux restauré en 1880


La manufacture transformée en HLM du XVIIe siècle depuis la rue Garonne et les allées de Pé de Gleize

L' église Notre Dame de Valence d' Agen était construite en briques sur le modèle architectural des églises de Gascogne et du Quercy; le monumental clocher menaçant de s' effondrer à la fin du XIXe siècle et la nef n' étant plus en état, toute l' église fut démolie et reconstruite en pierre selon l' architecture gothique peu pratiquée sur les rives de la Garonne si ce n' est à travers le tout nouveau château Renaissance italienne de la Loire du comte de Montbrison au Pin. Le début du siècle étant ravagé par la crise de la séparation de l' Eglise et de l' Etat, la municipalité fit graver dans la pierre du chevet donnant sur les allées la devise de la république: l' art du compromis radical du sud-ouest... pour un monument finalement très réussi.

 
La flèche de l' église Notre Dame s' étendant dans les eaux du port du canal depuis le pont des anciens abattoirs

Sylvain Dumon: homme politique né en 1797, ministre des Finances du roi Louis-Philippe pendant la Monarchie de Juillet, a laissé son nom à cette place de Valence d' Agen et à sa halle du XIXe siècle du modèle Baltard ainsi qu' au boulevard de la gare d' Agen; décédé en 1870. Avec son beau-père Auguste Gignoux, conseiller général de Valence, il racheta les châteaux et les terres des marquis de Valence en 1823. Son nom fut aussi longtemps porté par l' Ecole Libre située autrefois à l' extrémité des allées de Pé de Gleyze, à côté du lavoir.

L' Ecole Jeanne d' Arc a succédé dans d' autres locaux à l' Ecole Libre Sylvain Dumon, rue de la république, à proximité immédiate de la place Sylvain Dumon; elle participe à l' éducation des enfants sous le contrôle de l' Etat par le ministère de l' Education Nationale et bénéficie de concours locaux pour l' entretien des bâtiments.

Agenais-Albret, Béarn-Navarre, Bigorre et Foix: possessions du Vert-Galant: le duché d' Albret où il tenait sa cour à Nérac, les comtés de Béarn, de Bigorre et de Foix à l' égal de Gaston Fébus le Lion des Pyrénées et le royaume de Navarre qu' il rattacha à la France. Le bon roi Henri IV aimait bien ces provinces de cocagne lui rappelant le lendemain de la bataille de Coutras dont il ramena vingt-deux drapeaux qu' il déposa aux pieds de la Belle Corisande Diane d' Andouins duchesse de Gramont, dans la cour d' honneur du château de Goudourville: forteresse médiévale édifiée par Hugues de Gasques au XIe siècle sur l' éperon rocheux du Pech à l' emplacement d' un ancien monastère, remaniée pendant la Renaissance, fort entretenue aux Temps Modernes et au XIXe siècle et aujourd' hui dotée du confort des plus grands palaces hôteliers.

Georges d' Esparbès: homme de lettres valencien né en 1863 et décédé en 1944; descendant du comte de Polastron, il a laissé son nom à une avenue.

Gascogne: duché principal du sud-ouest sur lequel s' étendait son influence; le nom vient de Vascogne en souvenir des expéditions des Vascons: les Basques; la partie ouest de la Gascogne s' appelle Armagnac et produit la liqueur du même nom qui est la plus ancienne de France; patrie des plus grands mousquetaires.

Rouergue: province située au nord-est du Toulousain comprenant notamment les causses, en particulier du Larzac, la bastide royale de Villefranche de Rouergue, le Ruthénois et la cité de Laguiole renommée pour ses couteaux de très grande qualité dont la fabrication fut introduite en 1829 par J. Calmels sur le modèle de la navaja d' Espagne.

Toulousain: à ne pas confondre avec le comté de Toulouse de la dynastie raymondine s' étendant de l' est de la Gascogne à Beaucaire sur le Rhône face au château du roi René à Tarascon; le Toulousain se limite à la contrée de Toulouse à une journée de cheval.

Laborie: né en 1763 et décédé en 1836; maire de Valence, il a laissé son nom à une rue.

Louise de Lussant d' Esparbès comtesse de Polastron, née à Bardigues, fut la maîtresse platonnique du roi Charles X sous la restauration.

Midi-Pyrénées: simple région administrative regroupant l' est du bassin aquitain: anciennes provinces de l' Albigeois (partie ouest) de la Bigorre, du Comminges, de Foix, de Gascogne, du Lauragais (partie ouest), du Quercy, du Rouergue et du Toulousain. L' Albigeois, le Lauragais et le Toulousain -parties intégrantes du Languedoc- composaient l' ouest du grand comté de Toulouse s' étendant de cette dernière jusqu' à Beaucaire sur le Rhône: l' essentiel de l' actuelle région administrative de Languedoc Roussillon composée de la Catalogne Française aussi appelée Roussilon, de la Cerdagne, du Languedoc, de la Petite Camargue et des Cévennes.

Mousquetaires: soldats d' élite volontiers frondeurs, souvent d' origine gasconne; le plus fameux d' entre eux, parent et allié des plus grandes familles de Gascogne, Charles de Batz de Castelmore seigneur d' Artagnan et de Lupiac servit les rois Louis XIII et Louis XIV dont il fut maréchal de camp et fut tué au siège de Maestricht en 1673.

Pierre-Paul de Riquet baron de Bonrepos: né à Béziers en 1604, parent des Riqueti de Mirabeau, fermier général des Gabelles de Languedoc, il est le concepteur génial du canal royal de Languedoc dont il ne pouura voir, le 24 mai 1681, l' achèvement et l' inauguration, étant décédé en 1680 à Toulouse. Le canal latéral à la Garonne, creusé au XIXe siècle prolongement discutable de son oeuvre, a redonné de la vigueur à l' économie de Valence d' Agen et de ses alentours; une rue lui y est dédiée. Le visiteur soucieux d' appréhender l' oeuvre colossale de Riquet dans ses multiples dimensions fera son profit dans les pages Le Canal Royal de Jonction des Deux Mers du Midi et Contribution au Livre Blanc du Canal des Deux Mers.

En 1398, la Guerre de Cent Ans s' apprête à célébrer son demi-siècle et les déplacements militaires amènent Guilhaume de Thiembronne en Guyenne; il est le cadet d' une des plus vieilles familles d' Artois qui compte des barons depuis Charlemagne et est très connue depuis le XIIe siècle. En 1400, Guilhaume épouse Bertrande de Saint Pierre Aval, fille de Ratier châtelain de Puymirol, et, le 20 juillet 1403, notre gentilhomme jeune marié achète les terres et la forêt d' arbres séculaires qui forment La Garenne à deux cents toises au nord du mur d' enceinte de la bastide et il y construit son château. Le Roi Charles le Bien Aimé érige le château et les terres de Valence, de Cornilhas et de Saint Pierre Val en seigneurie. Le comte Emmanuel de Thimbronne de Valence, gentilhomme de la Garde d' Henri III, achète en 1598 à Thomas de Pontas le château et la seigneurie de Castels dont il fait reconstruire le château en 1609. Emmanuel II de Timbronne de Valence, enseigne des Gardes françaises, aide de camp et maréchal de bataille, puis maréchal de camp en 1651, est promu marquis de Valence par lettres patentes de Louis XIV en 1658; en 1667, il autorise les Capucins à s' installer aux abords de la bastide. Ces derniers achètent le terrain en 1672 ; la construction du monastère est achevée en 1678 et celle de la chapelle en 1682. L' avant-dernier marquis Henri Bernard Emmanuel de Timbrune de Valence, maréchal de camp dès 1748, meurt en 1798, son fils unique étant prédécédé (1790). Son neveu le comte Jean-Baptiste Cyrus Marie Adélaïde de Timbrune de Valence, né le 22 septembre 1757, devient le dernier marquis de Valence; il est chevalier de Saint Lazare et de Saint Louis, gouverneur de l' Ecole Royale Militaire en 1773, maréchal de camp puis lieutenant général, pour ainsi dire maréchal de France, enfin Pair de France dès le 4 juin 1814 et il siège à la chambre des Pairs du 21 novembre 1819 à sa mort le 4 février 1822. Son fils Charles Emmanuel de Timbrune de Valence étant prédécédé moins d' un mois après sa naissance (27 décembre 1785) le 21 janvier 1786, ses filles vendent les châteaux et les terres en 1823 à Auguste Gignoux, conseiller général de Valence, et à son gendre Sylvain Dumon qui sera ministre des Finances du Roi Louis-Philippe Ier sous la Monarchie de Juillet. Le dernier marquis de Valence a laissé son nom à une rue; du château ancestral, il ne reste plus rien si ce n' est un pan de mur incorporé dans une ferme et le souvenir de l' allée qui y menait hante ce lieu devenu la rue du château; le dernier corps principal de bâtiments du monastère des Capucins est gravement menacé dans son existence même par les conceptions architecturales des édiles de ce siècle.

Pierre Vidalot: né en 1764 et décédé en 1843; général, il a laissé son nom à une rue.

Colombiers et pigeonniers: ils sont très nombreux en Agenais-Albret, en Gascogne, en Quercy et dans le Toulousain. Privilège d' origine nobiliaire -le droit de colombier-, les colombiers et les pigeonniers ont été construits pour la plupart à la fin du XVIIIe siècle alors que les autres privilèges nobiliaires du même ton disparaissaient: les banalités -four, moulin, pressoir...- et réapparaissaient alors chez les paysans les plus aisés: les Laboureurs. Alors que ceux détenus auparavant par ces derniers étaient dépourvus de tout attribut guerrier du type créneaux ou échauguettes, bien qu' il ne s' agissait plus tellement d' imiter le pouvoir d' hier car les nobles du cru vivaient à peu de chose comme leurs paysans, ces nouvelles constructions rappelant souvent les tours des châteaux forts -disparus pour la plupart depuis longtemps déjà- indiquaient clairement maintenant au nouveau pouvoir jacobin, central et parisien la volonté des Gascons et de tous leurs proches de refuser toute compromission avec le vice et la corruption possibles ainsi que la bêtise et l' ignorance. Outre le symbole de résistance et de liberté, colombiers et pigeonniers présentaient des intérêts économiques appréciables car, en plus de la chair, ces volatiles produisent la fiente -aussi appelée colombine- qui constituait un excellent engrais dans les vignes, sur les champs de tabac et pour les potagers; ils servaient de messagers à l' occasion. A voir: l' exposition L' été des pigeonniers rue Laborie.

 
Le colombier d' Agenais

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