Génocide des Populations des Bocages de l' Ouest de la France

 

Essai de début d' inventaire pour une compilation de l' horreur perpétrée par la gueuse et par la secte noire maçonnique satanique

... : la première entreprise d' extermination systématique d' un peuple fut menée par la gueuse et la secte noire maçonnique satanique mondialiste qui l' avait créée!

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Le film: http://www.dailymotion.com/relevance/search/g%C3%A9nocide/video/x511p1_vendee-un-genocide-censure_news

À LA CONVENTION, UN DÉCRET RAPPORTÉ PAR BARÈRE ORDONNE LE GÉNOCIDE VENDÉEN... 

L’ affaire de Vendée souligne la passion religieuse de la révolution. Le ressort insurrectionnel y est religieux: les nobles ne paraissent qu' en acteurs tardifs; si le roi est invoqué, il est induit de l' appel à Dieu, à la tradition catholique. L' été 1793, la dictature du Comité de Salut Public est instaurée. Terreur et vertu sont à l' ordre du jour. Le gouvernement, par obsession idéologique, règne en faisant planer la peine de mort sur ses serviteurs comme sur tout citoyen. Le 1" août 1793, à la Convention, un décret rapporté par Barère ordonne de détruire la Vendée. Il sera appliqué à partir de janvier 1794. La guerre civile devient terreur organisée depuis Paris dans l' intention de détruire, outre les rebelles, population, fermes, cultures et autres « berceaux de brigands ». La guillotine ne suffit plus; dès décembre 1793, Carrier a recouru aux noyades collectives. Les troupes républicaines, divisées en « colonnes infernales », ont mission de brûler sur leur chemin toute habitation et d' exterminer les populations. L' opération dure jusqu' en mai 1794. Barère déclare à la Convention: « Le Comité, d' après votre autorisation, a préparé des mesures qui tendent à exterminer cette race rebelle. L' humanité ne se plaindra pas, c' est faire son bien que d' extirper le mal » ; et Tureau, commandant en chef de l' Armée de l' Ouest: « Je vous donne l' ordre de livrer aux flammes tout ce qui est susceptible d' être brûlé et de passer au fil de l' épée tout ce que vous rencontrerez d' habitants ». Un camp d' extermination est créé à Noirmoutier, un atelier de tannage de peau humaine à Pont-de-Cé. Pierre Chaunu a observé « Si nous n' avons jamais eu d' ordre écrit de Hitler concernant le génocide juif, nous possédons ceux de Barère et de Carnot relatifs à la Vendée ». L' article L 211 -1 de notre Code pénal le stipule: « Constitue un génocide le fait en exécution d' un plan concerté tendant à la destruction partielle ou totale d' un groupe national, ethnique, racial ou religieux ( ... ), de commettre l' un des actes suivants: atteinte à l' intégrité physique ou psychique, etc. ». Il y a eu un génocide vendéen.

La terreur n' est pas liée à la situation militaire qui s' est redressée, ni aux pressions populaires. Selon Furet, « la Révolution française ne pense les résistances réelles ou imaginaires qui lui sont opposées que sous l' angle d' un gigantesque et permanent complot qu' elle doit briser sans cesse ». C' est pourquoi « la Terreur est ce régime où les hommes au pouvoir désignent les exclus pour épurer le corps de la nation. Les paysans vendéens ont eu leur tour, Danton attend le sien ». Ce constat ne signifie pas qu' il n' y a pas de différence entre 1789 et 1793, mais la culture politique qui conduit à la terreur existe dans la Révolution française dès l' été 1789. En même temps, la déchristianisation se déchaîne, anarchique. Voyez le journal d' Hébert, Le Père Duchesne, et des représentants en mission, comme Fouché à Nevers, mènent une campagne d' extirpation du culte catholique, saisi comme pratique liée à la malédiction de l' Ancien Régime. La Commune de Paris s' en mêle avec ses mascarades antireligieuses, la fermeture des églises. Un anticléricalisme populaire urbain trouve dans la Révolution un culte de substitution et la majorité de la Convention qui adopte le calendrier républicain est antireligieuse.

 

 

 

" Nous n' avons pas de conception stratégique; nous n' avons même pas de conception tactique; nous n' avons qu' une conception purement mécanique. Etonnez-vous alors qu' on appelle les hommes du matériel humain et qu' on les fasse détruire comme tels. Dès lors que vous êtes devant une conception mécanique, il n' y a plus de place pour la personnalité de qui que ce soit, il ne s' agit plus d' individus, mais d' une collectivité. " Léon ACCAMBRAY, député radical socialiste de l' Aisne devant l' Assemblée nationale au sujet de la direction de la guerre 14-18

" Les supplices de tous genres (…), les bourreaux multipliés partout, nous ont fait de si mauvaises mœurs! Les maîtres, au lieu de nous policer, nous ont rendu barbares. " Gracchus BABEUF

" Nous croyons que quand on agit pour le peuple, rien ne peut être mal, erreur ou crime. " BACHELIER

" Les femmes, raconte Barrion, étaient violées, pillées, mutilées " par ceux-là même auxquels elles avaient préparé leur souper. "

" Ces enfants ont sucé un mauvais lait; le sang qui coule dans leur veines est de toute impureté. " BACHELIER

Par décret du 2 août 1793, la Convention a ordonné la destruction systématique et l'incendie de tout le pays, récoltes comprises, en même temps que la mise à mort des rebelles. ( Liberté, Egalité, Fraternité, Droits de l'Homme …)

Décret du 1er novembre 1793, sur rapport de Barère : " Toute ville qui recevra dans son sein des brigands ou qui ne les aura pas repoussés avec tous les moyens dont elle est capable, sera punie comme une ville rebelle, et en conséquence elle sera rasée. "

" Ce n' est plus aujourd' hui qu' il faut se parer d' une vaine pitié, ce n' est plus le temps de faire grâce; il faut que nous périssions ou que nous exterminions nos ennemis. " BARERE

" Le comité a pris des mesures qui tendent à exterminer cette race rebelle des vendéens. " BARERE

" Le département qui a trop longtemps porté l'effroyable et perfide nom de Vendée, n'est en ce moment qu'un monceau de cendres et un vaste désert. " BARERE le 5 novembre 1793

" Le comité a pris des mesures qui tendent à exterminer cette race rebelle des Vendéens… C'est à Mortagne, à Cholet, à Chemillé, que la médecine politique doit employer les mêmes moyens et les mêmes remèdes. " BARERE

" Carrier a fait périr par les eaux des milliers d' hommes sans jugement préalable. " Etudiant BAUDRY

" Une société d' athées pratiquerait les actions civiles et morales aussi bien que les pratiquent les autres sociétés, pourvu qu' elle attachât de l' infamie à certaines choses. " BAYLE

" Cette guerre de brigands, de paysans, sur laquelle on a jeté tant de ridicule, que l'on dédaignait, que l'on affectait de regarder comme si méprisable, m'a toujours paru pour la République comme la plus grande partie, et il me semble maintenant qu'avec nos autres ennemis nous ne ferons que peloter " Général BEAUPUY

" C' est bel et bien cette révolution infernale comme ses colonnes qui a inventé le crime irrémissible, indélébile, et ses méthodes abjectes que l' on a retrouvées un siècle et demi plus tard dans l' empire du mal stalinien, dans l' enfer maoïste et dans la géhenne cambodgienne. Autant d' horreurs qui semblent confirmer le fameux mot: " Hitler, petit agitateur sous Staline " (…)

Si la France n' a jamais été le bourreau (durant la seconde guerre mondiale), puisqu' elle n' avait aucun pouvoir de s' opposer aux exigences de l' occupant, la France a en revanche été la victime d' un génocide voulu par les inventeurs de toutes les idéologies pourvoyeuses de charniers géants. (…)

Comment peut-on imaginer que des criminels contre l' humanité comme Robespierre, Carnot aient donné leur nom à des collèges, à des lycées, à des rues; ou que d' autres, comme Amey, Turreau… aient leur nom sur l' Arc de Triomphe? Comment peut-on accepter que l' histoire officielle, notamment celle enseignée aux élèves, fasse des bourreaux des " saints laïcs " et des victimes des " brigands ", des " traîtres " à la patrie? Cette inversion tenace des faits est intolérable. " Serge de BEKETCH

 

« La postérité ne croira jamais que des hommes qui avaient sans cesse à la bouche les saints noms de liberté, d’ égalité, de fraternité aient pu se livrer contre leurs frères à des atrocités semblables. » Citoyen BENABEN dans un rapport au commissaire du Maine-et-Loire, publié en 1795

« Il est impossible que la République puisse se maintenir si la Vendée n’ est pas entièrement réduite sous le joug. Nous ne pourrons nous-mêmes croire à notre sûreté que lorsque les brigands qui infestent l’ ouest depuis deux années auront été mis dans l’ impuissance de nous nuire et contrarier nos projets, c' est-à-dire lorsqu’ ils auront été exterminés. C’ est déjà un sacrifice trop honteux d’ avoir été réduits à traiter de la paix avec des rebelles ou plutôt avec des scélérats dont la très grande majorité a mérité l’ échafaud. Sois convaincu qu’ ils nous détruiront si nous ne les détruisons pas. (…) Il faut, s’ il est nécessaire, employer le fer et le feu, mais en rendant les Vendéens coupables aux yeux de la nation du mal que nous leur ferons. » courrier signé de sept conventionnels (Tallien, Treillard, Sieyès, Doulcet, Rabaut, Marec, Cambacérès) expédié au représentant du peuple Guezno

« La Vendée est exténuée, sa population étonnamment réduite, le fer et la flamme ayant laissé de terribles signes de dévastation. » BERNADOTTE

" Un massacre n' est pas un génocide. (…) Pour rester dans la positivité historique et dans les limites du XXe siècle, je propose d' accepter par convention qu' un génocide au sens propre, relativement au simple massacre, réclame le critère suivant: il faut que la tuerie ait été préméditée dans le cadre d' une idéologie se donnant pour but d' anéantir une partie de l' humanité afin de faire advenir sa conception du bien. Le plan de destruction doit englober la totalité du groupe visé, même s' il n' est pas conduit jusqu' au bout pour des raisons d' impossibilité matérielle ou de revirement politique. Le seul précédent connu pourrait bien être la Vendée, qui selon les ordres donnés par la Convention devait être " détruite " dans sa totalité. Carrier écrivait: " C' est par principe d' humanité que je purge la terre de la liberté de ces monstres ". De fait, dans la zone de destruction, on purgea un bon quart de la population, ce qui est proche des performances du XXe siècle. " Alain BESANCON in Le malheur du siècle

" L' esprit de l' armée est corrompu par le pillage, et le cœur du soldat abruti par le meurtre et le carnage. " BO et INGRAND

" J' ai été instruit, comme toute la ville, des noyades: on en faisait des fêtes; on donnait même des repas à ce sujet. " BOIVIN

" Je te préviens que tout le village d' Yzernay a été incendié hier sans y avoir trouvé ni homme ni femme. Il restait quatre moulins à vent que j' envoie incendier ce matin, n' en voulant pas laisser un seul. J' ai fait brûler ce matin toutes les maisons qui restaient à Maulévrier, sans en excepter une seule, si ce n' est l' église où il y a encore beaucoup d' effets qu' il serait à propos d' envoyer chercher de suite.. Le bourg de Toutlemonde a été incendié avant-hier … " CAFFIN

" Je te préviens que j' irai demain matin, avec ma colonne, brûler ce bourg (la Gaubretière), tuer tout ce que j' y rencontrerai sans considération, comme le repaire de tous les brigands. Tout y passera pas le fer et par le feu… " CAFFIN le 3 février 1794

" Il est impossible que la République puisse se maintenir si la Vendée n' est pas entièrement réduite sous le joug. Nous ne pourrons nous-mêmes croire à notre sûreté que lorsque les brigands qui infestent l' ouest depuis deux années auront été mis dans l' impuissance de nous nuire et contrarier nos projets, c' est-à-dire lorsqu' ils auront été exterminés. C' est déjà un sacrifice trop honteux d' avoir été réduits à traiter de la paix avec des rebelles ou plutôt avec des scélérats dont la très grande majorité a mérité l' échafaud. Sois convaincu qu' ils nous détruiront si nous ne les détruisons pas. (…) Il faut, s' il est nécessaire, employer le fer et le feu, mais en rendant les Vendéens coupables aux yeux de la nation du mal que nous leur ferons. " Courrier signé de sept conventionnels (Cambacérès, Doulcet, Marec, Rabaut, Sieyès, Tallien et Treillard) expédié au représentant du peuple Guezno

" Les femmes, les enfants, les vieillards, les individus entraînés par la violence ne méritent sans doute par le même sort que les monstres qui ont ourdi la révolte, mais il s' agit là d' une indulgence absurde et meurtrière. " CARNOT

" Après avoir écrit de sa main, en tête de son papier la devise: " Liberté, Fraternité, Egalité ou la Mort ", Turreau envoie les instructions suivantes à ses lieutenants: " Tous les brigands qui seront trouvés les armes à la main, ou convaincu de les avoir prises, seront passés au fil de la baïonnette. On agira de même avec les femmes, filles et enfants (…) Les personnes seulement suspectes ne seront pas plus épargnées. Tous les villages, bourgs, genêts et tout ce qui peut être brûlé sera livré aux flammes. "

" Extermine les brigands jusqu' au dernier, voilà ton devoir. " Adresse du 8 février 1794 du Comité de Salut Public à Turreau par l' intermédiaire de Carnot.

" Nous ferons de la France un cimetière plutôt que de ne pas la régénérer à notre façon. " CARRIER

On retiendra un nombre médian de l'ordre de 400 000 morts pour les guerres de Vendée. …

" C'est par principe d'humanité que je purge la terre de la Liberté de ces monstres " CARRIER

" Les individus ne sont rien pour moi, ma chère République et son salut, voilà l' objet perpétuel de mes soins. " et CARRIER de préconiser encore au Comité d' établir " le despotisme de la liberté " (sic!)

" Mes opérations militaires vont à grands pas; tous les jours des arrestations, la guillotine en permanence, des scélérats suppliciés, des accaparements découverts, voilà quel en est le résultat continuel. " CARRIER

" Aussitôt que la nouvelle de la prise de Noirmoutier me sera parvenue, j' enverrai un ordre impératif aux généraux Dutruy et Haxo de mettre à mort dans tous les pays insurgés tous les individus de tout sexe qui s' y trouveront indistinctement, et d' achever de tout incendier; car il est bon que vous sachiez que ce sont les femmes avec les prêtres qui ont fomenté et soutenu la guerre de la Vendée, que ce sont elles qui ont fait fusiller nos malheureux prisonniers, qui en ont égorgé beaucoup, qui combattent avec les brigands et qui tuent impitoyablement nos volontaires, quand elles en rencontrent quelques-uns détachés dans les villages. C' est une engeance proscrite, ainsi que tous les paysans, car il n' en sera pas un seul qui n' ait porté les armes contre la République, dont il faut absolument et totalement purger son sol. " CARRIER

" Un département dont tous les habitants doivent être fusillés n' a pas besoin de subsistances. " CARRIER

" Pour moi, bien pénétré des devoirs que m' imposent la véritable justice et le bonheur du peuple, je remplirai ma mission toujours avec la même inflexibilité. La Vendée sera dépeuplée, mais la République sera vengée et tranquille. " CARRIER

" Vous qui avez porté le nom d' armée infernale, je vous conjure, au nom de la Loi, de mettre le feu partout et de n' épargner personne, ni femmes ni enfants, de tout fusiller, de tout incendier.(…) Il faut tout exterminer, tout incendier; des soldats vraiment républicains ne doivent jamais se laisser émouvoir par une fausse pitié, rien de plus beau que de savoir sacrifier tous sentiments humains à la vengeance nationale. " CARRIER

" Tous les brigands sur la rive droite de la Loire sont enfin exterminés (…). Nous en avons fait une boucherie telle qu' on n' en entendra plus parler. " CARRIER

" Cinquante-huit individus, désignés sous la dénomination de prêtres réfractaires, sont arrivés d' Angers à Nantes: aussitôt ils ont été enfermés dans un bateau sur la Loire; la nuit dernière, ils ont été tous engloutis dans cette rivière. " CARRIER

 

 

Le génocide des Lucs sur Boulogne

Mémoire de la République

Compte-rendu du citoyen CHAPELAIN, porte-parole des valeurs de la République, aux Lucs-sur-Boulogne, le 28 février 1794: :
"Aujourd' hui journée fatigante, mais fructueuse. Pas de résistance.
Nous avons pu décalotter, à peu de frais, toute une nichée de calottins qui brandissaient leurs insignes du fanatisme.
Nos colonnes ont progressé normalement
" (Les fameuses colonnes infernales républicaines qui ont égorgé et noyé des centaines de milliers de Vendéens, quand ce n' était pas en les dépeçant pour envoyer leur peau à des tanneries...

Marie-Modeste AIRIAU, 5 ans et 7 mois
Thomas AIRIAU, 10 mois,
Joseph ARCHAMBAUD, 20 mois
Agathe ARNAUD, 4 ans et demi
Etienne BERIAU, 15 jours,
Marie-Madeleine BERIAU, 2 ans et 11 mois
Jeanne BERIAU, 4 ans
Marie BERNARD, 3 ans
Céleste BOISSELEAU, 6 ans
Pierre BOISSELEAU, 6 ans et demi
François BOSSIS, 7 mois
Joseph BOSSIS, son frère, 23 mois
Louis BOSSIS, autre frère, 5 ans
Pierre BOUET, 27 mois
Louis BOURON, 3 mois
Madeleine BOURON, sa cousine, 3 ans
Marie CHARUAU, 2 ans
Marie-Madeleine CHARUAU, sa sœur, 4ans et 3 mois
Jean CHARRIER, 3 ans
Marie DAVIAUD, 1 mois
Pierre DAVIAUD, son frère, 5 ans et 8 mois
Jeanne DAVIAUD, 2 ans et 11 mois
Pierre DAVIAUD, son frère, 4 ans et 10 mois
Louis EPIARD, 5 ans et 10 mois
Jean-François ERCEAU, 27 mois
Pierre FETIVEAU, 27 mois
N…FETIVEAU, son frère, 3 mois
Jeanne FEVRE, 5 ans et demi
Suzanne FORGEAU,20 mois
Rose-Aimée FORT, 31 mois
Pierre-René FORT, son frère, 5 ans et 9 mois
Marie-Anne FOURNIER, 30 mois
Jacques FOURNIER, son frère, 5 ans et 5 mois
Marie GARREAU, 7 ans
Marie-Anne GAUTRET,7 ans
Pierre GEAI, 25 mois
Jean GIRARD, 1 an
Marie-Jeanne GIRARD, sa sœur, 4 ans et 2 mois
Pierre GIRARD, leur frère, 6 ans et 4 mois
Pierre GOUIN, 1 an
Louis GRALEPOIS, 13 mois
Jeanne GRALEPOIS, 5 ans
Pierre GRATON, 3 ans et 4 mois
Jeanne GRIS, 5 mois
Pierre GRIS, son frère, 5 ans
Lubin GUILLET, 6 ans
Marie GUITET, 4 ans et demi
Marie HERMOUET, 5 mois
Louis HIOU, 2 ans et 11 mois
Marie-Anne JOLI, 27 mois
Marie MALARD, 4 ans
Jean MALIDIN, 18 mois
Marie MALIDIN, sa sœur, 3 ans et 11 mois
Jeanne MALIDIN, 3 ans
Rose MALIDIN, sa sœur, 6 ans et 2 mois
Joseph MANDIN, 23 mois
Louis MANDIN, son frère, 5 ans et 9 mois
Véronique MARTIN, 1 an
Marie-Françoise MARTIN, 2 ans
Louise MARTIN, sa sœur, 5 ans et 4 mois
Rosalie MARTIN, 2 ans et 10 mois
Louise MARTIN, sa sœur, 5 ans et 3 mois
Rosalie MARTINEAU, 2 ans et 11 mois
Jean MIGNEN, 1 an
Louise MINAUD, 15 jours
Louise-Marie MINAUD, sa sœur, 15 mois
Jean MINAUD, leur frère, 5 ans et 3 mois
Pierre MINAUD, autre frère, 6 ans et 11 mois
Jeanne MINAUD, 15 mois
André MINAUD, son frère, 4 ans et 2 mois
Véronique MINAUD, leur sœur, 6 ans et 8 mois
Pierre MINAUD, leur cousin, 4 ans
Louise MINAUD, 33 mois
Marie-Anne MINAUD, sa sœur, 6 ans et 11 mois
Anne MORILLEAU, 2 ans
Céleste MORILLEAU, sa sœur, 6 ans et 5 mois
Jean PERROCHEAU, 5 ans et 3 mois
Pierre POGU, 22 mois
Jean POGU, son frère, 5 ans
Rose PREVIT, 10 mois
Marie PREVIT, sa sœur, 6 ans
Rose REMAUD, 4 ans et 11 mois
Marie REMAUD, 4 ans et demi
Pierre RENAUD, 18 mois
Catherine RENAUD, sa sœur, 3 ans et demi
Jeanne RENAUD, leur cousine, 4 ans
Marie-Anne RENAUD, 4 ans
Pierre RENAUD, son frère, 6 ans et demi
Marie RICOULEAU, 22 mois
Jeanne ROBIN, 5 ans
Marie-Anne RORTAIS, 4 ans
Jeanne ROUSSEAU, 23 mois
Jean ROUSSEAU, son frère, 3 ans et 11 mois
Louis ROUSSEAU, autre frère, 7 ans
Victoire ROUSSEAU, cousine, 11 mois
Jeanne ROUSSEAU, sa sœur, 4 ans
Jeanne SAVARIAU, 5 ans et 10 mois
Pierre SIMONEAU, 6 mois
Jean SIMONEAU, son frère, 4 ans et 10 mois
Jacques SIMONEAU, 18 mois
Joseph, SIMONEAU, cousine, 8 mois
Henri SORET, 2 ans
Jacques SORIN, 5 mois
Jean SORIN, son frère, 3 ans et 3 mois
Madeleine TENET, 7 ans
Louis VRIGNAUD, 23 mois
Marie-Jeanne VRIGNAUD, 3 ans
Jean-Baptiste VRIGNAUD, son frère, 4 ans et 5 mois

La mémoire de ces enfants-là ne sera portée par aucun élève de l' école de la République des Lumières.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Massacre_des_Lucs-sur-Boulogne

Mémorial : On peut visiter le Mémorial de Vendée qui témoigne de cet événement. À l' occasion de son inauguration, le 25 septembre 1993, Alexandre Soljenitsyne prononça un discours resté célèbre, où il fit un parallèle entre l' esprit qui animait les hommes politiques appliquant la Terreur et le totalitarisme soviétique.

Massacre des Lucs-sur-Boulogne: Un article de Wikipédia, l' encyclopédie libre:

Le Massacre des Lucs-sur-Boulogne est la tuerie la plus célèbre perpétrée par les troupes républicaines des colonnes infernales pendant la guerre de Vendée. Sa notoriété est surtout due au fait que les noms des victimes aient été conservés. Toutefois, pendant les colonnes infernales, cet acte n' était guère exceptionnel, de janvier à mai 1794, d' autres villages connurent des sorts semblables.

Déplacement de la colonne infernale
Le 28 février 1794, tuant et incendiant sur leur passage, les colonnes des généraux Cordellier et de Crouzat se dirigent vers le village des Lucs-sur-Boulogne. Mais sur le chemin, ils sont attaqués par Charette et mis en déroute. Cependant, après sa victoire, Charette, obligé de pratiquer la guérilla, se retire. Martincourt, un lieutenant de Cordellier s' en aperçoit et après avoir rallié plusieurs fuyards, se dirige vers Les Lucs avec l' intention d' y exercer des représailles.

Le massacre:
Les Républicains, une fois rentrés dans le village, rassemblèrent la population devant l' église. Les villageois n' étaient guère en mesure de se défendre, la population présente comptait principalement des vieillards, des femmes, des enfants dont 109 avaient moins de 7 ans. La quasi-absence d' hommes adulte convainquit les Républicains que ces derniers avaient participé aux combats sous les ordre de Charette. Matincourt avait choisit de ne pas faire de quartier, de plus, il souhaitait que l' opération se fasse en économisant le plus de cartouches possible. Les soldats firent donc rentrer la population dans l' église jusqu' à ce que, tout à coup, la cohue ne s' arrête. L' église s'avèrerait être trop petite pour pouvoir contenir toute la population du village. Les Républicains mirent donc leurs baïonnettes aux canons, chargèrent et massacrèrent toutes les personnes restées à l' extérieur. Les portes de la chapelle furent ensuite fermées, emprisonnant les civils à l' intérieur. L' église fut ensuite incendiée et des tirs de canons provoquèrent son éboulement. Toute la population: les 564 personnes avaient été massacrées. Le soir, un soldat nommé Chapelain écrivit dans son journal: "Aujourd' hui journée fatigante, mais fructueuse. Pas de résistance. Nous avons pu décalotter, à peu de frais, toute une nichée de calottins qui brandissaient leurs insignes du fanatisme. Nos colonnes ont progressé normalement."

Comment dit-on "Oradour" en Vendéen?

Honneur et paix à leur âme à tous ces Enfants de France in Christo rege!

 

 

 

" Au fond de ces divers systèmes repose un remède héroïque avoué ou sous-entendu: ce remède est de tuer. " CHATEAUBRIAND

" Expérimenté, comme in vitro, en Vendée, le massacre humanitaire trouvera au XXe siècle ses champs de prédilection. On ne dira jamais assez le coût du mensonge officiel du voile posé sur l' infamie. " Pierre CHAUNU de l' Institut

" La Révolution française a fait plus de morts en un mois au nom de l' athéisme que l' Inquisition au nom de Dieu pendant tout le moyen âge et dans toute l' Europe. " Pierre CHAUNU de l' Institut

" Il faut sauver les valeurs de la République. " Jacques CHIRAC élections présidentielles 2002

 

" Il faut se dévouer aux haines, aux vengeances longues, héréditaires, éternelles, lorsqu' on accepte de pareilles missions. " COLLOT D' HERBOIS

" Tuez les brigands au lieu de brûler les fermes, faites punir les fuyards et les lâches et écrasez totalement cette horrible Vendée… Combine avec le général Turreau les moyens les plus assurés de tout exterminer dans cette race de brigands… " Adresse du Comité de Salut Public au représentant Dembarrère

 

Autant dire que la glorieuse révolution de la gueuse et de la secte noire maçonnique satanique n' est rien d' autre que leur crotte stérile en jet continu! Fernand CORTES de CONQUILLA

 

Rapport de Cordelier : " J'ai fait passer derrière la haie (pour exécution à coups de baïonnette) environ six cents particuliers des deux sexes. "

 

" Ce dieu morbide est une arme pour les tyrans qui exigent en son nom que les hommes se soumettent, tuent et se tuent pour un idéal de pureté qu' aucune trace de bonheur ne viendra souiller. Ce dieu tyrannique organise l' agréable solidarité de ceux qui lui obéissent à mort et conduit comme un seul homme son groupe d' adorateurs qui doivent ignorer, mépriser et même éliminer les hommes des autres groupes qui ne croient pas au même dieu. " Boris CYRULNIK 2006 in De chair et d' âme

Au Mans, en décembre 1793, on fusille par feux de peloton, on écrase les enfants, on viole les femmes. Dans un délire de sadisme, on introduit dans le corps des victimes des cartouches auxquelles on met le feu. On embroche avec des fourches des femmes encore vivantes. Westermann, le lendemain, organise une battue pour sabrer les rescapés.

A Nantes, où ont été entassés les prisonniers faits à Savenay, le conventionnel Jean-Baptiste Carrier commence par fusiller par groupes de cent ou deux cents. Cette méthode lui semble trop peu expéditive, et l'entassement des cadavres propagent des épidémies. Pourquoi ne pas charger la Loire du soin de débarrasser la République de ceux qui refusent ses bienfaits ? Il fait couler dans le fleuve une gabarre sur laquelle quatre-vingt-dix prêtres ont été entassés. Ce n'est qu'un premier essai. La technique des noyades est mise au point : chaque nuit, dans les prisons, on prélève cent ou deux cents détenus, on les jette dans les bateaux à fond de cale, et sabords et ponts dûment cloués, on fait couler bas les embarcations. Carrier appelle ces baignades des " déportations verticales ". Si des hommes et des femmes périssent de la sorte ligotés ensemble, il en fait des " mariages républicains ". Après ces exploits, la Loire, promue au rang de " baignoire nationale ", charrie des corps dont se repaissent les poissons et les corbeaux : le chargé de mission de la Convention peut se targuer d'avoir noyé quatre ou cinq mille hommes, femmes et enfants. Mais il se vante et il en rajoute : en six noyades, des calculs plus modérés portent sur 1 800 victimes, dont peut-être 800 pour la baignade la plus réussie. Et il se peut que les " mariages républicains " relèvent de la propagande révolutionnaire.

« Il y a un an que je crie contre toutes les horreurs desquelles j’ ai été le malheureux témoin. (…) Je te déclare qu’ il n‘ existe pas un officier général dans la Vendée qui puisse donner des éclaircissements plus sincères et plus détaillés que moi. (…) Je dirai et je prouverai quand on le voudra que j’ ai vu massacrer des vieillards dans leurs lits, égorger des enfants sur le sein de leurs mères, guillotiner des femmes enceintes et une le lendemain de ses couches (à Laval), que j’ ai vu brûler des magasins immenses de grains et de denrées de toute espèce, par quel ordre, à quelle heure et dans quel lieu. (…) Je prouverai qu’ on ne s’ est pas contenté de noyer à Nantes, mais que ce genre de supplice avait lieu à trente lieues en remontant la Loire. Les atrocités qui se sont commises sous mes yeux ont tellement affecté mon cœur que je ne regretterai jamais la vie.

Je démontrerai invinciblement que beaucoup de gens qui sont actuellement des philanthropes étaient alors de grands scélérats. (…) je parlerai en face aux cannibales et je te somme au nom du Salut Public de faire part de ma lettre à la Convention. » Général DANICAN

" Il y a un an, écrit le général de brigade Danican à Bernier le 20 octobre 1794, que je crie contre toutes les horreurs desquelles j' ai été le malheureux témoin. Plusieurs citoyens m' ont pris pour un extravagant (…) mais je dirai et je prouverai quand on le voudra que j' ai vu massacrer des vieillards dans leur lit, égorger des enfants sur le sein de leurs mères, guillotiner des femmes enceintes et même le lendemain de leurs couches, que j' ai vu brûler des magasins immenses de grains et de denrées de toutes espèces (…). Accablé de besogne et d' inquiétude, il m' est impossible de faire un récit précis, mais si j' étais appelé en témoignage, il ne me faudrait que huit jours pour faire un mémoire dans lequel j' exposerais à tous les vrais amis de la République les intrigues de cette guerre sur laquelle on a constamment menti. Les crimes de Bouchotte et de tous les saltimbanques qu' il plaçait à la tête de nos armées pour les faire battre. Je prouverais qu' on ne s' est pas contenté de noyer à Nantes mais que ce genre de supplice avait lieu à trente lieues en remontant la Loire. Les atrocités qui se sont commises sou mes yeux ont tellement affecté mon cœur que je ne regretterai jamais la vie (…). Je parlerai en face aux cannibales. "

" Ecrasez totalement cette horrible Vendée " DEMBARRIERE

… La tolérance est une forme de la tyrannie, puisque comme dit Mirabeau, l' autorité qui tolère pourrait ne pas tolérer. C' est notre cas. " Albert DE MUN

Rapport de Duquesnoy : " J'ai brûlé et incendié toutes les maisons et égorgé tous les habitants que j'y ai trouvés. "

Au Mans, en décembre 1793, on fusille par feux de peloton, on écrase les enfants, on viole les femmes. Dans un délire de sadisme, on introduit dans le corps des victimes des cartouches auxquelles on met le feu. On embroche avec des fourches des femmes encore vivantes. Westermann, le lendemain, organise une battue pour sabrer les rescapés.

A Nantes, où ont été entassés les prisonniers faits à Savenay, le conventionnel Jean-Baptiste Carrier commence par fusiller par groupes de cent ou deux cents. Cette méthode lui semble trop peu expéditive, et l' entassement des cadavres propagent des épidémies. Pourquoi ne pas charger la Loire du soin de débarrasser la République de ceux qui refusent ses bienfaits? Il fait couler dans le fleuve une gabarre sur laquelle quatre-vingt-dix prêtres ont été entassés. Ce n' est qu' un premier essai. La technique des noyades est mise au point: chaque nuit, dans les prisons, on prélève cent ou deux cents détenus, on les jette dans les bateaux à fond de cale, et sabords et ponts dûment cloués, on fait couler bas les embarcations. Carrier appelle ces baignades des " déportations verticales ". Si des hommes et des femmes périssent de la sorte, ligotés ensemble, il en fait des " mariages républicains ". Après ces exploits, la Loire, promue au rang de " baignoire nationale ", charrie des corps dont se repaissent les poissons et les corbeaux: le chargé de mission de la Convention peut se targuer d' avoir noyé quatre ou cinq mille hommes, femmes et enfants. Mais il se vante et il en rajoute: en six noyades, des calculs plus modérés portent sur 1 800 victimes, dont peut-être 800 pour la baignade la plus réussie. Et il se peut que les " mariages républicains " relèvent de la propagande révolutionnaire.

" Il n' y a pas 4 000 âmes à sa suite (de Charette, embarrassé par ceux qui cherchent protection auprès de lui), comptant femmes, enfant, vieillards, car tout s' en mêle et je tue tout. " DUTRUY au Comité de salut public

 

 

« La dernière pierre que l’ on arracha à la Bastille servit de première pierre aux chambres à gaz d’ Auschwitz. » Israël ELDAD Historien juif.

 

" Vihiers est une petite ville, la moitié brûlée. Nous avons brûlé tous les villages en y allant depuis Doué jusqu' à Vihiers, où nous avons arrivés à minuit bien fatigués. Chacun s' est logé. Comme il y a peu, nous avons fait ribote toute la nuit. Nous avions apporté de quoi bouffer. Le vin était pour rien dans l' auberge. La cuisson de même. " Elie EYQUARD, volontaire de la Gironde, le 20 janvier 1794

 

" On n' a point assez incendié dans la Vendée; (…) il faut que pendant un an nul homme, nul animal, ne trouve de subsistance sur ce sol. " FAYAU

 

" Ces terres sont bonnes et peuvent facilement se passer de fumier, vu la quantité de brigands qui les engraisse. " FELIX, Président de la commission militaire d' Angers

 

Lettre du représentant Francastel au Comité de Salut Public : " Le fer et la flamme n'ont pas encore été assez employés dans ce maudit pays. "

" L' infâme Vendée est la proie des flammes et devient un monument durable à la toute-puissance nationale. " FRANCASTEL

" Il nous faut des hommes révolutionnaires qu' une fausse pitié n' amollit pas. Indulgence, oubli du passé, compassion, sensibilité, tous ces beaux noms ne recouvrent que faiblesse, modérantisme et perfidie. (…) Je compte sur vous. Je connais vos principes, vote inflexibilité républicaine, votre intention immuable de purger, de saigner jusqu' au blanc la génération vendéenne. " FRANCASTEL

 

" La folie de la Révolution fut de vouloir instituer la vertu sur Terre. Quand on veut rendre les hommes bons et sages, libres, modérés, généreux, on est amené fatalement à vouloir les tuer tous. " Anatole France

 

Lettre du représentant Garnier au Comité de Salut Public : " On m'assure que l'armée de Brest leur a tué trois mille femmes. Elles jetaient leurs enfants dans la rivière du Pont-aux-baux, et tout le pays dans les environs est jonché de morts. Cependant on les trouve encore partout comme des nuées de sauterelles, et on serait presque tenté de croire qu'elles ressuscitent, si leurs cadavres empestiférés ne justifiaient le contraire. "

" Tout est exécrable dans ce malheureux pays, et cette race doit être anéantie jusqu' au dernier. " GARNIER de SAINTES

" Nous ne laisserons aucun corps hétérogène dans la république. " GARNIER DE SAINTES

 

« Je suis la haine de tout ordre religieux et social que l’ homme n’ a pas établi et dans lequel il n’ est pas roi et Dieu tout ensemble; je suis la proclamation des droits de l’ homme contre les droits de Dieu; je suis la philosophie de la révolte, la politique de la révolte, et la religion de la révolte; je suis la négation armée; je suis la fondation de l’ état religieux et social sur la volonté de l’ homme au lieu de la volonté de Dieu! en un mot, je suis l’ anarchie; car je suis Dieu détrôné et l’ homme à sa place. Voilà pourquoi je m’ appelle Révolution; c' est-à-dire renversement, parce que je mets en haut ce qui, selon les lois éternelles, doit être en bas, et en bas ce qui doit être en haut ».

Cette définition est exacte: la Révolution elle-même va nous le prouver en énumérant ses exigences. Qu’ a toujours demandé et que demande encore la Révolution? La Révolution a toujours demandé, elle demande encore la destruction de l’ ordre social et religieux existant. Elle l’ attaque incessamment, sur tous les points et de mille manières: par l’ injure, par la calomnie, par le sarcasme, par la violence; elle l’ appelle esclavage, superstition, dégradation. Elle veut tout détruire, afin de tout refaire.
La Révolution demande la souveraineté de l’ homme, Roi, Sénat, ou Peuple, dans le but d’ établir soit le despotisme d’ un seul, soit le despotisme de la multitude, soit une monarchie dans laquelle le roi est esclave du parlement, et le parlement esclave de l’ opinion, et l’ opinion esclave de quelques hommes.
La Révolution demande la liberté, c' est-à-dire le laisser-faire en toutes choses, sauf, plus tard, à ne rien laisser faire sans sa permission: le morcellement et l’ aliénation illimités de la propriété, la liberté illimitée de la concurrence ouvrière, la liberté illimitée de la parole, des cultes et du divorce.
La Révolution demande l’ égalité, c' est-à-dire l’ abolition de tous les droits acquis, de toutes les hiérarchies sociales, de toutes les autorités établies, de toutes les supériorités, au profit du nivellement complet.
La Révolution demande la séparation de l’ Eglise et de l’ Etat, afin de ruiner l’ influence sociale de la première, la dépouiller impunément, faire absorber le pouvoir spirituel ou de Dieu, par le pouvoir temporel ou de l’ homme, de manière à réaliser sa maxime favorite: l’ Eglise doit être dans l’ Etat, et le prêtre dans la sacristie.
La Révolution demande la reconnaissance politique et la protection de tous les cultes, afin de mettre sur la même ligne l’ erreur et la vérité, de les rendre aux yeux des peuples l’ objet d’ un indifférence, de les confondre dans un commun mépris, et par là de substituer à la religion révélée de Dieu la religion naturelle, fabriquéee par l’ homme, interprétée et sanctionnée par lui.

La Révolution demande sans cesse des Constitutions, c’ est à dire l’ anéantissement de la constitution naturelle, historique, telle qu’ elle s’ est formée et développée, durant des siècles, par les traditions et coutumes nationales, afin de la remplacer par une nouvelle constitution, faite d’ un trait de plume, dans le but d’ abolir tous les droits antérieurs, excepté ceux qui sont contenus dans cette nouvelle charte, et uniquement parce qu’ ils y sont. Depuis 1789 la France en a eu dix-sept, et elle n’ est pas encore contente.

Telles sont les principales demandes de la Révolution. Depuis quatre siècles, ses organes, dans toute l’ Europe, ne cessent de les renouveler tantôt une à une, tantôt toutes ensemble, quelquefois d’ une manière impérieuse, le plus souvent sous des formules soi-disant gouvernementales. » Joseph GAUME (1802-1879) in La Révolution

Autant dire que la glorieuse révolution de la gueuse et de la secte noire maçonnique satanique n' est rien d' autre que leur crotte stérile en jet continu! Fernand CORTES de CONQUILLA

 

" La terreur a fabriqué toujours davantage de coupables, et sa victoire principale pourrait bien être la disparition de la notion même d' innocence. " Alain GERARD

" Les montagnards transforment délibérément ce qui au départ n' était qu' une révolte en la figure par excellence de la contre-révolution: contraignant le pouvoir à l' intransigeance, ils créent en Vendée, par le décret du 19 mars, une guerre civile destinée à enliser les Girondins. Et le piège fonctionne: dédaigneux de donner raison à leurs adversaires, ces derniers laissent se développer l' insurrection, puis doivent mobiliser contre elle les villes qui leur sont favorables, les fédérés venus à Paris pour les protéger, et jusqu' à la garde d' honneur de la Convention. De leur côté, les Montagnards mobilisent leurs milices, tout en se gardant bien de les faire partir. Le résultat est connu: le coup d' Etat du 2 juin laisse le champ libre à Robespierre. " Alain GERARD

" On ne le dira jamais assez: c' est sur une Vendée vaincue que se déchaînent les colonnes infernales, et c' est après leur victoire aux frontières que les extrémistes déclenchent la Grande Terreur. " Alain GERARD

" Cette piste qui s'ouvre devant nous est notamment susceptible de rendre compte de l'extermination des vendéens, après leur défaite. Dans une guerre classique, les objectifs sont politiques et militaires, et à relativement court terme la défaite de l'un arrête le bras de l'autre. Mais lorsque l'idéologie est au pouvoir, la victoire ne constitue pas une fin, mais un moyen, celui de supprimer la preuve du mensonge de l'idéologie. Il n'y a plus face à face que des bourreaux et des victimes. Et quand celles-ci ont péri, les tueurs n'arrêtent pas pour autant leur besogne. Témoins les uns les autres de leur construction mensongère, ils se suspectent et cherchent réciproquement leur élimination. Et au bout du compte, il ne reste plus qu'un système, un jour ou l'autre forcé de s'arrêter faute de chair humaine… Pour pouvoir, en toute bonne conscience, massacrer le peuple réel, il faut être bardé de la certitude d'aimer le Peuple, d'œuvrer pour le bonheur futur d'un peuple fictif. L'idéologie permet la Terreur. Et en retour la Terreur protège l'idéologie contre les démentis du réel " Alain GERARD

" Le 27 janvier, Lachenay fait fusiller indistinctement, dans l' église de La Meilleraie, hommes et femmes, patriotes et rebelles. Huit jours plus tard, même opération à l' encontre de 27 personnes. Le 28, Caffin écrit à Turreau qu' il vient de faire fusiller 14 femmes. " Alain GERARD

" On viola les femmes et même trente passèrent sur une; soixante ans, un œil poché et d' autres désagréments n' en exemptèrent pas une autre ". A Pouzauges, Grignon et l' état-major vont prendre le café au château avec de jolies prisonnières, puis quatre d' entre elles, violées, sont fusillées. " On incendia, conclut notre témoin, forcé d' accompagner la colonne, on pilla depuis La Flocellière jusqu' aux Herbiers. Dans l' espace d' une lieue, on suivait la colonne autant à la trace des cadavres qu' elle avait faits, qu' à la lueur des feux qu' elle avait allumés. " Alain GERARD

" La liberté, l' égalité, la fraternité appartiennent désormais à un seul camp, qui peut en leur nom terroriser, spolier, assassiner avec une parfaite bonne foi.

Mais non sans risque: quand les mots eux-mêmes sont falsifiés, le réel se dérobe et l' âme se corrompt. " Alain GERARD 1999

" Si désormais nous savons que cette guerre a tué entre 140 000 et 190 000 Vendéens, en revanche il sera encore à l' occasion loisible de déclarer que le partage entre les victimes de combats et celles des tueries du début de 1794 est à tout jamais impossible. " Alain GERARD

" A Lyon comme à Nantes, en Vendée comme à Paris, ceux-là même qui faisaient effacer des milliers, des dizaines de milliers de vies, ne parlaient pas le langage de la haine. Consumés d' amour pour l' humanité, ils ne voulaient que son bonheur. A n' importe quel prix. " Alain GERARD

" Après Lyon et encore plus nettement, Nantes devient le banc d' essai de la Révolution totale, et ce qui se passe ensuite en Vendée même prouve qu' il ne s' agit pas d' une tragique exception, mais bien du dévoilement de l' essence d' un phénomène jusqu' alors inédit dans les annales de l' humanité. " Alain GERARD

" A Savenay d' une armée de 80 000 hommes dotée d' une artillerie formidable, exagère Westermann, plus rien n' existe. " Chefs, officiers, soldats, évêques, comtesses, princesses et marquises, tout à péri dans le fer, les flammes et les flots ; cet exemple effrayant est unique dans l' histoire. "

" Le 15 janvier, après avoir pris connaissance du triomphe de Westermann à la Convention huit jours auparavant, Turreau insiste encore auprès du ministre sur le fait qu' il va " entièrement purger " la Vendée " des brigands qui l' infestaient ", et qu' il faudra ensuite " repeupler le pays dévasté ". Alain GERARD

" La Révolution le leur impose jusqu' au cœur de leurs intimes convictions: pour que vive la liberté, eux aussi doivent mourir. " Alain GERARD

" Westermann s' adresse aux représentants de la Convention pour leur demander s' il doit également exécuter les femmes et les enfants. C' est donc clair: il s' agit réellement d' exterminer une population. " Alain GERARD

" C' est la découverte fortuite d' une lettre de l' un des massacreurs qui est récemment venue rappeler la tuerie de plusieurs centaines de personnes, la nuit de noël 1793, en l' église de Vieux-Pouzanges. " Alain GERARD

" Même s' il est difficile de l' admettre, la démocratie pure mène volontiers à la barbarie. " Alain GERARD

" Commencée dans la vertu, la Terreur extrême ne tarde pas à se perdre dans la crapule. " Alain GERARD

" … que peuvent imaginer le paysan qui voit flamber sa métairie, le tisserand dont le métier est irrémédiablement brisé, la mère qui, dans sa fuite éperdue, lâche une petite main? La Révolution les broie, et ils ne savent pas, les ingrats, que c' est pour le bonheur du peuple. " Alain GERARD

" Oui, nous osons l' avouer, nous faisons répandre beaucoup de sang impur, mais c' est par humanité, par devoir. " et " l' arbre de la Liberté ne peut porter des fruits qu' arrosé du sang de tous ses ennemis " dixit les représentants de la Convention à Lyon in: Par mesure humanitaire … La Terreur et la Vendée d' Alain GERARD

" L' avènement de la modernité politique, dans la France de la fin du XVIIIème siècle, se double du massacre gratuit et délibéré d' un groupe humain qui, avant que de prendre conscience de lui-même, a d' abord été défini par l' Etat qui préside à son extermination. " Alain GERARD

" La Révolution, ils le savent mais ne sauraient se l' entendre dire, n' a plus d' autre légitimité que dans leurs discours, dans le soutien de leurs milices armées, et dans la résignation de presque tout le reste de la population. En se dressant ne fût-ce qu' un instant, contre les Montagnards, les élites nantaises ont dévoilé leur nature foncièrement contre-révolutionnaire. Et leur proximité avec une Vendée qu' elles n' ont pas su vaincre a achevé de démontrer cette collusion. L' une et l' autre sont, dans l' esprit des maximalistes, devenues un seul et même lieu: celui de l' échec de la Révolution. Elles doivent donc être entièrement régénérées. " Alain GERARD 1999

" Plus question de juger, quand, pour gommer la preuve de sa propre imposture, on n' a plus d' autre choix que de massacrer le peuple. Cette piste qui s' ouvre devant nous est notamment susceptible de rendre compte de l' extermination des Vendéens, après leur défaite. Dans une guerre classique, les objectifs sont politiques et militaires, et à relativement court terme la défaite de l' un arrête le bras de l' autre. Mais lorsque l' idéologie est au pouvoir, la victoire ne constitue pas une fin, mais un moyen, celui de supprimer la preuve du mensonge de l' idéologie. Il n' y a plus face à face que des bourreaux et des victimes. Et quand celles-ci ont péri, les tueurs n' arrêtent pas pour autant leur besogne. Témoins les uns les autres de leur construction mensongère, ils se suspectent et cherchent réciproquement leur élimination. Et au bout du compte il ne reste plus qu' un système, un jour ou l' autre forcé de s' arrêter faute de chair humaine.(…) L' idéologie permet la Terreur. Et en retour la Terreur protège l' idéologie contre les démentis du réel." Alain GERARD 1999 in Par principe humanitaire … La Terreur et la Vendée

" L' extermination une fois programmée, reste à la mettre en œuvre. C' est là que tout se complique. Car l' idée, grandiose paraît-il, d' éliminer radicalement et quasi instantanément les ennemis de la liberté, c' est-à-dire tous ceux qui contrarient bêtement l' avènement sur terre du paradis de l' unique et de l' indifférencié, peine à se traduire dans les faits. L' idéologie, en somme, se heurte au réel avec lequel (sans doute parce qu' en cette fin du XVIIIe siècle les moyens de destruction demeurent passablement archaïques), elle va devoir composer, c' est-à-dire peut-être, nous le verrons plus loin, laisser se produire en son sein de minuscules fêlures qui annoncent sa proche désintégration. En attendant, elle hache la chair humaine, et il faut bien en rendre compte, même si le parti a ici été pris de ne pas s' y étendre jusqu' à la nausée, seulement d' en retracer les grands traits, dans le but de comprendre plutôt que d' en dresser l' effrayant martyrologue. " Alain GERARD

" Des quelques 80 000 vendéens de la Virée de Galerne, hommes, femmes et enfants confondus, décimés par la faim et la maladie, écrasés les 12 et 13 décembre au Mans et finalement exterminés le 23 dans les marais de Savenay, on comptera peut-être 5 000 rescapés, qui parviendront à se dissimuler avant de repasser la Loire. Dès lors, la Vendée, ainsi écrasée, saignée, ne saurait plus constituer un quelconque danger. Le général Turreau n' y lance pas moins, au début de 1794, ses fameuses colonnes infernales, avec pour mission de tout brûler et d' égorger le reste de la population. " Alain GERARD 1999

" Ainsi, donc, le temps n' est plus à se demander quel sort réserver aux Vendéens, du moins à ceux d' entre eux qui ont passé la Loire, et qui sont désormais tous promis à l' extermination. " La défaite des brigands, poursuite Carrier, est si complète que nos postes les tuent, prennent et amènent à Nantes par centaines. La guillotine ne peut plus suffire, j' ai pris le parti de les faire fusiller. Ils se rendent ici et à Angers par centaines; j' assure à ceux-ci le même sort qu' aux autres. J' invite mon collègue Francastel à ne pas s' écarter de cette salutaire et expéditive méthode. " Et c' est là que Carrier lance sa terrible sentence: " C' est par principe d' humanité que je purge la terre de la liberté de ces monstres. " Alain GERARD 1999 in Par principe d' humanité… La Terreur et la Vendée

" " S' il faut, insiste Turreau, les passer tous au fil de l' épée, je ne puis exécuter une pareille mesure sans un arrêté qui mette à couvert ma responsabilité. " Pas de réponse. C' est alors qu' il commence ce qu' il appelle sa " promenade militaire ". A la date du 19 décembre, il n' a pas arrêté de plan. Moins d' un mois plus tard, il est décidé à exterminer la population vendéenne, et le mutisme des représentants ne l' empêchera pas de perpétrer ce forfait. " Alain GERARD

Par décret du 2 août 1793, la Convention a ordonné la destruction systématique et l' incendie de tout le pays, récoltes comprises, en même temps que la mise à mort des rebelles. (Liberté, Egalité, Fraternité, Droits de l' Homme …)

Décret du 1er novembre 1793, sur rapport de Barère: " Toute ville qui recevra dans son sein des brigands ou qui ne les aura pas repoussés avec tous les moyens dont elle est capable, sera punie comme une ville rebelle, et en conséquence elle sera rasée. "

" Avant que de s' enfoncer dans l' inconnu, avant le grand massacre, avant la guérilla et son cortège d' atrocités réciproques, la Vendée, en un ultime sursaut, délivre encore un de ces messages qui, nés de l' imperfection d' une cause humaine, la débordent et la transcendent. Parvenus à Saint-Florent le Vieil, au bord du fleuve, les Vendéens s' avisent qu' ils traînent encore cinq mille prisonniers, dont ils ne peuvent s' encombrer outre-Loire. A mort! vocifère l' armée vaincue. Depuis son lit d' agonisant, Bonchamps entend ce cri, et bientôt en retentit un autre: " Grâce, grâce aux prisonniers, Bonchamps le veut, Bonchamps l' ordonne. " Alors la douleur, l' angoisse et le ressentiment laissent place au geste qui réinvente le christianisme: le pardon, l' amour offert à l' offenseur, qui, même s' il n' est pas accepté, préserve l' offensé du poison de la haine.

Le lendemain, le représentant Merlin de Thionville tire de l' épisode, à l' usage du Comité de Salut Public, des enseignements qui en disent long sur la philosophie en vigueur parmi les sphères du pouvoir. " Ces lâches ennemis de la nation, écrit-il, ont, à ce qui se dit ici, épargné plus de quatre mille des nôtres qu' ils tenaient prisonniers. Le fait est vrai, car je le tiens de la bouche même de plusieurs d' entre eux. Quelques-uns se laissaient toucher par ce trait d' incroyable hypocrisie. Je les ai pérorés, et ils ont bien compris qu' ils ne devaient aucune reconnaissance aux brigands. Mais comme la nation n' est pas encore à la hauteur de nos sentiments patriotiques, vous agirez sagement en ne soufflant pas un mot sur une pareille indignité. Des hommes libres acceptant la vie de la main des esclaves! Ce n' est pas révolutionnaire. Il faut donc ensevelir dans l' oubli cette malheureuse action. N' en parlez pas même à la Convention. Les brigands n' ont pas le temps de faire des journaux. Cela s' oubliera comme tant d' autres. " Alain GERARD 1999 Par Principe d' humanité… La Terreur et la Vendée

" Le Comité de salut public enjoint aux comités révolutionnaires, le 4 décembre 1793, de se débarrasser d' éventuels états d' âme pour n' être plus que des instruments. " L' action qui part du sein de la Convention, explique-t-il, vient aboutir à vous; vous êtes comme les mains du corps politique dont elle est la tête et dont nous sommes les yeux; c' est par vous que la volonté nationale frappe aussitôt qu' elle a décidé. Vous êtes les leviers qu' elle meut pour broyer les résistances. Vous êtes alors comme ces instruments redoutables et guerriers qui, placés en avant par le général, n' attendent, pour lancer la terreur et la mort, que la commutation électrique de la flamme. On comprend mieux de la sorte comment des hommes assez ordinaires ont pu, sans cruauté, commettre l' ignoble. " Alain GERARD

" Pour s' être dressés contre la Révolution, les Vendéens se sont exclus du souverain, et leur mort violente ne vient que sanctionner leur mort civile. " L' " humanité ", ajoute le Comité, consiste à sauver le peuple. Depuis quelques temps déjà, le mot fait florès. Ainsi Fouché, un citoyen que tout le monde s' accorde à trouver poli, doux et de commerce agréable, s' apprête-t-il à mitrailler les Lyonnais. " Que la foudre éclate par humanité, s' écrie-t-il, ayons le courage de marcher sur des cadavres pour parvenir à la liberté ". Plus tard, avec ses collègues Albitte et Laporte, il souligne encore sa compassion. " Oui, nous osons l' avouer, nous faisons répandre beaucoup de sang impur, mais c' est par humanité, par devoir ". A la même époque dans l' Ouest, un autre représentant, Laplanche, ne dit pas autre chose: " C' est par principe d' humanité, que je purge la terre de la liberté de ces monstres " (…) Pas d' hésitation: quand on ne compte pas soi-même, comment les autres pourraient-il compter? Celui qui lui-même se sacrifie pour la Cause n' est-il pas habilité à lui sacrifier la vie d' autrui? " Alain GERARD

" Dans une proclamation aux armées, Robespierre, Hérault, Carnot et Billaud-Varenne félicitent les soldats qui ont exterminé ces " cohortes sacrilèges ". " Cette terre coupable, ajoutent-ils, a dévoré elle-même les monstres qu' elle a produit; le reste va tomber sous la hache populaire. " Enfin, aux troupes qui assiègent Toulon ou combattent sur les frontières, ils entendent insuffler une nouvelle ardeur, afin " que le peuple français soit vengé " et qu' avant un mois " les tyrans et les esclaves disparaissent de la terre, qu' il n' y reste plus que la justice, le bonheur et la vertu. " Alain GERARD 1999 Par principe d' humanité ... La Terreur et la Vendée

" Tous multiplient les rapports afin de se couvrir, afin que le Comité de salut public ne puisse pas ensuite leur faire porter l' entière responsabilité de tels actes. De sorte qu' on n' en finirait pas de citer les récits d' atrocités qui lui sont complaisamment rapportés par des représentants, lesquels par ailleurs se targuent d' œuvrer pour le bonheur de l' humanité. Ainsi le système produit-il lui-même les preuves de son ignominie, et on ne peut que s' étonner de la myopie, pour ne pas dire plus, de tant d' historiens de la Révolution, qui n' ont pas pu ignorer de tels textes, mais qui les ont délibérément passés sous silence. " Alain GERARD 1999 Par principe d' humanité… La Terreur et la Vendée

" Nos soldats se battraient avec plus de courage si l' on faisait des prisonniers, comme les Vendéens eux-mêmes le demandent, car malgré que nous fusillions tout ce qui tombe sous notre main, prisonniers, blessés, malades aux hôpitaux, ils nous ont renvoyé de nos malades que nous avions été forcés de laisser derrière nous. " Adjudant-général ROUYER Par principe d' humanité… La Terreur et la Vendée " de Alain Gérard 1999

" Prieur de la Marne, le 27 novembre, propose au comité d' achever d' enlever toutes les subsistances et de détruire le reste des habitants, afin que ceux qui d' aventure parviendraient à y revenir " ne trouvent dans ce pays que des ruines, la famine et la mort ". Alain GERARD 1999

" Le fer et la flamme furent successivement employés, et bientôt l' atmosphère fut couverte des nuages épais d' une fumée dévastatrice. " écrit Beaudesson, agent en chef des subsistances militaires. Pour des raisons de service, il est également souvent présent aux interrogatoires à Cholet, où siège l' état-major. Les anciens insurgés, remarque-t-il, déclarent avoir agi sous la contrainte, et beaucoup disent d' être rendus dans l' espoir du pardon. Plus d' un, d' ailleurs, comparaît " avec cet œil serein et tranquille qu' inspire l' innocence ". Quant aux femmes, pour sauver leurs maris et leurs enfants, elles prennent volontiers sur elles des fautes dont à l' évidence elles ne sont pas coupables. Qu' à cela ne tienne, après ces simulacres d' interrogatoires, sur les ordres " verbaux de l' état-major ", on ordonne " de l' œil de fusiller les prévenus ", les rassurant toutefois en leur faisant croire qu' ils vont être conduits " à l' hôpital " ou " à l' ambulance ". Tout le pays, conclu-il, était jonché de cadavres. " Alain GERARD

" Je fais tous mes efforts pour détruire tout ce qui attente à la liberté, mais il y a encore des hommes humains, et en révolution, c' est un défaut selon moi. " Général ROSSIGNOL in " Par principe d' humanité …. Alain Gérard 1999

" En faisant évanouir ces générations entières pour le bonheur de la patrie, écrit Turreau, rien ne pourrait faire tolérer des mesures barbares, inhumaines et scélérates, exercées sur un seul individu. Il faudrait accompagner encore de compassion et de pitié cette exécution terrible, mais nécessaire à l' affermissement de la République, et ne pas accroître le malheur de s' y trouver réduit par la souillure des remords ". En somme, Turreau n' a pas trop massacré: il n' a pas assez aimé. Il n' a pas été le digne instrument du massacre humanitaire. " Alain GERARD

" Un volontaire confessera avoir vu massacrer sept femmes, dont l' une fut transpercée du même coup que le nourrisson qu' elle tenait dans ses bras. Cette action, insiste-t-il fut applaudie par son commandant. Entre Aizenay et Venansault, le gendarme Charrier a pour sa part compté au moins cent femmes et enfants, " massacrés et coupés en morceaux ", et parmi eux, " un enfant qui palpitait encore près de sa mère ". En réalité cependant, la troupe ne fait qu' obéir aux ordres. " Alain GERARD

" Je vois une multitude incalculable d' enfants, témoigne Marie Ervin, une marchande qui est venue pour en recueillir; dans une salle, il y en avait plus de 300 qui n' attendaient que le moment d' expirer ". Incommodée par " les exhalaisons fétides ", elle reste prudemment à l' entrée d' où elle tente de les attirer, leur disant qu' elle leur veut du bien. " Il n' en vient que six; ils pouvaient à peine se remuer. Peu de temps après, ajoute-t-elle, je retourne à l' Entrepôt; il n' y avait plus d' enfants; ils avaient été noyés. "

" Dumais, le gardien de l' entrepôt, est tout aussi formel. " tous les enfants de l' entrepôt ont été enlevés, ainsi que les femmes, dont une douzaine n' ont point paru devant nous, écrit-il le 3 février à la commission militaire ; tous ces individus ont été conduits dans un bateau. " Alors, combien? Le médecin Georges Thomas, qui n' a rien d' un rêveur, parle de 400 à 500 enfants de moins de quinze ans. Pour trancher, il faudrait disposer du registre, et celui-ci n' a, et pour cause, évidemment jamais existé. " Alain GERARD

" Il entre dans mes projets, écrit Carrier, et ce sont les ordres de la Convention nationale, d' enlever toutes les subsistances, les denrées, les fourrages, tout, en un mot de ce maudit pays; de livrer aux flammes tous les bâtiments, d' en exterminer tous les habitants, car je vais incessamment t' en faire passer l' ordre. " Ainsi donc, la rhétorique maximaliste a-t-elle fini par englober tous les habitants de la Vendée, les patriotes comme les rebelles, dans une commune exécration, et par les vouer indistinctement à l' extermination. Alain GERARD 1999 in Par principe d' humanité…

" Sûr de son impunité, Pinard continue donc de sévir, le 7 Janvier à la tête d' un détachement de Noirs américains (sic). (…) Le 18 février, sept brigandes de dix-huit à vingt-deux ans, " belles comme des amours ", témoigne le miroitier Cormeray, sont capturées par la bande. Vers minuit, les volontaires, alertés par des cris, font irruption dans une écurie, où ils découvrent cinq noirs occuper à violer leurs prisonnières. " Ce sont nos esclaves, nous les avons gagnées à la sueur de notre front ", expliquent-ils aux intrus qui, sous la menace, doivent se retirer. Quant à Pinard, il force la sienne à confirmer qu' elle est là de son plein gré. Trois jours durant, rapporte Cormeray, " il les prostitua à 600 hommes de force armée qui étaient en garnison à Vue. Dans un jour, il passa sur le corps d' une fille plus de 100 hommes; elle ne pouvait plus marcher et devint imbécile, et les autres de même. Et quelques jours après, pour mettre le comble à leurs forfaits, ils les firent fusiller. (…)

En regard de ces horreurs, on peut placer celles commises par un certain Jean Dhéron, un tailleur devenu inspecteur des vivres militaires. Après la bataille de Clisson, témoigne la poissonnière Jeanne Lallier, il se présente à la société populaire, l' oreille d' un Vendéen attachée à son chapeau, " les mains pleines de parties génitales qu' il avait eu la cruauté d' arracher aux brigands en les massacrant ", terribles trophées dont il s' amuse à importuner les femmes. " Alain GERARD 1999 in Par principe d' humanité…

" Personne n' est cependant parfait, pas même les plus dévoués parmi les artisans de l' extermination. Nous le verrons bientôt, Fouquet et Lamberty seront accusés d' avoir, pour des fins très personnelles, soustrait des femmes de l' Entrepôt, et seront liquidés pour ce manquement à la vertu qui doit caractériser le véritable révolutionnaire. " Alain GERARD

" Au cours d' un dîner sur les Champs-Élysées, Carrier livre ce qui paraît constituer l' état de ses réflexions. Le gouvernement, explique-t-il à ses interlocuteurs, a fait le compte de la population nationale, et a jugé qu' il était impossible de nourrir tant de monde. Ainsi le représentant reprend-il, à frais nouveaux, l' antique hantise du pacte de famine, récurrente sous l' Ancien Régime. Et du même coup tout ce qu' il a fait d'innommable, d' impensable à Nantes trouve là une justification rationnelle. Il fallait donc, poursuit-il, faire passer la population de la France de 1 000 habitants par lieue carrée à 700. (…) C' est là qu' il en vient au fond de sa pensée, que tout ce délire ne sert qu' à justifier. Les riches, assure-t-il, n' aimeront jamais les sans-culottes, et il faut donc " niveler la population ". Voilà le maître mot, qui est la condition même de l' établissement d'une République parfaitement égalitaire, parfaitement démocratique, c' est-à-dire totalitaire, qu' il appelle de ses vœux. En vue de cet avènement, il convient de généraliser ce qu' il a commencé à Nantes, autrement dit, poursuit-il, de trier les hommes et d' en " retrancher une certaine portion: les nobles, les magistrats, les prêtres, les agents de change, les négociants, les ennemis présumés les plus prononcés du peuple. " Propos de visionnaire, qu' il conclut par une prophétie d' une merveilleuse lucidité. " Cependant, confesse-t-il, je crois que nous serons tous guillotinés les uns après les autres. " ainsi, à l' en croire, la démocratie pure conduit au néant. " Alain GERARD

" Désormais, la commission ne s' embarrasse même plus de l' aide du comité révolutionnaire, elle se fait apporter les registres d' écrou et statue séance tenante. Au milieu du mois, presque pas de jugements, seulement des tueries massives, aux Ponts-de-Cé, d' environ 1 500 personnes, et Francastel donne l' ordre de ne pas établir de procès-verbal. Puis la légalité révolutionnaire reprend du service. Le 23 décembre, 73 captifs sont immolés, le lendemain 75. Le 26, on tente de vider les prisons: 203 fusillés. Au total, cette commission compte à son palmarès 1 169 victimes, dont 36 femmes. Auxquelles il faut évidemment ajouter les exécutions sommaires, qui reprennent les 1er, 2 et 8 février 1794, à l' encontre de 293 hommes et 465 femmes. (…) Le Tribunal révolutionnaire de Nantes et les commissions militaires ont, de la légalité, conservé au moins les apparences, couchant sur leurs registres l' interminable liste de leurs victimes avant de les livrer aux fusillades. Et ces données en elles-mêmes sont fort instructives. De mars 1793 à décembre 1794, 4 333 personnes seraient ainsi passées entre leurs mains, et les organes officiels de la Terreur nantaise en auraient immolé 2 763, soit deux sur trois. (…) La commission Bignon, outre ses exploits à Savenay, prononce 2759 jugements qui épargnent à peine une personne sur vingt. (…) Du 29 décembre au 8 février, en onze séances, elle fait exécuter 1 580 prisonniers, soit une moyenne de 144 par jour, avec une pointe à 289. (…) L' exécution, les 18 et 19 janvier, de 106 femmes, la plupart âgées de quinze à dix-huit ans, et dont les corps dévêtus ne sont, trois jours après, toujours pas enterrés

Que peut-on en déduire? Conformément aux vœux clairement exprimés par les représentants, ils s' agit moins de juger les hommes que d' effacer une engeance que la rhétorique exterminatrice a depuis longtemps déjà soustraite à l' humanité rédimable. Mais qu' on ne croie pas pour autant à une tuerie méticuleusement programmée par ceux qu' on hésite à appeler des responsables politiques. Alors qu' une seule institution aurait pu suffire, voilà en effet que prolifèrent les organes de mort. " Alain GERARD 1999 in Par principe d' humanité

" La Vendée sera dépeuplée, mais la République sera vengée et tranquille. (…) Malgré les succès, nous devons recourir à des moyens odieux, cruels, tortionnaires, contraires à l' esprit de la constitution votée par le peuple français. Mes frères, que la Terreur ne cesse d' être à l' ordre du jour, et tout ira bien. " Représentant FRANCASTEL in Par principe d' humanité ... La Terreur et la Vendée - Alain Gérard - 1999

" Au club des Jacobins le 26 novembre, Robespierre déclare que la Vendée n' est plus désormais qu' une horde fugitive dont, menace-t-il, " l' existence ne saurait être prolongée que par la malveillance et l' ineptie ". Le 3 novembre, un obscur capitaine de l' armée de Mayence, nommé Bouverai, a en effet confié au " vertueux législateur " son profond écoeurement: " Aussitôt que notre armée est entrée dans la Vendée, chaque soldat a dès lors mis à mort ce qui lui a plu, a pillé qui lui a plu. " Alain GERARD 1999 Par principe d' humanité… La Terreur et la Vendée

" Près de la ligne de flottaison sont découpés des sabords; ces ouvertures, provisoirement clouées, sont ensuite dégagées à coups de hache, et la fragile barcasse s' engloutit avec sa cargaison humaine. " Alain GERARD 1999

" On réquisitionne des sapines, ces embarcations construites pour une seule descente de la Loire et vouées ensuite à la démolition. (…) Les noyades ont aussi pour fonction de confirmer qu' aucune résistance n' a pu exister à l' encontre de ceux qui ne désirent que le bonheur de l' humanité. Cela finit dans l' anonymat d' une masse indénombrable au fond du fleuve. Cela commence par l' entassement, sans registre d' écrou, de kyrielles de morts-vivants dans les profondeurs de l' Entrepôt. Un endroit hautement symbolique. Ailleurs, on transforme les hauts lieux du passé, comme la forteresse du Bouffay ou les nombreux couvents de la ville, en prisons. Le médecin Georges Thomas témoigne: " Je trouvai en entrant dans cette affreuse boucherie, une grand quantité de cadavres épars ça et là; je vis des enfants palpitants ou noyés dans des baquets pleins d' excréments humains. Ayant constaté la grossesse d' une trentaine de détenues, il revint plusieurs jours après. Mais les " baignades " selon Goullin, les " déportations verticales " chères à Carrier, ont fait leur œuvre." Alain GERARD 1999

" Le 28, Huché signale à Turreau qu' à La Gaubretière, il n' a pas pu se livrer au grand carnage qu' il espérait: seulement 500 personnes, hommes et femmes confondus, trouvées blottis dans les haies, les genêts et les bois, ont été exterminées à la baïonnette, pour économiser la poudre. Dès le lendemain, l' exploit lui vaut les félicitations de son chef, et en retour du courrier, il lui répond modestement qu' une si mince affaire ne valait pas qu' on en parlât au ministre. " Alain GERARD

" Hentz et Francastel avisent le Comité de salut public que leurs collègues Garrau et Prieur ont dû repartir sur Nantes. Ces derniers n' ont pu davantage, expliquent-ils, soutenir " l' horrible spectacle de ce pays affreux, où l' on ne voit que des ruines et des morts, où règne le silence le plus lugubre.(…) Nous les tuons en détail, en faisant périr tout ce qui se trouve dans le pays, et puis ils périront de misère; plus de fours, plus de moulins, plus de villages; on les chasse, il faudra qu' ils succombent. " du reste, ils s' estiment bientôt près du but: sur une population initiale qu' ils évaluent à 160 000 personnes, on n' en compte plus, assurent-ils, que 15 000 à 20 000. " Il résulte de tout ce que nous venons de vous dire, concluent-ils, que, quand la guerre de la Vendée sera complètement terminée, il n' y restera point d' habitants, puisqu' on y aura tout détruit. " Alain GERARD

" Carrier a peur, peur qu' un reste d' humanité lui fasse trahir sa mission exterminatrice, et il fait tout pour s' en protéger. D' où également l' humour noir, les " déportations verticales " par exemple, qui permettent à cet homme qui s' obstine à n' assister à aucune exécution de se masquer son propre rôle de bourreau. D' où enfin, ses nuits sans sommeil: comme d' autres cherchent l' oubli dans l' alcool, lui, le vertueux, s' abrutit de travail. Eperdu de douleur à devoir ainsi, par amour pour l' humanité idéale, tuer les hommes en détail et sacrifier sa propre sensibilité, il frappe encore et toujours, comme mû par une mystérieuse haine de chacun et peut-être d' abord de lui-même. " Alain GERARD

" Seule la conformité politique offre un minimum de garanties contre l' angoisse. On ment aux autres, en attendant que ce mensonge généralisé devienne pour tous, la vérité. " Alain GERARD

" Un monde nouveau est en train de naître, où la peur n' est pas un but en soi, mais le catalyseur qui doit permettre de réaliser cet accouchement. Essayons d' en reconstituer l' atmosphère. Plongé dans un océan de perpétuelle angoisse, l' individu se retrouve désespérément esseulé, privé de ses solidarités habituelles par une incoercible méfiance de chacun contre tous. Où alors pourrait-il puiser la force de résister, sinon en lui-même? C' est là que joue la décomposition morale. Le mensonge généralisé, l' indifférence au sort des victimes, puis le consentement, enfin peut-être la participation à l' ignoble, ont tôt fait de ruiner les repères traditionnels. " Alain GERARD

" Pour éviter d' avoir honte d' eux- mêmes, ils devront s' interdire jusqu' au souvenir de ces horreurs, et pour cela rompre avec leur vécu, devenir des hommes nouveaux, affranchis de leur passé, condamnés à habiter une utopie. " Alain GERARD

" Avec Carrier, nous basculons dans un autre monde, où la morale, la responsabilité, la réalité même n' ont plus leur place. Une cité utopique prend corps, peuplées d' hommes tous identiques, libérés de leur passé, de leur conscience et finalement de leur liberté. A Nantes se réalise ce qui paraît constituer la nature ultime de la Révolution, qui est la régénération de l' humanité. Avec à la marge, parce que l' avenir radieux ne peut attendre, des cadavres. " Alain GERARD

" Les noyades de Nantes commencent par des prêtres, et sans doute n' est-ce pas le fruit du hasard. D' abord parce qu' ils focalisent la haine des maximalistes. Mais, surtout, plus profondément, ne faut-il pas voir là le dessein délibéré d' atteindre le sacré? En voulant délibérément couper l' homme de toute référence à la transcendance, ne vise-t-on pas à le réduire à l' état de pion sur l' échiquier de la Révolution, manipulable à volonté, sinon que l' on fusille, guillotine ou noie sans vergogne? Comme si toujours le meurtre de Dieu devait précéder le meurtre de l' humain? " Alain GERARD 1999 in Par principe d' humanités… La Terreur et la Vendée

" C' est bien dommage que nous ne puissions plus élargir, confiait Chaux. Toute la ville de Nantes eût passé entre nos mains. Nous eussions fait incarcérer tous les habitants les uns après les autres, ceux-ci pour une décade, ceux-là pour deux, etc. Après un quartier plus ou moins long, les Nantais eussent mieux valu. " La cité utopique, il en avait le pressentiment, ne se réalise que par ce que l' on n' appelait pas encore le camp de concentration. " Alain GERARD

" Cependant, comme un tel être (en parlant de Carrier), si prodigieusement doué pour le mal, ne saurait se contenter de dépeupler massivement, il lui faut encore s' en prendre à ce que l' homme a de plus sacré, à la pureté virginale, qu' il veut forcer à se pervertir elle-même avant de l' anéantir. Des jeunes filles et de jeunes garçons, dénudés et liés face à face, sont jetés dans le fleuve: tels sont les " mariages républicains ", auxquels Carrier associe donc la chose publique, la " res publica ", sans doute à la seule fin de la souiller et de la faire prendre en horreur. " Alain GERARD 1999

" Le 19 décembre, un nouveau groupe, de 27 prisonniers cette fois. Parmi eux les quatre sœurs de La Métairie, âgées de vingt-huit, vingt- sept, vingt-six et dix sept ans, leur servante de vingt-deux ans et deux autres femmes. Carrier ordonne de les mettre à mort, toujours sans les juger. " La plus jeune d' entre elles, âgée de seize ans, témoignera Jeanne Lalliet, chargée de leur annoncer leur exécution, me donne cette bague. " Puis elles prient. D' autres avec elles attendent, pendant plus d' une heure, au pied de l' échafaud. " Le bourreau, ajoute le témoin, est mort deux ou trois jours après de chagrin d' avoir guillotiné ces femmes. " Alain GERARD 1999 In Par principe d' humanité…

" Parmi les belles actions qui se sont passées en Vendée, Robespierre veut en retenir une, les prodiges de valeur du jeune Bara, qui nourrissait sa mère avec sa paie, et qui, aux Vendéens lui offrant la vie sauve s' il criait Vive le Roi! a crié Vive la République! Sa mort, insiste-t-il, constitue le plus bel exemple qui soit pour l' édification des jeunes Français. Il propose donc de lui décerner les honneurs du Panthéon, au cours d' une fête dont son collègue le peintre David sera spécialement chargé. La Convention applaudit, tandis que ce dernier remercie modestement la nature de lui " avoir donné quelques talents pour célébrer la gloire des héros de la République. " cette opération constitue un véritable coup de génie. Du massacre d' une population, on ne retiendra de la sorte qu' un épisode dont tous les détails ne sont nullement prouvés, mais qui ne fait pas moins des Vendéens, les assassins de l' innocence et de l' héroïsme révolutionnaires. Une inversion des responsabilités qui a l' avantage de justifier l' extermination en cours. Et comme Robespierre n' a très probablement donné aucun ordre écrit, il n' y aura pas de responsables. Seulement des cadavres.

N' empêche que, sur place, il faut des exécutants pour la sinistre besogne. Certains représentants se dérobent. Mais d' autres, qui pourtant, a priori, ne sont ni des débiles ni des crapules, croient devoir, pour fonder à jamais le bonheur du Peuple idéal, massacrer présentement le peuple réel. " Alain GERARD 1999 Par principe d' humanité... La Terreur et la Vendée

" A la Convention, le démantèlement de la Terreur est entamé. Le 28 août, Tallien entreprend en expert de démonter un système dont la veille encore il était l' un des plus farouches partisans. Un gouvernement fondé sur la terreur ne peut, analyse-t-il, qu' accroître sans cesse la menace sur chacun et en tout temps, " pour toute espèce d' action et même pour l' inaction ", sur la base de " toute espèce de preuves et sans ombre de preuves ". Un tel pouvoir est donc forcément toujours plus cruel, arbitraire et absolu, et c' est ainsi que, là où devaient régner la confiance, la propriété, la liberté, l' égalité et la fraternité, on ne rencontre finalement que délation, spoliation, asservissement, exclusion et haine. Les crimes, analyse-t-il très finement, sont devenus des vertus, et réciproquement, de par la corruption du vocabulaire lui-même, autrement dit par une perversion de " tous les principes et par la prostitution des seuls débris qui puissent en rester, je veux dire les mots qui servent à en parler le langage et à en conserver le souvenir ". De sorte que, de prudence en veulerie, l' individu se replie sur lui-même. La Terreur, ajoute-t-il, " rompt tous les liens, éteint toutes les affections; elle défraternalise, désocialise, démoralise; elle réduit l' âme au plus pur égoïsme ". Une brillante analyse en somme qui, à défaut d' expliquer la genèse du phénomène, a pour fonction de l' exorciser tout en reportant à des temps meilleurs l' organisation d' élections qui balaieraient tous les hommes en place. La Révolution sans la Terreur, mais toujours avec nous: voilà le programme des terroristes repentis. " Alain GERARD

" Passé l' indicible, pourquoi chercherait-on encore parmi les rescapés, à raviver la douleur en traduisant par des mots ce que tout le monde ne connaît que trop? Et puis on ne reconstruit pas, on ne revit pas sur l' horreur. Bientôt, les souffrances subies deviennent, sous l' effet d' un catholicisme revivifié, le sacrifice rédempteur d' un peuple qui face à l' impiété révolutionnaire, a confessé sa foi. " Alain GERARD

" Tout un pays fait mine de découvrir des horreurs que chacun était à même de connaître, mais qu' on se dissimulait soigneusement derrière le lyrisme à la mode. Qu' il est doux, et facile, et exaltant de penser qu' un opposant politique, ça saigne et ça souffre en mourrant. Ainsi, ceux qui se sont menti en appelant liberté la dictature, ceux qui ont applaudi au passage des charrettes de guillotinés, ou encore ces braves charpentiers qui préparaient les gabarres, se réjouissent maintenant de voir démasquer pire qu' eux. Et puisque ça ne suffit pas encore, on invente un monstre de lubricité, jouissant du spectacle des mariages républicains. Le Tribunal révolutionnaire devient de la sorte une vaste machine à fabriquer des innocents en désignant les coupables. Après avoir tenté de nier, la plupart de ceux-ci se racontent et découvrent, incrédules, les criminels qu' ils ont été, tandis que d' autres, peu nombreux il est vrai, refusant de se renier, s' enferment dans une innocence révolutionnaire qui apparaît maintenant comme une monstrueuse culpabilité. " Alain GERARD

" Turreau s' est considérablement enrichi du produit de ses pillages : hier courageux, il n' est plus aujourd' hui qu' un lâche, qui ne cherche qu' à emplir son havresac. De toute façon, à force de tuer des civils sans défense, il a perdu cette considération pour lui-même qui fait la force du véritable combattant. Quant à l' ennemi, aussitôt aperçu il se dérobe, pour exercer à l' improviste les plus terribles des représailles. Dans ces conditions, tel soldat qui ferait merveille aux frontières, sue de peur dans le bocage vendéen, témoigne le général en chef, qui a vu des bataillons entiers terrorisés à la seule évocation des " brigands ". Si à cet état d' esprit on ajoute la fatigue accumulée par les courses incessantes, rien d' étonnant que, contre une guérilla qui s' étoffe chaque jour des parents des victimes, les défaites se multiplient. " Alain GERARD

" " Il s' en va à la Vendée ", dira-t-on longtemps après en Berry, paraît-il, de quelqu' un qui va mourir. De sources piégées en oubli volontaire de la part des bourreaux, la France post-révolutionnaire, évidemment peu portée à célébrer un épisode peu glorieux de son histoire, s' efforcera de tout oublier. D' où le silence, un silence assourdissant qui chacun peut constater en feuilletant la plupart des livres d' histoire consacrés à cette période. " Alain GERARD

" Afin de sortir du poison de la haine qui aurait très bien pu les ronger, ils réinventent le catholicisme, hissant le pardon de Bonchamps à la hauteur d' un idéal collectif et bâtissant en moins d' un siècle ce foyer de chrétienté que la région n' était pas avant les évènements. En Vendée, la Révolution a démocratisé le martyre. Pour avoir expérimenté les limites d' un bonheur imposé par l' Etat, on est ici durablement de droite: la Vendée est devenue blanche d' avoir trop saigné. Mise au ban de la nation, elle subit un long exil intérieur, que la grande ordalie commune de 1914-1918 vient conjurer, et qui disparaît avec le miracle économique de la seconde moitié du XXè siècle. " Alain GERARD

" Turreau, l' instigateur des colonnes infernales, témoin privilégié des turpitudes terroristes de la France révolutionnaire, poursuit une carrière plutôt passable. Vaguement employé en 1796 à l' organisation de la réquisition militaire à Paris, il est impliqué dans la conjuration de Babeuf, puis participe, aux côtés de son ami le général Augereau, au coup d' Etat du 18 fructidor. Sous Bonaparte, son comportement autoritaire compromet ses missions, que ses infirmités le forcent parfois d' interrompre. Nommé de 1804 à 1811, ministre de la France, c' est-à-dire Ambassadeur, aux Etats-Unis, il est apprécié de Jefferson, mais le blocus continental révèle de nouveau son manque de souplesse. Le 13 mars 1812, Napoléon le fait baron de Linières, et ce carriériste impénitent obtient bientôt, grâce à Augereau, le commandement de Wurtzbourg. Ce qui ne l' empêche pas, le 6 mai 1814 à Marienberg, d' organiser un banquet pour saluer le retour de Louis XVIII. Enfin, le 27 décembre, le bourreau de la Vendée catholique et royale se voit décerner le brevet de chevalier de l' ordre militaire de Saint-Louis. Ainsi donc, non seulement, l' instigateur des colonnes infernales sauve sa tête, mais il se bâtit ensuite, sous les régimes successifs, une carrière honorable. " Alain GERARD

" Déviance politique ou de droit commun, c' est en effet tout un, pour qui prône la cité d' Utopie et se doit séparer ceux qu' il estime dignes d' y entrer de ceux dont il s' étonne qu' ils ne hâtent pas eux-mêmes leur nécessaire disparition. Les noyades de Nantes ouvrent ainsi le champ, par nécessairement limité, de la purification de l' humanité. (…) La Révolution, créatrice d' un homme nouveau, produit nécessairement des cadavres.

Face à une telle élimination, nous pourrions être tentés d' invoquer le caractère sacré de la personne humaine, par référence aux fondements judéo-chrétiens de notre civilisation. En pure perte, car ce serait compter sans la totale imperméabilité de ce système idéologique à quelque argument que ce soit, y compris aux droits de l' homme dont ses tenants n' ont cependant aucun scrupule à se réclamer. La création d' un ennemi virtuel, qui sans cesse menace la Révolution, non seulement discrédite toute opposition, mais permet de s' autojustifier, en un système définitivement hermétique. " Alain GERARD 1999 in Par principe d' humanité… La Terreur et la Vendée

" Du côté des massacrés, on a subi les évènements sans pouvoir les comprendre, et le traditionalisme de leurs descendants ne les a guère armés pour pénétrer l' univers mental éminemment moderne du terrorisme d' Etat. (…) La volonté de faire le bonheur de l' humanité peut conduire à la massacrer en détail, sans pour autant générer un quelconque sentiment de culpabilité." Alain GERARD

" La Révolution française s' invente en marchant. La Terreur est d' abord une pratique, bien avant que d' être conçue et de recevoir un semblant de justification. Exterminer le peuple au nom du peuple ne va en effet pas de soi, y compris et peut-être surtout pour les maximalistes. D' où cette invention, passablement exotique dans une idéologie qui se veut universaliste, d' une " race rebelle ". " Alain GERARD

" L' Etat hérité de la Révolution ne pouvait très probablement se reconstruire que sur l' oubli, et on voit mal comment le souvenir du grand massacre aurait pu ne pas être sacrifié sur l' autel de la raison d' Etat. En dépit cependant de cette amnésie officielle si cruelle aux vaincus, Napoléon saura parler aux Vendéens, qui n' en attendaient pas tant, le langage de leur propre grandeur. " Alain GERARD

" En focalisant la vindicte du pouvoir, il est bien possible que la Vendée ait épargné le pire à d' autres régions, qui en fin de compte n' étaient pas moins étrangères à la dérive terroriste. " Alain GERARD

" Il faut, recommande Billaud-Varenne, " créer un caractère national qui identifie de plus en plus le peuple à sa Constitution ". Vaste entreprise en vérité, qui selon lui n' implique rien de moins que de " recréer " ce dernier. Comment donc sans plus tarder transformer ce peuple engoncé dans ses préjugés en acteur de sa propre métamorphose? La réponse emprunte à la fois à l' individualisme quant à l' initiative de l' opération et, par son caractère, au collectif. L' homme en effet qui aura extirpé de lui-même ses intérêts privés aura prouvé, ne serait-ce que par la vertu de son exemple, qu' il est seul digne de prendre en mains les destinées de ses frères humains. Accomplissant ainsi ce qu' il prend pour la modernité, il ne doute cependant pas qu' il fait resurgir le plus archaïque: en s' investissant dans un militantisme intégral, il évite effectivement d' assumer l' angoisse inhérente à l' individualisme moderne, mais du même coup il recrée une société organique en laquelle ce dernier n' a pas droit de cité. De ce fait, il abdique sa liberté (et accessoirement celle des autres) pour se soumettre à la dictature la pire qui soit: celle de tous sur chacun. " Alain GERARD

" Le révolutionnaire professionnel, ce personnage taillé dans une étoffe nouvelle, dépouillé d' intérêts personnels au point de faire de la politique sa seule morale, va se multiplier au XIXème siècle et proliférer au XXème. Dans son célèbre " catéchisme du révolutionnaire ", paru en 1869, Netchaïev brosse, en des termes qui rappellent beaucoup le serment des acolytes de Carrier, le portrait de cet " homme perdu d' avance ", qui " méprise tout doctrinarisme " et a entièrement rompu avec la " parenté, l' amitié, l' amour, la gratitude, l' honneur même ", au profit de " la seule et froide passion pour la cause révolutionnaire ". Prêt à endosser toutes les livrées pourvu qu' elles appartiennent aux extrêmes, fascinant pour les masses atomisées, déstabilisées par la guerre ou par une transition démocratique trop brutale, il est partout prêt à tout pour instaurer le règne de l' unique et de l' indifférencié. Chez cet homme qu' il appelle le terroriste, Herzen remarque une personnalité que nous avons déjà rencontrée, dont il exalte tout à la fois " la pureté naïve de l' ignorance, la foi inconditionnelle dans la justesse et le succès (…). Il y a dans son obscur caractère, ajoute-t-il, une sorte de virginité, et dans son impitoyabilité une bonhomie d' enfant ". Parfois, l' an II sert très explicitement de référence, notamment chez les Russes. " La Terreur de 1793 était majestueuse dans son obscure impitoyabilité ", ajoute encore le même penseur, tandis que pour Lénine " tout le développement de l' humanité civilisée découle de la Grande Révolution française, tout lui est dû ". Ceci dit, le XXème siècle ajoute à cette esquisse au moins trois perfectionnements. Les idéologies d' abord, les unes fondées sur le sens de l' histoire, les autres sur le rôle éminent de telle race, et qui permettent à l' idéocrate d' interner à l' avance des millions d' hommes dans une image avant de les éliminer pour de bon. Egalement, comme le note l' historien Albert Soboul, le parti " strictement discipliné et donc reposant sur un recrutement de classe comme sur une sévère épuration ". Cet instrument de guerre civile, dont les clubs de l' an II ne constituent qu' une pâle esquisse, servira également au révolutionnaire professionnel à se fabriquer des clones et, grâce au cercle des sympathisants, à mieux se protéger du réel. Enfin le camp, tout juste rêvé par Saint-Just et par Chaux à Nantes, et qui, en complément du Parti, constitue l' endroit par excellence où s' expérimente la cité totalitaire. " Alain GERARD

" Comment a-t-on pu, par amour pour le Peuple en général, le massacrer en détail? Si la Révolution française inaugure la modernité politique, la Terreur, cette maladie infantile de la démocratie, paraît bien être grosse d' une telle pratique. (…) A la base de ce drame, la tentation de l' individualisme radical n' est pas seulement lourde de potentialités totalitaires, mais appelle à se défier de ce ferment qui menace de dissoudre la cité démocratique. Le " je " ne peut exister dans le " nous ", la liberté sans la solidarité. Et réciproquement. " Alain GERARD

 

" Pourquoi le mot " génocide " s' applique-il en effet à la Vendée? Pourquoi est-ce même le seul mot qui soit approprié? Parce que le traitement réservé par la Révolution aux Vendéens correspond exactement à la définition de ce mot qui a été donnée par le tribunal de Nuremberg. Qu' entend-on par crime de génocide? C' est le crime contre l' humanité qui consiste dans " la conception, la réalisation, ou la complicité dans " l' extermination partielle ou totale d' un groupe humain de type ethnique, racial ou religieux. " Y eut-il de la part de la Convention la volonté d' exterminer les Vendéens? A l' évidence oui, puisqu' elle vota la loi d' extermination. Il y a donc bien crime de génocide. Ce génocide connut-il une réalisation partielle? Oui. Est-ce que les Vendéens constituent un groupe humain? Oui. De type ethnique? Sûrement pas. Racial? Non plus. Religieux? Sans aucun doute, puisque c' est au nom de leur foi qu' ils ont pris les armes et qu' ils ont été exterminés.

Est-ce qu' on a le droit d' utiliser rétroactivement le mot de génocide? Oui, indiscutablement, d' autant plus qu' il date du XVIIIè siècle: les ministres français l' utilisaient pour dénoncer les excès des Anglais commis sur les Canadiens. Enfin, tout cela est-il bien vrai? On n' est jamais mieux trahi que par ses amis: lisez Gracchus Babeuf. Tout y est. " Ivan GOBRY 1993 in L' envers des Droits de l' homme

 

" Le sang, même des coupables, souille éternellement les Révolutions. " Olympe de GOUGES, auteurs de la " Déclaration des Droits de la Femme et de la citoyenne ", guillotinée en 1793

" Il ne faut admettre que les révolutionnaires, des patriotes ayant le courage de boire un verre de sang humain. " GOULLIN

Ordre de Grignon à ses troupes : " Je sais qu'il peut y avoir quelques patriotes dans ce pays, mais c'est égal, nous devons tout sacrifier. "

" Il n' y a que des brigands dans la Vendée, je veux tous les exterminer, et aujourd' hui, j' ai fait fusiller plusieurs municipaux en écharpe. " GRIGNON

" Camarades, nous entrons dans le pays insurgé. Je vous donne l' ordre de livrer aux flammes tout ce qui sera susceptible d' être brûlé et de passer au fil de la baïonnette tout ce que vous rencontrerez d' habitants sur votre passage. Je sais qu' il peut y avoir quelques patriotes dans ce pays ; c' est égal, nous devons tout sacrifier. " Harangue du général Grignon à ses soldats le 17 janvier 1794

" Amey fait allumer les fours et lorsqu' ils sont bien chauffés, il y jette les femmes et les enfants. Nous lui avons fait des représentations; il nous a répondu que c' était ainsi que la République voulait faire cuire son pain. D' abord on a condamné à ce genre de mort les femmes brigandes, et nous n' avons trop rien dit; mais aujourd' hui les cris de ces misérables ont tant diverti les soldats et Turreau qu' ils ont voulu continuer ces plaisirs. Les femelles des royalistes manquant, ils s' adressent aux épouses des vrais patriotes. Déjà, à notre connaissance, vingt-trois ont subi cet horrible supplice et elles n' étaient coupables que d' adorer la nation (…). Nous avons voulu interposer notre autorité, les soldats nous ont menacés du même sort (…) Le président du district le 25 Janvier s' en étonne: " Tes soldats se disant républicains se livrent à la débauche, à la dilapidation et à toutes les horreurs dont les cannibales ne sont pas même susceptibles … ". Le capitaine Dupuy, du bataillon de la Liberté, adresse à sa soeur les 17 et 26 nivôse (Janvier 1794) deux lettres tout aussi explicites: " Nos soldats parcourent par des chemins épouvantables les tristes déserts de la Vendée … Partout où nous passons, nous portons la flamme et la mort. L' âge le sexe, rien n' est respecté. Hier, un de nos détachements brûla un village. Un volontaire tua de sa main trois femmes. C' est atroce mais le Salut de la République l' exige impérieusement (…) Quelle guerre! Nous n' avons pas vu un seul individu sans le fusiller. Partout la terre est jonchée de cadavres; partout les flammes ont porté leur ravage " (…)

Les délits ne se sont pas bornés au pillage, ajoute Lequenio. Le viol et la barbarie la plus outrée se sont représentés dans tous les coins. On a vu des militaires républicains violer des femmes rebelles sur des pierres amoncelées le long des grandes routes et les fusiller et les poignarder en sortant de leur bras ; on en a vu d' autres porter des enfants à la mamelle au bout de la baïonnette ou de la pique qui avait percé du même coup la mère et l' enfant " (…)

" J' ai vu brûler vif des femmes et des hommes, écrit le chirurgien Thomas. J' ai vu cent cinquante soldats maltraiter et violer des femmes, des filles de quatorze et quinze ans, les massacrer ensuite et jeter de baïonnette en baïonnette de tendres enfants restés à côté de leurs mère étendues sur le carreau… "

" J' ai fait brûler un château appartenant à Lescure, et deux ou trois autres. La journée d' hier a coûté la vie à peut-être trois cents rebelles; de ce nombre se trouve un chevalier de Saint-Louis qui fuyait à cheval avec son domestique; je te fais passer la décoration. " Général GRIGNON

" On ne peut pas nier qu' un peuple en lui-même est un puits d' ignorance et de confusion. C' est pourquoi les gouvernements purement populaires ont été partout éphémères, et, outre des tumultes et des désordres infinis, dont ils étaient pleins durant leur existence, ils ont provoqué la tyrannie ou la ruine définitive de leur ville. " Francesco GUICCIARDINI (1483-1540)

Rapport des représentants Hentz et Francastel : " Vous pouvez être assur&