À LA CONVENTION, UN DÉCRET RAPPORTÉ PAR BARÈRE ORDONNE LE GÉNOCIDE VENDÉEN...
L’ affaire de Vendée souligne la passion religieuse de la révolution. Le ressort insurrectionnel y est religieux: les nobles ne paraissent qu' en acteurs tardifs; si le roi est invoqué, il est induit de l' appel à Dieu, à la tradition catholique. L' été 1793, la dictature du Comité de Salut Public est instaurée. Terreur et vertu sont à l' ordre du jour. Le gouvernement, par obsession idéologique, règne en faisant planer la peine de mort sur ses serviteurs comme sur tout citoyen. Le 1" août 1793, à la Convention, un décret rapporté par Barère ordonne de détruire la Vendée. Il sera appliqué à partir de janvier 1794. La guerre civile devient terreur organisée depuis Paris dans l' intention de détruire, outre les rebelles, population, fermes, cultures et autres « berceaux de brigands ». La guillotine ne suffit plus; dès décembre 1793, Carrier a recouru aux noyades collectives. Les troupes républicaines, divisées en « colonnes infernales », ont mission de brûler sur leur chemin toute habitation et d' exterminer les populations. L' opération dure jusqu' en mai 1794. Barère déclare à la Convention: « Le Comité, d' après votre autorisation, a préparé des mesures qui tendent à exterminer cette race rebelle. L' humanité ne se plaindra pas, c' est faire son bien que d' extirper le mal » ; et Tureau, commandant en chef de l' Armée de l' Ouest: « Je vous donne l' ordre de livrer aux flammes tout ce qui est susceptible d' être brûlé et de passer au fil de l' épée tout ce que vous rencontrerez d' habitants ». Un camp d' extermination est créé à Noirmoutier, un atelier de tannage de peau humaine à Pont-de-Cé. Pierre Chaunu a observé « Si nous n' avons jamais eu d' ordre écrit de Hitler concernant le génocide juif, nous possédons ceux de Barère et de Carnot relatifs à la Vendée ». L' article L 211 -1 de notre Code pénal le stipule: « Constitue un génocide le fait en exécution d' un plan concerté tendant à la destruction partielle ou totale d' un groupe national, ethnique, racial ou religieux ( ... ), de commettre l' un des actes suivants: atteinte à l' intégrité physique ou psychique, etc. ». Il y a eu un génocide vendéen.
La terreur n' est pas liée à la situation militaire qui s' est redressée, ni aux pressions populaires. Selon Furet, « la Révolution française ne pense les résistances réelles ou imaginaires qui lui sont opposées que sous l' angle d' un gigantesque et permanent complot qu' elle doit briser sans cesse ». C' est pourquoi « la Terreur est ce régime où les hommes au pouvoir désignent les exclus pour épurer le corps de la nation. Les paysans vendéens ont eu leur tour, Danton attend le sien ». Ce constat ne signifie pas qu' il n' y a pas de différence entre 1789 et 1793, mais la culture politique qui conduit à la terreur existe dans la Révolution française dès l' été 1789. En même temps, la déchristianisation se déchaîne, anarchique. Voyez le journal d' Hébert, Le Père Duchesne, et des représentants en mission, comme Fouché à Nevers, mènent une campagne d' extirpation du culte catholique, saisi comme pratique liée à la malédiction de l' Ancien Régime. La Commune de Paris s' en mêle avec ses mascarades antireligieuses, la fermeture des églises. Un anticléricalisme populaire urbain trouve dans la Révolution un culte de substitution et la majorité de la Convention qui adopte le calendrier républicain est antireligieuse.
" Nous n' avons pas de conception stratégique; nous n' avons même pas de conception tactique; nous n' avons qu' une conception purement mécanique. Etonnez-vous alors qu' on appelle les hommes du matériel humain et qu' on les fasse détruire comme tels. Dès lors que vous êtes devant une conception mécanique, il n' y a plus de place pour la personnalité de qui que ce soit, il ne s' agit plus d' individus, mais d' une collectivité. " Léon ACCAMBRAY, député radical socialiste de l' Aisne devant l' Assemblée nationale au sujet de la direction de la guerre 14-18
" Les supplices de tous genres (…), les bourreaux multipliés partout, nous ont fait de si mauvaises mœurs! Les maîtres, au lieu de nous policer, nous ont rendu barbares. " Gracchus BABEUF
" Nous croyons que quand on agit pour le peuple, rien ne peut être mal, erreur ou crime. " BACHELIER
" Les femmes, raconte Barrion, étaient violées, pillées, mutilées " par ceux-là même auxquels elles avaient préparé leur souper. "
" Ces enfants ont sucé un mauvais lait; le sang qui coule dans leur veines est de toute impureté. " BACHELIER
Par décret du 2 août 1793, la Convention a ordonné la destruction systématique et l'incendie de tout le pays, récoltes comprises, en même temps que la mise à mort des rebelles. ( Liberté, Egalité, Fraternité, Droits de l'Homme …)
Décret du 1er novembre 1793, sur rapport de Barère : " Toute ville qui recevra dans son sein des brigands ou qui ne les aura pas repoussés avec tous les moyens dont elle est capable, sera punie comme une ville rebelle, et en conséquence elle sera rasée. "
" Ce n' est plus aujourd' hui qu' il faut se parer d' une vaine pitié, ce n' est plus le temps de faire grâce; il faut que nous périssions ou que nous exterminions nos ennemis. " BARERE
" Le comité a pris des mesures qui tendent à exterminer cette race rebelle des vendéens. " BARERE
" Le département qui a trop longtemps porté l'effroyable et perfide nom de Vendée, n'est en ce moment qu'un monceau de cendres et un vaste désert. " BARERE le 5 novembre 1793
" Le comité a pris des mesures qui tendent à exterminer cette race rebelle des Vendéens… C'est à Mortagne, à Cholet, à Chemillé, que la médecine politique doit employer les mêmes moyens et les mêmes remèdes. " BARERE
" Carrier a fait périr par les eaux des milliers d' hommes sans jugement préalable. " Etudiant BAUDRY
" Une société d' athées pratiquerait les actions civiles et morales aussi bien que les pratiquent les autres sociétés, pourvu qu' elle attachât de l' infamie à certaines choses. " BAYLE
" Cette guerre de brigands, de paysans, sur laquelle on a jeté tant de ridicule, que l'on dédaignait, que l'on affectait de regarder comme si méprisable, m'a toujours paru pour la République comme la plus grande partie, et il me semble maintenant qu'avec nos autres ennemis nous ne ferons que peloter " Général BEAUPUY
" C' est bel et bien cette révolution infernale comme ses colonnes qui a inventé le crime irrémissible, indélébile, et ses méthodes abjectes que l' on a retrouvées un siècle et demi plus tard dans l' empire du mal stalinien, dans l' enfer maoïste et dans la géhenne cambodgienne. Autant d' horreurs qui semblent confirmer le fameux mot: " Hitler, petit agitateur sous Staline " (…)
Si la France n' a jamais été le bourreau (durant la seconde guerre mondiale), puisqu' elle n' avait aucun pouvoir de s' opposer aux exigences de l' occupant, la France a en revanche été la victime d' un génocide voulu par les inventeurs de toutes les idéologies pourvoyeuses de charniers géants. (…)
Comment peut-on imaginer que des criminels contre l' humanité comme Robespierre, Carnot aient donné leur nom à des collèges, à des lycées, à des rues; ou que d' autres, comme Amey, Turreau… aient leur nom sur l' Arc de Triomphe? Comment peut-on accepter que l' histoire officielle, notamment celle enseignée aux élèves, fasse des bourreaux des " saints laïcs " et des victimes des " brigands ", des " traîtres " à la patrie? Cette inversion tenace des faits est intolérable. " Serge de BEKETCH
« La postérité ne croira jamais que des hommes qui avaient sans cesse à la bouche les saints noms de liberté, d’ égalité, de fraternité aient pu se livrer contre leurs frères à des atrocités semblables. » Citoyen BENABEN dans un rapport au commissaire du Maine-et-Loire, publié en 1795
« Il est impossible que la République puisse se maintenir si la Vendée n’ est pas entièrement réduite sous le joug. Nous ne pourrons nous-mêmes croire à notre sûreté que lorsque les brigands qui infestent l’ ouest depuis deux années auront été mis dans l’ impuissance de nous nuire et contrarier nos projets, c' est-à-dire lorsqu’ ils auront été exterminés. C’ est déjà un sacrifice trop honteux d’ avoir été réduits à traiter de la paix avec des rebelles ou plutôt avec des scélérats dont la très grande majorité a mérité l’ échafaud. Sois convaincu qu’ ils nous détruiront si nous ne les détruisons pas. (…) Il faut, s’ il est nécessaire, employer le fer et le feu, mais en rendant les Vendéens coupables aux yeux de la nation du mal que nous leur ferons. » courrier signé de sept conventionnels (Tallien, Treillard, Sieyès, Doulcet, Rabaut, Marec, Cambacérès) expédié au représentant du peuple Guezno
« La Vendée est exténuée, sa population étonnamment réduite, le fer et la flamme ayant laissé de terribles signes de dévastation. » BERNADOTTE
" Un massacre n' est pas un génocide. (…) Pour rester dans la positivité historique et dans les limites du XXe siècle, je propose d' accepter par convention qu' un génocide au sens propre, relativement au simple massacre, réclame le critère suivant: il faut que la tuerie ait été préméditée dans le cadre d' une idéologie se donnant pour but d' anéantir une partie de l' humanité afin de faire advenir sa conception du bien. Le plan de destruction doit englober la totalité du groupe visé, même s' il n' est pas conduit jusqu' au bout pour des raisons d' impossibilité matérielle ou de revirement politique. Le seul précédent connu pourrait bien être la Vendée, qui selon les ordres donnés par la Convention devait être " détruite " dans sa totalité. Carrier écrivait: " C' est par principe d' humanité que je purge la terre de la liberté de ces monstres ". De fait, dans la zone de destruction, on purgea un bon quart de la population, ce qui est proche des performances du XXe siècle. " Alain BESANCON in Le malheur du siècle
" L' esprit de l' armée est corrompu par le pillage, et le cœur du soldat abruti par le meurtre et le carnage. " BO et INGRAND
" J' ai été instruit, comme toute la ville, des noyades: on en faisait des fêtes; on donnait même des repas à ce sujet. " BOIVIN
" Je te préviens que tout le village d' Yzernay a été incendié hier sans y avoir trouvé ni homme ni femme. Il restait quatre moulins à vent que j' envoie incendier ce matin, n' en voulant pas laisser un seul. J' ai fait brûler ce matin toutes les maisons qui restaient à Maulévrier, sans en excepter une seule, si ce n' est l' église où il y a encore beaucoup d' effets qu' il serait à propos d' envoyer chercher de suite.. Le bourg de Toutlemonde a été incendié avant-hier … " CAFFIN
" Je te préviens que j' irai demain matin, avec ma colonne, brûler ce bourg (la Gaubretière), tuer tout ce que j' y rencontrerai sans considération, comme le repaire de tous les brigands. Tout y passera pas le fer et par le feu… " CAFFIN le 3 février 1794
" Il est impossible que la République puisse se maintenir si la Vendée n' est pas entièrement réduite sous le joug. Nous ne pourrons nous-mêmes croire à notre sûreté que lorsque les brigands qui infestent l' ouest depuis deux années auront été mis dans l' impuissance de nous nuire et contrarier nos projets, c' est-à-dire lorsqu' ils auront été exterminés. C' est déjà un sacrifice trop honteux d' avoir été réduits à traiter de la paix avec des rebelles ou plutôt avec des scélérats dont la très grande majorité a mérité l' échafaud. Sois convaincu qu' ils nous détruiront si nous ne les détruisons pas. (…) Il faut, s' il est nécessaire, employer le fer et le feu, mais en rendant les Vendéens coupables aux yeux de la nation du mal que nous leur ferons. " Courrier signé de sept conventionnels (Cambacérès, Doulcet, Marec, Rabaut, Sieyès, Tallien et Treillard) expédié au représentant du peuple Guezno.
Déclaration des Commissaires républicains Morel et Carpenty à la Convention le 24 mars 1794: « A Montournais, aux Epesses el dans plusieurs autres lieux, le général Amey fait allumer les fours et, lorsqu' ils sont bien chauffés, il y jette les femmes et les enfants. »
" Les femmes, les enfants, les vieillards, les individus entraînés par la violence ne méritent sans doute par le même sort que les monstres qui ont ourdi la révolte, mais il s' agit là d' une indulgence absurde et meurtrière. " CARNOT
" Après avoir écrit de sa main, en tête de son papier la devise: " Liberté, Fraternité, Egalité ou la Mort ", Turreau envoie les instructions suivantes à ses lieutenants: " Tous les brigands qui seront trouvés les armes à la main, ou convaincu de les avoir prises, seront passés au fil de la baïonnette. On agira de même avec les femmes, filles et enfants (…) Les personnes seulement suspectes ne seront pas plus épargnées. Tous les villages, bourgs, genêts et tout ce qui peut être brûlé sera livré aux flammes. "
" Extermine les brigands jusqu' au dernier, voilà ton devoir. " Adresse du 8 février 1794 du Comité de Salut Public à Turreau par l' intermédiaire de Carnot.
" Nous ferons de la France un cimetière plutôt que de ne pas la régénérer à notre façon. " CARRIER
On retiendra un nombre médian de l'ordre de 400 000 morts pour les guerres de Vendée. …
" C'est par principe d'humanité que je purge la terre de la Liberté de ces monstres " CARRIER
" Les individus ne sont rien pour moi, ma chère République et son salut, voilà l' objet perpétuel de mes soins. " et CARRIER de préconiser encore au Comité d' établir " le despotisme de la liberté " (sic!)
" Mes opérations militaires vont à grands pas; tous les jours des arrestations, la guillotine en permanence, des scélérats suppliciés, des accaparements découverts, voilà quel en est le résultat continuel. " CARRIER
" Aussitôt que la nouvelle de la prise de Noirmoutier me sera parvenue, j' enverrai un ordre impératif aux généraux Dutruy et Haxo de mettre à mort dans tous les pays insurgés tous les individus de tout sexe qui s' y trouveront indistinctement, et d' achever de tout incendier; car il est bon que vous sachiez que ce sont les femmes avec les prêtres qui ont fomenté et soutenu la guerre de la Vendée, que ce sont elles qui ont fait fusiller nos malheureux prisonniers, qui en ont égorgé beaucoup, qui combattent avec les brigands et qui tuent impitoyablement nos volontaires, quand elles en rencontrent quelques-uns détachés dans les villages. C' est une engeance proscrite, ainsi que tous les paysans, car il n' en sera pas un seul qui n' ait porté les armes contre la République, dont il faut absolument et totalement purger son sol. " CARRIER
" Un département dont tous les habitants doivent être fusillés n' a pas besoin de subsistances. " CARRIER
" Pour moi, bien pénétré des devoirs que m' imposent la véritable justice et le bonheur du peuple, je remplirai ma mission toujours avec la même inflexibilité. La Vendée sera dépeuplée, mais la République sera vengée et tranquille. " CARRIER
" Vous qui avez porté le nom d' armée infernale, je vous conjure, au nom de la Loi, de mettre le feu partout et de n' épargner personne, ni femmes ni enfants, de tout fusiller, de tout incendier.(…) Il faut tout exterminer, tout incendier; des soldats vraiment républicains ne doivent jamais se laisser émouvoir par une fausse pitié, rien de plus beau que de savoir sacrifier tous sentiments humains à la vengeance nationale. " CARRIER
" Tous les brigands sur la rive droite de la Loire sont enfin exterminés (…). Nous en avons fait une boucherie telle qu' on n' en entendra plus parler. " CARRIER
" Cinquante-huit individus, désignés sous la dénomination de prêtres réfractaires, sont arrivés d' Angers à Nantes: aussitôt ils ont été enfermés dans un bateau sur la Loire; la nuit dernière, ils ont été tous engloutis dans cette rivière. " CARRIER
Le génocide des Lucs sur Boulogne
Mémoire de la République
Compte-rendu du citoyen CHAPELAIN, porte-parole des valeurs de la République, aux Lucs-sur-Boulogne, le 28 février 1794: : "Aujourd' hui journée fatigante, mais fructueuse. Pas de résistance. Nous avons pu décalotter, à peu de frais, toute une nichée de calottins qui brandissaient leurs insignes du fanatisme. Nos colonnes ont progressé normalement " (Les fameuses colonnes infernales républicaines qui ont égorgé et noyé des centaines de milliers de Vendéens, quand ce n' était pas en les dépeçant pour envoyer leur peau à des tanneries...
Marie-Modeste AIRIAU, 5 ans et 7 mois Thomas AIRIAU, 10 mois, Joseph ARCHAMBAUD, 20 mois Agathe ARNAUD, 4 ans et demi Etienne BERIAU, 15 jours, Marie-Madeleine BERIAU, 2 ans et 11 mois Jeanne BERIAU, 4 ans Marie BERNARD, 3 ans Céleste BOISSELEAU, 6 ans Pierre BOISSELEAU, 6 ans et demi François BOSSIS, 7 mois Joseph BOSSIS, son frère, 23 mois Louis BOSSIS, autre frère, 5 ans Pierre BOUET, 27 mois Louis BOURON, 3 mois Madeleine BOURON, sa cousine, 3 ans Marie CHARUAU, 2 ans Marie-Madeleine CHARUAU, sa sœur, 4ans et 3 mois Jean CHARRIER, 3 ans Marie DAVIAUD, 1 mois Pierre DAVIAUD, son frère, 5 ans et 8 mois Jeanne DAVIAUD, 2 ans et 11 mois Pierre DAVIAUD, son frère, 4 ans et 10 mois Louis EPIARD, 5 ans et 10 mois Jean-François ERCEAU, 27 mois Pierre FETIVEAU, 27 mois N…FETIVEAU, son frère, 3 mois Jeanne FEVRE, 5 ans et demi Suzanne FORGEAU,20 mois Rose-Aimée FORT, 31 mois Pierre-René FORT, son frère, 5 ans et 9 mois Marie-Anne FOURNIER, 30 mois Jacques FOURNIER, son frère, 5 ans et 5 mois Marie GARREAU, 7 ans Marie-Anne GAUTRET,7 ans Pierre GEAI, 25 mois Jean GIRARD, 1 an Marie-Jeanne GIRARD, sa sœur, 4 ans et 2 mois Pierre GIRARD, leur frère, 6 ans et 4 mois Pierre GOUIN, 1 an Louis GRALEPOIS, 13 mois Jeanne GRALEPOIS, 5 ans Pierre GRATON, 3 ans et 4 mois Jeanne GRIS, 5 mois Pierre GRIS, son frère, 5 ans Lubin GUILLET, 6 ans Marie GUITET, 4 ans et demi Marie HERMOUET, 5 mois Louis HIOU, 2 ans et 11 mois Marie-Anne JOLI, 27 mois Marie MALARD, 4 ans Jean MALIDIN, 18 mois Marie MALIDIN, sa sœur, 3 ans et 11 mois Jeanne MALIDIN, 3 ans Rose MALIDIN, sa sœur, 6 ans et 2 mois Joseph MANDIN, 23 mois Louis MANDIN, son frère, 5 ans et 9 mois Véronique MARTIN, 1 an Marie-Françoise MARTIN, 2 ans Louise MARTIN, sa sœur, 5 ans et 4 mois Rosalie MARTIN, 2 ans et 10 mois Louise MARTIN, sa sœur, 5 ans et 3 mois Rosalie MARTINEAU, 2 ans et 11 mois Jean MIGNEN, 1 an Louise MINAUD, 15 jours Louise-Marie MINAUD, sa sœur, 15 mois Jean MINAUD, leur frère, 5 ans et 3 mois Pierre MINAUD, autre frère, 6 ans et 11 mois Jeanne MINAUD, 15 mois André MINAUD, son frère, 4 ans et 2 mois Véronique MINAUD, leur sœur, 6 ans et 8 mois Pierre MINAUD, leur cousin, 4 ans Louise MINAUD, 33 mois Marie-Anne MINAUD, sa sœur, 6 ans et 11 mois Anne MORILLEAU, 2 ans Céleste MORILLEAU, sa sœur, 6 ans et 5 mois Jean PERROCHEAU, 5 ans et 3 mois Pierre POGU, 22 mois Jean POGU, son frère, 5 ans Rose PREVIT, 10 mois Marie PREVIT, sa sœur, 6 ans Rose REMAUD, 4 ans et 11 mois Marie REMAUD, 4 ans et demi Pierre RENAUD, 18 mois Catherine RENAUD, sa sœur, 3 ans et demi Jeanne RENAUD, leur cousine, 4 ans Marie-Anne RENAUD, 4 ans Pierre RENAUD, son frère, 6 ans et demi Marie RICOULEAU, 22 mois Jeanne ROBIN, 5 ans Marie-Anne RORTAIS, 4 ans Jeanne ROUSSEAU, 23 mois Jean ROUSSEAU, son frère, 3 ans et 11 mois Louis ROUSSEAU, autre frère, 7 ans Victoire ROUSSEAU, cousine, 11 mois Jeanne ROUSSEAU, sa sœur, 4 ans Jeanne SAVARIAU, 5 ans et 10 mois Pierre SIMONEAU, 6 mois Jean SIMONEAU, son frère, 4 ans et 10 mois Jacques SIMONEAU, 18 mois Joseph, SIMONEAU, cousine, 8 mois Henri SORET, 2 ans Jacques SORIN, 5 mois Jean SORIN, son frère, 3 ans et 3 mois Madeleine TENET, 7 ans Louis VRIGNAUD, 23 mois Marie-Jeanne VRIGNAUD, 3 ans Jean-Baptiste VRIGNAUD, son frère, 4 ans et 5 mois
La mémoire de ces enfants-là ne sera portée par aucun élève de l' école de la république des Lumières.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Massacre_des_Lucs-sur-Boulogne
Mémorial : On peut visiter le Mémorial de Vendée qui témoigne de cet événement. À l' occasion de son inauguration, le 25 septembre 1993, Alexandre Soljenitsyne prononça un discours resté célèbre, où il fit un parallèle entre l' esprit qui animait les hommes politiques appliquant la Terreur et le totalitarisme soviétique.
Massacre des Lucs-sur-Boulogne: Un article de Wikipédia, l' encyclopédie libre:
Le Massacre des Lucs-sur-Boulogne est la tuerie la plus célèbre perpétrée par les troupes républicaines des colonnes infernales pendant la guerre de Vendée. Sa notoriété est surtout due au fait que les noms des victimes aient été conservés. Toutefois, pendant les colonnes infernales, cet acte n' était guère exceptionnel, de janvier à mai 1794, d' autres villages connurent des sorts semblables.
Déplacement de la colonne infernale Le 28 février 1794, 150 ans avant Oradour sur Glane, tuant et incendiant sur leur passage, les colonnes des généraux Cordellier et Crouzat se dirigent vers le village des Lucs-sur-Boulogne. Mais sur le chemin, ils sont attaqués par Charette et mis en déroute. Cependant, après sa victoire, Charette, obligé de pratiquer la guérilla, se retire. Martincourt, un lieutenant de Cordellier s' en aperçoit et après avoir rallié plusieurs fuyards, se dirige vers Les Lucs avec l' intention d' y exercer des représailles.
Le massacre: Les républicains, une fois rentrés dans le village, rassemblèrent la population devant l' église. Les villageois n' étaient guère en mesure de se défendre, la population présente comptait principalement des vieillards, des femmes, des enfants dont 109 avaient moins de 7 ans. La quasi-absence d' hommes adulte convainquit les républicains que ces derniers avaient participé aux combats sous les ordres de Charette. Matincourt avait choisit de ne pas faire de quartier, de plus, il souhaitait que l' opération se fasse en économisant le plus de cartouches possible. Les soldats firent donc rentrer la population dans l' église jusqu' à ce que, tout à coup, la cohue ne s' arrête. L' église s'avèrerait être trop petite pour pouvoir contenir toute la population du village. Les républicains mirent donc leurs baïonnettes aux canons, chargèrent et massacrèrent toutes les personnes restées à l' extérieur. Les portes de la chapelle furent ensuite fermées, emprisonnant les civils à l' intérieur. L' église fut ensuite incendiée et des tirs de canons provoquèrent son éboulement. Toute la population: les 564 personnes avaient été massacrées. Le soir, un soldat nommé Chapelain écrivit dans son journal: "Aujourd' hui journée fatigante, mais fructueuse. Pas de résistance. Nous avons pu décalotter, à peu de frais, toute une nichée de calottins qui brandissaient leurs insignes du fanatisme. Nos colonnes ont progressé normalement." ."(les fameuses colonnes infernales républicaines qui ont égorgé et noyé des centaines de milliers de Vendéens, quand ce n' était pas en les dépeçant pour envoyer leur peau à des tanneries)
Comment dit-on "Oradour" en Vendéen?
Honneur et paix à leur âme à tous ces Enfants de France in Christo rege!
" Au fond de ces divers systèmes repose un remède héroïque avoué ou sous-entendu: ce remède est de tuer. " CHATEAUBRIAND
" Expérimenté, comme in vitro, en Vendée, le massacre humanitaire trouvera au XXe siècle ses champs de prédilection. On ne dira jamais assez le coût du mensonge officiel du voile posé sur l' infamie. " Pierre CHAUNU de l' Institut
" La Révolution française a fait plus de morts en un mois au nom de l' athéisme que l' Inquisition au nom de Dieu pendant tout le moyen âge et dans toute l' Europe. " Pierre CHAUNU de l' Institut
" La Révolution nous donne une bonne leçon de choses sur l' évènement, sur l' épaisseur de la bêtise, sur le poids du crime et du mensonge, le pire de tous les crimes. Aucune période de notre histoire n' en a été plus fertile. " Pierre CHAUNU de l' Institut 1989 in Le grand déclassement
" Il faut sauver les valeurs de la République. " Jacques CHIRAC élections présidentielles 2002
" Il faut se dévouer aux haines, aux vengeances longues, héréditaires, éternelles, lorsqu' on accepte de pareilles missions. " COLLOT D' HERBOIS
" Tuez les brigands au lieu de brûler les fermes, faites punir les fuyards et les lâches et écrasez totalement cette horrible Vendée… Combine avec le général Turreau les moyens les plus assurés de tout exterminer dans cette race de brigands… " Adresse du Comité de Salut Public au représentant Dembarrère
Autant dire que la glorieuse révolution de la gueuse et de la secte noire maçonnique satanique n' est rien d' autre que leur crotte stérile en jet continu! Fernand CORTES de CONQUILLA
Et puisqu' avec Monsieur Sarkozy la mode est à l' ouverture à gauche, comment ne pas se rappeler que, durant la dernière guerre, les deux partis officiellement collaborationnistes avec le régime nazi étaient dirigés par deux tristes sires, Déat et Doriot, issus le premier du parti socialiste, le second membre du comité central du parti communiste, fondateurs l' un du " Parti socialiste de France " et l' autre du " Parti populaire français ", tandis que l' auteur et promoteur du statut des Juifs de Vichy et des lois anti-juifs, monsieur Maurice Duverger était lui-même une autre grande figure du socialisme français, socialisme français dont la participation de membres éminents à la politique de collaboration n' a cessé de croître au fil de la guerre avec l' emprise allemande? Déjà en 1939, trois mois après l' épouvantable " nuit de Cristal " où les pogroms se sont multipliés en Allemagne, la France politique issue du Front populaire (socialiste) signait avec Hitler un traité d' amitié et de coopération. Sic!
Hitler n' ignorait pas l' effrayante réalité du plus grand génocide de l' humanité (plusieurs dizaines de millions de morts, beaucoup plus qu' à Auschwitz!!!) tel que relaté par Soljenitsyne dans le tome II de son livre " Deux siècles ensemble ", perpétré dans cette Russie bolchevique par quelques socialistes de confession juive, et dont il a commis l' erreur de l' imputer à l' ensemble de la communauté juive, communauté pas plus responsable de ce génocide que l' extermination de six millions de juifs par la folie fanatique de quelques socialistes de confession nationaliste, à l' ensemble de la communauté allemande. (C' est en 1936 que Isaï Davidovitch Berg s' est illustré en inventant la " chambre à gaz " pour la commodité d' extermination de quelques chrétiens orthodoxes en délicatesse avec le socialisme rouge, sans se douter qu' avant dix ans six millions de ses coreligionnaires auront péri du fruit de sa fertile imagination au nom d' un autre socialisme, noir cette fois-ci)
Rapport de Cordelier : " J'ai fait passer derrière la haie (pour exécution à coups de baïonnette) environ six cents particuliers des deux sexes. "
" Ce dieu morbide est une arme pour les tyrans qui exigent en son nom que les hommes se soumettent, tuent et se tuent pour un idéal de pureté qu' aucune trace de bonheur ne viendra souiller. Ce dieu tyrannique organise l' agréable solidarité de ceux qui lui obéissent à mort et conduit comme un seul homme son groupe d' adorateurs qui doivent ignorer, mépriser et même éliminer les hommes des autres groupes qui ne croient pas au même dieu. " Boris CYRULNIK 2006 in De chair et d' âme
Au Mans, en décembre 1793, on fusille par feux de peloton, on écrase les enfants, on viole les femmes. Dans un délire de sadisme, on introduit dans le corps des victimes des cartouches auxquelles on met le feu. On embroche avec des fourches des femmes encore vivantes. Westermann, le lendemain, organise une battue pour sabrer les rescapés.
A Nantes, où ont été entassés les prisonniers faits à Savenay, le conventionnel Jean-Baptiste Carrier commence par fusiller par groupes de cent ou deux cents. Cette méthode lui semble trop peu expéditive, et l'entassement des cadavres propagent des épidémies. Pourquoi ne pas charger la Loire du soin de débarrasser la République de ceux qui refusent ses bienfaits ? Il fait couler dans le fleuve une gabarre sur laquelle quatre-vingt-dix prêtres ont été entassés. Ce n'est qu'un premier essai. La technique des noyades est mise au point : chaque nuit, dans les prisons, on prélève cent ou deux cents détenus, on les jette dans les bateaux à fond de cale, et sabords et ponts dûment cloués, on fait couler bas les embarcations. Carrier appelle ces baignades des " déportations verticales ". Si des hommes et des femmes périssent de la sorte ligotés ensemble, il en fait des " mariages républicains ". Après ces exploits, la Loire, promue au rang de " baignoire nationale ", charrie des corps dont se repaissent les poissons et les corbeaux : le chargé de mission de la Convention peut se targuer d'avoir noyé quatre ou cinq mille hommes, femmes et enfants. Mais il se vante et il en rajoute : en six noyades, des calculs plus modérés portent sur 1 800 victimes, dont peut-être 800 pour la baignade la plus réussie. Et il se peut que les " mariages républicains " relèvent de la propagande révolutionnaire.
« Il y a un an que je crie contre toutes les horreurs desquelles j’ ai été le malheureux témoin. (…) Je te déclare qu’ il n‘ existe pas un officier général dans la Vendée qui puisse donner des éclaircissements plus sincères et plus détaillés que moi. (…) Je dirai et je prouverai quand on le voudra que j’ ai vu massacrer des vieillards dans leurs lits, égorger des enfants sur le sein de leurs mères, guillotiner des femmes enceintes et une le lendemain de ses couches (à Laval), que j’ ai vu brûler des magasins immenses de grains et de denrées de toute espèce, par quel ordre, à quelle heure et dans quel lieu. (…) Je prouverai qu’ on ne s’ est pas contenté de noyer à Nantes, mais que ce genre de supplice avait lieu à trente lieues en remontant la Loire. Les atrocités qui se sont commises sous mes yeux ont tellement affecté mon cœur que je ne regretterai jamais la vie.
Je démontrerai invinciblement que beaucoup de gens qui sont actuellement des philanthropes étaient alors de grands scélérats. (…) je parlerai en face aux cannibales et je te somme au nom du Salut Public de faire part de ma lettre à la Convention. » Général DANICAN
" Il y a un an, écrit le général de brigade Danican à Bernier le 20 octobre 1794, que je crie contre toutes les horreurs desquelles j' ai été le malheureux témoin. Plusieurs citoyens m' ont pris pour un extravagant (…) mais je dirai et je prouverai quand on le voudra que j' ai vu massacrer des vieillards dans leur lit, égorger des enfants sur le sein de leurs mères, guillotiner des femmes enceintes et même le lendemain de leurs couches, que j' ai vu brûler des magasins immenses de grains et de denrées de toutes espèces (…). Accablé de besogne et d' inquiétude, il m' est impossible de faire un récit précis, mais si j' étais appelé en témoignage, il ne me faudrait que huit jours pour faire un mémoire dans lequel j' exposerais à tous les vrais amis de la République les intrigues de cette guerre sur laquelle on a constamment menti. Les crimes de Bouchotte et de tous les saltimbanques qu' il plaçait à la tête de nos armées pour les faire battre. Je prouverais qu' on ne s' est pas contenté de noyer à Nantes mais que ce genre de supplice avait lieu à trente lieues en remontant la Loire. Les atrocités qui se sont commises sou mes yeux ont tellement affecté mon cœur que je ne regretterai jamais la vie (…). Je parlerai en face aux cannibales. "
" Ecrasez totalement cette horrible Vendée " DEMBARRIERE
… La tolérance est une forme de la tyrannie, puisque comme dit Mirabeau, l' autorité qui tolère pourrait ne pas tolérer. C' est notre cas. " Albert DE MUN
Rapport de Duquesnoy : " J'ai brûlé et incendié toutes les maisons et égorgé tous les habitants que j'y ai trouvés. "
A Nantes, où ont été entassés les prisonniers faits à Savenay, le conventionnel Jean-Baptiste Carrier commence par fusiller par groupes de cent ou deux cents. Cette méthode lui semble trop peu expéditive, et l' entassement des cadavres propagent des épidémies. Pourquoi ne pas charger la Loire du soin de débarrasser la République de ceux qui refusent ses bienfaits? Il fait couler dans le fleuve une gabarre sur laquelle quatre-vingt-dix prêtres ont été entassés. Ce n' est qu' un premier essai. La technique des noyades est mise au point: chaque nuit, dans les prisons, on prélève cent ou deux cents détenus, on les jette dans les bateaux à fond de cale, et sabords et ponts dûment cloués, on fait couler bas les embarcations. Carrier appelle ces baignades des " déportations verticales ". Si des hommes et des femmes périssent de la sorte, ligotés ensemble, il en fait des " mariages républicains ". Après ces exploits, la Loire, promue au rang de " baignoire nationale ", charrie des corps dont se repaissent les poissons et les corbeaux: le chargé de mission de la Convention peut se targuer d' avoir noyé quatre ou cinq mille hommes, femmes et enfants. Mais il se vante et il en rajoute: en six noyades, des calculs plus modérés portent sur 1 800 victimes, dont peut-être 800 pour la baignade la plus réussie. Et il se peut que les " mariages républicains " relèvent de la propagande révolutionnaire.
" Il n' y a pas 4 000 âmes à sa suite (de Charette, embarrassé par ceux qui cherchent protection auprès de lui), comptant femmes, enfant, vieillards, car tout s' en mêle et je tue tout. " DUTRUY au Comité de salut public
« La dernière pierre que l’ on arracha à la Bastille servit de première pierre aux chambres à gaz d’ Auschwitz. » Israël ELDAD Historien juif.
" Vihiers est une petite ville, la moitié brûlée. Nous avons brûlé tous les villages en y allant depuis Doué jusqu' à Vihiers, où nous avons arrivés à minuit bien fatigués. Chacun s' est logé. Comme il y a peu, nous avons fait ribote toute la nuit. Nous avions apporté de quoi bouffer. Le vin était pour rien dans l' auberge. La cuisson de même. " Elie EYQUARD, volontaire de la Gironde, le 20 janvier 1794
" On n' a point assez incendié dans la Vendée; (…) il faut que pendant un an nul homme, nul animal, ne trouve de subsistance sur ce sol. " FAYAU
" Ces terres sont bonnes et peuvent facilement se passer de fumier, vu la quantité de brigands qui les engraisse. " FELIX, Président de la commission militaire d' Angers
Lettre du représentant Francastel au Comité de Salut Public : " Le fer et la flamme n'ont pas encore été assez employés dans ce maudit pays. "
" L' infâme Vendée est la proie des flammes et devient un monument durable à la toute-puissance nationale. " FRANCASTEL
" Il nous faut des hommes révolutionnaires qu' une fausse pitié n' amollit pas. Indulgence, oubli du passé, compassion, sensibilité, tous ces beaux noms ne recouvrent que faiblesse, modérantisme et perfidie. (…) Je compte sur vous. Je connais vos principes, vote inflexibilité républicaine, votre intention immuable de purger, de saigner jusqu' au blanc la génération vendéenne. " FRANCASTEL
" La folie de la Révolution fut de vouloir instituer la vertu sur Terre. Quand on veut rendre les hommes bons et sages, libres, modérés, généreux, on est amené fatalement à vouloir les tuer tous. " Anatole FRANCE
INVENTION DES FOURS CREMATOIRES par la république française, aux " Herbiers " en Vendée en 1793: « Amey fait allumer des fours et, lorsqu’ il sont bien chauffés, il y jette les femmes et les enfants. Nous lui avons fait des représentations, il nous a répondu que c’ était ainsi que la République voulait faire cuire son pain. D’ abord, on a condamné à ce genre de mort les femmes brigands, et nous n’ avons trop rien dit; mais aujourd’ hui les cris de ces misérables ont tant diverti les soldats et Turreau qu’ ils ont voulu continuer ces plaisirs. Les femelles de royalistes manquant, ils s’ adressent aux épouses des vrais patriotes, et elles n’ étaient coupables que d’ adorer la nation. » Officier de police GANNET, Archives historiques de l’ Armée B5 8, Fort de Vincennes
Lettre du représentant Garnier au Comité de Salut Public : " On m'assure que l'armée de Brest leur a tué trois mille femmes. Elles jetaient leurs enfants dans la rivière du Pont-aux-baux, et tout le pays dans les environs est jonché de morts. Cependant on les trouve encore partout comme des nuées de sauterelles, et on serait presque tenté de croire qu'elles ressuscitent, si leurs cadavres empestiférés ne justifiaient le contraire. "
" Tout est exécrable dans ce malheureux pays, et cette race doit être anéantie jusqu' au dernier. " GARNIER de SAINTES
" Nous ne laisserons aucun corps hétérogène dans la république. " GARNIER DE SAINTES
« Je suis la haine de tout ordre religieux et social que l’ homme n’ a pas établi et dans lequel il n’ est pas roi et Dieu tout ensemble; je suis la proclamation des droits de l’ homme contre les droits de Dieu; je suis la philosophie de la révolte, la politique de la révolte, et la religion de la révolte; je suis la négation armée; je suis la fondation de l’ état religieux et social sur la volonté de l’ homme au lieu de la volonté de Dieu! en un mot, je suis l’ anarchie; car je suis Dieu détrôné et l’ homme à sa place. Voilà pourquoi je m’ appelle Révolution; c' est-à-dire renversement, parce que je mets en haut ce qui, selon les lois éternelles, doit être en bas, et en bas ce qui doit être en haut ».
Cette définition est exacte: la Révolution elle-même va nous le prouver en énumérant ses exigences. Qu’ a toujours demandé et que demande encore la Révolution? La Révolution a toujours demandé, elle demande encore la destruction de l’ ordre social et religieux existant. Elle l’ attaque incessamment, sur tous les points et de mille manières: par l’ injure, par la calomnie, par le sarcasme, par la violence; elle l’ appelle esclavage, superstition, dégradation. Elle veut tout détruire, afin de tout refaire. La Révolution demande la souveraineté de l’ homme, Roi, Sénat, ou Peuple, dans le but d’ établir soit le despotisme d’ un seul, soit le despotisme de la multitude, soit une monarchie dans laquelle le roi est esclave du parlement, et le parlement esclave de l’ opinion, et l’ opinion esclave de quelques hommes. La Révolution demande la liberté, c' est-à-dire le laisser-faire en toutes choses, sauf, plus tard, à ne rien laisser faire sans sa permission: le morcellement et l’ aliénation illimités de la propriété, la liberté illimitée de la concurrence ouvrière, la liberté illimitée de la parole, des cultes et du divorce. La Révolution demande l’ égalité, c' est-à-dire l’ abolition de tous les droits acquis, de toutes les hiérarchies sociales, de toutes les autorités établies, de toutes les supériorités, au profit du nivellement complet. La Révolution demande la séparation de l’ Eglise et de l’ Etat, afin de ruiner l’ influence sociale de la première, la dépouiller impunément, faire absorber le pouvoir spirituel ou de Dieu, par le pouvoir temporel ou de l’ homme, de manière à réaliser sa maxime favorite: l’ Eglise doit être dans l’ Etat, et le prêtre dans la sacristie. La Révolution demande la reconnaissance politique et la protection de tous les cultes, afin de mettre sur la même ligne l’ erreur et la vérité, de les rendre aux yeux des peuples l’ objet d’ un indifférence, de les confondre dans un commun mépris, et par là de substituer à la religion révélée de Dieu la religion naturelle, fabriquéee par l’ homme, interprétée et sanctionnée par lui.
La Révolution demande sans cesse des Constitutions, c’ est à dire l’ anéantissement de la constitution naturelle, historique, telle qu’ elle s’ est formée et développée, durant des siècles, par les traditions et coutumes nationales, afin de la remplacer par une nouvelle constitution, faite d’ un trait de plume, dans le but d’ abolir tous les droits antérieurs, excepté ceux qui sont contenus dans cette nouvelle charte, et uniquement parce qu’ ils y sont. Depuis 1789 la France en a eu dix-sept, et elle n’ est pas encore contente.
Telles sont les principales demandes de la Révolution. Depuis quatre siècles, ses organes, dans toute l’ Europe, ne cessent de les renouveler tantôt une à une, tantôt toutes ensemble, quelquefois d’ une manière impérieuse, le plus souvent sous des formules soi-disant gouvernementales. » Joseph GAUME (1802-1879) in La Révolution
" La terreur a fabriqué toujours davantage de coupables, et sa victoire principale pourrait bien être la disparition de la notion même d' innocence. " Alain GERARD
" Les montagnards transforment délibérément ce qui au départ n' était qu' une révolte en la figure par excellence de la contre-révolution: contraignant le pouvoir à l' intransigeance, ils créent en Vendée, par le décret du 19 mars, une guerre civile destinée à enliser les Girondins. Et le piège fonctionne: dédaigneux de donner raison à leurs adversaires, ces derniers laissent se développer l' insurrection, puis doivent mobiliser contre elle les villes qui leur sont favorables, les fédérés venus à Paris pour les protéger, et jusqu' à la garde d' honneur de la Convention. De leur côté, les Montagnards mobilisent leurs milices, tout en se gardant bien de les faire partir. Le résultat est connu: le coup d' Etat du 2 juin laisse le champ libre à Robespierre. " Alain GERARD
" On ne le dira jamais assez: c' est sur une Vendée vaincue que se déchaînent les colonnes infernales, et c' est après leur victoire aux frontières que les extrémistes déclenchent la Grande Terreur. " Alain GERARD
" Cette piste qui s'ouvre devant nous est notamment susceptible de rendre compte de l'extermination des vendéens, après leur défaite. Dans une guerre classique, les objectifs sont politiques et militaires, et à relativement court terme la défaite de l'un arrête le bras de l'autre. Mais lorsque l'idéologie est au pouvoir, la victoire ne constitue pas une fin, mais un moyen, celui de supprimer la preuve du mensonge de l'idéologie. Il n'y a plus face à face que des bourreaux et des victimes. Et quand celles-ci ont péri, les tueurs n'arrêtent pas pour autant leur besogne. Témoins les uns les autres de leur construction mensongère, ils se suspectent et cherchent réciproquement leur élimination. Et au bout du compte, il ne reste plus qu'un système, un jour ou l'autre forcé de s'arrêter faute de chair humaine… Pour pouvoir, en toute bonne conscience, massacrer le peuple réel, il faut être bardé de la certitude d'aimer le Peuple, d'œuvrer pour le bonheur futur d'un peuple fictif. L'idéologie permet la Terreur. Et en retour la Terreur protège l'idéologie contre les démentis du réel " Alain GERARD
" Le 27 janvier, Lachenay fait fusiller indistinctement, dans l' église de La Meilleraie, hommes et femmes, patriotes et rebelles. Huit jours plus tard, même opération à l' encontre de 27 personnes. Le 28, Caffin écrit à Turreau qu' il vient de faire fusiller 14 femmes. " Alain GERARD
" On viola les femmes et même trente passèrent sur une; soixante ans, un œil poché et d' autres désagréments n' en exemptèrent pas une autre ". A Pouzauges, Grignon et l' état-major vont prendre le café au château avec de jolies prisonnières, puis quatre d' entre elles, violées, sont fusillées. " On incendia, conclut notre témoin, forcé d' accompagner la colonne, on pilla depuis La Flocellière jusqu' aux Herbiers. Dans l' espace d' une lieue, on suivait la colonne autant à la trace des cadavres qu' elle avait faits, qu' à la lueur des feux qu' elle avait allumés. " Alain GERARD
" La liberté, l' égalité, la fraternité appartiennent désormais à un seul camp, qui peut en leur nom terroriser, spolier, assassiner avec une parfaite bonne foi.
Mais non sans risque: quand les mots eux-mêmes sont falsifiés, le réel se dérobe et l' âme se corrompt. " Alain GERARD 1999
" Si désormais nous savons que cette guerre a tué entre 140 000 et 190 000 Vendéens, en revanche il sera encore à l' occasion loisible de déclarer que le partage entre les victimes de combats et celles des tueries du début de 1794 est à tout jamais impossible. " Alain GERARD
" A Lyon comme à Nantes, en Vendée comme à Paris, ceux-là même qui faisaient effacer des milliers, des dizaines de milliers de vies, ne parlaient pas le langage de la haine. Consumés d' amour pour l' humanité, ils ne voulaient que son bonheur. A n' importe quel prix. " Alain GERARD
" Après Lyon et encore plus nettement, Nantes devient le banc d' essai de la Révolution totale, et ce qui se passe ensuite en Vendée même prouve qu' il ne s' agit pas d' une tragique exception, mais bien du dévoilement de l' essence d' un phénomène jusqu' alors inédit dans les annales de l' humanité. " Alain GERARD
" A Savenay d' une armée de 80 000 hommes dotée d' une artillerie formidable, exagère Westermann, plus rien n' existe. " Chefs, officiers, soldats, évêques, comtesses, princesses et marquises, tout à péri dans le fer, les flammes et les flots ; cet exemple effrayant est unique dans l' histoire. "
" Le 15 janvier, après avoir pris connaissance du triomphe de Westermann à la Convention huit jours auparavant, Turreau insiste encore auprès du ministre sur le fait qu' il va " entièrement purger " la Vendée " des brigands qui l' infestaient ", et qu' il faudra ensuite " repeupler le pays dévasté ". Alain GERARD
" La Révolution le leur impose jusqu' au cœur de leurs intimes convictions: pour que vive la liberté, eux aussi doivent mourir. " Alain GERARD
" Westermann s' adresse aux représentants de la Convention pour leur demander s' il doit également exécuter les femmes et les enfants. C' est donc clair: il s' agit réellement d' exterminer une population. " Alain GERARD
" C' est la découverte fortuite d' une lettre de l' un des massacreurs qui est récemment venue rappeler la tuerie de plusieurs centaines de personnes, la nuit de noël 1793, en l' église de Vieux-Pouzanges. " Alain GERARD
" Même s' il est difficile de l' admettre, la démocratie pure mène volontiers à la barbarie. " Alain GERARD
" Commencée dans la vertu, la Terreur extrême ne tarde pas à se perdre dans la crapule. " Alain GERARD
" … que peuvent imaginer le paysan qui voit flamber sa métairie, le tisserand dont le métier est irrémédiablement brisé, la mère qui, dans sa fuite éperdue, lâche une petite main? La Révolution les broie, et ils ne savent pas, les ingrats, que c' est pour le bonheur du peuple. " Alain GERARD
" Oui, nous osons l' avouer, nous faisons répandre beaucoup de sang impur, mais c' est par humanité, par devoir. " et " l' arbre de la Liberté ne peut porter des fruits qu' arrosé du sang de tous ses ennemis " dixit les représentants de la Convention à Lyon in: Par mesure humanitaire … La Terreur et la Vendée d' Alain GERARD
" L' avènement de la modernité politique, dans la France de la fin du XVIIIème siècle, se double du massacre gratuit et délibéré d' un groupe humain qui, avant que de prendre conscience de lui-même, a d' abord été défini par l' Etat qui préside à son extermination. " Alain GERARD
" La Révolution, ils le savent mais ne sauraient se l' entendre dire, n' a plus d' autre légitimité que dans leurs discours, dans le soutien de leurs milices armées, et dans la résignation de presque tout le reste de la population. En se dressant ne fût-ce qu' un instant, contre les Montagnards, les élites nantaises ont dévoilé leur nature foncièrement contre-révolutionnaire. Et leur proximité avec une Vendée qu' elles n' ont pas su vaincre a achevé de démontrer cette collusion. L' une et l' autre sont, dans l' esprit des maximalistes, devenues un seul et même lieu: celui de l' échec de la Révolution. Elles doivent donc être entièrement régénérées. " Alain GERARD 1999
" Plus question de juger, quand, pour gommer la preuve de sa propre imposture, on n' a plus d' autre choix que de massacrer le peuple. Cette piste qui s' ouvre devant nous est notamment susceptible de rendre compte de l' extermination des Vendéens, après leur défaite. Dans une guerre classique, les objectifs sont politiques et militaires, et à relativement court terme la défaite de l' un arrête le bras de l' autre. Mais lorsque l' idéologie est au pouvoir, la victoire ne constitue pas une fin, mais un moyen, celui de supprimer la preuve du mensonge de l' idéologie. Il n' y a plus face à face que des bourreaux et des victimes. Et quand celles-ci ont péri, les tueurs n' arrêtent pas pour autant leur besogne. Témoins les uns les autres de leur construction mensongère, ils se suspectent et cherchent réciproquement leur élimination. Et au bout du compte il ne reste plus qu' un système, un jour ou l' autre forcé de s' arrêter faute de chair humaine.(…) L' idéologie permet la Terreur. Et en retour la Terreur protège l' idéologie contre les démentis du réel." Alain GERARD 1999 in Par principe humanitaire … La Terreur et la Vendée
" L' extermination une fois programmée, reste à la mettre en œuvre. C' est là que tout se complique. Car l' idée, grandiose paraît-il, d' éliminer radicalement et quasi instantanément les ennemis de la liberté, c' est-à-dire tous ceux qui contrarient bêtement l' avènement sur terre du paradis de l' unique et de l' indifférencié, peine à se traduire dans les faits. L' idéologie, en somme, se heurte au réel avec lequel (sans doute parce qu' en cette fin du XVIIIe siècle les moyens de destruction demeurent passablement archaïques), elle va devoir composer, c' est-à-dire peut-être, nous le verrons plus loin, laisser se produire en son sein de minuscules fêlures qui annoncent sa proche désintégration. En attendant, elle hache la chair humaine, et il faut bien en rendre compte, même si le parti a ici été pris de ne pas s' y étendre jusqu' à la nausée, seulement d' en retracer les grands traits, dans le but de comprendre plutôt que d' en dresser l' effrayant martyrologue. " Alain GERARD
" Des quelques 80 000 vendéens de la Virée de Galerne, hommes, femmes et enfants confondus, décimés par la faim et la maladie, écrasés les 12 et 13 décembre au Mans et finalement exterminés le 23 dans les marais de Savenay, on comptera peut-être 5 000 rescapés, qui parviendront à se dissimuler avant de repasser la Loire. Dès lors, la Vendée, ainsi écrasée, saignée, ne saurait plus constituer un quelconque danger. Le général Turreau n' y lance pas moins, au début de 1794, ses fameuses colonnes infernales, avec pour mission de tout brûler et d' égorger le reste de la population. " Alain GERARD 1999
" Ainsi, donc, le temps n' est plus à se demander quel sort réserver aux Vendéens, du moins à ceux d' entre eux qui ont passé la Loire, et qui sont désormais tous promis à l' extermination. " La défaite des brigands, poursuite Carrier, est si complète que nos postes les tuent, prennent et amènent à Nantes par centaines. La guillotine ne peut plus suffire, j' ai pris le parti de les faire fusiller. Ils se rendent ici et à Angers par centaines; j' assure à ceux-ci le même sort qu' aux autres. J' invite mon collègue Francastel à ne pas s' écarter de cette salutaire et expéditive méthode. " Et c' est là que Carrier lance sa terrible sentence: " C' est par principe d' humanité que je purge la terre de la liberté de ces monstres. " Alain GERARD 1999 in Par principe d' humanité… La Terreur et la Vendée
" " S' il faut, insiste Turreau, les passer tous au fil de l' épée, je ne puis exécuter une pareille mesure sans un arrêté qui mette à couvert ma responsabilité. " Pas de réponse. C' est alors qu' il commence ce qu' il appelle sa " promenade militaire ". A la date du 19 décembre, il n' a pas arrêté de plan. Moins d' un mois plus tard, il est décidé à exterminer la population vendéenne, et le mutisme des représentants ne l' empêchera pas de perpétrer ce forfait. " Alain GERARD
Par décret du 2 août 1793, la Convention a ordonné la destruction systématique et l' incendie de tout le pays, récoltes comprises, en même temps que la mise à mort des rebelles. (Liberté, Egalité, Fraternité, Droits de l' Homme …)
Décret du 1er novembre 1793, sur rapport de Barère: " Toute ville qui recevra dans son sein des brigands ou qui ne les aura pas repoussés avec tous les moyens dont elle est capable, sera punie comme une ville rebelle, et en conséquence elle sera rasée. "
" Avant que de s' enfoncer dans l' inconnu, avant le grand massacre, avant la guérilla et son cortège d' atrocités réciproques, la Vendée, en un ultime sursaut, délivre encore un de ces messages qui, nés de l' imperfection d' une cause humaine, la débordent et la transcendent. Parvenus à Saint-Florent le Vieil, au bord du fleuve, les Vendéens s' avisent qu' ils traînent encore cinq mille prisonniers, dont ils ne peuvent s' encombrer outre-Loire. A mort! vocifère l' armée vaincue. Depuis son lit d' agonisant, Bonchamps entend ce cri, et bientôt en retentit un autre: " Grâce, grâce aux prisonniers, Bonchamps le veut, Bonchamps l' ordonne. " Alors la douleur, l' angoisse et le ressentiment laissent place au geste qui réinvente le christianisme: le pardon, l' amour offert à l' offenseur, qui, même s' il n' est pas accepté, préserve l' offensé du poison de la haine.
Le lendemain, le représentant Merlin de Thionville tire de l' épisode, à l' usage du Comité de Salut Public, des enseignements qui en disent long sur la philosophie en vigueur parmi les sphères du pouvoir. " Ces lâches ennemis de la nation, écrit-il, ont, à ce qui se dit ici, épargné plus de quatre mille des nôtres qu' ils tenaient prisonniers. Le fait est vrai, car je le tiens de la bouche même de plusieurs d' entre eux. Quelques-uns se laissaient toucher par ce trait d' incroyable hypocrisie. Je les ai pérorés, et ils ont bien compris qu' ils ne devaient aucune reconnaissance aux brigands. Mais comme la nation n' est pas encore à la hauteur de nos sentiments patriotiques, vous agirez sagement en ne soufflant pas un mot sur une pareille indignité. Des hommes libres acceptant la vie de la main des esclaves! Ce n' est pas révolutionnaire. Il faut donc ensevelir dans l' oubli cette malheureuse action. N' en parlez pas même à la Convention. Les brigands n' ont pas le temps de faire des journaux. Cela s' oubliera comme tant d' autres. " Alain GERARD 1999 Par Principe d' humanité… La Terreur et la Vendée
" Le Comité de salut public enjoint aux comités révolutionnaires, le 4 décembre 1793, de se débarrasser d' éventuels états d' âme pour n' être plus que des instruments. " L' action qui part du sein de la Convention, explique-t-il, vient aboutir à vous; vous êtes comme les mains du corps politique dont elle est la tête et dont nous sommes les yeux; c' est par vous que la volonté nationale frappe aussitôt qu' elle a décidé. Vous êtes les leviers qu' elle meut pour broyer les résistances. Vous êtes alors comme ces instruments redoutables et guerriers qui, placés en avant par le général, n' attendent, pour lancer la terreur et la mort, que la commutation électrique de la flamme. On comprend mieux de la sorte comment des hommes assez ordinaires ont pu, sans cruauté, commettre l' ignoble. " Alain GERARD
" Pour s' être dressés contre la Révolution, les Vendéens se sont exclus du souverain, et leur mort violente ne vient que sanctionner leur mort civile. " L' " humanité ", ajoute le Comité, consiste à sauver le peuple. Depuis quelques temps déjà, le mot fait florès. Ainsi Fouché, un citoyen que tout le monde s' accorde à trouver poli, doux et de commerce agréable, s' apprête-t-il à mitrailler les Lyonnais. " Que la foudre éclate par humanité, s' écrie-t-il, ayons le courage de marcher sur des cadavres pour parvenir à la liberté ". Plus tard, avec ses collègues Albitte et Laporte, il souligne encore sa compassion. " Oui, nous osons l' avouer, nous faisons répandre beaucoup de sang impur, mais c' est par humanité, par devoir ". A la même époque dans l' Ouest, un autre représentant, Laplanche, ne dit pas autre chose: " C' est par principe d' humanité, que je purge la terre de la liberté de ces monstres " (…) Pas d' hésitation: quand on ne compte pas soi-même, comment les autres pourraient-il compter? Celui qui lui-même se sacrifie pour la Cause n' est-il pas habilité à lui sacrifier la vie d' autrui? " Alain GERARD
" Dans une proclamation aux armées, Robespierre, Hérault, Carnot et Billaud-Varenne félicitent les soldats qui ont exterminé ces " cohortes sacrilèges ". " Cette terre coupable, ajoutent-ils, a dévoré elle-même les monstres qu' elle a produit; le reste va tomber sous la hache populaire. " Enfin, aux troupes qui assiègent Toulon ou combattent sur les frontières, ils entendent insuffler une nouvelle ardeur, afin " que le peuple français soit vengé " et qu' avant un mois " les tyrans et les esclaves disparaissent de la terre, qu' il n' y reste plus que la justice, le bonheur et la vertu. " Alain GERARD 1999 Par principe d' humanité ... La Terreur et la Vendée
" Tous multiplient les rapports afin de se couvrir, afin que le Comité de salut public ne puisse pas ensuite leur faire porter l' entière responsabilité de tels actes. De sorte qu' on n' en finirait pas de citer les récits d' atrocités qui lui sont complaisamment rapportés par des représentants, lesquels par ailleurs se targuent d' œuvrer pour le bonheur de l' humanité. Ainsi le système produit-il lui-même les preuves de son ignominie, et on ne peut que s' étonner de la myopie, pour ne pas dire plus, de tant d' historiens de la Révolution, qui n' ont pas pu ignorer de tels textes, mais qui les ont délibérément passés sous silence. " Alain GERARD 1999 Par principe d' humanité… La Terreur et la Vendée
" Nos soldats se battraient avec plus de courage si l' on faisait des prisonniers, comme les Vendéens eux-mêmes le demandent, car malgré que nous fusillions tout ce qui tombe sous notre main, prisonniers, blessés, malades aux hôpitaux, ils nous ont renvoyé de nos malades que nous avions été forcés de laisser derrière nous. " Adjudant-général ROUYER Par principe d' humanité… La Terreur et la Vendée " de Alain Gérard 1999
" Prieur de la Marne, le 27 novembre, propose au comité d' achever d' enlever toutes les subsistances et de détruire le reste des habitants, afin que ceux qui d' aventure parviendraient à y revenir " ne trouvent dans ce pays que des ruines, la famine et la mort ". Alain GERARD 1999
" Le fer et la flamme furent successivement employés, et bientôt l' atmosphère fut couverte des nuages épais d' une fumée dévastatrice. " écrit Beaudesson, agent en chef des subsistances militaires. Pour des raisons de service, il est également souvent présent aux interrogatoires à Cholet, où siège l' état-major. Les anciens insurgés, remarque-t-il, déclarent avoir agi sous la contrainte, et beaucoup disent d' être rendus dans l' espoir du pardon. Plus d' un, d' ailleurs, comparaît " avec cet œil serein et tranquille qu' inspire l' innocence ". Quant aux femmes, pour sauver leurs maris et leurs enfants, elles prennent volontiers sur elles des fautes dont à l' évidence elles ne sont pas coupables. Qu' à cela ne tienne, après ces simulacres d' interrogatoires, sur les ordres " verbaux de l' état-major ", on ordonne " de l' œil de fusiller les prévenus ", les rassurant toutefois en leur faisant croire qu' ils vont être conduits " à l' hôpital " ou " à l' ambulance ". Tout le pays, conclu-il, était jonché de cadavres. " Alain GERARD
" Je fais tous mes efforts pour détruire tout ce qui attente à la liberté, mais il y a encore des hommes humains, et en révolution, c' est un défaut selon moi. " Général ROSSIGNOL in " Par principe d' humanité …. Alain Gérard 1999
" En faisant évanouir ces générations entières pour le bonheur de la patrie, écrit Turreau, rien ne pourrait faire tolérer des mesures barbares, inhumaines et scélérates, exercées sur un seul individu. Il faudrait accompagner encore de compassion et de pitié cette exécution terrible, mais nécessaire à l' affermissement de la République, et ne pas accroître le malheur de s' y trouver réduit par la souillure des remords ". En somme, Turreau n' a pas trop massacré: il n' a pas assez aimé. Il n' a pas été le digne instrument du massacre humanitaire. " Alain GERARD
" Un volontaire confessera avoir vu massacrer sept femmes, dont l' une fut transpercée du même coup que le nourrisson qu' elle tenait dans ses bras. Cette action, insiste-t-il fut applaudie par son commandant. Entre Aizenay et Venansault, le gendarme Charrier a pour sa part compté au moins cent femmes et enfants, " massacrés et coupés en morceaux ", et parmi eux, " un enfant qui palpitait encore près de sa mère ". En réalité cependant, la troupe ne fait qu' obéir aux ordres. " Alain GERARD
" Je vois une multitude incalculable d' enfants, témoigne Marie Ervin, une marchande qui est venue pour en recueillir; dans une salle, il y en avait plus de 300 qui n' attendaient que le moment d' expirer ". Incommodée par " les exhalaisons fétides ", elle reste prudemment à l' entrée d' où elle tente de les attirer, leur disant qu' elle leur veut du bien. " Il n' en vient que six; ils pouvaient à peine se remuer. Peu de temps après, ajoute-t-elle, je retourne à l' Entrepôt; il n' y avait plus d' enfants; ils avaient été noyés. "
" Dumais, le gardien de l' entrepôt, est tout aussi formel. " tous les enfants de l' entrepôt ont été enlevés, ainsi que les femmes, dont une douzaine n' ont point paru devant nous, écrit-il le 3 février à la commission militaire ; tous ces individus ont été conduits dans un bateau. " Alors, combien? Le médecin Georges Thomas, qui n' a rien d' un rêveur, parle de 400 à 500 enfants de moins de quinze ans. Pour trancher, il faudrait disposer du registre, et celui-ci n' a, et pour cause, évidemment jamais existé. " Alain GERARD
" Il entre dans mes projets, écrit Carrier, et ce sont les ordres de la Convention nationale, d' enlever toutes les subsistances, les denrées, les fourrages, tout, en un mot de ce maudit pays; de livrer aux flammes tous les bâtiments, d' en exterminer tous les habitants, car je vais incessamment t' en faire passer l' ordre. " Ainsi donc, la rhétorique maximaliste a-t-elle fini par englober tous les habitants de la Vendée, les patriotes comme les rebelles, dans une commune exécration, et par les vouer indistinctement à l' extermination. Alain GERARD 1999 in Par principe d' humanité…
" Sûr de son impunité, Pinard continue donc de sévir, le 7 Janvier à la tête d' un détachement de Noirs américains (sic). (…) Le 18 février, sept brigandes de dix-huit à vingt-deux ans, " belles comme des amours ", témoigne le miroitier Cormeray, sont capturées par la bande. Vers minuit, les volontaires, alertés par des cris, font irruption dans une écurie, où ils découvrent cinq noirs occuper à violer leurs prisonnières. " Ce sont nos esclaves, nous les avons gagnées à la sueur de notre front ", expliquent-ils aux intrus qui, sous la menace, doivent se retirer. Quant à Pinard, il force la sienne à confirmer qu' elle est là de son plein gré. Trois jours durant, rapporte Cormeray, " il les prostitua à 600 hommes de force armée qui étaient en garnison à Vue. Dans un jour, il passa sur le corps d' une fille plus de 100 hommes; elle ne pouvait plus marcher et devint imbécile, et les autres de même. Et quelques jours après, pour mettre le comble à leurs forfaits, ils les firent fusiller. (…)
En regard de ces horreurs, on peut placer celles commises par un certain Jean Dhéron, un tailleur devenu inspecteur des vivres militaires. Après la bataille de Clisson, témoigne la poissonnière Jeanne Lallier, il se présente à la société populaire, l' oreille d' un Vendéen attachée à son chapeau, " les mains pleines de parties génitales qu' il avait eu la cruauté d' arracher aux brigands en les massacrant ", terribles trophées dont il s' amuse à importuner les femmes. " Alain GERARD 1999 in Par principe d' humanité…
" Personne n' est cependant parfait, pas même les plus dévoués parmi les artisans de l' extermination. Nous le verrons bientôt, Fouquet et Lamberty seront accusés d' avoir, pour des fins très personnelles, soustrait des femmes de l' Entrepôt, et seront liquidés pour ce manquement à la vertu qui doit caractériser le véritable révolutionnaire. " Alain GERARD
" Au cours d' un dîner sur les Champs-Élysées, Carrier livre ce qui paraît constituer l' état de ses réflexions. Le gouvernement, explique-t-il à ses interlocuteurs, a fait le compte de la population nationale, et a jugé qu' il était impossible de nourrir tant de monde. Ainsi le représentant reprend-il, à frais nouveaux, l' antique hantise du pacte de famine, récurrente sous l' Ancien Régime. Et du même coup tout ce qu' il a fait d'innommable, d' impensable à Nantes trouve là une justification rationnelle. Il fallait donc, poursuit-il, faire passer la population de la France de 1 000 habitants par lieue carrée à 700. (…) C' est là qu' il en vient au fond de sa pensée, que tout ce délire ne sert qu' à justifier. Les riches, assure-t-il, n' aimeront jamais les sans-culottes, et il faut donc " niveler la population ". Voilà le maître mot, qui est la condition même de l' établissement d'une République parfaitement égalitaire, parfaitement démocratique, c' est-à-dire totalitaire, qu' il appelle de ses vœux. En vue de cet avènement, il convient de généraliser ce qu' il a commencé à Nantes, autrement dit, poursuit-il, de trier les hommes et d' en " retrancher une certaine portion: les nobles, les magistrats, les prêtres, les agents de change, les négociants, les ennemis présumés les plus prononcés du peuple. " Propos de visionnaire, qu' il conclut par une prophétie d' une merveilleuse lucidité. " Cependant, confesse-t-il, je crois que nous serons tous guillotinés les uns après les autres. " ainsi, à l' en croire, la démocratie pure conduit au néant. " Alain GERARD
" Désormais, la commission ne s' embarrasse même plus de l' aide du comité révolutionnaire, elle se fait apporter les registres d' écrou et statue séance tenante. Au milieu du mois, presque pas de jugements, seulement des tueries massives, aux Ponts-de-Cé, d' environ 1 500 personnes, et Francastel donne l' ordre de ne pas établir de procès-verbal. Puis la légalité révolutionnaire reprend du service. Le 23 décembre, 73 captifs sont immolés, le lendemain 75. Le 26, on tente de vider les prisons: 203 fusillés. Au total, cette commission compte à son palmarès 1 169 victimes, dont 36 femmes. Auxquelles il faut évidemment ajouter les exécutions sommaires, qui reprennent les 1er, 2 et 8 février 1794, à l' encontre de 293 hommes et 465 femmes. (…) Le Tribunal révolutionnaire de Nantes et les commissions militaires ont, de la légalité, conservé au moins les apparences, couchant sur leurs registres l' interminable liste de leurs victimes avant de les livrer aux fusillades. Et ces données en elles-mêmes sont fort instructives. De mars 1793 à décembre 1794, 4 333 personnes seraient ainsi passées entre leurs mains, et les organes officiels de la Terreur nantaise en auraient immolé 2 763, soit deux sur trois. (…) La commission Bignon, outre ses exploits à Savenay, prononce 2759 jugements qui épargnent à peine une personne sur vingt. (…) Du 29 décembre au 8 février, en onze séances, elle fait exécuter 1 580 prisonniers, soit une moyenne de 144 par jour, avec une pointe à 289. (…) L' exécution, les 18 et 19 janvier, de 106 femmes, la plupart âgées de quinze à dix-huit ans, et dont les corps dévêtus ne sont, trois jours après, toujours pas enterrés
Que peut-on en déduire? Conformément aux vœux clairement exprimés par les représentants, ils s' agit moins de juger les hommes que d' effacer une engeance que la rhétorique exterminatrice a depuis longtemps déjà soustraite à l' humanité rédimable. Mais qu' on ne croie pas pour autant à une tuerie méticuleusement programmée par ceux qu' on hésite à appeler des responsables politiques. Alors qu' une seule institution aurait pu suffire, voilà en effet que prolifèrent les organes de mort. " Alain GERARD 1999 in Par principe d' humanité
" La Vendée sera dépeuplée, mais la République sera vengée et tranquille. (…) Malgré les succès, nous devons recourir à des moyens odieux, cruels, tortionnaires, contraires à l' esprit de la constitution votée par le peuple français. Mes frères, que la Terreur ne cesse d' être à l' ordre du jour, et tout ira bien. " Représentant FRANCASTEL in Par principe d' humanité ... La Terreur et la Vendée - Alain Gérard - 1999
" Au club des Jacobins le 26 novembre, Robespierre déclare que la Vendée n' est plus désormais qu' une horde fugitive dont, menace-t-il, " l' existence ne saurait être prolongée que par la malveillance et l' ineptie ". Le 3 novembre, un obscur capitaine de l' armée de Mayence, nommé Bouverai, a en effet confié au " vertueux législateur " son profond écoeurement: " Aussitôt que notre armée est entrée dans la Vendée, chaque soldat a dès lors mis à mort ce qui lui a plu, a pillé qui lui a plu. " Alain GERARD 1999 Par principe d' humanité… La Terreur et la Vendée
" Près de la ligne de flottaison sont découpés des sabords; ces ouvertures, provisoirement clouées, sont ensuite dégagées à coups de hache, et la fragile barcasse s' engloutit avec sa cargaison humaine. " Alain GERARD 1999
" On réquisitionne des sapines, ces embarcations construites pour une seule descente de la Loire et vouées ensuite à la démolition. (…) Les noyades ont aussi pour fonction de confirmer qu' aucune résistance n' a pu exister à l' encontre de ceux qui ne désirent que le bonheur de l' humanité. Cela finit dans l' anonymat d' une masse indénombrable au fond du fleuve. Cela commence par l' entassement, sans registre d' écrou, de kyrielles de morts-vivants dans les profondeurs de l' Entrepôt. Un endroit hautement symbolique. Ailleurs, on transforme les hauts lieux du passé, comme la forteresse du Bouffay ou les nombreux couvents de la ville, en prisons. Le médecin Georges Thomas témoigne: " Je trouvai en entrant dans cette affreuse boucherie, une grand quantité de cadavres épars ça et là; je vis des enfants palpitants ou noyés dans des baquets pleins d' excréments humains. Ayant constaté la grossesse d' une trentaine de détenues, il revint plusieurs jours après. Mais les " baignades " selon Goullin, les " déportations verticales " chères à Carrier, ont fait leur œuvre." Alain GERARD 1999
" Le 28, Huché signale à Turreau qu' à La Gaubretière, il n' a pas pu se livrer au grand carnage qu' il espérait: seulement 500 personnes, hommes et femmes confondus, trouvées blottis dans les haies, les genêts et les bois, ont été exterminées à la baïonnette, pour économiser la poudre. Dès le lendemain, l' exploit lui vaut les félicitations de son chef, et en retour du courrier, il lui répond modestement qu' une si mince affaire ne valait pas qu' on en parlât au ministre. " Alain GERARD
" Hentz et Francastel avisent le Comité de salut public que leurs collègues Garrau et Prieur ont dû repartir sur Nantes. Ces derniers n' ont pu davantage, expliquent-ils, soutenir " l' horrible spectacle de ce pays affreux, où l' on ne voit que des ruines et des morts, où règne le silence le plus lugubre.(…) Nous les tuons en détail, en faisant périr tout ce qui se trouve dans le pays, et puis ils périront de misère; plus de fours, plus de moulins, plus de villages; on les chasse, il faudra qu' ils succombent. " du reste, ils s' estiment bientôt près du but: sur une population initiale qu' ils évaluent à 160 000 personnes, on n' en compte plus, assurent-ils, que 15 000 à 20 000. " Il résulte de tout ce que nous venons de vous dire, concluent-ils, que, quand la guerre de la Vendée sera complètement terminée, il n' y restera point d' habitants, puisqu' on y aura tout détruit. " Alain GERARD
" Carrier a peur, peur qu' un reste d' humanité lui fasse trahir sa mission exterminatrice, et il fait tout pour s' en protéger. D' où également l' humour noir, les " déportations verticales " par exemple, qui permettent à cet homme qui s' obstine à n' assister à aucune exécution de se masquer son propre rôle de bourreau. D' où enfin, ses nuits sans sommeil: comme d' autres cherchent l' oubli dans l' alcool, lui, le vertueux, s' abrutit de travail. Eperdu de douleur à devoir ainsi, par amour pour l' humanité idéale, tuer les hommes en détail et sacrifier sa propre sensibilité, il frappe encore et toujours, comme mû par une mystérieuse haine de chacun et peut-être d' abord de lui-même. " Alain GERARD
" Seule la conformité politique offre un minimum de garanties contre l' angoisse. On ment aux autres, en attendant que ce mensonge généralisé devienne pour tous, la vérité. " Alain GERARD
" Un monde nouveau est en train de naître, où la peur n' est pas un but en soi, mais le catalyseur qui doit permettre de réaliser cet accouchement. Essayons d' en reconstituer l' atmosphère. Plongé dans un océan de perpétuelle angoisse, l' individu se retrouve désespérément esseulé, privé de ses solidarités habituelles par une incoercible méfiance de chacun contre tous. Où alors pourrait-il puiser la force de résister, sinon en lui-même? C' est là que joue la décomposition morale. Le mensonge généralisé, l' indifférence au sort des victimes, puis le consentement, enfin peut-être la participation à l' ignoble, ont tôt fait de ruiner les repères traditionnels. " Alain GERARD
" Pour éviter d' avoir honte d' eux- mêmes, ils devront s' interdire jusqu' au souvenir de ces horreurs, et pour cela rompre avec leur vécu, devenir des hommes nouveaux, affranchis de leur passé, condamnés à habiter une utopie. " Alain GERARD
" Avec Carrier, nous basculons dans un autre monde, où la morale, la responsabilité, la réalité même n' ont plus leur place. Une cité utopique prend corps, peuplées d' hommes tous identiques, libérés de leur passé, de leur conscience et finalement de leur liberté. A Nantes se réalise ce qui paraît constituer la nature ultime de la Révolution, qui est la régénération de l' humanité. Avec à la marge, parce que l' avenir radieux ne peut attendre, des cadavres. " Alain GERARD
" Les noyades de Nantes commencent par des prêtres, et sans doute n' est-ce pas le fruit du hasard. D' abord parce qu' ils focalisent la haine des maximalistes. Mais, surtout, plus profondément, ne faut-il pas voir là le dessein délibéré d' atteindre le sacré? En voulant délibérément couper l' homme de toute référence à la transcendance, ne vise-t-on pas à le réduire à l' état de pion sur l' échiquier de la Révolution, manipulable à volonté, sinon que l' on fusille, guillotine ou noie sans vergogne? Comme si toujours le meurtre de Dieu devait précéder le meurtre de l' humain? " Alain GERARD 1999 in Par principe d' humanités… La Terreur et la Vendée
" C' est bien dommage que nous ne puissions plus élargir, confiait Chaux. Toute la ville de Nantes eût passé entre nos mains. Nous eussions fait incarcérer tous les habitants les uns après les autres, ceux-ci pour une décade, ceux-là pour deux, etc. Après un quartier plus ou moins long, les Nantais eussent mieux valu. " La cité utopique, il en avait le pressentiment, ne se réalise que par ce que l' on n' appelait pas encore le camp de concentration. " Alain GERARD
" Cependant, comme un tel être (en parlant de Carrier), si prodigieusement doué pour le mal, ne saurait se contenter de dépeupler massivement, il lui faut encore s' en prendre à ce que l' homme a de plus sacré, à la pureté virginale, qu' il veut forcer à se pervertir elle-même avant de l' anéantir. Des jeunes filles et de jeunes garçons, dénudés et liés face à face, sont jetés dans le fleuve: tels sont les " mariages républicains ", auxquels Carrier associe donc la chose publique, la " res publica ", sans doute à la seule fin de la souiller et de la faire prendre en horreur. " Alain GERARD 1999
" Le 19 décembre, un nouveau groupe, de 27 prisonniers cette fois. Parmi eux les quatre sœurs de La Métairie, âgées de vingt-huit, vingt- sept, vingt-six et dix sept ans, leur servante de vingt-deux ans et deux autres femmes. Carrier ordonne de les mettre à mort, toujours sans les juger. " La plus jeune d' entre elles, âgée de seize ans, témoignera Jeanne Lalliet, chargée de leur annoncer leur exécution, me donne cette bague. " Puis elles prient. D' autres avec elles attendent, pendant plus d' une heure, au pied de l' échafaud. " Le bourreau, ajoute le témoin, est mort deux ou trois jours après de chagrin d' avoir guillotiné ces femmes. " Alain GERARD 1999 In Par principe d' humanité…
" Parmi les belles actions qui se sont passées en Vendée, Robespierre veut en retenir une, les prodiges de valeur du jeune Bara, qui nourrissait sa mère avec sa paie, et qui, aux Vendéens lui offrant la vie sauve s' il criait Vive le Roi! a crié Vive la République! Sa mort, insiste-t-il, constitue le plus bel exemple qui soit pour l' édification des jeunes Français. Il propose donc de lui décerner les honneurs du Panthéon, au cours d' une fête dont son collègue le peintre David sera spécialement chargé. La Convention applaudit, tandis que ce dernier remercie modestement la nature de lui " avoir donné quelques talents pour célébrer la gloire des héros de la République. " cette opération constitue un véritable coup de génie. Du massacre d' une population, on ne retiendra de la sorte qu' un épisode dont tous les détails ne sont nullement prouvés, mais qui ne fait pas moins des Vendéens, les assassins de l' innocence et de l' héroïsme révolutionnaires. Une inversion des responsabilités qui a l' avantage de justifier l' extermination en cours. Et comme Robespierre n' a très probablement donné aucun ordre écrit, il n' y aura pas de responsables. Seulement des cadavres.
N' empêche que, sur place, il faut des exécutants pour la sinistre besogne. Certains représentants se dérobent. Mais d' autres, qui pourtant, a priori, ne sont ni des débiles ni des crapules, croient devoir, pour fonder à jamais le bonheur du Peuple idéal, massacrer présentement le peuple réel. " Alain GERARD 1999 Par principe d' humanité... La Terreur et la Vendée
" A la Convention, le démantèlement de la Terreur est entamé. Le 28 août, Tallien entreprend en expert de démonter un système dont la veille encore il était l' un des plus farouches partisans. Un gouvernement fondé sur la terreur ne peut, analyse-t-il, qu' accroître sans cesse la menace sur chacun et en tout temps, " pour toute espèce d' action et même pour l' inaction ", sur la base de " toute espèce de preuves et sans ombre de preuves ". Un tel pouvoir est donc forcément toujours plus cruel, arbitraire et absolu, et c' est ainsi que, là où devaient régner la confiance, la propriété, la liberté, l' égalité et la fraternité, on ne rencontre finalement que délation, spoliation, asservissement, exclusion et haine. Les crimes, analyse-t-il très finement, sont devenus des vertus, et réciproquement, de par la corruption du vocabulaire lui-même, autrement dit par une perversion de " tous les principes et par la prostitution des seuls débris qui puissent en rester, je veux dire les mots qui servent à en parler le langage et à en conserver le souvenir ". De sorte que, de prudence en veulerie, l' individu se replie sur lui-même. La Terreur, ajoute-t-il, " rompt tous les liens, éteint toutes les affections; elle défraternalise, désocialise, démoralise; elle réduit l' âme au plus pur égoïsme ". Une brillante analyse en somme qui, à défaut d' expliquer la genèse du phénomène, a pour fonction de l' exorciser tout en reportant à des temps meilleurs l' organisation d' élections qui balaieraient tous les hommes en place. La Révolution sans la Terreur, mais toujours avec nous: voilà le programme des terroristes repentis. " Alain GERARD
" Passé l' indicible, pourquoi chercherait-on encore parmi les rescapés, à raviver la douleur en traduisant par des mots ce que tout le monde ne connaît que trop? Et puis on ne reconstruit pas, on ne revit pas sur l' horreur. Bientôt, les souffrances subies deviennent, sous l' effet d' un catholicisme revivifié, le sacrifice rédempteur d' un peuple qui face à l' impiété révolutionnaire, a confessé sa foi. " Alain GERARD
" Tout un pays fait mine de découvrir des horreurs que chacun était à même de connaître, mais qu' on se dissimulait soigneusement derrière le lyrisme à la mode. Qu' il est doux, et facile, et exaltant de penser qu' un opposant politique, ça saigne et ça souffre en mourrant. Ainsi, ceux qui se sont menti en appelant liberté la dictature, ceux qui ont applaudi au passage des charrettes de guillotinés, ou encore ces braves charpentiers qui préparaient les gabarres, se réjouissent maintenant de voir démasquer pire qu' eux. Et puisque ça ne suffit pas encore, on invente un monstre de lubricité, jouissant du spectacle des mariages républicains. Le Tribunal révolutionnaire devient de la sorte une vaste machine à fabriquer des innocents en désignant les coupables. Après avoir tenté de nier, la plupart de ceux-ci se racontent et découvrent, incrédules, les criminels qu' ils ont été, tandis que d' autres, peu nombreux il est vrai, refusant de se renier, s' enferment dans une innocence révolutionnaire qui apparaît maintenant comme une monstrueuse culpabilité. " Alain GERARD
" Turreau s' est considérablement enrichi du produit de ses pillages : hier courageux, il n' est plus aujourd' hui qu' un lâche, qui ne cherche qu' à emplir son havresac. De toute façon, à force de tuer des civils sans défense, il a perdu cette considération pour lui-même qui fait la force du véritable combattant. Quant à l' ennemi, aussitôt aperçu il se dérobe, pour exercer à l' improviste les plus terribles des représailles. Dans ces conditions, tel soldat qui ferait merveille aux frontières, sue de peur dans le bocage vendéen, témoigne le général en chef, qui a vu des bataillons entiers terrorisés à la seule évocation des " brigands ". Si à cet état d' esprit on ajoute la fatigue accumulée par les courses incessantes, rien d' étonnant que, contre une guérilla qui s' étoffe chaque jour des parents des victimes, les défaites se multiplient. " Alain GERARD
" " Il s' en va à la Vendée ", dira-t-on longtemps après en Berry, paraît-il, de quelqu' un qui va mourir. De sources piégées en oubli volontaire de la part des bourreaux, la France post-révolutionnaire, évidemment peu portée à célébrer un épisode peu glorieux de son histoire, s' efforcera de tout oublier. D' où le silence, un silence assourdissant qui chacun peut constater en feuilletant la plupart des livres d' histoire consacrés à cette période. " Alain GERARD
" Afin de sortir du poison de la haine qui aurait très bien pu les ronger, ils réinventent le catholicisme, hissant le pardon de Bonchamps à la hauteur d' un idéal collectif et bâtissant en moins d' un siècle ce foyer de chrétienté que la région n' était pas avant les évènements. En Vendée, la Révolution a démocratisé le martyre. Pour avoir expérimenté les limites d' un bonheur imposé par l' Etat, on est ici durablement de droite: la Vendée est devenue blanche d' avoir trop saigné. Mise au ban de la nation, elle subit un long exil intérieur, que la grande ordalie commune de 1914-1918 vient conjurer, et qui disparaît avec le miracle économique de la seconde moitié du XXè siècle. " Alain GERARD
" Turreau, l' instigateur des colonnes infernales, témoin privilégié des turpitudes terroristes de la France révolutionnaire, poursuit une carrière plutôt passable. Vaguement employé en 1796 à l' organisation de la réquisition militaire à Paris, il est impliqué dans la conjuration de Babeuf, puis participe, aux côtés de son ami le général Augereau, au coup d' Etat du 18 fructidor. Sous Bonaparte, son comportement autoritaire compromet ses missions, que ses infirmités le forcent parfois d' interrompre. Nommé de 1804 à 1811, ministre de la France, c' est-à-dire Ambassadeur, aux Etats-Unis, il est apprécié de Jefferson, mais le blocus continental révèle de nouveau son manque de souplesse. Le 13 mars 1812, Napoléon le fait baron de Linières, et ce carriériste impénitent obtient bientôt, grâce à Augereau, le commandement de Wurtzbourg. Ce qui ne l' empêche pas, le 6 mai 1814 à Marienberg, d' organiser un banquet pour saluer le retour de Louis XVIII. Enfin, le 27 décembre, le bourreau de la Vendée catholique et royale se voit décerner le brevet de chevalier de l' ordre militaire de Saint-Louis. Ainsi donc, non seulement, l' instigateur des colonnes infernales sauve sa tête, mais il se bâtit ensuite, sous les régimes successifs, une carrière honorable. " Alain GERARD
" Déviance politique ou de droit commun, c' est en effet tout un, pour qui prône la cité d' Utopie et se doit séparer ceux qu' il estime dignes d' y entrer de ceux dont il s' étonne qu' ils ne hâtent pas eux-mêmes leur nécessaire disparition. Les noyades de Nantes ouvrent ainsi le champ, par nécessairement limité, de la purification de l' humanité. (…) La Révolution, créatrice d' un homme nouveau, produit nécessairement des cadavres.
Face à une telle élimination, nous pourrions être tentés d' invoquer le caractère sacré de la personne humaine, par référence aux fondements judéo-chrétiens de notre civilisation. En pure perte, car ce serait compter sans la totale imperméabilité de ce système idéologique à quelque argument que ce soit, y compris aux droits de l' homme dont ses tenants n' ont cependant aucun scrupule à se réclamer. La création d' un ennemi virtuel, qui sans cesse menace la Révolution, non seulement discrédite toute opposition, mais permet de s' autojustifier, en un système définitivement hermétique. " Alain GERARD 1999 in Par principe d' humanité… La Terreur et la Vendée
" Du côté des massacrés, on a subi les évènements sans pouvoir les comprendre, et le traditionalisme de leurs descendants ne les a guère armés pour pénétrer l' univers mental éminemment moderne du terrorisme d' Etat. (…) La volonté de faire le bonheur de l' humanité peut conduire à la massacrer en détail, sans pour autant générer un quelconque sentiment de culpabilité." Alain GERARD
" La Révolution française s' invente en marchant. La Terreur est d' abord une pratique, bien avant que d' être conçue et de recevoir un semblant de justification. Exterminer le peuple au nom du peuple ne va en effet pas de soi, y compris et peut-être surtout pour les maximalistes. D' où cette invention, passablement exotique dans une idéologie qui se veut universaliste, d' une " race rebelle ". " Alain GERARD
" L' Etat hérité de la Révolution ne pouvait très probablement se reconstruire que sur l' oubli, et on voit mal comment le souvenir du grand massacre aurait pu ne pas être sacrifié sur l' autel de la raison d' Etat. En dépit cependant de cette amnésie officielle si cruelle aux vaincus, Napoléon saura parler aux Vendéens, qui n' en attendaient pas tant, le langage de leur propre grandeur. " Alain GERARD
" En focalisant la vindicte du pouvoir, il est bien possible que la Vendée ait épargné le pire à d' autres régions, qui en fin de compte n' étaient pas moins étrangères à la dérive terroriste. " Alain GERARD
" Il faut, recommande Billaud-Varenne, " créer un caractère national qui identifie de plus en plus le peuple à sa Constitution ". Vaste entreprise en vérité, qui selon lui n' implique rien de moins que de " recréer " ce dernier. Comment donc sans plus tarder transformer ce peuple engoncé dans ses préjugés en acteur de sa propre métamorphose? La réponse emprunte à la fois à l' individualisme quant à l' initiative de l' opération et, par son caractère, au collectif. L' homme en effet qui aura extirpé de lui-même ses intérêts privés aura prouvé, ne serait-ce que par la vertu de son exemple, qu' il est seul digne de prendre en mains les destinées de ses frères humains. Accomplissant ainsi ce qu' il prend pour la modernité, il ne doute cependant pas qu' il fait resurgir le plus archaïque: en s' investissant dans un militantisme intégral, il évite effectivement d' assumer l' angoisse inhérente à l' individualisme moderne, mais du même coup il recrée une société organique en laquelle ce dernier n' a pas droit de cité. De ce fait, il abdique sa liberté (et accessoirement celle des autres) pour se soumettre à la dictature la pire qui soit: celle de tous sur chacun. " Alain GERARD
" Le révolutionnaire professionnel, ce personnage taillé dans une étoffe nouvelle, dépouillé d' intérêts personnels au point de faire de la politique sa seule morale, va se multiplier au XIXème siècle et proliférer au XXème. Dans son célèbre " catéchisme du révolutionnaire ", paru en 1869, Netchaïev brosse, en des termes qui rappellent beaucoup le serment des acolytes de Carrier, le portrait de cet " homme perdu d' avance ", qui " méprise tout doctrinarisme " et a entièrement rompu avec la " parenté, l' amitié, l' amour, la gratitude, l' honneur même ", au profit de " la seule et froide passion pour la cause révolutionnaire ". Prêt à endosser toutes les livrées pourvu qu' elles appartiennent aux extrêmes, fascinant pour les masses atomisées, déstabilisées par la guerre ou par une transition démocratique trop brutale, il est partout prêt à tout pour instaurer le règne de l' unique et de l' indifférencié. Chez cet homme qu' il appelle le terroriste, Herzen remarque une personnalité que nous avons déjà rencontrée, dont il exalte tout à la fois " la pureté naïve de l' ignorance, la foi inconditionnelle dans la justesse et le succès (…). Il y a dans son obscur caractère, ajoute-t-il, une sorte de virginité, et dans son impitoyabilité une bonhomie d' enfant ". Parfois, l' an II sert très explicitement de référence, notamment chez les Russes. " La Terreur de 1793 était majestueuse dans son obscure impitoyabilité ", ajoute encore le même penseur, tandis que pour Lénine " tout le développement de l' humanité civilisée découle de la Grande Révolution française, tout lui est dû ". Ceci dit, le XXème siècle ajoute à cette esquisse au moins trois perfectionnements. Les idéologies d' abord, les unes fondées sur le sens de l' histoire, les autres sur le rôle éminent de telle race, et qui permettent à l' idéocrate d' interner à l' avance des millions d' hommes dans une image avant de les éliminer pour de bon. Egalement, comme le note l' historien Albert Soboul, le parti " strictement discipliné et donc reposant sur un recrutement de classe comme sur une sévère épuration ". Cet instrument de guerre civile, dont les clubs de l' an II ne constituent qu' une pâle esquisse, servira également au révolutionnaire professionnel à se fabriquer des clones et, grâce au cercle des sympathisants, à mieux se protéger du réel. Enfin le camp, tout juste rêvé par Saint-Just et par Chaux à Nantes, et qui, en complément du Parti, constitue l' endroit par excellence où s' expérimente la cité totalitaire. " Alain GERARD
" Comment a-t-on pu, par amour pour le Peuple en général, le massacrer en détail? Si la Révolution française inaugure la modernité politique, la Terreur, cette maladie infantile de la démocratie, paraît bien être grosse d' une telle pratique. (…) A la base de ce drame, la tentation de l' individualisme radical n' est pas seulement lourde de potentialités totalitaires, mais appelle à se défier de ce ferment qui menace de dissoudre la cité démocratique. Le " je " ne peut exister dans le " nous ", la liberté sans la solidarité. Et réciproquement. " Alain GERARD
" Pourquoi le mot " génocide " s' applique-il en effet à la Vendée? Pourquoi est-ce même le seul mot qui soit approprié? Parce que le traitement réservé par la Révolution aux Vendéens correspond exactement à la définition de ce mot qui a été donnée par le tribunal de Nuremberg. Qu' entend-on par crime de génocide? C' est le crime contre l' humanité qui consiste dans " la conception, la réalisation, ou la complicité dans " l' extermination partielle ou totale d' un groupe humain de type ethnique, racial ou religieux. " Y eut-il de la part de la Convention la volonté d' exterminer les Vendéens? A l' évidence oui, puisqu' elle vota la loi d' extermination. Il y a donc bien crime de génocide. Ce génocide connut-il une réalisation partielle? Oui. Est-ce que les Vendéens constituent un groupe humain? Oui. De type ethnique? Sûrement pas. Racial? Non plus. Religieux? Sans aucun doute, puisque c' est au nom de leur foi qu' ils ont pris les armes et qu' ils ont été exterminés. Est-ce qu' on a le droit d' utiliser rétroactivement le mot de génocide? Oui, indiscutablement, d' autant plus qu' il date du XVIIIè siècle: les ministres français l' utilisaient pour dénoncer les excès des Anglais commis sur les Canadiens. Enfin, tout cela est-il bien vrai? On n' est jamais mieux trahi que par ses amis: lisez Gracchus Babeuf. Tout y est. " Ivan GOBRY 1993 in L' envers des Droits de l' homme
" Le sang, même des coupables, souille éternellement les Révolutions. " Olympe de GOUGES, auteurs de la " Déclaration des Droits de la Femme et de la citoyenne ", guillotinée en 1793
" Il ne faut admettre que les révolutionnaires, des patriotes ayant le courage de boire un verre de sang humain. " GOULLIN
Ordre de Grignon à ses troupes : " Je sais qu'il peut y avoir quelques patriotes dans ce pays, mais c'est égal, nous devons tout sacrifier. "
" Il n' y a que des brigands dans la Vendée, je veux tous les exterminer, et aujourd' hui, j' ai fait fusiller plusieurs municipaux en écharpe. " GRIGNON
" Camarades, nous entrons dans le pays insurgé. Je vous donne l' ordre de livrer aux flammes tout ce qui sera susceptible d' être brûlé et de passer au fil de la baïonnette tout ce que vous rencontrerez d' habitants sur votre passage. Je sais qu' il peut y avoir quelques patriotes dans ce pays ; c' est égal, nous devons tout sacrifier. " Harangue du général Grignon à ses soldats le 17 janvier 1794
" Amey fait allumer les fours et lorsqu' ils sont bien chauffés, il y jette les femmes et les enfants. Nous lui avons fait des représentations; il nous a répondu que c' était ainsi que la République voulait faire cuire son pain. D' abord on a condamné à ce genre de mort les femmes brigandes, et nous n' avons trop rien dit; mais aujourd' hui les cris de ces misérables ont tant diverti les soldats et Turreau qu' ils ont voulu continuer ces plaisirs. Les femelles des royalistes manquant, ils s' adressent aux épouses des vrais patriotes. Déjà, à notre connaissance, vingt-trois ont subi cet horrible supplice et elles n' étaient coupables que d' adorer la nation (…). Nous avons voulu interposer notre autorité, les soldats nous ont menacés du même sort (…) Le président du district le 25 Janvier s' en étonne: " Tes soldats se disant républicains se livrent à la débauche, à la dilapidation et à toutes les horreurs dont les cannibales ne sont pas même susceptibles … ". Le capitaine Dupuy, du bataillon de la Liberté, adresse à sa soeur les 17 et 26 nivôse (Janvier 1794) deux lettres tout aussi explicites: " Nos soldats parcourent par des chemins épouvantables les tristes déserts de la Vendée … Partout où nous passons, nous portons la flamme et la mort. L' âge le sexe, rien n' est respecté. Hier, un de nos détachements brûla un village. Un volontaire tua de sa main trois femmes. C' est atroce mais le Salut de la République l' exige impérieusement (…) Quelle guerre! Nous n' avons pas vu un seul individu sans le fusiller. Partout la terre est jonchée de cadavres; partout les flammes ont porté leur ravage " (…)
Les délits ne se sont pas bornés au pillage, ajoute Lequenio. Le viol et la barbarie la plus outrée se sont représentés dans tous les coins. On a vu des militaires républicains violer des femmes rebelles sur des pierres amoncelées le long des grandes routes et les fusiller et les poignarder en sortant de leur bras ; on en a vu d' autres porter des enfants à la mamelle au bout de la baïonnette ou de la pique qui avait percé du même coup la mère et l' enfant " (…)
" J' ai vu brûler vif des femmes et des hommes, écrit le chirurgien Thomas. J' ai vu cent cinquante soldats maltraiter et violer des femmes, des filles de quatorze et quinze ans, les massacrer ensuite et jeter de baïonnette en baïonnette de tendres enfants restés à côté de leurs mère étendues sur le carreau… "
" J' ai fait brûler un château appartenant à Lescure, et deux ou trois autres. La journée d' hier a coûté la vie à peut-être trois cents rebelles; de ce nombre se trouve un chevalier de Saint-Louis qui fuyait à cheval avec son domestique; je te fais passer la décoration. " Général GRIGNON
" On ne peut pas nier qu' un peuple en lui-même est un puits d' ignorance et de confusion. C' est pourquoi les gouvernements purement populaires ont été partout éphémères, et, outre des tumultes et des désordres infinis, dont ils étaient pleins durant leur existence, ils ont provoqué la tyrannie ou la ruine définitive de leur ville. " Francesco GUICCIARDINI (1483-1540)
Rapport des représentants Hentz et Francastel : " Vous pouvez être assurés que la Vendée est un désert et qu'elle ne contient pas 12 000 personnes vivantes. "
« Il n’ y aurait de moyen de ramener le calme dans ce pays qu’ en en faisant sortir tout ce qui n’ était pas coupable et acharné, en en exterminant le reste et en le repeuplant le plus tôt possible de républicains. (…) La guerre ne sera complètement terminée que quand il n’ y aura plus un habitant dans la Vendée.» HENTZ et FRANCASTEL, commissaires de la République
" La race d' hommes qui habite la Vendée est mauvaise; elle est composée ou de fanatiques, qui sont le peuple, ou de fédéralistes, qui sont les messieurs. Ce qui prouve que la race est mauvaise, c' est qu' il y a si peu de bons qu' ils n' ont pas contenu les rebelles. " Représentants Hentz et Francastel
" On balaye avec le canon le sol de la Vendée, on le purifie avec le feu; on trie sa population, on épure ses principes, on élabore l' esprit public. (…) La rébellion n' a plus aucune consistance, et plus de 150 000 personnes ont déjà été détruites. Cependant les habitants restants, au nombre de 15 à 25 000, sont devenus enragés, et ce sont tout particulièrement les femmes et les enfants qui exercent des cruautés inouïes sur nos volontaires. La guerre de Vendée ne sera complètement terminée que quand il n' y aura plus un habitant dans la Vendée " représentants Hentz et Garrau
" La guerre ne sera complètement terminée que quand il n' y aura plus un habitant dans la Vendée. " Représentants de la Convention Henz, Garrau et Francastel
" … le spectacle du carnage et de la dévastation, partout le silence de l' horreur. (…) Quand cela sera fini, il n' y aura plus de monde dans la Vendée, mais soyez sûrs qu' il y a vingt mille hommes à égorger dans ce malheureux pays; alors, nous trouverons ici force bestiaux et blés. " Représentants Hentz, Garrau, Prieur et Francastel au Comité de salut public
« De fait, les gouvernements ne montrent pas tous ni beaucoup de hâte ni d’ application à réduire à néant les legs des temps de tyrannie. Danton, champion de l’ audace en chambre, occupe toujours la place de l’ Odéon et la ville de Versailles qui n’ a pas gardé une seule effigie d’ un roi de France dressé en un lieu public, honore le général Hoche par une statue joliment située face à l’ église Notre-Dame, entouré de beaux parterres de fleurs. Les édiles de l’an 1832, initiateurs responsables de cette complaisance pour l’ enfant du pays, l’ ont immortalisé par une suite d’ inscriptions qui, sur les quatre côtés du socle disent ce que la patrie a perdu de voir mourir si jeune, à l’ âge de vingt six ans, ce pacificateur de la Vendée. On y lit que « s’ il eu vécu, sa gloire toujours croissante n’ eût jamais rien coûté à la liberté de sa patrie » et que « héros citoyen, son nom est pur autant qu’ immortel ». L’ an 1868, pour le centenaire de sa naissance, la municipalité fit instaurer, en l’ honneur de son glorieux fils, une fête annuelle pour célébrer son souvenir. Si bien que la fête de Versailles, qui se dit, pour attirer les touristes, « ville royale », fait commémorer le génocide des pauvres croquants partisans du roi. « Pacificateur de la Vendée! ». La place manquait sans doute pour montrer Hoche allant, aux ordres de la Convention, pacifier d’ autres villes et provinces: terres ravagées, églises brûlées, femmes et enfants massacrés. » Jacques HEERS
" …les vertus et les bonheurs d' un peuple ne dérivent pas de la sainteté de sa religion, mais de la sagesse de ses lois. " HELVETIUS, in De l' Esprit
" Plus de cinq cents, tant hommes que femmes, ont été tués… J' ai fait fureter les genêts, les fossés, les haies et les bois, et c' est là qu' on les trouvait blottis. Tout a été passé par le fer car j' avais défendu que les trouvant ainsi on consommât des munitions. A mon arrivée à La Verrie, j' ai fait passer au fil de la baïonnette tout ce que j' ai trouvé. " HUCHE
" J' avais ordonné de passer au fil de la baïonnette tous les scélérats qu' on aurait pu rencontrer et de brûler les métairies et les hameaux qui avoisinent Jallais; mes ordres ont été ponctuellement exécutés et, dans ce moment, quarante métairies éclairent la campagne… " JALLAIS le 27 janvier 1794
" C' était une battue générale pour exterminer, en s' avançant, toute la population, incendiant en même temps, bourgs, villages, châteaux, sans épargner les plus misérables masures. Une fumée noire et épaisse s' élevait dans l' air, qui devenait rouge et embrasé à mesure que la destruction s' étendant dans la campagne ; cette fumée, s' unissant aux nuages, formait comme une barrière qui interceptait la vue du ciel; il semblait que la terre en était séparée par le crime. Ce système de massacre et d' incendie général, commença par glacer tout le monde d' épouvante et de terreur; on ne peut exprimer ce que chacun ressentait… à force de penser, on ne pensait plus. " Madame de LA BOUERE
" Les lois éthiques doivent l' emporter sur toutes les autres lois, qu' elles soient divines ou humaines, et elles existeraient même si ces dernières n' avaient jamais été promulguées. " (Sic!) LA CHATOLAIS in Essai sur l' éducation nationale (1763)
" D' abord les noyades se faisaient de nuit mais le comité révolutionnaire ne tarda pas à se familiariser avec le crime; il n' en devint que plus cruel et dès ce moment, les noyades se firent en plein jour. D' abord les individus étaient noyés avec leurs vêtements; mais ensuite, le comité conduit par la cupidité autant que par le raffinement de la cruauté, dépouillait de leurs vêtements ceux qu' il voulait immoler aux différentes passions qui l' animaient. Il faut aussi vous parler du " mariage républicain " qui consistait à attacher, tout nus, sous les aisselles, un jeune homme à une jeune femme, et à les précipiter ainsi dans les eaux. " Guillaumme-François LAHENNEC, témoin au procès de Carrier.
" Oui, il fallait détruire ce qui pouvait servir de repaire aux brigands, et alors la propriété du patriote ne devait pas être plus respectée que celle du contre-révolutionnaire; mais il ne fallait pas porter le fer, la flamme, la famine, le viol partout indistinctement; il ne fallait pas consumer en pure perte ce qui pouvait servir à alimenter les armée républicaines. " Laignelot à l' adresse du Comité de salut public
" Bien qu' extrêmement autoritaire, le jacobinisme français enseignait le pacifisme et la fraternité universelle, sauf pour les catégories de citoyens qu' il persécutait vigoureusement. " Gustave LE BON
" Un des effets les plus sûrs de la certitude dérivée d' une croyance, est de créer certains principes de morale plus ou moins provisoires, mais fort puissants, autour desquels se constitue une conscience nouvelle génératrice d' une nouvelle conduite. L' histoire de la Révolution est plein d' actes sanguinaires commis par des individus jadis pacifiques, mais se croyant obligés d'obéir aux impulsions de leur foi récente tels les massacreurs de Septembre qui, les tueries terminées, réclamèrent une récompense nationale. Telles encore les bandes qui ravagèrent la Vendée. " Gustave LE BON in Les opinions et les croyances
" Ces intolérantes conceptions sont des manifestations du terrible esprit jacobin.
Le jacobin, se croyant détenteur de la vérité pure, prétend l' imposer par la force dès qu' on lui en donne le pouvoir. Les Dieux qu' il adore dans les temples francs-maçonniques sont les seuls vrais dieux et il ne saurait en tolérer d' autres. Possesseur de certitudes éclatantes, il n' admet pas qu' on les nie et considère comme un devoir d' extirper l' erreur. De là l' intolérance farouche qui les domine. " Gustave LE BON in Le déséquilibre du monde.
" Les philosophes du XVIIIe siècle se sont consacrés avec ferveur à détruire les illusions religieuses, politiques et sociales dont, pendant de long siècles, avaient vécu nos pères. En les détruisant ils ont tari les sources de l' espérance et de la résignation. Derrière les chimères immolées, ils ont trouvé les forces aveugles et sourdes de la nature. Inexorables pour la faiblesse elles ne connaissent pas la pitié. (…) Les grands hommes qui ont soulevé l' âme des foules, les Pierre l' Ermite, les Luther, les Savonarole, les hommes de la Révolution, n' ont exercé de fascination qu' après avoir été eux-mêmes d' abord fascinés par une croyance. Ils purent alors créer dans les âmes cette puissance formidable nommée la foi, qui rend l' homme esclave absolu de son rêve. " Gustave Le BON
" Les croyances politiques le sont au moins autant que les croyances religieuses. On sait quelle ardeur les hommes de la Convention: Hébertistes, Dantonistes, Robespierristes, etc.…, convaincus chacun de posséder la vérité pure, supprimaient les ennemis supposés de leur foi. Les sectateurs modernes de la déesse Raison sont aussi violents, aussi intolérants, aussi altérés de sacrifices que leurs prédécesseurs. La règle de tout vrai croyant sera toujours celle enseignée dans la somme de Saint Thomas: " L' hérésie est un péché pour lequel on mérite d' être exclu du monde par la mort ".Gustave LE BON in Les opinions et les croyances
" Mieux vaudrait envoyer en Vendée des prédicateurs patriotiques, sinon ce pays ne vous donnera de repos que quand vous aurez détruit presque tous les habitants. " Lequinio au Comité de salut public
« Il ne faut point faire de prisonniers. Dès qu’ on trouve des hommes les armes à la main ou en attroupements de guerre, quoique sans arme, il faut les fusiller sans déplacer. » LEQUINIO
" Carrier conjure Cordellier, " au nom de la loi, de mettre le feu partout et de n' épargner personne, ni femmes ni enfants, de tout fusiller. "
" Si la population qui reste n' était que de trente à quarante mille âmes, le plus court sans doute serait de tout égorger, ainsi que je le croyais d' abord; mais cette population est immense: elle s' élève encore à 400 000 hommes; et le pays vallonné et boisé, rend cette extermination extrêmement difficile. " LEQUINIO
" L' homme en rapport avec son Créateur est sublime, et son action est créatrice: au contraire, dès qu' il se sépare de Dieu et qu' il agit seul (…) son action est négative et n' aboutit qu' à détruire. " Joseph de MAISTRE
« Les réformateurs de Paris apparaissaient aux paysans de l’ ouest comme les destructeurs de tout un ordre traditionnel, sans lequel ils ne pouvaient concevoir même leur vie quotidienne. Et si nous voulons bien nous souvenir qu’ au cours de l’ Ancien Régime le patriotisme, pour les Français, avait été plus vécu que défini, si nous voulons nous souvenir que ce patriotisme était formé essentiellement de l’ obéissance fidèle à des traditions, au lieu de s’ exprimer dans un concept abstrait, il nous faut bien conclure que le sursaut des Vendéens était, à son origine, la révolte du patriotisme instinctif, du patriotisme réaliste, contre l’ hypocrite construction théoricienne du gouvernement parisien. » Marie-Madeleine MARTIN
N’ est-ce pas en France que l’ on a inventé les camps de concentration? A Rochefort pour les prêtres réfractaires en instance de déportation. Les camps d’ extermination? A Noirmoutier où 2000 vendéens furent exterminés « scientifiquement » en cinq jours. Et enfin les tanneries de peaux humaines? Aux Ponts-de-Cé et à Meudon pour vêtir les soldats républicains.
« Terreur, génocide vendéen : c’ est au nom des Droits de l’ Homme que la république naissante s’ est arrogé le droit et le devoir de tuer. » Salomon METZEK
" Je n'ai point fait de prisonniers. Les soldats de la liberté étaient trop indignés par l'audace de cette horde d'esclaves qui ont osé les déranger de leur dîner. " Général MIESKOWSKI
" Toutes les campagnes ont été dévastées. Elles ont perdu dans les incendies leurs villages, leurs bâtiments d' exploitation, tous leurs instruments aratoires, dans les combats une grande partie de leurs bestiaux, un tiers de leur population. Les vignes qui couvraient les coteaux de la Sèvre et les deux rives supérieures de la Loire ont péri faute de culture et chargent encore la terre d' un bois inutile, faute de bras pour les arracher. Les champs privés pendant trois ans de soins de labour sont incultes ou très imparfaitement défrichés. Les cultivateurs de ce département, forcés de venir acheter aux marchés de Nantes leurs denrées de première nécessité ne se consolent de tant de privations que dans l' esprit toujours éloigné de recevoir des dédommagements et des secours. " Rapport du Ministère
« Dans l’ histoire de l’ Europe moderne, c’ est la Révolution française qui, la première, fit passer dans la réalité l’ idée d’ exterminer une classe ou un groupe. » Ernst NOLTE historien
" Là c' étaient de pauvres jeunes filles toutes nues suspendues à des branches d' arbres, les mains attachées derrière le dos, après avoir été violées. Heureux encore quand, en l' absence des Bleus, quelques passants charitables venaient les délivrer de ce honteux supplice. Ici, par un raffinement de barbarie, peut-être sans exemple, des femmes enceintes étaient étendues et écrasées sous des pressoirs. Une pauvre femme, qui se trouvait dans ce cas, fut ouverte vivante au Bois-Chapelet, près Le Maillon. Le nommé Jean Lainé, de La Croix de Beauchêne, fut brûlé vif dans son lit où il était retenu pour cause de maladie. La femme Sanson, du Pé-Bardou, eut le même sort, après avoir été à moitié massacrée. Des membres sanglants et des enfants à la mamelle étaient portés en triomphe au bout des baïonnettes. Une jeune fille de La Chapelle fut prise par des bourreaux, qui après l' avoir violée la suspendirent à un chêne, les pieds en haut. Chaque jambe était attachée séparément à une branche de l' arbre et écartée le plus loin possible l' une de l' autre. C' est dans cette position qu' ils lui fendirent le corps avec leur sabre jusqu' à la tête la séparèrent en deux. " Descriptions de Peigné et de l' abbé Robin
Lettre du commandant Périguaud à Turreau : " Pères, mères, enfants, tout a été détruit. "
" La démocratie nourrit d' elle-même un penchant au terrorisme à l' égard de ses dissidents. Mais comme elle ne peut pas, sans manquer à son image, y recourir ouvertement, elle n' a cessé d' en affiner la pratique, et de la rendre moins voyante. Dans sa jeunesse, ses méthodes ont été grossières. Elle a cru que pour vaincre il fallait tuer, mais pour ne pas devenir simplement criminelle, elle a tenté d' ôter leur qualité d' homme à ses adversaires: en Vendée, la démocratie française a inventé le génocide sans avoir à prononcer le mot, car elle fit massacrer au nom de l' humanité non pas d' autres hommes, mais une sorte de vermine nuisible: les uniformes bleus n' habillaient pas des assassins, mais des dératiseurs; et quand elle ne pouvait les animaliser, les adversaires de la démocratie étaient proclamés ceux du genre humain: c' est la même idée. " Claude POLIN 2007
"Les bourreaux de 1791 ne furent-ils pas, aussi, de fervents hygiénistes? La guillotine, n’ était-elle pas elle-même (selon les mots des philanthropes qui en proposèrent l’ usage à Louis XVI), un « progrès » dans l’ humanitarisme, un bienfait dans « l’ adoucissement » de l’ application de la peine? Au contact de la lame affûtée du couperet, l’ exécuté ne croira sentir, affirmaient-ils, sans se trouver ridicules, ni monstrueux, que « le souffle délicieux d’ un courant d’ air sur sa nuque » (Mémoires du docteur Guillotin à Louis XVI - 1788) Que de temps, de confort, et de précision gagnés! On croit rêver, et on cauchemarde d’ avance sur les raisons devenues folles de ces Etats tout-puissants, qui prétendront établir, de force et d’ autorité, pour tous leurs citoyens, ce « meilleur des mondes » prétendument « pur », propre, aseptisé et égalitaire, en rendant l’ existence invivable, et la planète inhabitable.
Comme Sade, Baudelaire rira bien fort, et fort amèrement, de ces larmes de crocodile qu’ on voit perler aux paupières des bourreaux philanthropes ou des exécuteurs de masse, exterminant leur semblable au nom du bon droit selon les arcanes d’ un irréel et abstrait « bien » commun, ainsi que d’ une « nécessité », commodément qualifiée de « supérieure ». L’ une et l’ autre, l’ auteur des Fleurs du mal et celui de cet autre règlement de compte anti-rousseauiste qu’ est La Philosophie dans le Boudoir, se rejoignent, d’ ailleurs, afin de « trancher » (si on ose dire!) sur la question de la peine de mort. Sur ce point « délicat », Baudelaire demeure aussi une énigme pour les âmes naïves et les moralistes à la petite semaine sentimentale, propres à s’ offusquer, dès qu’ on délaisse le ton du prêche humaniste ras-de-terre, pour tendre à l’ élévation métaphysique du débat. Entre victime et bourreau, Baudelaire voit d’ emblée ce qui se joue (au-delà de la simple comédie « sociale » de la désignation du « bouc émissaire » et de l’ expiation collective). Derrière le rituel, il voit le sens religieux de l’ acte, qui, comme il l’ écrira, « exige la pleine conscience, la parfaite adhésion spirituelle et le parfait consentement de l’ un et de l’ autre des protagonistes au rôle qu’ ils tiennent dans l’ économie de la Providence ». Or, là encore, la révolution, avec ses massacres planifiés, ses exécutions de masse, a appauvri la symbolique de l’ exécution capitale. Devenue macabre pantomime, pauvre « représentation », elle a, partant, perdu sa raison, son sens sacrificiel, sa dimension métaphysique, sa justification mystique. On verra que Joseph de Maistre, l’ un des « maîtres à mal penser » (à penser contre l’ évidence bourgeoise de son époque) de Baudelaire, l’ un de ces « éclaireurs » de ces « phares » spirituels qui l’ aideront à témoigner contre les Lumières, ne dira pas autre chose, sur le sujet. Là aussi, la révolution aura accéléré les choses. La mort n’ y est-elle pas devenue la chose la plus abstraite du monde? L’ égalité devant les fins dernières des anciennes danses macabres, qui exprimait le sens religieux d’ une parabole, a été muée, par les terroristes républicains, en droit de condamner et d’ exterminer sans jugement, au nom d’ un communautarisme « citoyen », où n’ importe quel individu ne vaut guère plus que son interchangeable poids de chair humaine. La guillotine, « machine à égaliser » (et à faire tomber l’ intolérable orgueil des têtes qui dépassent) est l’ instrument entre tous qui symbolise l’ instauration de la mort à la chaîne, de la mort industrielle dont le XXe siècle fera si prolifique usage. Voilà déjà que se profile le taylorisme de l’ extermination qui sera la raison d’ être, la raison (à la fois « pure » et « pratique ») de tous les totalitarismes établis au nom de la liberté, dans la foulée des « généreux » (et généraux) « principes de 89 », si aisément changés en terrorisme de l’ an II. Toute l’ entreprise du XIXe siècle entérine ce vaste projet d’ aseptisation de l’ humain, de négation de l’ homme, au nom (fort commode, car fort vague) de l’ humanité." Pierre-Emmpanuel Prouvost d' Agostino 2008 in Le livre noir de la révolution française.
" Il faut que la Vendée soit anéantie parce qu' elle a osé douter des bienfaits de la Liberté " Décembre 1793 - lettre des représentants en mission au général Haxo
" La contrée qu' ils ont souillée de tant de crimes, devenue un vaste désert, attestera à tous les contre-révolutionnaires qu' on ne tente pas en vain de replonger le peuple français sous la verge des tyrans. " RICHARD et SOULDIEU
" Vous avez dans les lois, tout ce qu'il faut pour exterminer légalement nos ennemis ". ROBESPIERRE
" Il n' y a plus que deux partis en France, le peuple et ses ennemis. Il faut exterminer tous ces êtres vils et scélérats, qui conspirent éternellement contre les droits de l' homme et contre le bonheur de tous les peuples. " ROBESPIERRE
" Le ressort du gouvernement populaire en révolution est à la fois la vertu et la terreur; la vertu, sans laquelle la terreur est funeste; la terreur, sans laquelle la vertu est impuissante. (…) La terreur n' est autre qu' une forme de la démocratie, imposée par les circonstances. (…) Le gouvernement de la Révolution est le despotisme de la liberté contre la tyrannie. " ROBESPIERRE
" Les massacrés étaient des ennemis politiques, et la clémence qui leur pardonne est barbare, c' est un crime contre l' humanité. " ROBESPIERRE
" Il faut étouffer les ennemis intérieurs de la République ou périr avec elle; or, dans cette situation la première maxime de votre politique doit être qu' on conduit le peuple par la raison et les ennemis du peuple par la terreur (…) Cette terreur n' est autre chose que la justice prompte, sévère, inflexible. " ROBESPIERRE
« Les patriotes manquent de pain, il et juste que ces scélérats périssent et ne mangent pas le pain des patriotes. Les détenus sont des scélérats qui ont voulu détruire la République: il faut qu’ ils périssent. » ROBIN, bourreau
" Cet humanisme ou humanitarisme, morale de bonté pour un monde sans Dieu, est monstrueusement inhumain car il ne tient pas compte de la nature même de l' homme. C' est une arme de destruction massive dont la fille est la culture de mort. " Ludovic ROBIN
" Aux religions révélées, Voltaire oppose la religion naturelle, inscrite au cœur de l' homme. Elle se résume dans le culte de la justice et la pratique de la bienfaisance. (…) Pas de bonheur individuel sans bonheur d' autrui. La sociabilité est un sentiment naturel, fortifié par l' habitude et cultivé par la raison. Le mot humanité commence à être employé couramment et à remplacer le mot chrétienté. " Louis ROUGIER
" …ces grand esprits cosmopolites qui embrassent toute l' humanité dans l' élan de leur bienveillance… " J.-J. ROUSSEAU
DES DROITS DE L' HOMME aux TOTALITARISMES
" Les passerelles entre la Révolution française et les totalitarismes du XXè siècle sautent aux yeux, d' autant plus violemment que le régime soviétique, ses satellites et ses historiens se sont toujours réclamés des grands ancêtres, la Révolution bolchevique se concevant, dans la continuité du modèle, comme une Révolution française qui aurait échappé à Thermidor, à l' embourgeoisement du Directoire et au coup d' Etat de Brumaire, une révolution qui se serait glorieusement maintenue sur la ligne de cette crête établie par l' Incorruptible. Mais à cet égard, il est encore plus curieux de constater que l' autre grand courant totalitaire du siècle, le fascisme, a pu éprouver, quoique sur un mode plus discret, une semblable attirance pour les figures héroïques de la Révolution. Au début des années 1950, Malraux constate ainsi, dans la préface qu' il donne à la biographie écrite par Albert Olivier, que Saint-Just " annonce les communistes et les fascistes, le parti unique et tout-puissant ". (…) Si Saint-Just " annonce les fascistes ", s' il a pu les séduire, c' est parce que extérieurement, il leur ressemble, ou plutôt parce qu' il correspond à ce que la mythologie fasciste décrit comme le type humain idéal. (…)
Quant aux similitudes entre cette utopie et les projets totalitaires du XXe siècle, en particulier le fascisme, elles tiennent à la fois à ce qui la singularise (par exemple, la méfiance à l' égard de la raison et le pessimisme des perspectives) et à ce qui la rattache à la tradition utopique: la thématique de l' homme nouveau, le culte des héros, le rôle des fêtes publiques, l' uniformisation générale, le souci du corps, la nécessité de se prémunir contre les atteintes extérieures conjuguée avec un impérialisme latent: tout ceci établit le genre de " parenté " idéologique évoqué plus haut.
D' autant que ces rapprochements ne se limitent pas au projet lui-même. Ils se retrouvent dans les modalités de sa mise en œuvre, telles que Saint-Just les décrit, et telles qu' il les mettra en pratique, à la Convention, au Comité de Salut Public ou lors de ses missions en Province.(…)
Les fascistes français, qui connaissent de près la geste révolutionnaire, n' hésitent d' ailleurs pas à s' en réclamer expressément, notamment afin de se démarquer de la droite " réactionnaire " maurassienne. Transfuge de l' Action Française, Georges Valois vient tout juste de créer le Faisceau lorsqu' il signe, le 14 juillet 1926, un article au titre explicite, " Le fascisme, conclusion du mouvement de 1789 ". Pour lui, la Révolution est la matrice d' où procèdent les grandes idées qui vont se combiner dans le fascisme: socialisme, nationalisme, Etat moderne et centralisation. Quant au fascisme, il lui revient d' achever le mouvement initié en 1789. (…)
Dans un article paru en octobre 1939 à l' occasion du 150ème anniversaire de la Révolution, " Jacobinisme et fascisme ", Drieu La Rochelle explique que la ressemblance foncière unissant les totalitarismes entre lesquels son cœur balance, bolchevisme, nazisme, fascisme, vient de ce qu' " ils ont une filiation commune, et cette filiation n' est autre que le jacobinisme" : dans leurs systèmes et dans leurs actes, " ils découlent en droite ligne du précédent français de 1793 "
Marcel Déat (fondateur du " Parti socialiste de France ", parti officiellement collaborationniste) déclare avec enthousiasme qu' il a existé " un totalitarisme de l' an II, un national-socialisme avant la lettre d' essence jacobine ". En bref, note à ce propos l' historien Marc-Crapez, il s' agit, pour la plupart des fascistes français, " d' une filiation bien tangible ", assumée et revendiquée. Une filiation que n' hésitent pas à souligner, du reste, leurs adversaires maurrassiens, qui se réclament, au contraire, de la seule tradition contre-révolutionnaire. (…)
Passons sur les similitudes dans l' ordre des symboles (le faisceau, le feu, la foudre), sur les analogies psychologiques, Robespierre, affirme G.L. Mosse se serait senti parfaitement à l' aise dans l' ambiance d' une fête nationale-socialiste. Passons même sur le culte des morts, l' insistance sur les thèmes de la jeunesse, de l' énergie, du combat. Quand bien même on laisserait tout cela de côté, comme pouvant résulter de coïncidences fortuites, il y aurait encore tout le reste.
Sur le plan social et culturel, par exemple, on ne peut manquer de rapprocher l' hostilité aux " riches " qui anime Saint-Just de la tendance foncièrement anti-bourgeoise du fascisme, une tendance estompée pour des raisons d' opportunité lorsqu' il accède au pouvoir, mais qui demeure caractéristique de la doctrine fasciste (…) " La Révolution française, observe G.L. Mosse, se considérait elle-même comme un nouveau départ, en vue de créer une nation de frères, les plus radicaux évoquant la naissance d' un homme nouveau. Tel était précisément le projet de Mussolini: le fascisme devait créer un nouveau type d' homme, qui ne soit plus le produit de l' ordre présent " (…) Il y a certes des enfants qui n' ont aucun trait commun avec leurs parents, de même que certaines personnes se ressemblent comme des frères sans avoir le moindre degré de parenté. Mais il n' en va pas de même dans l' histoire des idées, où des similitudes marquées et répétées signifient toujours quelque chose. C' est en cela que le petit jeu de miroirs auquel on vient de se prêter permet d' éclairer la nature de cette révolution jacobine dont Saint-Just demeure, à beaucoup d' égards, le symbole, le martyr et le héros: sa nature véritable? Celle d' une utopie totalitaire, prête à tout pour établir l' homme nouveau dans la république intégrale. Autrement dit, celle d' une prémonition des plus tragiques expériences du XXè siècle. " Frédéric ROUVILLOIS, 2008 professeur de droit public - conseiller de la fondation pour l' innovation publique in Le livre noir de la RF
" N' oubliez jamais que tant que vous nourrirez dans l' enceinte de cette cité, des vampires et des vautours pour prix de votre indulgence, ils suceront un jour à longs traits le sang qui les aura préservés de la vengeance due à leurs forfaits. " ROUX, curé assermenté de Campagne-Mouton
Rapport de l' adjudant général Rouyer : " Nous fusillons tout ce qui tombe sous notre main, prisonniers, blessés, malades aux hôpitaux. "
" Qu' on place la Terreur à l' ordre du jour. C' est le seul moyen de donner l' éveil au peuple et de le forcer à se sauver lui-même. " ROYER le 30 août
" Ce qui constitue une république, c'est la destruction totale de tout ce qui lui est opposé. " SAINT JUST 26 février 1794 in son Rapport sur les personnes incarcérées
" …le mal, les moyens violents, iniques, inhumains, même en supposant qu' ils aient eu durant le moment de crise une apparence d' utilité immédiate, laissent ensuite, ne fût-ce que sur des imaginations frappées (…) de longues traces funestes, contagieuses, soit en des imitations théoriques, exagérées, soit en des craintes étroites et pusillanimes ". SAINTE BEUVE
" Tout manque à l' agriculture: les voitures, les charrues, le fer, l' acier, les courroies pour lier le bœuf, les bœufs eux-mêmes, les vaches, les chevaux, les bêtes de toutes espèces, le journaliers et manœuvres réquisitionnées par l' armée. (…) La famine ne tardera pas à faire sentir ses funestes effets dans le pays sans un meilleur ordre des choses… On ne souffre pas le cultivateur dans sa chaumière; sa fille et sa femme sont violées devant lui. On le rend témoin et quelques fois complice de cette infamie. La mort le poursuit de toutes parts et le désespoir le fait abandonner ses terres. Bientôt, ses champs seront couverts de ruines au lieu des belles moissons qu' ils produisaient autrefois…" Le maire de Salartennes.
" Nous serons humains quand nous serons assurés d' être vainqueurs. " Hérault de Séchelles
« En 1986, l’ historien Reynald Secher publiait sa thèse de doctorat d’ Etat sous le titre Le génocide franco-français: La Vendée-Vengé, objet depuis de plusieurs rééditions. Il allait aggraver son cas en 1991 avec Juifs et Vendéens: d’ un génocide à l’ autre. Si bien qu’ il se trouve malgré ses titres universitaires de facto interdit d’ enseignement sur le territoire de la république. » Louis-Christian GAUTIER 2008 in Génocide en Vendée.
"Plus de 60 % des Français se sont ouvertement soulevés contre le gouvernement tyrannicide et donc liberticide de la révolution. Celle-ci se veut sans pitié. Rien ne trouve grâce à ses yeux: l’ histoire, les philosophes, la religion et au-delà selon, les populations qui veulent conserver leur liberté. Que faire devant la force, la furie, l’ ignominie, le nombre sinon se battre d’ où l’ insurrection généralisée tant dans les grandes villes comme Caen, Lyon, Bordeaux… que dans les campagnes comme le Berry, la Corse, le Pays Basque er bien entendu la Vendée. La Convention ne pouvait accepter ce qu’ elle considérait comme inacceptable: « pas de pitié pour les ennemis de la liberté », beau système qui ne pouvait que se traduire par un bain de sang général, un sang « régénérateur » qui devait purger à jamais la France et créer un homme nouveau. Il fallait un exemple à grande échelle: ce sera la Vendée. Tout commence par un mot prononcé parmi tant d’ autres du haut de la tribune: « extermination ». Suivent les lois logiques et implacables… » Reynald SEYCHER 2008
" Saint-Just fait en effet le constat que la France manque de matières premières pour habiller les soldats et les officiers. Il a donc l'idée de prendre la matière première là où elle est. On va ainsi monter en Vendée des ateliers militaires de tanneries de peaux humaines. Il y en a une qui a sévi aux Ponts-de-Cé et qui a été parfaitement décrite par des contemporains dans un rapport que j'ai retrouvé. Je peux donc vous dire comment on dépiautait les vendéens, comment on les scalpait, comment on coupait les sexes des hommes pour les arborer comme médailles afin de montrer le nombre de gens que l'on avait tués dans la journée. Ce sont de véritables litanies de l'horreur. " Reynald SEYCHER
" Il faut que la Vendée soit anéantie parce qu'elle a osé douter des bienfaits de la Liberté " Décembre 1793 - lettre des représentants en mission au général Haxo
" L' idée d'exterminer la Vendée revient, sans aucun doute, à Barrère. Il l'a énoncée synthétiquement dans un mot lancé au hasard d'un discours au mois d'avril 1793 : " Exterminons les Vendéens "
La Convention vote trois Lois.
La première, qui date du 1er août 1793 est la loi d'anéantissement : elle prévoit la destruction systématique de l'habitat, des bois, des forêts, des entreprises vendéennes.
La deuxième Loi, du premier octobre 1793, décide l'extermination des " brigands vendéens " (…) de toute la population résidant en Vendée militaire, bleus et blancs confondus, y compris les femmes " sillons reproducteurs " et les enfants, " futurs brigands " qui, s'ils survivaient, pourraient être animés du " juste désir de revanche ".
La troisième Loi décide de débaptiser solennellement la Vendée pour l'appeler département Vengé.
Le problème est que les vendéens sont de tellement mauvais révolutionnaires qu'ils refusent de se laisser tuer, et pire, qu'ils se défendent ! De plus, on n'a pas les moyens de la solution définitive, finale. Alors, on va recourir à différends moyens.
La première phase est la phase chimique. On décide d'abord de gazer la population vendéenne (…) Mais l'expérience est décevante : " Ni les moutons sur lesquels l'expérience a été faite, ni les conventionnels présents - note le rapport - n'ont été incommodés " !
Devant ces échecs, une deuxième idée, émise par le général Santerre, celui qui a fait battre les tambours lors de l'exécution de Louis XVI : il s'agirait de miner systématiquement le territoire vendéen. Mais le grand problème est que l'on n'a pas réussi à créer la mine sélective, et les mines explosent aussi bien sous les soldats bleus que sous les vendéens. On arrête donc l'expérience.
La troisième idée est due à Carrier : c'est l'empoisonnement de l'eau, du pain et de l'alcool avec de l'arsenic. Y a-t-il eu un début d'exécution ? Je l'ignore. Mais Savin, lieutenant de Charrette, saisira un certain nombre de fourgons bourrés d'arsenic et se posera la question de leur utilité.
Les méthodes scientifiques et techniques ayant échoué, les troupes chargées de l'extermination se résignent à utiliser les moyens empiriques, artisanaux. Elles en retiennent cinq : la guillotine, moyen mécanique ; les sabrades : on met les vendéens en file indienne et on les tue à coup de sabres et de baïonnettes ; l'éclatement des crânes à coups de crosses ; les fusillades ; les noyades (spécialité de Carrier à Nantes)
Mais tout ceci est très coûteux. (…) Bien sûr, on s'indemnise en arrachant les dents, en coupant les cheveux, en vendant les vêtements mais c'est insuffisant par rapport au coût général des exécutions.
Trouver un plan d'extermination efficace, rapide et peu coûteux sera la mission de Turreau, général en chef des armées de l'ouest. On lui demande de rédiger un plan général d'extermination. Turreau, qui est un bon militaire, ne se pose aucune question, rédige son plan et l'envoie en double exemplaire aux autorités politiques et aux autorités militaires. Nous en avons l'original.
Ce plan est tout à fait simple et se fonde sur trois structures :
Première structure, les colonnes infernales. Il s'agit de sillonner la Vendée militaire avec des colonnes et de tuer, de détruire tout, systématiquement.
Les conventionnels avaient voté une loi qui exigeait que chaque général, de manière quotidienne, envoie un double rapport au pouvoir politique et au pouvoir militaire. On a détruit les rapports politiques mais on a oublié de détruire les rapports militaires : on les a déposés aux archives militaires, c'est-à-dire au fort de Vincennes, où ils sont encore à l'heure actuelle pour leur majeure partie.
Deuxième structure, la flottille sur la Loire. (…) Elle va être employée à l'extermination de la population riveraine du fleuve. Nous avons également retrouvé les rapports des commandants de bateaux.
Troisième structure, la commission de subsistance, dont la finalité est de piller systématiquement la Vendée. Ce sera un moyen de secourir Paris affamé et aussi de remplir les poches de certains conventionnels parisiens !
En termes de bilan, on peut estimer que sur une population de 815 000 habitants, un minimum de 117 000 personnes a disparu. Un habitant sur sept. Et peut-être beaucoup plus. Mais c'est un chiffre en dessous duquel on ne peut aller. On a pu aussi vérifier que l'idée qui avait été avancée par les Conventionnels d'exterminer de préférence les femmes, " sillons reproducteurs ", et les enfants " futurs brigands ", avait été réalisée. En effet, on a fait des sondages à La Chapelle Basse mer, à la Remaudière, aux Lucs-sur-Boulogne. Ils vont tous dans le même sens : 60, 70, 80 % des tués sont des femmes et des enfants. " " Reynald SEYCHER
« La violence des révolutionnaires visait à l’ extermination des Vendéens, tous sexes ou âges confondus, indépendamment des considérations militaires. Les destructions ne se sont pas bornées aux inévitables débordements de guerre, mais ont pris un caractère systématique. Il ne s’ agissait pas de rétablir l’ ordre mais de « nettoyer » la région. Et la décision a été prise au plus haut niveau. » Reynald SEYCHER
" Rien ne peut justifier les délires de la haine et leurs fruits pervers. Car la graine de la haine a fécondé le XXe siècle en flots de sang. " Reynald SEYCHER
"Vingt ans après, je me souviens d' avoir pris conscience de l' énormité du crime commis en Vendée en lisant le registre clandestin de l' abbé Pierre-Marie Robin (1748-1805), recteur de La Chapelle-Basse-Mer. Scrupuleusement, il avait enregistré, conformément au droit canon, tous les actes de la vie de ses paroissiens: baptême, mariage, sépulture. Ces actes décrivent méticuleusement les conditions et les circonstances des décès. La première fois, j' ai été tellement choqué qu' au bout de quelques pages, j' ai dû m' arrêter. Comment ne pas être bouleversé par le massacre de femmes, parfois enceintes, d' enfants, de vieillards... Comment rester insensible lorsque 421 massacres sur une population estimée à 3 200 personnes ont été enregistrés? Mais, quand 770 communes sont concernées, on est acculé à se poser des questions de fond. On dit que l' histoire doit être traitée froidement -en l' occurrence, était-ce humainement possible? Que l' on ne vienne pas me parler de tradition en matière d' horreur; en Vendée, l' impensable y a été fait (tanneries de peaux humaines, fonte des graisses...); l' inimaginable a été essayé (mines antipersonnel, empoisonnement à grande échelle, gazage...). La Vendée a été un laboratoire grandeur nature, d' ailleurs conçu comme tel. Sans doute, l' objectivité en histoire est-elle difficile à atteindre, mais au-delà des préjugés, il reste les hommes et les faits que rien ni personne ne peut ne doit justifier. Le professeur Jean Meyer, mon directeur de thèse, au début de ma recherche, m' avait dit de ne travailler que les textes, rien que les textes. C' est ce que j' ai fait et, pour comprendre la réalité locale, j' ai dû reconstituer la courroie de transmission afin de répondre aux questions de fond: qui? Pourquoi? Comment? Personne à l' Université ne s' était jamais posé de telles questions. En pays de droit, la décision n' avait pu être prise qu' au plus haut niveau de l' Etat, c' est-à-dire par la Convention. Phénomène unique dans l' histoire et comble du paradoxe, la décision d' anéantir le territoire de la Vendée et d' exterminer sa population a bien été prise par les représentants du peuple souverain (lois des 1er Août et 1er Octobre 1793). Tout le reste n' est que planification et conséquence. C' est d' ailleurs si vrai que quelques contemporains s' en sont émus, tels l' avocat Villenave qui, à l' occasion du procès Carrier, s' interrogeait sur le terme idoine pour caractériser ce crime, à sa connaissance, unique en son genre.
En 1985, je ne m' expliquais pas pourquoi on voulait réduire le fait vendéen à un massacre, voire à une bavure. Je m' étonnais encore plus des propositions avancées pour acheter mon silence: argent, honneurs, poste à l' Université, au nom d' une pseudo-raison d' Etat. Il faut dire que nous étions à la veille du bicentenaire de la révolution.
Comment pouvait-on imaginer que je puisse vendre mon âme? Renier le fruit de mes recherches et la confiance de mes professeurs? Comme je n' avais pas mordu aux appâts, calomnies et rumeurs leur ont succédé. Heureusement, j' avais été mis en garde par le professeur Pierre Chaunu, membre de mon jury, qui avait matérialisé son pressentiment par écrit à l' occasion de son rapport relatif à ma soutenance de thèse, le 21 Septembre 1985: " Ce travail sera bientôt publié. Nul ne peut douter que le succès qu' il remportera vaudra à son auteur la haine tenace de ceux qui voient petit et pensent sur commande. C' est dire que la carrière de Reynald Secher dans l' enseignement supérieur, où il a sa place, sera, selon toute vraisemblance, efficacement entravée par ceux qui sont, comme chacun sait, orfèvres en la matière. " La suite des événements lui a malheureusement donné raison. Qu' importe!
Aujourd' hui, je sais qu' on tentait d' étouffer un double scandale: d' un génocide et d' un mémoricide, crime imprescriptible pour le premier et qui pour le second sera, à plus ou moins brève échéance, considéré comme crime contre l' humanité.
Comment peut-on encore refuser à la Vendée la reconnaissance de ce génocide? Comment peut-on imaginer que des criminels contre l' humanité comme Robespierre, Carnot aient donné leur nom à des collèges, à des lycées, à des rues; ou d' autres, comme Amey, Turreau... aient leur nom sur l' Arc de Triomphe? Comment peut-on accepter que l' histoire officielle, notamment celle enseignée aux élèves, fasse des bourreaux des " saints laïcs " et des victimes des brigands, des traîtres à la patrie? Cette inversion tenace des faits n' est pas seulement intolérable, elle justifie, à mon sens, que ce livre continue d' être lu et discuté".Reynald SEYCHER 29 mai 2006
" L' histoire, paraît-il, ne se renouvelle pas. J' aimerais le croire, mais malheureusement, si les formes évoluent dans le temps, le fond reste dramatiquement identique: mêmes pulsions animales comme si l' homme ne pouvait s' échapper d' un tourbillon qui l' entraîne inexorablement dans une valse effrénée et tristement répétitive.
En 1793, la France montagnarde programmait officiellement l' extermination de la population de la Vendée militaire, évaluée grosso modo à huit cent quinze mille membres, et l' anéantissement de ses biens. En 1941, l' Allemagne nationale-socialiste décidait de la même politique vis-à-vis des Juifs résidants sur son propre territoire et sur ceux occupés, soit environ douze millions de personnes.
Deux histoires apparemment lointaines qui, selon certains, n' ont rien à voir. Rien de plus faux, comme nous le démontrerons: les logiques sont les mêmes, les systèmes qui les ont engendrées identiques, les moyens employés ou énoncés, similaires. " Reynald SEYCHER
" Le génocide s' inscrit dans une logique incontestée. Dès le 1er octobre 1793, la Convention le proclame solennellement à l' armée de l' Ouest: " Soldats de la Liberté, il faut que les brigands de la Vendée soient exterminés; le soldat de la patrie l' exige, l' impatience du peuple français le commande, son courage doit l' accomplir. " Dès lors, la mission terroriste passe avant les opérations militaires: " dépeupler la Vendée " (Francastel, 4 Janvier 1794); " purger entièrement le sol de la liberté de cette race maudite " (général Beaufort, 30 Janvier 1794); " exécrable ", dira Minier. Carrier se défend du moindre sentiment magnanime: " Qu' on ne vienne donc pas nous parler d' humanité envers ces féroces Vendéens; ils seront tous exterminés; les mesures adoptées nous assurent un prompt retour à la tranquillité dans ce pays; mais il ne faut pas laisser un seul rebelle, car leur repentir ne sera jamais sincère ". (…) Le principe admis à tous les niveaux, l' application suit sans aucune compromission possible: " point de grâce aux conspirateurs (...) coupables de forfaiture à l' encontre de la République. ". Femmes et enfants sont condamnées avec circonstances aggravantes: les premières, en tant que sillon reproducteur, sont " toutes des monstres ", les seconds sont aussi dangereux car brigands ou en passe de le devenir. (…) des témoignages hallucinants nous sont parvenus, tel celui de Le Bouvier des Mortiers recueilli au Luc (Vendée), au village de La Nouette: " Une femme, pressée par les douleurs de l' accouchement, était cachée dans une masure près de ce village; des soldats la trouvèrent, lui coupèrent la langue, lui fendirent le ventre, en enlevèrent l' enfant à la pointe des baïonnettes. On entendait d' un quart de lieue les hurlements de cette malheureuse femme qui était expirante quand on arriva pour la secourir. " Reynald SEYCHER
" Cet holocauste s' accompagne de la ruine totale du pays: " Il s' agit, pour Barrère, de balayer avec le canon le sol de la Vendée et le purifier avec le feu ", " patriotique ", ironise Lequinio. Ces représailles ne correspondent donc pas à des actes affreux mais inévitables qui surviennent dans l' acharnement des combats d' une guerre longe et atroce mais bien à des massacres prémédités, organisés, planifiés, commis de sang-froid, massifs et systématiques avec la volonté consciente et proclamée de détruire une région bien délimitée, et exterminer tout un peuple, femmes et enfants de préférence afin d' extirper une " race maudite " (sic) jugée idéologiquement irrécupérable: " La guerre, se répètent à dire Henz et Francastel, ne finira que quand il n' y aura plus un habitant sur cette terre malheureuse ". Bourbotte et Turreau, avec orgueil et une joie non dissimulée en font eux-mêmes le procès-verbal des opérations: " On ferait beaucoup de chemin dans ces contrées avant de rencontrer un homme ou une chaumière. Nous n' avons laissé derrière nous que des cadavres et des ruines ". Il s' agissait " de tout sacrifier à la vengeance nationale ". Reynald SEYCHER
" Saint-Just fait en effet le constat que la France manque de matières premières pour habiller les soldats et les officiers. Il a donc l' idée de prendre la matière première là où elle est. On va ainsi monter en Vendée des ateliers militaires de tanneries de peaux humaines. Il y en a une qui a sévi aux Ponts-de-Cé et qui a été parfaitement décrite par des contemporains dans un rapport que j' ai retrouvé. Je peux donc vous dire comment on dépiautait les Vendéens, comment on les scalpait, comment on coupait les sexes des hommes pour les arborer comme médailles afin de montrer le nombre de gens que l' on avait tués dans la journée. Ce sont de véritables litanies de l' horreur. " Reynald SEYCHER
Le problème est que les Vendéens sont de tellement mauvais révolutionnaires qu' ils refusent de se laisser tuer et, pire, qu' ils se défendent! De plus, on n' a pas les moyens de la solution définitive, finale. Alors, on va recourir à différends moyens.
La première phase est la phase chimique. On décide d' abord de gazer la population vendéenne (…) Mais l' expérience est décevante: " Ni les moutons sur lesquels l' expérience a été faite, ni les conventionnels présentes - note le rapport - n' ont été incommodés "!
Devant ces échecs, une deuxième idée, émise par le général Santerre, celui qui a fait battre les tambours lors de l' exécution de Louis XVI: il s' agirait de miner systématiquement le territoire vendéen. Mais le grand problème est que l' on n' a pas réussi à créer la mine sélective, et les mines explosent aussi bien sous les soldats bleus que sous les Vendéens. On arrête donc l' expérience.
La troisième idée est due à Carrier: c' est l' empoisonnement de l' eau, du pain et de l' alcool avec de l' arsenic. Y a-t-il eu un début d'exécution? Je l' ignore. Mais Savin, lieutenant de Charrette, saisira un certain nombre de fourgons bourrés d' arsenic et se posera la question de leur utilité.
Les méthodes scientifiques et techniques ayant échoué, les troupes chargées de l' extermination se résignent à utiliser les moyens empiriques, artisanaux. Elles en retiennent cinq: la guillotine, moyen mécanique; les sabrades: on met les vendéens en file indienne et on les tue à coup de sabres et de baïonnettes; l' éclatement des crânes à coups de crosses; les fusillades; les noyades (spécialité de Carrier à Nantes)
Mais tout ceci est très coûteux. (…) Bien sûr, on s' indemnise en arrachant les dents, en coupant les cheveux, en vendant les vêtements mais c' est insuffisant par rapport au coût général des exécutions.
Trouver un plan d' extermination efficace, rapide et peu coûteux sera la mission de Turreau, général en chef des armées de l' ouest. On lui demande de rédiger un plan général d' extermination. Turreau, qui est un bon militaire, ne se pose aucune question, rédige son plan et l' envoie en double exemplaire aux autorités politiques et aux autorités militaires. Nous en avons l' original.
Ce plan est tout à fait simple et se fonde sur trois structures:
Première structure, les colonnes infernales. Il s' agit de sillonner la Vendée militaire avec des colonnes et de tuer, de détruire tout, systématiquement.
Les conventionnels avaient voté une loi qui exigeait que chaque général, de manière quotidienne, envoie un double rapport au pouvoir politique et au pouvoir militaire. On a détruit les rapports politiques mais on a oublié de détruire les rapports militaires: on les a déposés aux archives militaires, c' est-à-dire au fort de Vincennes, où ils sont encore à l' heure actuelle pour leur majeure partie.
Deuxième structure, la flottille sur la Loire. (…) Elle va être employée à l' extermination de la population riveraine du fleuve. Nous avons également retrouvé les rapports des commandants de bateaux.
Troisième structure, la commission de subsistance, dont la finalité est de piller systématiquement la Vendée. Ce sera un moyen de secourir Paris affamé et aussi de remplir les poches de certains conventionnels parisiens!
En termes de bilan, on peut estimer que sur une population de 815 000 habitants, un minimum de 117 000 personnes a disparu. Un habitant sur sept. Et peut-être beaucoup plus. Mais c' est un chiffre en dessous duquel on ne peut aller. On a pu aussi vérifier que l' idée qui avait été avancée par les Conventionnels d' exterminer de préférence les femmes, " sillons reproducteurs ", et les enfants " futurs brigands ", avait été réalisée. En effet, on a fait des sondages à La Chapelle Basse mer, à la Remaudière, aux Lucs-sur-Boulogne. Ils vont tous dans le même sens: 60, 70, 80 % des tués sont des femmes et des enfants. " Reynald SEYCHER
" La force de la résistance s' explique par la conjugaison de tous ces facteurs: foi religieuse nouvelle, amour de la liberté, organisation rationnelle qui permet, entre autres, d' entretenir les cultures pendant les combats, parfaite connaissance du terrain et solidarité populaire. Nous nous expliquons dès lors beaucoup mieux ce qui a causé la stupeur des contemporains ou des chercheurs, l' admiration de Napoléon pour la Vendée, " ce peuple de géants ", et enfin l' échec des armées invincibles de la République, qui amenaient les rois et les peuples de l' Europe coalisée à la capitulation. La Convention ne trouvera, hélas, pour s' en sortir qu' une seule mais terrible solution: l' ordre d' extermination systématique. (…) A une guerre d' une barbarie insoutenable mais qui reste une guerre, succède la froide organisation du génocide. " Reynald SEYCHER
" La guillotine surnommée le " moulin à silence ", ou le " rasoir national ", fonctionne sans trêve. Les Vendéens, arrêtés les armes à la main, sont conduits dans les chefs-lieux et détenus dans les prisons appelées les " antichambres de la mort " par Carrier. Partout, ils sont exécutés sur-le-champ, sans jugement.
Comme la " sainte mère guillotine " (expression de Francastel) est trop lente (à Cholet, elle n' est réservée qu' aux personnages marquants comme les nobles, les chefs vendéens, les prêtres et les gros bourgeois), on a recours à des moyens plus radicaux et plus efficaces comme l' explique un citoyen représentant du peuple, Minier: " Je t' annonce avec plaisir que les brigands sont bien détruits. Le nombre qu' on en amène ici depuis huit jours est incalculable. Il en arrive à tout moment. Comme en les fusillant c' est trop long et qu' on use de la poudre et des balles, on a pris le parti d' en mettre un certain nombre dans de grands bateaux, de les conduire au milieu de la rivière, à une demi-lieue de la ville et là on coule le bateau à fond. Cette opération se fait journellement. " Reynald SEYCHER
" Carrier se vante devant l' inspecteur de l' armée, Martin Naudelle " d' y avoir fait passer deux mille huit cents brigands " dans ce qu' il appelle " la déportation verticale dans la baignoire nationale ", " le grand verre des calotins " ou " le baptême patriotique ". En fait ce sont 4 800 personnes recensées que la Loi, " ce torrent révolutionnaire ", engloutit au cours du seul automne 1793. " Reynald SEYCHER
" Les Vendéens sont téméraires mais ils ont constaté qu' il ne sert à rien de se rendre comme les pouvoirs publics les y engagent: tous ceux qui viennent restituer leurs armes et implorer la clémence de la République sont impitoyablement massacrés, malgré les discours officiels qui leur promettent paix et sécurité: une loi du 12 frimaire décrète que toutes les personnes connues sous les noms de rebelles de la Vendée et de chouans, qui déposeront les armes dans le mois de sa publication, ne seront ni inquiétés ni recherchés pour le fait de leur révolte. D' autres déclarations assurent que les généraux sont chargés de faire respecter cet ordre. Discours perfides puisque les colonnes infernales, lancées le 17 janvier, commencent à ravager le pays. Devant une mort presque inévitable, la seule chance de survie est le soulèvement: cette action spontanée peut aider la résistance encore réelle dans le sud du pays. Une seconde répression est organisée. " Reynald SEYCHER
" Les passions sont tellement surexcitées pendant cette année 1793 qu' on songe à recourir aux armes chimiques. Un pharmacien d' Angers, Proust, invente une boule contenant d' après lui " un levain propre à rendre mortel l' air de toute une contrée ". On pourrait l' employer pour détruire la Vendée par infection; mais des essais tentés sur des moutons sont sans résultat. Carrier propose alors le poison sous forme d' arsenic dans les puits. Westermann a une idée semblable mais plus perfide: il sollicite l' envoi de " six livres d' arsenic et d' une voiture d' eau-de-vie " qu' on aurait laissée prendre aux Vendéens. On ignore pourquoi ce projet n' est pas retenu. Sans doute, comme le précise Simone Loidreau, on n' était pas sûr de la discipline et de la sobriété des troupes républicaines et on craignait qu' elles ne boivent en cachette… Santerre réclame du ministre de la Guerre, le 22 août 1793, " des mines!... des mines à force! des fumées soporatives et empoisonnées… ". A sa suite, Rossignol demande au Comité de Salut Public de bien vouloir envoyer en Vendée le chimiste Fourcroy pour étudier les solutions possibles comme l' explique Santerre: " Par les mines, des fumigations ou autres moyens, on pourrait détruire, endormir, asphyxier l' armée ennemie. " Les idées fusent. Certaines semblent avoir même trouvé un commencement d' exécution, témoin cette lettre de Savin à Charrette, du 25 mai 1793: " Nous fûmes vraiment étonnés de la quantité d' arsenic que nous trouvâmes à Palluau, au commencement de la guerre. On nous a même constamment assuré qu' un étranger, qu' ils avaient avec eux et qui fut tué à cette affaire, était chargé d' assurer le projet d' empoisonnement… " Pour arriver à leurs fins, les républicains décident alors d' avoir recours aux colonnes infernales, à la flottille dont l' action est presque inconnue, voire insoupçonnée et aux commissaires civils. Le but est de faire de la Vendée un " cimetière de la France ", " de transformer ce pays en désert, après en avoir soutiré tout ce qu' il renferme ". Reynald SEYCHER
" Le projet de destruction totale ne fut en fait appliqué qu' avec la proposition du plan de Turreau, nouveau général en chef de l' armée de l' Ouest. Dès son arrivée en Vendée, au lendemain de Savenay, il écrit au Comité de Salut Public pour arrêter le plan qu' il compte suivre, et solliciter un document qui le couvre: " Je vous demande une autorisation expresse ou un décret pour brûler toutes les villes, villages et hameaux de la Vendée qui ne sont pas dans le sens de la Révolution et qui fournissent sans cesse de nouveaux aliments au fanatisme et à la royauté. " " Reynald SEYCHER
" L' Anjou est réservé à la cinquième colonne commandée par Cordelier. Son lieutenant, Crouzat, ravage sur sa route Gonnord, Joué, Chemillé, Chanzeaux, Melay. Sa méthode est connue: il fouille d' abord les maisons, en arrache les femmes, les enfants, les vieillards, les malades qu' il force à assister au pillage de leurs demeures et de l' église, puis met le feu partout. Ensuite il aligne les habitants et les fusille. " Reynald SEYCHER
" Un délire de sang et de sadisme, écrit Gabory, s' empare des soldats: ils se réservent comme butin de guerre les femmes les plus distinguées et les religieuses. Ils dépouillent les cadavres de leurs vêtements, et les alignent sur le dos… ils appellent cette opération: " mettre en batterie… ". " Ils vont, raconte Béjary, jusqu' à introduire dans le corps des victimes des cartouches auxquelles ils mettent le feu " (…). " Des prisonniers, dit l' abbé Deniau, vieillards, femmes, enfants, prêtres sont traînés vers Ponthière pour y être fusillés. Un prêtre vieux et infirme ne pouvant suivre, un soldat le transperce avec sa baïonnette et dit à l' un de ses camarades: " prends-en le bout "; ils le portent jusqu' à ce que le malheureux ait rendu le dernier soupir. " Un charroyeur de cadavres, raconte un témoin, embrochait les victimes avec une fourche et les entassait dans sa charrette. Les Bleus sabrent sans répit: " J' ai vu des cadavres, écrit le représentant Benaben, sur le bord du chemin, une centaine qui étaient nus et entassés les uns sur les autres, à peu près comme des porcs qu' on aurait voulus saler… " Vingt- sept Vendéennes, avec leurs enfants, ramenées de Bonnétable en charrette, sont tuées, place des Jacobins, par les tricoteuses. " Voilà la plus belle journée que nous ayons eu depuis dix mois ", s' exclame Prieux. " Extrait de la Vendée-Vengé de Reynald SEYCHER
" L' abbé Robin fait allusion, en parlant d' une première armée, aux 5 000 prisonniers bleus graciés par Bonchamps, le 18 octobre, à Saint-Florent-le-Vieil. Après avoir proclamé leur reconnaissance à l' égard de " leur libérateur ", ils dévastent La Chapelle et s' en prennent à la population de femmes, d' enfants et de vieillards restée sur place. " Reynald SEYCHER
" A Clisson, des cadavres mutilés et des personnes encore en vie sont jetées dans un puits du château, 41 personnes sont noyées à Bourgneuf-en-Retz. A Angers, on tanne la peau des victimes, afin de faire des culottes de cheval destinées aux officiers supérieurs: " Le nommé Pecquel, chirurgien-major du 4e Bataillon des Ardennes, explique un témoin, Claude-Jean Humeau, dans une déclaration au Tribunal d' Angers en date du 6 novembre 1794, en a écorchés trente-deux. Il voulut contraindre Alexis Lemonier, chamoiseur aux Ponts-de-Cé de les tanner. Les peaux furent transportées chez un nommé Langlais, tanneur, où un soldat les a travaillées. Ces peaux sont chez Prud' homme, manchonnier… " Un autre témoin, le berger Robin, raconte que les cadavres " étaient écorchés à mi-corps parce qu' on coupait la peau au-dessous de la ceinture, puis le long de chacune des cuisses jusqu' à la cheville des pieds de manière qu' après son enlèvement le pantalon se trouvait en partie formé ; il ne restait plus qu' à tanner et à coudre " ; Un soldat avouera à la comtesse de La Bouère avoir fait la même opération à Nantes et avoir vendu 12 peaux à La Flèche. En cela, les hommes ne faisait que suivre Saint-Just qui, dans un rapport, en date du 14 août 1793, à la Commission des Moyens extraordinaires déclare: " On tanne à Meudon la peau humaine. La peau qui provient d' hommes est d' une consistance et d' une bonté supérieure à celle des chamois. Celle des sujets féminins est plus souple, mais elle présente moins de solidité. " A Clisson encore, le 5 avril 1794, des soldats du général Crouzat brûlent 150 femmes pour en extraire de la graisse: " Nous faisions des trous de terre, témoigne l' un d' eux, pour placer des chaudières afin de recevoir ce qui tombait; nous avons mis des barres de fer dessus et placé les femmes dessus, (…) puis au-dessus encore était le feu (…). Deux de mes camarades étaient avec moi pour cette affaire. J' en envoyai 10 barils à Nantes. C' était comme de la graisse de momie: elle servait pour les hôpitaux. " Reynald SEYCHER
" L' idée même de colonisation est avancée (par la Convention) afin de remettre en valeur ces terres vides d' hommes: " Il reste peu de citoyens dans ces contrées si belles et si fertiles; un des plus beaux pays de la République est presque totalement abandonné sans culture et n' offre à la vue du voyageur qui la parcourt en tremblant, que des cendres et des cadavres ". " Reynald SEYCHER
« A Angers, on tanne la peau des victimes afin de faire des culottes de cheval destinées aux officiers supérieurs: « Le nommé Pecquel, chirurgien-major du 4e bataillon des Ardennes, explique un témoin, Claude-Jean Humeau, dans une déclaration au tribunal d’ Angers du 6 novembre 1794, en a écorché trente-deux. Il voulut contraindre Alexis Lemonnier, chamoiseur aux Ponts de Cé, de les tanner. Les peaux furent transportées chez un nommé Langlais, tanneur, où un soldat les a travaillées. Ces peaux sont chez Prud’ homme, manchonnier… » Un autre témoin, le berger Robin, raconte que les cadavres « étaient écorchés à mi-corps parce qu’ on coupait la peau au dessous de la ceinture, puis le long de chacune des cuisses jusqu’ à la cheville des pieds de manière qu’ après son enlèvement le pantalon se trouvait en partie formé; il ne restait plus qu’ à tanner et à coudre… » Un soldat avouera à la comtesse de la Bouëre avoir fait la même opération à Nantes et avoir vendu douze peaux à La Flèche. En cela, les hommes ne faisaient que suivre Saint-Just qui, dans un rapport, en date du 4 août 1793, à la Commission des moyens extraordinaires déclare: « On tanne à Meudon la peau humaine. La peau qui provient d’ hommes est d’ une consistance et d’ une bonté supérieure à celle des chamois. Celle des sujets féminins est plus souple, mais elle présente moins de solidité. » A Clisson, le 5 avril 1794, des soldats du général Crouzat brûlent 150 femmes pour en extraire de la graisse: « Nous faisions des trous de terre, témoigne l’ un d’ eux, pour placer des chaudières afin de recevoir ce qui tombait; nous avions mis des barres de fer dessus et placé les femmes dessus, (…) puis au dessus encore était le feu (…). Deux de mes camarades étaient avec moi pour cette affaire. J’ en envoyais dix barils à Nantes. C’ était comme de la graisse de momie: elle servait pour les hôpitaux. » Reynald SECHER 2008 in Introduction au livre de Gracchus Babeuf.
" En 1794, l' année terrible voulue par la Convention, la ruine du pays est complète. Les combats empêchent le paysan de travailler la terre et les colonnes infernales dévastent tout : " Elles ont incendié, se lamente un observateur, toutes les bourgades et chaumières, massacré une partie du reste des laboureurs, brûlé dans les greniers, ou dans les aires, le blé ou les herbes; égorgé ou dévoré une quantité innombrable de brebis, de moutons et de bœufs, emmené ou détruit tous les chevaux et mulets; consumé dans les flammes les laines, les lins, les chanvres et tout le mobilier. " Reynald SEYCHER
" Dans les vieilles civilisations asiatiques, le meurtre de l' homme " porteur de la semence volante " est certes crime, mais non sacrilège, fût-il exécuté dans un temple; l' assassinat de la femme, en anéantissant la chaîne de la vie, est souillure irrémédiable qu' il faut expier: le lieu saint lui-même devient profané pour un temps. C' est cette volonté de faire disparaître de dessus la terre toute trace d' un peuple révolté qui contient la définition même du génocide. Que les Vendéens ne fussent pas des saints, qu' ils aient à leur passif des massacres: rien de plus logique dans l' inexorable chaîne des représailles et des contrereprésailles. Rien, cependant, ne peut justifier les délires de la haine et leurs fruits pervers. Car la graine de la haine a fécondé le XXe siècle en flots de sang. " Reynald SEYCHER
" C' est un pays exceptionnel que la Vendée: il faut donc la laisser se régir avec des lois exceptionnelles, car une guerre pareille, renouvelée dans quelques années perdrait le gouvernement. " HOCHE Le Directoire, par la loi du 24 août 1797, proclame théoriquement l' amnistie et le retour d' une certaine liberté religieuse. En fait, la Vendée est laissée à l' arbitraire haineux des autorités locales: on la persécute avec une ténacité tracassière. " Reynald SEYCHER
« C' est une chaîne de télévision russe, Russia Channel, qui, la première, a demandé à Reynald Secher un film au sujet du génocide vendéen. Ce film de 40 minutes a été programmé une première fois le 1er novembre 2007, à l' heure de plus grande écoute, pour le lancement de l' année du quatre-vingt-dixième anniversaire de la révolution de 1917, et diffusé deux autres fois au cours de cette même année.
Pour les Russes, explique Reynald Secher, en effet, le génocide vendéen est, en quelque sorte, le modèle suivi par Lénine qui a lui-même fait référence à la Vendée. Le meilleur exemple de cette filiation, est celui de la répression de la révolte paysanne de Tambov de 1919 à 1921, dans laquelle, l' un des responsables militaires de l' opération ordonnait: « Les forêts où les bandits se cachent doivent être nettoyées par l' utilisation de gaz toxiques. Ceci doit être soigneusement calculé afin que la couche de gaz pénètre les forêts et tue quiconque s' y cache.»
Cette antériorité des républicains français, par rapport aux massacres révolutionnaires qui ont ensanglanté l' Europe et le monde au cours des XIXe, XXe et XXle siècles, a été encore rappelée par Soljenitsyne, lors de son intervention à l' inauguration du mémorial vendéen aux Herbiers en 1993.
C' est contre la négation du génocide vendéen, organisée aujourd’ hui par certains universitaires bien en cours, que, depuis des années, lutte Reynald Secher, et, en dernier lieu, par une contribution essentielle au Livre noir de la Révolution française, que Pierre Lafarge présente.
Pour la Vendée, le concept génocidaire s' est imposé à la Convention, en avril 1793, à peu près deux mois après les premiers soulèvements consécutifs à la levée en masse et à l' exécution du roi. Les deux étapes de la mise en œuvre législative de ce concept furent la loi d' anéantissement, votée le 1er août suivant, puis la loi d' extermination du 1er octobre.
Pendant la Virée de Galerne, du 18 octobre à la fin du mois de décembre 1793, alors qu' une grande partie de la population rurale a suivi la Grande Armée catholique et royale, dans cette aventure qui tourna au désastre, une première technique de destruction fut expérimentée: minage préventif des maisons, empoisonnement des puits, etc. C' est l' échec relatif de ces techniques qui nécessita, dès novembre, le recours aux massacres systématiques des prisonniers, par les fusillades, sabrages, les noyades et par la guillotine. A partir du 21 janvier 1794, date choisie pour son sanglant symbole, furent lancées, sous le commandement suprême de Turreau, les "colonnes infernales", dont on sait de quelles horreurs elles se rendirent coupables.
On estime le nombre total des victimes de ces divers moyens génocidaires à quelque deux cent mille personnes, en majorité des femmes et des enfants, avec toutes les conséquences humaines et démographiques, dont les effets se font peut-être encore sentir. Dans les agglomérations où passèrent les "colonnes infernales", on considère que 60 % de l’ habitat a été détruit; dans certaines communes, comme celle des Petits-Lucs, c' est la totalité de l' habitat et presque 100 % de la population qui disparaîtront. » REYNALD SECHER in « L’ Action Française » du 17 janvier 2008 3 euro en librairie Reynald SETCHER PROPOS RECUEILLIS PAR GRÉGOIRE LACROIX
DE L' HUMANISME REPUBLICAIN EN VENDEE
" Le problème n' est pas facile à traiter car il s' agit d' éliminer 815 000 habitants qui, de surcroit, sont " si mauvais républicains " qu' ils refusent de se laisser faire et d' anéantir un territoire de 10 000 km2 difficile d' accès. (…) L' idée est simple quoique difficile à concrétiser pour des raisons techniques: il s' agit, conformément aux vœux et aux lois de la Convention et du Comité de Salut Public, de mettre en œuvre des moyens d' élimination à grande échelle des plus efficaces. Pour ce faire, on sollicite les services d' un des plus grands chimistes de l' époque: Antoine Fourcroy qui ne trouvera pas la solution. Un pharmacien d' Angers, physicien de son état et alchimiste, nommé Proust, avance l' arme chimique qui consisterait en " un levain propre à rendre mortel l' air de toute une contrée ". Il invente " une boule de cuir remplie de toute une composition dont la vapeur dégagée par le feu devait asphyxier tout être vivant fort loin à la ronde ". L' essai sur des moutons aux Ponts-de-Cé, est sans résultat " et personne n' en fût incommodé ". D' autres, comme le général Santerre, proposent le recours au mines: " Des mines, des mines à forces!... des fumées soporatives! Et puis tomber dessus… " Carrier soumet l' utilisation du poison: " Ce que vous faîtes, explique-t-il le 9 novembre 1793, est beau sans doute mais où cela mènera-t-il la nation? A une victoire, peut-être? Que font au peuple vos victoires qui ne terminent rien? Il faut employer les moyens extrêmes. Vous avez délivré le pays d' un chancre qui le dévore. Le poison est plus sûr que toute votre artillerie. Ne craignez donc pas de le mettre en jeu. Faites empoisonner les sources d' eau. Empoisonnez du pain, que vous abandonnerez à la voracité de cette misérable armée de brigands, et laissez faire l' effet. Vous avez des espions parmi ces soldats du pape qu' un enfant conduit. Lâchez-les avec ce cadeau et la patrie est sauvée. Vous tuez les soldats de la Rochejaquelein à coups de baïonnettes, tuez-les à coup d' arsenic, cela est moins dispendieux et plus commode. Je vous ouvre cet avis auquel j' ai fait adhérer ma société populaire et avec des sans-culottes comme vous je n' ai pas besoin d' en dire davantage ". Ces projets d' envergure, malgré un début d' exécution, sont abandonnés en raison de leur incertitude, pour des mesures empiriques ponctuelles comme la guillotine, surnommée " le rasoir national ", " le moulin à silence " ou " la sainte mère ", la balle, la baïonnette, le sabre et la crosse des fusils. Cependant, de l' aveu même des républicains, l' ensemble de ces moyens est trop lent, donc inefficace et surtout trop coûteux: le bourreau chargé de la guillotine perçoit 59 livres (50 livres pour lui, 9 livres pour le porteur) pour chaque tête coupée; les balles sont rares et surtout destinées à l' effort de guerre lié à la conquête extérieure; les baïonnettes et les sabres cassent trop facilement sous les chocs répétés et les crosses, dont on se sert comme massue pour faire éclater les crânes des Vendéens alignés en " chapelet ", ne sont pas suffisamment solides. Qui plus est, les bourreaux-soldats, insuffisamment aguerris, deviennent rapidement inefficaces car " trop sensibles ". Quant au problème financier, on part du principe que l' exécuté se doit de payer son exécution et à défaut les communes insurgées et les départements, le tout complété par la vente à l' encan des vêtements, des dents, des cheveux, etc. des condamnés. On rationalisera et on globalisera le système par la commission de subsistance, commission dirigée par l' inspecteur général Jean Baptiste Beaudesson, chargé du pillage de la Vendée. Les villes, grandes et moyennes, sont transformées en cités d' extermination par le biais, entre autres, des " antichambres de la mort " et des noyades. " Les antichambres de la mort ", expression de Carrier, sont composées des prisons, comme celle du Bouffay à Nantes, des camps à ciel ouvert notamment les camps sur les îles de la Loire et des bateaux-prisons d' Angers, des Ponts-de-Cé, de Nantes, etc. Ces lieux étaient conçus comme autant de " mouroirs " selon l' expression nantaise à la mode. On espérait que les prisonniers entassés les uns sur les autres allaient mourir naturellement, vaincus par la maladie, ou à défaut, s' entre-tuer. En fait, les résultats déçoivent car " ces chiens ne crèvent pas assez vite ": il s' avère donc nécessaire d' accélérer le processus d' où le recours aux moyens usuels c' est-à-dire la guillotine, les " fusillades " massives et les noyades sources de grandes et joyeuses festivités et de banquets sur les lieux mêmes.
Pendant longtemps, on a cru ces noyades limitées à la seule ville de Nantes (23 au moins y son recensées dont une d' au moins 1200 personnes). En fait, il n' en est rien et on les retrouve un peu partout: à Angers, aux Ponts-de-Cé, au Pellerin, etc. Selon les cas, ces noyades sont individuelles, par couple ou en nombre. Les noyades par couple, appelées " mariage républicains ", ont particulièrement amusé les organisateurs et marqué les témoins en raison de leur caractère: il s' agit d' unir nus (les vêtements sont confisqués et vendus par les bourreaux) dans des positions obscènes un homme et une femme, de préférence le père et la mère, le frère et la sœur, un curé et une religieuse, etc. avant de les jeter à l' eau. Pour les noyades en nombre, la procédure est plus longue: on entasse " la cargaison humaine " dans une galiote aménagée de sabords; une fois au large, on fait voler les planches en éclats, à coups de hache: l' eau gicle de toutes parts et en quelques instants le bateau coule et les prisonniers meurent noyés; à défaut, les survivants sont immédiatement sabrés, d' où le nom de " sabrade " inventé par Grandmaison. Afin de couvrir les cris, " les noyeurs affectent de chanter très haut ". Wailly, témoin d' une de ces noyades, raconte de manière très précise ce qu' il a vu: " Deux gabares chargées d' individus, s' arrêtèrent à un endroit nommé La Prairie aux Ducs. Là, moi et mes camarades, nous avons vu le carnage le plus horrible que l' on puisse voir; plus de 800 individus de tous âges et de tous sexes furent inhumainement noyés et coupés en morceaux. J' entends Fouquet et ses satellites reprocher à quelques-uns d' entre eux qu' ils ne savaient pas donner des coups de sabre et ils leur montraient par leur exemple comment il fallait s' y prendre. Les gabares ne coulaient pas assez vite au fond; on tirait des coups de fusil sur ceux qui étaient dessus. Les cris horribles de ces malheureuses victimes ne faisaient qu' animer davantage leurs bourreaux. J' observais que tous les individus qu' on a noyés dans cette nuit furent préalablement dépouillés, nus comme la main. En vain les femmes réclamaient-elles qu' on leur laisse leurs chemises; tout leur fut refusé et elles périrent. Leurs hardes, leurs bijoux, leurs assignats furent la proie de ces anthropophages et ce qu' on aura peine à croire, c' est que ceux qui les avaient ainsi dépouillées, vendaient le lendemain matin ces dépouilles au plus offrant ". Nombreux sont les témoignages de cette nature, dont se fait l' écho l' avocat Tronson-Ducoudray, lors du procès Carrier. Au-delà su simple plaidoyer, on comprend ce que l' homme a vu et entendu: " Vous voyez ces femmes, ces mères malheureuses précipitées dans les flots avec leurs enfants. L' enfance, l' aimable enfance… devient l' objet de la plus incroyable rage. Un crime que les fureurs de la guerre rendent à peine croyable, est commis dans Nantes armée pour la patrie. Des enfants de six, de cinq, de deux ans, des enfants à la mamelle sont massacrés ou noyés. Je vois ces infortunés tendant vers leurs bourreaux leurs bras innocents, leur souriant sur le sein qui les porte et dont un bras féroce les arrache. Je les vois se débattre aux cris de leur mère qui les appellent encore (…). Je vois le fleuve rapporter sur ses bords une femme tenant encore son enfant mort sur son sein, une fille entrelacée autour de sa mère (…). Je passe sur la place où est l' instrument du supplice. Je vois un jeune enfant de treize ans sur l' échafaud; il dit à l' exécuteur ce mot déchirant: " Me feras-tu bien du mal? " Il est lié sur la planche dont la proportion indique à ces barbares que la justice n' y attache pas des enfants. Son corps atteint à peine la ligne qui répond à la direction du couteau… Ailleurs (…)… ce sont des hommes, des femmes ou des enfants que l' on fusille ou que l' on déchire à coups de sabres et de baïonnettes… " Les Conventionnels, dans un souci d' économie (un bateau coulé coûte 200 livres) ont essayé l' asphyxie à partir de bateaux hermétiquement clos. Ce moyen n' est cependant pas retenu suite à une plainte à la municipalité: " Le râle des mourants dérange les riverains… " (…) Le 17 janvier 1794, quatre jours avant de mettre en marche ses troupes, Turreau, général en chef de l' armée de l' ouest, donne ses consignes: " Camarades, nous entrons dans le pays insurgé. Je vous donner l' ordre de livrer aux flammes tout ce qui sera susceptible d' être brûlé et de passer au fil de la baïonnette tout ce que vous rencontrerez d' habitants. Je sais qu' il peut y avoir quelques patriotes dans ce pays; c' est égal, nous devons tout sacrifier ". Le 24 janvier, soit trois jours après le début des " promenades ", il rappelle les consignes et la finalité des opérations: " Si mes intentions sont bien secondées, il n' existera plus dans la Vendée, sous quinze jours, ni maisons, ni subsistances, ni armes, ni habitants. Il faut que tout ce qui existe de bois, de haute futaie dans la Vendée soit abattu… " Rapport du général Caffin du 2 janvier: " J' avais ordonné de passer au fil de la baïonnette tous les scélérats qu' on aurait pu rencontrer et de brûler les métairies et les hameaux qui avoisinent Jallais; mes ordres ont été ponctuellement exécutés et, dans ce moment, 40 métairies éclairent la campagne… ". Du côté des Vendéens, les descriptions faites révèlent l' atrocité de la situation comme celle de Peigné, de Saint-Julien-de-Concelles: " Des femmes enceintes étaient étendues et écrasées sous des pressoirs. Une pauvre femme, qui se trouvait dans ce cas, fut ouverte vivante au Bois-Chapelet, près Le Maillon. Le nommé Jean Lainé, de La Croix-de-Beauchêne, fut brûlé vif dans son lit où il avait été retenu pour cause de maladie (…). Des membres sanglants et des enfants à la mamelle étaient portés en triomphe au bout des baïonnettes. Une jeune fille de La Chapelle fut prise par des bourreaux qui, après l' avoir violée, la suspendirent à un chêne. Chaque jambe était attachée séparément à une branche de l' arbre et écartée le plus loin possible l' une de l' autre. C' est dans cette position qu' ils la fendirent avec leur sabre jusqu' à la tête et la séparèrent en deux… ". Les registres clandestins, comme ceux du recteur Pierre-Marie Robin, curé de La Chapelle-Basse-Mer, dans leurs froides descriptions se font l' écho de " cette boucherie ", expression employée par Napoléon parlant de la Vendée. Les pires atrocités, rapportées par les révolutionnaires eux-mêmes, sont commises: aux Ponts-de-Cé, ils tannent la peau des Vendéens afin d' en faire des culottes de cheval destinées aux officiers supérieurs ; à Angers, ils coupent les têtes pour les disséquer; aux Herbiers, ils jettent les femmes et les enfants, Blancs comme Bleus, dans les fours; à Clisson, ils font fondre des corps pour en récupérer de la graisse pour les hôpitaux et les charrettes, etc. Tout sentiment magnanime est interdit comme le proclame Carrier: " Qu' on ne vienne pas parler d' humanité envers ces féroces vendéens; ils seront tous exterminés; les mesures adoptées nous assurent un prompt retour à la tranquillité dans ce pays; mais il ne faut pas laisser un seul rebelle car leur repentir ne sera jamais sincère ". (…) Le génocide s' accompagne de la ruine du pays: " Il s' agit, pour le ministre Barère, de balayer avec le canon le sol de la Vendée et de le purifier par le feu. " (…) Le bilan s' impose: la Vendée militaire, sur une population estimée à 815 000 personnes, a perdu au moins 117 000 membres dont une grande partie du fait du système de dépopulation dénoncé à l' époque par Gracchus Babeuf, père du communisme, qui parle d' ailleurs de populicide. Qui plus est, au moins 10 300 maisons sur 52 273 recensées dans les seuls départements de la Loire-Inférieure, des Deux-Sèvres et du tiers de la Vendée ont été détruites. Certaines zones, pour diverses raisons, ont été plus touchées que d' autres. C' est ainsi que Bressuire perd 80 % de son habitat; Cholet 40 % de sa population, etc. " Reynald SEYCHER, Docteur ès lettres 2008 in Le livre noir de la Révolution française.
Reynald Secher: "l' Education nationale a voulu me corrompre pour que je ne parle pas du génocide de Vendée": http://www.dailymotion.com/video/xe419a_quart-d-heure-de-celebrite-de-reyna_news#from=embed
" Refaisons l'addition des pertes dues à la Révolution, et à l'Empire : 400 000 morts pour les guerres jusqu'en 1800 ; un million pour les guerres napoléoniennes ; 600 000 pour les guerres intestines ; et l'échafaud pour mémoire. Voilà nos deux millions de morts. " René SEDILLOT
" La démocratie est le sacrifice complet de l' individu à la chose publique, c' est-à-dire celui de l' être sensible à l' être abstrait. " Sieyès
« Le public, sur la Révolution, a son parti pris, son opinion est faite. Cette opinion a commencé à se former en 1825 et 1830 après la retraite ou la mort des témoins oculaires: eux disparus, on a pu persuader le bon public que les crocodiles étaient des philanthropes, que plusieurs d’ entre eux avaient eu du génie, qu’ ils n’ ont guère mangé que des coupables et que, si parfois ils en ont trop mangé, c’ est à leur insu, malgré eux ou par dévouement, sacrifice d’ eux-mêmes au bien commun. » TAINE
" J' ai vu les volontaires conformément aux ordres à eux donnés, se jeter les enfants de mains en mains, les faire voler de baïonnette en baïonnette, incendier les maisons, et brûler des enfants de quatorze ans. " Médecin Georges THOMAS Le 1er décembre 1793
Consignes du général Turreau qui commande les " colonnes infernales : " Tous les brigands qui seront trouvés les armes à la main seront passés au fil de la baïonnette. On agira de même avec les filles, femmes et enfants qui seront dans ce cas. Les personnes seulement suspectes ne seront pas épargnées. Tous les villages, métairies, bois, genêts et généralement tout ce qui peut être brûlé sera livré aux flammes. Je le répète, je regarde comme indispensable de brûler villes, villages et métairies ; avec leurs habitants, s'il se peut. "
« Je ne vous donnerai pas le détail des horreurs gratuites commises dans la Vendée, mais je ne ferai que vous rappeler les faits généraux. Douze colonnes s’ avancent le fer et la flamme à la main dans un pays où les rebelles ont mis bas les armes. On pille, on brûle, on viole, on assassine ; des vieillards sont trouvés reposant dans leur maison, on met le feu à leurs lits, on les brûle tout vivants. Des cultivateurs paisibles sont rencontrés, on les saisit, et avant de les massacrer, on creuse leur fosse sous leurs yeux; leurs femmes, leurs filles sont en proie aux outrages du soldat; cinquante, cent monstres assouvissent tour à tour leur infâme brutalité; ils les massacrent après les avoir violées; des enfants à la mamelle sont égorgés; ils se les jettent l’ un à l’ autre sur les pointes de leurs baïonnettes. Des habitants hospitaliers les accueillent, leur présentent des rafraîchissements, ils les acceptent et fusillent ensuite ces malheureux l’ un après l’ autre.
Ils fusillent les municipalités entières, des municipalités patriotes, des municipalités revêtues de l’ écharpe de la liberté. Enfin, ils brûlent les chaumières des cultivateurs, ils brûlent, même dans un temps où nos armées et Paris manquent de subsistances, ils brûlent les graines et les bestiaux. De quel nom qualifier ces armées de brigandages et de crimes? Et quels sont les ennemis barbares de la patrie qui ont pu en concevoir le plan? (…) Non, ce n’ est plus par la méchanceté humaine qu’ il faut expliquer ce brigandage et cet assassinat perpétuel; c’ est plutôt une frénésie nouvelle qui passe les forces ordinaires du crime. Ah! Il est des gens nés comme le tigre avec la soif du sang qui s’ y désaltèrent parce que c’ est le besoin de leur instinct et qui sourient à l’ aspect d’ un homme comme à la vue d’ une proie. » Avocat TRONSON-DUCOUDRAY
« CHAUX accuse le comité révolutionnaire, dont il a été un des membres, d’ avoir fait noyer ou fusiller quatre cents à cinq cents enfants dont les plus âgés n’ avaient peut-être pas quatorze ans. « J’ avais engagé plusieurs de mes amis à élever chez eux plusieurs de ces petits innocents et le lendemain, allant à l’ Entrepôt pour les prendre, ces malheureux n’ existaient plus. Ils avaient tous été noyés (…) ayant reçu l’ ordre de la commission militaire d’ aller constater la grossesse d’ un grand nombre de femmes détenues à l’ Entrepôt, je trouvai une grande quantité de cadavres épars ça et là; je vis des enfants palpitants noyés dans des baquets pleins d‘ excréments humains (…) Je constate la grossesse de trente d’ entre ces femmes; plusieurs étaient grosses de sept à huit mois. Quelques jours après, je reviens voir ces femmes que leur état devait sauver, ces malheureuses avaient été noyées… »
« Vous voyez ces femmes, ces mères malheureuses précipitées dans les flots avec leurs enfants. L’ enfance, l’ aimable enfance, dont le bonheur est de ne trouver que des amis parmi les êtres sensibles, de n’ inspirer que les plus doux intérêts, d’ attendrir par un seul de ses regards, devient l’ objet de la plus impitoyable rage. Un crime, que les fureurs de la guerre rendent à peine croyable, est commis de sang froid dans Nantes armée pour la patrie. Des enfants de dix, de cinq, de deux ans, des enfants à la mamelle sont massacrés ou noyés. Je vois ces infortunés tendant vers leurs bourreaux leurs bras innocents, leur souriant sur le sein qui les porte et dont un bras féroce les arrache. Je les vois se débattre aux cris de leurs mères qui les appellent encore. J’ entends ces malheureuses s’ écrier, l’ une: « Laissez-moi mon fils, barbares! Je mourrai avec lui », et les monstres précipitent et l’ enfant et la mère; l’ autre recommander le sien aux citoyens sensibles qui l’ adoptent et leur dire: « Mon enfant est entre vos mains, je meurs contente. » Je vois le fleuve rapporter sur ses bords une femme tenant encore son enfant mort sur son sein, une fille les bras entrelacés autour de sa mère. Quelles images! (…)
Je passe sur la place où est l’ instrument du supplice. Je vois un jeune enfant de treize ans sur l’ échafaud; il dit à l’ exécuteur ce mot déchirant: « Me feras-tu bien du mal? » il est lié sur la planche fatale dont les proportions indiquent à ces barbares que la justice n’ y attache pas des enfants. Son corps atteint à peine la ligne qui répond à la direction du couteau. Le coup tombe… Je vous épargne le reste de cet affreux tableau.
Ailleurs, ce sont moins des supplices injustes que des scènes de carnage; ce sont des hommes, des femmes ou des enfants que l’ on fusille ou que l’ on déchire à coups de sabre et de baïonnette. Ce sont des prisonniers qui se sont rendus volontairement, qui sont venus offrir de ramener neuf ou dix mille des leurs si on voulait leur pardonner et qui offraient en même temps de rester pour otages; ce sont des rebelles, ou plutôt des malheureux que l’ on qualifie ainsi sans avoir constaté l’ identité des individus, et ce sont encore des enfants car ces infortunés sont partout voués à la mort. » TRONSON-DUCOUDRAY
" Il convient de faire de la Vendée un grand cimetière national, afin de purger entièrement le sol de la liberté de cette race maudite. La Vendée doit n'être qu'un grand cimetière " Général TURREAU
Consignes du général Turreau qui commande les " colonnes infernales: " Tous les brigands qui seront trouvés les armes à la main seront passés au fil de la baïonnette. On agira de même avec les filles, femmes et enfants qui seront dans ce cas. Les personnes seulement suspectes ne seront pas épargnées. Tous les villages, métairies, bois, genêts et généralement tout ce qui peut être brûlé sera livré aux flammes. Je le répète, je regarde comme indispensable de brûler villes, villages et métairies ; avec leurs habitants, s' il se peut. "
Rapport du commandant de la deuxième colonne au général Turreau: " Je continue de brûler et de tuer toux ceux qui ont portés les armes contre nous. Cela va bien, nous en tuons plus de cent par jour, enfin tous ceux que nous croyons nos ennemis. "
" L' exécution de mon plan général pour la destruction entière de la Vendée ne me permet pas d' avoir égard à aucune considération particulière. " TURREAU courrier du 22 Janvier à l' administration du district de Clisson.
" Il faut exterminer tous les hommes qui ont pris les armes et frapper avec eux leurs pères, leurs femmes, leurs sœurs et leurs enfants " TURREAU
" Parlons maintenant des Vendéens, parlons de ces hommes vraiment extraordinaires dont l' existence politique, les rapides et prodigieux progrès et surtout la férocité inouïe, feront époque dans les fastes de la Révolution; de ces Vendéens à qui il ne manque que de l' humanité et une autre cause à défendre pour réunir tous les caractères de l' héroïsme. Une manière de combattre qu' on ne connaissait pas encore et peut-être inimitable en tant qu' elle ne peut s' approprier qu' à ce pays et tienne au génie de ses habitants; un attachement inviolable à leur parti; une confiance sans bornes dans leurs chefs; une telle fidélité dans leurs promesses qu' elle peut suppléer à la discipline; un courage indomptable et à l' épreuve de toutes sortes de dangers, de fatigues et de privations: voilà ce qui fait des Vendéens des ennemis redoutables et qui doit les placer dans l' histoire au premier rang des peuples guerriers. " Général TURREAU
« Mon intention est de tout incendier. (…) ce qui reste de rebelles ainsi cernés, je ne crois pas qu’ il puisse en réchapper, c’ est du moins le plus sûr moyen de parvenir à leur parfait anéantissement (…) si mes intentions sont bien secondées, il n’ existera plus dans la Vendée sous quinze jours ni maisons, ni armes, ni subsistances, ni habitants que ceux qui, cachés dans le fond de la forêt, auront échappé aux plus scrupuleuses perquisitions. » TURREAU
" Demain, douze colonnes se mettront en mouvement simultanément. Leur direction est d' est à l' ouest. Chaque chef de colonne a ordre de fouiller et de brûler les forêts, villages, bourgs et métairies. " TURREAU à son ministre le 19 janvier
" Tous les brigands qui seront trouvés les armes à la main, ou convaincus de les avoir prises pour se révolter contre leur patrie, seront passés au fil de la baïonnette. On en agira de même avec les filles, femmes et enfants qui seront dans ce cas. Les personnes seulement suspectes ne seront pas épargnées. " TURREAU
" Si mes intentions sont bien secondées, il n' existera plus dans la Vendée, sous quinze jours, ni maisons, ni subsistances, ni armes, ni habitants que ceux qui, cachés dans le fond des forêts, auront échappés aux plus scrupuleuses perquisitions. " TURREAU
" Mes Colonnes ont déjà fait des merveilles; pas un rebelle n' a échappé à leurs recherches… Si mes intentions sont bien secondées, il n' existera plus dans la Vendée, sous quinze jours, ni maisons, ni subsistances, ni armes, ni habitants. Il faut que tout ce qui existe de bois, de haute futaie dans la Vendée soit abattu… " TURREAU le 24 Janvier 1794
" Cette riche contrée qui nourrissait plusieurs départements et fournissait des bœufs en quantité pour Paris, des chevaux pour l' armée, n' est qu' un monceau de ruines. " TURREAU fin 1794
" Quand on parle de tolérance, c' est ordinairement qu' on s'apprête à molester les catholiques. De la tolérance, on passe au fanatisme, et les persécutions sortent de ces deux mots-là. La Révolution s' est faite au nom de la tolérance, et, aussitôt, par amour de la tolérance, on y a brûlé les églises et guillotiné les prêtres.
" C' est la dépossession de soi, en l' occurrence celle de ses appartenances, qui doit conduire non à la fraternité rêvée mais à la haine. " Francis VENANT 2007
" La Monarchie ne visait au pire, qu'à interdire certaines façons de penser, attitude déplorablement autoritaire, on en convient. La Révolution, elle, s'efforça d'imposer certaines façons de penser : les siennes, ce qui est une attitude totalitaire. Elle était seule à détenir la vérité : elle avait donc tous les droits. Il faut ici lui rendre hommage pour avoir pratiqué une cohérence absolue. Puisqu'elle était dans le vrai, elle devait, elle se devait, elle devait à la France de lui imposer ce vrai et elle allait prendre tous les moyens nécessaires pour le faire, entre autres truquer l'Histoire, ce qui est particulièrement patent dans le traitement infligé à la Vendée. Ce trucage, on ne devait s'en apercevoir que deux siècles plus tard à la faveur du bicentenaire, notamment grâce aux travaux de Pierre Chaunu, de Xavier Martin, de Reynald Sécher, de Jean de Viguerie, qui se sont attachés, chacun à sa façon, à dénoncer le " génocide franco-français " de la Vendée qui a coûté plus d'un demi-million de vies à la France et que pendant deux cents ans les historiens ont réussi à escamoter. " VLADIMIR VOLKOFF
" La Vendée, Babeuf l'explique très bien, n'était qu'un laboratoire : on vient de découvrir un document qui avait prévu l'extermination de la Bretagne et des Bretons à partir de mai 1794. " Vladimir VOLKOFF
" Il n' y a plus de Vendée ! Citoyens républicains, elle est morte sous notre sabre libre, avec ses femmes et ses enfants. Je viens de l' enterrer dans les marais de Savenay, suivant les ordres que vous m' avez donnés. J' ai écrasé les enfants sous les pieds de mes chevaux, massacré les femmes qui au moins pour celles là, n' enfanteront plus de brigands. Je n' ai pas un prisonnier à me reprocher. J' ai tout exterminé… Nous ne faisons pas de prisonniers, il faudrait leur donner le pain de la liberté, et la pitié n' est pas révolutionnaire. Les routes sont semées de cadavres. Il y en a tant que sur plusieurs points, ils font des pyramides. " Général François WESTERMANN le 21 décembre 1793
« En inventant les camps de concentration pour les prêtres réfractaires (Rochefort), les camps d’ extermination pour les Vendéens (Noirmoutier) et les tanneries de peaux humaines (Ponts-de-Cé), c’ est au nom de la Liberté, de l’ Egalité et de la Fraternité que la République française a préfiguré la Shoah par le génocide du peuple vendéen et la haine de l’ autre. » Jean Marc YRONDE
" C' est de l' universalité de la dialectique scientifique du " siècle des Lumières ", comme de l' universalité des droits proclamés, que s' est révélée depuis deux siècles, l' universalité de la barbarie des idéologies nationalistes anthropocentrées.
C' est en précurseur de l' extermination systématique des masses que s' est imposée la toute jeune république française en décrétant, moins d' un an après son avènement, cet holocauste franco-français que les historiens sont unanimes aujourd' hui à reconnaître comme le premier génocide idéologique de l' histoire, celui du peuple vendéen.
La méthodologie fera florès à travers le monde dans les siècles suivants et coûtera plusieurs centaines de millions de vies à l' humanité, comme si les émules politiques des philosophes éclairés du XVIIIème siècle ne voulaient pas en finir de confirmer ce que la science et la pensée de leurs maîtres nous avaient appris: L' homme n' est pas fils de Dieu.
Il n' a de parenté qu' avec le singe.
Le peintre de Lascaux subjuguait la violence de ses crimes en en transcendant les objets par leur représentation pariétale.
En se plaçant au centre de l' univers et en niant toute transcendance, l' homme des Lumières, par l' abandon de toute culture cathartique, a libéré la violence de destruction de son prochain. Pour la première fois depuis cent mille ans, l' " homo sapiens sapiens " ne savait pas qu' il ne savait pas.
Par l' émergence des nationalismes et des Droits issus des idées des Lumières, un certain homme " éclairé " a substitué la barbarie au sordide: l' extermination à l' esclavage.
Et ce au nom de la science, de la vertu, de la régénération de l' homme, de la pureté du sang (!) et des sentiments, de la pureté des principes et des droits humains, de la tolérance, de la bienveillance, de la justice, de la sensibilité, de l' égalité, de la liberté, de la purification et du bonheur de l' humanité, rhétorique universelle et non moins exterminatrice dans sa logique terroriste: à prétendre imposer l' égalité et l' universalité aux hommes, créatures organiquement et culturellement plurielles et diverses, on supprime d' abord les libertés.
Puis on supprime les hommes. " Jean-Marc YRONDE
" L' idée d' exterminer la Vendée revient, sans aucun doute, à Barère. Il l' a énoncée synthétiquement dans un mot lancé au hasard d' un discours au mois d' avril 1793: " Exterminons les Vendéens "
La première, qui date du 1er août 1793 est la loi d' anéantissement: elle prévoit la destruction systématique de l' habitat, des bois, des forêts, des entreprises vendéennes.
La deuxième Loi, du premier octobre 1793, décide l' extermination des " brigands vendéens " (…) de toute la population résidant en Vendée militaire, bleus et blancs confondus, y compris les femmes " sillons reproducteurs " et les enfants, " futurs brigands " qui, s' ils survivaient, pourraient être animés du " juste désir de revanche ".
La troisième Loi décide de débaptiser solennellement la Vendée pour l' appeler département Vengé.
LOI DU 20 AVRIL 1793:
« La Convention déclare qu’ appuyée sur les vertus du peuple français, elle fera triompher la République démocratique et punira sans pitié ses ennemis. »
LOIS DU PREMIER AOUT 1793 :
- Article VI: « Il sera envoyé par le ministère de la Guerre des matières combustibles de toute espèce pur incendier les bois, les taillis et les genêts.
- Article VI: « les forêts seront abattues, les repaires des rebelles seront détruits, les récoltes seront saccagées par les compagnies d’ ouvriers pour être portées sur les derrières de l’ armée et les bestiaux seront saisis.
- Article XIV: « Les biens des rebelles de la Vendée sont déclarés appartenir à la République: il en sera distrait une portion pour indemniser les citoyens qui sont demeurés fidèles, à la partie des pertes qu’ ils auraient soufferts.
DECRETS DU PREMIER OCTOBRE 1793:
- « La Convention nationale compte sur le courage de l’ Armée de l’ Ouest et des généraux qui la commandent pour terminer d’ ici le 20 octobre l’ exécrable guerre de la Vendée. La reconnaissance nationale attend l’ époque du 1er novembre pour décerner des honneurs et des récompenses aux armées et aux généraux qui, dans cette campagne, auront exterminé les brigands. »
- « Soldats de la Liberté, il faut que tous les brigands de la Vendée soient exterminés avant la fin du mois d’ octobre. Le salut de la patrie l’ exige, l’ impatience du peuple français le commande, son courage doit l’ accomplir; la reconnaissance nationale attend à cette époque tous ceux dont la valeur et le patriotisme auront affermi sans retour la liberté et la république. »
LE GENOCIDE VENDEEN
« L’ histoire, paraît-il, ne se renouvelle pas. J’ aimerais le croire, mais malheureusement, si les formes évoluent dans le temps, le fond reste dramatiquement identique: mêmes pulsions animales comme si l’ homme ne pouvait s’ échapper d’ un tourbillon qui l’ entraîne inexorablement dans une valse effrénée et tristement répétitive. En 1793, la France montagnarde programmait officiellement l’ extermination de la population de la Vendée militaire, évaluée grosso modo à huit cent quinze mille membres, et l’ anéantissement de ses biens. En 1941, l’ Allemagne nationale-socialiste décidait de la même politique vis-à-vis des Juifs résidants sur son propre territoire et sur ceux occupés, soit environ douze millions de personnes. Dy Stead
Deux histoires apparemment lointaines qui, selon certains, n’ ont rien à voir. Rien de plus faux, comme nous le démontrerons: les logiques sont les mêmes, les systèmes qui les ont engendrées identiques, les moyens employés ou énoncés, similaires. » Reynald SECHER
La Vendée-Vengé. Le génocide franco-français.
Le livre thèse de Reynald Secher, docteur en histoire, vient d' être réédité. A sa sortie, voilà vingt ans, ce livre avait choqué par la crudité que révélaient les archives. Aujourd' hui que les recherches ont confirmé les travaux pionniers de Reynald Secher, force est de reconnaître l' importance de cette contribution à l' histoire de la révolution.
L' avant propos à la nouvelle édition par l' auteur:
"Vingt ans après, je me souviens d' avoir pris conscience de l' énormité du crime commis en Vendée en lisant le registre clandestin de l' abbé Pierre-Marie Robin (1748-1805), recteur de La Chapelle-Basse-Mer. Scrupuleusement, il avait enregistré, conformément au droit canon, tous les actes de la vie de ses paroissiens: baptême, mariage, sépulture. Ces actes décrivent méticuleusement les conditions et les circonstances des décès. La première fois, j' ai été tellement choqué qu' au bout de quelques pages, j' ai dû m' arrêter. Comment ne pas être bouleversé par le massacre de femmes, parfois enceintes, d' enfants, de vieillards... Comment rester insensible lorsque 421 massacres sur une population estimée à 3 200 personnes ont été enregistrés? Mais, quand 770 communes sont concernées, on est acculé à se poser des questions de fond. On dit que l' histoire doit être traitée froidement -en l' occurrence, était-ce humainement possible? Que l' on ne vienne pas me parler de tradition en matière d' horreur; en Vendée, l' impensable y a été fait (tanneries de peaux humaines, fonte des graisses. ..); l' inimaginable a été essayé (mines antipersonnel, empoisonnement à grande échelle, gazage...). La Vendée a été un laboratoire grandeur nature, d' ailleurs conçu comme tel. Sans doute, l' objectivité en histoire est-elle difficile à atteindre, mais au-delà des préjugés, il reste les hommes et les faits que rien ni personne ne peut, ne doit justifier.
Le professeur Jean Meyer, mon directeur de thèse, au début de ma recherche, m' avait dit de ne travailler que les textes, rien que les textes. C' est ce que j' ai fait et, pour comprendre la réalité locale, j' ai dû reconstituer la courroie de transmission afin de répondre aux questions de fond: qui? Pourquoi? Comment? Personne à l' Université ne s' était jamais posé de telles questions. En pays de droit, la décision n' avait pu être prise qu' au plus haut niveau de l' Etat, c' est-à-dire par la Convention. Phénomène unique dans l' histoire et comble du paradoxe, la décision d' anéantir le territoire de la Vendée et d' exterminer sa population a bien été prise par les représentants du peuple souverain (lois des 1er août et 1er octobre I793). Tout le reste n' est que planification et conséquence. C' est d'ailleurs si vrai que quelques contemporains s' en sont émus, tels l' avocat Villenave qui, à l' occasion du procès Carrier, s' interrogeait sur le terme idoine pour caractériser ce crime, à sa connaissance, unique en son genre.
En I985, je ne m' expliquais pas pourquoi on voulait réduire le fait vendéen à un massacre, voire à une bavure. Je m' étonnais encore plus des propositions avancées pour acheter mon silence: argent, honneurs, poste à l' Université, au nom d' une pseudo-raison d' Etat. Il faut dire que nous étions à la veille du bicentenaire de la Révolution.
Comment pouvait-on imaginer que je puisse vendre mon âme? Renier le fruit de mes recherches et la confiance de mes professeurs? Comme je n' avais pas mordu aux appâts, calomnies et rumeurs leur ont succédé. Heureusement, j' avais été mis en garde par le professeur Pierre Chaunu, membre de mon jury, qui avait matérialisé son pressentiment par écrit à l' occasion de son rapport relatif à ma soutenance de thèse, le 21 septembre I985: « Ce travail sera bientôt publié. Nul ne peut douter que le succès qu' il remportera vaudra à son auteur la haine tenace de ceux qui voient petit et pensent sur commande. C' est dire que la carrière de Reynald Secher dans l' enseignement supérieur, où il a sa place, sera, selon toute vraisemblance, efficacement entravée par ceux qui sont, comme chacun sait, orfèvres en la matière. » La suite des événements lui a malheureusement donné raison. Qu' importe!
Comment peut-on encore refuser à la Vendée la reconnaissance de ce génocide? Comment peut-on imaginer que des criminels contre l' humanité comme Robespierre, Carnot aient donné leur nom à des collèges, à des lycées, à des rues; ou d' autres, comme Amey, Turreau... aient leur nom sur l' Arc de triomphe? Comment peut-on accepter que l'histoire officielle, notamment celle enseignée aux élèves, fasse des bourreaux des « saints laïcs » et des victimes des brigands, des traîtres à ta patrie? Cette inversion tenace des faits n' est pas seulement intolérable, elle justifie, à mon sens, que ce livre continue d' être lu et discuté".
Reynald Secher 29 mai 2006
Edition Perrin - 351 pages - 23€
Le 10 août 1792, le roi Louis XVI est avec sa famille au palais des Tuileries, défendu par 1.100 Gardes Suisses et quelques-uns des Gardes Nationaux et gendarmes restés fidèles au Roi. Danton, qui veut en découdre avec ce monarque qui refuse de signer certains décrets, mobilise environ 17.000 hommes et les envoie aux Tuileries.
Alors que les Gardes Suisses viennent de surmonter victorieusement le premier assaut, Louis XVI leur donne l’ordre de cesser le feu et de regagner leur caserne à Courbevoie. En chemin, ils sont massacrés, assassinés par les assaillants du palais, puis atrocement mutilés par une foule en folie.
630 Gardes meurent ainsi, et 156 sont faits prisonniers. Sans défense, ils seront à leur tour assassinés puis mutilés dans leur prison lors des massacres du 2 septembre 1792. Leurs corps seront jetés dans un vaste charnier, à l’endroit où Louis XVIII fit construire la Chapelle Expiatoire.
C’est une simple goutte de sang, puisque la Révolution française fera entre 600.000 et 800.000 victimes. Mais l’heure de toutes les repentances, du débat sur la colonisation au refus de célébrer le bicentenaire de la victoire d’Austerlitz, est peut-être aussi celle d’assumer entièrement notre passé.
En témoignage de reconnaissance et d’amitié au peuple suisse, les signataires demandent que la plaque à la mémoire des Gardes Suisses, dévoilée en France par le Président de la Confédération Helvétique, Monsieur Samuel SCHMID, le 18 novembre 2005, actuellement conservée aux Invalides et portant l’inscription suivante :
soit transférée à la Chapelle Expiatoire, construite sur le lieu du charnier qui recueillit leurs dépouilles et y soit fixée, signe visible du devoir de mémoire notre pays ».
Lu et approuvé,
Fernand CORTES Membre de La Légitimité
N.B.: le présent texte peut être copié et collé dans un couuriel à envoyer à: vallet.baux@wanadoo.fr ( « Pétition Gardes Suisses » Cidex 62 21250 CORBERON)
----- Original Message ----- From: Famille vallet.baux To: vallet.baux@wanadoo.fr Sent: Sunday, June 11, 2006 10:51 PM Subject: TR : Communiqué Garde Suisse
« Honneur et Fidélité ».
« On a comparé la journée du 10 août à celle des Thermopyles. Les Spartiates combattaient pour leurs femmes, pour leurs enfants, pour leur gloire, pour leur patrie, pour les autels de leurs dieux, les Suisses pour le sentiment du devoir, de la foi aux serments, de l’ honneur de leur pays. Les Spartiates et les Suisses savaient d’ avance qu’ ils marchaient à une mort inévitable; ils l’ ont acceptée de sang-froid, sans délibérer ni se plaindre. »
Colonel Pfyffer.
Plus de 930 signataires à ce jour demandent simplement et tranquillement le transfert de la plaque commémorative à la mémoire des Gardes Suisses assassinés les 10 août, 2 et 3 septembre 1792 (dévoilée devant le Président de la Confédération Suisse le 18 novembre 2005) du Musée de l’ Armée aux Invalides à la Chapelle Expiatoire.
Les signataires ont tout à fait conscience que l’ ensemble des Gardes Suisses n’ a pas été « inhumé » en ce seul lieu. Il n’ en reste pas moins le plus représentatif et le plus symbolique aux yeux de l’ Histoire.
Plus d’ un million de Gardes Suisses ont servi la France…. La moitié d’ entre eux sont morts pour la France…
N’ est-il pas temps de leur rendre un hommage particulier?
Parmi les signataires: Jean SEVILLIA et JP PERONCEL-HUGOZ.
Bonne Nouvelle:
Madame Françoise de PANAFIEU, député-maire du 17ème arrondissement de Paris a transmis mon courrier à Monsieur François LEBEL, Maire du 8ème arrondissement de Paris qui m’ a adressé un courrier rempli d’ espérance pour nos amis suisses ; extraits: « Je ne vois, en ce qui me concerne, que des avantages à rappeler le sacrifice des Gardes Suisses au cours de l’été 1792. » et: « Peut-être conviendrait-il que vous adressiez une demande… que je me propose de soutenir ».
J’ avais d’ autre part contacté le Commandement de la Garde Suisse du Vatican, proposant à l’ occasion de leur pèlerinage à Tours en France la possibilité d’ organiser, en mémoire du serment que les Suisses prononçaient depuis 1616 au service de Dieu et de la France, un moment de recueillement à la Chapelle Expiatoire.
Le Commandant de la Garde Suisse Pontificale m’ a répondu que « le Pèlerinage à Tours est planifié depuis longue date et qu’ il n’y a malheureusement plus de disponibilité pour d’ autres cérémonies. »
D’ après mes informations, la Diplomatie (française) est passée par là… La Garde Suisse Pontificale se déplaçant en plusieurs groupes, l’ un d’entre eux aurait pu naturellement se rendre à la Chapelle Expiatoire… Je vais donc insister…
Il semble enfin, d’ après certaines indiscrétions, que le Ministre de la Culture ait décidé d’ accélérer les choses et de faire apposer rapidement la plaque aux... Invalides!
Ne relâchez donc surtout pas la pression, soyez patients et déterminés, continuez à faire fonctionner vos réseaux.
Des citoyens suisses ont décidé de nous soutenir.
Je ne relâcherai pas la pression.
Il serait symbolique que lors de mon prochain communiqué du 25 juin le millier de signatures soit atteint! Sachez que personne en France, des RG au Ministère de la Culture, ne me donnait plus de 250 noms et deux mois d’existence
Quelle belle mobilisation!
Bien à vous
Jean-Christophe VALLET mail: vallet.baux@wanadoo.fr
L’ association Vérité pour la Vendée compte utiliser le 14 juillet 2006 pour distribuer des tracts et faire signer une pétition demandant la suppression des piliers de l’ Arc de Triomphe des noms de deux massacreurs républicains.
Sur le tract bilingue français-anglais qui sera distribué, les Parisiens et autres touristes pourront lire notamment:
“Parisiens,
Touristes du monde entier,
Savez-vous que l' Arc de Triomphe de Paris porte les noms de deux des pires criminels que l' Humanité ait pu engendrer, ceux des généraux TURREAU et AMEY, qui ont été parmi les principaux instigateurs du Génocide Vendéen de l' hiver 1794 qui a fait entre 150 000 et 200 000 morts.
Savez-vous qu' avec le Génocide Vendéen, nous avons eu le seul cas dans l' Histoire où un Etat (la jeune République Française, en pleine démence révolutionnaire) a signé par décret l' extermination d' une partie de son peuple (décret du 1er octobre 1793).
Il n’ est plus tolérable que la flamme du Sacrifice et du Souvenir soit abritée par ces deux bourreaux de la Vendée. Cet énorme scandale doit cesser.
-Turreau était le général en chef des "colonnes infernales" qui avaient mission de tout exterminer. Hommes, femmes, enfants, et vieillards, âmes du peuple de France, furent impitoyablement massacrés en Haine de leur Foi et des Traditions Terriennes de notre pays.
-Amey était l' un des généraux de ces 12 colonnes qui ont répandu le feu et le sang sur leur passage en Vendée. Ce fut un psychopathe sanguinaire qui s' amusait à jeter les femmes et les enfants vivants dans les fours à pains. (...)
Effacer ces noms des piliers de l’ Arc de Triomphe apportera le plus grand soulagement pour la mémoire de tous ceux qui sont morts en défendant la plus noble des causes: la Liberté.”
Pour faire connaître cette vérité historique, Guy Francheteau, animateur de l' association "Vérité pour la Vendée", donne rendez-vous vendredi 14 juillet à 10h Place des Ternes. Toutes les bonnes volontés sont bienvenues.
http://www.genocide-vendeen.com
En marge du génocide des populations des bocages de l' Ouest d ela France:
Après la chute de la Monarchie le 10 août 1792, la fièvre monte à Paris. De nombreux suspects sont arrêtés: laïcs, prêtres séculiers, religieux, souvent réputés réfractaires, même si ce n’ est pas le cas de tous. Environ 350 ecclésiastiques sont ainsi incarcérés, dont plus de la moitié étrangers à la capitale. Entre le 2 et le 5 septembre, des bandes armées d’ hommes et de femmes envahissent les prisons parisiennes pour se livrer à l’ exécution collective des détenus au couvent des Carmes, à l’ abbaye de Saint-Germain, au séminaire Saint-Firmin, aux prisons de la Force, rue Saint-Antoine.
Le couvent des Carmes, avec son très vaste enclos, est le premier et le plus symbolique théâtre des tueries. Au témoignage de l’ abbé Saurin, jésuite rescapé, le contraste est saisissant entre la sérénité qui règne au- dedans, parmi les ecclésiastiques prisonniers, groupés autour de trois évêques, et, au dehors, le hurlement de la foule, les canonnades, les roulements de tambour, et finalement, le 2, vers quatre heures du soir, le tocsin de Saint-Sulpice qui donne le signal aux émeutiers. La tuerie qui a commencé dans le jardin s’ achève, après un simulacre de jugement, au pied du petit escalier faisant communiquer la chapelle, où les prisonniers ont d’ abord reflué et se sont mutuellement donné l’ absolution, et le jardin. " Je n’ ai entendu se plaindre aucun de ceux que j’ ai vu massacrés " écrira l’ abbé de la Pannonie, blessé et rescapé de la tragédie des Carmes.
Parmi les 3 000 victimes de septembre 1792, 191 personnes mortes pour leur foi ont été béatifiées par Pie XI le 17 octobre 1926. 86 prêtres étaient membres du clergé parisien. Les quatre laïcs et de nombreux religieux béatifiés appartenaient aussi à l’ Église de Paris.
En 3 mois, du 12 janvier au 16 avril 1794, environ 2 000 personnes ont été exterminées par les "fils de Valmy".
Elles ont préféré la fidélité à la foi catholique, c' est-à-dire à la Vérité, plutôt que celle à la république libérale et anti-cléricale des Droits de l' Homme.
Après un procès en béatification, 100 victimes ont été élevées au rang de bienheureux. L' Abbé Noël Pinot, curé du Louroux-Béconnais, guillotiné en 1794 avec ses ornements sacerdotaux a été béatifié le 31 octobre 1926. Le 19 févier 1984, Jean-Paul II béatifia 99 autres victimes.
La date de leur fête est fixée au 1er février, date anniversaire de la mort de 47 bienheureux.
Le Comité Célébrations Charette
Dimanche 19 Novembre 2006
10 H 30 Messe en l’église Notre Dame de Bon-Port à Nantes (place du Sanitat) célébrée par le Père Patrice Eon vicaire épiscopal. Nous quitterons l’ église pour nous rendre sur le quai de la Fosse en passant par l’ emplacement de l’ Entrepôt des Cafés où étaient mis à croupir les prisonniers en attente de noyade ou fusillade et nous apercevrons l’ escalier que ces malheureux ont emprunté pour aller vers la mort.(Plus de 6.000 morts)
12 H 15 Envoi de gerbe dans le cours de la Loire.
Nous reprendrons les voitures pour nous rendre au restaurant et ferons un crochet par l’ église Sainte Croix,à l’ époque club Vincent La Montagne et regarderons la chaire d’ où Carrier en ce soir du 16 novembre 1793 annonce et fait approuver le système des Noyades alors que Minée évêque constitutionnel rend ses lettres de prêtrise.
13 H Déjeuner au restaurant Le Charette Place Viarme
15 H 30 Conférence au Musée Dobrée par Monsieur Thierry Piel, Professeur Agrégé d’ Histoire de l’ Université de Nantes Maître de conférence:
J. B. Carrier, conventionnel en mission, et les Noyades de Nantes: Crime local ou crime d’ Etat?
La participation de 30 Euros pour les frais de restauration, gerbe et courriers est à adresser pour réservation au Docteur J. Suard 67 avenue du littoral 44380 Pornichet avant le 10 novembre, le restaurant ne disposant que de 50 places.
- Participation de 3 Euros pour ceux qui ne déjeunent pas.
Président: Noël Stassinet 2 rue de Solférino 44130 Fay de Bretagne 0608421658 02 40 87 41 40 MEL: noel.stassinet@cegetel.net
Trésorier: Docteur J. Suard 67 avenue du Littoral 44380 Pornichet 0240614546
Secrétaire: Béatrice Thieullent.
Le Comité: Abbé Yves Chéreau, Armel de Wismes, Hugues de Charette de La Contrie, Béatrice du Dresnay, Guy de Charette de La Contrie, Anne de Charette de La Contrie, Alain de Charette de La Contrie,Yvonne de Portzamparc, Bernard Mallet, Me Jean-Yves Robert-Carteret, Dr Yves Le Neveu, Antoine Guillemot, André Desmolins, Gérard Hamelin, Bertrand de La Buharaye, Pascal Caillaud, Jehan-Richard d’ Amphernet, Béatrice Thieullent, Dr Jacques Suard, Noël Stassinet .
Attention,ce Comité créé en 1996 n’ a aucun lien avec la très estimable famille de Charette et ne se réfère qu’ à l’ illustre Chef Vendéen, breton par sa naissance. Aucune concurrence avec une éventuelle Association de la Famille de Charette ne saurait exister. (Noël Stassinet)
Lame de Chrétienté n. 1
La France ignore les souffrances du peuple. C' est une constante sous la République. Mais il y a plus: le pays légal veut ignorer les plaies sanglantes que son idéologie causa jadis au pays réel. Et pour mieux dissimuler les crimes de leurs auteurs, la République leur mère exalte scandaleusement la mémoire de ces derniers…
L' Histoire de la Vendée militaire, qui pardonne mais n' oublie pas, n' est pas amnésique elle au souvenir des noms de TURREAU et AMEY. Les noms de ces généraux sont associés à l' histoire du Génocide vendéen durant lequel ils ensanglantèrent les provinces de l' Ouest. En outrage aux victimes, la République dite française maintient ces noms infâmes gravés sur l' Arc de Triomphe, à Paris. Mais on est en droit d' espérer un changement des mentalités. Voici ce que l' association Vérité pour la Vendée publia dans son bulletin de janvier 2006: Il s' agit d' une réponse du Ministre de la Culture et de la
Communication, M. Renaud Donnedieu de Vabres au Député-Maire de Versailles qui se faisait le porteparole de l' association. Nous vous en offrons un bref extrait:
" Monsieur le Député-Maire,
Vous avez appelé mon attention sur le fait que des noms d' officiers, s' étant illustrés dans des massacres perpétrés à l' encontre du peuple français, figurent sur certains monuments aux morts, classés au titre de monuments historiques (…) L' Arc de Triomphe ayant par ailleurs été classé au titre des monuments historiques par arrêté du 6 février 1896, toute modification postérieure constituerait, outre une falsification historique, une atteinte à l' intégrité du monument. (…) Je suis donc tout à fait disposé à examiner la façon de promouvoir l' information du public pour chaque cas particulier qui me sera soumis. (…) " (1)
(1) La lettre de Vérité pour la Vendée - Janvier 2006 (112 Bd de la Reine - 78000 Versailles ; Courriel: veritevendee@free.fr
Hervé de Charette rejoint les députés signataires de la proposition de loi sur le Génocide Vendéen
L' ancien ministre des Affaires étrangères et actuel député UMP des Mauges, Hervé de Charette vient de contresigner la loi visant à "faire reconnaître" le génocide vendéen.
Rejoignant les huit députés signataires (Lionnel Luca, Véronique Besse, Jérôme Rivière, Jacques Remiller, Joël Sarlot, Louis Guesdon, Hélène Tanguy, Bernard Carayon), du projet de loi déposé à la fin de la session parlementaire, Hervé de Charette prend position en faveur "du rassemblement mais sans oublier le passé. " J' ai toujours pensé que la république avait eu tort de ne pas reconnaître sa responsabilité dans les violences qui ont marqué la révolution française et dont ont été victimes les populations de l' Anjou, de la Bretagne, du Poitou, de la Vendée ou de la Provence" déclare Hervé de Charette. Il estime que "la proposition de loi de Lionnel Luca, député des Alpes Maritimes, va dans le sens d' un geste de conciliation et du rassemblement su pouvoir central en direction des héritiers des Vendéens".
Le panache de Charette
"Je porte avec fierté le nom de Charette, illustré avec panache par le roi de la Vendée dont ma famille a hérité le sens de la Patrie, du devoir, du service, de la foi " poursuit l' ancien ministre qui assure " transmettre à ses enfants et à ses proches ces valeurs familiales et vendénnes". Pour Hervé de Charette " il ne s' agit pas de réveiller de vieilles haines, mais de ne pas oublier le passé. L 'ancienne Vendée Militaire (Bocage vendeéen, pays de Bressuire, Mauges et Choletais, Vignoble nantais et Pays de Retz) est :" Un pays moderne, doté de racines profondes, qui se tourne vers l' avenir". Le maire de Saint-Florent le Vieil, haut lieu de la mémoire vendéenne, n' oublie pas non plus que le premier acte de l' insurrection vendéenne a eu lieu dans sa ville élective, à l' endroit précis où il habite, "quand les gars des Mauges se sont opposés à la conscription. "J' y pense tous les jours et je veux que justice soit rendue aux familles des Mauges et de Vendée qui comptent toutes de nombreuses victimes", conclut-il sans haine mais avec émotion.
Henry Renoul,
le vendredi 9 mars 2007 dans Courrier de l' Ouest, Presse-Océan, L' Éclair, Vendée-Matin et Le Maine Libre
----- Original Message ----- From: Agrif Sent: Thursday, July 01, 2010 2:56 PM Subject: Repentance de la France
Paris, le jeudi 1er juillet 2010.
Bernard Antony, président de l’ Institut du Pays Libre, communique:
Il aura donc fallu 217 ans pour que soient effectuées au Mans des premières fouilles de charniers des guerres de Vendée.
Ceci permet, semble-t-il, de voir un peu soulever, ô combien timidement, un petit coin de l’ immense et lourd voile d’ amnésie qui recouvre et occulte depuis plus de deux siècles la vérité sur ce que fut la révolution française. Mais il ne faut pas que retombe cette chape qu’ il faut soulever entière pour l’ honneur de la France, de sa mémoire, de sa continuité et pour la paix civile entre Français.
Car c’ est la tare congénitale de notre système républicain que d’ avoir été fondé sur l’ assassinat du Roi de France et de sa famille et sur une guerre civile exterminatrice. De plus la révolution française organisant la toute puissance étatique sur la dialectique de l’ État et de l’ individu dissolvante de tous les autres liens sociaux a constitué le modèle idéologique des deux monstres totalitaires du XXe siècle, le communisme et le nazisme.
Lénine comme Hitler ont exalté leur filiation jacobine. Du sans-culotte jacobin ont procédé le garde rouge et le SS. Les exterminationnismes rouges ou noirs ont justifié leurs génocides avec des arguments semblables à ceux par lesquels on défendait à la Convention celui de la Vendée. Et l’ idéologie jacobine continue d’ inspirer la subversion, des idées de liberté, d’ égalité et de fraternité en un individualisme totalitaire destructeur des communautés naturelles et d’ abord de la famille, confisquant notamment la fondamentale liberté d’ éducation des enfants par leurs parents.
Moins de vingt ans après la fin de l’ URSS, l’ État russe, quoique à plusieurs égards très continuateur du système soviétique, a eu pour honneur de faire repentance de l’ assassinat du Tsar et de sa famille et de replacer la Russie dans sa continuité historique et religieuse.
La France a besoin d’ un pareil geste symbolique. L’ État qui dans la vérité ferait repentance des crimes originels de notre république libérerait ainsi notre mémoire nationale, accomplissant un acte d’ Amitié Française de haute portée.
Afin d’ en finir avec la plus funeste des traditions dialectiques qui dresse sans cesse les Français les uns contre les autres.
La reconnaissance des crimes perpétrés selon les époques par tel ou tel camp est le plus sûr moyen de détruire un manichéisme destructeur de l’ unité nationale qui devrait être un souci majeur d’ État au service du Bien Commun de la France et des Français.
Bernard ANTONY
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