C' est avec beaucoup de plaisir que j' ai assisté, le 19 janvier 1996, à la soirée débat sur le Canal des Deux Mers et à la projection du film de Pierre MIQUEL sur le Canal.
Etant usager, tantôt régulier du Canal latéral en tant que piéton sur le chemin de halage, tantôt irrégulier en tant que cavalier sur l' autre chemin de halage, j' ai pu constater l' état de dégradation avancée de ces chemins et des berges. Des animaux "nuisibles" hantent ces endroits: mulots et souris, serpents jusqu' à 1.20 mètre, rongeurs de toutes tailles et, pire encore, des ragondins ont colonisé ces chemins dans leur sous-sol et creusé des galeries débouchant directement sur le canal à hauteur d' eau, voire en dessous. Le niveau d' eau s' élevant à la suite d' une crue ou du fait du fonctionnement normal des écluses, l' eau pénètre par les galeries dans le sous-sol et les chemins s' affaissent de par l' excès d' eau alors que les berges finissent en coulées boueuses dans le canal dont le fond s' encombre et exige un draguage d' autant plus fréquent que les bateaux de plaisance au tirant d' eau plus faible et moins nombreux que les péniches laissent stagner ces boues. Le manque d' entretien de ces chemins et de leurs berges et leur sous-utilisation accélèrent leur dégradation. J' ai pu observer qu' il en était de même pour les chemins et les berges du Canal de Riquet.
A l' origine et pendant l' exploitation normale du canal, ces chemins étaient quotidiennement fréquentés par les bateliers, les chevaux et les hommes qui les guidaient pendant le travail de halage. Les populations animales ci-dessus décrites n' avaient guère le loisir de s' y promener et moins encore de s' y installer. Les lourds chevaux de trait au pas lent et régulier les en écartaient naturellement par les seuls heurts de leurs imposants sabots sur le sol remarquablement tassé et sec de ces chemins, tenant ainsi à distance respectueuse ces envahisseurs sans foi ni loi.
Aujourd' hui, point d' activité économique -hélas!- sur le canal: la fréquentation humaine et équine a disparu sur toute sa longueur laissant la place libre à une faune sauvage et dévastatrice de ce chef d' oeuvre de la circulation en voie d' eau. La marine de plaisance silencieuse n' inquiète guère celle des ragondins toujours présente car ses nageurs de combat sont toujours prêts pour l' abordage. Ce ne sont pas les quelques enjambées pédestres sur coussins d' air des sportifs dominicaux et quelques bicyclettes, fussent-elles tout-terrain, qui sont à même de déloger ces occupants indésirables restés maîtres d' une terre conquise par le départ des hommes et des chevaux. Seules les motos trial et tout-terrain auraient pu limiter cette invasion au risque d' endommager différemment les lieux.
Pourtant, malgré l' ampleur des dégâts, la Libération du canal est possible. Le cavalier ose parfois s' aventurer sur ces chemins de halage -dont la destination est la circulation des chevaux dès l' origine du creusement du canal, ces chemins étant particulièrement adaptés à la circulation équestre- et un miracle se produit. Au pas, souris et mulots s' en vont; au trot, serpents et rongeurs décampent; et, au galop, les ragondins traumatisés fuient dans une déroute indescriptible. Le sol du chemin se tasse en même temps et l' eau dont il regorge s' en retourne au canal pour y suivre son cours. Chemins, berges et canal se maintiennent ainsi en meilleur état et se renforcent par l' effet de la participation des équidés. Ensemble, ils retrouvent leur raison d' être et la vie civilisée et policée dans le respect d' une saine Nature. Les plaisanciers eux-mêmes trouvent avantage à la fréquentation des chemins par les destriers et leurs écuyers: ils perçoivent ainsi des moments de vie d' antan sur le canal mis en situation et en action. L' ouverture ou plutôt la réouverture de ces chemins à la circulation des palefrois offre et organise un espace de liberté de monter à cheval, en totale sécurité, sur des centaines de kilomètres carrés cernés par les routes nationales 113, 20 et 113 à nouveau, la voie ferrée Bordeaux-Toulouse-Narbonne-Béziers et l' autoroute entre ces villes. Pour que tout fut parfait...
Voies Navigables de France pourrait élaguer à moindre frais les platanes bordant les chemins de halage en coupant les branches s' étirant à moins de 2,80 mètres du sol, récupérant ainsi du bois de chauffage, sans oublier d' ôter les chaînes barrant ces chemins. La restauration des berges et des chemins serait ainsi pérennisée par le retour de la plus noble conquête de l' homme sur le site qui lui était spécialement affecté.
J' espère que les ingénieurs réfléchiront à l' intérêt de la circulation équestre sur ces chemins de halage, cette nouvelle activité rejoignant l' ancienne tout en insufflant au canal une nouvelle vie témoignant de la précédente dans le respect de la nature, de l' écologie et des finances de Voies Navigables de France.
Je vous prie de croire à mon profond attachement au Canal des Deux Mers.
Malgré cette situation, il convient de saluer le travail remarquable de Voies Navigables de France en dépit des budgets très insufisants alloués par les différents gouvernements -notamment représentés par les successifs ministres de l' équipement et des transports- depuis des décennies -peut-être sous couvert du statut d' établissement public industriel et commercial méconnaissant la valeur patrimoniale du canal tant nationale depuis la révolution de 1789 et la nationalisation de 1898 qu' internationale aujourd' hui avec le classement par l' UNESCO au Patrimoine Mondial de l' Humanité- et de rendre hommage à son Personnel, tant d' encadrement que d' exécution, très dévoué, consciencieux et passionné par l' ensemble du Canal des Deux Mers. C' est pourquoi il nous plaît de signaler ici à l' intention des internautes eux aussi passionnés par le Canal le très intéressant site internet national de Voies Navigables de France et l' adresse régionale:
|
B.P. n. 7204 31079 Toulouse Cedex 5 |
Création 09/1999 Précédentes mises à jour 03, 12/2000, 02, 10/2001, 01/2002, 01, 10, 12/2003, 01, 03, 04, 05, 10/2004, 01, 02, 03, 04, 05, 06, 07, 08, 09, 10, 11, 12/2005, 01, 02, 03, 04, 05, 06, 07, 08, 09, 10, 11, 12/2006, 01, 02, 03, 04, 05, 06, 07, 08, 09, 10, 11, 12/2007, 01, 02, 03 et 04/2008 Dernière mise à jour 05/2008
Hosted by http://www.1st-amendment.org