Auguste Blanqui 1805-1881 (France)
Né à Puget-Théniers dans l arrière pays niçois, Louis-Auguste Blanqui aura été mêlé à toutes les révolutions du 19ème siècle. Son penchant pour l' action révolutionnaire s' illustrera après la chute du Second Empire par l occupation de l Hôtel de Ville de Paris le 31 octobre 1870. Le 9 mars, il sera condamné à mort par contumace. Adolphe Thiers, chef du gouvernement, conscient de l' influence de Blanqui sur le mouvement social parisien, le fera arrêter le 17 mars, veille du début de la Commune, alors que malade, il se repose chez un ami dans le Lot. Ainsi, et paradoxalement, Blanqui ne participera pas aux évènements de la Commune, mais sera tout de même condamné à la déportation pour être finalement libéré le 11 juin 1879. Il mourra le 1er janvier 1881. Ses obsèques seront suivies par cent mille personnes. Il est inhumé au Cimetière du Père Lachaise. Sur soixante-seize ans de vie, Louis Auguste Blanqui qui n a pas usurpé son surnom (l enfermé) en aura passé trente-trois en prison.
Louis Renault 1877-1944 France
Industriel né le 15 février 1877 à Paris, inventeur et pilote de course, Louis Renault est le fondateur des Usines qui portent son nom: Renault lesquelles seront réquisitionnées par les troupes d' occupation et passeront en 1940 sous la direction de Daimler-Benz. En 1917, il avait dessiné et construit le premier char mitrailleur léger aux qualités remarquables qui a largement contribué à la victoire finale de 1918. A la libération, par ordonnance du général De Gaulle, Louis Renault sera condamné sans être jugé et, quoique malade, incarcéré à Fresne; en prison, il sera battu à mort par des cadres de la CGT et mourra de ses blessures à la clinique Saint Jean de Dieu à Paris le 24 octobre 1944.
Saint Loup (Marc Augier) 1908-1990 (France)
Né à Bordeaux, il s' illustre dans les années 30 par des expéditions en montagne et dans le Grand Nord. Sympathisant socialiste, Il devient l' un des responsables des Auberges de Jeunesse du sous secrétaire d état Léo Lagrange. Correspondant de guerre auprès de la LVF puis de la Charlemagne il fut de ceux qui aperçurent Moscou à la jumelle. En 1945, contraint à l exil, il part pour l Argentine où il va devenir instructeur des troupes de montagne. Gracié, en 1953, il publie son roman majeur, La Nuit commence au Cap Horn qui manque de lui valoir le Prix Goncourt, avant que son identité véritable ne soit révélée. Saint-Loup poursuit ensuite une carrière d' écrivain et de journaliste, publiant de nombreux ouvrages sous forme de trilogies consacrées au Front de l est, aux industriels de lautomobile, à laventure ou aux identités (Nouveaux cathares pour Montségur, Pas de pardon pour les bretons et l iconoclaste Sang d Israël). Opposé au métissage et à la décadence, il sera l inventeur du concept des « Patries Charnelles » qui sera repris 30 ans plus tard par les Identitaires
Raoul Salan 1899-1984 (France)
Natif de l Albigeois, il fut commandant en chef de l' Armée française en Indochine en 1952-53 où il succéda au Maréchal de Lattre de Tassigny. En mai 1958, en Algérie, il appelle à soutenir le général de Gaulle; cependant, par la suite, il refuse la politique algérienne de ce dernier et dirige le putsch d' Alger en avril 1961 puis fonde l' Organisation de l' Armée Secrète. Arrêté en 1962, il sera libéré en 1968 et publiera ses Mémoires en 1974. Médaille militaire, Grand Croix de la Légion d' Honneur, Croix de Guerre 1914-18, T.O.E. 1939-45, Croix de la Valeur Militaire.
Alexandre Issaïevitch Soljenitsyne 1918-2008 (Russie)
Prix Nobel de littérature (1970), l' auteur de l'Archipel du goulag et du Pavillon des cancéreux, fut condamné à huit ans de travaux forcés pour avoir critiqué Staline et déchu de la nationalité soviétique. Il avait été contraint à l' exil avant de pouvoir faire un retour triomphal en Russie en 1994, après la chute du mur de Berlin. Auteur d 'une oeuvre fondée sur l' expérience du totalitarisme, notamment d' une série d' ouvrages faisant le récit des horreurs des camps soviétiques et du goulag, l' écrivain russe a longtemps été considéré comme l' incarnation de la dissidence. Ayant une foi orthodoxe profonde, il était aussi un ardent défenseur de l' identité russe blanche tout en critiquant la décadence occidentale actuelle.
Le recto des cartes comporte également une brève biographie de ces personnages.
Le jeu des 5 cartes est au prix de 11 euros (Joindre un timbre de 75 cts pour l' envoi).
Nous rappelons que le CEPE détient encore quelques exemplaires des cartes 2006
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Le 29 décembre 2005,
J' ai la très grande tristesse de vous apprendre le décès du colonel CHATEAU-JOBERT, compagnon de la Liberation, la nuit dernière dans sa maison de retraite à Caumont l' Eventé. Je vous avais informé de ses récents problèmes de santé. Je vous informerai des date et lieu des obsèques.
Merci mon Colonel, nous Pieds Noirs, ne vous oublierons pas.
Jean-Pierre RONDEAU Président de ALLO (Anciens du Lycée Lamoricière d' Oran) Président de Dépatriés Vice-Président du GNPI (Groupement National Pour l' Indemnisation) Vice-président de l'Amicale des anciens du 9ème Régiment de Parachutistes
Bur.: 01 44 51 62 20 Fax: 01 42 66 31 32 jean-pierre.rondeau@wanadoo.fr
Tiré de l' excellent site: les amis de Raoul SALAN, que je remercie http://www.salan.asso.fr/
Pierre, Yvon, Alexandre, Jean Château-Jobert est né à Morlaix (« S' ils te mordent, mords-les! »), le 3 février 1912. Son père tué au front en 1915, pupille de la nation, il fait ses études à Morlaix, au collège Stanislas à Paris et au collège Saint Charles de Saint-Brieuc où deux pleurésies successives l' empêchent de préparer l' Ecole Navale. Après son service militaire qu' il effectue en 1934-35, il reste dans l' armée et suit, comme sous-lieutenant, les cours de l' Ecole d' Application de l' Artillerie à Fontainebleau. Affecté au 154ème régiment d' artillerie, il suit les cours de l' école d'observateurs en avion de Dinan. Blessé durant la campagne de France, il rejoint l' Angleterre et s' engage dans les Forces Françaises Libres, à Londres, le 1er juillet 1940, sous le nom de Conan. Lieutenant à la 13ème Demi-Brigade de Légion Etrangère (DBLE), il se bat en Erythrée, en Syrie et en Libye où il est blessé en février 1942. Le 7 novembre 1942, capitaine, il prend le commandement du 3ème Bataillon d' Infanterie de l' Air (SAS) qui devient, en juillet 1944, le 3ème Régiment de Chasseurs Parachutistes (RCP). Le 3ème RCP opère sur les arrières de l' ennemi, par petites unités, dans des régions non encore libérées du territoire métropolitain, du Poitou à la Bourgogne. Chef de bataillon en décembre 1944, il transmet le commandement du régiment au lieutenant-colonel de Bollardière.
Il crée, par la suite, le Centre Ecole de Parachutisme Militaire, basé à Lannion, puis à Pau-Idron. Adjoint du colonel de Bollardière, puis commandant de la Demi-Brigade Coloniale de Commandos Parachutistes SAS, il est engagé à la fin de 1947 et en 1948, au Cambodge, en Cochinchine et en Annam. Après un séjour à Vannes-Meucon où il commande en second la 1ère DBCCP auprès du colonel Gilles, il retourne en Indochine en 1950, comme lieutenant-colonel, à la tête de la 2ème DBCCP, pour se battre au Tonkin et en Cochinchine jusqu' en avril 1952.
Après un passage en métropole, il est affecté à l' état-major des Forces terrestres, maritimes et aériennes à Alger de 1953 à 1955, puis, en novembre 1955, au commandement du 2ème Régiment de Parachutistes Coloniaux (RPC), devenu peu après le 2ème RPIMa, à Constantine. Colonel, lors de l' affaire de Suez, le 5 novembre 1956, il est parachuté au sud de Port-Saïd à la tête d' une partie de son régiment renforcée de commandos du 11ème Choc et y atteint tous ses objectifs jusqu' à l' ordre du cessez-le-feu. En 1957, il commande à Bayonne la Brigade de Parachutistes Coloniaux où il succède au général Gracieux. Dans les semaines qui suivent le 13 mai 1958, il y est en liaison avec des délégués d' Alger, tel le commandant Vitasse. En 1959-60, il est auditeur à l' IHEDN et suit les cours du CHEM (Centre des Hautes Etudes Militaires). Affecté au Niger en février 1961, il se solidarise avec les officiers qui, le 22 avril 1961, autour du général Challe, ont saisi le commandement à Alger, ce qui lui vaut plusieurs mois d' arrêts de forteresse.
Le 13 janvier 1962, alors qu' il est affecté à l' état-major de l' amiral préfet maritime de Cherbourg, il rejoint clandestinement l' Algérie et se met aux ordres du général Salan, chef de l' OAS. En charge du Constantinois, il y retrouve le lieutenant Michel Alibert et y noue, en vue de leur ralliement, de nombreux contacts avec des officiers supérieurs et subalternes des régiments qui y sont stationnés, 13ème Dragons, 6ème Cuirassiers et 2ème REC (Le général Multrier, commandant de la zone Est Constantinois dira: « l' OAS progresse vite dans le Constantinois quand Château-Jobert en prend la tête »). Désapprouvant les « Accords Susini-Mostefaï », il quitte l' Algérie le 30 juin 1962 à bord d' un cargo qui le ramène en métropole. Clandestin, en France et en Espagne, il continue son combat; en 1965, il est condamné à mort par contumace. Il réapparaît à Morlaix le 3 novembre 1968, après la première amnistie de juin 1968. Il poursuit son action aux plans politique, social et spirituel en publiant plusieurs ouvrages d' analyse et de réflexion.
Le 16 mai 2001, le PC du 2ème Régiment Parachutiste d' Infanterie de Marine à l' île de la Réunion, héritier direct du 2ème RPC, est baptisé « PC Lieutenant-colonel Château-Jobert ».
Pierre Château-Jobert est commandeur de la Légion d' Honneur et Compagnon de la Libération. Il est titulaire de la croix de guerre 1939-45 avec 11 citations et de la croix du Distinguished Service Order (D.S.O.).
Il est l' auteur de plusieurs ouvrages: - Manifeste Politique et social, Editions du Fuseau (1964) - La confrontation Révolution-Contrerévolution, Diffusion de la Pensée Française (1975) - Feux et lumières sur ma trace - Faits de Guerre et de Paix, Presses de la Cité (1978) La voix du pays réel, Nouvelles Editions Latines (1981) - Doctrine d' action contrerévolutionnaire, Editions de Chiré (1986) - SCOR, SOS contre la révolution (1987)
Le 7 avril 1952, alors que Château-Jobert va quitter l' Indochine, à la fin de son deuxième séjour, le général Salan, commandant en chef des forces en Extrême-Orient préside la cérémonie d'adieux, ce qui le touche beaucoup. Dans les premiers jours de 1957, le colonel Château-Jobert, de retour en Algérie après l' affaire de Suez, vient se présenter au général Salan,
commandant supérieur interarmes. Il lui fait part de sa déception de ne pas avoir reçu l' ordre de pousser ses parachutistes, au-delà de Port-Saïd et de Port-Fouad, jusqu' au Caire et à Suez. A la fin de janvier 1962, à son arrivée à Alger, Pierre Château-Jobert est reçu par le général Salan qui lui confie le commandement de l' OAS du Constantinois qui manque chroniquement de cadres supérieurs. Cette nomination est officialisée par une note de service du général Salan diffusée largement en Algérie.
Mon Colonel,
Votre famille, vos anciens compagnons d' armes, vos camarades, vos amis, les parachutistes de tout grade d' hier et d' aujourd'hui sont réunis ici pour vous rendre un dernier hommage et un ultime adieu.
Tous sont venus pour témoigner la considération, l' estime et l' affection qu' ils portent au grand soldat, à la figure de légende, au chef prestigieux et hors du commun, à l' homme de caractère, d' action et de convictions que vous avez été et dont il convient de retracer l' exceptionnel destin.
"Deuxième classe" en 1936, colonel en 1956. Quel parcours prestigieux! Depuis 174 ans devise des étrangers volontaires au service de la France, "Honneur et fidélité" aura aussi été la vôtre.
Homme d' engagement, passant votre vie en première ligne, vous vous êtes battu en des temps difficiles sur plusieurs continents pour défendre la liberté et une certaine idée de la France. Vous avez affronté le nazisme, le communisme, l islam, mais aussi côtoyé l abandon et le doute.
Confronté à la faiblesse, au reniement et souvent à la lâcheté, vous avez cependant toujours refusé la compromission. Votre royaume intérieur était celui de la conscience qui vous a dicté des choix parfois difficiles. Vous les avez assumés et revendiqués. Votre vie s en est trouvée bouleversée; une vie troublée, complexe et mouvementée, mais avant tout une vie vouée au service de la Patrie. De toute la cohorte des parachutistes, vous êtes sans doute celui à qui Dieu a donné, le plus intensément, l' insécurité et l' inquiétude, la tourmente mais aussi la foi et la force que nous lui demandons et que lo n ne peut obtenir que de soi.
Refusant de confondre l honneur et les honneurs, servir et se servir, vous resterez un soldat atypique, un cas de figure. Sentinelle de votre propre vie, vous avez écrit: « J ai toujours pris les décisions néfastes pour ma carrière mais conformes à mon sens de l honneur ». Un choix qui faillit vous coûter la vie. Mais la grandeur de la vie n est-elle pas plus importante que la vie même?
Comme peu, vous êtes allé toujours jusqu au bout de vos idées, de vos engagements. Vous n' avez pas failli. Homme à vous donner ou vous refuser, vous ne vous êtes ni vendu, ni prêté. Doté de ce qui est devenu une denrée des plus rares: une conscience, vous avez souvent dit « non ». Supérieur aux circonstances, vous les avez transcendées. L Histoire a jailli sur vos pas avec une force étonnante.
Faut-il d' abord évoquer votre naissance le 3 février 1912 à Morlaix dans le Finistère, votre enfance en Bretagne et vos études secondaires sans problèmes à Paris.
Faut-il mentionner qu' au fil d une jeunesse harmonieuse, l exemple d un père tué au front en 1915 et l' éducation d une mère de caractère vous conduisent à préparer l Ecole Navale. Bien que votre santé vous oblige à renoncer à ce choix, votre vocation au métier des Armes trouve à s exprimer dans l Artillerie au sein de laquelle vous êtes blessé en juin 1940. Persuadé que perdre une bataille n est pas perdre la guerre, vous vous évadez de l hôpital pour rejoindre l' Angleterre et les Forces Françaises Libres.
Exilé d une nation en déshérence, vous allez alors choisir un nom de guerre afin de protéger des représailles allemandes votre famille restée en France. Vos camarades vous baptisent d autorité Conan, du nom du héros du roman éponyme de Roger Vercel, capitaine de Corps franc de la Grande Guerre, officier de troupe, voué à sa patrie et à la guerre. A la guerre sans phrase, brutale, efficace. Conan méprisant la compromission, Conan attaché à ses hommes et de surcroît Breton. On ne peut que saluer la sûreté de jugement de ces camarades.
Faut-il rappeler que vous rejoignez la Légion Etrangère en 1941- la fameuse 13eme DBLE - avec laquelle vous vous battez en Erythrée. Puis, comme artilleur en Syrie et en Libye, vous poursuivez le combat et êtes à nouveau blessé en février 1942.
Promu capitaine et fidèle à des principes qui n admettent ni routine ni facilité, vous vous portez volontaire pour les parachutistes. Breveté à Ringway, vous prenez le commandement du « 3rd French SAS » qui deviendra le 3ème RCP.
Faut-il encore se remémorer qu' en Août 1944, le 3rd SAS sème la confusion derrière les lignes allemandes. Embuscades, sabotages, coups de main, ces opérations contribuent largement au succès des armes alliées. Une citation à l ordre de l Armée récompense votre régiment. Commandant « à titre fictif », vous vous distinguez personnellement par un sens inné de la guérilla et un courage personnel peu commun. En effet, vous ramenez, sous le feu de l ennemi, un de vos officiers mortellement blessé. Le monument international des SAS, à Sennecey le Grand, commémore les sacrifices du « 3rd SAS » durant ces opérations.
Nommé enfin, définitivement, chef de bataillon, vous créez en 1945 le Centre Ecole de Parachutisme Militaire de Lannion, puis celui de Pau-Idron.
Faut-il souligner que l' année 1947 est l année où vous vous portez à nouveau volontaire; cette fois pour l Indochine. Vous y commandez la Demi Brigade Coloniale de Commandos Parachutistes SAS pour la conduire à la bataille en de multiples occasions, sur tout le territoire indochinois jusqu en juillet 1948.
En 1949, de retour dans cette Bretagne natale que vous adorez, vous êtes promu lieutenant-colonel et formez les jeunes paras de la 1ère DBCCP que vous commandez ensuite, de 1950 à 1952 à la tête des TAP du Sud Indochine. Ne supportant pas la routine, vous participez à toutes les opérations d un bout à l autre de l Indochine.
Faut-il dire aussi qu' homme de réflexion, vous commencez, à ces occasions, à vous interroger quant au but de guerre poursuivi, à la manière dont les opérations sont conduites et, constatant la pauvreté en matériel du Corps expéditionnaire et les nombreux accidents qui en résultent, quant à la volonté du gouvernement de gagner ce conflit.
Faut-il évoquer encore cette période où Chef de corps de la 1ère DBCCP, puis auditeur à l Institut des Hautes études d Administration Musulmane, en 1953, vous faites un temps d Etat-major à Alger, avant de rejoindre le 2ème RPC dont, vous prenez le commandement en novembre 1955 après avoir été nommé colonel.
Un an plus tard, le 5 novembre 1956, il y aura 50 ans cette année, vous sautez avec le 2eme RPC sur Port Saïd et y défaites l armée égyptienne par une manuvre toute d audace et de décision qui reste un modèle du genre. Quelle amertume alors que de voir, après l arrêt de l offensive franco-britannique, parader quelques jours plus tard ces mêmes officiers égyptiens dont vous aviez reçu la reddition tremblante. Le peu de vigueur morale de nos gouvernants de l' époque ne vous échappe pas.
Faut-il rappeler que de 1957 à 1959, vous commandez à Bayonne la Brigade de Parachutistes d' Outre-Mer. En 1960, auditeur à l' Institut des Hautes Etudes de la Défense Nationale et au Centre des Hautes Etudes Militaires -"l' école des maréchaux"-, vous êtes alors promis aux plus hauts échelons militaires.
Faut-il mentionner cette période douloureuse de votre vie où, fervent défenseur de l' Algérie française, et fidèle à vos convictions, vous désertez en janvier 1962 pour réapparaître au commandement de l' O.A.S. de l' Est algérien. Condamné à mort en 1965, vous passerez sept ans de clandestinité à l' étranger en y mettant au point le fruit de vos études personnelles.
Faut-il enfin dire que c' est là que germeront toutes les idées qui deviendront la trame des 5 ouvrages qui font référence sur votre vie, vos conceptions de l' action, de la contrerévolution et vos convictions profondes.
Faut-il évoquer tout cela?
Vous nous quittez aujourd' hui, Pierre Château Jobert.
Votre famille plongée dans le deuil vous pleure. Nous nous inclinons devant sa douleur. Cette douleur qui habite aujourd' hui tous ceux qui sont ici présents.
Maintenant vous commencez le dernier voyage et vous rejoignez tous vos frères d' armes, tous ceux qui vous ont précédé d' Angleterre, d' Ervthrée, de Libye, de Syrie, ceux de Bretagne, de Lannion, de Pau, ceux d' Indochine, d' Algérie, de Port Saïd, du Niger qui étaient avec vous, à vos côtés, devant vous, vos chefs, vos officiers, sous-officiers et parachutistes. Oui, ils sont tous là. Innombrables, en rangs serrés, ils vous entourent.
Autour de vous aussi, c' est nous vos amis, vos compagnons, les parachutistes d' aujourd'hui qui se serrent une dernière fois autour de vous. Nous sommes une foule faite de tous ceux présents ou absents, morts ou vivants qui vous ont accompagné à un moment ou à un autre de votre exceptionnel parcours. Cette cohorte sans fin de soldats illustres, prestigieux, obscurs, modestes, marche à vos côtés et vous accompagne.
Vous nous quittez Pierre Château Jobert mais votre destin exemplaire continuera d' éclairer longtemps encore la route des parachutistes d' aujourd'hui et de demain. Vous resterez pour tous ceux qui suivent un modèle emblématique, une figure de proue des parachutistes, une légende vivante.
Mon Colonel, après cette destinée de légende, Commandeur de la Légion d'honneur, Compagnon de la Libération, Onze fois cité, dont 10 palmes Deux fois blessé, Titulaire de la croix de guerre 39/45, de la croix des théâtres d' opérations extérieures, de la DSO, médaille de l' Aéronautique, médaille d' or de l' éducation physique et de nombreuses décorations étrangères,
Vous allez enfin trouver le repos et la paix.
Mais vous rentrez dans le Panthéon de la famille parachutiste qui vous salue avec déférence, considération et admiration.
Au nom de tous les parachutistes du monde entier qui vous ont connu, de tous ceux qui sont ici présents, de tous ceux qui vous ont aimé, apprécié, de tous ceux que vous avez commandé, je vous exprime, mon Colonel, toute notre immense reconnaissance pour les services éminents que vous avez rendus aux troupes aéroportées et à la Patrie. Nous nous inclinons devant votre dépouille.
Que Dieu vous garde dans le repos éternel, la paix de l' âme et la lumière. Que notre patron Saint-Michel vous accueille auprès de lui et vous réserve une place privilégiée au paradis des parachutistes.
Je compte du fond du cur sur notre Patrie pour vous rendre officiellement l infinie reconnaissance qu elle vous doit pour l ensemble des services que vous lui avez offerts et qui font partie intégrante de notre histoire de France.
Mon Colonel, la France, les parachutistes recueillis et en deuil, vous saluent solennellement une dernière fois. Ils ne vous oublieront jamais.
Tous, ici, le cur déchiré, nous vous disons ADIEU
----- Original Message ----- From: Europa Nacion Sent: Wednesday, February 11, 2009 9:18 AM Subject: ROBERT BRASILLACH
En plena guerra civil española visitó las ruinas del Alcazar de Toledo en 1936 y esto le llevó a escribir su precioso libro "LES CADETS DE L' ALCAZAR" (el cual tuvo un gran exito en Francia) que dio a conocer a millones de Franceses el porque de nuestra guerra y como un puñado de hombres, resistía y moría contra el bando rojo.
Al finalizar la II Guerra Mundial, Robert Brasillach, al igual que a Jose Antonio o a Codreanu, fue asesinado por los defensores de la llamada LIBERTAD. Así, un 6 de Febrero de 1945, fue fusilado en el fuerte militar de Montrouge por orden del general Charles de Gaulle.
Este fin de semana, 64 años después de su muerte, un puñado de Franceses convocados por L' uvre française y acompañados por el Cercle Franco-Hispanique se reunieron para honrar a su memoria en París. Y como no podía ser de otra manera, nuestro incansable Delegado de Exteriores, Alberto Torresano, acudió a dicha cita.
Le jeu des 6 cartes est au prix de 12 euros (Joindre un timbre de 75 cts pour l'envoi).
Nous rappelons que le CEPE détient encore quelques exemplaires des cartes 2005
----- Original Message ----- From: josé castano Sent: Tuesday, January 20, 2009 5:17 PM Subject: Notre mémoire
Notre mémoire
« Le jour où les « fells » entreront à Alger, j espère trouver trois compagnons pour garder les faces du Monument aux morts et tomber en tirant une dernière salve de PM » - R.D
C est quelques heures seulement après le génocide du 5 juillet 1962 qui, rappelons-le, fit plus de trois mille victimes parmi la population civile européenne, que de Gaulle prit sa décision de faire fusiller le lieutenant Roger DEGUELDRE qui, fidèle à son engagement « La mort plutôt que le déshonneur! », avait justifié son action dans l OAS par ces mots: « Mon serment, je l ai fait sur le cercueil du Colonel Jeanpierre. Plutôt mourir, Mon Colonel, que de laisser l Algérie aux mains du FLN, je vous le jure! »
Le lendemain, 6 juillet 1962, à l aube, au fort d Ivry, Degueldre se présenta devant le peloton d exécution en tenue de parachutiste, le drapeau tricolore sur la poitrine, drapeau auquel il avait tout sacrifié et qu il avait choisi comme linceul. Autour de son cou, il avait noué un foulard de la légion. Dans la poche intérieure de sa vareuse, il y avait la photo d un bébé, son fils qu il n avait jamais vu. Il avait conçu cet enfant dans la clandestinité. Le bébé était venu au monde alors que le père se trouvait dans sa cellule de condamné à mort.
« Dites que je suis mort pour la France! » s écria-t-il à l adresse de son défenseur. Puis il refusa qu on lui bande les yeux et, au poteau cria: « Messieurs, Vive la France! » avant d entonner la Marseillaise. Les soldats qui devaient l exécuter, émus par son courage, hésitèrent à tirer. La première salve le blessa seulement: Une seule balle l atteignit sur les douze qui furent tirées: au ventre dirent certains au bras affirmèrent d autres. Quoiqu il en soit, le fait certain c est que Degueldre ne fut pas atteint de manière décisive.
L adjudant chargé de donner le coup de grâce se précipita, l arme à la main, pour accomplir sa sinistre besogne et se rendit compte que le condamné était toujours en vie. Sa tâche ne consistait désormais plus à achever un quasi-mort censé avoir reçu douze bouts de métal mais bel et bien de tuer un vivant. Et ce sont là deux choses bien différentes... Il en eut si terriblement conscience que sa main pourtant préparée à cette macabre mission trembla et que le revolver se déchargea dans le vide.
Parmi l assistance, c était la stupéfaction. Cette situation eut pour effet d agacer le procureur qui, réveillé un peu tard, n avait pas eu le temps de prendre son petit déjeuner. Et son estomac gargouillait. Mécontent, il fit signe à l adjudant de se dépêcher. Pensant ce temps, Degueldre, à demi recroquevillé souffrait. Les coups de feu résonnaient encore à ses oreilles et il se demandait quand son calvaire prendrait fin.
L adjudant, toujours tremblant, pointa une nouvelle fois son arme sur la tête de l officier parachutiste, ferma les yeux et appuya sur la détente. Stupeur! Rien ne se produisit. L arme s était enrayée. Une rumeur monta de l assistance. Degueldre tourna la tête vers son exécuteur comme pour l interroger. Aucune haine dans son regard juste de l incompréhension.
Exaspéré par cette situation unique dans les annales de l exécution- le procureur ordonna qu une nouvelle arme soit amenée. Mais personne parmi les militaires présents n en possédait. Il fallait courir en chercher une Et pendant ce temps, Degueldre était toujours vivant... et il souffrait.
A partir de ce moment là, tous les juristes s accordent à dire que la sentence ayant été exécutée, puisque le condamné étant encore en vie, il fallait le détacher du poteau et lui donner les soins nécessaires. Autrement dit, on n avait pas le droit d achever le blessé. Mais les ordres étaient formels: il fallait que Degueldre soit tué! Il incarnait à lui seul, l OAS, cette puissance qui avait fait trembler les Etats Majors, le FLN et l Elysée Il fallait exorciser jusqu à son souvenir.
Et pendant qu on s affairait à se procurer une arme, celui qui, à cet instant, aurait pu changer le cours des événements ne réagit point. Pétrifié par la scène, glacé d effroi, le défenseur du condamné demeurait inerte. Pourtant, il lui appartenait de tenter quelque chose, de courir jusqu au supplicié, de le prendre dans ses bras et de le couvrir de son corps en invoquant la justice, en appelant à l amour, en exigeant au nom de toutes les traditions humaines et chrétiennes qu on fît grâce au condamné. Cela s était déjà produit dans l Histoire quand la corde du pendu avait cassé et que la grâce lui avait été accordée. Mais non, l avocat demeurait prostré, sans voix, mort alors que Degueldre, lui, était vivant et qu il le regardait.
Enfin on remit un pistolet à l adjudant qui, blanc comme un linge, écoeuré par cette boucherie mais servile au commandement de tuer, devait en finir puisque tels étaient les ordres et que le défenseur du condamné qui, seul avait qualité pour tenter quelque chose, se taisait.
Un nouveau coup de feu claqua. Stupeur! Celui-ci fut tiré, non pas au-dessus de l oreille comme l exige le règlement, mais dans l omoplate Une douleur atroce irradia le corps du supplicié. Il regarda vers le ciel et ouvrit grand ses yeux. Peut-être perçut-il à cet instant que son calvaire prenait fin. Il était tout illuminé des illusions radieuses de ceux qui vont mourir et il lui sembla entendre, là haut, les voix des martyrs du 5 juillet lui murmurer: « Roger Roger dès aujourd hui tu seras avec nous dans le Paradis ».
Puis une nouvelle détonation retentit et ce fut la fin.
C est ainsi qu après Claude PIEGTS et Albert DOVECAR, Sergent au 1er Régiment Etranger de Parachutistes, mourut, assassiné, le lieutenant Roger DEGUELDRE, également du 1er R.E.P, Chevalier de la Légion d honneur Et les salves du peloton couvrirent un instant les plaintes et les râles qui montaient d Oran, tandis que la France, en vacances, n entendit rien. Et nous nous devons de ne jamais oublier son ultime message adressé au petit peuple d Algérie: « Si je ne suis pas de leur race, ni né sur leur sol, je les ai beaucoup aimés et je les aime toujours! »
Huit mois plus tard, le 11 mars 1963, le Colonel Jean BASTIEN-THIRY, Polytechnicien, tombait à son tour à 35 ans, sous les salves du peloton.
Décidément, le crime était profondément enraciné!
José CASTANO
(e-mail: joseph.castano0508@orange.fr)
Ce tragique épisode de la guerre d Algérie est rapporté dans l ouvrage, « VERITE » - « La tragédie de l Algérie française » qu on peut se procurer chez l auteur: 13, avenue Saint Maurice 34250 PALAVAS LES FLOTS Prix : 15 euros, port inclus.
Roger Degueldre, ou Roger Hercule Gustave Degueldre, était un lieutenant du 1er régiment étranger de parachutistes, déserteur, et créateur des commandos Delta en 1961 de l' Organisation armée secrète (OAS). Il naît le 19 mai 1925 à Louvroil (Nord) à quelques kilomètres de la frontière belge..
Condamné à mort le 28 juin 1962 par la Cour de sûreté de l' État, Roger Degueldre est fusillé au fort d' Ivry (région parisienne), le 6 juillet 1962.
Né dans une famille ouvrière, d' un père cheminot et d' une mère au foyer, il fuit, avec sa famille, l' occupation allemande en 1940 pour se réfugier en zone libre dans le Sud de la France. En 1942, le jeune Roger Degueldre remonte dans le Nord de la France pour entrer clandestinement dans la zone occupée, et s engager dans le maquis, auprès des partisans communistes, dans les Francs-tireurs et partisans (FTP) aux côtés de Roger Pannequin, le « commandant Marc » sous l' occupation allemande. Selon certaines sources, il se serait au contraire engagé dans la Légion Wallonie, par admiration pour Léon Degrelle.
À la Libération, il s' engage dans la 10e Division d' infanterie motorisée qui participe à la réduction de la poche de Colmar en janvier 1945, puis à la Légion étrangère, sous l' identité de Roger « Legueldre » né le 18 septembre 1925 à Gruyères (Fribourg) Confédération Helvétique. Par décision ministérielle, il reprend son identité le 28 septembre 1955.
Il gagne ses galons de sous-officier en Indochine (au 1er régiment étranger de cavalerie) en étant décoré de la médaille militaire pour acte de courage (porte secours au capitaine de Blignières et au sous-lieutenant Boutot sous le feu de l' ennemi) pendant la guerre d' Indochine. Il est décoré de la croix de guerre des Théâtres d'opérations extérieures.
Après la chute de Ðiën Biên Phü, il est muté au 1er bataillon étranger parachutiste (ancêtre du 1er régiment étranger de parachutistes) et il participe au conflit algérien, où il est fait officier et est nommé chevalier de la Légion d' honneur.
Pendant la semaine des barricades à Alger (janvier 1960) il est présent avec son régiment, toujours fidèle au Gouvernement français. Engagé dans la défense de l' Algérie française, il est alors soupçonné d avoir participé au complot avorté de décembre 1960, contre le général de Gaulle peu après sa visite à Alger. Il est muté au 4e régiment étranger d' infanterie. Niant les faits, convaincu de la nécessité de la lutte armée, il passe alors dans la clandestinité le 11 décembre 1960.
En 1961, il est le créateur et responsable des commandos Delta de l' Organisation armée secrète (OAS). Le 15 mars 1962, à 10 h 45 un « commando Delta », pénètre au centre social de Château-Royal dans la commune d' El-Biar, près d' Alger. Dans la salle de réunion étaient rassemblés six dirigeants des centres sociaux qui furent alignés contre un mur de la cour et abattus à l' arme automatique.
Le 7 avril 1962, le lieutenant Roger Degueldre, chef des commandos Delta, est arrêté; il est ensuite traduit en justice, et condamné à mort. Il est fusillé le 6 juillet 1962 au Fort d' Ivry. Une balle seulement sur les onze du peloton d' exécution l' atteint. Le sous-officier chargé de lui donner le coup de grâce s' y reprendra à six fois avant que Degueldre ne meure.
Cité avec Croix de guerre des TOE, celle-ci porte 2 étoiles de bronze (régiment ou brigade), 2 étoiles d' argent (division), 2 étoiles de vermeil (corps d' armée) et 2 palmes (armée). En Algérie, il gagne la croix de la Valeur militaire. Sa condamnation le prive de ses prérogatives en matière de décorations; toutefois, il a été décoré de la médaille militaire et a été fait chevalier de la Légion d' honneur.
Requiem pour Delta
Tandis que les pieds-noirs fuient leur terre natale, que les harkis agonisent et que les métropolitains s' apprêtent, indifférents, à partir en vacances, un officier de l' armée française attend de passer devant ses juges. Depuis qu' il a pris les armes dans les maquis FTP à moins de vingt ans, l' odeur de la mort lui est familière. Mourir ne lui fait pas peur. Même si les balles sont françaises. Le lieutenant Roger Degueldre va entrer dans la légende.
Pendant un an, les commandos Delta de l' OAS ont fait trembler le pouvoir gaulliste. Attentats. Démonstrations de force. Ils n' ont reculé devant aucun moyen pour éviter le parjure et la honte de l' abandon. A leur tête, un homme aussi dur avec lui-même qu' implacable avec les autres: le lieutenant Roger Degueldre. Poursuivi par toutes les polices, il est finalement arrêté le 8 avril 1962. Le mois de juin arrive. La juridiction d' exception également. Le général Larminat, gaulliste historique, doit la présider. Le sort en décide autrement. Hospitalisé à la hâte, l' officier se retrouve dans une chambre voisine de celle du général Ginestet, grièvement blessé à Oran. Ce dernier lui décrit les horreurs de l' indépendance. Le général Larminat ne supporte pas le récit. Ancien de l' armée coloniale, il met fin à ses jours. A un ami, il déclare « Je ne serai pas le Fouquier-Tinville de la Ve République. Je me tuerai ce soir. » Qu' importe! Il est remplacé par le général Gardet. La justice expéditive ne va pas s'arrêter sur un cas de conscience.
Ses avocats posent la robe
La défense de Degueldre est assurée par Jean-Louis Tixier-Vignancour et sa consur, Denise Macaigne. Sachant que leur client est déjà condamné, ils demandent un renvoi en déposant une requête en suspicion légitime contre les membres de la cour militaire. Aucune autorité judiciaire ne la reçoit. Le procès doit aller vite. Deux raisons l'imposent. Comme la cour de justice juge sans voie de recours, elle est contraire au droit français. Elle peut donc être déclarée illégale à tout moment. Par ailleurs, au moment où s' ouvre le procès, l' Algérie française n' a plus que six jours à vivre. Il convient de la condamner définitivement en fusillant celui qui a été son défenseur le plus résolu.
Lorsque le procès s' ouvre, Tixier-Vignancour et Denise Macaigne se présentent en civil. Leur robe d' avocat est restée au vestiaire. Tixier s' en explique en rappelant la déclaration du bâtonnier Edmond Rousse en 1871: « Nous avons décidé d' être présents devant les tribunaux de la Commune, mais non pas en tant qu' avocats. Nous avons donc laissé à la porte, pour ne pas les avilir, les insignes de notre ordre. Un avocat général est en uniforme, les avocats sont sans robe, nous voici donc à égalité. »
En fait de procès, celui de Degueldre n' en est qu' une parodie. L' instruction a été inexistante. Il n' y a aucun témoin à décharge. Comprenant qu' il est déjà condamné à mort avant même d' être jugé, l' officier refuse de répondre à la moindre question. Il reste muet, assis les bras croisés, comme si ce procès n' était pas le sien. Tout va très vite. Les dépositions des témoins à charge durent treize minutes. Le réquisitoire du procureur, qui réclame la peine de mort, ne dépasse pas les quinze minutes. Seuls les avocats, parce qu' ils sont la défense et donc la vie, ne renoncent pas. Denise Macaigne souligne le passé exceptionnel de Degueldre. Tixier rappelle que le général Salan ayant été épargné, aucun de ses subordonnés ne peut être exécuté. Les membres de la Cour se retirent. Il leur faut moins de quarante minutes pour répondre aux 55 questions et rapporter l' arrêt de la condamnation à mort. Delta reste de marbre. Il décroche sa double rangée de décorations et les tend à sa femme. Dans la salle, une voix s' écrie: « Soyez courageux! » Le condamné à mort répond: « C' est pour ça que je suis là. »
Tout semble fini. Degueldre sait qu' il va bientôt retrouver Claude Piegts et Albert Dovecar dans le carré des suppliciés. Pourtant, Denise Macaigne accomplit l' ultime démarche de l' avocat du condamné à mort en présentant un recours en grâce au chef de l' État. Elle y va seule, De Gaulle refusant de recevoir Tixier. Le chef de l' État écoute l' avocate. Sans rien dire. Sans lui poser la moindre question. Tout est effectivement terminé.
Mort sans avoir vu son fils
Le 6 juillet, Jean-Louis Tixier-Vignancour et Denise Macaigne arrivent à Fresnes en même temps que l' avocat général Gerthoffer et l' aumônier de la prison. A 2 h 30, les deux avocats et le magistrat pénètrent dans la cellule du condamné à mort qui dort paisiblement. Ses yeux s' ouvrent dans la nuit. Sans prononcer le moindre mot, il revêt sa tenue léopard, avec l' insigne de parachutiste, la seule décoration qui lui reste, et se coiffe soigneusement de son béret vert du 1er régiment étranger de parachutistes. Avant de quitter sa cellule, il prononce, en guise d' adieu, ses dernières paroles: « Je suis fier de mourir pour tenir le serment qu' a fait tout officier ayant servi en Algérie. Dites aux Algériens que, si je ne suis pas de leur race, n' étant pas né sur leur sol, je les ai beaucoup aimés et je les aime toujours. » Se tournant vers le procureur Gerthoffer, il déclare: « Je ne vous garde pas rancune, mais je vous plains. »
Il est à peine quatre heures. Le fourgon qui emporte Delta, encadré de quinze motocyclistes, quitte la prison de Fresnes. Le cortège est fermé par huit véhicules de la préfecture de police et quinze autres de l' administration. Le convoi arrive au fort d' Ivry. Dix minutes plus tard, Delta est attaché au poteau. Il crie « Vive la France » et entonne La Marseillaise. La salve retentit. Delta s' effondre, sans cesser de serrer un petit drapeau tricolore. Dans la poche de sa vareuse, une photo montrant le visage d' un petit garçon répondant au nom de Philippe. Son fils qu' il n' a jamais vu.
A trois reprises, l' adjudant tente le coup de grâce
Un sous-officier s' approche. Il tire. C' est le coup de grâce. Le peloton s' en va. Tixier s' approche à son tour. Il s' aperçoit que Degueldre respire encore. L' adjudant revient. Pressant la gâchette, il donne un second coup de grâce. Degueldre respire toujours. Son regard est déformé par la souffrance. Sept minutes s' écoulent. Un médecin accourt enfin. L' adjudant revient à la charge. A trois reprises, il tente le coup de grâce. A chaque fois, les coups ratent. Il court chercher un second revolver. Onze minutes après la salve du peloton, le coup de grâce définitif est donné. Le soleil va bientôt se lever. La voix de Delta résonne toujours: « Je ne vous garde pas rancune, je vous plains. »
Épisode de l' exécution
Le lieutenant Roger Degueldre se présente devant son peloton d' exécution en tenue "cam", drapeau tricolore sur la poitrine. Autour du cou, un foulard de la Légion. Dans une poche, la photo d' un bébé, son fils qu' il n' a jamais vu. Il se tourne vers son avocat: "Dites que je suis mort pour la France...". Il refuse alors qu' on lui bande les yeux. Lié au poteau, il crie: "Messieurs, vive la France!" et entonne La Marseillaise. Émus par son courage, les soldats hésitent à tirer. La première salve ne fait que le blesser. Une seule balle sur les douze tirées l' atteint. Au ventre? au bras? les témoignages divergent.
L' adjudant chargé du coup de grâce se précipite, pour accomplir sa sinistre besogne, et constate que le condamné est toujours en vie. Sa tâche n' est plus d' achever un moribond, mais de tuer de sang-froid un vivant... ce n' est plus pareil. Sa main tremble et décharge l' arme à côté. Dans l' assistance c' est la stupéfaction. Le Procureur en est agacé. Mécontent, il fait signe à l' adjudant de se hâter. Degueldre, recroquevillé, souffre. L' adjudant, toujours tremblant, pointe une nouvelle fois son arme vers la tête de l' officier, ferme les yeux et appuie sur la détente. Rien! L' arme est enrayée! Une rumeur monte de l' assistance, Degueldre tourne son regard vers son exécuteur comme pour l' interroger. Aucune haine dans les yeux, juste de l' incompréhension.
Exaspéré par cette situation, unique dans les annales d' une exécution, le Procureur ordonne qu' une autre arme de poing soit apportée. Personne parmi les militaires présents n' en possède une.. Il faut courir en chercher une! Degueldre est toujours vivant, conscient. Tous les juristes s' accordent à dire que la sentence ayant été exécutée, quand le condamné est encore en vie, il faut le détacher et lui porter les soins nécessaires. Mais là, les ordres sont formels, il FAUT tuer Degueldre.
Pétrifié par la scène, glacé d' effroi, le défenseur du condamné demeure inerte. Il est pourtant le seul à pouvoir changer le cours des évènements. Degueldre le regarde... On remet enfin un pistolet à l' adjudant qui est pâle comme un linge, écuré par cette boucherie, mais servile aux injonctions. Un nouveau coup de feu claque, mais pas au-dessus de l' oreille comme le stipule le règlement, mais dans... l' omoplate! Sous l' effet de la douleur, le supplicié ouvre grand les yeux vers le ciel. Peut-être perçoit-il alors la fin de son calvaire. Une autre détonation, Roger Degueldre entre dans l' éternité...
----- Original Message ----- From: Alain ALGUDO To: Elie ABOUD Sent: Saturday, January 09, 2010 3:44 PM Subject: Degueldre
Honte à cette idéologie criminelle qui perdure à travers ceux qui se réfèrent encore à un parjure dégoulinant de sang Français!
Ayez le courage de lire ce document jusqu' au bout!
Comment ne voulez-vous pas que nous admirions ce monument de courage et de patriotisme!
Alain ALGUDO
Le jeu des 5 cartes est au prix de 10 euros (Joindre un timbre de 75 cts pour l'envoi).
Nous rappelons que le CEPE détient encore quelques exemplaires des cartes 2004
Chaque geste que vous ferez vers une Europe unifiée protègera un peu plus le trésor du monde. Taxez-moi de romantisme, qu' importe Pour moi, le trésor du monde, c' est une infante de Vélasquez, un opéra de Wagner ou une cathédrale gothique. C' est un calvaire breton ou une nécropole de Champagne. C' est le Romancero du Cid ou le visage hugolien de " l' enfant grec ". C' est un tombeau des Invalides ou le Grand Aigle de Schönbrunn, l' Alcazar de Tolède ou le colisée de Rome, la Tour de Londres ou celle de Galata, le sang de Budapest ou le quadrige orgueilleux de la Porte de Brandebourg devenue le poste frontière de l' Europe mutilée. Pour toutes ces pierres, pour tous ces aigles et pour toutes ces croix, pour la mémoire de l' héroïsme et du génie de nos pères, pour notre terre menacée d' esclavage et le souvenir d' un grand passé, la lutte ne sera jamais vaine.
Frêle Geneviève de Paris, patronne de l' Europe, seule contre les hordes mongoles, tu symbolises notre esprit de résistance. Et toi, vainqueur blond au visage de dieu, macédonien aux dix milles fidèles, Alexandre, toi qui conquis le monde oriental avec ta foi et ton épée, dressé contre le destin et le sens de l' Histoire, tu symboliseras peut-être un jour le triomphe de l' Europe impériale.
Jean-Nicolas Marcetteau de Brem
Nous n'avons pas à nous justifier devant votre juridiction d'avoir accompli l'un des devoirs les plus sacrés de l'homme, le devoir de défendre des populations victimes d'une politique barbare et insensée. Nous ne devons de comptes qu'à ces populations, nous ne devons de comptes qu'au peuple français et à nos enfants. En faveur de ces populations, nous avons exercé le droit qui est au cur de l'homme, le droit qui exprime sa volonté de vivre et de survivre, et qui est le droit de légitime défense.
Nous n'avons transgressé ni les lois morales ni les lois constitutionnelles en agissant contre un homme qui s'est placé lui-même hors de toutes les lois, hors des lois morales, hors des lois constitutionnelles, hors des lois humaines. C'est pourquoi, si vous vous conformez aux lois de la République, vous devez nous reconnaître innocents. Car avant de nous faire condamner, le pouvoir de fait devrait faire modifier par le Parlement l'un des points essentiels de la Constitution qui reconnaît à l'homme, en tant que droit fondamental et inaliénable, le droit de résistance à l'oppression.
Pour nous, nous avons agi contre Charles de Gaulle en tant qu'il est un citoyen justiciable comme les autres citoyens français des lois de la Nation, et en tant que ce citoyen est responsable d'innombrables morts et d'immenses souffrances, en tant que ce citoyen est responsable chaque jour de nouveaux meurtres et de nouvelles souffrances, et en tant que c'est notre droit, et que nous avons considéré que c'était notre devoir de défendre légitimement les victimes de ces meurtres et de ces souffrances.
Nous n'avons pas de sang sur les mains, mais nous sommes solidaires de ceux qui ont été amenés à verser le sang au cours d'une guerre civile qui a été imposée par les parjures et par la trahison du pouvoir de fait. Nous sommes solidaires du lieutenant Degueldre, qui a tenu son serment d'officier de se battre pour ne pas livrer l'Algérie au F.L.N., et qui est mort. Nous sommes solidaires des généraux de la prison de Tulle, de ceux que les circonstances ont conduit à verser le sang, comme de ceux que les circonstances ont conduit à ne pas verser le sang et que le pouvoir de fait a tenté récemment de séparer à la suite d'une manuvre de division conforme à la ligne de conduite de ce pouvoir, qui n'a fait que diviser et que détruire.
Nous sommes solidaires de tous ceux qui, dans les prisons, dans la clandestinité, à l'étranger ou en France, aux postes officiels ou dans les diverses couches de la population, constituent la résistance française à l'abandon et à la dictature. La Résistance nationale française est une, elle ne se laissera pas diviser, elle sera debout tant que durera la dictature et tant que durera l'abandon.
Un temps
Nous croyons avoir dit la vérité, après beaucoup d'autres hommes qui ont dit cette vérité avant nous en de nombreux discours et en d'innombrables écrits. Nous pensons que tôt ou tard cette vérité sera connue des Français et l'emportera sur l'imposture et sur les mensonges des hommes au pouvoir, sur les déclarations lénifiantes de beaucoup, et sur les silences complices de la radio d'État, de la télévision d'Etat et de certains organes de presse. Peut-être nos propos seront-ils déformés par la radio d'État, par la télévision d'État, et par ces organes de presse, comme ont été déformés ceux que nous avons tenus au moment de notre arrestation. On n'empêchera pas qu'ils reflètent l'expression de la vérité.
Malgré l'extraordinaire mauvaise foi des hommes au pouvoir, malgré leur extraordinaire cynisme, c'est une vérité qui a eu, qu'il y a en France et en Algérie des milliers de morts et de martyrs, qu'il y a des milliers de disparus et des centaines de milliers d'exilés, qu'il y a des camps de détention et de tortures, qu'il y a eu de nombreux viols et de nombreux massacres, qu'il y a des femmes françaises obligées de se prostituer dans les camps du F.L.N. C'est une vérité que le pouvoir de fait aurait pu épargner ou limiter toutes ces horreurs s'il l'avait voulu; mais c'est une vérité qu'il ne l'a pas voulu. C'est aussi une vérité que ce pouvoir fait le jeu du communisme en divisant le monde libre.
C'est une vérité que l'homme contre lequel nous avons agi est, à tous moments, passible de la Haute-Cour, et qu'il suffirait d'un minimum de clairvoyance et de courage de la part des parlementaires pour l'y traduire. Le dossier de ses forfaitures, de ses crimes et de ses trahisons existe, et des milliers d'hommes sont prêts à témoigner de la réalité de ces forfaitures, de ces crimes et de ces trahisons.
Nous avons exercé le droit de légitime défense contre un homme, au nom de ses victimes, au nom de nos concitoyens et au nom de nos enfants. Cet homme est ruisselant de sang français et il représente la honte actuelle de la France. Il n'est pas bon, il n'est pas moral, il n'est pas légal que cet homme reste longtemps à la tête de la France. La morale, le droit et la raison humaine s'unissent pour le condamner.
La vérité que nous avons dite, et que bien d'autres que nous ont dite avant nous, restera attachée au nom de cet homme, où qu'il aille et quoi qu'il fasse. Un jour cet homme rendra compte de ses crimes, devant Dieu, sinon devant les hommes.
La lumière s'éteint
LES TCHADORS DE L' HISTOIRE
OU
Au colonel JEAN BASTIEN THIRY et à ceux qui, comme lui, firent don de leur vie pour préserver l' honneur de la France en Algérie.
France, levez vous répondez! En Mars soixante-deux, rue d' lsly vos militaires Ont lâchement tiré dans le dos de milliers De Français qui marchaient leur drapeau déployé. Babel-oued encerclé, ils allaient solidaires De leurs frères assiégés. Vous avez commandé Les armes automatiques qui couchèrent sans vie Des citoyens de cur, des Français d' Algérie.
France, levez vous répondez! Le cinq Juillet d' après, vos gendarmes immobiles, Obéissant aux ordres, laissèrent assassiner, Enlever par les maures des centaines de civils. Avez vous oublié ces cris désespérés Des victimes innocentes, que vous avez livrées Sans défense aux tueurs? Oubliée cette ville d' Oran écartelée?
France, levez vous répondez! Vous avez ordonné à vos soldats vainqueurs De désarmer là-bas, deux cent mille des leurs: Ils étaient les Harkis, fidèles à en mourir. Ils furent torturés, égorgés et vidés De leur sang de Français, musulmans que l' hégire N' avait pas empêché de librement choisir Entre la barbarie, la justice et l' honneur.
France, levez vous répondez! Parlez nous de celui qui a su nous leurrer En proclamant française jusqu' à Tamanrasset La terre qui m' a vu naître, la terre de nos ancêtres. Ce général parjure dont la secrète idée, Dès qu' il fut appelé, était bien de nous vendre, Alors même qu' il disait savoir mieux nous comprendre. C' est avec l' ennemi qu' il s' est déshonoré.
France, levez vous répondez! Vous retenez toujours dans les archives closes De l' Algérie Française ce vent de Vérité Qui pourrait dévoiler des personnalités Plus sombres que leur ombre. Et vous osez farder De désinformation, d' oubli à tout prix, Le visage d' un peuple dont les enfants opposent Le sang trois fois versé pour la mère patrie Combien de trahisons, de manuvres dilatoires Ainsi mises au secret. Et cet acharnement A nous déshériter, en maquillant l' Histoire, Conduit à nous classer au registre ''Etranger'' Comme si l' Algérie et ses départements Ne furent jamais français. Pour votre délivrance Nos pères ont débarqué. Souviens toi la Provence!
France, levez vous avouez! Ce que fut l' Algérie: une terre prospère, Avant que des tueurs et un illuminé En fassent cette fille livrée à la débauche De gouvernants véreux: ceux qui lui arrachèrent Son cur et ses richesses. Qu' en pensez vous la Gauche, Vos porteurs de valises et la Droite étonnée? Les tchadors de l' Histoire vous rendent ils muets?
France, lève-toi pour panser Nos plaies encore ouvertes, qui sont aussi les tiennes. Trente ans après l' exode, l' étau s' est refermé Sur l' Algérie nouvelle, celle du F.L.N. Celle des désespérés enclins à regretter Combien tu avais fait progresser la justice Et la félicité. L' heure de vérité D' une cloche fêlée ne peut être complice.
Louis ALBERTELLI Juin 1995
EXTRAIT du SITE-INTERNET: HERODOTE.NET
11 mars 1963: Dernière exécution politique en France
A l' aube du 11 mars 1963, Jean Bastien-Thiry est passé par les armes au fort d' Ivry. Cette exécution politique est la dernière qu' ait connue la France à ce jour.
La victime est un polytechnicien de 35 ans originaire de Lunéville, marié et père de trois fillettes. Scientifique brillant et de stature internationale, il oeuvre à la Cité de l' Air, à Paris, avec le grade de lieutenant-colonel, quand sa conscience est bouleversée par le drame algérien.
Sentiment d' abandon
Le général Charles De Gaulle était revenu au pouvoir grâce au soulèvement de l' armée et des Français d' Algérie, le 13 mai 1958. Ces derniers craignaient à juste titre que le gouvernement de la IVe République ne négocie un retrait des trois départements algériens. Ils placèrent leurs espoirs dans le Général qui leur promit sans ambages de maintenir l' intégrité du territoire.
Mais une fois au pouvoir, Charles De Gaulle prit conscience de l' impossibilité de maintenir le statu quo en Algérie. Il se refusa d' autre part à octroyer aux musulmans d' Algérie tous les droits des citoyens français comme l' eussent souhaité l' ancien gouverneur Jacques Soustelle... ou des militaires comme Jean Bastien-Thiry. Restait l' alternative de l' indépendance. Il fallut près de quatre longues années pour que le président de la république pût convaincre ses partisans que l' indépendance de l' Algérie était inéluctable.
La déconfiture fut totale. Après la signature des accords d' Évian, les Pieds-noirs refluèrent en désordre vers la métropole et les vainqueurs du FLN assassinèrent dans des tortures affreuses plusieurs dizaines de milliers de harkis et autres musulmans francophiles, abandonnés par l' armée française et le gouvernement du général De Gaulle.
En métropole comme en Algérie, des extrémistes français reprirent à leur compte les méthodes du FLN algérien et multiplièrent les attentats aveugles contre les innocents sous l' emblème de l' OAS (Organisation de l' Armée Secrète).
Comme beaucoup de militaires de sa génération, Jean Bastien-Thiry ne comprit pas les revirements du général De Gaulle. Il les interpréta comme autant de trahisons à l' égard de la Nation, des Français d' Algérie et des musulmans fidèles à la France.
Refusant l' inéluctable, il se convainquit que le Général était un obstacle à la restauration de la grandeur de son pays. C' est ainsi que sous l' égide d' un mouvement clandestin, le Conseil National de la Résistance (CNR) de Georges Bidault, il organisa un attentat contre le cortège du Président.
L' attentat
Le 22 août 1962, le général De Gaulle, avec son épouse, se rend de l' Élysée à sa résidence de Colombey-les-deux-Églises. De l' Élysée même, un informateur jamais identifié prévient Bastien-Thiry du choix de l' itinéraire fixé au dernier moment par les services de sécurité parmi les trois possibles.
Au Petit-Clamart, dans la banlieue sud de Paris, la DS présidentielle est mitraillée par les six tireurs du commando de Bastien-Thiry. Les tireurs visent principalement les pneus afin d' arrêter la voiture. Mais les pneus résistent aux balles et le grand talent du chauffeur fait le reste.
L' un des tireurs, Georges Watin, dit «la boîteuse», lâche une rafale à la hauteur des têtes des passagers du véhicule. Les impacts de son fusil-mitrailleur - 8 au total - permettront au procureur général Gerthoffer de requérir pour tentative d' assassinat.
Buisines et Bougrenet de La Tocnaye, constatant que la DS poursuit sa route, tentent de la rejoindre en fourgon. Le fourgon heurte le pare-chocs de la DS. Bougrenet ouvre la portière latérale et tend d' une main le fusil-mitrailleur à l' extérieur. Incident de tir! La rafale ne part pas.
Les tireurs sont bientôt arrêtés. Jean Bastien-Thiry est arrêté à son retour d' une mission scientifique en Grande-Bretagne. Un tribunal d' exception, la Cour militaire de Justice, juge les prévenus.
Le procureur requiert la mort contre Bastien-Thiry, Bougrenet de La Tocnaye et Buisines. Prévost demande la parole et prie le jury de prendre la place de Buisines, affirmant sa responsabilité supérieure. Le tribunal militaire tient compte de cette précision en condamnant à la peine capitale Prévost au lieu de Buisines.
Prévost avait été en 1954 dans le dernier avion qui avait parachuté des soldats au-dessus de la cuvette de Dien Bien Phu. Prévost et les autres hommes de ce vol s' étaient portés volontaires pour rejoindre leurs camarades bien qu' ils fussent convaincus qu' ils ne sortiraient jamais vivants de cet enfer!
Le recours en cassation n' est pas permis aux condamnés. Leur vie repose entre les mains du chef de l' État. L' opinion publique est convaincue qu' il usera de son droit de grâce pour un attentat qui n' a pas entraîné mort d' homme. Le général De Gaulle grâcie effectivement les tireurs mais non leur chef. Jean Bastien-Thiry est fusillé huit jours à peine après le jugement.
Prévost poursuivra une vie d' errance à travers le monde, inguérissable de n' avoir pas accompagné son chef dans la mort. Watin mourra de maladie quelques années plus tard en Amérique latine. Bertin, le plus jeune, fera une très belle carrière dans la banque. Des trois tireurs hongrois, ne survit plus que Lajos Marton, qui fut en 1956 un jeune officier aux côtés de Pal Maleter, le chef de l' insurrection anti-communiste. Buisines a été renversé par un véhicule en plein Paris.
Charles De Gaulle exploita l' émotion causée par l' attentat du Petit-Clamart pour proposer l' élection du président de la république au suffrage universel, par l' ensemble du peuple français, et non plus par une assemblée de notables.
Le projet se heurta à une très forte opposition du Sénat et de la gauche qui craignaient la naissance d' un régime bonapartiste autoritaire. Il fut néanmoins approuvé par référendum le 28 octobre 1962 avec 62,25 % de Oui. -
Commentaires
Dans un éditorial alambiqué, le directeur du quotidien Le Monde, Hubert Beuve-Méry, lance une pique contre le général De Gaulle: «Le problème est moins aujourd' hui d' appliquer sans défaillance une justice à quelques égards toujours contestable que d' en finir avec des germes de guerre civile, séquelles d' une décolonisation trop coûteuse, parfois trop maladroite et trop hypocrite» (Le Monde, 6 mars 1963).
La plupart des journalistes, à gauche et bien sûr à droite, s' indignent sans détour de cette exécution d' un autre âge:
«En fait, l' inhumanité du Souverain finit par accabler jusqu' à ses partisans» (Jean Daniel, L' Express, 14 mars 1963). «On peut difficilement ne pas considérer l' exécution de Bastien-Thiry comme une action néfaste» (Philippe Tesson, Combat, 12 mars 1963.
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