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From:Cora COHEN de PAILLETTE de MONTPLAISIR
Sent: Tuesday, March 23, 2010 12:54 PM
Subject: LE PROJET EURABIA - nos dirigeants nous ont vendus à
l' islam, détail des accords et réunions-
Vous allez trouver en pièce jointe une partie des textes des accords signés par les Européens, le détail de toutes les réunions qui se sont tenues entre l' Europe et les pays musulmans avec le détail des accords.
C' est tellement ahurissant que ces accords aient été passés sans l' accord ou même l' information des populations!!!
Nous avions été prévenus de la parution de ce livre et Bat'yeor et du fait qu' elle faisait paraître tous les documents probants, mais les effets de la reddition de l' Europe aux pays musulmans n' étaient pas aussi apparents qu' ils le sont aujourd' hui et lors de cette parution, il nous avait semblé que ces conditions étaient pour le moins "farfelues".
Même si certains d' entre vous sont sceptiques, ce qui peut se comprendre au vu de cette reddition à un ennemi déclaré, il vous suffit de faire une pose, de vous retourner et de regarder ce qui se passe actuellement et ce qui s' est passé ces dernières années pour être convaincu de la réalité de ce projet: toutes les institutions, tous nos textes ont été modifiés pour tenir compte des conditions posées par les pays arabes!
Allons nous rester passifs et fatalistes??? inch'allah???
Moi, jamais!!!
Cora COHEN de PAILLETTE de MONTPLAISIR
----- Original Message -----
From: Charles DALGER
Sent: Tuesday, March 23, 2010 3:17 PM
Subject: LE PROJET EURABIA - nos dirigeants nous ont vendus a l'
islam, détail des accords et réunion-
Pour l' élimination physique des collabos, neutraliser définitivement, par tous les moyens possibles les meneurs européastes qui passeraient à notre portée est un devoir impérieux qui s' impose à chaque être humain voulant rester libre et digne.
Charles DALGER
Le titre est effrayant et pourtant il reflète la stricte réalité. Voyons le déroulement de la braderie des valeurs européennes dans un marché de dupes, inouï.
Le 16 et 17 Octobre 1973, dates de la conférence des représentants de l' OPEC (Arabie Saoudite, le Koweit, l' Iran, l' Irak, le Quatar, Abu Dhabi, le Bahrein, l' Algérie, la Libye etc....) à Koweit City.
Ils prirent les décisions suivantes sous forme de
diktat.
1) Quadrupler ipso facto le prix du pétrole de 2.46
dollars il passa à 9.60 dollars.
2) Réduction de l' extraction de 5 % mensuel.
3) Embargo contre les US. Danemark, Hollande.
4) Possibilité étendre à tous pays qui
rejetteraient leurs demandes.
Quelles sont ces demandes?
1) Le retrait d' Israël des territoires
occupés.
2) La reconnaissance des Palestiniens.
3) La présence de l' OLP à toutes les
tractations de paix.
4) L' application du principe inscrit dans la
résolution 242 de l' ONU (interdit d' acheter des territoires
par le biais de la guerre essentiellement dirigé contre
Israël).
19 jours plus tard, le 5 novembre à Bruxelles, les 9
pays de la CEE cédèrent au chantage c'
est-à-dire qu' ils proclamèrent
1) Qu' Israël devait abandonner les territoires
occupés
2) Que l' OLP et Arafat devaient participer aux tractations de
paix
3) Que la résolution 242 était sacrée.
Ces résolutions furent prises le 26 novembre 1973 entre Pompidou et Brandt annonçant qu' il fallait organiser des rencontres au sommet avec le monde arabe et informèrent leurs collègues. Après de multiples rencontres à Bonn, Paris, Damas, Rabat et enfin Strasbourg les accords furent signés ainsi que la création d' un Comité permanant de 360 fonctionnaires à Paris.
Puis rencontre, au Caire, Rome et apparition de la revue Eurabia, mot horrible entre tous.
La preuve par la revue de Monsieur Bitterlin de la vente de toutes nos valeurs à la ligue arabe est attestée. Les nouvelles règles sont les suivantes par: La résolution de Strasbourg en juin 1975
1) L' Europe est directement liée au
Moyen-Orient
2) Les accords économiques de la CEE doivent
dépendre des accords politiques.
3) Les accords politiques doivent refléter l'
identité parfaite de son point de vue avec celui du monde
arabe
Dans le 2eme numéro de la revue Eurabia, ordre d' annuler un certain pacte avec Israël. D' autre part, la Résolution de Strasbourg concernant essentiellement les futurs immigrés et leurs statuts qui devront obligatoirement leur être accordés.
1) Une politique à moyen terme doit être
définie passant par l' échange de technologie
européenne contre du pétrole brut et des
réserves de main-d' oeuvre arabe.
2) Echange portant à la conversion pétro-dollars qui
favorisera du côté européen et du
côté arabe une complète intégration
économique.
3) L' association parlementaire pour la coopération euro et
arabe demande des mesures spéciales pour assurer la
libre circulation des travailleurs arabes qui immigreront en
Europe.
4) Respect de leurs droits fondamentaux, ces droits devront
être équivalents à ceux des citoyens
nationaux (donc en vue le droit de vote des étrangers).
5) Egalité de traitement dans les domaines de l' emploi, du
logement, de l' assistance médicale, l' enseignement gratuit,
etc....
6) Exigence de permettre aux immigrés et à leurs
familles de pratiquer la vie religieuse et culturelle propres
aux arabes.
7) Nécessité et obligation de créer à
travers la presse un climat favorable aux immigrés et
à leurs familles.
8) Exalter par le biais de la presse et du monde
académique la contribution apportée par la
culture arabe au développement européen ".
9) Outre l' inaliénable droit de pratiquer leur religion et de
garder des liens étroits avec leurs pays d' origine, les
immigrés ont aussi le droit d' exporter en Europe leur
culture d' en faire la propagande et la diffusion.
10) La comité mixte d' expert précise que la
coopération européenne devrait s' étendre aux
domaines: bancaire, financier, scientifique, nucléaire,
industriel, commercial.
11) Acquisition en Europe par les pays arabes de " grandes
quantités d' armes "
Le document suivant qui contient 46 pages et les 56 réunions internationales jusqu' en 2003, détaille la mise en place d' une " nouvelle société " en Europe, celle de son alignement culturel et politique à la Ligue Arabe et sa soumission aux intérêts géo-politiques arabo-musulmans sous menace d' embargo pétrolier au détriment de ceux de l' Europe.
Il s' agit d' une reddition sans condition, anti-occidentale, anti-chrétienne, anti-américaine et bien sûr anti-israélienne, donc d' un recul pas à pas de sa civilisation judéo-chrétienne et de tout son héritage historique. Ceci comme si les Européens avaient été défaits par une armée ennemie, qui suivant les règles des vainqueurs font la loi sur le sol des vaincus.
Le fil conducteur se trouve dans l' importation en Europe du pétrole et gaz musulman et de l' exportation européenne de gros contrats d' armes et de biens de consommation.
Cela en échange du sabordage diligenté par les médias au service des intérêts industriels des entreprises mondialisées du CAC 40, qui sacrifie l' indépendance nationale et les valeurs occidentales au moyen de l' intrusion d' une massive islamisation générale.
La date de juin 1973 du diktat de la Ligue Arabe à l' Union Européenne n' est pas fortuite et ne doit rien au hasard.
Elle vient à la suite de la troisième, dernière et très humiliante défaite des pays arabes pour éradiquer Israël qui constitue un défi à l' islam et à son livre le coran qui stipule que tout territoire islamisé une fois ne redeviendra jamais libre.
La Palestine islamisée une fois par les invasions calamiteuses arabes et une deuxième fois par les Turcs ne devait jamais échapper à l' emprise du droit coranique. Il en valait de la crédibilité de l' islam et du prestige de son Prophète, Mahomet, chef de guerre auprès de la rue arabe.
Après s' être rendu compte que la destruction du Phare de l' Occidentalité était définitivement au-dessus des forces militaires des fils d' Allah, la Ligue Arabe se retourna vers l' Europe afin de la charger de cette besogne dont elle était parfaitement incapable vu le fossé abyssal des niveaux technologiques de ces deux sociétés totalement antagonistes.
Profitant de la situation, la Ligue Arabe s' ingénia par la même occasion de soumettre l' Europe par l' immigration massive de ses ressortissants.
Les Marocains, Tunisiens, Algériens etc.… devaient rester musulmans et soumis comme en Afrique du Nord à leurs chefs religieux à l' intérieur des mosquées imposées à l' Europe et à ses frais.
Elles se devaient de constituer de véritables usines d' endoctrinement des masses arabes pour éviter absolument toute assimilation à la société " impie ", à l' esprit occidental de démocratie, de laïcité et de liberté.
Pour imposer ces sinistres projets, il fallait l' accompagner d' anti-américanisme afin d' éloigner l'Amérique qu' on ne pouvait pas soumettre.
Ceci accompagné de l' indispensable judéophobie déguisée en anti-sionisme dans le but d' inspirer la haine de l' ennemi à abattre, afin d' étrangler progressivement Israël par des actions européennes au niveau de la propagande en utilisant la presse asservie.
Les articles des journaux propriété de magnats industriels et pétroliers, très intéressés aux contrats juteux avec le monde arabe tels que les Lagardère, Bouygues, Bolloré devaient flatter la " civilisation arabe " afin d' accéder aux courants d' affaires agités comme une carotte, à condition de jeter par-dessus bord toutes les valeurs judéo-chrétiennes millénaires.
Vous verrez dans les pages qui suivent de la première à la 55 ème réunion, l' obsessionnelle insistance de la Ligue Arabe et son harcèlement à l' Union Européenne aboutissant à la lente dégradation des valeurs européennes et la pénétration jour après jour, mois après mois du fascisme islamique à l' intérieur de toute l' Europe.

Extrait du livre " EURABIA " de Bat Ye' Or
Editions Jean-Cyrille Godefroy
1 - Novembre 1973, Rencontre Pompidou-Brandt
2 - Les 26-27 Novembre - 6ème sommet de la conférence arabe à Alger
Les chefs d' Etats arabes y répondirent par une déclaration adressée à la CEE, affirmant: (qu' ils avaient) enregistré avec attention et intérêt les premières manifestations d' une meilleure compréhension de la cause arabe par les Etats d' Europe occidentale. L' Europe est liée aux pays arabes, à travers la Méditerranée, par des affinités de civilisations et par des intérêts vitaux qui ne peuvent se développer que dans le cadre d' une coopération confiante et mutuellement bénéfique. En adoptant des positions claires et efficaces, notamment en s' engageant à œuvrer par tous les moyens en vue de l' évacuation par Israël de tous les territoires arabes occupés, en premier lieu Jérusalem, et du rétablissement du peuple palestinien dans ses droits nationaux, l' Europe renforcerait à la fois sa volonté d' indépendance et son rôle dans les affaires mondiales. 1
3 - Le 15 Décembre 1973, Sommet de la CEE à Copenhague
Le Président français a convoqué un sommet de la CEE, à Copenhague pour examiner la crise du Moyen-orient et jeter les bases d' une coopération entre les pays de la ligue arabe et ceux de la CEE. Quatre ministres arabes des Affaires étrangères, délégués par le sommet d' Alger, furent invités à suivre le projet, à suggérer diverses stratégies et à présenter les conditions des Etats arabes pour autoriser des accords avec la CEE.
4 - A Bruxelles, la CEE a adopté deux points
principaux:
1 - L' obligation pour Israël d' accepter comme
frontières les lignes d' armistice de
1949.
2 - Toute définition de la paix au Moyen-Orient devait inclure
" les droits légitimes des Palestiniens ".
La première proposition indiquait que la CE avait adopté l' interprétation falsificatrice franco-arabe de la résolution 242 de l' ONU. Or, sa version anglaise originale, qui seule faisait autorité, spécifiait qu' Israël devait se retirer " de " territoires et non " des " territoires comme l' exigeait la politique française. Ce retrait, en outre, était assorti de conditions: une paix définitive entre les belligérants, la reconnaissance de l' Etat d' Israël par ses voisins, une solution aux deux vagues -juive et arabe- de réfugiés.
Le second point introduisait une innovation dans le conflit du Moyen-orient. En effet, jusque-là, les populations arabes de Palestine se définissaient comme Arabes. Après la conquête arabo-islamique de la Terre sainte au VIIe siècle, les colons arabes qui exproprièrent les populations juives et chrétiennes indigènes appartenaient à la large migration partie d' Arabie qui colonisa tous les pays environnants. La notion d' un peuple " palestinien ", distinct et différent du reste de la nation du peuple arabo-islamique, était non seulement nouvelle, mais contraire à deux concepts historiques fondamentaux: celui de l' oumma, la communauté islamique, et celui d' une " nation arabe " indifférenciée. Cette idéologie politique datant des dernières années du XIXe siècle promouvait un nationalisme totalitaire panarabe qui se combinait avec le panislamisme et proclamait la supériorité de la " nation arabe ". Au cours de l' histoire les musulmans de Palestine, s' étant toujours considérés comme les gardiens de la Terre sainte contre leurs prédécesseurs juifs et chrétiens, les avaient humiliés et persécutés plus que dans toute autre colonie de l' empire arabe. Bien qu' au XIXe siècle l' anarchie et les abus aient diminué, la condition des Juifs et Chrétiens indigènes vivant sous la chari' a ne s' améliora pas jusqu' aux temps modernes.
Durant toute la période du mandat de l' Angleterre, et jusqu' au début des années 1970, les Arabes de Palestine ne se considéraient pas comme une entité séparée et différenciée des Arabes. Le terme palestinien s' appliquait alors aux Juifs. Avant 1967, quand l' Egypte occupait Gaza et que la Transjordanie gouvernait toute la rive ouest du Jourdain, aucun peuple palestinien n' y avait réclamé son indépendance. Même au début des années 1970, le concept d' un peuple palestinien distinct de la " nation arabe " n' était pas concevable. L' article premier de la Charte nationale palestinienne révisée en 1968 déclare: " la Palestine est la patrie du peuple arabe palestinien; c' est une partie intégrale de la nation arabe ". De même, la déclaration de la Conférence d' Alger en 1973 ainsi que les déclarations suivantes parlent de la nation arabe déterminée à récupérer ses territoires. Le territoire israélien était considéré comme appartenant non pas à une entité arabe palestinienne distincte, mais à une nation arabe globale, dont les membres soutenaient leurs frères en Palestine. Cette conception exprime la vision islamique du monde.
Il était par conséquent normal de se référer non pas à un peuple palestinien, comme le faisait la déclaration de Bruxelles pour la première fois, mais seulement aux Arabes de Palestine. Ceux-ci ne se différenciaient guère de leurs frères jordaniens qui vivaient sur 78 % du territoire palestinien, découpés par le colonisateur anglais en 1922 pour constituer, dans la Palestine même, l' Emirat hachémite de Transjordanie devenu royaume de Jordanie en 1949.
Ceci au détriment du Foyer National Juif promis par la SDN et la déclaration de Lord Balfour qui comprenait 115 000 km2 dont plus des ¾, 78 % soit 89 700 km2 allèrent aux arabes pour constituer la Transjordanie.
Il ne restait plus que 22 % du territoire promis pour les Juifs et le futur pays d' Israël qui durent se contenter de la portion congrue, soit 25 300 km2.
Non content de cette extorsion massive de son espace promis, les arabes avec l' aide des Occidentaux exigèrent encore la moitié de ce qu' il restait en novembre 1947, 11 % du total soit 12 650 km2.
Mais il semble que cela était encore trop puisque les trois pays arabes voisins, Syrie, Jordanie, Egypte déclenchèrent leur première guerre d' extermination contre le pays d' Israël.
L' émergence d' un peuple palestinien ex nihilo, après l' embargo arabe sur le pétrole en 1973, s' accompagna d' une politique européenne qui consolida la légitimité et la supériorité des droits des Palestiniens sur ceux des Israéliens. Cette politique européenne continuait la théologie chrétienne du remplacement qui justifiait par une propagande calomnieuse la destruction d' Israël.
5 - Le 9 Juin 1974 12ème session du Conseil National palestinien au Caire.2
6 - Le 24 février 1974, Seconde Conférence islamique, à Lahore.
Organisée par une structure nouvellement créé: l' organisation de la conférence islamique (OCI). Les points 2 et 4 de sa déclaration explicitent clairement la politique des Etats musulmans à l' égard d' Israël.
2 - Un soutien total et effectif devrait être fourni aux
pays arabes pour récupérer, par tous
les moyens possibles, tous leurs
territoires occupés…
4 - La restitution de tous les droits nationaux
des peuples (six) palestiniens dans leur patrie est la condition
essentielle et fondamentale pour la solution du problème du
Moyen-orient et l' établissement d' une paix durable sur la
base de la justice….
Les termes " territoires occupés " désignent la portion de la Palestine définie par l' Angleterre après l' extraction de la Jordanie établie sur 78 % de la Palestine du Mandat. La formule " droits nationaux des Palestiniens dans leur patrie " se perd dans le flou et l' expression " paix durable sur la base de la justice " se fonde sur les principes du jihad, seuls critères d' une justice qui exclue toute souveraineté territoriale non islamique. Cette formule camoufle des principes islamiques qui opposent au concept de nation celui d' oumma, la communauté musulmane. Dans l' empire musulman, la population de la Terre sainte, composée de colons musulmans et d' indigènes dhimmis juifs et chrétiens, jouissait de droits différents déterminés par la religion. La chari' a, la loi musulmane traditionnelle, ne reconnaît que des droits religieux et non nationaux aux non musulmans, censés se soumettre dans leur pays à la souveraineté islamique.
Dans l' article 7, la Conférence islamique évoque l' opposition constante des Eglises à l' existence de l' Etat d' Israël et leur soutien international aux Palestiniens:
7 - Les efforts constructifs entrepris par les Eglises chrétiennes dans le monde entier et dans les pays arabes, notamment au Liban, en Egypte, en Jordanie et en Syrie, pour expliquer la question palestinienne à l' opinion publique internationale et aux conférences religieuses mondiales et pour solliciter leur appui pour la souveraineté arabe sur Jérusalem et d' autres Lieux saints en Palestine devraient être appréciés.3
Le combat des Eglises pour le retour de l' occupation musulmane à Jérusalem s' inscrit dans une politique chrétienne millénaire qui interdisait toute présence juive à Jérusalem, en alléguant la déchéance du peuple déicide.
L' alliance euro-arabe encouragea et légitima le terrorisme arabe palestinien contre Israël, facilitant la piraterie internationale aérienne, les prises d' otages et les massacres de civils dans une stratégie de jihad mondial. Au nom des droits légitimes des Palestiniens, de nouvelles démences s' abattraient sur l' Europe, Israël et le monde.
7 - Le 10 Juin 1974 à Bonn, Réunion des neufs Etats européens
pour discuter de la structure du Dialogue, suite à l' abolition de l' embargo le 2 avril 1974, par les Arabes.
Un texte fut adopté, qui précisait les domaines susceptibles d' une amélioration de leurs relations avec les pays arabes et les stratégies nécessaires. Les principaux domaines d' action incluaient l' agriculture, l' industrie, les sciences, la culture, l' éducation, la technologie, la coopération financière et l' infrastructure civile.
8 - Le 31 Juillet 1974, Première rencontre officielle au niveau ministériel à Paris
réunissait le ministre des Affaires étrangères du Koweït, le secrétaire de la Ligue arabe, le président en exercice de la Communauté européenne et le président de la Commission de Bruxelles, pour discuter des modalités du Dialogue. Au cours des réunions suivantes, les ministres des Affaires étrangères des Neuf jetèrent les bases de cette coopération par la création d' une structure institutionnalisée, reliée aux plus hautes autorités de chaque pays membres de la CEE et à ses organes à Bruxelles.
Les Neufs fondèrent l' Association parlementaire européenne pour la coopération euro-arabe (APCEA) afin d' améliorer la coopération politique, culturelle et économique entre l' Europe et le monde arabe. Le comité exécutif se réunissait tous les six mois, ses membres représentaient tout l' éventail des partis politiques européens. Le rôle de l' association consistait à informer les parlementaires européens des développements dans le monde arabe, de coordonner les relations entre l' Europe et le Moyen-Orient, d' organiser des réunions régulières avec l' Union interparlementaire arabe (UIA), de visiter les pays arabes et de recevoir leurs délégations. L' association maintenait un contact régulier avec les gouvernements européens, la présidence du Conseil des ministres et la Commission européenne.
Les réunions bisannuelles de l' Association parlementaire euro-arabe se tenaient alternativement dans des villes européennes et arabes. Environ une centaine de membres arabes et européens y assistaient, avec des observateurs de la Commission, de la CEE, de la ligue arabe et d' autres organisations internationales.4
9 - Les 14 - 17 Septembre 1974, Conférence de Damas.
Organisée par l' APCEA, rassembla des membres
représentant tous les partis des Parlements de la CEE,
excepté le Danemark. Les Arabes posèrent leurs
conditions politiques aux accords de coopération
économique avec les pays de la CEE, conformément au
principe du troc, élément essentiel du Dialogue:
1 - Le recul inconditionnel d' Israël aux lignes d' armistice
de 1949
2 - La souveraineté arabe sur la vieille ville de
Jérusalem, dont ils s' étaient emparés par la
force en 1948 et en avaient expulsé et
exproprié tous les Juifs
3 - La participation de l' OLP et de son chef Yasser
Arafat à toutes les négociations
4 - Des pressions de la CEE sur les Etats-Unis afin de les
détacher d' Israël et de rapprocher leur politique de
celle des Arabes.
10 - Octobre 1974 à Rabat, 7ème conférence de la Conférence arabe
Les chefs d' Etats arabes soulignèrent que le développement du DEA devait suivre les orientations indiquées dans la déclaration du 6ème sommet arabe d' Alger transmise à la CEE le 28 Novembre 1973, établissant les exigences politiques arabes concernant Israël. Aucune limite de temps n' était imposée au Dialogue: il se poursuivrait jusqu' à la réalisation de ses objectifs. Pour la partie arabe, l' interdépendance des aspects économiques et politique de la coopération euro-arabe représentait une clause non négociable.
Un secrétariat permanent de 350 membres chargé de la coopération euro-arabe fut créé, ayant son siège à Paris. Le DEA fut structuré en divers comités mandatés pour planifier les projets conjoints industriels, scientifiques, commerciaux, politiques, techniques, culturels et sociaux.
11 - Le 10 juin 1975, Rencontre au Caire d' une délégation de la CEE avec une délégation de vingt pays arabes et de l' OLP.
Le Comité général comptait des ambassadeurs de plus d' une trentaine de pays, de nombreux spécialistes et des représentants de la CEE et du secrétariat de la Ligue arabe. Le porte-parole jordanien de la délégation arabe, M. Dajani, insista sur l' aspect et les implications politiques du Dialogue euro-arabe. Le marché entre les deux parties était clairement défini: accords économiques avec l' Europe en échange de l' alignement européen sur la politique arabe concernant Israël. Un mémorandum conjoint du Comité mixte d' experts donna une première formulation des principes généraux et des objectifs du Dialogue euro-arabe.
12 - Le 24 Juillet 1975 à Rome, Réunions tous les six mois
13 - Le 27 Novembre 1975 à Abu Dhabi
14 - Le 18 - 20 Mai 1976 au Luxembourg
15 - Le 18 - 20 Mai 1976 à Bruxelles
16 - Le 10 - 12 Février 1977 à Tunis
La réunion au Luxembourg fixa l' organisation et les
procédures du Dialogue euro-arabe, publiées dans l'
annexe 4 du communique final. Le dialogue se composait de trois
organes:
1 - la commission générale
2 - Les groupes de travail
3 - Le Comité de coordination
La Commission Générale réunissait les délégués des deux parties, comprenant des fonctionnaires ayant rang d' ambassadeur, des membres de la Ligue arabe et de la CEE, du secrétariat général de la Ligue arabe et de la Commission de Bruxelles, ainsi que des coprésidents et rapporteurs des groupes de travail. La présidence de la commission générale était assurée conjointement par les chefs des délégations arabe et européenne et prenait en charge la conduite générale du Dialogue et le suivi de ses développements dans les divers domaines. Elle était responsable de son instauration et de son orientation vers les objectifs politiques, culturels, sociaux, technologiques et économiques qui lui étaient assignés, ainsi que de l' approbation du programme du Dialogue et de ses travaux. Les divers mandats de la commission étaient précisés. Les réunions se tenaient à huis clos et sans procès-verbal. A l' issue de chaque réunion, la commission générale pouvait publier un résumé des décisions prises et un communiqué commun.
La composition de groupes de travail obéissait au même principe, chaque groupe comprenait des experts et des spécialistes européens et arabes - industriels, économistes, techniciens du pétrole-, ainsi que des représentants du secrétariat général de la Ligue arabe et de la Commission de Bruxelles. Chacune des deux parties arabe et européenne nommait un président pour chaque groupe de travail. Ces groupes procédaient selon les mandats que leur communiquait la commission générale et pouvaient créer des sous-groupes spécialisés, avec des experts choisis et agréés par le secrétariat général de la Ligue arabe et la Commission de Bruxelles.
Le comité de coordination était composé de représentants du secrétariat général de la Ligue arabe et de la Présidence européenne, les deux parties présidant conjointement. Le comité assumait la coordination des travaux des divers groupes de travail sous la direction de la commission générale. Toute information et documentation était transmise par le secrétariat général de la Ligue arabe et de la Commission de Bruxelles.
Les conditions pour forger une véritable symbiose euro-arabe par une interpénétration des politiques arabe et européenne furent établies par le DEA, engageant la responsabilité de la présidence de la CEE et des Etats européens au plus haut niveau. Outre la promotion par l' Europe d' un Etat palestinien et de son chef Yasser Arafat, les Etats arabes formulaient d' autres demandes: une stratégie de pressions politiques et économiques mondiales pour enfermer l' Etat hébreu dans les lignes de 1949, un boycott international d' Israël et le refus de toute paix séparée.
Pour satisfaire ces demandes, des groupes de travail étudièrent les méthodes propres à conditionner l' opinion publique européenne et internationale pour l' amener à soutenir à l' OLP malgré sa Charte révisée en 1968, qui stipulait la destruction de l' Etat hébreu. Les membres du Secrétariat permanent pour la coopération euro-arabe entreprirent de fréquents voyages aux Etats-Unis afin d' orienter leur politique conformément aux thèses de l' OLP. Dès lors, les réseaux du DEA, sous l' égide des chefs d' Etats de la CEE, se chargèrent de l' organisation de la campagne médiatique internationale contre Israël, formulée dans la déclaration 1 de la Conférence du Caire en janvier 1969.
La coopération euro-arabe cependant n' allait pas sans accrocs. La Hollande, réticente à la promotion d' une organisation terroriste, avait déjà été punie en mars 1971 par l' explosion à Rotterdam et dans d'autres villes de réservoirs de pétrole et, en 1973, par le boycott du pétrole. L' Allemagne, de son côté, recherchait la discrétion. Selon Saleh al-mani, la timidité de l' Europe, dans les années 1970, face à une reconnaissance officielle de l' OLP irritait les pays arabes. Mais malgré cet échec, les avantages de la poursuite du Dialogue leur paraissaient importants:
En dépit de l' échec du DEA concernant la reconnaissance de l' OLP, ce dernier fut néanmoins l' un de ses soutiens les plus actifs. L' OLP aurait voulu utiliser le DEA comme canal pour diffuser ses demandes, et à cet égard cela aurait pu réussir.
Excepté l' absence d' une reconnaissance formelle de l' OLP, le DEA réussit à persuader les Européens du besoin d' établir " une patrie pour les Palestiniens " et " d' associer " l' OLP aux futures négociations sur le Moyen-orient. Le DEA a ainsi certainement servi certains objectifs arabes choisis.5
La déception d' Al-Mani indique la réticence du public européen et de la majorité des politiciens, dans les années 1970, à se ranger unilatéralement - du moins officiellement - du côté arabe. Les réunions du DEA se concluaient généralement par des déclarations conjointes euro-arabes reprenant les thèses arabes et énonçant les programmes d' actions. A la fin des années 1970, et énonçant les programmes d' actions.
17 / 18 - Le 29 Juin 1977 à Londres et le 26.28 octobre 1978 à Bruxelles: Réunion de la CEE
Les Européens reformulaient pratiquement toutes les exigences arabes: la paix liée au retrait d' Israël sur les lignes de 1949 et à sa reconnaissance des droits nationaux palestiniens: invalidation de toutes mesures et décisions prises par Israël dans les territoires extérieurs aux lignes de 1949, y compris à Jérusalem. Judée et Samarie sont désignées comme " territoires arabes occupés ".
Al-Mani mentionne les bénéfices lucratifs obtenus par les pays européens engagés dans le DEA: " Un cas exemplaire est celui de la Belgique, qui semble s' être assurée des contrats importants de construction en Arabie Saoudite et dans d' autres pays du Golfe, dus en grande partie à son accueil en 1976 de nombreuses délégations du DEA. 6
Les négociations de paix israélo-égyptiennes de Camp David (1977 - 1978), sous la houlette du président américain Jimmy Carter, jetèrent un froid sur le DEA. La Ligue arabe les proscrivit totalement et expulsa l' Egypte de ses rangs. Les pays arabes étaient furieux du succès de l' influence américaine dans la région, au détriment de la diplomatie européenne qu' ils contrôlaient par la coopération économique. La France adopta au début la position arabe et s' abstint de reconnaître les Accords de Paix, tandis que les autres pays de la CEE les acceptèrent mais, à l' instigation de la France, avec réticence.
19 - Le 9-11 Décembre 1978 à Damas, 4ème réunion de la commission générale
Le DEA reprit cependant ses activités, et la 4ème réunion de la commission générale réunie à Damas approuva la création d' un centre euro-arabe au Koweït, pour le transfert de technologies. Al-Mani résume l' esprit du DEA:
Un observateur impartial conclurait que le DEA reflétait les pré-occupations des Européens relatives à l' approvisionnement du pétrole, et celles des Arabes quant à la reconnaissance des Européens occidentaux de l' OLP. Ces deux impératifs expliquent la réactivation du DEA à l' automne, après un arrêt de presque deux ans. Les Européens craignaient une diminution de la production du pétrole en Iran et les Arabes s' inquiétaient du traité de paix séparée signé entre l' Egypte et Israël.7
Dès lors, pour l' Europe, le droit à l' existence d' Israël sera relié à son approvisionnement en pétrole. Dans la décennie suivante, les réalités économiques et les menaces du terrorisme jihadiste défavoriseront considérablement Israël. Mais dans les premières années du DEA et dans l' euphorie des milliards de pétrodollars, les participants européens au Dialogue ne pouvaient prévoir qu' un jour la guerre secrète de l' Europe contre Israël se retournerait contre elle et, comme un tsunami, menacerait sa propre sécurité, et même sa survie.
LA POLITIQUE ARABE EN EUROPE.
En Europe même, la stratégie arabe se développa principalement dans trois directions:
1 - Obtenir la parité économique et industrielle avec l' Occident par le transfert des technologies modernes, notamment nucléaire et militaire.
2 - Implanter sur le sol européen une large population musulmane jouissant de tous les droits politiques, culturels, sociaux et religieux des pays d' accueil.
3 - Imposer la marque politique, culturelle et religieuse de l' arabo-islamisme dans l' espace européen par une immigration qui demeurerait politiquement et culturellement attachée aux pays d' origine. Les pays arabes demandaient un transfert de technologie, la coopération dans le développement nucléaire et le développement industriel.
En 1974 s' était tenue à Lahore la 2ème Conférence islamique, qui avait rassemblé les rois, les présidents, les émirs et les princes des pays musulmans. Des décisions avaient été prises alors concernant une politique islamique au niveau international. Le secrétaire général de la Conférence islamique, Mohammed Hasan Mohammed al-Tohami, évoqua un Etat islamique qui s' efforcerait de propager l' islam dans les pays non musulmans. Dans son discours, il appela les experts musulmans à coordonner leurs efforts pour créer une renaissance intellectuelle qui réaliserait " les espoirs de la nation islamique dans la construction d' une base large et solide pour cette génération et les prochaines. " Selon ses termes cette base devrait être construite " par les croyants et les penseurs capables de conduire l' Etat islamique dans les domaine variés qui domineraient les pays non-musulmans et qui sauveraient les générations futures. "
La seconde position d' al-Tohami concernait l' implantation d' universités islamiques dans le monde entier. Leur curriculum serait basé sur l' islam et elles serviraient de centres de propagation de la foi. Deux universités avaient déjà été planifiées en Afrique occidentale et Centrale afin d' aider les musulmans à résister: " aux pensées et aux idéologies étrangères ". Tohami rappela aux délégués les décisions prises à la Conférence islamique des centres culturels (tenue à Londres en mai 1973). Les chefs musulmans avaient alors accepté de financer et de soutenir de tels centres, non seulement en Afrique mais aussi en Europe, car " un grand besoin se fait sentir de propager les principes de l' islam et d' aider les communautés musulmanes en Europe à jouer leur rôle efficacement et avec succès ". Se référant à la Conférence de Londres, il rappela qu' elle avait:
Décidé d' établir un Conseil islamique d' Europe pour servir comme organe de coordination entre toutes les institutions et les centres islamiques. Par ailleurs, il servira à propager le véritable enseignement de l' islam dans toute l' Europe. Sans aucun doute la convocation de telles conférences intensifierait les activités de la Da' awa islamique (prédication) et patronnerait le Centre Islamique Culturel.
Al-Tohami invita ensuite l' assemblée à envoyer des délégués à la réunion du mois suivant:
Nous espérons que les Ministres concernés par l' appel islamique (l' appel aux non musulmans pour les convertir) prendront part à cette Conférence et apporteront avec eux leurs programmes et leurs plans dans tous les secteurs - culturels, scientifiques, et pratiques - de façon qu' Allah puisse nous guider à accomplir cet objectif et à assumer notre devoir de façon bien réfléchie et concertée au niveau universel, afin d'implanter la Résolution de Benghazi (Conférence de Benghazi, Libye, mars 1973) concernant l' instauration du Fond pour le Jihad.
Après avoir examiné la pensée, la culture, l' économie, les finances, les investissements, les centres et les universités islamiques au niveau mondial, ainsi que le secteur de la prédication et l' agence d'information internationale islamique, al-Tohami résuma son rapport, dont nous citons les points suivants:
1 - L' instauration et la mise en fonction d' une agence d'
information islamique internationale.
5 - Convocation urgente de spécialistes pour la
propagation de l' islam au niveau mondial et l'
établissement d' un fond Jihad comme
étape préliminaire pour la définition des
tâches dévolues à ce fonds conformément
aux résolutions antérieures et leur application partout
où c' est possible. La souscription à ce fonds est
ouverte sans aucune restriction selon le
progrès du plan d' action dans tous les secteurs du Jihad,
comme mentionné auparavant à ce sujet.
7 - Entretenir les affaires des centres culturels et des
organisations en Europe, et l' établissement de deux centres
culturels sur le continent… Par ailleurs, les centres existants
devraient être entretenus et leurs activités culturelles
devraient commencer en Amérique et en Afrique.
Comme on le verra dans les prochains chapitres, le DEA se fit l' instrument décisif du succès de ce programme dans les décennies suivantes. Les programmes éducatifs et culturels des centres islamiques européens, introduits par le DEA dans les écoles européennes, reflètent les concepts des donateurs au fond jihad, mentionnés par al-Tohami. Ces programmes furent acceptés avec enthousiasme, appliqués et suivis par les dirigeants européens, les intellectuels et les activistes.
C' est au cours de ces années que des centres culturels islamiques se développent dans toute l' Europe, avec la bénédiction de ses gouvernements. Sous l' égide spirituelle des Frères musulmans, ces centres implantent des réseaux et des organisations qui préparent et éduquent des militants opposés à l' intégration des immigrants dans la société des infidèles et préparent l' avenir d' un islam européen radicalement hostile à la civilisation dans laquelle ils vivent. Le DEA permettra aux Frères musulmans, soutenus par des fonds considérables, de tisser leurs ramifications dans toute l' Europe occidentale. De Genève, Saïd Ramadan (1926 - 1995), gendre de Hassan al-Banna, fondateur des Frères musulmans, créa des centres islamiques en Suisse, en Angleterre, à Munich, en Grande-Bretagne, en Autriche. Les Frères fondèrent des banques islamiques au Luxembourg (1977), au Danemark (Copenhague), à Londres, aux Etats-Unis, pour couvrir les activités de la da' wa.
Au plan international, la diplomatie associative prônée par le DEA, engagea la CEE à défendre les causes musulmanes et particulièrement celle des Palestiniens en toute occasion. Les sommes considérables payées aux pays arabes, et particulièrement aux Palestiniens, garantissaient à la CEE la sécurité provisoire du dar al-sulb, terre de traité, aussi longtemps qu' aucun obstacle ne s' opposât à la da' wa. L' Europe écarta la menace du jihad dirigée contre le dar al-harb en optant pour une politique de conciliation et de collusion avec le terrorisme international, tout en blâmant Israël et l' Amérique pour les tensions jihadistes. Cette situation lui permit de conserver sa position de dar al-sulb, terre de collaboration soumise, sinon de reddition aux islamistes.
Dans son livre, la conquête de l' Occident, le projet secret des islamistes, Sylvain Besson publie un document découvert lors des fouilles de la villa de Youssef Nada, à Lugano, en novembre 2001. D' origine égyptienne, Nada était le directeur de la banque Al-Taqwa, liée aux Frères musulmans. Ce document, appelé " le projet ", décrit la stratégie internationale des FM pour établir la loi islamique sur le globe. Rédigé le 1er décembre 1982, il rassemble les objectifs stratégiques d' une politique islamique mondiale et indique les tactiques à suivre. On retrouve dans ce texte les directives politiques des résolutions des Sommets arabes et islamiques, comme le développement des réseaux des centres culturels islamiques en Occident ou la priorité du jihad contre Israël qui donne lieu à la directive suivante assignée aux responsables:
Adopter la cause palestinienne sur un plan islamique mondial, sur un plan politique, et par le biais du jihad, car il s' agit de la clé de voûte de la renaissance du monde arabe d' aujourd' hui. 8
On examinera au cours des pages suivantes la conformité dans ce domaine des politiques européennes et islamiste et comment, par le biais de l' antisémitisme, la CEE contribua à construire " la clé de voûte " qui menace aujourd' hui ses libertés. Analysant le Dialogue, John Waterbury observait:
Notons, enfin qu' en ce qui concerne le Dialogue Euro-Arabe, ce processus est d' autant plus nécessaire dans la mesure où les intérêts en jeu sont d' ordre très différent. Le marchandage éventuel se déroulera sans forme d' un troc: les revendications politiques arabes contre les objectifs économiques européens. Le dialogue peut justement servir à développer un système de valeurs acceptable pour toutes les parties. N' oublions pas que le premier pas dans cette direction fut pris en novembre-décembre 1973 quand les membres de l' OPAEP (OPEP) récompensèrent les Neuf pour leur déclaration du 6 novembre en augmentant leur production de pétrole. Reste à savoir si l' échange fut égal.
LA NOUVELLE ORIENTATION POLITIQUE ET CULTURELLE
Au cours des années 1970, le Dialogue euro-arabe imposa le règlement du conflit israélo-palestinien comme une nécessité absolue pour une réelle coopération euro-arabe et condamna Israël de façon répétée. Il prôna la création d' un mouvement d' opinion paneuropéen favorable aux Arabes. Il préconisa des conditions spéciales pour l' accueil des immigrés musulmans en Europe, souhaitant que les gouvernements européens facilitent la participation des travailleurs immigrants et de leur famille à la vie culturelle et religieuse arabe. Il insista sur la " coopération dans les domaines de la culture et de la civilisation ", encourageant notamment l' étude des langues arabe et européennes et la création d' institutions culturelles euro-arabes.
Eurabia est le titre d' une publication éditée par le Comité européen de coordination des associations d' amitié avec le monde arabe (Paris) et réalisée avec la collaboration du Middle East International, édité par Michael Adams (Londres), France-Pays Arabes, édité par Lucien Bitterlin (Paris)9 et le groupe d' Etudes sur le Moyen Orient, dirigé par Georges Vaucher (Genève)10. Ces publications diffusaient dans le public européen la propagande palestinienne conformément aux décisions prises à la Conférence du Caire en 1969. Soutenues par de puissants lobbies politiques, elles inaugurent la politique de rapprochement euro-arabe.
Dans son deuxième numéro de juillet 1975, Eurabia publiait les résolutions votées à l' unanimité les 7 et 8 juin 1975, à Strasbourg, par l' assemblée générale de l' Association parlementaire pour la coopération euro-arabe. Cette association regroupait plus de 200 membres de parlements des pays d' Europe occidentale, représentant tous les partis politiques des Parements nationaux locaux.11 . C' est dire que le consensus du programme d' entente euro-arabe traversait dans sa totalité l' échiquier politique européen.
La dimension politique préalable à tous les accords économiques avec les pays de la Ligue arabe exigeait la création en Europe "d' un mouvement d' opinion " favorable aux Arabes. Ce point avait été examiné par de nombreux experts de l' Association de solidarité franco-arabe et, à Strasbourg, par l' assemblée Générale de l' Association parlementaire pour la coopération euro-arabe:
S' ils veulent réellement coopérer avec le monde arabe, les gouvernements européens et les dirigeants politiques ont l' obligation de s' élever contre le dénigrement des Arabes dans leurs organes d' information. Ils doivent réaffirmer leur confiance en l' amitié euro-arabe et leur respect envers la contribution millénaire des Arabes à la civilisation universelle. Cette contribution et son application pratique seront l' un des thèmes de notre prochain numéro.
Declerq déclarait que la " coopération économique euro-arabe " doit résulter d' une volonté politique. Elle doit donc reconnaître les intérêts politiques de cette coopération ". Autrement dit les échanges économiques étaient subordonnés au soutien de la CEE à la guerre arabe contre Israël. S' agissant de l' Europe elle-même, le délégué belge préconisait une coopération économique par l' association des réserves de main-d' œuvre et de matières premières arabes, sans doute le pétrole, avec la technologie européenne:
Une politique à moyen et à long terme doit être élaborée dès maintenant afin de réaliser une coopération économique par la conjugaison des réserves de main d' œuvre et de matières premières arabes, de la technologie et du " management " européens.
La CEE devait forcer Israël à accepter les droits de la nation palestinienne et l' existence d' un Etat palestinien sur toute la rive ouest du Jourdain et à Gaza.
Au niveau de l' Europe, l' association réclamait une information favorable aux causes arabes et des conditions spéciales pour les immigrés:
L' Association réclame des gouvernements européens un aménagement des dispositions légales concernant la libre circulation et le respect des droits fondamentaux des travailleurs immigrés en Europe: ces droits doivent être équivalents à ceux des citoyens nationaux. L' Association considère le règlement politique du conflit israélo-arabe comme une nécessité absolue pour l' établissement d' une réelle coopération euro-arabe.
L' Association réclamait le développement de l' enseignement de la langue et de la culture arabes en Europe. Elle faisait appel à la presse, aux groupes d' amitié et au tourisme pour améliorer l' image de l' opinion publique concernant le monde arabe, elle:
Demande aux gouvernements des Neuf d' aborder le secteur
culturel du dialogue euro-arabe dans un esprit constructif et d'
accorder une plus grande priorité à la diffusion de la
culture arabe en Europe,
Demande aux gouvernements arabes de reconnaître les
conséquences politiques d' une coopération active avec
l' Europe dans le domaine culturel;
Invite les groupes nationaux de l' Association à intensifier
dans chaque pays de la CE l' effort nécessaire pour la
réalisation des buts proposés à Damas et
aujourd' hui à Strasbourg et leur demande de faire
connaître au secrétariat (de l' APCEA) les
résultats obtenus.
La résolution se terminait par une condamnation et une accusation d' Israël.
L' ENGRENAGE: LA COMMUNAUTE EUROPEENNE, INSTRUMENT DE LA POLITIQUE ARABE
Le dialogue euro-arabe amena la Communauté européenne à une reconnaissance diplomatique de l' OLP, dont la Charte de 1968 condamnait Israël à la destruction. La Ligue arabe et la CEE s' alignèrent sur une position commune qui affirmait le principe d' une paix globale, écartant tout pays signant une paix séparée avec Israël, et l' édification d' un Etat palestinien dont seul Arafat serait le représentant. Le DEA s' efforça de creuser un fossé entre l' Europe et les Etats-Unis.
LA POLITIQUE ARABE ANTI-ISRAELIENNE ET ANTIAMERICAINE
20 - En 1975 à Amsterdam, Réunion du DEA
sur la coopération euro-arabe, rassembla un nombre considérable d' ambassadeurs, de diplomates, d'universitaires et de personnalité des médias européens et arabes. Au cours des débats Ibrahim A. Obaid, directeur général du ministère des Ressources pétrolières et minérales d' Arabie Saoudite, exprima parfaitement l' esprit du Dialogue: " Ensemble et comme égaux, Européens et Arabes peuvent, par une stratégie d' interdépendance, planifier la suppression de l' épine dans leurs côtes - le problème israélien - et s' atteler à la tâche herculéenne qui s' ouvre devant eux ".
Dans sa déclaration: " Préconditions politiques pour la coopération avec l' Europe occidentale ", Obaid soulignait que dans l' intérêt de la paix, la Communauté européenne devrait arrêter toute aide militaire et économique à Israël et l' obliger à se retirer de tous les territoires " arabes " et particulièrement de Jérusalem. Il affirma qu' il était dans l' intérêt de l' Europe occidentale de s' efforcer de jouer un rôle plus actif au Moyen-Orient. La reconnaissance de l' OLP comme représentant officiel des Palestiniens par le CE, plaidait-il, faciliterait cette prépondérance européenne. " Le conflit israélo-arabe et le problème du pétrole ne sont pas seulement liés, mais inséparables. S' il n' y avait pas eu ce conflit, l' arme du pétrole n' aurait pas été déclenchée ", déclara-t-il. Puis il affirma que durant la guerre de 1973 contre Israël " nous devions agir pour défendre nos droits et regagner nos territoires occupés, mais simultanément nous nous efforcions de ne pas entraver les économies du monde libre ".
Au cours de cette réunion, tous les délégués arabes du DEA martelèrent les exigences politiques du Dialogue. Nijmeddin Dajani, ministre jordanien de l' Industrie et du Commerce, le mentionna clairement et se référa aux nombreuses déclarations de la partie arabe.
En conséquence, les efforts exercés par les pays européens dans le soutien aux droits arabes et dans l' instauration d' une paix juste au Moyen-Orient, sur la base des positions de ces pays comme affirmées dans la déclaration du 6 Novembre 1973, seront positivement accueillis par les Etats arabes et accroîtront considérablement les possibilités de la coopération désirée entre les deux groupes dans tous les domaines. 12
La légitimation de l' OLP par l' Europe revenait à approuver tacitement la Charte de l' OLP de 1968 qui s' inspirait de l' idéologie jihadiste et condamnait Israël à la destruction (art. 33). Le ralliement de la CE à l' OLP et à sa politique initia une guerre de délégitimation d' Israël. Cette entreprise construite par les organes du DEA se propagea aux niveaux nationaux et internationaux dans les pays de la Communauté Européenne, les syndicats, les médias, les universités et les Eglises qui à partir des années 1970 se consacrèrent à la cause palestinienne. La diffamation d' Israël constitua un aspect essentiel et inéluctable du DEA pour maintenir " un climat politique approprié " et assurer son succès, selon les propos de Dajani. Tendue vers ce but, l' Europe réadapta au goût palestinien sa théologie du remplacement où elle substituait les Arabes aux Juifs de Terre sainte, transférant aux premiers l' histoire et la religion d' Israël. Les conséquences théologiques de cette politique, qui revenait à islamiser le christianisme et à légitimer le jihad, seront examinées au chapitre 16.
La France, la Belgique, le Luxembourg et la Grande-Bretagne devinrent les agents les plus actifs du DEA. Le gouvernement français fut, comme on l' a vu, le premier à soutenir la participation des délégués de l' OLP à toutes les négociations concernant Israël et à réclamer une reconnaissance internationale pour une Etat palestinien. Au sein de la délégation arabe, les Palestiniens jouaient un rôle majeur. Le représentant de l' OLP, Ahmed Sedki al-Dajani, présida la délégation arabe dans les années 1970-1980.
21 - Du 18 au 20 mai 1976 au Luxembourg, Première session du Comité Général
fut présidée par l'ambassadeur du Luxembourg. Jean Wagner, président de la Coopération politique européenne et du Conseil des ministres de la CE, et Klaus Meyer, représentant la Commission européenne. La délégation arabe était présidée par l' ambassadeur du Bahreïn, Abd al-Aziz al-Shamlan, représentant le président du conseil politique de la Ligue arabe et par Ahmed Sedki al-Dajani, délégué de l' OLP, membre à part entière de la Ligue arabe.
Selon al-Mani: " la réunion du Luxembourg fut importante, car elle éleva le niveau des représentations et amena au premier plan les aspects politiques du DEA. " Il souligne que: " les Arabes réussirent à étendre la portée du DEA au niveau de l' Etat, en sus du niveau d' organisation régionale ". A cette époque, écrit-il:
Le DEA englobait la plupart des pays européens et arabes, outre les premiers promoteurs, la CE et la ligue des Etats arabes. L' inclusion de l' OLP et son acceptation européenne indiquaient à la partie arabe une reconnaissance indirecte de l' OLP par les Européens. Le rehaussement du DEA au niveau politique signifiait qu' il ne représentait pas seulement deux organisations respectives régionales, mais aussi des Etats membres individuels.
A cette réunion, l' ambassadeur Wagner déclara: " Les Neuf croient que le droit du peuple palestinien à la manifestation de son expression nationale doit être reconnu. " parlant au nom de la Commission européenne, Klaus Meyer appela à une action commune entre l' Europe et les Arabes pour accroître la solidarité dans tous les domaines d' intérêts mutuels pour notre économie commune future. Il est clair que la guerre arabe contre Israël, ralluma beaucoup d' enthousiasme chez nombre de dirigeants européens.
L' ouverture des bureaux de l'OLP dans certaines capitales européennes contenta les Arabes et les encouragea à demander un boycott européen sur les armes à destination d' Israël. Selon al-mani:
Al-Dajani, le représentant de l' OLP était satisfait du consensus du DEA dans plusieurs domaines, mais il critiqua l' adoption par les Européens " d' un certain style d' expression qui visait à obscurcir au maximum un fait clair et indéniable " et pour leurs hésitations dans leur traitement du peuple palestinien et dans la désignation des choses par leurs propres noms.
En outre la Ligue arabe utilisa le DEA pour exercer, par Européens interposés, des pressions sur l' Amérique. Conscients de leurs devoirs envers les Arabes, de nombreux diplomates européens s' efforcèrent d' influencer les Américains. Comme on l' a vu, la coopération et l' alliance euro-arabes furent dès les débuts dirigées aussi contre l' Amérique. Pour les Arabes, la coopération euro-arabe devint un instrument politique pour exacerber l' antiaméricanisme de l' Europe et séparer l' Europe de l' Amérique, affaiblissant les deux, tout en développant sur tout le territoire de la CE, avec l' approbation des gouvernements, les structures internationales de l' islamisme.
L' ALIGNEMENT POLITIQUE DE LA COMMUNAUTE EUROPEENNE
Grâce au Dialogue Euro-Arabe, à partir de 1974, l' OLP obtint un statut d' observateur dans diverses organisations internationales. En 1975, l' ONU assimila le sionisme à une forme de racisme et en 1979 Arafat fut invité officiellement à Paris. A cette époque, les comités politiques euro-arabes du DEA expérimentèrent contre Israël les thèmes jihadistes de justification du terrorisme, de déligitimation et de culpabilisation des victimes qui, à l' orée du XXIème siècle se retournent contre l' Europe et l' Occident.
22 - Le 10 Juin 1974 à Rouen, Réunion des ministres des Affaires étrangères des Neuf
La collaboration politique euro-arabe fut organisée à la réunion des ministres des Affaires étrangères des Neuf, suivie d' autres contacts au niveau ministériel trois semaines plus tard. A Bonn, les ministres réunis dans le cadre de la coopération politique de la Communauté approuvèrent un mémorandum prévoyant une action d' ensemble " dans toutes les phases du projet ". Les Neuf établirent la structure de la coordination européenne alors que se tenait la première Conférence interparlementaire euro-arabe à Damas le 14-17 septembre - deux mois avant la déclaration d' Arafat aux Nations unies. A partir de cette époque, l' OLP obtint un statut d' observateur dans les organisations internationales, y compris le GATT (Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce), l' Organisation mondiale de la santé, et la Commission des droits de l'homme à l' ONU. Le 10 novembre 1975, un an après le discours d'Arafat, l' Assemblée générale de l' ONU adopta la résolution 3 379, qui assimilait le sionisme à une forme de racisme. Quel fut le rôle de l'Europe dans la régénération d'un mouvement voué à l'extermination d' Israël, trente sept ans après la Nuit de cristal dans l'Allemagne nazie (1937)?
23 - Les 10-12 février 1977 à Tunis, Réunion du DEA
Habib el-Chatty, ministre des Affaires étrangères de Tunisie et président en exercice de la Ligue arabe, ouvrit cette seconde session de la commission générale du DEA. Le Premier ministre de Tunisie reçut les coprésidents des deux délégations accompagnés des représentants de la Ligue Arabe et de la Commission européenne ainsi que les délégués. Le texte officiel du communiqué final souligne que cette réunion a matérialisé la coopération politique euro-arabe concernant le Moyen-Orient et les Palestiniens, les deux parties:
7. Ont réaffirmé qu' une solution au problème de la Palestine, fondée sur la reconnaissance des droits légitimes du peuple palestinien, constitue un facteur essentiel pour la conclusion d' une paix juste et durable.
8. La partie européenne a réaffirmé son opinion selon laquelle une solution du conflit du Moyen-orient ne sera possible que si le droit légitime du peuple palestinien de donner une expression effective à son identité nationale, est traduit dans les faits.
L' article 9 souligne que la partie européenne considère que la 4ème Convention de Genève s' applique aux territoires administrés par Israël depuis 1967, une affirmation contredite par les faits, car ces territoires avaient été illégalement conquis par la Jordanie et l'Egypte qui en avaient expulsé tous les Juifs palestiniens. Le même article souligne l'opposition des Neuf à la politique israélienne dans les territoires et à Jérusalem : " la partie arabe a dit combien elle appréciait cette attitude ".
L'article 11 projette une planification politique euro-arabe commune:
La partie européenne a pris note de la proposition présentée par la partie arabe de créer une Commission pour la consultation politique entre les deux parties. La partie européenne s' est engagée à examiner cette proposition avec toute l' attention qui lui est due.
Dans la section financière les deux parties établirent la procédure pour financer les activités du DEA par la Ligue arabe et par la Commission européenne. Dans le domaine du transfert de technologie, le premier article indique:
La partie européenne a fait circuler un mémorandum précisant ses vues originelles au sujet du transfert de technologie, y compris les éléments jugés essentiels par la partie européenne pour la mise au point d' une stratégie dans ce domaine et la création d' un Centre euro-arabe pour le transfert de technologie, comme l' ont suggéré les deux parties.
La Commission générale a accepté, dans le principe, de créer un tel Centre.
A faciliter l' échange des manuels d' histoire dans les deux régions, en vue de favoriser une meilleure compréhension de la civilisation et de l' histoire des deux régions,
A établir un programme pour intensifier la coopération dans le domaine de l' information conformément au document de travail examiné à la réunion de Tunis (octobre 1976).
La commission générale du Dialogue édicta des recommandations très précises pour initier une campagne concertée à l' intention des pays amis et particulièrement l' Europe; elle décida d' établir un programme pour intensifier la coopération euro-arabe dans les médias et les domaines de l' information.
24 - Le 29 juin 1977 à Londres, déclaration des Neuf sur le Moyen-Orient
Cette déclaration modifiait les mots et l' interprétation de la résolution 242 de façon à la rendre acceptable aux Arabes qui l' avait refusée. Ainsi l' article 2 de la déclaration des Neuf spécifie: " la nécessité pour Israël de mettre fin à l' occupation territoriale qu' il maintient depuis le conflit de 1967 " alors que la résolution 242 mentionne le retrait " de territoires " lié aux négociations de paix. La déclaration de Londres inclut également l' obligation pour Israël de tenir compte des droits légitimes des Palestiniens dans l' établissement d' une paix juste et durable - une condition également inexistante de la résolution 242, puisque à cette époque les Palestiniens faisaient partie du peuple jordanien. Certains passages de cette déclaration répétaient mot pour mot des phrases de la seconde Conférence islamique de Lahore (1974).
L' article 3 de la déclaration de Londres reflète davantage la position arabe.
25 - Le 26 Septembre 1977 à New-York, Assemblée Générale de l' ONU
Henri Simonet, ministre belge des Affaires étrangères et président du Conseil de la CEE, déclara à l' Assemblée Générale de l' ONU à New-York que seules les résolutions 242 (1967) et 338 (1973) pourraient résoudre le conflit du Moyen-orient. Il se référait à leur interprétation française qui modifiait le sens de l' anglais originel. Simonet réaffirma la position de la CE: retrait d' Israël sur les lignes d' armistices de 1949 et reconnaissance " des droits légitimes des Palestiniens ". La phrase élaborée conjointement par les représentants de la Ligue arabe et de la Commission européenne, réunis à Tunis quelques mois auparavant à la session de la commission générale du DEA, était répétée dans l'article 51 du discours de Simonet:
Les Neuf continuent également à penser qu' une solution au conflit ne sera possible que si le droit légitime du peuple palestinien à donner une expression effective à son identité nationale se trouve traduit dans les faits. Ce qui tiendrait compte bien sûr de la nécessité d' une patrie pour le peuple palestinien….
Dans le paragraphe 52, le porte-parole de la Commission européenne énonçait un autre principe arabe: les Neuf étaient fermement convaincus que chaque élément du conflit constituait un tout indivisible. Autrement dit la CE avait adopté la position arabe: pas de paix séparée entre Israël et ses voisins, un principe refusé par Israël et l' Amérique.
26 - Les 26 - 28 octobre 1977 à Bruxelles, troisième session de la commission générale du DEA
Afin de souligner l' importance de cette rencontre euro-arabe, le couple royal belge reçut les délégations au palais d' Egmont. A cette réunion, la partie arabe exprima sa satisfaction pour la déclaration de Londres de juin 1977. Les débats furent ouverts par H. Simonet. Le communiqué de la déclaration de Bruxelles confirme l' alignement de la CE sur la position arabe et énonce la politique commune des Neuf déjà exposée. Les deux parties affirmaient que le conflit au Moyen-orient mettait en péril la paix et la sécurité de la région et menaçait la paix et la sécurité internationales. Elles soulignèrent leur conviction que la sécurité de l'Europe était liée à la sécurité de la région méditerranéenne et de la région arabe (alinéas 5 -6). La partie arabe déclara que le moment était venu pour les Neuf de reconnaître l' OLP comme représentant légitime du peuple palestinien. Sur le plan du financement des projets du DEA, des études faisabilités et autres activités, la partie arabe offrit 15 millions de dollars et les Européens 3,5 millions. Le transfert de technologie serait confié à un futur " centre " dont le caractère euro-arabe fut réaffirmé par la commission générale, sans qu'un accord formel fût jugé nécessaire. La partie arabe déclara que le centre devait être installé dans un pays arabe (alinéa D,3).
1 - La partie arabe réitère sa demande visant
à la conclusion avec les pays de la Communauté, d' un
accord global garantissant aux travailleurs arabes immigrés l'
amélioration de leurs conditions de travail et de vie, ainsi
que la sauvegarde de leurs droits;
2 - Elle exprime sa vive préoccupation devant les
récentes mesures prises et/ou envisagées à l'
égard des travailleurs étrangers et
demande leur abrogation.
3 - La partie arabe demande, en outre, avec
insistance que l' Europe des Neuf s' abstienne de toute
initiative de nature à porter préjudice aux droits
à la sécurité de l' emploi et à la
stabilité des travailleurs arabes résidant dans les
pays de la Communauté (…)
4 - Les deux parties poursuivront leurs échanges de vue dans
ces domaines en vue de trouver des solutions conformes à l'
esprit du mémorandum conjoint du Caire (juin 1975).
27 - Le 9 décembre 1978 à Damas, Réunion de la commission général du DEA
Dans une atmosphère assombrie par les négociations de paix de Camp David sous l' égide des Etats-Unis, entre l' Egypte et Israël. L' Allemagne fédérale et la Grande-Bretagne étaient enclines à reconnaître l' initiative de paix américaine, tandis que les autres membre de la CE s' y opposaient. Ces divisions internes et l' inflexible refus arabe de la paix contribuèrent à refroidir la réunion du DEA; Alors que les Palestiniens, soutenus par leurs alliés musulmans, dévastaient depuis trois ans le Liban, le DEA réaffirma la position commune euro-arabe concernant Israël et son soutien aux Palestiniens. Selon al-Mani, le ministre allemand des affaires Etrangères Hans-Dietrich Genscher, en septembre 1978, parlant à l' ONU, s' efforça de rassurer les Arabes quant à la détermination de la Commune européenne pour imposer une paix globale fondée sur la reconnaissance des droits palestiniens.
28 - Le 18 Juin 1979 à Paris, Confirmation de position antérieure par les ministres des Affaires Etrangères des Neuf.
Le 24 août 1979, Jacques Leprette, représentant permanent de la France au Conseil de sécurité de l' ONU, fit une allocution où il répéta la position de la France: solution globale de l' ensemble des problèmes, cantonnement d' Israël dans les lignes d' Armistice de 1949, Etat palestinien et retour des réfugiés arabes en Israël. Aucun de ces éléments ne pouvait être dissocié. Ce programme maintenait l' état de guerre, niait le droit d' Israël à l' existence et remplaçait Israël par la Palestine. En fait la France planifiait, avec ses alliés arabes, la disparition d' Israël. Un an plus tard, les Arabes confirmèrent en bloc leur refus de la résolution 242 et de Camp David à la Conférence islamique de Fez, en 1980.
29 - Le 30 septembre 1979 à Rimini (Italie) Convocation d' un symposium euro-arabe.
Le Centre international de recherche Pio Manzu pour les problèmes géopolitiques et de l' environnement, pourvu d' un statut consultatif à l' ONU, convoqua un symposium euro-arabe. Le Centre organisa cette rencontre avec les Nations unies, la CE, la Ligue arabe, l' OPEC et de nombreux ministres des Affaires étrangères, du Commerce et de l' Industrie. Le titre du symposium énonce clairement les buts: Europe Arab World. From clashing on petroleum to cooperating for a new economic order. Development-Interdependence-Cooperation, 5th International Study Days (Europe Monde arabe. Du conflit du pétrole à la coopération pour un nouvel ordre économique. Développement-Interdépendance-Coopération, 5 journées internationales d' études).
Au cours des discussions de ces journées, les délégués arabes rappelèrent que le dialogue avait commencé en 1973. Mana Ben Saeed al-Otaiba, président de l' OPEC et ministre des Ressources minérales des Emirats Arabes Unis, déclara que la réouverture actuelle du dialogue euro-arabe dégageait " un domaine bien plus large qui incluait les Etats arabes, ou plutôt tout le monde arabe et toute l' Europe ". Il souligna que l' importance du pétrole pour le monde arabe comme pour l' Europe formait la base de cette alliance. Le commerce, l' économie, le pétrole, l' industrie, le transfert de technologie, la culture et l' information constituaient les fondations du Dialogue. Mais il souhaita aussi la reprise des relations culturelles d' autrefois. Puis il releva le lien entre l' approvisionnement de pétrole et la politique de la CE envers Israël:
Peut-être qu' un autre aspect devrait être inclus dans ce dialogue -nos amis européens plus que probablement ne voudront pas le mentionner -c' est l' aspect politique des choses. S' il n' y a pas d' harmonie politique entre nous, comment pouvons-nous parler d' harmonie commerciale et économique? L' économie et la politique sont les deux aspects d' une même question.
Tout ce que nous demandons, c' est que l' Europe et les pays industrialisés reconnaissent la Palestine en tant que nation et l' Organisation de Libération de la Palestine (l' OLP) comme son seul représentant. Toutes les transactions et les discussions devraient être menées avec nos frères les Arabes palestiniennes qui peuvent défendre leur cause mieux que quiconque.
L' Europe et les autres pays consommateurs de pétrole veulent que nous leur garantissions le pétrole et ses produits. Vous savez tous que c' est un produit hautement volatile et inflammable et qu' il est localisé dans une région dominée par des désordres militaires et politiques.
Nous devons tous travailler ensemble pour calmer cette situation -cette combustion qui couve dans les champs pétroliers doit être amortie autrement, elle explosera en incendie et alors il n' y aura plus de pétrole pour approvisionner les pays industriels. Nous devons tous envisager cette réalité si nous voulons trouver une solution pacifique au problème palestinien et au problème du Moyen-Orient.
Je vous remercie de votre patience à m' écouter jusqu' à présent et pour avoir pris en considération plusieurs questions ensemble, certaines étant plutôt délicates pour quelques-uns parmi vous. Entre amis on doit être sincères, et cette sincérité est une preuve de notre ferme désir d' ouvrir un dialogue avec vous.
Notre coopération devrait être par conséquent basée sur des principes d' éducation morale de façon que l' Europe puisse jouer son rôle en mettant fin à l' injustice et en restaurant le peuple de Palestine dans ses droits. A moins qu' on adhère à ces buts, il sera difficile pour l' Europe d' avoir ses provisions de pétrole garanties. Avec le soutien d' une collaboration dans ces affaires, nous serons capables de placer la question de l' approvisionnement en pétrole à un niveau différent, sans considérer nos réserves comme un moyen de défendre nos doits et notre patrie. Une véritable coopération entre nous et les nations européennes doit commencer par une analyse de la question du Moyen-Orient et l' effort de mettre un terme à l' injustice pour restaurer le peuple de Palestine dans ses droits légitimes. Ces questions sont très importantes pour nous, bien qu' elles ne soient pas d' un grand intérêt pour l' opinion publique européenne, et nous pensons que cette affaire devrait être l' objet d' une préoccupation internationale de rendre justice.
30 - En novembre 1979 à Paris, Invitation d' Arafat par Giscard.
L' OLP continuait à mettre le Liban à feu et à sang, inaugurant la politique de la dévastation et du chaos, des prises d' otages, des voitures piégées et des massacres. Six mois plus tard, en juin 1980, la Communauté européenne publia la déclaration de Venise qui comporte de nombreux points communs avec la Conférence islamique de Fès (18-20 Septembre 1980) concernant Israël et Jérusalem.
La déclaration de Venise et la Conférence islamique de Fès
La révolution iranienne avait créé une seconde crise pétrolière pour l' économie mondiale, particulièrement en Europe occidentale. L' Iran et les pays de l' OPEC réduisirent leur production, provoquant une récession mondiale et 11,5 % d' inflation pour les pays de l' OCDE (organisation pour la coopération et le développement économique). Entre 1973 et 1980, le prix du pétrole brut avait été multiplié par dix.
Le traité de paix séparé entre l' Egypte et Israël, qui s' opposait aux positions conjointes de la CE et de la Ligue arabe, avait interrompu le Dialogue durant deux ans. Sous la pression américaine, la CE s' était résignée à reconnaître cette paix, mais pour se racheter elle promulgua la déclaration de Venise, qui entérinait les demandes politiques de la Ligue arabe. La CE confirmait les droits nationaux des Palestiniens, qui ne représentaient " pas un simple problème de réfugiés " (art. 6), et exigeait la participation de l' OLP dans toutes les négociations (art. 7), malgré la Charte palestinienne qui réclamait la destruction de l' Etat hébreu. Les Neuf soulignaient " qu' ils n' acceptent aucune initiative unilatérale qui ait pour but de changer le statut de Jérusalem " (art. 8) et demandaient à " Israël de mettre fin à l' occupation territoriale qu' il maintient depuis le conflit de 1967 ", ils jugeaient " que les colonies de peuplement israéliennes représentent un obstacle grave au processus de paix au Moyen-orient. Les Neuf considèrent que ces colonies de peuplement ainsi que les modifications démographiques et immobilières dans les territoires arabes occupés sont illégales au regard du droit international " (art. 9).
Les termes " territoires arabes " pour la Judée et la Samarie entérinaient la terminologie jihadiste arabe qui éliminait toute l' histoire précédant l' islamisation du pays et les droits de autochtones. En outre, la référence au droit international était erronée dans ce contexte car celui-ci concernait des pays aux frontières délimitées, ce qui n' était pas le cas des provinces de Judée et de Samarie dont les Juifs palestiniens avaient été chassés et leurs biens confisqués ou détruits par les armées jordaniennes et irakiennes. La résolution 242 mentionnait le retrait " de territoires " en échange de la paix, et non pas de territoires arabes. La CE par conséquent falsifiait ce texte.
31 - les 18-20 Septembre 1980 à Fès (Maroc) Conférence islamique des ministres des Affaires étrangères
Sur la question de Jérusalem se réunit en session extraordinaire. Tous les conférenciers proclamèrent leur solidarité avec le jihad de l'OLP contre Israël. Al Hajj Ahmed Sékou Touré, président du " Peuple Révolution de la République de Guinée ", déclara que la décision d' Israël d' annexer Jérusalem posait un défi à l' humanité entière. Le président Léopold Senghor du Sénégal -chrétien et très proche de la France - rappela que son pays, une ancienne colonie française, avait été le premier à reconnaître l' OLP comme le seul représentant des Palestiniens. Il souligna que deux milliards de musulmans et de chrétiens s' opposaient au droit d' Israël à Jérusalem. Agha Shahi, ministre des Affaires étrangères de la république islamique du Pakistan, rappela que le Comité Al Qods (Jérusalem) avait, lors de sa dernière réunion à Casablanca, approuvé un plan général qui devait être instauré par les pays islamiques aux niveaux national et international et aux Nations unies afin d' empêcher Israël d' annexer Al Qods (Jérusalem). Puis il indiqua un développement nouveau et encourageant: " le changement en faveur de la Palestine démontré par l' abstention du vote des nations européennes à la session spéciale de l' Assemblée générale des Nations unies sur la Palestine, ainsi que la résolution sur Al Qods soumise par les pays européens au Conseil de sécurité et la condamnation de la politique d' Israël par des organisations religieuses dominantes, telles que le Conseil mondial des Eglises (World Church Council). Cela indique - ajouta-t-il - une reconnaissance accrue de la position islamique sur la question palestinienne ".
Après avoir appelé à déclarer le jihad, la Conférence promulgua une résolution. L' article 2 affirme:
Que les Etats islamiques s'engagent à utiliser toutes leurs ressources, politiques, financières, pétrolières et militaires pour faire échec à la décision d' Israël d'annexer Jérusalem et confirment qu' ils boycotteront, politiquement et économiquement, les pays qui admettent la décision israélienne, en facilitent l' exécution ou établissent leur ambassade à Jérusalem.
L' article 3 réitérait la même menace contre tout pays qui traiterait avec les autorités israéliennes " sous quelque forme que ce soit " pouvant impliquer une reconnaissance des droits d' Israël. Dans l' article 5, la Conférence exprimait sa satisfaction du retrait des ambassades de Jérusalem:
Elle prend acte du fait qu' en répondant unanimement à l' appel des Etats islamiques touchant le transfert des ambassades établies à Jérusalem, la communauté internationale toute entière a rejeté la décision israélienne d' annexer Jérusalem et d' en faire la capitale de l' entité sioniste.
Dans les articles suivants, la Conférence confirme que les Etats islamiques utiliseront tous les moyens pour soutenir l' OLP et réduire à néant les accords de Camp David; elle condamne la politique américaine, qu' elle considère comme un défi au monde musulman (art. 11).
La Conférence recommande le lancement d' une action politique, à l' organisation des Nations Unies et auprès des grandes puissances, et notamment dans le groupe des pays européens, pour susciter un soutien plus actif en faveur de la cause palestinienne et accroître l' isolement d' Israël.
Les articles 18 et 19 recommandaient l' intensification des contacts avec le Vatican et les organisations chrétiennes, sommées de soutenir l' OLP et les " droits inaliénables du peuple palestinien ". L' article 20 appelle les Etats musulmans à cesser " leurs prêts et leurs contributions au Fonds monétaire international et à la Banque mondiale, aussi longtemps que ces organismes n' auront pas accordé à l' Organisation de libération de la Palestine le statut d' observateur ".
Les déclarations et les publications de l' époque indiquent que l' idéologie, la stratégie, la propagande et la phraséologie de l' OLP furent conçues, formulées et imposées à une opinion publique réticente par une puissante alliance euro-arabe politique et idéologique. La structure de cette collaboration apparaît d' ailleurs dans tous les rouages et les niveaux du DEA.
32 - Les 25 - 27 Novembre 1980, à Amman, en Jordanie, 11ème sommet arabe.
La conférence souligna le besoin de renforcer le rôle des Etats de l' Amérique latine et d' exploiter davantage les possibilités du DEA au bénéfice des objectifs arabes.
Le sommet réaffirme l' attachement des pays arabes à la poursuite du dialogue euro-arabe dans la mesure où celui-ci sert les intérêts communs et où il permet une plus grande compréhension par les Européens des justes revendications arabes, particulièrement en ce qui concerne la Palestine.
Le Sommet affirme la nécessité d' agir pour que se poursuivent l' appui et le soutien de la communauté des pays socialistes en faveur des droits arabes et pour que se consolide la coopération avec cette communauté. Cette action contribuera à développer les intérêts communs, l' appui de ces pays aux droits arabes et augmentera (sic) les capacités de résistance arabe…
Le Sommet réaffirme la nécessité de maintenir le dialogue avec le Pape et avec les institutions religieuses chrétiennes, pour obtenir leur soutien au retour de la souveraineté arabe complète sur Jérusalem.
La collusion euro-arabe apparaît surtout dans les textes arabes; dans le discours européen, elle se déguise sous forme d' humanitarisme et de victimologie palestinienne. Ce militantisme permit d' instaurer des réseaux euro-arabes en Occident, conjugué à une tolérance internationale du terrorisme et à la connivence de gouvernements européens. Sur ce terrain de propagande jihadiste, retravaillée pour le public européen par les comités du DEA sous les directives de la Commission européenne, s' implantèrent les premiers ferments de la dhimmitude nourris par la culture de l' obséquiosité, du négationnisme et de l' occultation du jihad dissimulé derrière l' inculpation d' Israël. Ce processus accéléra la désintégration des communautés chrétiennes dhimmies du Moyen-Orient, un développement qui passa largement inaperçu pour les gouvernements européens courtisant le monde arabe.
Ecrivant en 1982, John Laffin remarquait que la plus grande victoire de la propagande palestinienne consistait à faire croire que le problème palestinien représentait la menace majeure contre la paix au Moyen-Orient et que cette situation était étroitement liée au problème du pétrole.
33 - Le 11 avril 1983 à Hambourg, inauguration du Dialogue euro-arabe
Dans son discours d' ouverture, Hans-Dietrich Genscher, ministre des affaires étrangères de la RFA, s' étendit longuement sur la dette de l' Europe à la civilisation islamique et insista sur l' importance du Dialogue pour cimenter la solidarité euro-arabe. Se référant au début du Dialogue, en 1973, il déclara que ses aspects politiques ne devraient pas être ignorés. En termes clairs, il définissait la politique anti-israélienne de la CE au Moyen-Orient comme fondement de tout l' édifice de la coopération économique euro-arabe:
Le Dialogue Euro-Arabe serait, en vérité, incomplet si l' aspect politique devait être ignoré ou pris à la légère. Les deux parties du Dialogue, les deux partenaires, devraient toujours se rappeler le Mémorandum conjoint issu au Caire en 1975, la Charte du Dialogue. Le Mémorandum contient les citations suivantes: " le Dialogue euro-arabe est le fruit d' une volonté politique commune (qui s' est dégagée au niveau le plus élevé) et qui a pour objet l' établissement de relations spéciales entre les deux groupes ". Nous Européens nous nous sommes prononcés de façon claire et convaincue pour un rétablissement du Dialogue Euro-Arabe dans la Déclaration de Venise du 13 Juin 1980. Depuis, les divers groupes de travail intégrés au Dialogue sont devenus plus actifs et les perspectives pour l' avenir sont maintenant prometteuses.
Autrement dit, " la volonté politique commune " représente les mêmes objectifs anti-israéliens euro-arabes, comme le prouve la référence de Genscher à la déclaration de Venise, l' une des plus sévères contre Israël. Cinq ans plu tard, en 1988, le Parlement européen refusa d' entériner trois nouveaux protocoles économiques avec Israël. En 1990, la Commission européenne, poursuivant sa politique propalestinienne, stoppa partiellement la coopération scientifique avec Israël. Depuis les années 1980, la CE a maintenu une politique de discrimination et de diabolisation de l' Etat hébreu, concomitante avec l' aggravation du terrorisme islamique antioccidental. Cette collusion tacite et silencieuse avec les résolutions arabo-islamiques de 1980 vise à ériger un bloc euro-arabe contrôlant la politique mondiale, y compris celle de l' Amérique. La CE choisit délibérément de protéger son économie et son approvisionnement en pétrole en accusant Israël et l' Amérique de fomenter le terrorisme, plutôt que d' affronter l' émergence d' un jihad global mené précisément par ses alliées et protégés. Cette stratégie fut accompagnée et renforcée par une collusion culturelle parallèle examinée au chapitre suivant.
L' ALIGNEMENT CULTUREL: LES SEMINAIRES EURO-ARABES
Dès les années 1970, les politiques de l' immigration furent inféodées à l' objectif du Dialogue euro-arabe, imposé par les Etats arabes et leurs lobbies européens: fusionner les deux rives de la Méditerranée en une civilisation commune. C' est pourquoi le DEA planifia une implantation compacte et homogène de collectivités du Sud dans le tissu laïc européen. Cette immigration, qui en deux décennies se chiffra en millions, ne vint pas pour s' intégrer. Dans cet esprit, le DEA mit l' accent sur la diffusion la plus étendue possible en Europe de la langue et de la culture arabes, sous l' égide d' institution arabes et de Centres culturels euro-arabes, et sur l' enseignement de l' arabe aux enfants d' immigrés.
Contrairement à ce qu' on pourrait penser, la pénétration culturelle arabe et islamique en Europe n' est pas exclusivement liée à l' immigration de millions de musulmans d' Afrique, du Moyen-Orient et d' Asie, qui y importèrent leur culture sous la bannière du multiculturalisme. Elle exprime aussi une volonté délibérée de la CE. L' incitation à maintenir les traditions des migrants provenait de deux sources. La première représentait des intérêts des chefs politiques et religieux musulmans, anxieux de conserver le contrôle de leurs concitoyens comme instruments à la fois de pression politique et de propagation de la da' wa dans les pays d' accueil. Cette vision s' enracinait dans l' islam traditionnel. L' interpénétration sociale des musulmans et non musulmans, l' adoption par les premiers de lois et de mœurs étrangères, voire même proscrites par la chari' a, étaient rigoureusement interdites et avaient engendré une juridiction méticuleuse obligatoire sur tout le dar al-islam dès les débuts de la colonisation islamique. Comme il ressort des discussions du Sommet de Lahore et des nombreuses publications ultérieures consacrées à ce sujet, les chefs d' Etats musulmans et leurs sommités spirituelles envisageaient l' immigration comme une force islamique européenne qu' ils fortifieraient et encadreraient par les réseaux des centres culturels arabes afin d' empêcher leur dilution dans la société laxiste et dissolue des infidèles.
Ce furent précisément les accords du DEA, c' est-à-dire les compromis des gouvernements européens coordonnés par la Commission de la CE, qui constituèrent le second cadre d' une migration de masse recréant ses propres structures sociales et religieuses traditionnellement hostiles à son environnement. Cette politique fut entérinée à Damas le 11 septembre 1978, au cours de la réunion du DEA qui prenait acte et confirmait les résolutions du séminaire euro-arabe tenu à l' université de Venise les 28-30 mars 1977, sur " les moyens et les formes de la coopération pour la diffusion en Europe de la langue arabe et de sa civilisation littéraire ".
Organisé par l' Instituto per l' Oriente, de Rome, et par la faculté de langues étrangères, section de littérature arabe de l' université de Venise, le séminaire s' intégrait au Dialogue euro-arabe, c' est-à-dire qu' il portait l' imprimatur officiel du président de la CE et des ministres des Affaires étrangères de chaque pays de la C.E. Les participants arabes venaient de quatorze universités des pays arabes, ils représentaient l' Algérie, l' Arabie saoudite, l' Egypte, l'Irak, la Jordanie, le Qatar, le Soudan et la Tunisie. Les Européens comptaient dix-neuf arabisants des universités européennes, le représentant de l' Institut pontifical des études arabes à Rome, ainsi que de nombreuses autres personnalités liées au monde musulman. La session d' ouverture se déroula dans le grand amphithéâtre de l' université, à Cà Dolphin. Plusieurs personnalités prononcèrent des discours de bienvenue, y compris l' ambassadeur Cesare Regard, représentant italien du groupe européen de coordination du Dialogue euro-arabe.
Parmi les sujets abordés durant les quatre sessions de travail présidées conjointement par un président arabe et un autre européen, les rapporteurs européens présentèrent leur rapport sur la diffusion et la connaissance de l' arabe et de la civilisation des Arabes dans leur pays respectif. Les délégués arabes de leur côté exposèrent les méthodes d' enseignement facilité de l' arabe pour les non arabes qu' ils pratiquaient dans leur pays, et les recommandèrent pour l' Europe.
Les participants demandèrent la création de centres culturels euro-arabes jumelés dans les capitales européennes destinés à entreprendre la diffusion de la langue et de la culture arabes (recommandation 2). Ils demandèrent un soutien aux institutions européennes, de niveau universitaire ou autre, " concernés par l' enseignement de la langue arabe et la diffusion de la culture arabe et islamique ". Ils sollicitèrent l' aide des gouvernements pour " des projets culturels jumelés de coopération entre des institutions européennes et arabes dans la recherche linguistique et l' enseignement de la langue arabe aux Européens " (recommandation 4). La recommandation de nommer dans les institutions et les universités européennes des professeurs arabes pour enseigner aux Européens est répétée dans le même document et dans pratiquement tous les autres documents des années suivantes. Cette insistance mise à déférer aux Arabes cet enseignement, réitérée plusieurs fois, vise à maintenir la conception islamique de la civilisation arabe, pure de toute intrusion ou critique des kuffars, et à en préserver son efficacité pour la da' wa. Cette politique institue un contrôle musulman sur l' enseignement de l' histoire, mais aussi d' autres matières, et détermine l' orientation propalestinienne et antioccidentale des universités européennes par l' intrusion d' une perspective islamique dans la culture européenne. Il est étrange que des professeurs européens, dont la profession est précisément l' enseignement de la langue et de la civilisation islamiques, aient délibérément accepté leur propre incompétence dans leur domaine professionnel et se soient volontairement effacés pour céder leur place à des étrangers qui enseigneraient leur propre discipline dans les universités et instituts européens.
La 10° recommandation stipule que l' enseignement de l' arabe doit être lié à la culture arabo-islamique et aux préoccupations arabes actuelles. La 11e souligne, en termes prudents, " la nécessité de coopération entre les spécialistes européens et arabes afin de présenter objectivement, aux étudiants et au public éduqué européen, la civilisation arabo-islamique et les problèmes arabes contemporains qui pourraient éventuellement les attirer vers les études arabes ". Afin de créer une harmonie euro-arabe parfaite entre les universités arabes et européennes, les participants recommandent des stages dans les pays arabes pour des professeurs européens. Les résolutions suivantes définissaient les formes de coopération entre universités arabes et européennes, et leurs spécialistes respectifs, ainsi que l' organisation des fonds nécessaires à ce projet d' arabisation de l' enseignement dans la CE.
Le séminaire de Venise, non seulement ouvrit la voie à une immigration arabe et musulmane en Europe sur une large échelle, mais il planifia également la création d' une culture commune embrassant les deux rives de la Méditerranée. Dans son livre, le Totalitarisme Islamique, Alexandre Del Valle décrit les composantes des divers mouvements politiques qui alimentèrent le courant grossissant de l' islamophilie de l' intelligentzia européenne. L' espoir d' une rédemption par l' islam d' une Europe décadente, conjugué à certains courants judéophobes chrétiens, interprétait la future destruction d' Israël par l' islam comme une victoire chrétienne. Cette mouvance de milieux religieux, universitaires, intellectuels et des faiseurs d' opinion, accompagna, encadra et soutint les politiques d' immigration musulmane planifiées par les gouvernements de la CE et les activités du DEA.
Dès la première réunion du Caire, le 14 juin 1975, chaque session du DEA votait des résolutions de soutien à l' immigration arabe sur le plan culturel et professionnel en Europe. Ces mesures de politique intérieure européenne, corrélées à la politique commune euro-arabe concernant Israël et l' OLP, constituaient un ensemble conjoint qui fut entériné à la première session du comité général du Luxembourg (18-20 mai 1976) et réaffirmé à Tunis (février 1977), Bruxelles (octobre 1977), Damas (Décembre 1978) et à toutes les réunions suivantes. L' expansion des marchés européens dans les pays arabes fut synchronisée avec l' arrivée de la CEE de plusieurs millions d' immigrants musulmans dont les besoins religieux, culturels et sociaux avaient été garantis par les plus hautes autorités des pays européens d' accueil. En France, le Premier ministre Jacques Chirac, sous la présidence de Valéry Giscard d' Estaing, émit le décret du 23 avril 1976, permettant la réunion familiale des immigrants. Auparavant les immigrants entraient en France munis d' un permis de travail temporaire et devaient repartir à son échéance. Le décret du 23 avril instaura la permanence définitive de l' immigration.
Ayant encouragé cette rapide expansion musulmane, les gouvernements européens durent considérer les problèmes afférents du logement et de l' emploi comme l' explique al-Mani:
Faisant écho aux soucis des pays du Maghreb concernant les problèmes d' habitat et d' emploi de leurs citoyens travaillant en Europe, le DEA adopta le 11 décembre 1978 à sa réunion à Damas, une déclaration conjointe sur les principes relatifs aux conditions de vie et de travail des migrants dans les deux régions. La déclaration en 14 points souligne l' égalité économique des travailleurs migrants avec les citoyens des pays hôtes, la représentation légale de ces travailleurs, et l' éducation professionnelle pour ces travailleurs et leurs enfants.
Ainsi dès les années 1970, les politiques de l' immigration, corrélées aux buts politiques du DEA exigés par les Etats arabes et leurs lobbies européens, n' envisageaient pas une émigration d' individus clairsemés désireux de s' intégrer aux pays d' accueil. Cette émigration différait, par ses conditions politiques, économiques et culturelles, des demandes d' asile politique des individus fuyant, avant 1989, des pays communistes et des vagues successives de travailleurs italiens, espagnols et portugais venus de régions européennes économiquement peu développées. Aucun de ces flots migratoires ne se développa dans un cadre d' exigences idéologiques et politiques comparable à celui du DEA. L' ambition de souder les deux rives de la Méditerranée par une civilisation commune induisit la planification, dans le tissu social européen, d' une implantation compacte et homogène de collectivités du Sud qui, en deux décennies, représenteraient des millions d' individus venus non pour s' intégrer mais avec le droit d' imposer aux pays d' accueil leur propre civilisation. La politique du DEA s' accordait parfaitement à la stratégie exprimée au sommet islamique de Lahore et résumée dans le projet des Frères musulmans.
Le second groupe de travail se consacra aux " Conséquences de la migration des travailleurs et des intellectuels ". Les participants constatèrent que l' immigration arabe se transformant en résidence permanente, la déclaration de Damas (Décembre 1978) était désormais insuffisante pour la situation en 1983. Il fallait notamment compléter l' article stipulant les droits du migrant arabe et des membres de sa famille " à jouir de l' égalité de traitement en matière de logement, de travail, de salaires, de droits économiques, d' association, et de libertés publiques fondamentales " dont l' application, selon les participants, avait été insuffisante (art. 3). Les participants " recommandèrent la création d' une institution permanente pour assurer que la recherche et l' échange d' informations soit entreprise sur une base continue pour améliorer la connaissance des aspects variés de la migration entre les pays européens et arabes et pour formuler des politiques et des programmes pour gérer la migration dans le but d' assurer le maximum de prestations aux migrants et un maximum de bénéfices pour les pays d' origine et d' accueil, dans un esprit de franche coopération entre les pays engagés dans le Dialogue " (art. 4).
Ce groupe de travail proposa diverses mesures pour l' assimilation des travailleurs étrangers, mais aucune ne prévoyait leur adaptation aux pays d' accueil. Il recommanda que l' intégration sociale des travailleurs immigrés et des familles fut facilitée dans les pays d' accueil par l' octroi de droits égaux dans le logement, le travail, le système éducatif, la formation professionnelle et l' apprentissage. Le grand public devait être rendu plus conscient du milieu culturel des immigrés par la promotion, par exemple, des activités culturelles des communautés immigrées en " fournissant des informations adéquates sur la culture des communautés immigrées dans les programmes scolaires ". Des cours spéciaux d' enseignement et de formation étaient requis pour les fonctionnaires, équipes médicales, policiers, enseignants, travailleurs sociaux et autres personnes en relation avec les immigrés.
Les immigrants arabes devaient également pouvoir accéder facilement aux mass media afin qu' ils puissent obtenir des informations régulières dans leur propre langue, sur leur culture et sur les conditions de vie des pays d' accueil. Il fut également recommandé d' élargir la coopération entre les groupes d' immigrés et la population nationale et d' encourager par des mesures appropriées la participation des immigrants dans les activités syndicales et la vie politique.
Le sixième point recommandait aux pays arabes d' origine de renforcer leur soutien culturel aux immigrés arabes en Europe et d' améliorer la coordination pour soutenir les efforts des communautés arabes dans la promotion de la langue et de la culture arabes en Europe.
Le troisième groupe de travail examina la coopération dans le domaine de l' enseignement de l' arabe et des langues européennes, question, fut-il souligné, de la plus haute importance. En effet, elle constituait un principe de base du Dialogue euro-arabe. Les décisions du séminaire de Venise (1977) furent complétées par celles du symposium de Hambourg (1983). On réitéra la nécessité de diffuser en Europe la langue et la culture arabes sous les auspices des pays arabes et de leurs institutions spécifiques, ainsi que par des Centres culturels euro-arabes qui seraient créés dans les capitales européennes. Les participants insistèrent sur l' importance de l' enseignement de l' arabe aux enfants d' immigrés, la nécessité de publier et de distribuer des journaux et des livres arabes destinés à un public cultivé européen, afin de donner un tableau objectif et séduisant de la civilisation islamique. Un programme d' exécution de toutes les activités examinées fut planifié sur cinq ans.
A la lecture des actes de ces nombreux symposiums, on est frappé par la différence de discours entre les deux parties. Les Européens adoptent un langage prudent, admiratif et flatteur envers l' islam. Des hommages excessifs sont rendus à la grande civilisation islamique à laquelle s' abreuva celle de l' Europe dans toutes ses composantes (discours du ministre allemand des Affaires Etrangères, Hans-Dietrich Genscher, au symposium de Hambourg, 1983). De plates et humbles excuses sont formulées pour la colonisation et les préjugés européens anti-arabes. Du côté arabe, en revanche, le ton est celui d' un maître qui fustige et enseigne, sûr de la tolérance, de l' humanisme et de la grandeur de sa civilisation, source spirituelle et scientifique de l' Europe. Les reproches ne manquent pas, notamment concernant l' insuffisance des mesures européennes contre Israël, point central et essentiel sur lequel s' est bâtie toute l' infrastructure du Dialogue. Les discours arabes martèlent en termes venimeux (l' usurpation sioniste, la mains sioniste brandie pour tuer le peuple arabe dans chaque pays, politique raciste institutionnalisée…) l' obligation des Européens de sévir contre Israël. Ils leur rappellent le devoir de reconnaître et d' enseigner au niveau universitaire la grandeur et la supériorité de la civilisation islamique du judaïsme, du christianisme et de toutes l' humanité, née musulmane dans sa pureté originelle.
D' aussi vains discours étaient écoutés dans un silence révérencieux par les représentants des nations les plus puissantes et les plus civilisées. Durant les années 1980, les capitales européennes exaltèrent la cause palestinienne et accueillirent avec enthousiasme les réseaux de l' OLP, se soumettant volontiers à la stratégie islamique. Celle-ci préconisait " des efforts progressifs visant à maîtriser les centres de pouvoir locaux par le biais du travail institutionnel ".
A cette époque, aucun responsable ne prévoyait l' impact que ces politiques auraient sur l' Europe dans le cours d' une génération. Il suffit de rappeler que, durant ces trente dernières années, la créativité de l' Occident et son expertise firent émerger des villes luxueuses des sables d' Arabie et contribuèrent à l' industrialisation et à la modernisation du Moyen-Orient et de l' Afrique du Nord. Engagés dans une stratégie de pénétration commerciale, les gouvernements européens, tout en continuant à prêcher l' universalité des droits humanitaires, accrurent leur soutien au terrorisme international palestinien et libanais et ignorèrent la discrimination contre les communautés chrétiennes des pays arabes et musulmans.
La France, non seulement, expédia son ministre des affaires étrangères discuter avec Arafat, le parrain du terrorisme international, mais elle lança aussi le Dialogue euro-arabe pour contrebalancer la nouvelle coopération sur l' énergie entre l' Europe (hormis la France) et l' Amérique. " Ce fut aussi la France qui prit deux initiatives qui furent particulièrement bien accueillies par le monde arabe.
De fait, la crise du pétrole provoqua une reddition immédiate du couple franco-allemand, qui engagea derrière lui l' ensemble de la CEE, bien que les conditions économiques et politiques des pays arabes ne favorisaient guère l' exécution de leurs menaces. Même avant la crise pétrolière, alors qu' Israël, acculé par les armées syrienne et égyptienne, semblait perdre la guerre de 1973, l' Europe avait fermé son espace aérien aux avions américains qui le ravitaillaient. L' Espagne fit exception, mais elle n' était pas membre de la CEE refusait de reconnaître Israël et affichait à son égard des positions similaires à celles de la Ligue arabe.
Qu' elle ait été conçue à Paris ou à Riyad, la convergence euro-arabe fondée sur l' embargo pétrolier intriguera les futurs historiens. Elle sécréta un venin qui évoluera au XXIe siècle en un système antioccidental enraciné dans la passion judéophobe de l' Europe. En tout juste trente ans (1973-2003), le Dialogue euro-arabe réussit à transformer la civilisation européenne en une culture hybride: Eurabia, réalisant les projets de la conférence du Caire en 1969.
1 - Communautés européennes
2 - Une politique étrangère et de
sécurité (PESC)
3 - La coopération en matière d' affaires
intérieurs et de justice (JAI)
L' Union Européenne considérait qu' une politique économique et commerciale commune représentait des outils indispensables pour la totale intégration des pays membres et pour la construction de l' Europe. De même la PESC exigeait de tous les pays de l' UE leur adhésion à une politique commune relative à des domaines de politique internationale très sensibles. Le traité de Maastricht spécifiait que les Etats membres de l' UE devaient définir et appliquer collectivement une politique commune couvrant tous les aspects des relations étrangères et de la sécurité. Celle-ci était décidée par le Conseil de l' Europe, où siégeaient les chefs d' Etat ou de gouvernement, chaque Etat membre se chargeant d' en faire respecter les orientations dans sa politique nationale en édictant des directives.
Le renforcement de la coopération euro-arabe
déboucha, deux ans après les accords d' Oslo (1993),
sur le Partenariat euro-méditerranéen, qui
représentait un système local fondé sur trois
piliers:
1 - Le partenariat politique et de sécurité
2 - Le partenariat économique et financier
3 - Le partenariat social, culturel et humain.
34 - Les 27-28 Novembre 1995 à Barcelone, Première Conférence euro-méditerranéenne
Cette conférence rassembla les ministres des affaires étrangères des quinze pays de l' UE et ceux d' Algérie, de Chypre, d' Egypte, d' Israël, de Jordanie, du Liban, de Malte, du Maroc, de Syrie, de Tunisie, de Turquie et de l' Autorité palestinienne. Les participants soulignèrent leur " volonté de donner à leurs relations futures une dimension nouvelle, fondée sur une coopération globale et solidaire qui soit à la hauteur de la nature privilégiée des liens forgés par le voisinage et l' histoire ". Israël reçut le privilège de participer à cette auguste assemblée. Malgré les nombreux conflits endémiques dans les pays musulmans partenaires - le terrorisme de l' AP, la colonisation du Liban par la Syrie, le conflit chypriote, les massacres en Algérie, l' oppression des Kurdes en Syrie, Turquie et Irak, la discrimination contre les femmes et les non-musulmans dans tous les pays arabes, les délégués désignèrent un seul pays: Israël.
Les participants appuient la réalisation d' un règlement de paix juste, global et durable au Moyen-orient, basé sur les résolutions pertinentes du Conseil de Sécurité des Nations Unies et les principes mentionnés dans la lettre d' invitation à la Conférence de Madrid sur la paix au Moyen-Orient (1991), y compris le principe " des territoires contre la paix ", avec tout ce que cela implique.
Le principe " les territoires contre la paix et la sécurité " constitue le fondement du système islamique du jihad et de la dhimmitude. Il figure dans la charte du Hamas et joue le rôle d' un régulateur de base des relations des musulmans avec les Juifs et les Chrétiens. Par le jihad et les traités de protection (dhimma) concédés aux populations vaincues, le califat put s' approprier des pays chrétiens. Les populations soumises obtenaient la paix et la sécurité uniquement si elles reconnaissaient la suprématie islamique sur leur territoire. Aujourd' hui, dans le cadre des relations internationales qui stipulent les droits humanitaires de base, la paix et la sécurité pour les nations ne devraient pas être des droits négociables, déterminés selon une idéologie jihadiste de soumission des infidèles. En outre, la formule " avec tout ce que cela implique ", est délibérément imprécise pour permettre la poursuite légale du jihad.
D' établir entre les participants un partenariat global - partenariat euro-méditerranéen - à travers un dialogue politique renforcé et régulier, un développement de la coopération économique et financière et une valorisation accrue de la dimension sociale, culturelle et humaine, ces trois axes constituant les trois volets du partenariat euro-méditerranéen.
La déclaration de Barcelone déborde de bonnes intentions. Elle évoque une réunion dans un salon entre gens bien éduqués énonçant des idées abstraites et à la mode: gouvernement de droit, principes démocratiques, une aire de paix, de stabilité et de justice, la bonne foi entre les nations, le dialogue des civilisations, l' égalité des sexes, la liberté de parole et de religion. Mais que vaut ce langage? Etait-ce de l' angélisme, ce qui prouverait l' incompétence des délégués européens, ou un langage formel procurant à l' UE le moyen de communiquer avec un monde arabe imaginaire, inventé pour rendre crédible ce type de dialogue?
Bien que les Etats musulmans -excepté l' Arabie saoudite - aient souscrit à la Déclaration universelle des droits de l' homme (DUDH), celle-ci n' est respectée que si elle ne contredit pas la Déclaration islamique des droits de l' homme du Caire (1990) conforme à la chari' a. Pour la même raison, le droit international, conçu par des êtres humains et fondé sur la laïcité, est accepté aussi longtemps qu' il ne contredit pas les commandements divins de la chari' a donnés par Allah.
En Europe, où les musulmans sont encore une minorité, certains groupes réclament une incorporation partielle de la chari' a dans le droit civil européen en matière de mariage, de famille et d' éducation. En 1982, à Birmingham (Angleterre), fut créé le Conseil islamique pour la chari' a dans le Royaume-Uni et d' Irlande du Nord, afin d' appliquer la loi islamique et de décréter des fatwas et des verdicts. Plusieurs autres tribunaux de chari' a se sont développés depuis, instaurant officieusement un système légal islamique parallèle. Le principal domaine juridique et social conflictuel concerne la polygamie - pratiquée dans certains milieux musulmans en Europe -, le mariage forcé des filles, la répudiation, les mutilations génitales féminines, la garde et la religion des enfants dans les mariages mixtes, les crimes d' honneur, la ségrégation féminine. Si l' UE ne peut obtenir des musulmans récemment immigrés le respect de ses propres lois, comment pourra-t-elle amener les Etats arabo-musulmans à adopter des lois contraires aux leurs? Malgré cet obstacle, les participants à Barcelone s' accordèrent pour:
Respecter les droits de l' homme et les libertés fondamentales, ainsi que garantir l' exercice effectif et légitime de ces droits et libertés, y compris la liberté d' expression, la liberté d' association à des fins pacifiques et la liberté de pensée, de conscience et de religion, individuellement ainsi qu' en commun avec d' autres membres du même groupe, sans aucune discrimination exercée en raison de la race, la nationalité, la langue, la religion et le sexe.
Malgré ses belles intentions, les Chrétiens d' Egypte subissent une discrimination religieuse et sont souvent tués, leurs femmes parfois kidnappés et violées. Même si l' Egypte n' applique pas rigoureusement la chari' a, les Chrétiens égyptiens continuent à souffrir de la culture et des lois de la chari' a liées à la dhimmitude, qui furent sévèrement imposées en Egypte durant plus d' un millénaire. En Algérie, partie prenante de la Déclaration de Barcelone, une guerre terroriste intérieure sévit depuis 1992, faisant 150 000 morts, sinon plus.
La Déclaration appelle les participants au dialogue et à l' échange d' informations en matière de droits de l' homme, de libertés fondamentales, de racisme et de xénophobie. Ils doivent assurer le respect de la diversité et du pluralisme dans leur société, promouvoir la tolérance et combattre toute manifestation raciste et xénophobe. Bien que cette dernière phrase soit répétée plusieurs fois, l' effet de ces recommandations méritoires demeure plus qu' inefficace, à voir la pérennité des régimes dictatoriaux arabes et la culture de haine fleurissant sous l' Autorité palestinienne. La prévention et le combat contre le terrorisme figurent parmi les clauses, bien que la définition du terrorisme pour la majorité des musulmans diffère de celle des Européens. Les premiers - fervents de l' idéologie jihadiste - considèrent que les bombes humaines et les terroristes sont des chahids, des martyrs. Dans son livre bien documenté sur le jihad moderne, Robert Spencer a fourni une ample documentation sur les sources religieuses et les motivations du terrorisme jihadique.
L' étude novatrice de Raphaël Israeli sur la psychologie et la ferveur religieuse des islamikazes définit ce phénomène comme une " manifestation de la martyrologie islamique ". Il souligne que les doubles caractérisations de chahid et de fidayîn pour les tueurs d' infidèles sont des notions religieuses islamiques. Les islamikazes - écrit Israeli - " personnifient un idéal social et familial, en préparant au Paradis l' arrivée de leur famille entière à leur suite ". Ils deviennent les médiateurs pour d' autres aussi (chafa' a), étant investis par l' oumma de la sainteté liée à la diabolisation et au meurtre de l' infidèle. Aussi longtemps que l' Occident niera la culture du jihad, la déshumanisation intrinsèque du non-musulman conférera au terroriste l' aura du chahid, quels que soient les services payés par les dhimmis européens. Sookhdeo expose parfaitement l' urgence de faire face à l' idéologie jihadique.
Confronté à cette haine que l' Europe s'obstine à nier, le politiquement correct de la Déclaration de Barcelone n' est qu' une pauvre parade, d' autant plus que l' UE elle-même est le moteur financier, politique et médiatique d' une campagne de diffamation raciste contre l' Etat d' Israël, coordonnée avec le monde musulman, et qui, en fait, " est la clé de voûte " du jihad global.
La Déclaration de Barcelone contient une section intitulée: " Partenariat dans les domaines social, culturel et humain: développer les ressources humaines, favoriser la compréhension entre les cultures et les échanges entre les sociétés civiles ". Dans la sous-section: Dialogue entre cultures et civilisations, les décisions du DEA sont reformulées avec plus de solennité:
Compte tenu de l' importance que revêt l' amélioration de la compréhension mutuelle par la promotion des échanges culturels et de la connaissance des langues, des fonctionnaires et des experts se réuniront afin de faire des propositions d' actions concrètes portant, entre autres, sur les domaines suivants: le patrimoine culturel et artistique, les manifestations culturelles et artistiques, les coproductions (théâtre et cinéma), les traductions et autres moyens de diffusion de la culture, la formation.
Une meilleure compréhension entre les principales religions présentes dans la région euro-méditerranéenne favorisera la tolérance mutuelle et la coopération. La tenue de réunions périodiques de représentants des religions et des institutions religieuses, ainsi que de théologiens, d' universitaires et d' autres personnes concernées, sera soutenue dans le but de vaincre les préjugés, l' ignorance et le fanatisme, et d' encourager la coopération à la base.
35 - Des 15 au 17 Juin 1995 à Stockholm - Conférences
36 - Des 4 au 7 Novembre 1995 à Tléde - Conférences
Une intéraction étroite des médias favorisera une meilleure compréhension culturelle. L' Union européenne encouragera activement cette interaction, en particulier par le biais du programme MED-Média. Une réunion annuelle de représentants du monde des médias sera organisée dans ce contexte.
Que produisit cette prose élégante? La guerre palestinienne s' intensifia contre Israël et des centaines de victimes civiles furent exterminées ou mutilées par les jihadistes soutenus par la Syrie, l' Irak, l' Iran et l' UE. Le crescendo euro-arabe de diffamation anti-américaine et contre l' Etat d' Israël atteignit l' intolérable à la conférence des ONG précédant la Conférence de Durban contre le Racisme en septembre 2001.
37 - Septembre 2001 à Durban. Conférence contre le racisme.
Deux jours après la conférence, le 9 Septembre 2001, al-Qaida attaquait l' Amérique, causant la mort de trois mille civils. Cet acte barbare, conçu et préparé en Europe par les cellules euro-islamistes, emplit de fierté et de joie des millions de musulmans. Les prêcheurs islamistes des pays arabes membres du Partenariat encourageaient moralement et activement le jihad contre l' Occident.
Les instruments du Partenariat
Durant les trois dernières décennies, la CE puis l' UE renforcèrent leurs liens économiques, culturels et politiques avec le monde arabe et musulman. Parallèlement au Dialogue parlementaire euro-arabe, créé en 1974, fut institué à la même époque un Dialogue euro-arabe au niveau gouvernemental, pour renforcer les intérêts mutuels et la coopération entre les pays arabes et l' Europe occidentale. Ces deux organes constituent les canaux du Dialogue, auxquels s' ajoutent les nombreuses rencontres du parlement européen (PE) et de l' UIPA (Union parlementaire inter-arabe), et les relations de l' UIPA avec l' Assemblée parlementaire du Conseil de l' Europe.
L' APCEA comptait, avant 1989, environ six cents membres parmi les Parlements européens nationaux et le Parlement européen. Plusieurs institutions avaient été créées dans le cadre du Dialogue. Le Partenariat établi à Barcelone accrut cette collaboration. En 1995, L' institut européen de recherches sur la Méditerranée et la coopération euro-arabe (MEDEA) fut créé à Bruxelles pour contribuer à la coopération, à la stabilité et au développement dans le Bassin méditerranéen, ainsi que pour améliorer les relations euro-arabes. Dans sa présentation non datée, le président du MEDEA, Charles Ferdinand Nothomb (ministre d' Etat, Belgique) explique:
L' Union Européenne se donne, comme l' un de ses défis prioritaires dans le cadre de sa politique extérieure, d' organiser sa coopération avec ses voisins, et notamment ceux du sud et du monde arabo-musulman.
Le rôle de l' Institut MEDEA est clair. En suivant de près la coopération enclenchée dans le processus de Barcelone en 1995 et les nouvelles définitions en cours, il s' agit de développer un réseau de dialogue permettant un climat de connaissance et de compréhension des réalités, des idées et de la culture de nos voisins du Sud (euphémisme pour désigner le monde arabe).
Se référant " aux événements récents qui alimentent bien des préjugés ", sans préciser lesquels (terrorisme? la guerre en Irak?) le président y voit un rôle accru de la mission du MEDEA:
L' institut MEDEA veut offrir, en contrepoids aux informations dramatiques qui font l' actualité et que présentent les grands médias, une réflexion de fond consolidant des liens et des échanges basés sur la confiance et le respect mutuel. Autrement dit étouffer les informations sur les attentats.
L' Institut MEDEA reprend ici les protestations arabes qui contestent le droit d' informer sur le terrorisme, censé alimenter les préjugés. Selon Nothomb, l' institut devait s' engager dans une nouvelle voie et devenir un auxiliaire du " processus de décision, capable en outre de se faire entendre et de servir d' amplificateur aux initiatives de la société civile auprès des isntances internationales ". La mission de l' institut consistait à renforcer la coopération et le dialogue entre les deux civilisations, à favoriser le dialogue interculturel, à promouvoir la compréhension mutuelle et la tolérance réciproque. Elle visait à établir des liens et des réseaux au service des acteurs politiques, économiques, académiques, sociaux et culturels, par les échanges d' informations et d' idées parmi les politiciens, les intellectuels, les journalistes, les organisations non-gouvernementales (ONG) concernées des deux côtés. Ces réseaux faciliteraient la communication des faits aux faiseurs d' opinion publique et politique, particulièrement aux membres des Parlements européens. La focalisation sur les politiciens européens, plutôt que sur leurs homologues arabes, résulte de la différence entre les démocraties et les dictatures dont le pouvoir dicte la politique à des Parlements de figurants. Ce déséquilibre traduit aussi la prédisposition, parmi les parlementaires européens, à devenir les instruments de la propagande arabe. En fait, MEDEA représente un autre lobby arabe qui joua par ses réseaux influents un rôle capital dans la campagne antiaméricaine et antiisraélienne des années 2000 - 2004.
Les activités de l' institut MEDEA visent à l' amélioration des relations entre l' Europe et le monde arabe par la distribution de documentation à ses membres, la coordination de leurs activités, l' organisation de rencontres régulières avec l' Union interparlementaire arabe et de visites au Moyen-Orient et dans les pays arabes. L' institut reçoit des délégations et organise des conférences mensuelles et des réunions informelles sur la coopération euro-méditerranéenne et euro-arabe. Ces dernières rassemblent des diplomates, des parlementaires, des fonctionnaires européens, avec les gouvernements européens, la présidence du Conseil des ministres européens et la Commission de l' UE. L' institut jouit du statut d' observateur auprès de l' Union interparlementaire, de l' Assemblée parlementaire euro-méditerranéenne et auprès du Comité économique et social des Nations Unies. Il fournit un appui logistique à l' APCEA.
MEDA - à ne pas confondre avec MEDEA - représente le principal instrument financier décidé par la Conférence de Barcelone pour réaliser le Partenariat euro-méditerranéen. De 1995 à 1999, il alloua 3,44 milliards d' euros pour la coopération financière entre l' UE et ses partenaires arabes. Pour la période 2000 - 2006, cette somme s' éleva à 5,35 milliards d' euros. L' UE y rajouta une rallonge pratiquement équivalente, prêtée par la Banque européenne d' investissement. Quelque 90 % des allocations de MEDA sont dirigées vers le Maroc, l' Algérie, la Tunisie, l' Egypte, la Jordanie, l' Autorité palestinienne, le Liban, la Syrie et la Turquie. Les 10 % restants financent des activités régionales dans ces pays.
L' UE devint le plus grand fournisseur financier et d' assistance technique de l' Autorité palestienne, couvrant plus de 50 % de l' aide internationale aux Palestiniens. De 1994 à 1998, l' aide de l' UE à l'Autorité palestinienne s' éleva à 2 milliards d' euros en dons et prêts. L' UE fut également le plus grand donateur de l' UNRWA, couvrant 38 % de son budget. Le financement de l' Autorité palestinienne par l' UE implique une collusion indirecte dans la culture palestinienne de haine et de terreur contre Israël. D' ailleurs, la guerre arafatienne en octobre 2000 fut coordonnée avec, en Europe, une campagne de presse virulente contre Israël, ponctuée par des attaques contre des synagogues, écoles et cimetières juifs.
Le Forum parlementaire euro-méditerranéen constitue une autre de ces nombreuses et coûteuses organisations pour le dialogue, ou plus exactement pour le lobbying arabe, aux frais des contribuables européens. La Conférence de Barcelone -CB) annonça sa création dans son programme de travail. Constitué à Bruxelles, les 27-28 Octobre 1998, il rassemble des parlementaires des pays associés au processus de Barcelone, des Parlements nationaux des pays de l' UE et du Parlement européen. L' Union interparlementaire arabe (UIPA) et l' Association parlementaire pour la coopération euro-arabe (APCEA) y participent comme observateurs.
Dans la Déclaration finale de sa première réunion, le Forum affirme la détermination des délégués à faire exécuter les objectifs de la Déclaration de Barcelone et ceux des autres rencontres ministérielles et parlementaires en vue de renforcer et de favoriser un partenariat de plus en plus étroit entre les deux rives de la Méditerranée : " sur la base des principes de la solidarité, du respect de la souveraineté nationale, de la justice, du dialogue, de la globalité, de la coprospérité et de la bonne foi ". Les délégués se déclarèrent:
Conscients que le développement socio-économique, la promotion de la démocratie, le respect des droits de l' homme et l' instauration de l' Etat de droit sont des éléments fondamentaux intimement liés les uns aux autres pour la promotion d' une zone de paix, de stabilité et de développement économique durable dans le Bassin méditerranéen,
Conscients qu' une évolution positive du processus de paix au Moyen-Orient est un facteur essentiel pour la pérennité et la consolidation du processus de partenariat euro-méditerranéen.
Ce slogan répété dans toutes les déclarations euro-arabes comme un sésame et un gage de sécurité pour l' Europe, souligne le lien organique entre le Partenariat et les pressions européennes constantes sur Israël, visant à apaiser les Arabes, toujours désignés par " le Sud " ou " le Voisinage ", et auxquelles l' Europe s' associait toujours plus étroitement.
Les participants se déclaraient:
Résolus à asseoir les bases durables d' un dialogue parlementaire euro-méditerranéen qui contribuera à consolider, développer et préserver le partenariat euro-méditerranéen, à lui imprimer une dynamique vivace, ainsi qu' à mieux faire comprendre son importance dans les sociétés de l' Union européenne et des pays partenaires de la Méditerranée.
1 - Se félicitent de ce que le Forum parlementaire euro-méditerranéen ait enfin vu le jour et souhaitent que ses travaux reçoivent le soutien sans faille de chacun des Parlements qui y participent, ainsi que des gouvernements et des institutions intéressés concernés par le processus de Barcelone,
2 - Expriment le souhait que le Forum oeuvrera pour susciter, dès l' instant, une synergie constante entre les parlementaires de l' espace euro-méditerranéen soucieux de promouvoir une association de plus en plus étroite entre les peuples,
4 - Soulignent que le processus engagé à Barcelone constitue une avancée historique majeure dans les relations entre les peuples de la région, dont l' élan et la vitalité doivent être à tout prix maintenus sans jamais perdre de vue que, de par sa nature même, il s' agit d' un projet à long terme.
38 - les 17 - 18 Juin 2002 à Bari (Italie) IVème Forum
Il discuta de l' immigration illégale et souligna que la dimension extérieure de la future politique commune de l' UE sur ce sujet " devrait être régie par le principe " d' association " et de coopération avec les pays d' origine et de transit des immigrants ". Dans sa résolution sur les migrations, le Forum demandait:
A l' UE et à ses Etats membres de s' engager à instaurer des politiques d' intégration visant à assurer, d' un côté, le respect des droits et libertés des immigrés y résidant légalement et, de l' autre, le respect par ceux-ci des obligations de citoyenneté et de la communauté des valeurs de la société d' accueil.
Demande aux pays d' accueil d'améliorer les conditions de vie et de travail des immigrés, de leur assurer l' égalité de traitement, la liberté de circulation et la mobilité de l' emploi, de leur faciliter le regroupement familial et la préservation de leur identité culturelle. De plus, les pays d' accueil sont appelés à faciliter l'octroi des visas afin d' encourager la migration légale et la circulation des personnes entre les deux rives de la Méditerranée.
EuroMeSCO fut créé en 1996 avec le concours financier de la Commission européenne. Il représente un réseau non-gouvernemental rassemblant les instituts de politique étrangère indépendants issus des 27 Etats signataires de la Déclaration de Barcelone. Dépendant financièrement de la Commission européenne, il fournit des analyses conformes à sa politique.
Le site euromedi.org (fondazione mediterraneo) fournit une longue liste d' activités financées par l' UE visant à renforcer le dialogue méditerranéen, ou plutôt arabe: organisation de festivals du cinéma des pays européens et arabes, rédaction et promotion " d' appels à la paix ", dont l' Appel pour la Palestine, en 2001 et 2002, précisément quand les attaques suicides se déchaînaient contre Israël, attribution de divers prix, organisation de nombreux séminaires de haute formation, organisation des " Forums Civils Euromed " et de conférences euro-méditerranéennes pour la promotion du dialogue entre les sociétés et les cultures, institution depuis 1999 du " Réseau des Chaires ", activité d' édition et multimédias. " La Fondation " est une antenne de la Fondation mère " Anna Lindh " et gère un réseau international d' organismes et d' institutions destinés à agir " sur les processus concrets de transformation du scénario euro-méditerranéen ". De toutes ces multiples activités gérées par d' innombrables activistes, Israël est étonnamment absent.
Il faudrait des volumes pour énumérer les multiples instruments, conférences, dialogues et autres activités engendrées par la politique du Partenariat durant ces trois dernières décennies, quand la politique migratoire de la CE/UE alla de pair avec les conceptions sur l' Europe de la Conférence islamique de Lahore et des sommets arabes et islamiques suivants. Les accords entre la CE/UE et la Ligue arabe octroyèrent aux immigrants le droit d' exporter leur culture dans les pays d' accueil. Cette mesure accrut une difficulté d' intégration déjà aggravée par l' encouragement des liens avec les pays d' origine.
La politique imposée par l' appareil du DEA,
entérinée par les plus hautes autorités de
chaque pays membres de la CE, s' appuyait sur six thèmes
principaux:
1 - L' utopie andalouse
2 - La supériorité culturelle de la civilisation
islamique sur l' Europe et par conséquent l'
infériorité de cette dernière
3 - La création d' un culte palestinien européen
4 - La culpabilité européenne
5 - L' antisionisme / antisémitisme
6 - L' antiaméricanisme et la christianophobie
Même si au début des années 1970, un discours arabe pseudo-socialiste et laïc masquait la résurgence islamique, l' Europe avait déjà engrangé une expérience de treize siècles sur le jihad dans ses territoires, à ses frontières et dans ses villes. Le projet français d' unir les deux rives de la Méditerranée, inspiré par la peur autant que par le lucre et l' ambition, induisit la CE/UE à se soumettre aux politiques arabes dans l' espoir que le soutien aux régimes les plus radicaux et au terrorisme palestinien, assorti de contributions financières, garantirait la sécurité. La création d' un islam européen, encadré par la masse des convertis venant de mouvances antisémites, communistes et antioccidentales, a exacerbé les dérives sociales tectoniques de l' Europe. Pourvus de fonds généreux, les activistes du DEA établirent des réseaux transeuropéens d' associations euro-arabes, conformément aux programmes du DEA encouragés par les Etats, faisant un amalgame entre multiculturalisme pacifique et culture jihadique.
Mais aujourd' hui, confrontés au militantisme islamique, les espoirs d' un multiculturalisme pacifique semblent s' évanouir. On ne peut soupçonner les concepteurs du DEA de grossière ignorance. Tous les participants européens du Dialogue étaient des islamologues et des arabisants chevronnés. Diplomates, politiciens, universitaires, journalistes, théologiens, Chrétiens islamologues, tous avaient de fortes affinités, des contacts professionnels et des emplois dans les pays arabes. Cette connaissance de l' islam expliquerait la réticence des gouvernements européens à réclamer l' intégration des millions d' immigrants musulmans en Europe, les théologiens et juristes musulmans ayant toujours interdit à leurs coreligionnaires l' adoption des pratiques, des lois et des usages des non-musulmans. Les gouvernements arabes négocièrent par l' entremise du DEA le maintien du séparatisme et des particularismes des migrants, " afin de protéger les fils des générations contemporaines contre l' aveuglement et les façons bornées et insensées des mœurs, des coutumes et des concepts des non-musulmans ", selon les termes d' al Tohami.
UNE POLITIQUE ANTISIONISTE ET ANTISEMITE
Depuis l' agression conjointe du terrorisme palestinien et du boycott pétrolier de 1973, la CE/UE s' est totalement alignée sur les positions arabo-palestiniennes et adonnée à une guerre de déligitimation et de diabolisation de l' Etat hébreu, en Europe et dans le monde. Finançant largement l' Autorité palestinienne ainsi que les ONG palestiniennes (qui incitent au terrorisme anti-israélien), l' UE a amplifié par le Partenariat euro-méditerranéen la stratégie du Dialogue euro-arabe de soutien au jihad contre les Israéliens. La conjonction euro-arabe des Eglises, des universités et des ONG a été intégrée à cette stratégie. Le " palestinisme " eurabien imprègne les médias européens, exonérant le terrorisme palestinien.
Cette relation triangulaire répondait à une demande arabe acceptée par l' Europe: l' internationalisation d' un conflit essentiellement régional et mineur. En effet, au départ, il ne s' agissait que d' une négociation sur des frontières entre un Etat palestinien, la Jordanie, et l' Etat hébreu, chacun intégrant de son côté les réfugiés arabes et juifs respectivement. Les Arabes cependant réclamèrent qu' un impératif moral transforme en " juste cause " le lien indestructible entre la politique, le cynisme affairiste et le pétrole.
A la réunion de Rimini, en 1979, Mohammed Jabir Hassan, sous-secrétaire au ministère irakien du Pétrole, soulignant à nouveau le besoin d'une alliance morale, demanda aux Européens d'entériner la cause palestinienne sous l' angle moral plutôt qu' économique. L' UE adopta ce vernis éthique exprimé par les vertueuses formules: " la juste cause palestinienne ", " les droits légitimes des Palestiniens ", qui impliquent " l' injustice de l' existence d' Israël ". Ce discours moral exprimait aussi le désir de placer Israël et les Arabes de Palestine dans une fausse symétrie par rapport à l'Europe. La Shoah perpétrée en Europe sur les victimes juives devait être contrebalancée par un équivalent palestinien: la nakba.
La doctrine qui islamise l' histoire biblique et confère aux musulmans, d' ordre divin, la gouvernance du monde, constitue le fondement éthique de la guerre arabo-palestinienne contre Israël et l' Occident. L' appui de la CE à cette guerre qui nie l' histoire et la légitimité d' Israël dans sa patrie biblique sape ses propres bases religieuses et les principes de sa liberté.
Progressivement, la CE/UE uniformisa et renforça ses liens avec les pays arabes par l' accroissement de la population musulmane immigrée en Europe et par les synergies culturelles et les réseaux institutionnels diffusant la propagande euro-palestinienne. La CE s' aligna sur les directives de la conférence du 11e sommet arabe, tenu à amman (Jordanie) les 25-27 novembre 1980, conférant une légitimité et une respectabilité à Arafat, parrain du terrorisme international et héros du jihad arabe contre les infidèles.
La CE adopta l' obsession pathologique arabe attribuant à Israël une centralité maléfique, qui éclipsa tous les événements de la planète. Elle l' instrumentalisa comme clé d' explication et de politique internationale, faisant du conflit israélo-arabe sa priorité absolue, aveugle aux dangers menaçant sa sécurité et son devenir. Par son engagement implicite dans le jihad arabo-musulman contre Israël, le slogan " paix et justice pour les Palestiniens ", elle récusa toutes ses valeurs et le fondement même de sa civilisation. C' est ainsi qu' elle abandonna les Chrétiens du Liban aux massacres des Palestiniens (1975 - 1983), ceux du Soudan au génocide du jihad et à l' esclavage et les Chrétiens du monde islamique aux persécutions de la dhimmitude.
L' APCEA constitue le vecteur qui communique les demandes du bloc arabe à l' UE. Ce groupe de parlementaires représente tous les partis majoritaires d' Europe, il est soutenu par la Commission européenne et maintient le contact avec la présidence de l' UE. Toutes les réunions parlementaires euro-arabes se déroulent selon le même schéma. Les parlementaires européens sont chargés de promouvoir en Europe la politique arabe sur le plan des relations internationales, sous le couvert " de paix et justice ", et sur le plan intérieur de renforcer l'emprise islamique dans l' UE par l'exécution de la politique relative à l' immigration incluse dans le Partenariat.
39 - 29 - 1er Novembre 1996 à Amman (Jordanie) Conférence annuelle du Dialogue parlementaire
Organisée conjointement par l' UIPA et l' APCEA, elle rassemblait des membres de 12 Parlements nationaux arabes, de 14 Parlements nationaux européens, du Parlement européen, du représentant de la Ligue arabe et celui de l' UNRWA, comme observateurs. L' Union interparlementaire arabe (UIPA) est une organisation officielle dans laquelle siègent des parlementaires arabes désignés par leurs Assemblées respectives. Elle fut créée en 1974, à la suite de la guerre d' octobre 1973, quelques mois après la fondation de l' Association parlementaire pour la coopération euro-arabe (APCEA). Cette organisation permettait aux reprsentants des différents Parlements arabes membres de se réunir et de coordonner leurs activités. Elle représente un organisme officiel alors que l' APCEA regroupe des parlementaires sur base volontaire et individuelle. La présidence de l' UIPA est tournante et regroupe 21 sections nationales: Algérie, Arabie saoudite, Bahreïn, Comores, Djibouti, Egypte, Jordanie, Irak, Koweit, Liban, Libye, Mauritanie, Maroc, Palestine, Qatar, Somalie, Soudan, Syrie, Tunisie, Emirats Arabes Unis, Yémen. Le secrétariat général a son siège à Damas.
Le communiqué final de la réunion d' Amman réitéra les accusations contre l' Etat hébreu confronté à la reprise du terrorisme palestinien: les participants sommèrent Israël de fournir des terres et du travail aux Palestiniens et de mettre fin " aux pratiques provocantes qui minent le processus de paix, ramenant la région dans un cycle de tensions et de guerre ". Les participants se réjouirent de l' implication accrue de l' Europe dans le processus de paix, de ses prises de position et de la mission d' un envoyé spécial européen: Miguel Angel Moratinos. Ils se félicitèrent du soutien européen à l' Autorité palestinienne (AP) et déclarèrent que le processus de paix relève d' une responsabilité internationale dans laquelle l' Europe doit user de son poids politique et économique pour forcer Israël à obtempérer.
40 - Novembre 1997 au Parlement de Malte, 21e Conférence annuelle du Dialogue parlementaire
Organisée comme la précédente par l' APCEA et l' UIPA. Elle regroupait 73 membres de 51 Parlements arabes et 18 membres de Parlements européens, ainsi que des parlementaires européens et des observateurs du Canada, de la Russie, des représentants de la Commission européennes, de la Ligue arabe et du Conseil de coopération du Golfe. Les participants rappelèrent que la coopération euro-méditerranéenne n' était possible qu' avec la paix au Moyen-Orient. Cette phrase rappelait aux Européens l' obligation d' imposer à Israël les conditions arabes de " paix " inhérentes à la coopération.
Dans le domaine culturel, les participants réclamèrent des coproductions dans les médias, notamment les télévisions et les radios, afin d' améliorer la compréhension mutuelle euro-arabe et de créer un sens de solidarité respectant la diversité culturelle. Cette demande, naturellement, s' adressait comme la précédente aux pays occidentaux. Comme les autres communiqués, ce communiqué final fut adopté par acclamation.
41 - Le 28 avril 1998 - Délégation de l' APCEA
Rencontra le représentant anglais de la présidence de l' UE, Derek Fatchett, ministre d' Etat des Affaires étrangères et du Commonweatlh. Dans ses fiches sur Internet, l' APCEA explique qu' il était habituel qu' une délégation rencontre chaque nouvelle présidence européenne. Les délégués comptaient les deux coprésidents de l' association, le membre du Parlement danois; Henning Gjellerod, et la parlementaire allemande, Editha Limbach, ainsi que les parlementaires Roselyne Bachelot (France, John Austin -GB) et le secrétaire général, Jean-Michel Dumont. Les membres de la délégation avaient réussi à bloquer la ratification du nouvel accord euro-méditerranéen d' association avec Israêl dans les Parlements français et belge. Ils demandaient sa suspension par l' UE. L' APCEA réclamait au Conseil de l' Europe et à la Commission d' exercer des pressions sur Israël. Dans son communiqué de presse du 12 mai 1998, elle rappelait qu' elle avait adressé une lettre aux quinze ministres des Affaires étrangères de l' UE ainsi qu' à MM. Santer et Marin pour souligner qu' Israël ne respectait pas les principes de la Déclaration de Barcelone.
42 - Le 11 Juillet 1998 à Damas, conférence annuelle du Dialogue parlementaire euro-arabe
sous les auspices du président syrien, Hafez al-Assad. Elle avait été organisée conjointement par l' Union inter-parlementaire arabe et l' APCEA, avec l' aide financière de la Commission européenne. Les parlementaires de 16 Parlements arabes, de 14 Parlements européens et ceux du Parlement de l' UE, participèrent aux délibérations. Des représentants de la Ligue arabe, de la Commission européenne, ainsi que des observateurs du Sénat canadien et du Comité internationale de la Croix-Rouge y assistaient.
Les participants à la Conférence insistent sur le lien étroit qui existe entre la paix au Proche-Orient et la sécurité et la stabilité en Europe. Ils s' accordent à dire que le processus de paix au Proche-Orient est dans une impasse créée par la politique et les pratiques de l' actuel gouvernement israélien.
Les participants réitérèrent leurs résolutions antérieures exigeant le cantonnement d' Israël sur les lignes de 1949, Jérusalem incluse. Ils louèrent les pressions économiques exercées sur Israël par la Commission européenne saluèrent " la position unanime européenne de soutien à la promotion du statut de la Palestine aux Nations Unies " dans le communiqué:
Les participants saluent également la décision prise par les Commissions des Affaires Etrangères du Parlement belge et de l' Assemblée Nationale Française de ne pas ratifier l' Accord de partenariat Euro-israélien aussi longtemps qu' Israël continue à bloquer le processus de paix.
Les participants considèrent que la sauvegarde du processus de paix est une responsabilité internationale commune qui requiert une action collective de tous ceux qui ont un intérêt dans la paix et la stabilité au Proche-orient.
A la lumière des conditions actuelles, la revitalisation du processus de paix demande une position internationale ferme qui oblige Israël à se conformer aux termes de référence de Madrid qui incluent le principe des territoires contre la paix et la mise en œuvre des résolutions 242, 338 et 425 du Conseil de Sécurité, et de reprendre les négociations concernant le dossier syrien au point où elles étaient parvenues avec le gouvernement israélien précédent.
Les participants appellent les gouvernements arabes et européens concernés à suspendre la participation d' Israël au Partenariat Euro-Méditerranéen jusqu' ce que le gouvernement israélien remplisse les obligations auxquelles il a souscrit dans le cadre de la Déclaration de Barcelone de novembre 1995 (…).
Ils regrettent profondément le manque de détermination des Etats-Unis comme parrain du processus de paix dans leur manière de traiter avec le gouvernement israélien.
Les participants expriment leur soutien à l' initiative lancée par les Présidents Chirac et Moubarak de réunir une Conférence Internationale pour sauver et protéger le processus de paix et ses principes.
Ils apprécient également le rôle important joué par l' Envoyé Spécial de l' Union Européenne, l' Ambassadeur Moratinos, et les propositions qu' il a faites pour que l' Union Européenne assume un rôle plus important et responsable pour aider à surmonter l' impasse actuelle du processus de paix.
Un tiers du communiqué final est consacré à dénoncer Israël, tandis que les participants évoquent sommairement d' autres thèmes et expriment leurs profondes inquiétudes pour les souffrances du peuple libyen frappé par un embargo. Le Conseil de sécurité de l' ONU avait imposé des sanctions contre la Libye après l' explosion qui tua, en 1988, 270 personnes du Vol Pan Am 103, au-dessus de Lockerbie (Ecosse), et de l' avion français UTA 772 au-dessus du Niger (Afrique). Les participants européens et arabes réclamèrent l' abolition de l' embargo contre l' Irak, la reprise de l' aide européenne à ce pays, le renouvellement des liens culturels (déjà repris par la France) et la coopération de l' UE avec le Soudan et l' Algérie. Les délégués réclamèrent également le développement du partenariat euro-arabe et l' amélioration des mécanismes financiers euro-arabes.
Dans la section sous-titrée " A propos du terrorisme ", les participants condamnèrent toutes sortes de terrorisme et tous les pays qui l' abritent et le financent. Provenant de Syrie, une telle déclaration a pour but d' absoudre ce pays qui précisément abrite et finance les terroristes. Pour clarifier ce point, ils demandèrent la tenue d' une conférence internationale pour définir le terrorisme. Pour les chefs musulmans, les jihadistes et les bombes humaines sont des " combattants de la liberté " et non des terroristes. Le 6 Octobre 2001, Cheikh Wajdi Hamzeh al-Ghazawi, donna la définition islamique du terrorisme dans un discours à l' une des mosquées principales de la Mecque.
Le type de terreur qui est permis selon la loi islamique est terroriser les lâches, les hypocrites, les laïcs et les rebelles en imposant des punitions (selon) la loi d' Allah… Le sens du mot " terreur " qui est utilisé par les médias… est le jihad dans la voie d' Allah. Le jihad est le sommet de l' islam. De plus, il y a des savants religieux qui le considèrent comme le sixième pilier de l' islam… Jihad - ql' on parle du jihad défensif pour les territoires musulmans et l' islam, comme en Tchétchénie, aux Philippines, en Afghanistan,, ou qu' on parle du jihad dont le but est de diffuser la religion - est le sommet de la terreur en ce qui concerne les ennemis d' Allah.
Dans ce but, il était parvenu devant la commission des affaires étrangères du Congrès des députés d' Espagne en novembre 1996, pour les convaincre de ratifier, malgré leurs réticences, l' Accord euro-méditerranéen d' association entre l' UE et Israël. Il intervint à nouveau au Parlement européen en décembre 1998, en faveur du nouvel accord de coopération scientifique entre l' UE et Israël, du fait que le Conseil des ministres était très divisé sur la question d' inclure Israël dans le 5ème programme européen de coopération scientifique.
43 - Avril 1999 à Bruxelles, 101e Conférence de l' Union inter-parlementaire
Henning Gjellerod, toujours coprésident de l' APCEA, fut heureux d' informer les délégués que leurs collègues de France et de Belgique " avaient maintenu leur refus de même considérer la ratification du nouvel Accord d' association entre l' Union Européenne et Israël, signé en novembre 1995. Les délégués se réjouirent de la forte condamnation d' Israël par le Conseil des Ministres de l' UE, le mois précédent à Berlin.
En Novembre 2000, des membres du Parlement européen (MPE), parmi lesquels François Zimeray (France) et Olivier Dupuis (Belgique), protestèrent vigoureusement contre le financement par l' Europe de la littérature haineuse palestinienne. Chris Patten (GB), commissaire de l' UE, rejeta avec indignation la demande des MPE concernant une enquête sur l' utilisation des fonds européens versés à l' AP. En revanche, la Commission européenne décida d' augmenter de 8 millions les dix millions mensuels donnés à l' AP.
Nulle part la fusion politique euro-arabe n' est plus totale que dans la dévotion palestinienne. A cette cause, l' UE, dépouillée de ses colonies arabes, consacre toute la passion dévorante d' un amant sénile qui sacrifie à ses ultimes désirs de puissance les restes modérateurs sur l' OLP/AP qui, surtout après la disparition de ses protecteurs soviétiques, lui est tributaire pour son idéologie, son élévation au rôle de peuple substitué à Israël et son financement, trois piliers qui en firent la plus puissante organisation de haine et de crime contre Israël.
L' UE, qui se flatte de jouer le rôle d' honnête courtier, appuie les exigences arabes les plus radicales pour saboter toute perspective de paix. Le duo euro-arabe chante d' une même voix la légitimité du jihad et fustige le droit d' autodéfense qui différencie la liberté de la dhimmitude.
44 - Les 21 - 22 juin 2002, à la Chambre des représentants belges, Dialogue parlementaire euro-arabe.
Cette 22ème réunion en vingt sept ans fut organisée conjointement par l' Union inter-parlementaire arabe et l' Association parlementaire pour la coopération euro-arabe, avec le soutien de la Commission européenne. La conférence réunissait des membres de 16 parlements arabes, de 13 Parlements nationaux européens ainsi que du Parlement européen. Des représentants de la Commission européenne et de l' UNRWA suivirent ses travaux en tant qu' observateurs. Dans son communiqué final, la conférence réaffirmait les conditions euro-arabes pour la paix au Moyen-Orient. Elle soulignait l' extrême urgence d' améliorer la situation des Palestiniens et d' éliminer les mesures politiques et militaires qui nourrissaient la frustration, le désespoir et les représailles. Les participants appelaient les institutions internationales à faire pression sur Israël par des mesures politiques et économiques. Ils réclamaient la suppression des sanctions contre l' Irak et la Libye et condamnaient tout lien entre le terrorisme, les Arabes et l' islam.
La délégation arabe rappela que:
La solution du conflit israélo-arabe est considérée comme l' un des axes principaux des relations euro-arabes et du Partenariat Euro-Méditerranéen (PEM), parce que l' instauration de la paix au Moyen-Orient et dans le bassin méditerranéen constitue une priorité nécessaire pour le succès des programmes de coopération économique, sociale et culturelle parmi les Etats de la région et parmi ceux-ci et les pays européens.
L' Assistance financière de l' UE à l'OLP commença en 1971 par le versement de contributions à l' UNRWA, qui continuent jusqu' à aujourd' hui. De 1994 à 2002, environ 1 milliard d' euros fut payé en dons et prêts, avec 500 millions versés à l' UNRWA. En outre, l' aide bilatérale des Etats membres de l' UE s' élève à environ 2,5 milliards d' euros pour la même période. Depuis 1995, l' autorité palestinienne bénéficie des programmes techniques et financiers MEDA et des accords d' association sur le commerce et la coopération.
Cet éventail de tactiques de guerre, élaborées depuis trente ans et appliquées par les organes de l' UE contre l' Etat hébreu, serait incomplet sans l' analyse pertinente de Gerald Steinberg sur le financement par l' UE des nombreuses ONG palestiniennes et pro palestiniennes. Disposant d' un budget de plusieurs millions de dollars, comme Christian Aid, Amnesty International, Oxfam, ces ONG contribuèrent à l' incitation au terrorisme et la curée contre Israël au niveau international et dans la presse eurabienne. Elles appliquèrent la stratégie décidée à Durban en 2001, consacrée à l' étouffement économique d' Israël par une campagne de désinvestissement. Les activités des ONG européennes représentent par conséquent un autre secteur de la guerre européenne contre Israël. Le Comité de coordination européen des ONG sur la question palestinienne. (CCEP), présidé par le sénateur belge Pierre Galand, s' emploie à coordonner les ONG, les syndicats, les universitaires et les Eglises pour promouvoir des sanctions contre Israël et l' isoler. Cette action vise à élargir le mouvement de solidarité européen avec les Palestiniens afin de maintenir le plus large soutien à la campagne anti-israélienne. La plupart de ces ONG palestiniennes sont financées par l' UE et furent responsables de la débâcle raciste de Durban (2001). Le CCEP réclame l' arrêt de tout accord militaire et des échanges entre les gouvernements du monde et Israël, ainsi qu' un désinvestissement total de toute compagnie européenne et internationale travaillaient en Israël. D' autres ONG financées par l' UE réclament des sanctions, des boycotts, des procès devant des Cours Internationales, l' interdiction de voyager dans d' autres pays et le désinvestissement, en somme une politique d' apartheid mondial à l' égard d' Israël, coupable de résister au jihad.
En somme, depuis l' attaque conjointe sur l' Europe du terrorisme palestinien et le boycott pétrolier en 1973, la CE s' était totalement alignée sur les positions arabo-palestiniennes, qu' elle secondait par une guerre de délégitimation et de diabolisation de l' Etat Hébreu, au niveau européen en international. Ce type de coopération avait été mentionné par l' APCEA dans les résolutions de sa réunion à Strasbourg, où elle:
Demande aux gouvernements arabes de reconnaître les conséquences politiques d' une coopération active avec l' Europe dans le domaine culturel.
En novembre 2005, un rapport émanant de diplomates européens accusait Israël de " coloniser " Jérusalem-Est, dont la population juive avait été chassée et expropriée en 1948 par les bandes palestiniennes et les armées transjordaniennes commandées par l' officier anglais Glubb Pach. Durant l' occupation jordanienne, la ségrégation religieuse et l' apartheid antijuif avaient purgé la ville de sa population juive millénaire. Conformément à la définition européenne, les terres de Judée, désignées comme " arabes ", sont librement attribuées aux Palestiniens et considérées colonisées par Israël, une définition qui pourrait s' appliquer à certaines banlieues européennes.
Le 11 septembre et ses contrecoups (état de choc des opinions publiques occidentales, guerres d' Afghanistan et d' Irak, lutte antiterroriste et remise en cause des politiques d' immigration en Europe) déstabilisèrent quelque peu le Partenariat euro-méditerranéen. Ses représentants réagirent en accentuant leur propagande antiaméricaine et anti-israélienne. Objectif: maintenir le Partenariat à tout prix en accusant les politiques mises en œuvre par Bush et Sharon d' avoir provoqué le terrorisme jihadiste. L' Union européenne entendait neutraliser la rage antioccidentale de la rue arabe et prévenir les attentats sur son sol en séparant totalement les politiques européenne et américaine. Ce faisant, elle souleva une déferlante d' antiaméricanisme et d' antisémitisme submergeant tous les niveaux de la société européenne, en phase avec les pays arabes. En outre, l' UE adressa à ces derniers force déclarations d' allégeance et gestes de bonne volonté (notamment financiers) pour apaiser leur ressentiment à son égard.
La neutralisation du jihad sur le sol européen exigea des engagements européens financiers et politiques encore plus étroits avec les pays arabes et les Palestiniens, accompagnés d' une campagne judéophobe, anti-israélienne et antiaméricaine. C' est dans la conjonction de ces trois événements et de leurs conséquences précipitées que les Européens, sortant de leur torpeur, découvrirent soudain qu' au début du XXIe siècle ils vivaient en Eurabia.
45 - Le 19 juin 2000 à Santa Maria de Feira: Réunion du Conseil européen
Adoption d' une stratégie intitulée: Stratégie commune du Conseil européen du 19 juin 2000 pour la région méditerranéenne. Ce texte est d' une importance capitale pour l' avenir de l' Europe. Divisé en cinq parties et 37 paragraphes, il sera résumé ici.
La 1ère partie expose la vision de l' UE pour la région méditerranéenne, euphémisme désignant les pays arabes. Cette vision est celle d' une région prospère, démocratique, stable et sûre, résolument ouverte sur l' Europe. Les deux premiers paragraphes déclarent que cette région possédant une importance stratégique pour l' UE, celle-ci doit travailler de concert avec ses partenaires méditerranéens, avec une vision et une perception communes impliquant le respect mutuel. Ouvrons une parenthèse pour indiquer que ce terme de respect, constamment réclamé par la partie arabe, motive probablement les coups de chapeau et les ronds de jambes européens à la supériorité culturelle islamique. Il est spécifié que cette politique de l' UE se fonde sur le Partenariat instauré par la Déclaration de Barcelone et par ses acquis ultérieurs. L' UE affirme que l' aboutissement de tous les volets du processus de paix au Moyen-Orient et le règlement d' autres conflits sont des conditions préalables importantes pour la paix et la stabilité dans la région méditerranéenne. En raison de ses intérêts, l' UE doit y jouer un rôle prépondérant.
La seconde partie énumère les objectifs de cette politique, inspirés largement de la Déclaration de Barcelone. Le dixième paragraphe énonce des mesures propres à accroître l' efficacité et la visibilité des actions entreprises dans la région et intégrées au contexte du processus de paix au Moyen-orient, c' est-à-dire au conflit israélo-arabe. Le texte préconise que les objectifs viseront à rehausser la coordination, la cohérence, la complémentarité et les synergies entre les activités régionales et les instruments de l' UE. Ils garantiront la complémentarité entre la politique méditerranéenne de l' UE et ses politiques concernant les autres partenaires.
La troisième partie examine les aires d'action et les initiatives spécifiques menées par l' UE avec ses partenaires méditerranéens dans le contexte du processus de Barcelone. On relève, dans le secteur social et culturel, l' engagement de l' UE de faciliter et d' encourager, entre l' UE et ses partenaires, le militantisme des " sociétés civiles ", des ONG et des échanges humains.
Dans le cadre de la Justice et des Affaires intérieures, l' UE agira en accord avec les conventions de Genève concernant les réfugiés et avec les autres instruments afin d' obtenir une totale obéissance des partenaires méditerranéens; elle étudiera la simplification et l' accélération des procédures de visa et encouragera les migrants légaux à poursuivre des activités favorables au codéveloppement de leur pays d' origine. L' UE adoptera une politique d' intégration avec les migrants méditerranéens dont la résidence dans les pays membres s' étale sur une longue période; elle visera à leur octroyer un statut légal similaire à celui des citoyens européens.
La quatrième partie examine les instruments et les moyens de cette politique.
Intégré à la politique arafatienne du chaos, le terrorisme palestinien contre Israël stimula la cohésion du Partenariat euro-arabe et la solidarité européenne avec Arafat. La coopération politique, culturelle et audio-visuelle de l' UE avec ses partenaires arabes et les ONG joua à plein temps. Dans son discours au Parlement européen, le 31 janvier 2001, Chris Patten, Commissaire européen aux affaires étrangères, souligna que le flanc sud de l' Europe, en termes clairs: les pays arabes - devrait bénéficier d' une place spéciale dans les relations étrangères de l' UE. Il releva que l' importance considérable du processus de paix au Moyen-Orient pour la politique méditerranéenne de l' UE réclamait une plus grande participation européenne, c' est-à-dire un soutien renforcé de l' UE à l' autorité palestinienne. Patten nota avec satisfaction l' accord du Parlement européen pour augmenter la visibilité du Partenariat et le félicita chaleureusement pour ses activités dans ce domaine et pour son habilité à utiliser ses contacts internationaux à tous les niveaux relatifs à cette question. Il annonça l' intensification des activités de l' UE, par l' introduction de programmes appropriés exploitant toutes les techniques modernes disponibles pour garantir que la valeur de ces efforts européens en faveur du Partenariat méditerranéen soit appréciée aussi largement que possible dans l' UE et parmi les partenaires méditerranéens. Les déclarations de Patten entraient dans le cadre de la stratégie commune.
46 - Novembre 2001 à Bruxelles, Réunion des ministres des Affaires Etrangères de l' UE
Hubert Védrine déclara avec hauteur: " l' Europe a un rôle légitime à jouer au Proche-Orient et elle n' a de permission à demander à personne ".
Cette visibilité accrue du Partenariat euro-arabe " par des contacts internationaux à tous les niveaux " semble indiquer que le corps même de l' UE représente le centre stratégique du culte de la Palestinité et de la propagande anti-israélienne et judéophobe qui se déclencha de façon uniforme et conjointement dans toute l' Europe au nom " du processus de paix ". Une observation qui pourrait s' appliquer à l' antiaméricanisme également. Le Partenariat aida et soutint moralement le terrorisme palestinien contre Israël, conjointement avec l' antiaméricanisme et la judéophobie, destinée, sur la scène intérieure des pays de l' UE, à intimider, humilier et réduire au silence les communautés juives européennes par une campagne arrogante émanant du pouvoir, mêlant la désinformation et les insultes, disposant de tous les moyens de l' Etat. Cette instrumentalisation de tous les pouvoirs au service d' une seule politique, déployée avec cynisme contre un bouc émissaire se manifestait non seulement dans les gouvernements régionaux, mais dans la superstructure de l' UE et dans le cadre de la stratégie commune. Soudain s' élevait un mur de haine que rien ne pouvait altérer ni transpercer, bouclier de protection d' Arafat et de ses tueurs qui inauguraient en Israël la politique du chaos et des bombes humaines.
Au cours des années, la collaboration et les contacts permanents entre l' UIPA et l' APCEA avaient produit des documents et des déclarations communes sur le Moyen-orient. Les deux organisations maintenaient une coopération constante, particulièrement au niveau de leur secrétariat général. L' APCEA devint un puissant amplificateur mondial pour transmettre les diffamations palestiniennes sur Jenin, après le nettoyage des bases terroristes par l' armée israélienne (avril 2002). Par ses nombreux contacts et réseaux l' APCEA, qui agit sous l' impulsion de la Commission européenne - réussit à soulever l' opinion européenne contre Israël et à assurer aux Palestiniens un soutien régional et international conformément aux directives de la stratégie commune. Cette tactique revêtait naturellement la plus haute importante pour les partenaires arabes de l' Europe, d' autant que les attentats du 11 septembre avaient provoqué un sursaut de sympathie; une fois n' est pas coutume, pour les victimes américaines. Or il importait que les victimes israéliennes du jihadisme ne puissent en bénéficier. Aussi le 11 septembre marqua-t-il une recrudescence de la campagne judéophobe et anti-israélienne en Europe, avec la diffusion de rumeurs et de livres attribuant à des agents israéliens, et même américains, les destructions du 11 septembre.
Cette politique produisit les résultats escomptés: certains hôtels refusèrent des touristes israéliens, des Juifs furent attaqués physiquement ou verbalement. Des synagogues furent incendiées, des immeubles communautaires, des cimetières et des écoles furent désacralisés ou vandalisés. Comme dans les pays arabes, les Juifs européens durent adopter les pratiques dissimulatrices des dhimmis, encore pratiqués aujourd' hui par les Chrétiens vivant dans les pays musulmans. En France, les écoliers juifs étaient fréquemment attaqués; reconnus dans les rues ou les transports publics, ils risquaient d' être lynchés. Dans certaines écoles, il devint impossible d' enseigner la Shoah. En Europe, les droits fondamentaux des Juifs à l' éducation, à la sécurité et à la dignité étaient quotidiennement violés. Paul Giniewski a publié une excellente anthologie du déchaînement des violences verbales, politiques, médiatiques et même physiques dans une Europe démasquant enfin la " visibilité du Partenariat " et sa solidarité " avec le Sud ".
Les réseaux associatifs euro-arabes d' éditeurs et libraires réduisirent le marché des livres favorables à Israël ou critiquant la politique arabe et palestinienne. Craignant des représailles, certaines libraires les refusaient ou les vendaient en cachette, comme si l' UE vivait déjà sous occupation. Des universités européennes exercèrent des pressions sur l' UE pour obtenir l' interruption des accords de coopération avec les universités israéliennes, conséquences de la palestinisation des universités de l' UE et de la collusion euro-arabe au niveau académique.
Le déclenchement de la guerre américaine contre le terrorisme jihadiste entraîna le second événement majeur. Il affola l' UE, qui craignit l' effondrement de toute sa politique de Partenariat avec des Etats ou des groupes terroristes. Bruxelles s' employa infatigablement, par la pensée unique et le politiquement correct, à rejeter sur l' Amérique et Israël " les causes du terrorisme ". La sécurité de son territoire et de ses marchés exigeait cette inféodation à la Palestine, politique qu' elle avait adoptée voilà trente ans, à la fois par contrainte et par choix. C' est dans ce contexte que se place la recrudescence de la judéophobie et de l' antiaméricanisme, tandis que la guerre contre Saddam Hussein accéléra la panique en Europe, provoqua les divisions de l' UE et réactiva le terrorisme islamique sur son sol.
Apparemment, pour Prodi, l' incendie de synagogues, la profanation des cimetières, les attaques contre les écoliers juifs et leurs parents, les agressions verbales et physiques déterminées par la religion ou les opinions politiques pro-israéliennes, sont des activités légitimes. Il semble que l' UE, qui instaura la culture du politiquement correct, ait adopté la mentalité totalitaire de ses meilleurs amis et alliés " du Sud " lorsqu' elle proclame son intolérance à la critique.
LE SOUTIEN A ARAFAT: PROTECTEUR DE L' EUROPE DHIMMIE
Le 2 février 2003, 170 membres du parlement européen signèrent une pétition réclamant l' ouverture d' une enquête parlementaire sur l' utilisation des centaines de millions d' euros versés à l' Autorité palestinienne. Des charges solides accusaient Arafat d' avoir financé ses activités terroristes avec les fonds de l' UE. Le 14 février 2003, le Parlement rejeta cette requête qui avait scandalisé Patten.
47 - Le 9 Octobre 2003, Adopta par le Parlement de l' UE d' un rapport " paix et dignité au Proche-orient.
Déposé par la commission des affaires étrangères, des droits de l' homme, de la sécurité commune et de la politique de défense de l' UE. Le texte exprime une condamnation du terrorisme palestinien, assortie d' une condamnation symétrique d' Israël " pour l' usage excessif de la force militaire ". Comme si les morts et les mutilations d' Israéliens représentaient un petit jeu pas très sérieux auquel Israël devait se prêter par une réponse modérée afin de le laisser continuer. De même, le Parlement européen condamna Israël pour l' aggravation de la condition économique dans les territoires, alors qu' elle résulte de la politique du chaos décrétée par Arafat. Aussi, le parlement " exige des autorités israéliennes l' adoption des mesures nécessaires pour améliorer de façon inconditionnelle et immédiate la situation humanitaire dans l' ensemble des territoires occupés ".
Après avoir signifié à Israël ses ordres et ses exigences, le Parlement, se faisant l' écho d' Arafat, réclamait un mandat international en Palestine et le déploiement d' une force militaire d' interposition pour protéger Arafat et ses islamikazes. Une demande qui s' intégrait à la stratégie commune et conjointe euro-arabe. La campagne de diffamation d' Israël déclenchée en 2000 - en tandem avec celle de la victimologie palestinienne submergeant les universités et la presse contribuait à justifier la démarche militariste de l' UE contre Israël.
En décembre 2003, Ilka Schroëder, députée allemande des Verts, déclara dans une conférence à New-York : " C'est un secret de polichinelle dans le Parlement européen et dans la Commission européenne que l' aide financière de l' UE à l' Autorité palestinienne n' a pas été correctement dépensée. Elle accusa le Parlement européen de refuser de " vérifier si l' argent des contribuables européens avait été utilisé pour financer les attaques criminelles antisémites. Malheureusement cela sied bien à la politique européenne dans la région. Selon Schröder: le premier but de l' UE est l' internationalisation du conflit afin de souligner le besoin de sa propre médiation. En effet, les partenaires du Sud, c' est-à-dire les Arabes, réclamaient cette internationalisation et un rôle accru de l' UE. Cette position conjointe des Européens et des Arabes révèle leur union stratégique. Schröder reconnut que l' Allemagne n' était pas une amie d' Israël, mais " pour sûr la France et la Belgique sont bien pires quand il s' agit d' Israël. En une courte phrase, elle résuma l' essentiel: " la terreur (palestinienne) contre Israël doit aussi être considérée en fonction du refus des Européens de voir les Juifs et les Israéliens comme des victimes. Cette attitude résulte de la construction par Bruxelles de la victimologie palestinienne et de la perversité israélienne, idéologie qui supporte toute sa stratégie sécuritaire et économique.
Dans ses déclarations officielles, l' UE condamne le terrorisme islamique en Europe, au Maroc, et en Turquie, mais elle occulte les victimes de ce même terrorisme en Israël pour ne pas entamer le culte de la palestinité. Elle instaure ainsi une différence entre les victimes du terrorisme: les innocentes victimes européennes et musulmanes d' un côté et les coupables israéliens de l' autre.
48 - Les 8-9 février 2002 à Caceres (Espagne), réunion des pays membres de l' UE
Accusèrent Sharon de stimuler le terrorisme par des rismes islamikazes en Israël. La France réclama de ses partenaires européens la reconnaissance d' un Etat palestinien et le renforcement de la légitimité d' Arafat, autrement dit une légitimation du terrorisme palestinien. L' UE élabora un projet visant à une intervention internationale sur le terrain. L' Allemagne, l' Angleterre et la Hollande refusèrent. Une source diplomatique exprima son émotion " de trouver un lobby israélien dans l' Union européenne ".
Le Président de la Commission, Romano Prodi, dont la stratégie visait à renforcer le dialogue entre les cultures de l' Union européenne et celles du sud de la Méditerranée, engagea la Commission à proposer l' extension du programme de coopération universitaire " Tempus " aux pays méditerranéens. Ce programme définissait des projets communs entre universités de l' Union européenne (au moins deux universités de deux Etats membres) et de l' un des pays éligibles (au moins une université). Il octroyait également des bourses individuelles pour les enseignants, les chercheurs et autres spécialistes de l' enseignement supérieur, avec de courts séjours dans les pays partenaires, afin d'améliorer de part et d' autre la qualité des systèmes de formation universitaire. Tempus fut doté d' un budget de 21,5 millions d' euros pour 2003 et de 21,5 millions pour 2004, financé par le MEDA.
49 - Les 6-7 Mars 2002 à Athènes, sommet euro-méditerranéen des Conseils économiques et sociaux.
Dans son communiqué final, il réitéra le principe de l' échange de la terre contre la paix et réclama que l' UE fasse en sorte " que la coopération euro-méditerranéenne " devienne l' une des priorités de la politique étrangère. On a vu que ce principe constituait une dimension essentielle, constamment réaffirmée, de la politique de l' UE. Parmi les nombreux alinéas du communiqué, on note la demande " que le volet social, culturel et humain du partenariat soit fortement développé, ainsi que le soutien aux " initiatives récentes en faveur du dialogue entre cultures, civilisations et religions ". Le Sommet réclamait " d' accroître la société civile dans le développement du Partenariat ".
50 : 15 - 16 Mars à Barcelone réunion du Conseil Européen
Reprit dans ses conclusions les demandes des Conseils économiques et sociaux. Le Conseil
Insiste sur l' importance vitale de la région méditerranéenne et réaffirme sa détermination à développer le partenariat euro-méditerranéen. A cet égard, il se félicite de la décision du Conseil ECOFIN concernant un mécanisme d' investissement euro-méditerranéen renforcé au sein de la BEI (Banque Européenne d' Investissement), complété par un arrangement de partenariat euro-méditerranéen, ainsi que la création dans la région d' un bureau de la BEI.
Les pays partenaires du processus de Barcelone devaient en être les bénéficiaires. Le financement dans les pays du Partenariat: Maroc, algérien, Tunisie, Egypte, Autorité palestinienne, Jordanie, Liban, Syrie et Turquie se montait pour 1998 - 2002 à 5,9 milliards d' euros. Le financement par le MEDA ne concernait pas Israël.
En Octobre 2002, l' Union européenne augmenta sa contribution pour les programmes de l' UNRWA (United Nations Relief and Works Agency for Palestine Refugees in the Near East) de 237 millions d' euros pour 2002 - 2005. En décembre 2002, la Commission européenne approuva l' allocation de 4,45 millions d' euros pour les réformes de l' Autorité palestinienne. Elle alloua un surplus de 2,5 millions pour observer le processus électoral palestinien et fournit 10 millions d' euros d' aide supplémentaire pour les victimes palestiniennes de l' intifada.
La Commission européenne donna suite aux demandes des Conseils économiques et sociaux relatifs au resserrement des liens de l' Europe avec les pays arabes. Dans sa communication au Conseil et au Parlement européens pour la préparation de la réunion du 22-23 avril 2002, la Commission envisageait de nouvelles initiatives dans les domaines de la jeunesse, de l' éducation et des médias. Elle réitérait la nécessité d' élargir le programme Tempus pour favoriser la multiplication des contacts entre étudiants, universitaires, professeurs, enseignants des deux côtés de la Méditerranée. Elle réclamait son application dans les écoles pour favoriser le jumelage des écoles, l' interculturalité et la tolérance. Elle proposait également un programme EuroMed Jeunesse, dont la gestion fortement décentralisée était axée sur les communautés de base (échanges de jeunes, séminaires de formation, etc.). La Commission qui gérait plus de 200 projets dans la région méditerranéenne décida d' en accroître la visibilité et l' efficacité ainsi que d' augmenter le rôle des points nationaux de convergence.
Selon la Commission, le partenariat euro-méditerranéen pâtissait d' un manque de visibilité, notamment de la part des médias et du grand public, aussi prévoyait-elle le lancement d' un programme d' action et de communication pour l' accroître. Enfin, la Commission recommandait la création d' une Fondation euro-méditerranéenne entre les cultures et les civilisations, sur laquelle nous reviendrons.
51 - Les 20-23 juin 2002 à Bruxelles, conférence sur le dialogue parlementaire euro-arabe
Les parlementaires de 16 Parlements arabes, de 13 Parlements nationaux européens et du Parlement européen signèrent un communiqué final qui unifiait leur position par rapport à Israël, à l' OLP et à l' Irak, pays pour lequel ils réclamaient l' abolition des sanctions.
Jacques Delors écrit: " Il ne faudrait pas, parce que notre attention est concentrée sur la réussite de l' élargissement… que nous oubliions le Sud ". (Jacques Delors 2003). Au contraire, il faut rappeler la centralité de la Méditerranée, non pas en partant d' une position eurocentrique, fermée et unilatérale, comme l' a rappelé récemment le président de la Commission M. Romano Prodi dans une conférence au CERMAC (26 nov. 2002) mais " en nous fondant sur une certaine idée de coappartenance " (Romano Prodi, 2002).
De nombreux pays de l' UE apaisèrent les pays arabes par des restrictions interdisant l' immigration des travailleurs des pays de l' Est européen. En mars 2003, Romano Prodi, président de la Commission européenne, se rendit dans les pays du Maghreb, qu' il rassura par son projet " Elargissement de l' Europe: politique de voisinage ". Prodi expliquait que l' élargissement à l' Est ouvrirait ces pays à l' immigration arabe et à la politique du Partenariat.
La demande des Conseils économiques et sociaux " d' accroître la société civile dans le développement du partenariat " fut encouragée par la Commission. Pour mémoire, nous citerons la définition de la société civile donnée par les Conseils.
Il est, par ailleurs, proposé que les délégations de la Commission créent des postes de conseillers spécialisés société civile, de manière à aider les parties intéressées et à les informer sur les possibilités ouvertes par le partenariat euro-méditerranéen. Par ailleurs, les acteurs de la société civile pourraient également se voir confier des missions de sensibilisation et d' information des populations sur le partenariat euro-méditerranéen et bénéficier dans ce cadre des moyens adéquats.
Il était également recommandé d' amplifier la mise en réseau des divers acteurs et d' accroître leur coordination.
52 - Les 1-4 Mai 2003 à Chania (Crète), Réunion du Forum civil Euromed
53 - Les 28 - 30 Novembre 2003 à Naples, Forum civil euro-méditerranéen
Plus de 300 participants avec le soutien de la Commission européenne et de la Fondazione Laboratorio Mediterraneo. Les participants adoptèrent une déclaration qu' ils adressèrent " à la réunion des ministres des Affaires étrangères du Partenariat euro-méditerranéen qui se tiendra à Naples les 2 et 3 décembre 2003. Le premier article débute par " Nous, représentants de la société civile EuroMed ". Mais existe-t-il une société Euromed? Et qui en a mandaté les représentants? Les articles suivants réclament le respect des décisions des Nations unies, car elles " constituent la base du succès du PEM (Partenariat Euro-Méditerranéen). " L' occupation de l' Irak est condamnée, ainsi que " la violation du droit international et des Droits de l' Homme qu' entraîne la lutte, par ailleurs légitime, centre le terrorisme ". Les alinéas 4 et 5 expriment sans détours la position de la Commission et de l' UE.
En outre, l' intensification de l' occupation israélienne des terres palestiniennes, la violation permanente des droits du peuple palestinien, et les attaques suicides qui en découlent, ont conduit à un cycle de violence et d' insécurité en Palestine et Israël qui est sans précédent. La réalité dévastatrice du Mur de Séparation, dont l' objectif est de tuer les perspectives d' un Etat palestinien viable, nie toutes les valeurs sur lesquelles le Processus de Barcelone est fondé.
Nous demandons aux gouvernements du Partenariat Euro-med de travailler activement au respect du droit international, du droit humanitaire international et des droits humains, et de mettre fin à l' occupation de l' Irak et de la Palestine avec l' aide des Nations unies.
Les représentants d' Euro-Med réclamaient que les ministres leur attribuent une plus grande association et participation dans tous les processus de la politique méditerranéenne. Ils leur demandaient " de considérer la migration comme une ressource culturelle et un avantage pour le développement de toute la région, plutôt que comme un problème persistant de sécurité ". Aussi:
Dans ce contexte, nous demandons aux gouvernements du PEM de mettre fin au régime actuel des visas et aux autres empêchements à la liberté de mouvement qui, depuis de nombreuses années, ont systématiquement compliqué les rencontres de la société civile, y compris notre réunion de Naples. Elles constituent un harcèlement pour les acteurs de la société civile, les affectant dans leur dignité et les empêchant même parfois de se rencontrer.
54 - Le 11 Novembre 2003 à Naples, lors de sa troisième réunion
Le FEMIP annonça que la banque avait augmenté son prêt de 1,8 milliard de dollars et approuvés un nouvel investissement de 1,8 milliard de dollars dans le monde musulman.
55 - Les 2 - 3 Décembre 2003 à Naples, VIe Conférence euro-méditerranéenne
Réunion des ministres des Affaires étrangères euro méditerranéens. Ainsi le ministre des affaires étrangères, Dominique de Villepin, déclara au Sénat, le 14 juin 2003: " … Les mondes de l' islam et de l' Occident s' entremêlent. Les cinq millions de musulmans de France nous le montrent: la dimension islamique fait partie intégrante de l' Europe… Les musulmans européens, authentiques passeurs de culture, représentent une chance que nos sociétés doivent saisir pour se projeter dans l' avenir. Oui, l' islam a toute sa place en Europe, d' ores et déjà et davantage encore à l' avenir….
Le 27 février 2006, l' Union Européenne décida de débloquer 120 millions d' euros pour les Palestiniens. Elle s' empressera par ses ONG de financer ceux qui ont voté pour le Hamas et l' ont porté au pouvoir, persévérant ainsi dans la politique de l' impunité. Ceux-ci pourront continuer sans aucun dommage à enlever et rançonner les Européens, à brûler leurs drapeaux, à détruire leurs représentations et à professer le jihad global aux frais du contribuable.
Ces versements de l' Europe généreusement distribués aux dictatures arabes et à l' OLP évoquent une capitation moderne pour racheter sa sécurité sans nulle gratitude des bénéficiaires.
Après le 11 septembre et l' attaque britannique contre les talibans en Afghanistan, un porte-parole en Angleterre du mouvement islamique radical al-Mulhajirun, Salim Abd-al-Rahman, annonça que:
Les bâtiments officiels en Grande Bretagne, les installations militaires et le 10, Downing Street sont devenus des cibles légitimes. Si n' importe quel musulman voulait le tuer (Le Premier Ministre Tony Blair) ou le faire disparaître, je ne verserai pas une larme pour lui. Selon l' islam, un tel homme ne devrait pas être puni pour ses actions, mais devrait être loué.
Les Eurocrates prétendent combattre le terrorisme, mais ils le protègent en attribuant ses causes à la pauvreté et l' injustice, prétendument provoquées par l' Amérique et Israël. Le combat contre le terrorisme jihadiste est opportunément détourné en une guerre médiatique sans risques contre l' Amérique et Israël, tandis que l' Europe renforce ses alliances avec les dictatures arabes qui le soutiennent. L' exemple le plus frappant fut la promotion et le financement de Yasser Arafat, le " parrain du terrorisme moderne ", protégé et dorloté par l' UE, jadis sa victime.
Dans les sociétés musulmanes traditionnelles les dhimmis devaient marcher à la gauche des musulmans, dans le caniveau et accepter insultes et médisances sans répondre, pour ne pas humilier leurs supérieurs. Jusqu' en 1909, cette coutume mentionnée dans des textes historiques était encore imposée dans certaines provinces arabes peu développées de l' empire musulman. En janvier 1909, le vice-consul britannique à Mossoul, H.E. Wilkie Young, nota que dans les rues presque tous les Chrétiens cédaient humblement la place devant les musulmans, même un enfant. Tout signe d' une prétention quelconque à l' égalité, remarquait-il, était promptement réprimé. Ce comportement timoré s' explique par le massacre vers la même période d' Arméniens en Irak, en Syrie et en Anatolie. Désarmés par l' interdiction de posséder des armes et obligés à l' humilité, les dhimmis quémandaient la tolérance pour leur existence avec leurs bons offices, leur argent et leurs flatteries. Car la dhimmitude naît du refus de la lutte, remplacée par une reddition pacifique, le tribut et la louange.
Une culture de haine
Le jihad incarne une conception de la guerre perpétuelle. Aussi requiert-elle de perpétuels ennemis que l' oumma est obligée de combattre et d' assujettir. Le concept corrélé de dar al-harb, pays de la guerre destiné à la conquête, incite à une hostilité permanente contre les opposants. Al-Wansharishi, mufti marocain du XVe siècle, écrivait dans une fatwa:
Dieu Tout-Puissant, l' Unique, le Conquérant a créé l' abaissement pour être infligé aux incroyants maudits, les fers et les chaînes pour qu' ils traînent d' un lieu à l' autre comme une démonstration de son pouvoir et de la supériorité de l' islam et pour honorer son prophète choisi… et ce qui est requis des croyants est la foi en Dieu, au dernier jour, et un effort pour qu' ils s' éloignent des ennemis de Dieu.
Fin 2002, Cheikh Muhammad bin Abdul Rahman al-Arifi, imam de la mosquée de l' académie de défense King Fahd écrivait: " Nous contrôlerons le Vatican, nous contrôlerons Rome et y introduirons l' islam. "
1 Documents d' Actualité Internationale, Ministère des Affaires Etrangères, Paris (ci-après AI) n° 7, 1974, pp 126
2 Yehoshafat Harkabi, Palestinians and Israël, Keter, Jerusalem, 1974.
3 Report on Islamic Summit 1974: Pakistan, Lahore, 22-24 février 1974, Karachi, pp 222-223.
4 Voir MEDEA, Institut européen de recherche sur la coopération Méditerranéenne et euro-arabe.
5 Al-Mani, The Euro-arab Dialogue, pp 70-73
6 Ibid p 73
7 Ibib p 70-71
8 Sylvain Besson, la conquête de l'Occident. Le projet secret des islamistes, Seuil, 2005.
9 Comité européen de coordination des associations d' amitié avec le monde arabe, Paris, direction de la publication, Lucien Bitterlin: rédacteur en chef, Robert Swann: 16, Rue Augereau, 75007 Paris. L' actuel mensuel France-Pays arabes a gardé le sous-titre: Eurabia.
10 Georges Vaucher représentait Eurabia en Suisse.
11 En 2004, environ 600 membres des 18 Parlements nationaux des pays membres de Conseil de l' Europe ainsi que du parlement européen.
12 Edmond Völker, ed. Euro-Arab Cooperation, Europa Institut, University of Amsterdam, Amsterdam, A.W. Sijithoff, Leyden, 1976. La liste des participants est donnée.
Ibid P 179
Ibid pp 176-177
Ibid PP 215 - 216
13 Nakba: catastrophe. La fuite des Arabes de Palestine invités par les Etats arabes à quitter la Palestine afin d' éviter qu' ils ne soient victimes des combats menés par les 5 armées arabes (Transjordanie, Irak, Egypte, Syrie, Liban, aidés par les Arabes de l' intérieur) qui envahissaient la Palestine en 1947 pour éliminer l' Etat d' Israël. Les combats n' eurent pas les résultats escomptés, et les Arabes qui avaient fini dans les pays arabes agresseurs y restèrent. Excepté la Jordanie, les Etats arabes refusèrent de les intégrer. C' est cette fuite volontaire, dans l'espoir de retourner après le triomphe des armées arabes, qui est appelée nakba.
au (33) 613 27 32 83
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