Le bogue de l' an 2000 trouve son origine historique dans l' établissement du calendrier qui a connu quelques vicissitudes depuis la nuit des temps.
A l' origine, le calendrier était établi à l' échelle humaine: le règne du roi ou de l' empereur... éventuellement à celle de sa dynastie: exemple en Chine... ou encore en fonction de paramètres d' ordre religieux. A l' exception de Jules César qui adapta l' antique calendrier romain et institutionnalisa l' année de 365,1/4 jours sur douze mois avec un jour de rattrapage tous les quatre ans sans toutefois numéroter définitivement les années depuis une origine unique, l' Occident chrétien ne s' était guère soucié de calendrier jusqu' à ce qu' un astronome-mathématicien, le moine Denys le Petit de Scythie -actuelle Arménie-, s' intéressa à la question et, à la suite de ses savantes études, convainquit le pape toscan Saint Jean Ier de numéroter les années à compter de la naissance du Christ (avec une petite erreur de date): le jour de sa naissance était le 1er jour de l' an 1 alors que la veille était le dernier jour de l' an -1. Il en ressort que l' an 0 n' a pas existé ou plutôt se trouve réduit à un point imaginaire qui n' a pas de dimension tout comme lorsqu' il est à la fois 24h00 et 00h00. L' humanité est passée de l' an -1 à l' an 1 par l' instant magique 0: la veille, le Christ n' était pas né et, dès sa naissance, le compteur des années s' est mis à tourner à l' année 1 depuis son 1er jour jusqu' au 365e marquant l' année complète achevée tout comme pour un anniversaire où l' on a 20 ans le jour de sa 20e année aux mêmes heure, minute et seconde et où l' on commence sa 21e année à la première seconde suivante. C' est ainsi que le moine scythe Denys le Petit fixa la fin du Ier siècle au 31 décembre de l' an 100 et la naissance du IIe siècle le 1er janvier de l' an 101; lui-même se situait ainsi au VIe siècle, en 525, qui s' achèverait en 600. De tout cela découla que le 1er millénaire s' acheva le 31 décembre de l' an 1000 inclus ce qui suscita dès les années précédentes des peurs mémorables et le 2e millénaire débuta le 1er janvier 1001.
De fait, Jules César s' était trompé, lui aussi, dans ses calculs: l' année qui était sensée être la durée que met la terre pour effectuer une révolution complète autour du soleil n' était pas de 365,1/4 jours mais très exactement de 365, 2422166 jours. Une goutte vicieuse de moins de 20 minutes par an. Les petits ruisseaux formant les grandes rivières, ce petit retard accumulé au fil des ans et des siècles atteignit dix jours en 1582. Pour remettre les pendules à l' heure et rattrapper ce retard, le pape Grégoire XIII décida par une bulle que le 5 octobre 1582 serait daté 15 octobre 1582 et supprima 3 années bissextiles séculaires sur 4: le calendrier grégorien était né et remplaçait, en Occident, le vieux calendrier julien de Jules César revu et corrigé par Denys le Petit qui restait en usage chez les chrétiens orthodoxes et notamment en Russie. Les années étaient bissextiles dès lors qu' elles étaient divisibles par 4 (ex: 1968, 1972, 1976, etc) et les siècles étaient bissextiles lorsqu' ils étaient divisibles par 400 (400 -IVe-, 800 -VIIIe-, 1200 -XIIe-, 1600 -XVIe- et 2000 -XXe-). Toutefois, le calendrier devait connaître un autre avatar -fort heureusement temporaire- avec le calendrier républicain de Fabre d' Eglantine qui supprimait 11 jours de repos par an entre le 24 novembre 1793 et le 18 juin 1815: il avait conduit la France de la terreur jusqu' à Waterloo. Ainsi, le calendrier a mis en difficulté les plus puissants des militaires et les papes mettant à mal le dogme de l' infaillibilité pontificale.
A la peur de l' an 2000 et de la fin du 2e millénaire, le monde actuel repose sur une organisation minutée et datée gérée par des systèmes informatiques et électroniques amplement suffisants par temps calme mais parfois défaillants par temps incertains: d' où le bogue -un diable volontiers résistant à tous les exorcistes- qui remet en cause l' organisation et la douceur de vivre.
Afin d' éviter le bogue informatique de l' an 2000, la préparation à l' an 2000 incombe à tout le monde en général et à chaque entreprise en particulier afin de réaliser l' adaptation nécessaire à l' échéance de l' an 2000.
Le bogue, que es aco? Afin d' économiser la mémoire et de permettre aux premiers micro-ordinateurs de fonctionner convenablement avec leurs moyens limités, notamment en mémoire, les constructeurs de matériels (hard ware) et les éditeurs de logiciels (soft ware) écrivaient les dates à 6 chiffres du type jjmmaa et donc les années avec deux chiffres: 85 pour 1985, 89 pour 1989, 90 pour 1990 par exemple. Cela concernait notamment le bios et la Real Time Clock (horloge matérielle). Jusqu' en 1999, aucun problème mais, à deux chiffres du type 00, le système logique ayant développé son cycle complet, l' an 2000 peut être lu la plupart du temps 1900... d' où des risques importants de perturbations et de dysfonctionnements. Au demeurant, le bogue de l' an 2000 pourrait concerner également deux autres dates: une antérieure le 9/9/99 et une postérieure à la fin février 2000. Celle antérieure du 9/9/99 ne concernait que les très vieux logiciels pour lesquels 9999 était un code erreur. Celle postérieure de fin février 2000 réside en ce que l' an 2000 est bissextile comme le XXe siècle alors que l' an 1900 et le XIXe siècle ne l' étaient pas: il y a donc un 29 février avant le 1er mars 2000. Le risque? Ne plus pouvoir utiliser les matériels ou/et les logiciels au delà du 31 décembre 1999, ne plus pouvoir suivre la comptabilité, être en rupture de stock, troubler le fonctionnement des systèmes de stockage et des systèmes d' alarme ou encore des systèmes centraux téléphoniques, rompre les fournitures de produits ou les prestations de service à la clientèle, remettre en cause la sécurité des biens et des personnes... toutes choses faisant appel à une gestion de date.
La préparation à l' an 2000 consiste à recenser tous les matériels et logiciels faisant appel à une gestion de date et d' en faire l' inventaire exhaustif afin de procéder à des tests en vue d' établir leur conformité ou leur non-conformité à l' an 2000. Les tests peuvent être effectués à l' aide de logiciels spécialement conçus à cet effet sur disquette ou sur CD pour les systèmes les plus courants avec l' assistance d' un professionnel de l' informatique ou doivent être confiés à une société de services et d' ingénierie informatiques (SSII) en ce qui concerne les systèmes complexes ou/et en réseau. Il convient ensuite de corriger les éventuelles erreurs et de tester à nouveau les matériels et logiciels corrigés et rendus aptes au passage à l' an 2000. Des simulations doivent être exécutées à partir du poste de travail, panneau de configuration, date & heure. La manoeuvre doit être faite en interne mais aussi en externe avec les différents partenaires clients et fournisseurs; en cas de doute, renouveler les tests régulièrement. Ces évaluations et corrections sont capitales. Quand? Le plus tôt possible sera le mieux. La mise à niveau éventuelle des matériels et logiciels doit être achevée le 31 décembre 1999, dernier délai de rigueur. Mieux vaut donc ne pas attendre le dernier moment. Le risque est sérieux et grave, le temps est compté mais il ne faut pas paniquer pour autant. En faisant le nécessaire, le risque est supprimé. De plus, compte-tenu de la durée moyenne d' utilisation des matériels et logiciels, l' essentiel du parc informatique est récent et donc apte à passer le cap du 31 décembre prochain sans accident, ni additif, ni correctif le plus souvent, et le reste du parc devrait pouvoir être remis à niveau pour une parfaite conformité à l' an 2000. Le pire n' est donc pas certain pour tout le monde.
D' ores et déjà, il est satisfaisant de constater que le 9/9/99 qui était la première date butoir, encore que la plus bénigne, a été franchi sans grand dommage. En général, les constructeurs de matériels et les éditeurs de logiciels ont pris en compte la problématique de l' an 2000 dans le courant des années 1990. Cependant, certains ont pu le faire très tard. Si, à l' issue des tests, matériels et logiciels sont conformes: plus de soucis; s' ils ne le sont pas et sont postérieurs au 1er juillet 1997, pas davantage de soucis car les pouvoirs publics ont posé pour principe que les constructeurs de matériels et les éditeurs de logiciels et leurs revendeurs sont tenus de fournir, à compter de cette date, des produits aptes à passer l' an 2000: généralement, les programmes additifs contenus dans les logiciels de tests sur disquette ou sur CD suffisent à les corriger et pallier ces imperfections... si ce n' est pas le cas, il convient alors de s' adresser aux constructeurs, éditeurs et leurs revendeurs qui doivent réaliser les adaptations nécessaires gratuitement et, au besoin, remplacer gratuitement les matériels et logiciels. Si les matériels et logiciels sont antérieurs au 1er juillet 1997 et ne peuvent franchir le 31 décembre 1999 sans perturbation ni dysfonctionnement, il n' existe pas de recours contre les constructeurs, éditeurs et revendeurs sauf clause contractuelle spécifique ou contrat de maintenance; les coûts d' adaptation et/ou de remplacement des matériels et logiciels -coûts qui peuvent être élevés- ne sont alors plus pris en charge. Cependant, pour les matériels et logiciels récents -en tout état de cause postérieurs à 1990 ou plus tard-, il est possible de demander aux constructeurs, éditeurs et revendeurs un geste commercial ou tout au moins une participation aux frais. Tout est alors affaire de négociation sauf position de principe -favorable ou défavorable- de ces derniers.
A la fin de cette année se présentera le premier grand cap crucial: ce sera le moment de vérité. En cas d' échec, inutile d' attendre la fin février 2000 pour espérer le succès: il conviendra de changer matériels et logiciels, voire les fournisseurs; en cas de succès, tous les espoirs seraient justifiés pour le 29 février 2000. Il est probable que la Justice aura à se prononcer sur la responsabilité des uns et des autres sur le passage informatique à l' an 2000, tant sur la conformité des matériels et logiciels que sur les sinistres en résultant plus souvent. Les premières décisions rendues en matière de devoir de conseil, de garantie des vices cachés, d' obligation de conformité et/ou de maintenance, de responsabilité du fait des produits défectueux démontrent la complexité des situations et du malaise qu' elles génèrent tant chez les professionnels que chez leurs clients, les magistrats et les différentes juridictions demeurant très prudents dans l' attente de la position future de la Cour de Cassation.
La survenance de l' an 2000 étant un évènement aisément prévisible n' a donc pas de caractère aléatoire et n' est donc pas un risque assurable dont les conséquences et les dommages pourraient être pris en charge par un contrat d' assurance, même en l' absence de clause ad hoc, cette clause s' étant, au demeurant, assez généralisée au cours de la 2e moitié de cette décennie. Seuls pourraient être pris en charge les sinistres survenant après l' intervention d' un professionnel de l' informatique ou d' une SSII pour effectuer les tests et/ou la mise en conformité à l' an 2000, dans le champ de son intervention, au titre de sa responsabilité civile professionnelle ou ceux survenant après remplacement des matériels ou/et logiciels par les constructeurs, éditeurs et revendeurs du fait de leur responsabilité civile après livraison; il faudra alors rapporter la preuve de l' intervention et/ou du remplacement afin de présenter la réclamation d' indemnisation à l' assureur RC. Il convient de noter cependant que les garanties "Frais de reconstitution des données et des informations" (moyennant l' existence des sauvegardes d' usage) et "Frais supplémentaires d' exploitation" (charges de consultants et informaticiens) seraient acquises dès lors qu' un sinistre surviendrait alors qu' un travail de passage à l' an 2000 aurait été mis en oeuvre.
Il n' en demeure pas moins que cette remise en cause du parc informatique -qui n' a rien à voir avec un vendredi 13 ou une quelconque peur millénariste- et des autres systèmes électroniques et/ou automatisés faisant appel à des gestions de date est une bonne opportunité pour évaluer les matériels et logiciels, remettre à niveau ou écarter et remplacer ceux obsolètes, ce qui aurait dû être fait un jour ou l' autre, an 2000 ou pas, et, partant, améliorer la productivité, la sécurité, la performance et l' efficience de chacun au service de tous. Toutes choses quelque peu perdues de vue et qu' il était nécessaire de remettre à l' honneur fut-ce en lançant un caillou dans le marigot du laisser-aller quotidien. En fait, le bogue de l' an 2000 aura aussi fourni l' occasion d' un bon coup de balai dans le petit monde de facilités et d' habitudes dont personne n' avait plus conscience. En ce sens, de tare informatique de naissance, le bogue de l' an 2000 se réduit à l' enveloppe épineuse du quotidien renfermant le bug piquant de son dard pointu les positions acquises: un Satan ex-machina reniant le calendrier et sa lente progression normale. Un bug-bear très particulier: à la fois épouvantail du confort et de la conscience et ennemi de la pensée unique. Il est si agréable pour le genre humain de s' effrayer à si bon compte.
Fernand CORTES
Janvier, août et septembre 1999
En ce qui nous concerne, les tests ont établi l' adaptation de nos actuels matériels et logiciels à l' an 2000 -de conception récente au demeurant- et nous pourrons ainsi poursuivre nos activités au service de nos clients au delà du 31 décembre 1999 et célébrer l' an 2000 le 31 décembre 2000 et au delà en toute sérénité. Le calendrier demeure inaltérable à cet égard. Nos clients ayant déjà été informés individuellement, la présente note a simplement pour objet d' illustrer par l' exemple l' étendue et la qualité de nos prestations et ce à l' intention des visiteurs internautes.
Finalement, le passage à l' an 2000 s' est effectué plutôt dans de bonnes conditions eu égard aux systèmes électroniques de gestion de dates comme nous l' avions pronostiqué, malgré quelques incidents minimes, les catastrophes en ce domaine n' étant pas à déplorer car résultant de gens inconscients et irresponsables.
Il nous incombe d' avoir une pensée et un réflexe de solidarité envers tous ceux qui ont eu à subir, entre les fêtes de fin d' année, la marée noire du bateau pétrolier Erika sur les côtes atlantiques et les tempêtes en France et dans l' Union Européenne. Comme à l' égard des sinistrés des précipitations et crues du Languedoc. En principe, ces derniers devraient être indemnisés pour tous leurs dégâts en présence des garanties dommages de leurs contrats dans le cadre de la loi du 13 juillet 1982 sur l' indemnisation des victimes des catastrophes naturelles. A la suite de la baisse constante de la participation de l' Etat au fonds d' indemnisation de cette loi et des événements de Languedoc, le gouvernement a cru bon d' augmenter de 25 % le taux de cotisation de la garantie catastrophes naturelles au lieu de verser à ce fonds ses participations diminuées depuis des années et de les augmenter si besoin est: la charge est ainsi transférée aux assurés sans que les impôts de l' Etat et des collectivités locales diminuent en conséquence. Il s' agit donc de la création d' un impôt nouveau qui ne dit pas son nom et ne révèle pas sa vraie nature fiscale au détriment des citoyens et des entreprises parfois en difficulté et dans le besoin. L' Etat et le gouvernement n' en sont pas à leur coup d' essai: avec les lois de décentralisation de 1982, des compétences avaient été transférées de l' Etat aux collectivités territoriales mais les budgets correspondants n' ont jamais suivi ces compétences nouvelles dans ces collectivités de proximité d' où la flambée continuelle de leurs impôts locaux alors que, parallèlement, les impôts de l' Etat ne diminuaient pas et poursuivent toujours leur hausse perpétuelle.
Non content de hausser le taux de cotisation de la garantie catatrosphes naturelles, le gouvernement a également augmenté (décret du 5 septembre 2000 paru au Journal Officiel du 12 septembre 2000) les franchises légales de 1000 F. pour les particuliers (de 1500 F. à 2500 F., soit + 66.67 %) et de 3000 F. pour les professionnels (de 4500 F. à 7500 F., soit + 66.67 %); il a également instauré une nouvelle franchise pour les sinistres de subsidence (en clair: la sécheresse) de 10000 F. (soit + 566.67 %) pour les particuliers et de 20000 F. (soit + 344.44 %) pour les professionnels. Comme quoi, tout n' est pas perdu pour tout le monde et peut même faire le profit du gouvernement.
Si les sinistrés de la marée noire n' ont que peu d' espoir d' indemnisation si ce n' est en provenance du fonds des compagnies pétrolières, les sinistrés des tempêtes seront indemnisés pour leurs dégâts en présence des garanties dommages à leurs contrats grâce à la garantie Tempêtes-Grêle-Neige (la T.G.N.). Devant l' ampleur des désastres, il est fort à craindre que le gouvernement, se lavant les mains à l' eau de Cologne une fois de plus, ne choisisse la voie de facilité et augmente de même le taux de cotisation de cette garantie comme il vient de le faire pour la précédente, voire augmente de même la franchise légale.
Si le gouvernement s' acharne à gâcher les perspectives pour cette nouvelle année 2001 pour les assurés et les sinistrés, c' est avec beaucoup de sincérité, de cordialité et d' affection que nous leur adressons comme à tous nos clients et tous les internautes tous nos voeux de bonheur, de prospérité et de santé pour 2001.
Création 10/1999 Précédentes mises à jour 12/1999, 01, 11, 12/2000, 01, 08, 12/2001, 01/2002, 01/2003, 01, 04, 10/2004, 01, 02, 03, 04, 05, 06, 07, 08, 09, 10, 11, 12/2005, 01, 02, 03, 04, 05, 06, 07, 08, 09, 10, 11, 12/2006, 01, 02, 03, 04, 05 , 06, 07, 08, 09, 10, 11, 12/2007, 01, 02, 03 et 04/2008 Dernière mise à jour 05/2008
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