----- Original Message ----- From: Anne CAZAL Sent: Sunday, September 11, 2011 8:44 AM Subject: Comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés...
Connaissez-vous la dernière phrase du (selon vous, à l’ époque) « très beau livre de la journaliste Anne Cazal » dont vous déclariez soutenir (et non gérer, diriger, commander, puis anéantir, comme vous croyez pouvoir le faire) l’ adaptation pour la réalisation d’ un film?… Je ne pense pas, car, fort probablement, ce livre, ne l’ ayant pas lu, vous ne pouviez pas être sincère dans cette affirmation que, cependant, vous avez bien, et librement, signée de votre nom, avant que votre appel aux dons pour la réalisation du projet ne soit diffusé, par les trois initiateurs qui vous ont fait confiance, certainement à plus de 10.000 personnes, puisque vous avez recueilli un millier de dons…
Je n’ ai pas l’ intention de vous rejoindre dans votre appréciation – très beau?– en toute humilité, je dirai que le terme « beau » ne s’ applique pas à cet ouvrage qui, est seulement VRAI ainsi que l’ ont constaté des milliers de lecteurs qui s’ y sont attachés parce qu’ il exprime les sentiments de douleur et d’ arrachement que tous ont vécu. Et la dernière phrase du livre est prononcée par une vieille femme accablée de douleur qui a vu abattre sa fille sous ses yeux, qui en a perdu la raison et qui, débarquant sur la terre française sous les quolibets de ceux qui brandissent une banderole : « Les Pieds Noirs à la mer! », ne trouve de refuge à tant de haine que dans la prière. En posant, pour la première fois, le pied sur la terre métropolitaine, cette Française d’ Algérie disait: « Pardonnez-nous nos offenses, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés… ».
Nous avons, tous, fait partie de ces foules que les bateaux ont ramenées sur le sol de la Mère-Patrie par pleines cargaisons de désarroi, de souffrance, de colère, de déchirement… Nous avons tous été condamnés à fuir nos foyers, à fuir la terre de nos premiers émerveillements d’ enfants, nous avons tous été condamnés à l’ errance, sur cette terre métropolitaine avec, chevillée à notre conscience, cette tentation, cet appel, que continue à nous lancer, de l’ autre côté de l’ horizon marin, le pays abandonné… Avez-vous vécu tout cela, ou n’ êtes-vous pas des nôtres???
Comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés… Dans toutes grandes entreprises – et notre film en est une! – chacun doit assumer sa part de responsabilité et la pire des tentations, à laquelle il faut résister, coûte que coûte, c’ est de jeter au visage de l’ autre des accusations inutiles… Si vous continuez à brandir l’ anathème contre ceux que vous aviez librement choisis pour partenaires, Monsieur le collecteur de fonds – car c’ est ce que vous êtes, dans cette affaire, uniquement collecteur de fonds pour les trois initiateurs, vous l’ avez suffisamment écrit, et à différentes personnalités, pour ne pas le reconnaître aujourd’ hui – c’ est vous que vous allez dégrader… Vous qui vous dites membre d’ une communauté dont vous vous plaisez à étaler complaisamment les tares… vraies ou fausses!
Comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés… Etes-vous chrétien, Monsieur le collecteur de fonds? Je me le suis souvent demandé… Avez-vous un cœur et des sentiments humains, ou bien considérez-vous, dans un tête-à-tête étriqué avec vous-même, que la puissance de l’ argent est la seule qui vaille? Je me souviens de messages que vous avez écrits à certains de mes correspondants qui me les ont retransmis… Soyez tranquille, je ne les ai pas conservés, seules sont gravées dans ma mémoire quelques phrases qui m’ ont choquée. A l’ un d’ eux, exprimant votre satisfaction devant l’ importance des dons reçus, vous avez écrit: « J’ ai les « biscuits » et je fais ce que je veux… ». Et à notre chargée du développement, parce que j’ avais entériné sa mission et commencé à travailler avec elle à l’ avancement du projet, ce qui vous déplaisait: « Vous ne pouvez pas servir deux maîtres à la fois… ».
Comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés… Jamais je ne me serais considérée comme le « maître » de cette professionnelle du cinéma dont j’ ai tout à apprendre, mais plutôt comme une élève reconnaissante des précautions qu’ elle prend envers moi pour me faire plonger dans cet univers qui n’ est pas le mien, qui n’ est pas le nôtre, mais dans lequel je suis entrée, avec beaucoup de retenue et de modestie, car je veux que notre cri de douleur résonne sur le pays tout entier, fasse frissonner les âmes et vibrer les cœurs… Quels moyens aurais-je pour le faire si je n’ en recevais pas la formation… L’ auriez-vous fait, Monsieur le collecteur de fonds, vous qui vouliez être son maître?… Savez-vous que, pour faire participer une salle de spectateurs à un événement dramatique, il ne suffit pas de faire parler les acteurs… Il faut mener l’ action et la tendre comme on tend un arc, puis frapper comme on décoche une flèche au moment crucial et ensuite décroitre lentement en calmant l’ émotion… J’ apprends… Et je le fais pour mes compatriotes, pour le cri que nous pousserons ensemble et qui retentira comme un écho sans fin sur l’ hexagone…
Comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés… Vous vous êtes insurgé, Monsieur le collecteur de fonds, parce que j’ aurais créé, ex-nihilo avez-vous écrit, l’ association RAVIN ROUGE LE FILM… D’ abord, je ne l’ ai pas créée, elle était prévue de longue date par les trois initiateurs et vous le saviez parfaitement, j’ y ai seulement apporté mes droits d’ auteur inaliénables et l’ intégralité de ma quote-part financière, tandis que vous, vous deviez y transférer les dons reçus pour le film, ce que vous n’ avez pas fait. Ensuite, il ne s’ agissait pas d’ une association ex-nihilo (c’ est-à-dire pour rien) mais ad hoc (spécifique, uniquement pour un projet précis: NOTRE FILM!) Et nous y attendions nos donateurs, pour pouvoir leur remettre leur carte de membre d’ honneur, tout en les remerciant de leurs dons, ce que nous n’ avons pu faire, ce que nous ne ferons certainement jamais puisque qu’ après avoir disposé arbitrairement du tiers de leurs dons en les versant à la chargée du développement sans en avertir, ni l’ auteur, ni son mandataire, ni les deux autres initiateurs, vous vous apprêtez, aujourd’ hui, à leur retourner le solde de leurs dons!
(Là il me faut ouvrir une parenthèse pour rassurer les donateurs: la chargée du développement a fait bon usage de l’ argent versé puisque les deux tiers de son contrat sont accomplis et que l’ auteur travaille – bénévolement, il faut le préciser, à votre intention, car vous ne l’ auriez jamais fait, Monsieur le collecteur de fonds – avec elle. De plus, tous les donateurs reviendront vers nous – et ils le feront, je puis vous l’ assurer car ils voient, ils jugent, et ils apprécient notre combat pour réaliser LEUR FILM! – Ils deviendront, comme nous l’ avons souhaité, producteurs du scénario qu’ ils auront payé, et ils en percevront les retombées au prorata de leurs dons.
Comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés… Mais comment pardonner un tel gâchis? J’ avais la sensation d’ appartenir à une communauté dont tous les membres avaient gravi le même calvaire, et parce que j’ ai souffert avec elle, et comme elle, je lui ai donné tout mon amour. Frères et sœurs d’ infortune et d’ exil, je vous aime, vous êtes ma quille sur cette termitière qui ne nous a pas permis de nous reconstruire, mais, fort heureusement, nous avons conservé, du moins, notre poids d’ émotions, d’ enthousiasme et d’ amour pour le pays perdu… A chacune de nos réunions, je me suis sentie en famille avec vous. Vous êtes ma famille… Mais, hélas, dans toutes les familles, il y a les orgueilleux, les rétrogrades et les cupides, qui veulent imposer à leurs frères des rivalités dégradantes, et tentent d’ asseoir la supériorité dont ils se réclament sur des calomnies!
Comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés… Je vous le dis, aujourd’ hui, chers frères et sœurs de cœur et d’infortune, j’ ai tout tenté, tout essayé, pour ramener le collecteur de fonds à la raison… Je me suis déplacée de Toulouse à Nice pour m’ asseoir avec lui à la table de la concertation… Il n’ a pas daigné s’ y rendre et ce n’ est que le lendemain que je devais le rencontrer fortuitement à un dépôt de gerbe où il me promettait de transmettre vos dons à la chargée du développement, prétextant que la transmission de dons était impossible entre associations… Il n’ a pas tenu sa promesse, et, au contraire, alors que le film avance, alors que le travail accompli par la chargée du développement et le scénariste est extraordinaire, le collecteur de fonds persiste et témoigne encore de sa volonté d’ anéantir notre projet puisqu’ il aurait « déposé plainte auprès d’ un Procureur »?… J’ ai proposé d’ endosser toutes les responsabilités, sous le contrôle très strict d’ une de nos personnalités, des amis sont intervenus – merci à eux! – ils ont rédigé des protocoles d’ accord, rien n’ y a fait, le collecteur de fonds voulait saborder le projet, il tente encore de le faire en prétendant vouloir vous protéger, mais là, il a échoué, il n’ a fait que renforcer la ferveur qui brûle en nous car NOTRE FILM, NOUS L’ AURONS!
Oui, afin de pouvoir encore prier pour les miens, pour notre film, et pour la délivrance de la vérité, je pardonne, aujourd’ hui, à celui qui nous a, si douloureusement, offensés… Oui, je vous pardonne, Monsieur le collecteur de fonds, parce que vous ne savez pas ce que vous faites, et je me consacre désormais entièrement et exclusivement à notre film, car il sortira et ce sera un grand film, il n’ est pas pensable que Dieu nous abandonne dans ce projet!
Pour moi, très exactement jusqu’ à hier soir, jusqu’ à la lecture du message si pertinent de Jean-Pierre C, j’ ai espéré en une prise de conscience du collecteur de fonds. Aujourd’ hui, je n’ espère plus. Vos dons vous seront retournés, exigez qu’ ils le soient rapidement et, surtout, que le collecteur de fonds ne déduise sur ces remboursements, au prorata de chaque don, aucun autre frais que la somme versée à la chargée du développement, il n’ en a pas le droit. Il veut vous renvoyer vos dons, contre votre volonté, qu’ il achète 1000 enveloppes et 1000 timbres à ses frais et qu’ il assume ses frais de secrétariat…N’ oubliez pas non plus qu’ il a indiqué avoir placé vos dons sur un compte rémunéré. Il doit donc vous reverser cette rémunération, si minime soit-elle. Mais surtout, qu’ il réfléchisse bien avant d’ agir car un orage gronde au loin… Les donateurs sont en colère, ils vont le faire savoir, et moi, j’ aurai tout fait pour l’ éviter mais, devant une telle obstination dans l’ erreur, je n’ y pourrai plus rien!
Et je terminerai ce tout dernier message, par cette question finale qui ne cesse de bourdonner dans ma tête: Monsieur le collecteur de fonds, les initiales de votre association sont accolées au titre de mon roman, les donateurs ont tous libellé leur chèque au nom de DDM-RAVIN ROUGE. Etes-vous certain que les initiales DDM signifient Droit De Mémoire??? Moi, je les traduirai plutôt par: DESTRUCTION DE MEMOIRE!!!
Anne CAZAL
Septembre 2011
http://www.filmravinrouge-annecazal.com/
Article 19 de la Déclaration Universelle des Droits de l' Homme: "Tout individu a droit à la liberté d' opinion et d' expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d' expression que ce soit"
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